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 Artistes autour d'un café [PV Aida10]

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INSCRIPTION : 21/08/2019
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CRÉDITS : Lautrec

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PRÉFÉRENCE DE JEU : Femme

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Le contexte du RP
Mise en situation

La situation
France, 1900/1910, La Belle Epoque. Montparnasse bouillonne de créativité, d'artistes, d'insouciance. Ils se retrouvent place de Clichy, à la Rontode ou au Select, à la Coupole et à la Closerie des Lilas - l'Art s'y écrit au fil des conversation. Une femme peintre y accompagne son mari écrivain. Sur place, elle y rencontre un collègue des pinceaux, elle s'en fait un ami. Ils parlent d'art, mais parler d'art, c'est surtout parler de la vie.

Contexte provenant de cette recherche


C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. - Saint Exupéry
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Célestine
Brot-Rolland

J'ai 26 ans et je vis à Paris Montparnasse, France. Dans la vie, je suis peintre et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis mariée à l'écrivain Martin Rolland et je le vis plutôt mal.

Une photo de son mari et une de ses peintures


Alicia Vikander :copyright:️ Jo'


Voilà trois jours que je n'ai quitté ni ma blouse de peintre ni mon atelier - une grosse commande me retient en haleine, je ne dors presque pas et mange à peine. Voilà surtout trois jours que je n'ai pas vu Martin, et ça, c'est une joie. Sa conversation plate comme un trottoir de rue me rend le quotidien insipide et ses seuls traits d'esprit, si on peut les appeler comme cela, se manifestent lorsqu'il tente de rabaisser mon travail. Il lui déplaît que mes affaires roulent alors que son imprimeur n'a pas même voulu figurer sur la couverture de son unique roman publié - Martin a de bonnes connaissances grâce à son poste, voilà la seule raison pour laquelle ses "amis" le souffrent chaque soir au café. Monsieur n'a rien d'un artiste. Il n'a rien d'un époux non plus. Mais il a un atelier.

On toque à la porte. Je suis en colère car je n'ai pas fini la commande. Une voix nasillarde que ne connais que trop bien me parvient à travers la maigre cloison de l'atelier.

"Célestine ! Sortez donc un peu de là ! Mes compagnons du café vont penser que je suis veuf si vous vous obstinez à rester dans votre trou à rats !
- Peu me chaut ! Vivement que moi, je sois veuve !


L'odieux a un double de la clef de l'atelier. Je l'entends tourner dans la serrure et vois la porte s'ouvrir sur sa stature déjà vieillie. La colère me remue ; je suis une des femmes peintres les plus en vogue, je fais fonctionner à moi seule le foyer, je suis fille d'une famille bourgeoise, mais je n'ai tout de même pas l'autorité sur mon lieu de travail.

"Diable mais regardez-vous ! Ai-je épousé une femme ou un singe ? Allez vous préparer, ce soir je vous emmène de force s'il le faut. Vous venez, ou vous pouvez dire adieu à votre si cher atelier. Vous êtes ma femme et me manquez.
- Vous non, et s'il ne tenait qu'à moi nous ne serions pas mariés du tout. Vous pouvez remercier cette société et toutes ses moeurs flétries."


Martin n'est pas un mauvais homme. Il est amoureux de moi, j'en suis convaincue, et il aurait pu rendre une femme moins ambitieuse heureuse. Mais le mariage est pour moi une abherration - devoir allégeance à quelqu'un me révulse, c'est pour cela que je suis odieuse avec lui. Parfois, comme cet après-midi où je lui manque, il est gentil. Quand on se côtoie plusieurs jours d'affilée, il m'insulte. De temps en temps, si je lui réponds, il me pousse. Je sais que je suis, malgré tout, plutôt chanceuse.

"Allez donc vous préparer ma mie ! Il y aura de la belle compagnie, et même un nouvel invité que vous n'avez encore jamais rencontré. C'est un peintre, comme vous. Enfin, en mieux, ce qui ... Il regarde la toile en cours sur le chevalet. ... ce qui n'est pas très compliqué.

Je ne réponds pas, à dire vrai je suis un peu fatiguée. Un café crème, après trois jours de disette, ne me ferait pas de mal. Je me lève, défais mes cheveux ternis, regarde mon mari d'un air de défi et le pousse sans mot dire pour sortir de mon atelier. Après une revigorante toilette, je monte mes cheveux sans grand soin, quelques mèches se disputant mon front, mes tempes et ma nuque et enfile une robe informe mais confortable - Martin déplore mon manque de féminité, mes mains bariolées de couleurs et mon visage effronté. Nous partons de chez nous, monsieur exige que l'on se rende au café à pieds en plein soir de novembre, "Ca vous fera les joues roses !", mais j'apprécie la balade.

Montparnasse est une sublime fresque lumineuse. Les couleurs vives des apparats des femmes tranchent sur les pavés mouillés reflétant les lueurs jaunies de l'intérieur des restaurants. Les textures se démultipient et de dévoilent dans l'obscurité prématurée du presqu'hivers dans de subtiles camaieus de velours, dentelle, laine pour les plus démunis. Une vibration festive rend le paysage vivant, et une balade en ville sera toujours la muse des peintres parisiens. Ce jeune peintre auquel je vais être présentée, trouve-t-il lui aussi son inspiration au détour d'une vitrine ?



Spoiler:
 


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UNIVERS FÉTICHE : Réel - Historique - Mythologie - Dérivés de films/livres..
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Constant Lherondel
Je suis Constant Lherondel et j'habite à Montmartre mais je vis mal car endetté (à vie). Je suis peintre fauviste et expressionniste. Je suis à la recherche d'un art expressif parfait.


Informations supplémentaires ici.


Luca Marinelli • dans Martin Eden

Cela faisait quelques années que je me suis lié d'amitié avec un certain homme du nom de Martin Rolland, un honnête et chaleureux homme. Sans lui je n'aurai pas la moindre sous et je traînerai dans les rues de Montparnasse. Il était certes un de mes mais car il était un écrivain, dont je dirai "mal payé", et traînait chaque soir au café de Montparnasse, un café que j'y allais souvent au temps des jours où mes poches étaient remplis de pièces (et de monnaies). La malchance m'emporta. En effet je dépensai sans cesses de nouveaux tubes de peinture pour une commande d'un écrivain portant le thème "Femme et l'hôpital psychiatrique". Peut-être qu'un peintre ordinaire n'aurait pas trouvé d'inspiration pour ce thème mais, moi, Constant Lherondel a toujours de l'inspiration sur ce thème ca j'ai longtemps vécu avec une aliénée qui n'était autre que ma pauvre mère. D'ailleurs je regrettais encore d'avoir laissé ma mère seule. Que faisait-elle à l'heure où je préparais à aller au café ?

J'enfilai la même tenue qu'a forcer de la porter tous les jours, elle va finir par être rapiécée et être en poussière mais c'était ma seule et unique tenue que j'avais dans mon armoire hormis la blouse tacheté de couleurs. Je mis mon chapeau, plus neuf et propre que mon costume. Ce soir Martin Rolland m'avait invité à venir au café pour discuter sur les futurs projets. Je n'avais aucuns projets en tête... Il fallait que je préparasse au moins une idée... Et si je répétais un peu près la même chose puisque les camarades de Martin Rolland ne m'écoutaient jamais lorsque je prenais la parole. C'était désolant mais d'un côté je ne parlais pas beaucoup, les écrivains me trouvaient lunatiques et réservés. Mais venir pour cette soirée, peut-être aurais-je l'occasion de prendre la parole ?

Je quittai mo appartement et marchai à grand pas en direction vers le café en passant le beau quartier des arts. A chaque rue que je traversai les passants me regardèrent d'un air dubitatif. Pourquoi ils me regardaient aussi étrangement ? Pourtant ils me connaissaient bien, surtout celui qui peignait des couleurs vives comme moi. Un fumeur vint me voir et me dit :
- B'soir Lherondel ! Je veux pas être insultant mais que comtes-tu peindre sous la nuit ? me dit-il en désignant du regard ma toile auquel je tenais dans mon brad gauche.
Un élément dont je ne me suis même pas aperçu ! Je regardai affectueusement ma toile.
- Pour rien, c'est mon amie, Monsieur, bien le b'soir répondis-je sèchement et je partis vers le lieu où je pourrais enfin savourer de la bonne nourriture que grignoter un morceau du pain dont un enfant mendiant m'avait partagé.

Arrivé au lieu ledit, j'entrai dans le café où des brouhaha se firent entendre mais lorsque j'apparus au seuil de l'entrée, tout le monde me regarda d'un œil hagard. JE me dirigeai vers la table habituel où quelques artistes étaient déjà présents. Certains d'entre eux bavardaient et d'autres attendaient Rolland. Je m'installai à la place qui m'étais attribué, posai ma toile à côté du siège. Un éventailliste me prêta, sans lui demander, un cigare. J'acceptai volontiers et fumai tout en réfléchissant à mon futur tableau...
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Célestine
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J'ai 26 ans et je vis à Paris Montparnasse, France. Dans la vie, je suis peintre et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis mariée à l'écrivain Martin Rolland et je le vis plutôt mal.

Une photo de son mari et une de ses peintures


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Je suis mon mari sur les pavés, deux mètres derrière - "Dépêchez-vous, nom de nom ! Y qu'ça à faire que de balader les yeux bêtement ? Il ne comprend pas la richesse artistique d'une rue, il ne peut pas l'apprécier, et il ne peut pas saisir ceux qui la contemplent. J'habille la rue du regard mais la défroque ce faisant : tout se fragmente et soudain, une vapeur n'est plus une sensation mais une forme, un son devient mouvement de pinceau, une lumière se vulgarise en tâche colorée. "On va encore être en retard." En retard pour quoi, au juste ? Tous des chômeurs qui se prennent pour des artistes ces bonhommes de café - c'est pas le temps qui leur manque. Je ne daigne pas répondre, car à quoi bon se gâcher le spectacle de Montparnasse avec des bas de plafond.

Enfin nous arrivons. Les ténèbres de la nuitée faiblarde laissent place à un grand écran lumineux alors que nous pénétrons le restaurant. C'est presque éblouissant, mais surtout c'est asphyxiant : beaucoup d'hommes fument. Ils sont affalés sur des banquettes de velours pincés par des boutons, ils sont timides recroquevillés sur leurs chaises de bois, ils sont sereins l'oeil lubrique sur ma tête mal peignée - "En voilà une sauvageonne", et ils se donnent des coups de coude entendus. Martin ne relève pas - entend-il seulement avec l'âge qui s'avance ; ou est-ce le courage qui recule ? Des femmes, plus apprêtées que moi, se voient aussi confortables que possible dans leurs froufrous d'hiver. Femelle, étriquée dans tes vêtements comme dans ta société. Toutes pareilles, devrai-je en décrire une pour les dresser toutes. Je n'aime pas les portraits.

Nous retrouvons la table habituelle, avec ses clients redondants, et les salutations ennuyeuses. Les amis de Martin sont plus doués que lui, mais à peine plus intelligents : tous ont la conversation ralentie et le psyché bourru. J'adresse un sourire nonchalant à la compagnie et m'affale sur une chaise. Ainsi commence le décrochage : lorsque nous voyons les amis de Martin, je m'offre un café crème et je contemple la scène pour en extirper sa saveur artistique. On ne me parle plus, car lorsqu'on le fait, je ne réponds jamais ; néanmoins, je regarde avec insistance.

Mon regard se pose immédiatement sur lui, dont le paletot grisonnant ressort du jauni de l'éclairage du restaurant. Je le fixe ardemment pour mieux le détailler : son regard est bleu lessivé, ou bien, perlé ? Il a des cernes, elles ne sont pas grises comme celles des autres, elles virent davantage vers le violet : un joli pourpre à peine perceptible et qui creuse le dessus de ses pommettes laiteuses. Ses tempes sont verdies par la lumière ocre, au matin elles doivent donc paraître bleues, avec quelques canaux sanguins qui tels le Danube profond colorent toute sa carnation autrement blanchie - il ne doit pas toujours manger à sa faim. Il a les cheveux foncés, semblant jais au dessous de son couvre-chef grisâtre, mais peut-être roussis à la pleine lumière. Sa barbe pourtant absente pique son menton d'un halo trouble, et ses lèvres coulent plus au rouge qu'au brun. Sa carnation est un ciel d'été mais ses volumes ne sont pas en reste. Le nez aquilin a du caractère et rejoint avec force les arcades. Toute la structure du visage est angle : joues émaciées et mâchoire saillantes s'achèvent sur une implantation droite et franche du cheveux. Mais ses paupières sont caresses et ses lèvres des rivages charnus, fertiles, accueillants.

Mais n'y voyons pas de coup de foudre. Mon détail est purement esthétique. Je l'ai dis, je déteste les portraits, mais cet individu est tout bonnement une récréation à imaginer au charbon. Mon mari remarque mon regard pressant.

"Eh bien ma mie, ne dévisagez pas Constant ainsi voyons ! Constant, je vous présente Célestine. Elle est, disons, peintre, et je suis sûr que vous auriez plein de choses à lui apprendre !"

Martin est un pervers qui dissimule assez bien ses piques pour qu'elles passent inaperçu.

"N'écoutez pas ce vieux coucou Constant, si vous avez un minimum d'intelligence, vous savez qu'il n'est pas la moitié d'un pleutre."

Je suis moins dans la dentelle.

"Quelle est cette toile que vous avez là ?"



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Constant Lherondel
Je suis Constant Lherondel et j'habite à Montmartre mais je vis mal car endetté (à vie). Je suis peintre fauviste et expressionniste. Je suis à la recherche d'un art expressif parfait.


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Je fumai, je fumai et je vis un amas de nuées se dégager autour de moi. Ces nuées se transformèrent en un amas de galaxie. J'imaginai ce genre de choses pour quitter la réalité et la misère que je menais. Une fois ma cigare finie, je jetai un bref regard sur l'éventailliste. Il était beaucoup trop occupé à discuter une dame. Celle-ci était richement bien habillée mais les couleurs étaient bien sobres.

Je voyais les choses plus vives que la réalité, comme si j'avais besoin d'un monde parallèle où mêlait la pulsion et les sentiments. Je respirai l'odeur du tabac, et j'ai cru que j'allais perdre connaissance où j'entendis soudainement la voix de Martin. Les artistes saluèrent Martin en serrant les mains. Quelle stupide manière, pensai-je

Je ne bougeai pas d'un petit doigt, je restai immobile, le regard dans le vide et toujours collé à ma toile sous mon bras. Je ne pouvais pas séparer ma toile, comme les messieurs avec leur mégot de cigarettes.  Ma toile représentait une drogue.

"Eh bien ma mie, ne dévisagez pas Constant ainsi voyons ! Constant, je vous présente Célestine. Elle est, disons, peintre, et je suis sûr que vous auriez plein de choses à lui apprendre !"

Une voix singulière s'adresse à moi en personne. J'avais oublié à quel point que j'avais une ou deux personnes qui prenaient soin de moi, alors que j'avais l'affreuse habitude d'être solitaire mais surtout d'être oublié comme si je n'existai pas dans ce monde. Oui je n'existais pas, je suis né dans un mauvais monde. Le monde, où je vivais, est sombre et sobre où tout le monde ne parlait que d'argent et n'avait pas de vision artistique. Seul l'argent l'intéressait, et peut-être la guerre pour certains d'entre eux.

Je tournai légèrement mon visage vers Martin. Cet homme, qui m'avait tant aidé à financé pour mon travail, fit la présentation d'une femme du nom de Célestine. Elle était à côté de Martin.

Le prénom "Célestine" m'avait titillé, je regardai la jeune fille avec un accoutrement bien unique. Ses sourcils épilés se dessinaient quelque chose de désespoir, ses boucles châtains, que je voyais comme des fils d'or trouvés dans un champ de blé, lui donnaient une personnalité indépendante. Contrairement aux femmes de la société, elle était différente, non pas seulement pour son accoutrement, mais le fait qu'elle était peintre.

C'était la première fois que je rencontrai une femme peintre. Je ne connaissais pas beaucoup de femmes peintres, surtout à notre époque.

"N'écoutez pas ce vieux coucou Constant, si vous avez un minimum d'intelligence, vous savez qu'il n'est pas la moitié d'un pleutre."

Je ne fis aucune remarque car je ne  prêtai guère à ce qu'elle disait mais j'observai le moindre détail de son visage. Son visage ressemblait à un visage d'une poupée artificielle tout juste sortie d'un usine. Je pris connaissance lorsque qu'une phrase de Célestine prêta mon attention :

"Quelle est cette toile que vous avez là ?"

Comment pouvais-je lui répondre ? Je suis peut-être réservé, ou timide mais à la rencontre de cette femme, je pouvais lui répondre à mon aise.

"Je te présente mon amie, répondis-je simplement, est-ce donc vrai que vous peignez, vous aussi ?" demandai-je.

Je me sentis légèrement sot en posant cette question finalement...
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J'ai 26 ans et je vis à Paris Montparnasse, France. Dans la vie, je suis peintre et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis mariée à l'écrivain Martin Rolland et je le vis plutôt mal.

Une photo de son mari et une de ses peintures


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"Est-ce donc vrai que vous peignez, vous aussi ?"

Je boue. Je n'arrive pas à croire, qu'il n'arrive pas à croire, que je sois peintre. Comme si on pouvait mentir sur l'art, comme si on pouvait se "prétendre" être peintre, comme si ce n'était pas la seule chose pour laquelle j'étais née. La voilà belle, notre société : je suis une des rares femmes peintres, mais Dieu sait que je suis la plus en vogue au moment, pour autant d'aucuns pourraient ne pas me connaître. Je hoche à l'affirmative, souffle et me cale plus loin dans le siège, renfrognée pour de bon. Au final, il n'en n'est pas un pour sauver l'autre à cette table.

Et puis, son regard perdu et son attachement singulier à sa toile - son amie ? - m'interpelèrent. Il oscillait entre le tutoiement ("Je te présente") et le vouvoiement ("vous peignez ?"), peu sûr de ses codes, et je me demandais si, entre cela et son attachement à du lin tendu sur cadre en bois, il ne tenait pas de la déviance. Peindre la déviance, il y en a qui en font leur métier.

"Que peignez-vous ? Quel style ?" m'enquis-je avant de poursuivre, "Vous n'avez pas l'air de me connaître en tous cas, et cette inculture m'est fort regrettable, mais je pense que vous avez déjà vu mes travaux. Le plafond du Palais Garnier, c'est moi." J'ajoutai enfin, "Restons-en au vouvoiement aussi. On me considère déjà suffisamment comme une gueuse, juste parce que je suis une femme indépendante."

Notre rencontre partait mal, il va sans dire. Mais toutes mes rencontres se passaient difficilement. Il n'y a que l'esthétique qui puisse me ravir, et que les pigments qui sachent me causer.


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