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La Volpe
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Limace


Le contexte du RP
Mise en situation

La situation
Paris, de nos jours. Samuel et Camille se sont rencontrés après une soirée arrosée. Camille était en couple, elle ne l'est pas restée longtemps. Entre eux, ça a tout de suite bien marché, elle a voulu tenter le coup.

Contexte provenant de notre tête
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La Volpe
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Limace



Camille
Loiseau

J'ai 24 ans et je vis à Paris, France. Dans la vie, je suis sans emploi et je m'en sors bien, grâce à la petite fortune de mes parents. Sinon, grâce à ma chance, je suis en couple, plus ou moins. Amoureuse sûrement et je le vis plutôt mal en ce moment.

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Je parle en #75a8c4




avatar Alycia Debnam Carey
© la Volpe


Romain est là et il n’est pas là pour mon bon plaisir. Ça faisait un moment que je ne l’avais pas vu, que je n’avais pas eu de ses nouvelles. À vrai dire, j’espérais qu’il avait lâché l’affaire. Qu’au bout de plusieurs mois de séparation, il aurait compris. Je n’aurais pas ouvert la porte si je n’avais pas cru que c’était Sam. Nous sommes ensemble depuis six mois maintenant, pourtant j’ai l’impression que ça fait beaucoup plus. Si nous n’étions pas faits pour nous rencontrer, nous pouvons au moins prouver que nous sommes faits pour nous entendre. La seule ombre au tableau si je puis dire, c’est cet incident qui nous est arrivé il y a quelques semaines. Retard de règles, gros problème. J’ai du faire un test de grossesse, et celui-ci s’avère positif. C’est pour cette raison que la présence de Romain m'irrite encore plus. Je n’ai pas de temps à perdre avec lui, surtout lorsque j’ai des choses beaucoup plus importantes à régler. Je ne sais pas comment Sam réagira, et l’angoisse me rend plus sèche avec Romain. Ses supplications, je les connais déjà par cœur, et à toutes ses questions je n’ai qu’un mot à répondre : non. Non, il ne me manque pas. Non, je ne pense pas à lui quand je suis avec d’autres mecs. Un seul autre d’ailleurs, je me permets de le reprendre d’une voix neutre. Une voix qui ne lui plait quand même pas. “Quel mec ?” Je lui lance un regard froid, pour lui signifier que ça ne le regarde pas. Et puisqu’il a décidé de faire le pot de fleurs dans mon salon, je passe à côté de lui pour continuer à vaquer à mes occupations. J’essaie de me préparer à annoncer à Samuel que je suis enceinte, et c’est déjà assez difficile comme ça.

Sauf que je passe trop près de Romain semble-t-il. D’une poigne que je ne lui connais pas, il agrippe mon bras pour me tirer en arrière. Sans pouvoir résister, je me retrouve face à lui, les yeux écarquillés. Et ben quoi ? Je hausse un sourcil pour lui demander ce qui lui prend, et brutalement, c’est une première gifle que je prends dans la gueule. Ma réaction ne se fait pas attendre. Je le pousse, je lui gueule dessus, mais c’est trop tard. Quand c’est ma main qui heurte son visage, Romain n’est plus le même. Il me pousse à son tour et c’est le mur qui m’arrête dans un choc un peu trop brutal à mon goût. Pourtant Romain en veut plus. Les coups se mettent à pleuvoir, plus rapprochés, moins retenus. Il me hurle dessus que je l’ai brisé, que je ne mérite rien de plus. Il frappe pour se défouler sur moi, simplement, et trop faible par rapport à lui, je ne peux rien faire d’autre qu’encaisser.

J’encaisse du mieux que je peux, j’essaie d’être plus forte que je ne le suis, mais vient un moment où je n’arrive plus à supplier pour qu’il arrête. Ça vient comme s’il m’avait enfoncé un couteau dans le ventre. Mon souffle se coupe et mes mains se portent à mon ventre alors que je m’effondre littéralement. Mes jambes me lâchent, ne supportant pas cette douleur plus vive encore que les coups. Je ne peux pas y croire, pourtant quand un liquide chaud et épais perle entre mes cuisses, je sais. Je sais que ni Sam ni moi n’auront plus le choix pour cette grossesse. Bêtement, ma première réaction est de me demander si une IVG, ça aurait fait si mal. Probablement pas. Et puis il y aurait eu Samuel, là, près de moi pour serrer ma main dans la sienne. Si je tenais, je n’arrive plus. Les larmes se mettent à couler le long de mes joues. Des larmes de douleur, de tristesse peut-être un peu, de rage surtout. Romain panique, il était temps. Il s’agenouille pour me demander ce qui ne va pas, et moi je lui crache au visage. Qu’il se casse, qu’il me laisse. Il en a déjà trop fait. Mais non. Cet enculé appelle une ambulance en prenant un air tout paniqué. Il explique que je suis en train de perdre notre enfant. Notre enfant… Il faudra me frapper plus fort pour que j’oublie. Je hurle derrière lui, je lui crie de foutre le camp, et il n’en fait rien. Et quand la douleur devient trop insupportable, quand l’ambulance n’arrive toujours pas, c’est sa main que je serre dans la mienne. Je le hais si fort. Si fort.

À mon réveil, Romain n’est plus là. Personne n’est là. J’ouvre les yeux seule dans une chambre blanche, et l’angoisse m’envahit sans raison. Je ne veux pas être toute seule, j’ai tellement honte. C’est la police qui arrive en premier, pour me poser les questions habituelles. Je coupe court en affirmant que je ne sais pas qui m’a agressée et que je ne veux pas porter plainte. Ils ont l’habitude, et si avant je ne comprenais pas, je sais maintenant. Personne n’a envie de courir après la personne qui vient de vous tabasser. Moi, je veux juste qu’on me foute la paix. Je veux être toute seule, je ne veux pas de procès, de flics pour éplucher toute ma vie. Alors je les envoie chier. Je les envoie chier et je rentre chez moi. Et quand je rentre, ce sont les autres que j’envoie chier. Je n’ai pas envie de sortir, je ne veux pas qu’ils puissent me voir avec toutes ces marques. Je ne veux pas de pitié, je ne veux pas qu’on me plaigne. Quand c’est au tour de Sam de m’envoyer un message, je lui réserve le même sort. Vaguement, je lui dis que je ne suis pas dispo, et j’arrête de lui répondre. Je tremble à l’idée qu’il puisse voir mon corps dans cet état. J’ai trop honte d’avoir été si faible.

Tout ça dure des semaines entières, les hématomes les plus foncés ne partent toujours pas. Le médecin dit que ça prend du temps, qu’il faut juste être patiente. Mais j’en ai marre d’être patiente. Samuel s’accrochait, il essayait de m’appeler. Il ne m’appelle plus à présent. Il n’essaie plus de passer chez moi, et je ne peux même pas lui en vouloir. Comme je m’en veux par contre. Il me manque si fort, je ne sais pas comment revenir vers lui. Comment passer sous silence la grossesse, Romain. Il faut du courage. Devant mon miroir, je ne sais pas si j’en ai assez. Je regarde mon visage, mon corps. Les bleus s’effacent peu à peu, je crois pouvoir les maquiller pour sortir. Je vais le faire. En faisant attention de ne pas appuyer, c’est une tonne de fond de teint que je pose sur mes bleus. J’essaie d’harmoniser au mieux, je prends même un instant du plaisir à me maquiller. Pour la première fois depuis longtemps, je prends le temps de me faire belle. Il ne faut pas réfléchir, il faut y aller. Le coeur battant, j’attrape mon sac à main et je sors de chez moi.

Sur le chemin, j’hésite de plus en plus. J’ai peur de ce que Samuel pourra me dire. Mon coeur bat trop fort, mes mains tremblent trop. Je vais passer à l’improviste, comme avant. Juste me poster devant sa porte et l’appeler. Je veux voir son sourire, sentir sa chaleur près de moi. Alors je ne pense qu’à ça, en me concentrant fort pour ne pas faiblir. J’ai déjà été trop faible, il faut que je me fasse violence maintenant. Plus vite que je ne l’aurais pensé, je me retrouve devant la péniche de Samuel. L’espace d’un instant, j’ai eu peur qu’il soit parti sans me le dire. Il aurait pu. Mais tout est là comme dans mes souvenirs. Alors comme j’entends du bruit, je l’appelle à voix haute comme je l’ai fait si souvent. Et le sol se dérobe sous mes pieds. De l’intérieur de la péniche, ce n’est pas Sam que je vois émerger. Non, c’est une fille, une belle fille qui plus est. Mon cœur se fige instantanément et je regrette d’être venue. Je m’apprête à dire que je me suis trompée, à faire demi-tour, pourtant je ne sais pas, ma voix ne veut pas sortir. Je regarde cette fille comme si j’avais vu un fantôme.
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Boeing
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Samuel
Helmet

J'ai 30 ans et je vis à Paris, France. Dans la vie, je suis fêtard et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance (malchance), je suis en couple (ou pas ?) et je le vis plutôt pas bien.

Après une parfaite idylle de plusieurs mois avec Camille, celle-ci n'a plus donné signe de vie pendant plusieurs semaines malgré les appels et les visites de Sam. D'abord profondément amoureux, celui-ci a le cœur brisé par cette soudaine disparition inexpliquée et son meilleur ami décide de l'aider à tourner la page pour avancer.

Michael Mando © La Volpe


Des semaines. Ca fait des semaines que je n’ai pas eu de nouvelles de Camille. J’ai tout essayé, les messages, les appels, je suis même allé sur place pour toquer à sa porte et voir si tout allait bien. Après des jours de silence, elle avait fini par me répondre sur le ton le plus sec qui soit pour m’envoyer bouler. Je n’ai jamais compris d’où venait un tel mépris envers moi. J’ai eu beau tourner et retourner le problème dans tous les sens, sobre ou après plusieurs verres, je ne parviens pas à saisir ce que j’ai fait de mal pour mériter de me faire jeter si soudainement. J’ai convoqué des amis avec qui j’ai discuté des heures durant. J’étais sur de moi pourtant, Camille ça n’était pas ce genre de meuf. Elle avait bien essayé de filer en douce la première fois qu’on avait couché ensemble, mais après avoir mis les choses au clair, j’avais cru que tout allait bien entre nous. J’avais cru que c’était la femme parfaite, et que c’était le destin qui me l’avait envoyé pour finir ma vie avec elle. J’avais tort, visiblement.

Après des mois d’idylle ensemble, elle s’était finalement lassé de ma personne. J’ai du mal à y croire, de m’être fait berner aussi facilement. Plus que blessé dans mon orgueil, je suis dégouté. J’ai l’impression de souffrir autant que lors de ma première rupture de collégien. Je ne peux pas croire qu’elle ne m’aime plus, et qu’elle ait pu terminer notre relation si violemment, sans une explication. Affalé dans mon canapé, je jette un nouveau regard à mon téléphone. Comme si j’allais pouvoir convoquer un miracle, j’ouvre ma conversation avec Camille dans l’ultime espoir d’y trouver une réponse. Mais rien. Rien ne vient, et je me contente de lire une nouvelle fois son dernier message qui remonte à plusieurs semaines déjà. J’attrape le verre que j’ai laissé traîner sur la table basse devant moi, et je le termine d’un trait. Le rhum me monte rapidement à la tête, mais c’est bien ce dont j’avais besoin. J’abandonne mon téléphone un peu plus loin et je ferme les yeux en m’enfonçant dans le canapé alors que ma tête tourne légèrement. J’ai l’impression de tourbillonner en flottant sur un nuage, et pendant un instant, je me demande si je n’ai pas un peu trop abusé. J’ai l’impression de sombrer dans une spirale sans fin. C’est la fin de mon monde, et pourtant je ne peux pas me sortir la responsable de tout ce chaos de la tête. Ma maison elle-même est pleine de souvenirs de cette fille qui a enflammé mon coeur et mon esprit. C’est un vrai cauchemar, j’ai l’impression qu’elle est partout et pourtant elle n’est nul part. Un nouveau sanglot me secoue alors que j’en viens à cette triste constatation. Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à arrêter de l’aimer ?! C’est une connasse sans coeur comme les autres, tout ce que j’ai à faire c’est tourner la page et ne plus jamais penser à elle. Dans un excès de rage, j’ai déjà détruit ou supprimé toutes les photos de nous, mais les souvenirs sont encore trop récents. C’est un sanglot profond et bruyant qui me secoue alors, dans le désespoir de pouvoir un jour échapper à cet amour qui m’a ravagé le coeur. Je ne pourrais jamais m’en remettre, je suis au fond du trou, et je me laisse sombrer dans la souffrance alors que mes larmes humidifient mes joues en perlant à grosses gouttes.

Je pleure comme ça pendant de longues minutes. Je n’aurais probablement jamais craqué comme ça devant quelqu’un, mais dans la solitude profonde de ma péniche vide, il n’y a que le silence pour répondre à ma détresse. Je suis tout seul maintenant, et je n’ai plus à jouer le bad boy sexy pour qui que ce soit. Inutile de me mentir à moi-même. Je m’allonge finalement sur le canapé, et je me laisse mourir comme ça, les jambes repliées, les bras contre ma poitrine. Je ferme les yeux, et je laisse l’épuisement m’emporter dans le sommeil.

De longues heures passent alors que je dors d’un sommeil profond. Mon corps et mon esprit, épuisés tous deux par les sanglots qui m’affligent, trouvent enfin un repos forcé. C’est vers 19h seulement que la sonnerie de mon téléphone me tire de mon repos sans rêve. Je mets un instant à émerger, je râle parce que j’ai mal à la tête, et je réalise que je n’ai jamais eu aussi soif de ma vie. C’est probablement la faute à la bouteille de rhum vie qui traîne sur la table basse… La sonnerie coupe avant que l’idée de décrocher ne me vienne à l’esprit, et je me redresse en me frottant le front, comme si j’allais pouvoir chasser la gueule de bois avant qu’elle ne frappe. Je soupire en constatant que le chemin vers le robinet d’eau est long, et je suis en train d’évaluer l’effort que je vais devoir fournir pour m’hydrater lorsque la sonnerie de mon tel retentit à nouveau. Allons bon, qu’est ce qu’il y a ?! “Ptin..” Je murmure à peine pour moi, et après avoir dégagé deux trois coussins, je finis par retrouver le coupable de la fanfare qui me casse les oreilles. “Fais chier..” C’est John, mon meilleur ami anglais. Il m’a bombardé de messages depuis que je lui ai raconté combien Camille m’a brisé le coeur. Je sais qu’il pourrait retourner le monde entier pour moi, et pourtant, en cet instant j’aurais préféré qu’il n’existe pas. Malheureusement pour moi, il ne semble pas près d’abandonner. Je me suis à peine extirpé du canapé pour aller chercher un verre d’eau que mon téléphone sonne encore. Dans un mouvement rageur, je finis par décrocher - je sais que je n’aurais jamais la paix sinon. “Kestuveu ?” Je l’interroge d’un ton sec, sans même prendre la peine d’articuler ou de dire bonjour. John devine ma détresse, il se moque de ma mauvaise humeur et me hurle avec joie qu’il est juste devant chez moi. “Oh non, John putin…” Je grogne mais malgré tout, je vais ouvrir. Ce con serait capable de venir à moi à la nage s’il le fallait. Il devine à mes yeux rougis que la journée a été difficile, et aussitôt il me prend dans ses bras en m’appelant affectueusement son gros nounours. Je souffle, mais pas par agacement, par fatigue. Ca me fait du bien de le voir, de le sentir. De sentir une présence contre moi, qui me rassure et qui chasse la solitude qui m’étouffe. Aussitôt il m’entraîne à l’intérieur. “Allez va prendre une douche gros balourd ! Ce soir on sort !” Il ne juge pas mon état déplorable. La bouteille vide sur la table basse, le bordel absolu dans le salon, la vaiselle accumulée, ma barbe de trois jours et mon air abattu. Face à lui, je n’ai pas besoin de faire semblant, il sait de toute façon tout de moi, et je lui suis reconnaissant de ne pas relever mon état de déchet. Pourtant, il ne va pas me laisser dériver plus longtemps. Je sais que je ne peux pas lui sortir cette idée de la tête, alors je file sous la douche.

Alors que l’eau chaude coule doucement sur mon corps, je sens enfin mes muscles se détendre. Je m’efforce de me vider l’esprit, de laisser tous mes souvenirs douloureux disparaître comme l’eau qui s’échappe de ma douche par la bouche d’évacuation. Je regarde l’eau couler, et je ne pense plus à rien. Ca m’a fait du bien de pleurer un bon coup je crois. Je me sens vide, et plus léger. Je m’efforce de penser à John qui m’attend dans le salon, et après de longues minutes je me décide enfin à m’enrouler dans une serviette. Je me rase, je prends soin de moi, et je me redonne une apparence correcte. Petit à petit, j’ai l’impression d’émerger d’un mauvais rêve. Quand j’enfile des vêtements propres et que je retourne dans mon salon, je me sens déjà mieux, et je suis capable d’adresser un sourire à John. Il est heureux du changement, et je le remercie d’un tape dans le dos en constatant qu’il a fait du rangement pour redonner un minimum d’aspect correct à mon intérieur. Il a même lancé un truc sur le feu, et rien que pour ça franchement, je me sens privilégié. “Merci mec.” L’émotion fait trembler ma voix, parce que j’avais vraiment besoin de ça, mais ce n’est pas un sanglot qui me vient mais un sourire. John, c’est comme un frère pour moi. Maintenant qu’il m’a presque tiré de ce mauvais pas, je ferais tout ce qu’il voudra, et je m’empresse de lui promettre.

Il ne lui en fallait pas plus pour le motiver à 100%. On avale notre dîner et j’avale un aspirine par la même occasion. De toute façon, j’ai bien compris que je vais devoir soigner le mal par le mal ce soir. Dès qu’on a le ventre plein, John me jette ma veste dans les mains, et on fonce sans tarder à la boîte la plus branchée du quartier. La musique est bonne, les cocktails et les filles aussi, que demander de plus ?! On boit un, puis deux verres. Au troisième, plusieurs filles ont rejoint notre table sans que je me rappelle vraiment pourquoi. Qu’importe. Elles sont belles et souriantes. La musique est forte, et l’alcool me détend déjà l’esprit. Il en faut peu pour faire rire la fille à côté de moi. Je glisse une main sur sa cuisse, et elle se rapproche un peu plus. Son regard ne me trompe pas, et rapidement je comprends que l’on a envie de la même chose. Elle me prend par la main, et j’abandonne John avec les deux autres blondes pour rejoindre la piste de danse. La musique, la lumière, et la fille qui me chauffe à fond, tout ça me fait tourner la tête, et je m’enfonce dans l’ambiance sans retenue. Je me sens enfin bien, enfin léger, enfin libéré de Camille. Je me donne à fond, et bientôt je fais glisser mes mains sur le corps de cette sirène venue comme un miracle. Nos souffles se mêlent, et puis mes lèvres se posent sur les siennes. Je ne retiens pas mes gestes, et elle non plus. On aurait pu continuer sur place, mais elle finit par poser une main sur mon torse en me demandant de continuer chez moi. J’hésite un court instant, parce que je veux tout maintenant, mais je cède rapidement à son regard. Je retourne vers John pour le prévenir, et je constate avec un sourire que les deux filles sont tombées dans ses bras. On se salue, il est content pour moi, je suis content pour lui, et j’entraine la fille avec moi dans la nuit. Elle reste près de moi, on titube et on rigole ensemble. L’ambiance de la soirée m’empêche de penser à quoi que ce soit d’autre, et mon coeur blessé cesse de me faire souffrir pendant un instant.

Quand on arrive à la péniche, j’ai pourtant ce petit pincement. Elle est la première fille que je ramène ici depuis Camille. Est-ce que je fais le bon choix ? Est-ce que c’est vraiment fini avec Camille, comme le prétend John depuis déjà bien longtemps ?

La fille ne me laisse pas le temps de réfléchir, elle m’entraîne avec un regard plein d’envie, et rapidement le désir chasse la tristesse. Elle craque pour la péniche et m’appelle capitaine. Rapidement le jeu devient un rôle, elle est à l’aise et même si tout est venu si facilement, même si je sais que je n’ai rien à attendre de cette fille, j’ai le coeur léger. Je ne veux pas réfléchir comme je l’ai trop fait avec Camille. Je ne veux plus aimer, je ne veux plus m’attacher. Cette fille n’a pas besoin de moi, et je n’ai pas besoin d’elle. On se plait, et c’est tout ce qui compte. Alors en cédant à tous ses fantasmes, je me laisse entraîner complètement et j’oublie tout le reste. La chaleur, l’envie, le contact, le plaisir, c’est tout ce qui compte. Finalement, je me demande ce qui m’a pris si longtemps avant de céder à John. Voilà un bon moment que j’aurais dû m’abandonner de la sorte pour tourner la page. Je me sens enfin bien, même si c’est dans les bras d’une autre. CAmille n’a plus d’emprise sur moi. Enfin, je suis libéré, et pleinement heureux lorsque je m’enfonce dans un nouveau sommeil profond.

… Quand j’ouvre un oeil le lendemain, j’ai la tête dans le cul, vraiment, méchamment. Il me faut quelques secondes avant de me rappeler la soirée que j’ai passé, et quelques instants encore pour me rappeler du prénom de la fille. Elle m’adresse un sourire en constatant que j’émerge, et même sobre je la trouve jolie. C’est plutôt bon signe. “T’as bien dormi ?” Je l‘interroge par politesse, d’une voix encore brisée par le sommeil, mais ça lui plaît visiblement. Elle fait glisser sa main sur mon torse, et le simple contact de ses doigts sur moi est rassurant. J’ai presque l’impression d’avoir retrouvé Camille, mais je m’interdis surtout de penser à elle en me redressant immédiatement quand j’ai cette pensée : “Tu veux un café ?” Je suis presque inquiet de me briser le moral en comparant cette fille à Camille, alors je décide qu’il faut absolument que je trouve une occupation. Pourtant, elle m’ordonne de rester au lit en affirmant qu’elle s’en occupe. Elle m’arrache un premier sourire sincère. Ca lui plaît de jouer la petite femme au foyer, et j’aime ça, surtout le matin. Alors je retombe sur mon coussin en soupirant, et je la regarde enfiler un de mes sweat qui traîne avant de quitter la chambre avec un de ces sourires plein de sens. Cette fille, elle est parfaite pour chasser ma peine de coeur, et je lui suis presque reconnaissant.

Pendant un instant, je suis même heureux, en fixant mon plafond et en repensant à notre soirée. Mais tout à coup, elle m’appelle et me tire de mes réflexions. D’après elle, il y a une meuf qui veut me parler. Je râle en demandant quelle meuf, mais elle l’ignore. A aucun moment, je n’imagine de qui il peut s’agir. J’enfile rapidement un T-shirt et un pantalon, et tout en râlant dans le salon pendant que la fille me fait signe à l’extérieur avec une fausse grimace gênée, j’approche en prenant la tasse de café qui m’attend et je sors en prenant une gorgée. J’ai l’impression de prendre une douche froide et une gifle quand mon regard se pose sur Camille. Elle est là, debout sur le quai, à me fixer bêtement sans un mot, et je lui rend bien la pareille. “C’est ton ex ?” La fille demande d’une voix un peu gênée et amusée en même temps, en chuchotant pour que je sois le seul à entendre. Je reste bloqué un court instant, et quand enfin je décolle mon regard de celui de Camille, je lui répond à peine, évasif. “Euh non, ouais… Enfin..C’est compliqué.” Je soupire et je finis par abandonner ma tasse dans un coin pour aller vers le portail et rejoindre Camille. La fille comprend rapidement, et après un rire rapide, elle retourne à l’intérieur pour s’effacer. “Camille ! Qu’est ce que tu foutais putin ?!” Une fois la surprise passée, je reviens doucement à moi. Tout me revient. L’incompréhension, la douleur, la colère. J’ai enfin la chance de pouvoir demander des explications, alors je m’empresse de la rejoindre pour m’assurer qu’elle ne m’échappera pas. “T’étais où ? Pourquoi tu m’as pas répondu ? Je croyais qu’on était ensemble, hein ??” Mon ton se fait progressivement plus dur, presque agressif sur la fin, et en tout cas très accusateur. Je me retiens de l’attraper par la main parce que j’aimerais la toucher pour m’assurer qu’elle est bien là, mais je suis en même temps trop en colère pour faire preuve du moindre geste d’attention.
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Camille
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Je n’y crois pas. Je fixe la fille avec un air probablement bien ahuri, je ne sais plus quoi faire. Tout ce que j’arrive à bégayer, c’est que je veux voir Samuel. Elle sourit, je le vois d’ici qu’elle se sent fière d’elle. Mais je ne dis rien. Le cœur battant, les poings serrés, j’attends simplement que Sam n’émerge. Il met du temps d’ailleurs, et quand la fille disparaît à l’intérieur de la péniche, j’ai envie de me casser. Le message semble clair, je n’ai plus rien à espérer de Samuel et finalement, je l’ai bien cherché. Malgré tout je reste là, plantée sur le quai, le visage figé dans la surprise d’avoir trouvé une nouvelle fille chez Samuel. Et au lieu de m’en aller, je me laisse envahir par le doute. Qui c’est, celle là ? Depuis combien de temps m’a-t-il déjà remplacée ? J’inspire fort, j’expire, et quand je me décide à tourner les talons c’est Sam qui apparaît.

Il me fixe avec la même tête d’abruti que celle que je dois avoir. Il ne devait pas s’attendre à me voir, surtout maintenant. Je n’ai plus envie de lui parler, j’ai l’impression de perdre mon temps et de lui faire perdre le sien. Comme souvent, j’ai tout gâché. Mais est-ce que je n’avais pas le droit de prendre un moment pour moi après ce qui s’est passé avec Romain ? Je n’ai plus envie de lui expliquer tout ça, pas alors que l’autre dinde glousse alors qu’il fait un pas pour me rejoindre. Je pourrais la flinguer maintenant, rien que pour son rire qu’elle échappe et qui n’a rien d’innocent. Elle, je la déteste déjà. J’aurais presque envie de lui crier dessus, mais je suis sûre que Samuel dirait que c’est parce que c’est elle, maintenant, sa meuf. Mais je ne suis pas jalouse. Presque pas. Peut-être un peu. Mais cette connasse, elle n’a de toute façon pas à s’occuper de ce qui ne la regarde en rien.

Je l’oublie néanmoins quand Samuel s’approche de moi. Séparés par le petit portail qui bloque l’accès à sa péniche, je le regarde d’un œil froid. Masquer l’émotion, fermer le visage. Je ne sais pas ce que j’espérais, mais je suis clairement déçue. Bien sûr que je n’avais pas le droit de lui demander d’attendre indéfiniment après moi, bien sûr c’est moi qui l’ai envoyé chier. Pourtant je ne peux pas m’en empêcher. Je lui en veux. Je lui en veux tellement de ne pas avoir essayé de revenir assez fort pour que je craque, de ne pas avoir attendu un peu plus avant de se jeter dans les bras d’une autre. C’est vrai, j’imaginais qu’il avait plus besoin de moi que ça. J’imaginais le retrouver en colère, mais le retrouver tout de même. Et je me suis lourdement trompée. Blessée, déçue, je me ferme complètement. Je ne sais plus discuter quand mon cœur est trop malmené, alors je joue l’indifférence. « Fallait que je récupère des trucs. Je suis mal tombée on dirait. » Ma voix ne tremble pas une seule fois, et il faut dire que c’est peut-être là mon meilleur talent. Feindre que rien ne me touche alors que je suis ravagée à l’intérieur. Super.

Mon regard se fixe un instant dans celui de Samuel, et j’aimerais tellement qu’il comprenne. Je voudrais tellement qu’il sache lire derrière tout ça, qu’il ne me voit pas encore comme cette connasse qui se fout de tout. Mais il marche, il croit, il ne bronche pas, et c’est sa meuf qui nous interrompt. Elle émerge de la péniche pour l’appeler - capitaine - et lui dire de se dépêcher de la rejoindre. Son intervention m’arrache une grimace dégoûtée que je n’essaie même pas de dissimuler. « Décidément ça marche bien, le coup de la péniche. » Je ne suis qu’amertume. Je ne me souviens que trop bien de cette première nuit passée avec lui, quand il m’a ramenée ici moi aussi. Moi aussi… J’ai envie de vomir en l’imaginant répéter le même schéma avec toutes les autres filles. Et encore plus parce que j’ai marché aussi. Cette conne qui se permet ses interventions avec son air triomphant, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Dissimuler la tristesse, c’est toujours plus facile que la colère. Et cette fille, elle fait trembler mes doigts, serrer mes dents.

Je ne sais plus pourquoi je suis venue ici, alors quand je sens mes yeux s’embuer je sais qu’il est l’heure de partir. Partir, oublier, se reconstruire. Tourner la page, encore. Même si j’aurais préféré ne pas avoir à tourner celle-ci, même si j’ai l’impression d’avoir le cœur en miettes au fond de ma poitrine. Après Romain, après la perte du bébé, il fallait bien une dernière merveilleuse nouvelle. Jamais deux sans trois, comme on dit. Je n’arrive plus à supporter le regard de Samuel sur moi, qui cherche des réponses, qui insiste toujours un peu plus. Mais je dis non. J’en ai marre de prendre des coups. Il avait promis qu’il ne me briserait jamais le cœur, il a foiré. Carrément même. C’était plus facile avant, quand je ne me laissais pas attraper. Quand on ne s’attache pas on ne souffre pas, point final. Et c’est bien ce que je compte recommencer à faire. Un dernier regard, quelques mots pour dire que je me casse, et je tourne les talons.

J’essaie du moins. Je n’ai pas fait un pas que la main de Samuel attrape mon bras. Ses doigts se referment avec force sur les bleus qui n’ont pas encore guéri, bien cachés sous mes vêtements. Ceux qui - j’en ai l’impression - ne guériront jamais tout à fait, comme si les marques n’allaient jamais réellement disparaître. Il ne savait pas, peut-être qu’il ne voulait pas faire mal, pourtant je plie instantanément. « Aie ! » Ça m’échappe comme une révélation, un mot lâché que j’aurais préféré garder pour moi. J’aurais voulu serrer les dents plus fort et faire comme si je n’avais rien senti. Pourtant la peur me fait céder tout de suite au contact de Samuel. Peur cachée, que j’ignorais encore jusqu’à maintenant. Peur que tout cela recommence, peur d’être encore trop faible. Je me laisse attraper, je me jetterais presque à genoux pour qu’il me lâche. Évidemment, le caractère, la fierté m’empêchent de me soumettre littéralement. Pourtant ils n’empêchent pas mes yeux de changer de teinte. Et c’est un regard effrayé qui croise celui de Samuel.
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Samuel
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Après une parfaite idylle de plusieurs mois avec Camille, celle-ci n'a plus donné signe de vie pendant plusieurs semaines malgré les appels et les visites de Sam. D'abord profondément amoureux, celui-ci a le cœur brisé par cette soudaine disparition inexpliquée et son meilleur ami décide de l'aider à tourner la page pour avancer.


Michael Mando © La Volpe

C’est avec colère que j’ai abordé Camille. Si j’étais au fond du trou et en pleine incompréhension hier, j’ai finalement décidé de tourner la page. Cette fille si extraordinaire qui m’a fait rêver d’une vie à deux, elle ne m’enchante plus comme la sirène qu’elle aurait pu être avant. Désormais, quand je pose les yeux sur son visage fermé mais toujours beau, la vision ne m’inspire rien de plus qu’un pincement au coeur en souvenir de l’abandon soudain que j’ai subi. Pourtant, maintenant que je la vois là, en face de moi, et que je croise son air mécontent, j’ai envie de savoir. Je n’ai plus peur de m’entendre dire que j’ai foiré. J’ai tout fait pour la ramener à moi, pour me rattraper si j’avais bel et bien fait une erreur. Camille ne m’a laissé aucune chance, et c’est maintenant de sa faute si nous en sommes là. Je ne me sens plus coupable comme les semaines qui ont suivi sa disparition, et maintenant il ne reste que l’amertume. D’ailleurs, lorsqu’elle affirme qu’elle ne fait que passer rechercher des affaires, je ne peux pas m’empêcher de serrer les dents. Alors quoi ? Elle ignore tous mes messages, toutes mes visites, mais elle fait l’effort du déplacement pour un t-shirt ou une culotte oubliée ?! Alors je sens l’agacement monter. “J’ai rien retrouvé à toi. T’as du te planter.” J’imagine que mon ton sec va la refroidir, mais c’est bien l’inverse qui se produit. Elle surenchérit en déplorant la présence de l’autre fille. Évidemment, ça n’aide pas à calmer tout le monde lorsqu’elle me demande de la rejoindre rapidement. Je ne lui accorde pourtant pas un regard, trop occupé à jeter un air furieux à Camille qui se moque avec méchanceté. Je ne crois pas qu’elle ait quelque chose à dire au sujet de ma péniche. Cette fille n’aurait jamais été là si Camille ne s’était pas enfuie sans explications. “C’est quoi ça ? T’es jalouse ?! Après ce que tu m’as fait ?” Je rêve, c’est carrément la colère qui me fait parler alors que je montre clairement des signes d’agacement cette fois. Il n’est plus question de contrôle. Puisque Camille s’est cru tout permis, je m’autorise moi aussi à régler mes comptes. Je n’ai aucune leçon à recevoir d’elle, et sa tentative pour me faire culpabiliser m’insupporte. Comme me l’a déjà dit et répété mon meilleur ami trop de fois, j’ai assez souffert à cause d’elle. Je ne veux plus avoir à la supporter plus longtemps.

Elle semble le comprendre par elle-même d’ailleurs, puisqu’elle marmonne à peine une phrase pour m’informer qu’elle s’en va, et elle tourne les talons. Pour moi, c’est la fuite de trop. Elle vient devant chez moi pour me provoquer, me critiquer, et elle repart sans un mot sur son comportement d’avant. Aussitôt, mon coeur bondit quand je la vois me tourner le dos. Hors de question de la laisser me maltraiter ainsi une nouvelle fois. “Camille !” Maintenant que je sais à quoi m’attendre avec cette fille, maintenant qu’elle m’a brutalement ramené sur Terre et que je ne m’attends plus à traiter avec une princesse tout droit sorti d’un conte, je m’empresse de la rattraper sans retenue et je lui empoigne le bras pour la stopper dans sa fuite. Je ne sais pas vraiment pourquoi je ne la laisse juste pas fuir et sortir de ma vie une bonne fois pour toute, sans faire davantage de scènes, mais je la trouve terriblement injuste avec moi. Trop, injuste. C’est pour ça, poussé par la révolte, que je décide d’interrompre sa fuite. Je n’ai pas été particulièrement violent dans mon geste, juste un peu hâtif pour l’empêcher de m’échapper tout à fait. Pourtant Camille pousse un cri, se retourne, se tord et me jette un regard suppliant. Immédiatement, sous la surprise, je la relâche, stupéfait de l’effet que ma poigne à sur elle. Je pense pourtant avoir maîtrisé ma force, et quand la surprise de sa réaction est passée, je fronce rapidement à nouveau les sourcils. “C’est quoi ton problème avec moi Camille ? Qu’est ce que je t’ai fait pour mériter ça ?” Une question restée sans réponse à ce jour et qui a hanté mes nuits et mes journées pendant longtemps. Aujourd’hui, je suis bien décidé à ne pas en démordre avant d’avoir eu ma réponse, qu’importe si elle me fait la scène de la victime, je reste insensible à son cinéma, parce que je ne veux plus me faire avoir.
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Un regard et Samuel lâche mon bras. Je ne sais pas pourquoi j’en suis étonnée, il a toujours été respectueux et attentionné. Brusquement, j’aimerais que rien de tout cela ne soit jamais arrivé. J’ai envie de me jeter dans ses bras, de le serrer contre moi pour qu’il ne me repousse pas. Il me manque. J’ai besoin de lui, je l’aime si fort. Il crie et mon cœur se serre alors qu’il demande ce qu’il a fait. C’est injuste de lui faire payer les erreurs d’un autre, pourtant je ne sais pas ce que je pouvais faire d’autre. Faire face à son regard si j’étais revenue à lui toute tremblante et couverte de bleus ? Jamais. J’aurais tout donné pour qu’il ne me voit pas aussi vulnérable, aussi démolie. Il faut croire que notre relation était le prix à payer. Je ne sais pas si je regrette, je ne sais plus. Face à lui, je ne sais pas quoi faire. Je soupire, fuyant son regard. « T’as rien fait. J'aurais pas dû venir… » Ma voix se brise. J’aimerais ne pas avoir à lui raconter, mais je vois dans ses yeux qu’il ne me laissera pas m’en sortir comme ça. Pas après tout ce que nous avons vécu. Alors je me mords les lèvres. Les mots ne me viennent pas pour raconter ce qui s’est passé, je sens mes doigts trembler alors je les fais craquer pour me donner du temps. Une toute petite seconde pour inspirer, trouver par où commencer. « J’me suis battue avec Romain. » Ça c’est fait. Mais ce n’est pas le plus difficile à avouer. Si j’en étais simplement venue aux mains avec mon ex, peut-être que j’aurais pu assumer quelques bleus sur mon corps. J’aurais peut-être aimé voir Samuel s’énerver et l’entendre jurer qu’il allait le passer à la moulinette. Si seulement il n’y avait eu que ça.

J’essaie de ne pas prêter attention à la réaction de Samuel parce que je n’arriverai pas à continuer sinon. J’ai peur, et devoir tout lui raconter sur le pont devant sa péniche ne fait que retourner le couteau dans la plaie. Je fixe mon regard sur les remous de la Seine, y cherchant une forme d’apaisement. Ma main glisse sur mon ventre, des larmes me montent aux yeux. « Mais j’étais enceinte. » J’entends ma voix faible avouer d’un ton rauque la vérité à Samuel. Un rire nerveux m’échappe, brisé par un sanglot retenu. Ce n’est pas le moment de pleurer, pas devant Samuel, plus maintenant. Tant de choses gâchées pour un instant que Romain m’a volé, je ne peux pas y croire.

Alors que mes yeux se voilent un peu plus, la colère monte en moi. J’essaie d’inspirer pour me calmer, mais Samuel cherche des réponses qui sont trop dures à donner. Ma peine est trop récente. Un simple mouvement de sa part et j’explose, plus capable de contrôler le désespoir qui ravage mon cœur. Brusquement, mes yeux retrouvent ceux de Samuel. « J’ai perdu le bébé avant même d’avoir pu te le dire. Je voulais pas que tu me vois comme ça, je voulais… » Être plus forte que ce que je suis réellement ? Prouver que je n’avais besoin de personne ? Qu’il me croit parfaitement indépendante ? Je ne sais même pas ce que je voulais vraiment. Je sais juste que j’avais ce besoin intense de me replier sur moi-même, d’arrêter de vivre un peu pour me retrouver. Mes mots se perdent dans mes pensées confuses et j'essuie rageusement les larmes qui se sont mises à couler sur mes joues. Je ne sais plus quoi dire mais à présent, j’ai dit l’essentiel et Samuel ne pourra plus me reprocher d’avoir disparu sans explications. Je suis fatiguée maintenant, et une nouvelle fois, j’essaie de m’enfuir. Parce que je ne veux pas avoir cette discussion avec Samuel, et surtout pas ici, maintenant, et avec sa nouvelle copine qui traîne à côté dans sa péniche.


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J'ai 30 ans et je vis à Paris, France. Dans la vie, je suis fêtard et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance (malchance), je suis en couple (ou pas ?) et je le vis plutôt pas bien.

Après une parfaite idylle de plusieurs mois avec Camille, celle-ci n'a plus donné signe de vie pendant plusieurs semaines malgré les appels et les visites de Sam. D'abord profondément amoureux, celui-ci a le cœur brisé par cette soudaine disparition inexpliquée et son meilleur ami décide de l'aider à tourner la page pour avancer.


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Une nouvelle fois, comme toutes les précédentes, Camille refuse ma demande d’explications. Elle est fuyante, gênée de toute évidence, mais cet abandon soudain a été trop douloureux pour que je la laisse filer. Elle a décidé de reparaître brusquement quand j’avais enfin tenter de tourner la page, et elle me blâmait pour ça. C’est carrément injuste. Alors maintenant, c’est à mon tour de blâmer. “Ouais, tu aurais pas dû venir. Si tu veux plus de moi, au moins vient pas remuer le couteau dans la plaie en me reprochant d’essayer de t’oublier !” Je n’aurais pas voulu avoir ces mots. J’aurais préféré la supplier de rester, de me pardonner ce qu’elle me reprochait et qu’elle refusait de me dire par la même occasion. Mais la rancoeur est là, trop forte, elle parle à ma place et au fond j’espère que mes mots la blesseront comme les siens me blessent. Avec Camille, ça n’a pas été facile de tourner la page, bien au contraire. J’ai bien envie de lui raconter l’enfer par lequel elle m’a fait passer, mais au fond je ne veux plus perdre mon temps avec elle. Je veux juste qu’elle s’en aille.

Alors je lâche l’affaire, en espérant que l’amertume passera le jour où je retrouverai quelqu’un d’aussi belle et sauvage qu’elle. Puisqu’elle ne veut plus m’honorer de sa présence, je préfère la chasser pour de bon. Et je m’apprête à lui tourner le dos quand soudain elle lâche une bombe. Elle s’est battue avec Romain. Immédiatement, c’est plus fort que moi, je redresse la tête pour porter un regard inquiet sur Camille. Elle n’ose pas me regarder en retour, et je devine qu’elle n’a pas fini de parler, alors même si l’envie de demander des détails me prend violemment, je me retiens de justesse. Mon coeur bat soudainement plus fort, parce que cet ex violent et méchant, je vois très bien de qui il s’agit, et je regrette soudainement de ne pas lui avoir éclaté sa petite tronche prétentieuse plus tôt. Et puis, pendant le court silence de Camille, je soupçonne qu’elle cache encore quelque chose. Au fond, une petite voix médisante se demande en moi si Camille n’a pas mérité cet affrontement. Elle est têtue, trop parfois, et elle a peut-être dépassé les bornes. Elle en est capable.

Quand sa voix résonne à nouveau dans mes oreilles, c’est mon coeur qui s’arrête et mon monde qui s’effondre. Enceinte ? De moi ? Elle ne l’est plus ? Pourquoi elle ne m’a rien dit ? Est-ce que l’enfant n’est pas de moi ? Mon cerveau a du mal à recevoir les informations. Trop de questions découlent de cette information, et je dois faire une grimace bizarre parce qu’il ne faut pas longtemps à Camille pour rajouter quelques mots qui m’achèvent. Elle craque, et ses larmes appellent les miennes. Mon air ahuri fait place à un air perdu mais sans colère. La détresse de Camille provoque la mienne alors que tout devient clair avec cette dernière pièce du puzzle. J’imagine la colère, la douleur et la solitude qu’elle a dû affronter, et même si je ne pouvais pas deviner, je m’en veux de lui en avoir voulu. Je m’en veux d’avoir laissé mes amis cracher dans son dos pour me remonter le moral, je m’en veux tout simplement de ne pas avoir été là. J’échappe quelques larmes seulement, mais je suis incapable de les retenir. J’hésite un court instant parce que je ne veux rien imposer à Camille, mais j’imagine que si elle est ici, ce n’est pas par hasard. Alors avec une douceur infinie, je glisse mes bras autour d’elle, et quand sa joue frôle la mienne, je murmure doucement de ma voix la moins cassée possible : “Pardonne-moi…” Et comme un idiot, je pleure avec elle, en la serrant pour ne plus jamais la laisser partir. Je ne sais pas combien de temps passe. De longues minutes sans doute.

Et quand enfin le choc du deuil est passé, je redresse doucement la tête, soudainement épuisé d’avoir vidé mon sac comme ça. On a l’air bête avec nos yeux rougis et nos reniflements, mais je me sens mieux de comprendre enfin et de partager à nouveau ma vie avec Camille. “Tu n’as pas besoin de garder ça pour toi.” Je lui fais remarquer, sans fermeté, d’une voix douce et compatissante. Je ne lui reproche pas d’avoir pris son temps, mais je l’encourage à ne surtout pas se replier sur elle-même maintenant qu’elle m’a tout dit. “Viens.” Je la prends par la main, et même si je sais qu’elle risque de me résister à cause de l’autre fille, j’insiste. L’autre je la salue d’un geste de la tête. “Tu devrais partir, s’il te plaît.” Je reste poli, mais ferme. Je serre Camille contre moi parce que je la sens fléchir, et la fille ne demande pas son reste. Elle comprend que quelque chose se passe, et qu’il ne serait pas intelligent de se rajouter à la peine. Je lui adresse un regard reconnaissant, et elle disparaît comme elle est venue. “J’aurais aimé être là...j’aurais du être là…” je recommence à l’attention de Camille. “...alors laisse moi t’aider maintenant...s’il te plait..?” Je pose sur elle mon regard le plus compatissant et le plus supplicateur. Je veux vraiment faire quelque chose pour elle. Tout. N’importe quoi. “Dis moi ce dont tu as besoin.”
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