Partagez | 
 
 
 

 A leap of faith - Dante & Lucius

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
 
avatar
Khal
Féminin MESSAGES : 75
INSCRIPTION : 04/03/2017
ÂGE : 30
RÉGION : PACA, Marseille
CRÉDITS : icon by leesa_perrie, gif tumblr

UNIVERS FÉTICHE : Harry Potter, univers fantastique, city. Pas difficile si j'ai un coup de coeur ! :)
PRÉFÉRENCE DE JEU : Homme

Voir le profil de l'utilisateur http://www.letempsdunrp.com/t548-khal-j-irai-cracher-sur-
Limace


Le contexte du RP
Mise en situation

La situation
Dans la ville de New-York, quartier du Bronx. Lucius est un ancien prostitué qui s'est sorti de son réseau il y a cinq ans. Depuis, il se confesse régulièrement au père Michaele, espérant regagner le salut de son âme. Il ignore tout du sombre passé de mercenaire de celui qu'il pense être son prêtre et sa bouée de sauvetage, encore moins de l'être sombre qu'il est, une fois sa soutane retirée.

Contexte provenant du forum De Ceux
Personnage de Lucius imaginé par Kazaar
Revenir en haut Aller en bas
 
avatar
Khal
Féminin MESSAGES : 75
INSCRIPTION : 04/03/2017
ÂGE : 30
RÉGION : PACA, Marseille
CRÉDITS : icon by leesa_perrie, gif tumblr

UNIVERS FÉTICHE : Harry Potter, univers fantastique, city. Pas difficile si j'ai un coup de coeur ! :)
PRÉFÉRENCE DE JEU : Homme

Voir le profil de l'utilisateur http://www.letempsdunrp.com/t548-khal-j-irai-cracher-sur-
Limace



Lucius Matheson
J'ai 32 ans et je vis à New York, Etats-Unis. Dans la vie, je suis serveur dans un taudis du Bronx et je m'en sors plutôt mal. Sinon, grâce à ma solitude acharnée, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

Informations supplémentaires ici.


Christopher Mason © Lux Aeterna


Il n’avait jamais compris l’expression « le silence des églises ». Les églises n’étaient pas silencieuses ; les bruits de pas sur le carrelage résonnaient avec plus d’intensité que jamais, les froissements des livres de messe, les bancs de bois que l’on foule, avec son fondement ou avec ses genoux, le chuchotement des prières prononcées à mi-voix… Non, les églises n’étaient définitivement pas silencieuses et c’était sans doute ce qui plaisait le plus à Lucius. Ça et les odeurs entêtantes d’encens dont il se gavait parfois jusqu’à ce qu’il finisse avec une affreuse migraine. Le blond était réglé comme une horloge ; un dimanche sur deux, toujours à la même heure, infaillible, il venait ici pour prier et se confesser. Souvent, il se demandait pourquoi il continuait à vénérer un Dieu qui, selon certains extrémistes, ne l’accepterait jamais dans Son Paradis, en raison de ce qu’il était, de ce qu’il avait été aussi. Ses doigts caressaient alors le crucifix doré autour de son cou, dernier vestige d’une vie qui lui avait un jour appartenue mais qui n’était plus sienne depuis longtemps. Il avait franchi les portes de cette église, il y avait de cela déjà presque cinq années. A l’époque, il était sorti tout droit du poste de police où il venait de balancer Efisio pour se précipiter dans la première église qu’il croiserait. C’avait été elle. Il se sentait tellement mal qu’il avait même vomi dans les pétunias qui bordaient l’escalier avant d’entrer. Il avait rencontré le père Michaele et, s’il avait davantage un physique à porter une veste en cuir qu’une soutane, Lucius n’y avait pas prêté attention. Le prêtre avait été ce dont il avait eu besoin à l’époque et le reste n’importait que très peu. Il lui avait tout raconté. Tout. Du rejet de ses parents, aux quelques semaines dans la rue, de la prostitution jusqu’à la trahison faite à Efisio en passant par le meurtre de Harper. Il avait parlé, longtemps, et l’homme de Dieu s’était contenté d’écouter, sans juger, en tous cas en apparence. Depuis, Lucius revenait régulièrement, confessant ses péchés, bien moindres que ceux d’antan, recensant ses bonnes actions aussi, en espérant racheter ses fautes… Le père Michaele était au fait de tous ses secrets, sans qu’il ne le réalisât jamais vraiment mais c’était vrai. Il se confiait à lui sans voir l’Homme. Il ne voyait que l’instrument de Dieu. Etrange duo que ce pécheur aux airs d’Ange se confiant à ce prêtre aux airs de Diable… Comme à chaque fois, il entre dans le confessionnal après s’être signé, s’agenouillant sur le bois. La grille de confidentialité dissimule sans cacher assez mais que lui importe, ça fait longtemps qu’il a mis son âme à nu et qu’il n’a plus rien à planquer au père Michaele. Il entend le bruit de la porte qui se referme, de l’autre côté ; ses prunelles bleues avisent le visage de son prêtre et il soupire, presque soulagé par sa simple présence. « Pardonnez-moi mon père, parce que j’ai péché… » C’était bien ainsi qu’il fallait commencer, pas vrai ? Etonnant aussi, de se dire qu’un simple homme, même s’il était au service de Dieu, puisse décider pour Lui, de ce qui était pardonnable ou pas et sous quelles conditions, en échange de quelles pénitences. Il marque un léger temps d’arrêt avant de poursuivre. « J’ai ramassé un type bourr… » Il se reprend subitement. Il avait toujours fait de son mieux pour surveiller son vocabulaire, en ces lieux. « …Je veux dire… un homme ivre, avant-hier. » Il ne peut s’empêcher de sourire en repensant à Jamie et à son alcool un peu trop joyeux, néanmoins fier de valoriser sa bonne action. « Il m’a pris pour un Ange. Je ne l’ai pas détrompé. » Il se mordille la lèvre inférieure. N’importe qui aurait sans doute rigolé devant la pauvreté de sa faute mais Lucius avait déjà bien usé de son quota de droit à l’erreur et de secondes chances. « Encore combien d’hommes ivres à secourir avant que je ne sois lavé de toutes mes fautes ? » Il a un sourire doux. Faire de l’humour, ça ne lui allait pas très bien, à la réflexion.

Revenir en haut Aller en bas
 
avatar
Sha
MESSAGES : 78
INSCRIPTION : 24/03/2017
ÂGE : 25
RÉGION : Calvados.
CRÉDITS : Moi-même.

UNIVERS FÉTICHE : Sadique polyvalente.
PRÉFÉRENCE DE JEU : Les deux

Voir le profil de l'utilisateur
Limace



Dante di Ravenna
J'ai 38 ans et je vis à New York, Etats-Unis. Dans la vie, je suis prêtre le jour, tueur la nuit et je m'en sors plutôt bien. Sinon, je suis célibataire et je m'en branle.


Jon Bernthal  © Datura


II n'y avait rien de plus plaisant que le confessionnal. C'était à la fois une drogue, grisante, mais bien souvent insatisfaisante. Il entendait à l'intérieur des murmures honteux de choses futiles et vaines. Il se demandait même si parfois l'on pouvait véritablement se fâcher pour des fautes aussi creuses que celles qu'on lui avouait. Parfois, certains sortaient du lot. Certaines confessaient avec une certaine pudeur des péchés de chair; il leur demandait alors de tout lui dire dans les moindres détails, car chaque mot était un poison d'un serpent sans nom, et que c'était ainsi que l'on purgeait son âme: en recrachant tout du venin des diables.
Les femmes se prenaient rapidement au jeu. Elles lui avouaient avec cœur les affreuses infidélités à leur partenaire. Certaines, toutes émoustillées de ce jeu d'enfant, aussi interdit que malsain, en ressortaient moites et fébriles. Elles le fixaient alors dans sa soutane et essayaient de deviner s'il était aussi grand que bien fourni. Elles rougissaient, et il les attendait le dimanche suivant avec un sourire satisfait - satisfait en apparence d'avoir aider les pécheresses de son troupeau, à l'intérieur il mourrait presque d'envie de leur faire connaitre ce qui leur manquait tant dans le lit conjugal.
Les hommes, eux, étaient plus éparses. Il avait ici des violeurs et des meurtriers, mais surtout beaucoup de lâches, de traîtres, de souffrants.

Lui n'appartenait à aucune de ses catégories, mais il n'y avait personne pour l'écouter.

Il était particulier, comme le gamin blond - car à ses yeux il avait tout l'air d'un gosse paumé - qui venait d'entrer dans l'église St Nicholas. C'est avec un certain sourire dissimulé que le prêtre suivit du regard Lucius. Il le connaissait, pour l'avoir vu à une heure précise tous les deux dimanches depuis cinq ans. Il avait su le raisonner, le caresser dans le sens du poil, le frôlant avec ses mots seuls, pour mieux se délecter de ses péchés.
Il fallait dire que Lucius avait un passé particulier - mais pas unique. Dante en avait déjà rencontré de nombreux des comme lui, des gamins qui avaient eu tout pour réussir mais qui un jour avait croisé les mauvaises personnes. Le trottoir était une école immense. Beaucoup d'hommes et de femmes l'avaient fait, à contre coeur souvent, à cul ouvert surtout.
C'était à ses yeux la plus cruelle des écoles, car elle rejetait ses enfants devenus trop grands. Dès qu'ils se faisaient un peu plus vieux, elle leur demandait de disparaître pour mieux se repaître d'une chaire plus fraîche.
Lucius, lui, était encore bien frais. Il avait l’œil pétillant malgré des années noires, un sourire d'ange quand bien même il avait traversé l'enfer. Il était l'inverse même de Dante. Il avait la Lumière au cœur - lui était les noirceurs déguisées en homme.

Il attendit que Lucius pénètre dans la boîte de bois gravée pour s'y diriger également. Il se tourna vers le Frère Rafaele et lui laissa le soin des autres paroissiens le temps de l'écoute matinale. Il ouvrit la porte coulissante et la referma derrière lui. Il s'installa en silence, le craquement du bois sous son poids pour seule mélodie.
Il se racla la gorge et fixa finalement devant lui, pour tenter d'apercevoir les mèches blondes à travers la grille. Ses yeux auburn brillaient dans la semi-pénombre imposée par le confessionnal.

« Pardonnez-moi mon père, parce que j’ai péché… »
Dante fit un petit signe de croix sur sa poitrine. Il aurait fallu être plus intime avec lui pour savoir que Dieu était gravé jusque dans ses chairs, sous la forme de tatouage indélébile.
« J’ai ramassé un type bourr… …Je veux dire… un homme ivre, avant-hier. Il m’a pris pour un Ange. Je ne l’ai pas détrompé. »
Un petit sourire amusé se dessina sur le visage de Dante.
Combien de femmes ont l'imprudence de se prendre pour des reines quand lui se prend pour un ange ? Quel orgueil.
« Encore combien d’hommes ivres à secourir avant que je ne sois lavé de toutes mes fautes ? »
« Encore beaucoup si tu t'obstines à pêcher d'hybris, Lucius. »

La voix tombait à chaque fois comme un couperet. Dante ne faisait pas dans la dentelle, mais contrairement à ce que l'on aurait pu croire, il n'avait jamais poussé quiconque au suicide. Du moins, pas au sein de la paroisse. C'était quelque chose de limiter à ses fonctions de nuit.
« Nul ne saurait faire des mathématiques sur les péchés et sur les vertus de chacun. Nul n'est besoin de faire des calculs savants d'ailleurs. Si tu penses que tout t'es dû car tu as été bon, c'est comme si tu oubliais toutes ses années où tu vivais d'une façon bien sordide. Tout se pardonne, mais cela demande du temps, beaucoup de temps... »
Un petit sourire toujours inscrit sur le visage, Dante chercha quelque chose à travers la petite grille mais n'aperçut que le contre-jour plaquait sur le visage de Lucius. Il n'en voyait que la tignasse blonde obscurcit par les ténèbres.
« Si tout n'était qu'une question de balance, en admettant que les fautes se rachètent par chaque bonne action, combien en faudrait-il selon toi pour racheter toute entière ton âme et ta pureté ? »
Voilà une question fâcheuse, pensa Dante.
Si lui-même devait racheter son âme, il n'aurait pas le temps d'une vie pour négocier.



Oh Darling,
Darling, What I have done ?
Revenir en haut Aller en bas
 
avatar
Khal
Féminin MESSAGES : 75
INSCRIPTION : 04/03/2017
ÂGE : 30
RÉGION : PACA, Marseille
CRÉDITS : icon by leesa_perrie, gif tumblr

UNIVERS FÉTICHE : Harry Potter, univers fantastique, city. Pas difficile si j'ai un coup de coeur ! :)
PRÉFÉRENCE DE JEU : Homme

Voir le profil de l'utilisateur http://www.letempsdunrp.com/t548-khal-j-irai-cracher-sur-
Limace



Lucius Matheson
J'ai 32 ans et je vis à New York, Etats-Unis. Dans la vie, je suis serveur dans un taudis du Bronx et je m'en sors plutôt mal. Sinon, grâce à ma solitude acharnée, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

Informations supplémentaires ici.


Christopher Mason © Lux Aeterna


Sa faute pourrait paraitre dérisoire aux yeux du commun des mortels mais le prêtre n’était pas un simple homme. Il connaissait les préceptes mieux que personne et il ne mâchait pas ses mots. Une fois encore, le père Michaele le rappelle à l’ordre, peut-être un peu trop durement mais c’était sans doute ce dont avaient besoin ses ouailles égarées. Les voies du Seigneur étaient impénétrables, pas vrai ? « Encore beaucoup si tu t'obstines à pêcher d'hybris, Lucius. » Il soupire, baissant le regard, même si le prêtre ne le verra sûrement pas. Ca n’avait pas vraiment été de l’orgueil, c’était juste qu’il… n’avait pas voulu lui faire de peine ? Il fronce les sourcils, réfléchissant rapidement. Au final, si, la comparaison l’avait amusé et flatté, c’était peut-être pour ça qu’il ne l’avait pas détrompé. Sûrement… Tant de clairvoyance de la part du diacre, c’était effrayant… « Nul ne saurait faire des mathématiques sur les péchés et sur les vertus de chacun. Nul n'est besoin de faire des calculs savants d'ailleurs. Si tu penses que tout t'es dû car tu as été bon, c'est comme si tu oubliais toutes ses années où tu vivais d'une façon bien sordide. Tout se pardonne, mais cela demande du temps, beaucoup de temps... » « Oui, bien sûr… », qu’il murmure, un peu déçu par la réponse. S’il y avait pu avoir un évangile sur les statistiques pour le rachat de son âme, Lucius aurait été plus que preneur. Malheureusement, la réponse du prêtre était logique, bien que déplaisante. Ses doigts se portent mécaniquement au crucifix autour de son cou qu’il triture nerveusement. Il avait parfois le sentiment qu’il n’y arriverait jamais et que tous les efforts faits le mèneraient, malgré tout, tout droit en Enfer. « Si tout n'était qu'une question de balance, en admettant que les fautes se rachètent par chaque bonne action, combien en faudrait-il selon toi pour racheter toute entière ton âme et ta pureté ? » Le blond ouvre la bouche pour répondre puis la referme, préférant prendre le temps d’y réfléchir… Il avait beaucoup à se faire pardonner, c’était malheureux mais c’était ainsi et, même s’il n’avait pas voulu la plupart des choses qui lui étaient arrivées, il était bien trop facile de blâmer les autres pour ses propres fautes. « Je… Beaucoup trop, je le crains. Pas sûr que le reste de ma vie suffise… » avoue-t-il, un brin amer, en constatant pour la première fois peut-être, l’étendue de la tâche qui souillait son âme… « Si seulement il y avait un mode d’emploi pour toutes ces conner… ces histoires de rédemption. » Ton langage, Lucius !, lui gueule sa conscience, trop habituée à le laisser s’exprimer comme les gamins du Bronx. Il passe ses doigts dans ses cheveux blonds, emmêlés par le vent qui souffle sur le parvis de l’église, se rappelant à peine l’époque où ce geste était intimement lié à la séduction. Sa tignasse claire, ses yeux bleus et ses airs innocents étaient ce qui avait fait son succès auprès des clients du bordel d’Efisio. « Je ne cesse pas de pécher. Surtout en pensée… » Les pensées étaient le pire. Pour ce qui était des actes, il n’avait plus vraiment eu de relations charnelles depuis un moment ; l’abandon de Wayland lui avait laissé un goût amer de trahison et il avait refusé de s’attacher à quiconque depuis. Pourtant, ses pensées, elles, trahissaient aisément les envies qui le parcouraient. « J’éprouve parfois de violents désirs pour certains hommes que je croise… » confesse-t-il, un brin honteux, mais presque soulagé de le dire à voix haute, apaisant le poids de sa conscience. « Je… J’ai éprouvé du désir pour cet homme. Peut-être, qu’au fond, cet acte que je voulais désintéressé ne l’était pas tant que ça, peut-être que… » Il s’arrête subitement. Attirer un homme ou une femme dans ses filets, c’était quelque chose qu’on lui avait appris très jeune et auquel il avait toujours excellé. Et s’il n’était bon qu’à ça, au final ? Il n’avait jamais été aussi pauvre et dans la merde que depuis qu’il avait tourné le dos à Efisio ce jour-là. « …peut-être que je ne peux pas changer qui je suis… Peut-être que ma place est davantage dans un bordel que dans une église… » Qui savait, au fond ? Un autre soupir, plus profond cette fois, plus désespéré aussi. « Peut-être que tout ça ne sert à rien… » …et que je devrais cesser de venir… S’il ne le dit pas, c’est largement sous-entendu. Son front s’appuie contre la grille, paupières closes. « Est-ce que je vous dégoûte, mon père ? » Le prêtre ne lui avait jamais menti, il ne commencerait certes pas aujourd’hui…

Revenir en haut Aller en bas
 
avatar
Sha
MESSAGES : 78
INSCRIPTION : 24/03/2017
ÂGE : 25
RÉGION : Calvados.
CRÉDITS : Moi-même.

UNIVERS FÉTICHE : Sadique polyvalente.
PRÉFÉRENCE DE JEU : Les deux

Voir le profil de l'utilisateur
Limace



Dante di Ravenna
J'ai 38 ans et je vis à New York, Etats-Unis. Dans la vie, je suis prêtre le jour, tueur la nuit et je m'en sors plutôt bien. Sinon, je suis célibataire et je m'en branle.


Jon Bernthal  © Datura

« Je… Beaucoup trop, je le crains. Pas sûr que le reste de ma vie suffise… »
« C'est bien Lucius, tu as la véritable valeur des choses. »

Après lui avoir enfoncé une épine dans le cœur, il le félicite. C'était la façon de Dante de régler les choses au sein de son église. Il n'était ni sympathique ni affectueux. Les frontières de sa foi creusaient chaque jour un peu plus le fossé entre les bons et les méchants. Il aimait ses proies en martyr, les épaules brisées par le poids des fautes quand bien même elles n'étaient parfois pas les siennes. Il aimait à se délecter de la culpabilité peignant les lèvres de Lucius. Il se disait parfois qu'il lui serait aisé d'y goûter, mais se retenait.

Jusqu'à maintenant, la règle était assez claire. A moins qu'un paroissien ne s'offre dans toute sa volupté, et encore, il se montrait prudent et approchait comme un fauve devant une proie blessée. Il préférait renifler le sang pour ne pas s'empoisonner avec quelques doucereuses au goût de poison. Il n'aimait d'ailleurs pas beaucoup les femmes pour ça. Elles étaient plus cruelles et souvent plus dangereuses. Après vous avoir épuisé tout le long d'une nuit, elles étaient capables d'enfoncer dans votre cœur la lame d'une dague dissimulée sous leurs jupons.

Il les choisissait faible et flexible, malléable et broyable.
Celles-là ne parlaient pas.

« Si seulement il y avait un mode d’emploi pour toutes ces conner… ces histoires de rédemption. »

Un petit rire monta sur les lèvres du père Michaele. Il haussa les épaules, d'un air nonchalant, avant de répondre simplement, à voix basse :

« Peut-être y a-t-il un mode d'emploi, mais est-ce que nous le lisons ? Est-ce que nous prenons seulement le temps de nous poser les bonnes questions ? »

Il n'était pas difficile de différencier le bien du mal. Il était cependant bien plus difficile d'être parfait et de se tenir à n'être jamais que ça, jamais que celui qui prend les baffes et qui ne redonne rien. Le rôle de martyr était le plus dur, et c'est bien pour ça que Dante le trouvait fascinant. Ce total abandon était bandant.

C'est ce qu'il aimait le plus quand il suppliciait un homme à la mort, ou encore au sexe.
C'était un peu la même chose pour lui, en réalité.

« Je ne cesse pas de pécher. Surtout en pensée… »

Les yeux de Dante se mirent à briller. Il aimait surtout ce moment là. Ce moment où Lucius commençait à allumer quelques envies en lui, avec des mots parfois innocents. Il était suave, Lucius, comme un agneau sur l'autel de Dieu. Faible et sans défense.

« J’éprouve parfois de violents désirs pour certains hommes que je croise… Je… J’ai éprouvé du désir pour cet homme. Peut-être, qu’au fond, cet acte que je voulais désintéressé ne l’était pas tant que ça, peut-être que… »

« Tu n'as pas à avoir peur, Lucius. Seul Dieu peut entendre tes mots… »

... et moi, souriait Dante, d'un air calme.

« …peut-être que je ne peux pas changer qui je suis… Peut-être que ma place est davantage dans un bordel que dans une église… Peut-être que tout ça ne sert à rien… »

Dante haussa un sourcil, presque étonné. Ce n'était pas la première fois que Lucius perdait un peu la foi, qu'il doutait, qu'il était ébranlé par lui-même et par les choses qui le hantaient. Ce n'était pas la première fois, mais cette fois, il aurait presque eu l'air résolu. Presque.

Le fait qu'il se mit à parler après laissait une porte d'action non négligeable au prêtre. Dante croisa les bras, d'un air lui aussi décidé à garder sa brebis dans la bergerie. Il n'y avait qu'un seul Loup d'autoriser et c'était lui.

« Est-ce que je vous dégoûte, mon père ? »

Il y eut un petit silence.

Pour une rare fois, Dante n'eut pas une réponse directe. Bien sûr que c'était non, mais pouvait-il lui avouer qu'il n'était pas dégoûté par quelques sauteries quand lui avait trempé parfois sa queue dans bien plus crade qu'une prostituée ? Quand il avait plongé ses mains dans une rivière de sang, et qu'il avait dévoré, à bout de souffle, de la chair car c'était ça ou crever ?

D'un ton calme, le père Michaele répondit :

« Peut-on être dégoûté des hommes ? Un berger ne saurait se détourner d'une brebis quand bien même elle serait noire ou boiteuse. A ses yeux, c'est une brebis, voilà tout. »

Il inspira profondément et soupira à son tour, un peu exaspéré.

« Bien sûr que cela sert toujours à chercher à être un homme de bien, mais si c'était facile, le monde irait bien mieux qu'il ne va à l'heure actuelle. Si tout le monde était animé par les meilleures intentions du monde, la guerre n'existerait pas. Si le malheur n'existait pas, Dieu aurait-il un goût si exquis pour l'âme ? Non. Il faut connaître la douleur, la peine, la souffrance, la Géhenne même, pour apprécier le Paradis promis. Tu ne dois pas désespérer Lucius. Tu travailles trop dur à ta rédemption pour abandonner maintenant. »

Ce n'était pas son genre de remonter le moral - même s'il le faisait car il s'agissait en partie de son travail - mais il fallait bien le faire pour ne pas perdre ce petit agneau blond.
Rajustant son col, l'écartant légèrement comme s'il avait chaud, Dante s'installa un peu mieux contre son dossier d'osier et murmura :

« Raconte moi Lucius. Raconte moi à quoi tu as pensé, ce que tu as fais tard dans la nuit ce soir-là. L'as-tu aimé ? Est-ce qu'il t'a touché ? Ou alors peut-être que tu l'as voulu si fort que tu l'as rêvé ? Il est très dur d'aller à l'encontre de ses instincts, mais ce n'est pas ta faute. Il faut en parler, tout expier, et ensuite nous pourrons chercher comment lutter contre. »

Son ton est sérieux mais ses doigts sont fébriles. Lucius est obéissant, il est de ces petits garçons qui lui susurrent des perversités colorées. Il aime bien ça. C'est son seul amusement ici. Les péchés de chair et de mort sont les plus savoureux.



Oh Darling,
Darling, What I have done ?
Revenir en haut Aller en bas
 
avatar
Khal
Féminin MESSAGES : 75
INSCRIPTION : 04/03/2017
ÂGE : 30
RÉGION : PACA, Marseille
CRÉDITS : icon by leesa_perrie, gif tumblr

UNIVERS FÉTICHE : Harry Potter, univers fantastique, city. Pas difficile si j'ai un coup de coeur ! :)
PRÉFÉRENCE DE JEU : Homme

Voir le profil de l'utilisateur http://www.letempsdunrp.com/t548-khal-j-irai-cracher-sur-
Limace



Lucius Matheson
J'ai 32 ans et je vis à New York, Etats-Unis. Dans la vie, je suis serveur dans un taudis du Bronx et je m'en sors plutôt mal. Sinon, grâce à ma solitude acharnée, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

Informations supplémentaires ici.


Christopher Mason © Lux Aeterna


Le silence qui suit sa question est affreusement pesant pour qui est habitué à recevoir presque immédiatement des réponses à ses interrogations. Le père Michaele l’avait habitué à plus de répartie, sauf s’il n’osait pas lui dire à quel point il le répugnait, pour le ménager. Il ouvre lentement les yeux, le front toujours posé contre la grille, inquiet de voir un air révulsé sur ses traits, mais non, le prêtre semble juste réfléchir et lui sert rapidement sa réponse. « Peut-on être dégoûté des hommes ? Un berger ne saurait se détourner d'une brebis quand bien même elle serait noire ou boiteuse. A ses yeux, c'est une brebis, voilà tout. » Lucius regagne sa position initiale, le cœur empli de doutes ; c’était le lot de tous les fidèles que de voir leur foi éprouvée sans cesse. Il suffisait juste de réussir à traverser les écueils sans trop de dommages, ce que lui confirme très vite le curé dans une diatribe fort rassurante qui lui met un peu de baume à l’âme et lui permet de se détendre un peu. « Raconte moi Lucius. Raconte moi à quoi tu as pensé, ce que tu as fais tard dans la nuit ce soir-là. L'as-tu aimé ? Est-ce qu'il t'a touché ? Ou alors peut-être que tu l'as voulu si fort que tu l'as rêvé ? Il est très dur d'aller à l'encontre de ses instincts, mais ce n'est pas ta faute. Il faut en parler, tout expier, et ensuite nous pourrons chercher comment lutter contre. » Son cœur manque un battement comme il baisse la tête, ses mèches blondes glissant devant son visage d’ange. Et voilà ce qu’il avait tant redouté, ce qu’il redoutait à chaque fois. Bien sûr, il aurait pu feindre l’innocence et se récrier quant à ses pensées qui n’avaient pas été si pécheresses mais ç’aurait été mentir et baser une confession sur des mensonges était aussi idiot qu’inutile. Il déglutit avec difficulté ; il était toujours fort délicat de se livrer ainsi, de dévoiler la noirceur de son âme à autrui, encore plus quand votre interlocuteur était aussi pieux que l’était le père Michaele. La honte l’étreint mais il acquiesce mollement de la tête, même si le prêtre ne le verra sans doute pas. « Je… Je ne l’ai pas touché et… lui, non plus… » Il se mordille la lèvre, ses doigts triturant nerveusement le crucifix autour de son cou, poursuivant ses aveux. « Dans ma faiblesse, j’ai tenté de lui faire des avances mais… » Il soupire. « …j’imagine qu’il était bien plus pieux que moi car il n’y a pas donné suite… » Il réfléchit un bref instant, repensant à la soirée étrange de l’avant-veille, la repassant en boucle dans sa tête. « Peut-être que je ne suis plus aussi doué pour la séduction qu’avant… C’est une bonne chose, pas vrai ? » interroge-t-il, cherchant à trouver un point positif à ses infâmes faiblesses. « Je suis rentré chez moi sans demander mon reste et… » Il s’interrompt, le cœur au bord des lèvres de ce qu’il allait devoir avouer à son confesseur. « Je… » Il bégaye, tellement mal à l’aise qu’il préfèrerait sans doute être de retour au bordel d’Efisio plutôt qu’ici. Là-bas au moins, il n’avait pas cette sensation intense de saleté, cette violente impression de n’être rien d’autre qu’une raclure immonde. Il murmure, à peine un souffle, comme il ne veut pas avoir à le dire trop chose. « Je me suis soulagé de cette tension dans ma douche. En pensant à lui. » Façon métaphorique et déguisée de dire qu’il s’était branlé sous l’eau brûlante, le front collé au carrelage et les jambes tremblantes. « Pardonnez-moi, père Michaele, je vous en prie. » Etait-ce à lui ou à Dieu qu’il demandait pardon ? Parfois, il ne savait même plus, dans son esprit, les deux se confondaient souvent…

Revenir en haut Aller en bas
 
avatar
Sha
MESSAGES : 78
INSCRIPTION : 24/03/2017
ÂGE : 25
RÉGION : Calvados.
CRÉDITS : Moi-même.

UNIVERS FÉTICHE : Sadique polyvalente.
PRÉFÉRENCE DE JEU : Les deux

Voir le profil de l'utilisateur
Limace



Dante di Ravenna
J'ai 38 ans et je vis à New York, Etats-Unis. Dans la vie, je suis prêtre le jour, tueur la nuit et je m'en sors plutôt bien. Sinon, je suis célibataire et je m'en branle.

Code couleur: darkslategrey


Jon Bernthal  © Datura

Il adorait ce moment de la confession. Ce moment où le visage de Lucius devenait petit à petit livide, comme s'il goûtait lui-même chaque mot, comme si tout était douloureux, alors que ce n'était que des mots. Quelque part, ça amusait Dante. Lui qui s'imaginait qu'on ne pouvait pas souffrir des choses immatérielles - il ne connaissait que la souffrance par le sang et les chairs - il trouvait le spectacle amusant, délectable. Cela lui procurait le même plaisir que lorsqu'il léchait le sang coulant d'une plaie ouverte.
Sa main, sur sa cuisse, se resserra légèrement.

« Je… Je ne l’ai pas touché et… lui, non plus… Dans ma faiblesse, j’ai tenté de lui faire des avances mais… …j’imagine qu’il était bien plus pieux que moi car il n’y a pas donné suite… »

Le prêtre ne répondit pas. Il analysait chaque vibration, chaque hésitation dans sa voix. C'était quelque chose de doux à l'oreille, quelque chose d'agréable même.

« Peut-être que je ne suis plus aussi doué pour la séduction qu’avant… C’est une bonne chose, pas vrai ? »

Il faudrait être bien difficile ou bien ivre, pensa le curé avec un sourire malsain pendant quelques secondes. Il pencha la tête en avant, dissimulant dans l'obscurité cette lueur dans ses yeux. Il observait alors ses mains immenses et se demandait ce que ça pourrait bien lui procurait de l'étrangler, un petit peu. Il l'imaginait offert à n'importe quel châtiment. Celui du fouet, ou plus sensuel, plus excitant encore, celui du cilice.

« Je suis rentré chez moi sans demander mon reste et… Je… Je me suis soulagé de cette tension dans ma douche. En pensant à lui. »

Le sourire de Dante se crispa, d'une bien sordide façon. Voilà qui était intéressant. L'italien, lui, ne faisait pas ce genre de chose. Quand il avait envie, il allait dans la rue et trouvait une femme, parfois un homme - plus rarement, pour satisfaire ses envies. Il n'y avait pas de douceur, pas de sentiments,  juste ça, ce sentiment d'envie bestial et primaire. Il n'avait jamais su ce que c'était que de faire l'amour, et à bien y réfléchir, il n'avait pas envie de découvrir.
L'imaginer sous l'eau chaude en train de se soulager avait pour autant quelque chose d'érotique et il fallait bien avouer que l'image avait de quoi lui donner des humeurs que l'on aurait pas attendu d'un prêtre.

« Pardonnez-moi, père Michaele, je vous en prie. »

« Je te pardonne mon fils » murmura Dante en faisant un signe de croix, « et tu seras pardonné si tu prouves que ton cœur veut véritablement se repentir. Si tu es comme Balaam le faux prophète, alors Dieu fermera les yeux et te laissera en repas aux flammes et à la gueule des diables. »  

Un petit instant, Dante s'arrêta. Il rêvait parfois des crocs des chiens lui aussi. Il en rêvait car il se souvenait en avoir tuer des dizaines en Serbie, des chiens noirs aux yeux injectés de sang. Dans la nuit, tous les chiens sont noirs.

« Dans la Bible, sept hommes demandent son pardon à Dieu, mais seulement deux ont le cœur assez pur et sont assez sincères pour que l’Éternel lui-même ne les pardonne. De nos jours, on ne paie plus cent sicles d'argent pour se repentir, on ne peut plus non plus offrir des vases d'airain à la Maison de Dieu. Te donner des Ave Maria à réciter sous une douche aussi brûlante que la Géhenne ne suffit plus à tes dérives, on a déjà vu que ça ne menait nulle part... »

Le silence qui s'en suivit fut d'une brutalité sans nom. En le laissant ainsi, dans l'obscurité et dans le doute, Dante se doutait qu'il lui infligeait des douleurs incommensurables. Il aurait très bien pu lui demander de l'accompagner dans le presbytère et de lui faire subir quelques courroux, mais même après cinq ans de loyauté, Lucius se serait douté de quelque chose.

« Il fut une époque où l'on fouetté et brûlé les déviants. Il fut une époque où l'on égorgeait des béliers devant l'Eternel pour expier ses fautes. Je crois encore en la saveur de la flagellation et à la morsure du cilice pour les âmes les plus impures, mais nous ne voulons pas, toi comme moi, en arriver là. N'est-ce pas, mon fils ? »

Un nouveau silence, bien plus éloquent cette fois.

« Si tu n'arrives pas à lutter contre tes propres démons, peut-être te faut-il une aide extérieure, Lucius. »

Lui ? Peut-être. Il ignorait pourquoi il avait prononcé ses mots, mais ça lui avait semblé le plus naturel du monde...



Oh Darling,
Darling, What I have done ?
Revenir en haut Aller en bas
 
avatar
Khal
Féminin MESSAGES : 75
INSCRIPTION : 04/03/2017
ÂGE : 30
RÉGION : PACA, Marseille
CRÉDITS : icon by leesa_perrie, gif tumblr

UNIVERS FÉTICHE : Harry Potter, univers fantastique, city. Pas difficile si j'ai un coup de coeur ! :)
PRÉFÉRENCE DE JEU : Homme

Voir le profil de l'utilisateur http://www.letempsdunrp.com/t548-khal-j-irai-cracher-sur-
Limace



Lucius Matheson
J'ai 32 ans et je vis à New York, Etats-Unis. Dans la vie, je suis serveur dans un taudis du Bronx et je m'en sors plutôt mal. Sinon, grâce à ma solitude acharnée, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

Informations supplémentaires ici.


Christopher Mason © Lux Aeterna
Il implore son pardon parce que son absolution est tout ce dont il a besoin, actuellement, dans sa vie de pécheur sans vergogne. « Je te pardonne mon fils et tu seras pardonné si tu prouves que ton cœur veut véritablement se repentir. Si tu es comme Balaam le faux prophète, alors Dieu fermera les yeux et te laissera en repas aux flammes et à la gueule des diables. » Il se détend considérablement, se nourrissant des quelques bribes de rédemption qu’il lui offre comme un junkie accroc à sa dose de drogue. Elle coule dans ses veines comme la meilleure des cames et il soupire de soulagement. Il n’était pas un faux prophète et chaque mot murmuré dans le secret de cet alcôve l’était avec sincérité et justesse. Le discours du prêtre le reprend au vol et quand il décrète que les prières ne sont plus suffisantes à ses pénitences, il se sent crever un peu à l’intérieur. Non, il ne pouvait pas ne plus rien à voir à faire pour lui comme il avait l’air de le sous-entendre. Le diacre ne pouvait pas décemment l’abandonner comme ça ; il devait essayer encore. Encore un peu. Le silence lui pèse mais il n’ose pas le briser, ses doigts crispés sur le tissu de son pantalon, les dents serrés et les sanglots lui montant déjà aux yeux à l’idée qu’on lui ordonne de ne plus revenir. Plus jamais. « Il fut une époque où l'on fouetté et brûlé les déviants. Il fut une époque où l'on égorgeait des béliers devant l'Eternel pour expier ses fautes. Je crois encore en la saveur de la flagellation et à la morsure du cilice pour les âmes les plus impures, mais nous ne voulons pas, toi comme moi, en arriver là. N'est-ce pas, mon fils ? » Il se tend à l’évocation des châtiments plus agressifs, plus corporels. Le fouet et le cilice ? S’il pensait que c’était nécessaire, il voulait bien se soumettre à ce qui lui paraitrait juste ; n’importe quoi tant qu’il lui laisse le droit de venir encore pour absoudre ses fautes. Ses poings sont tellement serrés qu’il sent ses ongles s’enfoncer dans ses paumes. Il en tremblerait presque, de peur et d’inquiétude, à l’idée qu’on l’abandonne encore. « Si tu n'arrives pas à lutter contre tes propres démons, peut-être te faut-il une aide extérieure, Lucius. » Il tressaille sur ses genoux. Une aide extérieure ? Peut-être que c’était la solution mais… qui aurait bien pu l’aider dans cette tâche impossible qu’était le rachat de son âme souillée ? Il a beau réfléchir, il n’a personne de suffisamment proche, de suffisamment sûr et de suffisamment sain pour s’acquitter de cette délicate mission. Alors, à la réflexion, cela signifiait sans doute qu’il était perdu. Définitivement perdu. Et puis, soudain, l’idée lui vient, timide au départ, puis de plus en plus claire et de plus en plus réalisable, finissant même par s’imposer à son esprit comme si elle avait toujours été là. Comme si l’idée avait été sienne depuis le début alors qu’elle lui avait, mine de rien, été hautement suggérée, même s’il ne le réalisait pas vraiment. « Est-ce qu’il y aurait une chance que… » Il murmure, conscient de son impudence. « Je sais que je n’ai aucun droit de vous demander cela, mais… J’ai besoin de votre aide, mon père… Je vous en prie… » Etrange de l’implorer quand il n’aurait dû prier que le Seigneur mais peut-être qu’à sa manière, le père Michaele était son Dieu à lui… Finalement, étreint par la peur qu’il ne l’abandonne, il fait une chose impensable, quittant sa partie du confessionnal pour rejoindre celle du curé, la porte se refermant sur eux, tandis qu’il s’agenouille devant lui, la tête presque posée dans le giron du prêtre. « Ne m’abandonnez pas, j’ai besoin de vous… » Et ainsi s’offre l’agneau sur l’autel du sacrifice, brebis offerte au couteau de l’officiant. Il ne pouvait pas lui dire qu’il n’y avait plus rien à faire pour sauver son âme, il devait trouver une solution, n’importe laquelle, il était prête à toutes les entendre…

Revenir en haut Aller en bas
 
avatar
Sha
MESSAGES : 78
INSCRIPTION : 24/03/2017
ÂGE : 25
RÉGION : Calvados.
CRÉDITS : Moi-même.

UNIVERS FÉTICHE : Sadique polyvalente.
PRÉFÉRENCE DE JEU : Les deux

Voir le profil de l'utilisateur
Limace



Dante di Ravenna
J'ai 38 ans et je vis à New York, Etats-Unis. Dans la vie, je suis prêtre le jour, tueur la nuit et je m'en sors plutôt bien. Sinon, je suis célibataire et je m'en branle.

Code couleur: darkslategrey


Jon Bernthal  © Datura

Dante était plutôt une force de la nature qu'un homme subtil et capable de manipulation. En réalité, c'était même plutôt tout le contraire. Il ne connaissait ni la tendresse ni la douceur. Une caresse n'était jamais sirupeuse, et sa peau tannée était presque trop parcheminée pour se permettre d'être soyeuse. Tout le poussait à n'être qu'une brute épaisse. Tout, sauf une toute petite chose : son intelligence.

C'était ce qui lui avait permis de survivre durant la guerre. Son ingéniosité n'avait pour limite que ses envies. Il se donnait toujours les moyens d'obtenir ce qu'il voulait par quelques stratagèmes déguisés. Bien sûr, parfois la violence était un plan d'action tout à fait honorable. D'autres fois, comme cette fois-là avec Lucius, il empruntait des chemins dissimulés, se faisait ombre sinueuse pour mieux assassiner.

C'était tout un art d'être subtil quand on fait un mètre quatre-vingt quinze et cent dix kilos.

« Est-ce qu’il y aurait une chance que… Je sais que je n’ai aucun droit de vous demander cela, mais… J’ai besoin de votre aide, mon père… Je vous en prie… »

Oh, ce frisson qui remonta l'échine du prêtre fut exquis. Il eut un sourire satisfait quelques secondes plus tard, toujours plongé dans la pénombre pour mieux y dissimuler ses sombres desseins. Voilà que tout roulait sur les rails qu'il avait dessiné, tout allait au mieux, et ça sentait déjà un peu le sang frais.

Dante glissa sa main sur sa cuisse. L'excitation palpable faisait qu'elle tremblait légèrement.

Pourtant, quelque chose d'inattendue se produisit. L'italien lui-même resta surpris et haussa un sourcil. Il était prêt à se lever pour le rattraper que la porte du confessionnal se rouvrait et se refermait sur Lucius qui se laissait aller là, sur les cuisses même du Père Michaele.

La gorge de Dante se serra légèrement. Il se disait finalement qu'il était heureux de ne bander que difficilement - pas pour des problèmes mais car il savait maîtriser à la perfection cet art délicat - sinon quoi il se serait trouver bien benet devant le blondinet.

« Ne m’abandonnez pas, j’ai besoin de vous… »

Alors là, dans l'obscurité du confessionnal, il y avait le Diable et l'Ange supplicié. Un silence pesant s'installa, mais aucun des deux ne le brisa. Dante observait cette tête blonde, et puis au bout de quelques semaines leva sa main immense au dessus de son crâne. Il y avait là des images bien malsaines qui tournaient dans sa tête, des images où il le faisait taire de la plus plaisante des façons, des images où ses larmes mouillaient son entremise...

Il posa finalement la main sur la tête du jeune homme et la caressa d'un geste un peu brusque, trop brusque pour être tendre. Dante n'y connaissait rien à l'affection, mais il savait au moins mimer ces gestes tant il avait observer du coin de l’œil les effusions chez les autres.

« Un véritable berger n'abandonne jamais une brebis, qu'elle soit boiteuse ou noire... Je te l'ai déjà dis » Dante murmura le plus bas possible, comme s'il ne voulait pas être entendu par Dieu lui-même, mais seulement de Lucius, « Je t'aiderais à lutter contre tes démons, je les enchaînerais s'il le faut, mais pour cela, il faudra me faire confiance, ne pas te poser de questions et te laisser aller. »

La main de Dante glissa doucement sur la joue de Lucius et il lui releva légèrement la tête. Son pouce effleurait alors sa joue ronde et rougie. C'était vrai qu'il avait l'air d'un ange. Comment résister à l'envie de le fracasser alors ?

« Je ne t'abandonnerais pas, mon fils, mais c'est un chemin difficile que tu empruntes. Un chemin qui te sera douloureux, parfois même plus. Parfois tu aimeras tout abandonner, d'autres fois les démons te siffleront à l'oreille que c'est un chemin trompeur et que je suis un faux messie. Ces voix là, ces mains tendues, tous ceux-là ne chercheront qu'à te faire chuter. Il faudra leur résister de tout ton âme, de tout ton être. Je t'aiderais, Lucius, si tu me fais entièrement confiance... »

Il le fixait dans les yeux, mais pour une rare fois, il ne récitait rien qu'il n'ait dit dans le passé. C'était tout nouveau. Petit à petit se dessinait dans son esprit un nouveau plan, une nouvelle idée.
Pendant un instant, il se demanda même si ce n'était pas Lui qui était soumis à sa tentation...



Oh Darling,
Darling, What I have done ?
Revenir en haut Aller en bas
 
avatar
Khal
Féminin MESSAGES : 75
INSCRIPTION : 04/03/2017
ÂGE : 30
RÉGION : PACA, Marseille
CRÉDITS : icon by leesa_perrie, gif tumblr

UNIVERS FÉTICHE : Harry Potter, univers fantastique, city. Pas difficile si j'ai un coup de coeur ! :)
PRÉFÉRENCE DE JEU : Homme

Voir le profil de l'utilisateur http://www.letempsdunrp.com/t548-khal-j-irai-cracher-sur-
Limace



Lucius Matheson
J'ai 32 ans et je vis à New York, Etats-Unis. Dans la vie, je suis serveur dans un taudis du Bronx et je m'en sors plutôt mal. Sinon, grâce à ma solitude acharnée, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

Informations supplémentaires ici.


Christopher Mason © Lux Aeterna
Il a l’air d’un enfant, un peu paumé sans doute, un peu trop faible aussi, comme il s’inquiète déjà à l’idée qu’on l’abandonne. C’était étonnant qu’il ait si peu fréquenté ses parents, au final, mais que leur éducation strictement religieuse l’ait conduit dans les tourments de la foi. Tout ça pour une rédemption qu’il ne savait pas illusoire et certainement vaine. Son front posé sur les genoux du saint homme, il pourrait aussi bien être une autre Marie-Madeleine et éponger ses peines à l’aide de ses cheveux blonds. C’est bien peu orthodoxe mais c’est bien tout ce qui lui reste pour espérer se sauver de lui-même et de l’éternelle damnation que le père Michaele lui décrivait avec tant de précision. Il sent la main du prêtre caresser sa tête sans la moindre douceur, le flattant comme on le ferait avec un animal apeuré et c’était bien ce qu’il était, au final. « Un véritable berger n'abandonne jamais une brebis, qu'elle soit boiteuse ou noire... Je te l'ai déjà dis » Ce n’est qu’un murmure, à peine un souffle, et il acquiesce avec une reconnaissance sans borne, toujours à genoux dans sa volonté d’humilité. « Je t'aiderais à lutter contre tes démons, je les enchaînerais s'il le faut, mais pour cela, il faudra me faire confiance, ne pas te poser de questions et te laisser aller. » Il ne se formalise de rien, le Matheson ; ni de ces paroles qui peuvent sembler un brin effrayantes et intrusives, ni même de ces doigts rugueux qui glissent sur sa joue pour lui faire relever la tête. Son regard implorant se perd dans celui du diacre, bien plus sombre, plus profond sans doute aussi. Dans ses prunelles transparaissent la gratitude et la reconnaissance, la joie de se savoir épaulé et soutenu par un homme aussi fort et bon que lui. Il n’aurait même pas eu à demander, c’était un fait. Le père Michaele avait été là depuis sa sortie de la rue et il l’associait, inconsciemment, à sa liberté. Il avait écouté ses confessions depuis cinq années, les plus innocentes comme les plus sales, et il n’avait jamais exprimé envers lui autre chose qu’une douce bienveillance.

« Je ne t'abandonnerais pas, mon fils, mais c'est un chemin difficile que tu empruntes. Un chemin qui te sera douloureux, parfois même plus. Parfois tu aimeras tout abandonner, d'autres fois les démons te siffleront à l'oreille que c'est un chemin trompeur et que je suis un faux messie. Ces voix là, ces mains tendues, tous ceux-là ne chercheront qu'à te faire chuter. Il faudra leur résister de tout ton âme, de tout ton être. Je t'aiderais, Lucius, si tu me fais entièrement confiance... » Son regard se perd dans le sien et, quand certains y auraient vu un abysse insondable, il y voit un roc, une ancre à laquelle s’attacher pour ne pas sombrer plus avant en direction des cercles de l’Enfer qui n’attendaient vraisemblablement plus que lui… Il tressaille malgré tout, pris d’un frisson qui lui parcourt l’échine, incapable de savoir si c’est le froid qui règne dans l’église ou si c’est un étrange pressentiment qui le prend, dans une brève seconde de lucidité. S’il fait preuve de clairvoyance, un infime instant, cela disparait bien vite au profit de ses angoisses et de son psychotisme religieux. Il acquiesce de la tête avec conviction, comme si le père Michaele venait tout bonnement de lui promettre sa place au Paradis, sur l’heure. « Je ferai de mon mieux pour résister à la tentation à laquelle Il me soumet mais, avec votre aide, mon père, je suis sûr d’y parvenir. » Il a un de ces sourires doux, un brin rêveur, le sourire d’un pantin plein d’espoir envers le marionnettiste qui tire ses ficelles. « Je suivrai vos recommandations, toutes, quelles qu’elles soient. » déclare-t-il plus humblement, avec un peu moins d’emphase et davantage de sagesse. Ses doigts se posent avec respect et révérence sur les genoux du prêtre, pressant le tissu avec déférence, avant que ses lèvres ne viennent baiser la main posée sur sa cuisse. « Je me plierai à tout ce qui vous semblera nécessaire, sans discuter… Même les… » Il marque un temps d’arrêt, un bref instant d’hésitation, preuve qu’il n’était pas totalement un illuminé, au fond. Pour autant, le pouvoir de persuasion du prêtre et la peur du Seigneur sont les plus forts et il baisse lentement la tête, ses mèches blondes dissimulant son visage un moment. « …les flagellations et le… » Il déglutit, retenant son souffle, lui-même incrédule des droits qu’il lui laissait sur lui. Et, malgré tout ça, le dernier mot, cilice, ne parvient pas à franchir ses lèvres désormais closes. Et en dépit de son silence, il ne lui refuserait rien, il l’avait promis…

Revenir en haut Aller en bas
 
 
A leap of faith - Dante & Lucius
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Un rendez-vous sanglant. [Faith]
» Michael Lucius revoqué / Saintil est dechargé du dossier
» aranda's leap
» Lucius n'est plus chef de la DCPJ:demission ou revocation ?
» Shopping Trip [Faith]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 
 
LE TEMPS D'UN RP :: Place des artistes :: Univers réel :: Amérique du Nord-
Sauter vers: