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 Je veux le faire pour toi.

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Patate Douce
Patate Douce
Féminin MESSAGES : 388
INSCRIPTION : 25/10/2019
ÂGE : 27
RÉGION : Basse-Normandie
CRÉDITS : idk

UNIVERS FÉTICHE : Réaliste
PRÉFÉRENCE DE JEU : Homme

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Sullyvan
Andrews

J'ai 38 ans ans et je vis à New York, Etats-Unis. Dans la vie, je suis à la tête d'un empire Com' et tueur à gages et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à ma chance, je crois que je suis à mon puppy et les courbes feminines et je le vis plutôt bien.

Tu veux apprendre à me connaître ? Viens donc me chatouiller et tu retiendras mon nom.


Tom Hardy by siren charms on Bazzart
Je reste là. Planté. Piqué. Halluciné. C’est mon Puppy qui vient de parler ? Je le regarde faire. Sa boite de bouffe vers moi. Je passe par toutes les émotions. Est-il conscient de son acte ? Je me racle la gorge, rassemble les miettes de mon égo.  

- S’imposer n’est pas rejeter, Louis. Mais le message est passé. Je te ferais plus chier.  

De la colère. De la peine. De la haine. Je n’aurais jamais cru qu’il serait capable de se rebelle et de me jeter. Dommage que ce soit pour une finalité négative. Etais-je aller trop fort ? Tirer un trait. La séparation va faire mal. Comme un pansement qu’on arrache d’un coup et sans prévenir. Douloureux mais nécessaire.  

- T’as eu plus de couille que moi pour quelqu’un qui ne voulait pas que je le laisse. Merci de me rappeler que je dois m’attacher à personne. Bonne soirée.  

Je le regarde une dernière fois. Je ne pensais pas que ce petit être pourrait ressentir de la colère un jour. Et encore moins quand c’est moi qui passe mon temps à l’embrasser. Ça aussi, ça fait mal. Voilà pourquoi, je ne me lie avec personne. Un jour, ça foire. Je suis en train de me victimiser et je le déteste encore plus. Je n’insiste pas. Son regard est déterminé, sa position, prêt à remettre une couche. Je ne prends pas sa bouffe. Manquerait plus que ça. C’était avec lui ou rien.  

Je ne me fais même pas semblant de cacher où je vis et prends l’ascenseur aussitôt. Je fais les cent pas avec un verre de whisky à la main. Besoin d’être lucide. Je devrais être lucide. Il n’est plus une cible. C’est le plus important. Mais je suis là, tremblant, fumant mon poison comme un camé. Je ressasse la scène. J’ai pourtant fait un pas vers lui. Et le verdict descend dans le bide : il m’a fissuré le cœur.  

Je dois positiver. Il a grandi. Il m’a fait face. Je ne vais pas lui courir après. On sera des collègues. Et c’est très bien. C’est ce que je me répète. Ça m’apprendra d’avoir cru être différent avec lui. Je paie les conséquences. Je ris de nerfs. Si j’avais su que pour l’éjecter de ma Vie, fallait lui choper les boules, je l’aurais fait plus tôt.  

A mesure que la nuit, se drape, je passe à la bouteille. Les souvenirs m’étranglent : son regard, notre rencontre, ses mots, sa fausse fidélité et le Havre. Ça fait mal, plus que j’aurais cru. Colère qui explose, bouteille se fracassant contre le mur. Je me glisse sous la douche. Ferme les yeux. Je vais devoir être professionnel avec lui. Il n’est plus rien. Juste un employé. Je me l’imprime dans ma caboche.  

Putain, les gars, je viens de me faire larguer.   


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Selenaë
Selenaë
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Hélo

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Louis Dumas
J'ai 28 ans et je vis à New York, USA. Dans la vie, je suis developper web et je m'en sors correctement. Sinon, je suis perdu, paumé et accroc à lui.

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Olivier Dion (c) Eilyam
- S’imposer n’est pas rejeter, Louis. Mais le message est passé. Je te ferais plus chier.  

J'écarquille les yeux quelques secondes, j'ai un doute. Il a bien compris ce que je voulais non ? Il ne peut pas croire que je l'exclue définitivement de ma vie ? Il n'est pas si bête ?

Il sort de la pièce et je reste con, en tenant la porte. Il monte dans l'ascenseur et je continue de le regarder. Putain, lui au moins il ne me fixe pas comme un chiot perdu. Je le regarde encore quand l'ascenseur monte. Monte ? MONTE ? J'écarquille les yeux, mais la connexion ne se fait pas totalement dans mon cerveau.

« Je voulais que tu réfléchisses ce soir, pas que tu m'abandonnes. »

Alors seulement à cet instant je comprends, je l'ai viré de chez moi pour une soirée, il m'a viré de sa vie pour toujours. Putain. Je suis débile. On s'est mal compris. Ce n'est pas la première fois, mais j'ai l'impression que c'est foutu cette fois. Quel débile je fais.

J'ai envie de vomir. Je reste assis face à la porte pendant si longtemps que je finis par me mettre à pleurer. Et je sais que c'est à moi de refaire un pas, mais ça va être dur. Bien trop dur.

Je jette le plat à la poubelle, mais la sauce reste dans la poêle, tant pis, elle ira aussi. Puis je descends les poubelles. En remontant, le groom me tient la porte. Je le salue d'un signe de tête, puis remonte chez moi. Je dois avoir l'air ridicule avec mes yeux rouges. Putain, mais comment ça a pu partir si loin. Il a bien du comprendre mes paroles non ?

Je m'allonge dans mon lit, mais ne parvient pas à dormir. Et qu'est-ce qu'il fait là ? Est-ce qu'il va venir me tuer dans mon sommeil pour être débarrassé ? PUTAIN mais on bosse ensemble. Je vais le voir tous les jours. Il faut que j'aille lui parler maintenant. Avant que ce soit trop tard.

Ascenseur. Montée. Groom.

Le lien se fait dans mon esprit et je descends en courant de chez moi. Je ne passe qu'un jogging pour ne pas être à poil dans les couloirs. Ouf, le groom est encore là, même à trois heures du matin.

« Bonsoir, bonjour peut être ? »
- Bonsoir Monsieur, que puis-je pour vous ?
- J'aurai une question un peu déplacée, mais il me faut savoir, vraiment, c'est une question de vie ou de mort.
- Je vais faire ce qui est dans mon champ des possible, Monsieur.
- Voilà, est-ce que Monsieur Sullyvan Andrews n'habiterai pas ici par hasard ? Tout en haut ?
- Mmh (à cet instant, il semble hésiter, comme s'il pesait son envie de commérer et son devoir de protection de l'immeuble.)
- S'il vous plait !
- Oui, il vit bien au dernier étage, d'ailleurs tout l'immeuble lui appartient.
- Merciiiii »

Je m'élance vers le dernier étage. Ce que je vais pouvoir lui dire, ça c'est une autre paire de manche, mais juste la possibilité de le revoir et de m'expliquer ça change tout.

Une fois devant la porte je me sens con. J'aurai pu chercher sur internet, j'aurai sûrement eu des informations pertinente sans passer par le groom qui va sûrement colporter des rumeurs. Et puis je suis pas habillé. Et il doit dormir à poing fermé, parce que cette histoire ne le remue sûrement pas autant que moi. Je redescends rapidement les deux étages, je prends un papier et un stylo puis je remonte. Et je tambourine à la porte.

« SULLYVAN OUVRE. »

Je vais alerter tout le quartier, mais qui ne tente rien n'a rien.

Puis je m'assois contre le mur et je commence à écrire, au cas où il m'ouvre, je serais là et s'il n'ouvre pas, je glisserai ça sous la porte.

Louis a écrit:
Sullyvan,

Je crois qu'on ne s'est pas compris, je ne te demandais pas de sortir de ma vie,
Juste que tu réfléchisses à la place que tu m'offres,
Je ne suis pas un objet, je te l'ai dit, mais si tu es prêt à me considérer autrement, alors je veux rester à tes côtés, aussi longtemps que possible.
Cesse de faire l'idiot en interprétant mes paroles.

Tu peux bouder, m'ignorer quelques jours, je le comprendrais et je n'interviendrais pas si tel est ton désir,
Mais reviens moi. S'il te plait.

Je t'aime, même si ça te fait vomir.
Louis.

« Putain Sullyvan, ouvre. »

Et je ne cesse de taper à la porte.
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Patate Douce
Patate Douce
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Sullyvan
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J'ai 38 ans ans et je vis à New York, Etats-Unis. Dans la vie, je suis à la tête d'un empire Com' et tueur à gages et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à ma chance, je crois que je suis à mon puppy et les courbes feminines et je le vis plutôt bien.

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Qui a foutu son vibro sur ma joue ? Je râle, je grommelle, j’ai mal au crane. Puis, je sursaute. Mon téléphone. Mon assistante. J’ai trente minutes de retard, sur une grosse réunion. Je me lève en trombe et part me laver au froid. Faut que je me réveille, que je sois aussi frais qu’un gardon. Allez mon gars, aujourd’hui, tu vas continuer à dorer tes couilles. J’ai fini minable la veille mais c’est fini. J’ai pris le temps de barricader mon petit organe et maintenant, j’enfile un beau costume. J’ouvre la porte à grande volée, tel un nouvel homme prêt à briser des côtes et je quitte mon appartement.

Le petit mot s’envole, échoue dans le couloir. Et la femme de ménage le prend et le fourre négligemment dans sa poche. Elle râle contre moi, pensant que je laissais mes déchets trainer. Si elle savait toutes les recherches que je fais pour être zéro déchet.

J’arrive avec quarante-cinq minutes de retard au total et je m’excuse platement, me faisant rappeler que cela devenait bien trop récurent. J’avais envie de répondre que ça ne se fera plus vu l’épine du pied qui m’a été ôté. Mais point d’état d’âme, on veut se faire de la thune. Une heure à justifier les chiffres de l’année. Noel arrive bientôt, on doit voter les primes d’intéressement et de participation. J’ai mes requins en face de moi mais je suis le plus gros et j’opte pour donner au moins 2 000 dollars à tous mes employés. C’est la moindre des choses. Ça chouine, je tape du pied. C’est quoi contre les 100 000 qu’ils vont recevoir par mois ? Je les laisse se plaindre encore un peu avant de leur souhaiter de bonnes fêtes.

J’en profite pour aller dire bonjour à toutes les équipes. Des compliments, des tapotements d’épaules, je les laisse me charrier, sauf ceux que je n’aime pas, qui bénéficient juste d’un bonjour faussement amical. Puis vient Puppy .. Louis.

Bonjour Monsieur Dumas, vous avez mauvaise mine, pensez à prendre un rendez-vous au spa. On a un partenariat avec un salon. Entre collègues, ça devrait être sympa.

J’arbore un comportement vraiment détaché, souriant et

P

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F

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S

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L


Je ne devais pas quitter mon objectif : régner sur le monde. Il n’avait fait que me ralentir et me rendre humain. C’était terminé. On voulait la même chose de toute façon. Je continue mon tour et récupère la boite à suggestions. Un petit tas que je lis, une fois dans mon bureau. Visiblement, un thème ressort, les super héros. J’annonce donc, en vidéo qui sera diffusé sur les écrans qu’un de notre partenaire viendra revêtir notre entreprise sous les différentes couleurs de nos héros. Je charge mon assistante de les appeler et d’y mettre le prix. Je décide des cadeaux avec les représentants et rajoute un weekend bien-être pour tout le monde. Maintenant que ça s’est fait. J’allais pouvoir aller trainer sur les réseaux sociaux. Ne me juge pas, je dois me trouver une nana à emmener pour ma famille. Sinon, ils vont encore me faire chier.  


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Selenaë
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Louis Dumas
J'ai 28 ans et je vis à New York, USA. Dans la vie, je suis developper web et je m'en sors correctement. Sinon, je suis perdu, paumé et accroc à lui.

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Olivier Dion (c) Bambi eyes
Je me réveille en sursaut, gelé et avec un mal de dos immonde. Il est cinq heures du matin, j’ai cessé de tambouriner puisqu’il ne répond pas et vu qu’il a l’air de dormir, je glisse le mot sous la porte et fonce me coucher.

Je me réveille un peu plus de deux heures plus tard, mal en point, pour aller bosser, le cœur lourd et l’âme en peine. Cette fois-ci je fais gaffe, j’essaie d’être concentré pour ne pas faire n’importe quoi, mais je ne fais surtout pas de zèle. Je n’ai pas envie qu’il me remarque, pas envie d’être sous les projecteurs. Je fais juste mon taf, rien de plus.

Soudain, je sursaute sous les chuchotements de mes collègues, Mr Andrews fait sa tournée des bureaux. Quand cela cessera donc d’être en proie aux commérages ? Depuis que je suis là, il le fait régulièrement. Il salue tout le temps, fais des vrais sourires à certains, pour les autres on sent qu’il a envie de les trucider, mais c’est sûrement parce que je le connais. Je me force de ne pas le dévorer des yeux, de ne pas m’excuser du regard, j’essaie d’adopter son air professionnel. Sauf qu’il me parle, d’un ton si détaché, si plein d’humour, mais cette joie de vivre n’atteint clairement pas ses yeux.

J’ai envie de pleurer, là tout de suite. Je me retiens – évidemment – et je tire mes lèvres dans un semblant de sourire, qui n’atteint pas mes yeux non plus.  

loui« Bonne idée » lâchai-je sans joie. J’essaie de me rattraper. « Si on organise une sortie avec tous les dev, vous viendrez ? » tentai-je avec un air d’espoir trop flagrant. Après tout, il est développeur lui aussi. « Enfin, vous devez être occupés je suppose. » Silence dans l’open-space, petits rires nerveux de la part d’un employé qui n’arrive pas à se cacher.

Et puis le temps passe, un jour, deux jours, trois jours, quatre jours. Je prends mon mal en patience, je lui ai promis le temps qu’il lui fallait. Je lui ai promis d’attendre, alors je ne fais rien. Je dors mal la nuit, je culpabilise, je m’énerve contre moi-même.

Et le voir, lui, tous les jours, au bureau me rend dingue. Complètement dingue. Il a l’air bien, il semble reposé, presque heureux. Il travaille encore plus et sa boîte grimpe en bourse. Il est grand gagnant de l’histoire.

Au bout de deux semaines de la sorte je n’en peux plus. Je n’ai aucun signe, et savoir que je vis dans le même immeuble que lui me donne la nausée. Alors je vide l’appartement, je démissionne, mais en demandant expressément aux DRH que le patron ne soit pas au courant après tout, qu’est-ce qu’il peut en avoir à faire de ces stupides employés ? J’inspire, j’expire, puis je me barre.

Tant pis, je rentre en France, j’abandonne ce rêve étatsunien et je rentre retrouver ma petite vie triste. Pour ce dernier trajet à New York, je prends un taxi. Qu’il ne soit pas jaune ne m’inquiète pas plus que cela, des nouvelles normes peut être ? Je monte distraitement dedans, concentré sur ce qui m’attend et sur mon cœur brisé. Au bout d’une heure de route, sans le moindre bouchon je commence à me poser des questions. C’est alors qu’un flingue, pointé droit sur moi me fait réaliser. Un taxi c’est jaune. Point barre.

« Tu vas venir avec nous, sans faire le moindre problème, okay mon p’tit gars ? »

Terrifié, je me demande ce qu’il se passe. Est-ce lié à Sullyvan ou est-ce que je n’ai vraiment aucune chance dans ma putain de vie ? De toute manière, Sullyvan n’en a plus rien à foutre de moi, alors je vais juste mourir pour rien. J’accepte mon sort avec étonnement de détachement.  La vie ne vaut pas la peine d’être vécue sans lui. J’inspire, j’expire, retiens mes larmes et songe à lui. Ses mots, ses caresses, son ton si froid puis si chaleureux, ses sautes d’humeurs, tout, je reprendrais tout. Pourquoi est-ce qu’il a fallu que je sois aussi con et demandeur ? Je ne pouvais pas juste me la fermer ?

Je reste calme et me laisse faire, pendant qu’ils me sortent de la voiture banalisée et qu’ils me prennent mes affaires. Je suis comme apathique, perdu, déjà abandonné pour l’au-delà. Je ne dis rien pendant qu’ils commencent à me frapper, acceptant ces coups, m’effondrant sur place, me recroquevillant sur moi-même. Mais les coups ne s’arrêtent pas et je crie. Enfin, j’entends des hurlements je mets du temps à comprendre que c’est moi. Je crois que je les implore d’arrêter ou d’aller plus vite. Alors ils me bâillonnent et je ferme les yeux, sombrant dans l’inconscience. Soudain, des bras me portent, me touchent, je ne supporte pas ça, je ne vois rien, j’ai mal, je pleure.

« Chut, tout va bien. »

Cette voix m’est inconnue et elle répète ces mots en boucle, je sombre à nouveau. Quand je me réveille, il fait jour, je suis dans un hôpital.

« Ah, il se réveille. Vous avez trouvé son dossier ? Quelque chose ? »

Bruit, effervescence. Je ferme les yeux, la lumière m’aveugle.

« Et vous avez réussi à trouver ce Sullyvan ? Il répète ce nom en boucle. »

Je parle ? Moi ? Ah, maintenant je m’entends, alors je me force à me taire. Pourquoi ne suis-je pas mort ?

« Monsieur, vous pouvez parler ? Nous dire que vous êtes ? »

J’ouvre la bouche et je prononce mon nom « Louis » d’un air que je ne me connais pas.

« On ne comprend rien sans ses dents, tu as entendu quoi toi ?
- Un nom européen non ? L’accent en tout cas m’y fait songer
- Bon ok, je vais aller me renseigner, bon courage. »

Les mots vont trop vite, je suis perdu. Je me rendors sur mon lit. Pourquoi est-ce que je rate tout, même ça ?

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Patate Douce
Patate Douce
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Sullyvan
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- Je ne sais pas trop ce que vous allez en penser mais le service RH vient de m’appeler. Monsieur Dumas a remis sa démission et ne voulait pas que vous le sachiez.

Je cligne plusieurs fois des yeux, relevant lentement la tête. Trop d’information d’un coup. Je pose délicatement mon stylo en version unique, aussi calmement que possible.

- Bloquez la procédure. Je suppose qu’il nous fait une crise existentielle.

Je dépasse ma secrétaire pour aller vérifier son box... Vide. Je questionne son équipe mais personne ne l’a vue aujourd’hui. Je souffle lentement. Je ne comprends pas. Il m’avait demandé de ne plus l’approcher. Et c’est franchement avec beaucoup de difficulté que je l’avais fait. C’était terrible ces derniers jours. Cette révélation avait arraché la gueule de me dire qu’il me manquait. Il ne fallait pas que mon égo, mais il se faisait une place dans mon quotidien. J’étais toujours en colère qu’il ne m’ait pas accepté ainsi mais je m’étais rassuré en me disant qu’il ne risquait probablement rien. Donc, je ne comprends pas. Mon entreprise n’était-elle pas assez bien pour lui ?

Je retourne à mon bureau, secrétaire retournée à ses occupations. Je ne pouvais pas m’absenter mais je ne pouvais m’empêcher de me dire qu’il avait peut-être un problème. Je demande à un de mes gars d’effectuer une recherche sur Louis. Juste pour savoir qu’il va bien. Je ne veux pas me dire qu’une tierce personne ait pu faire pression sur lui. Ce n’est en rien, une attention mais une déformation paranoïaque, si on peut dire. Je me prépare aussi, qu’il me dise qu’il a quitté le pays, retourné dans le sien. Rien que d’y penser, me rend amer. Je me tente de me concentrer sur mes comptes-rendus. Moi, qui avait espéré le voir pour Noel. Je me masse les tempes, avant de me remettre à travailler.

Les heures défilent et l’angoisse m’enserre. Comment ça, ils ne peuvent pas le retrouver aisément ? Il est parti depuis quand au juste ? La fin de journée est une catastrophe, je n’arrive à rien. Je fais les cent pas dans mon bureau, attendant ce message ou cet appel qui ne vient.

Je contacte mes gars que lorsqu’une livraison importante doit être reçu. C’est à ça - principalement – que sert ma seconde organisation. Les substances non autorisées transitent pas moi. Je sais que nous deux-trois à vouloir ce royaume. Mais j’ai posé mon cul sur le trône et je ne lâcherais jamais. Je me suis battu pour régner. Sanguinaire, quand il le faut, langue de chienne pour négocier, caméléon pour satisfaire les parties mais il y a toujours les charognards rôdant.

C’est en recevant la vidéo que je sais pourquoi, j’ai toujours refusé d’être avec quelqu’un. Louis entre les mains de ces fils de chiens. Mon sang bouillonne. Encore pris pour cible. Je me repasse la vidéo en boucle. C’est de ma faute. Mon visage s’assombrit. Et j’organise une réunion avec les Passeurs.

- Décortiquez-moi cette vidéo, je veux savoir quand ça s’est passé, qui a commis cette lâcheté, dans quel endroit et où se trouve Puppy.

Chef, quand, allez-vous l’introniser ?

- Dès qu’on l’aura retrouvé et remis sur pied.

- Vous allez le déclarer ?

Je fusille celui qui ose me poser cette question. Si je le déclare, cela signifiera qu’il deviendra officiellement mon … Je ne sais même pas comment le dire. Et donc, remettre en cause mon statut de par mes orientations sexuelles. On n’en est même pas arrivé à ça alors, hors de question.

- Tu veux le faire à ma place ?

Le silence règne parmi les rangs. Et cette question me surprend. Voyaient-ils autre chose que je refuse d'admettre ?

- Retrouvez votre frère, trouvez-moi ces merdes. La Lune va rougir ce soir. Et ne vous arrêtez pas tant que vous ne l’avez pas trouvé.

Haine grandissante. Je savais que j’allais probablement retourner les morts jusqu’à que je le serre dans mes bras. Sa Vie sera parmi nous, désormais. Et cela ne m’enchante absolument pas. L’idée qu’il parte en mission ou tienne une arme, me donne la nausée autant qu’il découvre comment je suis avec les Passeurs. M’enfin, pour le moment, on ne sait pas où il est.


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Louis Dumas
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Olivier Dion (c) Bambi eyes
Je reste allongé sur mon lit pendant des heures. De trop longues heures, à moitié abruti par les médicaments, à moitié blessé par mon cœur meurtri. Évitant au maximum de parler si je peux l’éviter. Ils m’ont refusé l’accès à un miroir, je pense qu’ils ont raison, je ne veux pas savoir.

Parfois, pendant de longues heures de doute, je me dis que j’aurai préféré mourir. Et puis je songe à Sullyvan et mon cœur se brise encore. Des larmes coulent sans que je m’en rende compte et deux infirmières arrivent pour me rendormir. C’est peut être mieux de rester seul dans un pays sans rêve.

Je soupire, quand je songe à la note qui m’attend. Je n’ai plus grand-chose et l’hôpital américain n’a rien à voir avec les aides françaises. De toute manière je n’ai plus rien sur moi. J’inscris le numéro de mon compte sur un papier et leur demande de me dire ce qu’il reste dessus, puis une autre idée me vient.

J’ose espérer qu’elle est bonne, mais j’ai peur. Peur qu’il me rejette, je crois que cette fois-ci, je n’y survivrai pas, sauf qu’il me faut lui parler. Au moins pour le prévenir. Ou pour entendre sa voix une dernière fois.

Le lendemain ma décision est prise et je commence à me forcer à discuter avec l’infirmière, de toute manière, écrire est encore plus douloureux que parler, alors je n’ai pas trop le choix. J’arrive à ce qu’elle me trouve le numéro de mon ancienne boîte, son empire. Puis elle appelle pour moi, elle appelle le secrétariat et finit par tomber sur la douce secrétaire, celle qui est directement rattachée à Sullyvan. Elle me tend son téléphone.

« Jenny, s’il vous plait, passez-moi Monsieur Andrews, c’est Louis Dumas. »

Ma voix est hachée, rauque, abîmée, mais parler avec l’infirmière lui a redonné un ton compréhensible. Je ne sais pas ce que Jenny comprend, mais elle accepte. Je sais que Sullyvan va me tuer, mais j’ai trop besoin de l’entendre.

« Sully, c’est moi. Viens. » Un sanglot étouffe ma voix. « S’il te plait, pardonne-moi et viens. » Cette fois-ci, les larmes coulent. Je le supplie comme un enfant, il va détester ça, mais l’avoir au téléphone est presque trop beau, trop … trop. Je repousse l’appareil et l’infirmière le récupère. Elle lui donne les indications comme le nom de l’hôpital, ma chambre. Faites qu’il vienne.

Et soudain, la douleur revient, je ressens tous les coups, toute la brutalité. Je ressens ce manque au niveau de ma poitrine. Je ressens tout. Je hurle de douleur et on m’endort de nouveau avec des calmants. Petit à petit, dans mon sommeil, mes larmes se tarissent.

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PRÉFÉRENCE DE JEU : Homme

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Sullyvan
Andrews

J'ai 38 ans ans et je vis à New York, Etats-Unis. Dans la vie, je suis à la tête d'un empire Com' et tueur à gages et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à ma chance, je crois que je suis à mon puppy et les courbes feminines et je le vis plutôt bien.

Tu veux apprendre à me connaître ? Viens donc me chatouiller et tu retiendras mon nom.


Tom Hardy by idk
Nuits après nuits, nous avons cherché, creusé des pistes. Et chacun revenait les mains vides. Pas de Puppy. Nulle part. C’est impossible. Je sais toujours tout ce qu’il fait. C’est plus fort que moi. Comment … Comment ces enculés ont pu le faire disparaitre ? Non, je refuse qu’il soit mort et son corps gisant tel un cadavre sans intérêt. Cette image me rend ivre de rage alors je frappe encore et encore l’homme que nous avons capturé. Le faire parler. Mais il est bien éduqué ce chien. En vérité, c’est le cinquième que je tabasse. Sans raison, car ils sont comme mes hommes, prêts à mourir pour leur bosse. Mais c’est la seule manière que j’ai trouvé pour ne pas m’effondrer, pour mettre en sourdine mon imaginaire. Violenter ces merdes qui ont touché à mon précieux. Torturer pour oublier que je suis le seul fautif.  

Malheureusement, quand la nuit fait place au jour, je me dois d’être présent à mon travail. Je me dois d’être le PDG exemplaire. Secrétaire qui me fait ses œillades incessantes, comprenant qu’il a pu se passer quelque chose de grave mais s’abstient de tout commentaire. Et je lui en suis reconnaissant. Bien que j’eusse les deux pieds dans la réalité, l’exprimer à haute voix à une tierce personne serait baisser les bras. Alors l’inquiétude est partagée en silence.  

J’enchaine les réunions, je redouble d’efforts pour être aussi lisse que possible. Je charrie mes employés, je les félicite, je les engueule. Tout est exacerbé. Je me raccroche à eux pour ne pas m’enterrer et me mortifier de peur, pour celui qui me manque cuisamment.  

Puis la bouffé d’oxygène arrive enfin. Téléphone tendu, larmes de ma secrétaire. Et sa voix. Souffle coupé. Je n’en reviens pas. J’hoquette. Il est en Vie. Une larme coule. Soulagement. Le mot est faible. Je plaque ma main contre ma bouche, véritablement choqué de la sonorité de son ton.  

Trois états plus loin que le nôtre. Comment … ont-ils pu échapper à ma vigilance ? Non, je sais tout ce qui rentre ou sort d’ici. Je mets cette défaillance de côté, pour le moment. Je mènerais mon enquête, bien que j’eusse une idée au fond de moi. J’explique tout à ma secrétaire qui comprend d’elle-même qu’il va falloir annuler au moins deux à trois jours de rendez-vous. Prétexte : membre de famille à l’article de la mort. Cela fera probablement jaser dans les tabloïds si on l’apprend mais qu’importe, c’est le cadet de mes soucis. Non, ce que je veux c’est Puppy, le voir, le toucher.  

Je ne perds pas une seconde pour prendre la route. J’ai hésité à y aller en moto mais si je devais le ramener, une voiture serait plus pratique. Je roule, aussi vite que je le peux, ralentissant que lorsque j’y suis obligé. GPS me guidant, je me prépare mentalement à le découvrir salement amoché.  

Des heures de route, et j’arrive enfin à destination. Hôpital flamboyant. Comment a-t-il pu atterrir ici ? Et tout m’inquiète davantage. Trop de questions. Avant de descendre, j’appelle mon bras droit pour lui faire part de mes interrogations et qu’il prenne les choses en main aussi discrètement que possible.  

Je quitte la voiture. Myocarde qui hurle d’impatience. Jambes flageolantes m’exhortant de marcher plus vite. Mains moites, prêtes à caresser son visage. Longue inspiration pour me calmer et je pénètre à l’accueil. Je sors une carte de crédit ainsi que mon assurance. Je sais qu’il faut payer les frais médicaux. Et j’avais envie de m’en débarrasser maintenant. Gagner quelques minutes avant de faire face à la réalité.  

On m’escorte jusqu’à sa chambre. Un pas. Deux pas. Je fixe le lit. Il est là, endormi. Amoché. Salement. On me parle de son état. De ses dents qui ne sont plus. Dans d’autres conditions, j’aurais ris. Et automatiquement, je demande à ce qu’il voit un chirurgien-dentiste pour qu’il puisse avoir un sourire flamboyant. Puis je m’approche seul, de lui. Pulpes des doigts sur sa joue, cueillant une larme. Et les miennes se mettent à couler.  

Tout est de ma faute. C’est moi, dès le premier soir qui l’avait mis en danger. Le surveiller, le faire suivre. Je suis l’unique responsable de son enfer. Et malheureusement, il ne pourra plus jamais en sortir sans y perdre la Vie. Je repense au fait d’officialiser. Ça lui permettrait d’être un peu à l’abri mais d’être une cible et pas n’importe laquelle.  

Quand un homme perd sa Dame, il n’est plus rien. Trouver son point faible et lui presser les couilles devient une douce caresse, à côté de la torture psychologique qu’on peut subir à menacer la moitié d’un homme puissant.  

Je sèche mes larmes rapidement. Hors de question, qu’il me voit. Le plus silencieusement possible, je rapproche le fauteuil près de son lit, et je pose ma tête sous sa main. Je sais que nous allions devoir parler. Et lui exposer son nouveau statut : la Dame des Passeurs.  

 


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Selenaë
Selenaë
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INSCRIPTION : 19/09/2017
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Louis Dumas
J'ai 28 ans et je vis à New York, USA. Dans la vie, je suis developper web et je m'en sors correctement. Sinon, je suis perdu, paumé et accroc à lui.

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Olivier Dion (c) Bambi eyes
La nuit, le sombre, la douleur, l'apesanteur. Mes rêves n'ont aucun sens, à moins que ce ne soit des cauchemars ? La réalité n'est pas mieux, je me souviens de la douleur et des larmes, mais les médicaments qu'on m'a forcé à prendre me permettre d'oublier la moitié. Alors je reste dans cet état de demi-conscience. Pourtant, ce sommeil n'est pas réconfortant. Je me sens mal, seul, vide. J'ai peur. Mais ouvrir les yeux et affronter la réalité doit être bien pire, sinon je ne l'aurais pas fui.

Pourtant, je finis par le faire. J'émerge difficilement, les yeux collés, le corps immobile et le visage douloureux.

Toujours le même plafond d'hôpital, j'ai perdu le décompte des jours, je ne sais pas si je suis ici depuis dix ans ou deux jours, mais j'ai l'impression de le connaître par coeur. Ces lumières blanches, crues, qui me défonce la rétine. Je les fuis du regard pour me rabattre sur les murs, d'un bleu délavé, triste. Et là, je le vois. Image fugace, inespérée. Je pleure. Je le pleure. Il n'est que le fruit de mon imagination, jamais il ne serait venu, comment pourrait-il savoir ?

Puis je me rappelle des évènements de la veille, je l'ai appelé. Je l'ai eu au téléphone, il ne m'a pas répondu mais entendre son souffle m'a suffit. Est-il vraiment là ? Je tourne la tête, pour tenter de le voir entier, il est assis sur le fauteuil, le plus proche du lit, mais il semble dormir ?

J'ai peur d'y croire et de me briser le coeur une fois de plus. D'avoir si mal en me réveillant pour de vrai. J'ai peur qu'il ne soit que le fruit de mon imagination et que je sois déjà bien loin de sa réalité. Je l'ai appelé à l'aide, mais il n'a sûrement pas dû répondre, je ne suis plus rien pour lui.

Alors, pour la millième fois une semaine, je me remets à pleurer. Comme si notre rupture avait ouvert les vannes d'un robinet sans me laisser la notice pour les refermer. Les moteurs des machines auxquelles je suis relié bipent et, affolée, une infirmière entre dans la pièce.

« Oula. » Elle s'active, elle me regarde, elle pèse des liquides et des médicaments. Je sais ce qu'elle prépare, elle veut m'empêcher de souffrir, mais c'est trop tard. Je souffre, de Son absence.

« Non ! Ne me rendormez pas. » Mes mots sont très clairs dans mon esprit, mais je ne sais pas ce que les autres entendent. Ils ont l'air de trouver mon dialecte compliqué.

Est-ce mes mots ? L'agitation ? L'infirmière ? Mon imagination ? Qu'importe, l'illusion se relève et on dirait vraiment Sullyvan. Il est aussi beau que dans mon souvenir, mais beaucoup plus torturé. Depuis quand n'a-t-il pas dormi ? Je ne peux m'empêcher qu'il a l'air trop réel. Alors je tente le tout pour le tout, tant pis si mon coeur souffre, mais je décide d'y croire.

« Sullyvan, s'il te plaît, empêche-les de me rendormir. Je veux, je veux, que tu me pardonnes. » lâchai-je difficilement. Ces mots qui ne veulent pas sortir, ce "je t'aime" qui reste bloqué, cette peur de le voir disparaître, s'envoler comme par magie.

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Patate Douce
Patate Douce
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Sullyvan
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J'ai 38 ans ans et je vis à New York, Etats-Unis. Dans la vie, je suis à la tête d'un empire Com' et tueur à gages et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à ma chance, je crois que je suis à mon puppy et les courbes feminines et je le vis plutôt bien.

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Voix qui me réveille et j’écarquille les yeux. Putain, il est là, en Vie et réagit. Cœur qui fait des bonds. Quel faible, ce truc-là. Je me recule pour laisser faire l’infirmière, regard qui fronce, inquiet qu’il meurt maintenant qu’il m’avait vu. Je l’avais déjà subi. Un proche qui lutte jusqu’à lâcher quand il a vu sa famille. Acte de bâtard. Et s’il me fait ce coup-là, je l’achève cent fois. Mais pour le moment, je vais éviter de lui montrer mes mains, elles ne sont pas belles à voir ni même à toucher avec les bandeaux.  

Puis tout s’enchaine rapidement, il s’exprime de sa voix suppliante, ça m’écorche l’âme. Je l’ai tellement détruit. Mais pas question de lui montrer à quel point, je m’en veux. L’infirmière me fixe et je lui fais signe de partir. Je ne sais pas trop comment, elle va le percevoir mais de toute façon, il était bien trop lucide pour l’endormir.  

Je m’approche de lui, me retenant de trembler et de le toucher, maintenant qu’il a les yeux bien ouverts.  

- Calme-toi, c’est fini, je suis là. Ce n’est pas à toi de demander pardon Puppy.

Voix aussi douce que possible. Je le prends doucement dans mes bras, posant mon menton sur le haut de sa tête. Larmes aux yeux, j’allais craquer tôt ou tard mais pour le moment, le plus compliqué était devant nous.  

- J’aimerais te demander pardon Louis, mais ça ne sera jamais à la hauteur de ce que tu as subi. Mais, je ferais plus attention à toi. J’avais cru bien faire quand tu m’as demandé de te laisser. Et que je t’avais, visiblement, manqué de respect. Ce fut une période compliquée mais je ne sais pas. Ta démission, ta disparition. Je t’avoue que c’est un exercice dont je vais avoir du mal à respecter mais s’il te plait ne quitte pas l’entreprise ou ton appartement. Je … Enfin.

Les mots bloquent. J’aimerais lui dire que ces derniers jours furent un enfer pour moi. Que j’avais compris à quel point, il était précieux. Que j’allais devoir l’introniser pour sa protection voire même le déclarer. Tellement d’engagements qui m’effrayent. Mais j’aurais aimé lui dire clairement de ne pas partir.  

- Je ferais attention à mes propos à présent. Je te donnerais l’espace dont tu as besoin mais ne repars dans ta cambrousse.

Ne me laisse plus seul, ne me laisse plus crever d’inquiétude pour toi. Apprends-moi à être ce que tu voudrais que je sois. Mais la vérité, je ne pourrais la lui dire. Non, c’est bien trop dangereux, pour nous deux. Je paniquerais de me rendre tous ces sentiments réels.    

 


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J'ai 28 ans et je vis à New York, USA. Dans la vie, je suis developper web et je m'en sors correctement. Sinon, je suis perdu, paumé et accroc à lui.

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Olivier Dion (c) Bambi eyes
Il est là, pour de vrai. Son odeur, sa douceur, son côté brute, tout y est. Pour de vrai. Je le ressens au plus profond de moi et cette fois-ci ce sont des larmes de joie qui jaillissent de mes yeux. Je suis si soulagé, si heureux, je me sens entier. Plus jamais je ne le laisse partir, plus jamais je ne le contredis. Je me ferai tout petit, tout minuscule. Je resterai avec lui, sans rien dire s'il le faut. Bon sang. Il me fallait le perdre pour mesurer tout ce que j'avais avec lui.

Mon coeur gonfle et bat plus vite. Et il me touche, de son menton, de ses doigts. Mon coeur explose d'amour. Je me sens bien. Je ferme les yeux.

C'est alors qu'il se met à parler. Je ne m'y attendais pas. Et ses mots, mon dieu, ses mots ! Il s'excuse et prend les torts sur lui ! Si seulement il savait combien il n'est pas responsable, combien ce quiproquo me pèse.

J'ai envie de l'embrasser et de tout oublier. De l'emmener ailleurs, qu'on découvre un nouveau pays tous les deux et qu'on oublie à tout jamais ces mauvaises histoires. Douche froide. Jamais il n'abandonnerait sa boîte et son... autre job. Il va rester là, enlisé, toute sa vie. Tant pis, je prendrai racine à ses côtés et je lui rappellerai de temps en temps d'être plus doux et son côté mielleux.

« Stop »

Et je pose ma main sur la sienne. Elle est brute, brulante, bandée, que s'est-il passé ? Je ne pose aucune question et je serre ses doigts. Qu'importe tant qu'il est là.

« Je crois qu'on s'est mal compris, je... » Les mots sortent difficilement encore pire qu'avec mes dents cassées. Je ne peux même pas me mordre la lèvre. J'inspire. J'expire.

« Vraiment je voulais qu'on se retrouve le lendemain, qu'on en reparle, pas que tu partes. » Mon coeur me brûle, me serre. J'ai mal, je suffoque. Quel con. Mais quel con ! « J'ai cru mourir quand tu m'ignorais, alors je préférai te laisser de l'espace, j'ai cru que tu ne voulais plus de moi. » Je pleure, sans retenue. Je n'ai pas honte, je laisse mon coeur se rassasier de sa présence.

« Je reste, pour toujours. » Je murmure avant de m'endormir contre lui.

Et pour la première fois depuis trois jours, je dors bien et sans le moindre médicament. A mon réveil, je me sens reposé, entier, puis j'ai un instant de doute, est-il toujours là ? Ai-je rêvé ? Je suffoque avant d'ouvrir les yeux pour le chercher partout dans la pièce.
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