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Maât
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CRÉDITS : Alfons Mucha

UNIVERS FÉTICHE : Réel, Fantastique, Historique
PRÉFÉRENCE DE JEU : Les deux

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Le contexte du RP
Mise en situation

La situation
Syrie, Gouvernorat d'Alep, 2018.

Un pays failli, théâtre de combats quotidiens dans l'ensemble de son territoire entre différents acteurs.
Ça s'est passé à quelques centaines de kilomètres de la frontière nord, avec la Turquie. L'assaut avait été mené contre un bastion.
Les forces kurdes se sont retrouvées victorieuses malgré quelques pertes.
Mais l'heure n'était pas aux célébrations, la question était maintenant celle des prisonniers, avant de combattre la prochaine garnison ennemie.

Normalement, aucun débat n'était à faire, sinon que de leur faire payer les crimes qu'ils ont commis. Or, les vainqueurs avaient trouvé nombre d'enfants au cœur de cette citadelle de fortune, survivants de cette bataille, au milieu des leurs qui n'avaient pas eu la malchance de survivre.
Quand un vétéran brisé se trouve face à un trop jeune prisonnier à qui on a volé l'enfance, un dilemme moral plus important qu'escompté pourrait s'imposer.

[Le titre du rp vient d'une chanson d'Emel Mathlouthi]
Contexte provenant de Jo'
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Jorge Afrîn Barzani Gonzalez
J'ai 46 ans et je bouge pas mal, étant actuellement en Syrie pour me racheter une conduite. Dans la vie, je suis pilote et vétéran de guerre et j'enchaîne les emmerdes. Sinon, grâce à ma malchance, je suis divorcé et je le vis plutôt mal.

Né à San Antonio au Texas de l'union surprenante d'une mère mexicaine et d'un père kurde irakien qu'il ne verra que peu, Jorge Afrîn met longtemps à se trouver des repères, tiraillé entre la culture latine inculquée par sa mère et sa grand-mère et la recherche de son ombre paternelle.
À la déclaration de la première guerre du Golfe, il s'engagera dans l'armée américaine par devoir envers son père. Il y rencontrera Pénélope Loubet, engagée dans la Marine française. Ils auront une fille ensemble, Adela. Toutefois, la guerre lui a laissé des marques indélébiles et il se réfugie dans l'alcool et la cigarette. Pénélope, craignant pour la sécurité de leur fille, quitte Jorge Afrîn, achevant ainsi sa descente aux enfers.
avatar :copyright:️ Maât

Le soleil.
Brillant. Cru. Aveuglant.
Chaud. Cuisant. Brûlant.

Il perçait à travers l'ouverture qui servait de fenêtre à la petite pièce, annonçant le début d'un nouveau jour.
Jorge Afrîn se redressa et passa ses mains sur son visage. Ses paumes étaient rugueuses, parsemées d’ampoules. La veille, il avait aidé à inhumer ses compagnons d'armes, tombés dans l’assaut qu'ils avaient mené et qu'ils avaient “gagné”.
Gagné.
Pouvait-on utiliser un tel terme quand ce genre de raids se multipliaient les uns après les autres chacun avec son lot de victimes ?

Tout lui était revenu en mémoire, comme à chaque fois. Des flashs où il revivait les horreurs qu’il avait vécues, où il les voyait comme si elles étaient réelles, où il les entendait comme s’il était présent. Parfois, il lui semblait même avoir l’odeur âcre du sang dans les narines… Le goût en bouche, écoeurant, nauséeux…
Alors il se réveillait, en sueur, observait autour de lui, alerte, avant d’enfin prendre conscience qu’il ne s’agissait là que de visions cauchemardesques.
Souvent, il se demandait ce qu’il était revenu faire là. Plus de vingt ans après la première fois qu’il eût foulé le sol de la région. La première fois, il n’avait pas réfléchi, il était jeune, s’était engagé dès l’âge de dix-sept ans parce qu’il avait le sentiment qu’il s’agissait là d’un devoir à accomplir, pour ce père dont la mémoire se résumait à quelques photos, une silhouette floue, d’obscures notions de kurde, un second prénom et un nom de famille bien étrangers à ce qui était familier au Texas. Si les premiers jours lui avaient donné un enchantement certain face au fait de renouer avec ses racines, de retrouver une part de lui-même et de servir à quelque chose, il avait rapidement déchanté face à l’extrême violence à laquelle il se retrouva confronté.
Il s’était alors retrouvé dans un cercle vicieux qui lui coûta énormément, qui l’arracha à tout ce qu’il aimait.
Le revoilà donc, plus de vingt ans après. Cette fois non pas en Irak, sur la terre qu’avait foulé son père mais auprès du peuple de celui-ci, avec lequel il se débrouillait dans les échanges en baragouinant dans un mélange majoritairement composé d'anglais et auquel s'ajoutait de maigres bases d'arabe, de kurde voire de français.
Il n’avait pas bien changé entre temps, ses traits étaient bien sûr plus marqués par la fatigue, le vieillissant quelque peu. Ses motivations étaient aussi quelque peu différentes. Lorsqu'il avait appris que certains se battaient auprès des Kurdes, il décida de tenter sa chance à son tour, ne prenant qu'un sac d'affaires, une photo d’Adela et son passeport.

Plus de vingt ans après, Jorge Afrîn était toujours aussi idéaliste, ne s'était toujours pas débarrassé de ses putain de chimères de liberté, d’héroïsme malgré les tréfonds dans lesquels sa vie avait sombré. À cela s’étaient ajoutées bien d'autres ambitions. Celle de se sortir du cercle vicieux de nicotine, de coups d'un soir et d’éthanol dans lequel il s'était réfugié après qu'il ait perdu tout ce qu'il aimait. Il avait pour espoir qu'à l'issue de tout ça, il ne passerait plus pour le raté de service, qu’Adela n'aurait aucune raison d'avoir honte de son père et qu'il pourra lui dire, fier, qu'il s'en est sorti. Il pourrait aussi s'enhardir auprès de Pénélope, lui montrant qu'elle avait tort d'être partie…
Bien entendu la réalité l’avait vite rattrapé et était replongé dans l'enfer qu'il avait vécu en Irak.
Toutefois, bien que n'étant pas serein, il se disait après tout qu'il pouvait bien continuer, que ça lui empêchait de se tirer une balle dans le crâne. Après tout, quelqu'un finirait peut-être par s'en charger et il serait malgré tout considéré comme un repenti dans sa cause.
Néanmoins, malgré ces considérations aussi macabres les unes que les autres, il pensait à Adela et, aussi tentante et reposante pouvait être la Mort, il avait pour devoir de se battre pour sa fille, de ne pas se jeter sous les balles inutilement… il devait le faire pour elle et grâce à elle, il résistait aux crises qui jonchaient son chemin.
Elle était son ange gardien à ne pas en douter.

Jorge Afrîn finit par se lever, évitant soigneusement les couchettes de fortune de ses camarades, et sortit. Il trouva deux de ses camarades, discutant en surveillant des prisonniers attachés, ceux-ci attendant certainement leur condamnation. Le vétéran fut frappé de la jeunesse de certains, parfois ne paraissant pas avoir plus d’une dizaine d’années.
L’homme sortit une cigarette et l’alluma, observant ces tristes hères, d’une certaine manière sous le choc. Dans le feu de l’action il n’avait pas remarqué ces “détails” qui au final pouvaient avoir une importance non-négligeable, dans un autre contexte que celui de la lutte pour que le plus fort s’impose.
Alors oui, on pouvait dire qu'ils étaient “méchants”, que Jorge Afrîn et les siens n'avaient fait que se défendre, qu'ils combattaient pour la liberté.
Mais merde… il s'agissait d'enfants, en face.
Tout comme les Kurdes pouvaient donner les armes à des fillettes à peine plus âgées qu’Adela…

Au fond, Jorge Afrîn ne put s'empêcher de ressentir rien de plus qu'une profonde tristesse et une grande pitié pour ces enfants qui n'avaient rien demandé et à qui on avait tout arraché.
Il restait là, à les observer en silence. Sous le soleil brûlant et entouré d'un nuage de nicotine.
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Aadil "Abid"
Zoubeyr

J'ai 9 ou 10 ans et je vis à Tal-Tamr, Syrie. Dans la vie, je suis enfant soldat et c'est l'enfer. Sinon, grâce à ma malchance, je suis prisonnier et je le vis très mal.

Small Soldiers - Res Turner


?? :copyright:️ Jo'

J'ai chaud. Ca crève. C'est dégueu, aussi. Je sens des lentes traînées de sueur rouler sur mon dos, mon front ; ça fait des gouttes qui tombent de mon nez, mais j'peux pas m'essuyer parce que j'ai les mains attachées dans le dos. Ils ont pas de moyens de nous retenir autrement qu'avec des cordes bien serrées, parce qu'on est trop maigres et petits pour leur équipement j'crois. Moi j'ai quelque chose comme neuf ou dix ans, mais j'suis pas le plus jeune ni le plus vieux. On a tous un peu oublié quel âge on a : au camp on nous donnait plein de trucs contre la douleur et les cauchemars, c'est ça qui fait qu'on a oublié nos âges et parfois nos vrais noms.

Moi mon vrai nom j'men souviens ! C'est Aadil, "Juste". Mais quand je suis rentré dans les rangs on m'a appelé Abid, "Serviteur". J'aime pas du tout, mais ils ont dit que ça se ressemblait et que ça m'allait mieux. C'est parce que je suis pas d'accord avec eux que je veux pas oublier mon vrai prénom. J'ai mal aux poignets, ça frotte, j'suis sûr que c'est rouge. Je demanderais bien à mon camarade à gauche de regarder si ça saigne, mais j'ai peur que si on parle on nous butte. Au camp quand on discute on nous butte. Attends, non, c'est quand on discute un ordre. Parler comme ça, on peut.

Ils nous ont embarqué dans la nuit. On devait faire un raid sur leur zone, mais c'est eux qui sont venus. Les Grands, ils ont réussi à partir parce qu'ils peuvent conduire. Y en a qui sont restés, les pas-importants, qui ont aucune information, comme nous. Moi j'aurais préféré savoir des choses, comme ça on aurait eu peur qu'on me torture et que je dévoile des trucs, et on m'aurait emmené dans les voitures. Tu parles, on a courru derrière comme les chiens chez mamie quand y a de la visite qui part ! Les ennemis nous ont foncé dessus, et ceux qu'ils ont pas pu attrapper, ils les ont flingués. On a été chahutés toute la soirée pour être transportés dans leur base, et pourquoi ? Je sais même pas de quel côté je suis, ni qui ils sont. Depuis le petit matin on poireaute là sans eau sous un violent soleil. J'me suis même fais pipi dessus déjà une fois, et maintenant ça brûle (pas de chaud mais de piquant, t'sais). Maman elle m'aurait flanqué une sacrée rouste ! Parfois quand j'ai très peur je pense à elle. Depuis que j'ai intégré le camp le pense tout le temps à elle parce que j'ai tout le temps peur.

L'ennemi, c'est pas très différent des Grands, sauf qu'ils nous attachent - mais eux, ils donnent pas d'ordre. Y en a deux qui surveillent, ils fument - un les a rejoint. J'ai pas vu d'enfant chez eux. Chez nous, les garçons comme moi ils apprennent à tuer avec des armes, en s'entraînant d'abord sur leur famille. J'te raconterai comment c'était, mais là j'ai pas envie de pleurer parce que j'ai déjà très soif. Les petites filles, nous, on les voit pas. Une fois j'ai entendu un Grand dire qu'elles deviennent "esclaves sexuelles", je sais pas ce que c'est, mais ça a l'air de faire plaisir à tout le monde. Enfin bref, on est là, une petite dizaine de gosses comme moi, et on attend de voir ce qu'il va se passer - ceux qui comprennent ce qui nous attend sont agités, moi je laisse couler.

Je laisse couler, comme la sueur dans mon dos.


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Jorge Afrîn Barzani Gonzalez
J'ai 46 ans et je bouge pas mal, étant actuellement en Syrie pour me racheter une conduite. Dans la vie, je suis pilote et vétéran de guerre et j'enchaîne les emmerdes. Sinon, grâce à ma malchance, je suis divorcé et je le vis plutôt mal.

Né à San Antonio au Texas de l'union surprenante d'une mère mexicaine et d'un père kurde irakien qu'il ne verra que peu, Jorge Afrîn met longtemps à se trouver des repères, tiraillé entre la culture latine inculquée par sa mère et sa grand-mère et la recherche de son ombre paternelle.
À la déclaration de la première guerre du Golfe, il s'engagera dans l'armée américaine par devoir envers son père. Il y rencontrera Pénélope Loubet, engagée dans la Marine française. Ils auront une fille ensemble, Adela. Toutefois, la guerre lui a laissé des marques indélébiles et il se réfugie dans l'alcool et la cigarette. Pénélope, craignant pour la sécurité de leur fille, quitte Jorge Afrîn, achevant ainsi sa descente aux enfers.
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La cigarette se consumait lentement entre ses doigts dans une sensation de chaleur plus que désagréable.
Jorge Afrîn avait été tellement absorbé par ses pensées qu'il n'avait pas pensé à la fumer pendant quelques minutes.

Quel gâchis.

Il plissa le nez en regardant ce qu’il en restait. Parlait-il de la cigarette ou des enfants qu'il avait vus ? Parce que cette pensée pouvait très bien s’appliquer des deux côtés.
Et c'était le cas.
L'homme s'approcha des deux gardiens des prisonniers et échangea quelques familiarités avec eux, leur proposa des cigarettes, qu’ils acceptèrent. C'était comme s'il s'agissait de camarades croisés par hasard un beau jour en ville.
Ça sonnait faux parce que c'était un gros décalage avec la situation actuelle.
Ça sonnait faux et Jorge Afrîn le savait.
Et il s'en voulait pour ça.
De vouloir banaliser une telle situation pour qu'il puisse mieux vivre tout ça, pour qu'il ne soit pas prostré toutes les heures dans un coin, en refusant de prendre les armes, de se battre.
Mais égoïstement il voulait faire ses preuves.
Il faisait chaud et le treillis et les rangers n’étaient pas ce qu’il y avait de plus confortable dans ce climat, mais il ne se plaignait pas. Il y avait toujours pire. Comme se retrouver le cul sur le sol pendant des heures et attaché solidement à un poteau, les mains derrière le dos.

Une femme parmi les gardiens essayait de faire parler les prisonniers, d’une voix ferme, dure. Son arme était dans son dos mais elle ne s’en servait pas pour menacer. Toutefois, l'Étasunien savait que cela pouvait être utilisé en dernier recours, pour persuader à cracher le morceau. Il attrapa quelques mots au vol, ayant parfois du mal, surtout au réveil. Toutefois, c’était certain qu’ils n’allaient pas les tuer arbitrairement, sans forme de procès. Ils cherchaient à avoir le soutien de la communauté internationale, à se différencier de leurs ennemis en face, donc appliquer les droits de l'Homme du mieux qu'ils pouvaient dans une telle situation. En ce sens, ce serait maladroit d’exécuter sommairement des prisonniers de guerre, surtout des enfants.

- P’têtre que leur donner de quoi manger et boire les fera parler. tenta l’homme dans un kurde approximatif, soufflant un nuage de fumée avant d’écraser sa cigarette d’une de ses rangers.

Son frère et sa soeur d’armes l’observèrent, puis se concertèrent en silence, du regard, hésitant sur ce qu'il fallait apparemment faire.

- Ce sont des gamins. Je pense que c’est pas difficile de leur faire dire ce qu’ils ont à dire. Enfin moins que des adultes.

Après tout, morts, ils serviraient pas à grand chose pour ce qui était de donner des informations.

L’homme se leva. Sans doute pour aller chercher du pain. Il revint trois minutes plus tard. Quelques galettes dans les mains. Pas les plus belles ou de la première fraîcheur, c’était certain, jugea Jorge Afrîn, mais ça devait suffire amplement quand on avait la dalle. Après tout, on était en guerre, c’était pas la garderie du quartier pour les chouchouter. C’étaient des prisonniers, il ne fallait pas l’oublier.
L’Américain prit un morceau, déchiré grossièrement du reste, dans ses mains calleuses, s’approcha d’un des plus jeunes. Il s’accroupit devant lui et triturait le pain en essayant de l’observer dans les yeux.

- T’as faim ?


Son arabe était encore plus approximatif que son kurde, mais face à des enfants, ça pouvait faire l’affaire.
Peut-être qu’il allait se faire insulter, cracher à la figure… Mais Jorge Afrîn n’avait pas un tempérament colérique. Il trouverait ça même normal et ça montrerait peut-être qu’il restait de l’humanité dans ces pauvres êtres.


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"T'as faim ?"

Je crois que j'étais plus tout à fait réveillé, je voyais trouble et j'entendais comme quand on doit aller dans des canalisations pour déboucher l'arrivée d'eau en ville. Un écho mais pas joli comme sur les montagnes à la ferme de papi. Plutôt un écho dans la tête. J'dois avoir la tête creuse, mon frère avait raison !

Son accent est bizarre, mais sa voix qui grésille me fait bien ouvrir les yeux. Il a pas la barbe comme les Grands, mais ses boucles me rappellent celles de ma chérie au village - sauf que les siennes elles sont un peu grises et sales. J'l'aime bien. Encore plus parce qu'il tient un bout de galette. Ça me rappelle les shawarmas de maman. Maman = peur, tu te souviens ?

Je suis pas tranquille mais j'ai faim, et à la vue du pain dans sa main, j'ai mal dans l'arrière de la bouche. On m'a dit pendant l'entraînement qu'il fallait faire attention, avant de manger quand on a soif. Si on n'a plus assez de salive, la mie elle te reste coincée dans la gorge, et tu meurs comme un gros débilos et pas en martyr et tu peux jamais voir Allah !

Les Grands ils parlent beaucoup de Lui. Comme quoi que chez lui on est toujours heureux, et y a au moins 1000 chéries comme celle que j'ai au village (mais pas avec les boucles poussiéreuses du gars au shawarma), et je peux manger tout ce que j'ai envie comme j'ai envie. Petit, je volais des mangues dans l'arbre des voisins, mais faut pas le dire à Allah parce que sinon je vais rester sur Terre et continuer à mourir de faim.

Si je meurs pour le camp, j'aurais des mangues à volonté, et j'aurais pas besoin de les voler. J'aime pas voler mais parfois y a pas le choix. C'est avec des mangues que j'ai demandé ma chérie en mariage ! Enfin c'est pour quand on aura 16 ans tout ça.

Je veux cracher mais j'arrive pas, et quand je parle ma gorge gratte. Mais j'arrive à sortir deux mots :

"Boire avant !"

J'ai vraiment peur de pas mourir en martyr, même si ç'avait été pour les shawarmas de maman.


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Jorge Afrîn Barzani Gonzalez
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Né à San Antonio au Texas de l'union surprenante d'une mère mexicaine et d'un père kurde irakien qu'il ne verra que peu, Jorge Afrîn met longtemps à se trouver des repères, tiraillé entre la culture latine inculquée par sa mère et sa grand-mère et la recherche de son ombre paternelle.
À la déclaration de la première guerre du Golfe, il s'engagera dans l'armée américaine par devoir envers son père. Il y rencontrera Pénélope Loubet, engagée dans la Marine française. Ils auront une fille ensemble, Adela. Toutefois, la guerre lui a laissé des marques indélébiles et il se réfugie dans l'alcool et la cigarette. Pénélope, craignant pour la sécurité de leur fille, quitte Jorge Afrîn, achevant ainsi sa descente aux enfers.
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- Boire avant !

C’était une phrase simple que Jorge Afrîn mit un petit moment avant de comprendre, ce qui n’allait pas échapper au jeune garçon, au vu de l’air perdu qu’avait arboré le soldat pendant une trentaine de secondes. Les quintes de toux des autres otages, nourris par les deux autres gardiens, lui firent comprendre que s’alimenter la gorge sèche n’était pas un bon plan.
Enfin, déjà il avait parlé et n’avait pas proféré des insultes ou n’avait pas traité le vétéran de “mécréant”, on pouvait dire que c’était un bon début, que ces gamins pouvaient être récupérables.

Oui, évidemment. De l’eau.

Le vétéran se redressa pour aller chercher sa propre bouteille. Devait-il faire boire l’enfant ? C’est ce qu’il comptait faire. Il n’allait pas prendre le risque de le détacher, pour le moment, c’était une bombe à retardement. Ils avaient dû apprendre à tuer à mains nues ou avec quoi que ce soit qui se trouvait à portée.
Après l’adulte était capable de se défendre, et jugeant le spécimen auquel il avait affaire, petit et malingre, le maîtriser serait aisé.
Quoi qu’en réalité, si la situation le demandait, il faudrait le tuer, s’il présentait une menace conséquente.

Jorge Afrîn observa l’enfant de ses yeux sombres. En quoi présentait-il une véritable menace, attaché, assoiffé et affamé ? Il fallait se rendre à l’évidence, ce ne serait pas très juste de l’abattre froidement s’il devait attaquer. Ce n’était pas un adulte. Son histoire ne devait pas être très différente de celle de tant d’autres enfants de son âge, du pays. Kidnappés.
Le cerveau lavé.
Des armes données.

En soit ce n’était pas si différent de certains enfants aux Etats-Unis pensait l’adulte. Combien d’entre eux étaient éduqués dans des milieux qui prônaient la haine de celui qui n’était pas blanc ? Combien allaient dans des églises qui se revendiquaient de la foi chrétienne mais qui n’en appliquaient pas les principes comme s’ils n’y avaient rien compris ? Qui avaient toujours vécu avec des armes à portée d’yeux ? De mains ?
De tir.
Au fond, ce n’était pas si différent, considérait le soldat. Juste que l’une de ces idéologies avait été désignée comme “ennemie” et que l’autre bénéficiait d’un sursis incompréhensible, alors que sans doute tout autant mortifère.
De chaque côté, on pouvait remarquer un manque de chance. On ne pouvait que prendre les enfants en pitié, victimes de tout ça, parce qu'ils étaient comme de l'argile humide.
Aisément malléables.

Les fanatismes existaient dans toutes les religions, dans toutes les pensées.
Il en avait lui-même fait les frais. Lui, Jorge Afrîn Barzani Gonzalez, dont le patronyme trahissait son statut de fils d’immigrés. Pour qui le père n’avait toujours été qu’une silhouette floue, évanescente, dont il ne restait qu’un nom de famille, un prénom et des photos. Qui avait été élevé dans un foyer où on ne parlait qu’espagnol et ayant appris l’anglais à l’école et dont les valeurs étaient celles des latinos.
Il se surprit à repenser à sa propre enfance.
Il avait été perdu lui aussi, avait essuyé tant de fois des remarques sur ses origines, sa famille, sa mère, ses grands-parents.
Jorge Afrîn secoua légèrement sa tête, comme pour chasser ces pensées parasites, qui venaient l’encombrer bien trop souvent.

- Allez gamin, on ouvre la bouche.

Il allait le faire boire. Bien qu’ayant été confronté aux champs de bataille, à la violence, il n’était pas si bourru qu’on pouvait le croire. Ses gestes avaient une certaine délicatesse, même si on pouvait leur reprocher un peu de maladresse.
L’adulte aida l’enfant à s’abreuver, comme il l’avait fait tant de fois à sa fille, lorsqu’elle n’était qu’un bébé, il connaissait ce geste, et la conscience de celui-ci faisait remonter des souvenirs douloureux.

Jorge Afrîn lui permis de prendre cinq lampées avant d’éloigner la gourde et d’approcher le pain de la bouche de l’enfant, avec une expression bienveillante.

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Aadil "Abid"
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J'ai 9 ou 10 ans et je vis à Tal-Tamr, Syrie. Dans la vie, je suis enfant soldat et c'est l'enfer. Sinon, grâce à ma malchance, je suis prisonnier et je le vis très mal.

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Il s'est mis à regarder dans le vague, pendant une éternité au moins, et il a fini par se lever pour aller chercher une gourde. Il avait l'air d'hésiter tout le temps pour tout, je sais pas comment il a pu faire la guerre et en revenir. Sûrement qu'il l'a pas faite assez bien s'il s'en est sorti. Ça sert à rien de décorer ceux qui reviennent, c'est ceux qui y restent qui ont vraiment été utiles moi j'dis !

N'empêche, c'est le seul qui parle avec nous - ou qui essaye au moins. Les autres, ils fourrent leur bout de pain dans la bouche de leurs prisonniers et ils passent à autre chose sans regarder s'ils s'étouffent ou pas. Les ennemis ils ont l'air encore plus débilos que ceux qui s'étouffent je trouve. Mais le gars au shawarma il doit être sympa quand même. Le voilà qui quitte sa torpeur et s'agenouille à nouveau devant moi.

"Allez gamin, on ouvre la bouche."

Il a vraiment un accent nul, j'me demande d'où il vient. Moi, je suis plus sûr d'où je viens. J'te l'ai dis, avec les poudres contre les cauchemars, on oublie plein de choses. Le premier jour où on m'en a données, j'ai fais que vomir, c'était dégueu. Parce que quand t'as plus rien à vomir, le goût il est pire, et t'as la tête qui tourne, et ça te refait vomir, et t'en finis pas. Mais après on s'habitue, surtout on dort mieux pendant un temps. Petit à petit ça te fait plus rien, alors t'en prends plus, c'est là que t'oublies des trucs. Moi tous les matins j'écris mon nom dans le sol avec mon doigt, mais faut vite l'effacer, parce que si les Grands le captent, j'me fais battre devant tous les autres. C'est déjà arrivé à un autre jeune - il a crié, puis son dos a fait crac, et on l'a plus entendu. Il nous battent parce que si on pense encore à notre vie d'avant, ça veut dire qu'on donne pas assez pour protéger notre pays. S'ils savaient toutes les fois où je pense à maman et à la ferme de papi et mamie !

Il me donne à boire, il y arrive mieux qu'à parler ma langue. J'ai l'impression que j'étais mort et que je revis. C'est pas frais, mais comparé à ma gorge pleine de saletés, c'est le paradis. Comme l'oasis qu'on a un jour voulu trouver avec mes frères et leur bâton de sourcier. En vérité c'était un bâton normal, et on n'a pas trouvé l'oasis, mais on est quand même allé tellement loin que papa a dû nous chercher malgré le couvre-feu ! On avait super peur que l'armée nous trouve, alors même avec la grosse rouste qu'il nous a mis, on était soulagés.

Maintenant j'ai plus soif, alors j'ai le droit d'y penser un peu, et d'en pleurer beaucoup. Papa est mort. Mon rituel de passage pour entrer dans le camp, c'était de m'en occuper. Si j'avais pas tiré, "une balle m'aurait explosé le torse" ils ont dit. Je sanglote un peu, mais j'arrête parce que c'est la honte.

"Tu t'appelle comment ?"

J'ai envie de me faire comprendre, je sais pas s'il connaît vraiment ma langue.

"Ton nom ?"

Les noms des gens c'est importants, c'est Allah qui les chuchote à l'oreille des parents papi m'a dit. Aadil, Aadil, Aadil, mon nom ça veut dire "juste". Faut jamais que j'oublie.




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Maât
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Jorge Afrîn Barzani Gonzalez
J'ai 46 ans et je bouge pas mal, étant actuellement en Syrie pour me racheter une conduite. Dans la vie, je suis pilote et vétéran de guerre et j'enchaîne les emmerdes. Sinon, grâce à ma malchance, je suis divorcé et je le vis plutôt mal.

Né à San Antonio au Texas de l'union surprenante d'une mère mexicaine et d'un père kurde irakien qu'il ne verra que peu, Jorge Afrîn met longtemps à se trouver des repères, tiraillé entre la culture latine inculquée par sa mère et sa grand-mère et la recherche de son ombre paternelle.
À la déclaration de la première guerre du Golfe, il s'engagera dans l'armée américaine par devoir envers son père. Il y rencontrera Pénélope Loubet, engagée dans la Marine française. Ils auront une fille ensemble, Adela. Toutefois, la guerre lui a laissé des marques indélébiles et il se réfugie dans l'alcool et la cigarette. Pénélope, craignant pour la sécurité de leur fille, quitte Jorge Afrîn, achevant ainsi sa descente aux enfers.
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Voilà qui était encourageant. Voir que le gamin buvait et mangeait sans faire d'histoires était un bon pas en avant, Jorge Afrîn en eut la conviction.
Et voilà qu'il pleurait.
L'homme regarda le prisonnier, surpris. Bon après tout, il s'agissait d'un enfant, pas d'un robot. Mais il avait tant entendu qu'ils se faisaient laver le cerveau, qu'ils étaient devenus par leurs entraînements des machines à tuer...
Il y avait de quoi être estomaqué.
Mais peut-être s'agissait-il d'un stratagème. L'homme n'allait pas baisser sa garde pour autant, et conserverait un détachement certain. Loin de lui l'idée de se laisser attendrir, oh non.
L’Étasunien remballait sa gourde, s'apprêtant à se lever quand il entendit à nouveau la voix de l'enfant, moins rocailleuse après qu'il se fut désaltéré.

- Tu t'appelle comment ?

Les yeux sombres de l'adulte observèrent l'enfant.

- Ton nom ?

Oui, il avait compris la première fois. Il n'était pas idiot à ce point. En soupirant, Jorge Afrîn s'assit sur le sol, à un mètre du prisonnier, histoire de garder une certaine distance de sécurité et sortit une cigarette et son briquet.
Il hésita.
Peut-être devait-il mettre en confiance l'enfant. En ce sens, utiliser Jorge, un patronyme hispanique, étranger, dont les consonances étaient si différentes de tout ce que l'on connaissait dans la région n'était pas le plus judicieux, surtout s'il voulait que l'enfant prenne confiance, n'ait pas peur.

Quoi que s'il s'était appelé James, ça n'aurait pas été plus simple, ça aurait été même pire. Avoir à la peau un prénom qui trahit l'origine occidentale, anglo-saxone, dont la présence historique dans la région avait contribué à son instabilité actuelle... Non, il préférait s'appeler Jorge.
Peut-être devrait-il utiliser le second prénom qu'il portait, pour lequel il devait remercier son géniteur. Un des rares trucs que ce dernier lui avait laissés.
Qui était d'ailleurs le nom d'une région en Syrie qui le tenait d'une rivière, non-loin d'ici.
Paye ta crédibilité quoi.
Il avait pourtant appris que ça signifiait "digne de confiance" ou "chanceux".
Quelle ironie.
Lui, le gars avec le moins de peau de l'univers, sûrement. Ou celui qui justement, à cause d'un manque de confiance avait perdu la garde de sa fille au tribunal.

La vie devait se foutre de lui.
Et bien comme il faut.

Pourtant, il n'allait pas le renier, c'était une part de son identité. Part pour laquelle il était venu dans ce pays en partie. Ou qu'il s'était engagé il y a plus de vingt ans de ça.

- Jorge Afrîn.

Il évoqua les deux, parce qu'ils étaient indissociables l'un de l'autre, que chacun pris à part n'avaient pas beaucoup de signification.
Il lui fallait de dire les deux, pour se sentir entier. Lui, homme né de l'union de deux cultures de part et d'autre du monde, de la rencontre entre deux continents, de deux peuples que tout oppose...

Sinon une farouche combativité pour la liberté.

- Et toi ?

Pendant qu'ils y étaient, autant faire la discussion, ça ferait passer le temps et ça serait bénéfique au gamin, sûrement.
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Aadil "Abid"
Zoubeyr

J'ai 9 ou 10 ans et je vis à Tal-Tamr, Syrie. Dans la vie, je suis enfant soldat et c'est l'enfer. Sinon, grâce à ma malchance, je suis prisonnier et je le vis très mal.

Small Soldiers - Res Turner


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Le bonhomme s'assied devant moi, un peu loin quand même - comme si j'avais de l'explosif sur moi, franchement ... Tout le monde sait ici que c'est Mansour qui a des trucs sur lui, à un endroit que j'peux pas dire ! Il lui ont mis un bâtonnet mais ils ont prévu de déclencher à distance. Avec un bâtonnet ça ira même pas abîmer leur base aux ennemis - les Grands c'est des nazes parfois : Mansour il va sauter, il va dégommer le petit à sa droite, celui à sa gauche, peut-être le garde qui fait des rondes s'il a de la chance et qu'il est devant lui à ce moment, mais c'est tout. S'ils avaient donné le déclencheur à Mansour, alors il aurait pu lui-même se faire sauter au bon moment. Il était volontaire pour ça, Mansour, il a 15 ans et il veut mourir en martyr - moi j'crois que c'est surtout que sa femme il la trouve pas belle, et qu'il espère les 1 000 autres prévues au paradis si tu meurs comme il faut.

"Jorge Afrîn"

Il a deux prénoms, ou alors y en a un c'est son nom de famille. "Afrîn", ça veut dire chanceux. C'est vrai qu'il l'est : lui il a pas de corde aux poignets, il peut manger et pisser comme il a envie, et il peut voir ses chéries - les Grands ils en ont tous plusieurs, moi j'ai réussi à en avoir qu'une pour l'instant. Allah lui a bien trouvé son nom.

Allah, je crois que tout le monde dit le connaître, mais que c'est pas vrai : celui qui le connaît le mieux, c'est mon papi. Il sait dire le Livre par coeur et dans l'ordre, il me racontait un passage tous les soirs. Pour tout le monde, il a une sourate qui convient. Pourtant, il a jamais parlé de moment où faut aller tuer des gens comme on nous demande. Beaucoup d'enfants croient les Grands dur comme fer, sûrement parce qu'ils ont pas connu mon papi qui connaît Allah. Moi je fais comme les Grands parce que sinon on me tue, et aussi je suis fort dans ce que je fais, je vise super bien les gens de loin, et je reconnais si ce sont des civils ou pas. Ca me fait du bien de réussir des trucs, même si c'est tuer, parce que quand ils nous donnent des médicaments, on se rend pas compte qu'on tue sur le moment. Parfois du coup je suis heureux, même ici, on s'habitue, pis même "on prend goût" comme ils disent - le goût de quoi ? De viande faisandée, comme maman quand elle fait fumer de la chèvre, sûrement.

"Et toi ?"

J'ai pas envie de répondre Abid, c'est pas moi. Mon nom c'est Aadil, ça l'a toujours été. Mais y a des autres enfants qui pourraient m'entendre, et je pourrais bien être le prochain Mansour si jamais on s'en sort et qu'ils vont le raconter aux Grands. Je veux mourir en martyr ok, parce que sinon j'aurai pas droit au paradis vu que j'ai tué, mais pas tout de suite. Je dois d'abord revoir ma maman - ah tiens, j'ai peur. C'est de mourir que j'ai peur. Je préfère pas répondre à sa question.

Pourtant je l'aime bien, j'ai pas envie qu'il meure lui, en plus comme ça il peut me donner à manger. J'me risque à dire un truc neutre, que les autres prisonniers pourront pas répéter déformé au camps.

"Tu devrais pas faire de ronde entre les prisonniers."

J'me risque une insulte pour qu'on pense pas qu'en réalité je me soucis d'Afrîn - j'ai décidé de l'amputer d'une partie de son prénom parce que j'aime pas prononcer l'autre moitié et je la comprends pas, je répète pas ce que je comprends pas.

"Regarde-les les autres qui en font, je fais en désignant du menton celui qui est en train de tourner dans les rangs, c'est pour les abrutis les rondes."



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