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 Quand le sabre danse avec le renard

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Columbine
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Le contexte du RP
Mise en situation


   
La situation

Japon
An 1478, époque Sengoku


Les guerres d'Ōnin se sont achevées et, désormais, les clans ont plus de pouvoir que jamais sur les territoires qu'ils occupent. En parallèle de cet univers, les Yōkai et différents esprits cohabitent avec l'Homme. Tapis dans l'ombre pour certains, déchainant leur malice pour d'autres, ces esprits existent même si beaucoup d'hommes ne veulent pas croire à ces contes.

Pourtant, c'est un duo peu ordinaire qui parcourra le Nippon, reliant alors le monde des hommes et celui des esprits plus que jamais ...

C'est ici que commence l'histoire d'un rōnin et d'un kitsune...

   
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Akemi
J'ai 120 ans et je vis à Ogano, au Japon. Dans la vie, je suis un kitsune et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à mon pouvoir spirituel, je suis transformée en humaine et je le vis plutôt bien.

J'ai tourmenté le village d'Ogano depuis des années et des années. J'ai volé des objets aux habitants, je les ai terrorisé la nuit et bien d'autres choses.
Un chasseur m'a blessé avec une flèche d'argent, mettant ma vie en danger mais un ronin m'a sauvé. Depuis, je l'accompagne pour lui payer ma dette de vie.
Pour prendre forme humaine, j'ai possédé le corps d'une jeune femme mourante dans un village voisin. Son esprit cohabite encore avec le mien dans ce corps, ce qui n'est pas toujours simple.
A l'origine, j'ai l'apparence d'un renard blanc aux yeux dorés mais mes pouvoirs me permettent de contrôler partiellement la forme que je peux prendre aux yeux des humains.


avatar :copyright:️ Ryougi Shiki de Fate/Grand Order


Une jeune femme au teint blême était allongée sous une épaisse couette. Sur elle, un homme était penché, l'air grave. Il plongea ses mains dans un seau rempli d'eau et déposa un tissu sur le front de la malheureuse. Il se redressa et s'avança vers la porte de la chambre. Une femme l'attendait, dont la fatigue avaient étiré les traits. L'homme, d'un certain âge, échangea un regard résigné avec elle et quitta la pièce. Elle le suivi tandis que des larmes commençaient à rouler sur ses joues. La porte se referma et la pièce fut silencieuse.

Seule la respiration de la jeune femme venait rompre ce silence. Une respiration difficile. Elle exhala un gémissement plaintif, presque douloureux à entendre. De l'autre côté de la fenêtre, un esprit observait la scène, attendant son heure.

...

Je me tenais dans l'ombre d'un arbre, discrètement. Avec la plus grande précaution, je me faisais aussi légère que possible à chaque pas que je faisais. Ce n'était pas chose aisée : ce corps me paraissait aussi lourd que celui d'un géant de pierre. Il me faudrait certainement encore un peu de temps pour m'y habituer et retrouver une certaine agilité. Pour le moment, je faisais régulièrement craquer des branchages et des feuilles sous mes pieds

Ce n'est pas le tien !

Silence.

J'ordonnais intérieurement à cette voix de se taire. Pourtant, celle-ci avait raison. Ce corps n'était pas le mien. Sous ma véritable apparence, j'étais aussi rapide que le vent et aussi légère que l'air. Je pouvais me rendre effrayante pour semer la peur dans le cœur de mes cibles. La plupart du temps, les hommes m'apercevaient sous la forme d'un renard au pelage blanc immaculé. Mes yeux étaient d'or et complétaient ce tableau presque irréel.

Si j'avais quitté cette forme si agréable à vivre depuis maintenant plus d'un siècle, c'était pour lui. Cette homme que je filais à travers la forêt. Je l'avais observé pendant un temps afin d'en savoir un peu plus sur lui. Puis, j'avais compris qu'il était temps pour moi de sortir de l'ombre. Il me semblait qu'il n'allait guère s'attarder dans cette campagne. Je serais alors tourmentée de ne pas avoir aidée cette homme à la hauteur de son geste, chose ironique pour un kitsune qui était bien plus connu pour tourmenter l'espèce humaine que l'inverse. Aujourd'hui, j'avais donc décidé de le suivre sous cette apparence fraichement acquise. Le tissu qui recouvrait mon enveloppe charnel s'accrochait à l'écorce des arbres derrière lesquels je me dissimulais. De temps à autre, j'osais me pencher pour être sûre de son trajet. Il se dirigeait vers la chute d'eau d'Ogano. Le cours d'eau qui traversait le village prenait sa source à cet endroit. Bien qu'apprécié des villageois, cet endroit était toujours peu fréquenté de part le chemin à travers bois qu'il fallait emprunter pour y accéder. Et, je n'étais pas étrangère à ce manque de fréquentation. Mes tours en avaient effrayé plus d'un, si bien que certains osaient dire que la forêt était hantée par un esprit malfaisant et malicieux.

Cette homme, lui, n'avait pas peur. Je le sentais. Je le savais. La peur avait une sorte d'odeur que je ne pouvais pas manquer. Cela me fascinait d'autant plus puisqu'il était le premier que j'avais vu depuis bien longtemps à oser s'aventurer ici sans crainte. Encore quelques minutes et nous serions bientôt arrivés à destination.

...

La nuit était tombée comme un voile sur ce petit village perdu. L'esprit qui avait patienter de longues heures s'immisça dans la pièce tel un courant d'air. Une aura fumante se pencha sur le corps de la jeune femme, toujours allongée et sembla fusionner avec elle en quelques secondes. Une lumière vive enveloppa alors son corps, une lumière presque divine et chaleureuse. Elle se dissipa aussi rapidement qu'elle était apparue. La jeune femme ouvrit les yeux et sembla découvrir la pièce. Le tissu posé sur son front tomba sur la couette alors qu'elle s'était redressée dans un souffle. Elle posa ses mains gracieuses sur ses joues et sembla découvrir son visage pour la première fois. Son teint maladif était devenu pâle comme celui d'une poupée. Ses lèvres roses avaient quelque chose d'envoutant à l'instar de son regard sombre. Elle dégageait un charme indéniable, même par le plus bourru des hommes et la plus jalouse des femmes. Prenant son temps, elle se leva et se tint sur ses deux jambes. Après quelques secondes, elle fit quelques pas dans la pièce. Un sourire un peu malicieux prit place sur ses lèvres. En explorant son environnement, elle découvrit un vêtement à l'odeur agréable de cerisier. C'était le vêtement basique de ces dames. Alors, sans perdre une seconde, elle quitta son vêtement noir et s'enveloppa dans un kimono blanc au pourtour rouge vif. Un obi bleu aux motifs floraux vint maintenir l'habit. C'était de manière tout à fait naturelle qu'elle s'était habillée et pourtant, l'hôte de ce corps venait de le faire pour la toute première fois. Heureusement que cette mémoire des gestes était là.

Tout à coup, des pas se rapprochaient. Une lumière paraissait sous la porte et bientôt, la femme en pleurs un peu plus tôt dans la journée eut l'air complètement abasourdie. Elle repartit en courant, laissant derrière elle une pièce vide dont la fenêtre donnait sur une vaste forêt.


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Houmous
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Kyo Takahisa
J'ai 26 ans et je vis sur les routes japonaises. Dans la vie, je suis rônin et je m'en sors pas très bien. Sinon, grâce à mon sabre, je suis un protecteur et je le vis plutôt bien.
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Le rônin était arrivé quelques semaines auparavant dans ce village. Il n’était pas venu dans une intention particulière mais, suivant simplement son chemin dans l’espoir de trouver où subsister quelques temps avant de reprendre la route, ses pas l’y menèrent par le hasard. En ces temps difficiles, il lui était assez simple de trouver de l’argent mais s’il voulait survivre plus longtemps, la majorité des opportunités qui se proposaient à lui, il se devait de les refuser. Comme son habit pouvait en témoigner, il avait croisé le fer en plusieurs occasions et n’avait réussi à survivre que grâce à sa détermination et son sang-froid. Sur le kimono gris et d’un ouvrage fin, le mon du Seigneur qu’il suivait fut un temps s’était effacé à l’usure comme s’il avait complètement perdu tout lien avec son ancienne vie, plus rangée, de samouraï. Son hakama commençait à s’effilocher et ses geta faisaient peine à voir, il s’avait qu’il était temps pour lui de marquer une véritable halte avant que tout ce qu’il possédait ne lui fasse défaut.

Le jour où il posa le pied sur le petit village de Shinsenkawa, non loin des chutes d’Ogano, il abattit 3 bandits sur les supplications du patriarche du village contre le gîte et le couvert. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il avait fait forte impression de par sa technique de maniement du sabre qui s’apparentait presque à une danse et par son apparence singulière. Il avait des yeux d’un bleu très clair qui rappelaient la couleur d’un ruisseau peu profond, ce qui lui donnait un regard d’où transparaissait un calme froid mais aussi une sorte de mélancolie permanente. De plus, il portait son sabre du côté droit, contre toute forme de convenance. Son origine, mystérieuse, était un sujet largement éludé devant lui mais qui provoquait des discussions longues et inquiètes en privé. Le nom qu’il avait donné pour se présenter était Kyo Takahisa.

Depuis son arrivée, il en avait passé par le sabre une bonne dizaine d’autres brigands qui souhaitaient s’accaparer tous les biens des villageois. En échange de ses loyaux services, on lui avait donné la permission de s’installer quelques temps dans une vieille masure d’un état pitoyable. Il accepta avec joie ce repos qui s’offrait à lui, en faisant preuve d’une humilité surprenante. Il savait que bientôt, le mot se passerait qu’il protégeait ce village et plus personne ne viendrait tenter sa chance pendant quelques années. Il serait alors chassé car sa présence mettait mal à l’aise les villageois et qu’il était une bouche supplémentaire à nourrir qui ne remplissait pas sa part du travail.

Bientôt habillé de nouveaux vêtements qu’on lui avait donné, il prit rapidement ses marques dans les environs et n’écouta pas forcément tous les conseils qu’on lui prodigua. Notamment, il n’hésita pas à aller voir de ses propres yeux les chutes d’Ogano dont on lui avait vanté la beauté longtemps auparavant. Il ne fut pas déçu du voyage lorsqu’il arriva en vue du banc de la rivière qui venait s’écraser en contrebas dans une formidable fontaine naturelle. Bien différemment du village, il pouvait ici trouver un repos incomparable qui s’avérait bien plus nécessaire qu’il ne l’aurait cru après ces longs mois de fuite constante. Prenant l’habitude de faire de longues méditations solitaires près de ces chutes, il s’habitua à l’étrange sensation que lui inspiraient les lieux. Ce faisant, il ressentit en quelques sortes que les lieux s’habituaient aussi à sa présence en leur sein et son silence se mêla à merveille avec la mélodie de l’eau qui transitait en aval.

Un jour durant lequel il marchait en direction des chutes, il fut témoin d’une scène étrange. Un jeune chasseur semblait suivre une piste en direction d’un animal. Quelque chose semblât étrange au rônin dans la situation : que faisait un noble dans une forêt perdue dans la campagne et semblable à tant d’autres ? Il ne savait répondre à cette question mais il sut qu’il devait intervenir sous peine de voir le gibier des environs disparaitre et le village perdre une de ses sources de nourriture potentielle et même essentielle en période de sécheresse.

Qui va là ?!
Oh bonjour monseigneur, dit le jeune homme en voyant le sabre à son côté, peut-être pourriez-vous m’aider ? Je traque une créature rare et intelligente que je suspecte vivre dans ces bois… Auriez-vous eu l’occasion de voir une sorte de renard de pelage blanc et aux yeux d’ambre ?
Vous feriez mieux de partir avant de vous faire chasser par les villageois comme vous chassez le gibier… Les braves gens des environs n’apprécient pas qu’on vienne leur retirer le pain de la bouche.
Je comprends mais j’ai déjà touché d’une flèche la créa-
Dois-je me répéter ?
Non, seigneur… Je m’en vais de ce pas mais vous aurez de mes nouvelles, vous verrez !


Le jeune homme tremblant alors face au ton impérieux du rônin tourna les talons et s’en alla rapidement avec son arc. Le rônin resta les bras croisés quelques minutes en réfléchissant à ce que le jeune homme venait de dire. Y avait-il un gibier si spécial que ça dans ces sous-bois ? Il n’en crut pas un mot : le seul original en ces lieux était cet idiot qui venait chasser le gibier de villageois en disette.  

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Columbine
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J'ai 120 ans et je vis à Ogano, au Japon. Dans la vie, je suis un kitsune et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à mon pouvoir spirituel, je suis transformée en humaine et je le vis plutôt bien.

J'ai tourmenté le village d'Ogano depuis des années et des années. J'ai volé des objets aux habitants, je les ai terrorisé la nuit et bien d'autres choses.
Un chasseur m'a blessé avec une flèche d'argent, mettant ma vie en danger mais un ronin m'a sauvé. Depuis, je l'accompagne pour lui payer ma dette de vie.
Pour prendre forme humaine, j'ai possédé le corps d'une jeune femme mourante dans un village voisin. Son esprit cohabite encore avec le mien dans ce corps, ce qui n'est pas toujours simple.
A l'origine, j'ai l'apparence d'un renard blanc aux yeux dorés mais mes pouvoirs me permettent de contrôler partiellement la forme que je peux prendre aux yeux des humains.


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Je profitais du trajet jusqu'aux chutes d'Ogano pour apprendre à maitriser un peu plus ce corps. Je tentais d'équilibrer le poids de mon corps lorsque je posais un pied sur le sol tapis de divers éléments. Cela me semblait bien compliqué de pouvoir passer inaperçue avec une enveloppe pareille. Et pourtant, il faudrait m'y habituer pour un temps. J'ignorais encore combien de temps cela me prendrait pour payer ma dette et que je ne sois plus tourmentée de la sorte.

Crac.

Je m'immobilisais, espérant qu'il ne m'ait pas entendu.

Laisse moi, va t'en !

Et il fallait que cette voix en rajoute. Je fronçais les sourcils, sachant que la petite voix au fond de moi ne pouvait pas le voir mais le sentir au moins. Ses interventions me déstabilisaient. Je repris alors ma route en m'apercevant que l'homme m'avait légèrement distancé. Je m’exerçais de nouveau à avancer en toute discrétion, espérant que mes maladresses ne trahissent pas ma présence.

Rends moi mon corps, laisse moi rentrer chez moi !

Ça suffit ! Encore un mot et je ne fais qu'une bouchée de ton âme, humaine.

Voilà qui devrait régler nos problèmes pour un petit moment. L'âme semblait être une menace efficace si bien que la voix féminine qui prenait écho en moi était visiblement disposée à ne pas se manifester davantage. Avec toute cette agitation intérieure, je m'aperçus que le fracas de l'eau était perceptible aux oreilles. Je me tenais donc à une distance toujours raisonnable pour ne pas être remarquée. L'homme s'était arrêté tout près. Il paraissait profiter de l'ambiance apaisante de ces lieux et de loin, j'étais presque sûre de le voir se désaltérer.

Mon instinct me dictait de l'approcher, là, tout de suite. Mais, l'hésitation me poussait à rester cachée. N'allait-il pas se douter de quelque chose ? N'allait-il pas trouver cela étrange qu'une jeune femme traine par ici, alors que même les hommes du village craignaient de venir en ces lieux ? Pourtant, il me semblait qu'il ne pouvait pas exister meilleure occasion. Et puis, qui sait quand ce noble ne tarderait pas à revenir trainer dans le coin ! La dernière fois, il en avait fallu de peu pour qu'il mette ma vie en danger. Plus de cent ans d'expérience pour me faire avoir aussi facilement par un novice. Quoi que, il n'avait rien d'un chasseur débutant. Il avait l'air de croire en la présence des esprits comme moi et de les connaitre. En témoignait cette flèche en argent qui m'avait transpercé la cuisse et qui m'avait grandement affaiblie.

Ce jour-là, j'avais bien cru qu'il en serait fini de moi. Je m'étais réfugiée dans le creux d'un arbre, comme la bête blessée que j'étais et priait les dieux pour qu'il ne me retrouve pas. Ses pas s'étaient dirigés à quelques mètres de ma cachette quand cet homme était intervenu. Ce ronin, d'après ce que je savais, avait pris le village voisin sous son aile. Il défendait les intérêts des villageois avec sa lame et maniait son arme avec force et agilité. Je l'avais vu à l’œuvre de mes propres yeux quand j'avais décidé de le surveiller. C'est pourquoi, il avait cru que ce chasseur était un pilleur de gibier, ni plus ni moins. Sans avoir besoin de dégainer sa lame, il était parvenu à le mettre en fuite sans qu'il ne cherche davantage à me retrouver. Je savais qu'il ne l'avait pas fait pour moi, mais bien pour le village. Toutefois, je ne pouvais me résoudre à ne pas saluer son geste. Il avait sauvé ma vie, si simplement, que je me devais de le remercier à mon tour. Les kami ne me pardonneraient pas si je retournais à ma vie passée.

J'avais alors décidé de prendre le corps d'une jeune femme mourante. Bien entendu, je m'étais éloignée du village initial du ronin pour trouver une apparence que personne ne reconnaitrait dans les environs. De cette manière, ce serait plus simple pour moi d'être à son service. Et c'est de cette façon que je me retrouvais là aujourd'hui. Si, nous, les esprits ne ressentions pas les mêmes sentiments que ceux des humains, nous avions tout de même de forts ressentis, comme la reconnaissance. Même un kitsune comme moi ne pouvait pas être insensible.

Alors que je m'étais remémorée le jour de mon sauvetage, j'en venais à penser qu'il serait peut-être préférable d'agir dès maintenant. Avant que cet imbécile d'illuminé (ou pas) ne revienne. Je pris alors quelques instants pour passer une main dans ma courte chevelure brune et ramenait quelques mèches sur le côté gauche de mon visage doux. Il n'y avait pas à dire, j'avais réellement sublimé ce corps ! J'avais déjà entendu parler des apparences envoutantes qu'avaient pris d'autres esprits avant moi mais je n'étais pas mécontente de mes pouvoirs. Un sourire suffisant aux lèvres, je lissais mon kimono et m'avançais en direction de la cascade où s'était installé le ronin. Je pris la peine d'être discrète,- du moins, autant que je le pouvais- pour m'approcher de lui. Il subsistait en moins un peu de malice qui me poussait à créer la surprise chez lui. Je n'y pouvais rien : je restais un kitsune après tout et ce n'était certainement pas un siècle de mauvais tours que j'allais pouvoir abandonner aussi facilement. Mes pas me rapprochaient de plus en plus de lui et je parvenais presque à ne faire craquer aucune brindille. Il semblait ne pas m'avoir encore repéré alors que j'arrivais à seulement cinq mètres de lui. Il me tardait de voir s'afficher la surprise sur son visage. Et, pour la première fois, je sentais le cœur au fond de ma poitrine battre un peu plus vite. Etait-ce cela que l'on appelait l'excitation ?

Mon cœur semblait cogner contre ma peau et retentir jusqu'au bout de mes doigts. Je me tenais maintenant à côté de lui, silencieusement. Et sans un bruit, je ne fis rien d'autre que le fixer, d'un regard indescriptible. Quand allait-il enfin me remarquer avec cet once de frayeur dans le regard ?



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Le rônin s’était accroupi au pied de l’eau, assis sur ses genoux et les mains posées dessus. Il avait fermé les yeux après avoir passé les mains dans la source et pris de quoi se désaltérer après cette marche. Il prit un instant avant de lâcher un long soupir, presque imperceptible durant lequel il vida ses poumons. S’il pensait initialement pouvoir profiter encore du calme ambiant et régulier du flot fluvial, il avait bien remarqué qu’il était suivi. Les craquements de branchages et les battements de cœur qui trahissaient l’excitation enfantine l’avaient alerté. Encore quelques secondes et je devrai reprendre ma route comme chaque fois, pensa-t-il concernant le bruit de la personne qui s’approchait, et c’était le cas de le dire, à pas de loup. Il attendit, patiemment, ne laissant aucun signe trahir la connaissance qu’il avait de la présence de son adversaire. Plus le bruit approchait, plus il se comprit que quelque chose n’allait pas. Les assassins ne sont pas si bruyants que ça quand ils approchent de leur cible… Ce ne pouvait être un de ceux qui suivaient sa piste comme la meute d’un chasseur de cerf.

Lorsqu’elle se trouva à quelques mètres de distance, il ouvrit un œil et observa la jeune femme qui s’approchait lentement. Son regard la fit stopper net : c’était plus le regard d’un prédateur qui est approché alors qu’il se repose que celui d’un homme dont l’air trahit la surprise. Bientôt, cet aspect sanguinaire et implacable laissa la place à une émotion plus calme et douce, une sorte de mélancolie qui était absolument retranscrite par son iris d’un bleu délavé. Il suspendit de nouveau son regard comme une sorte d’approbation. L’animal était partit et avait laissé sa place à un homme plus ou moins civilisé. Il se leva doucement et prit le temps, sans lui tourner le dos, d’ajuster sa posture, sa tenue et de glisser son fourreau dans son obi.

Il lui offrit enfin l’attention qu’elle semblait attendre de lui, la scrutant rapidement pour caractériser au mieux la personne qu’elle pouvait être et savoir à quoi s’attendre la concernant. C’était une jeune femme, certainement une paysanne des environs. Elle était plus petite que lui de peut-être une demi-tête et elle avait l’air menu comme quelqu’un qui n’aurait pas mangé énormément ces derniers jours voire ces dernières semaines. Elle ne semblait pourtant pas en mauvaise santé, il pouvait le dire à ses yeux desquels pétillaient littéralement la vie et l’espièglerie. Ah ! Que la vie de paysan devait être douce, se dit-il lorsqu’il comparait les visages ternes et contrits des nobles et des citadines du même âge qu’il avait eu l’occasion de rencontrer durant son voyage. Repensant ensuite aux nombreux bandits qui proliféraient dans la région et à l’absence de tentative de protection des commissaires et miliciens des grands seigneurs à leur égard, il se ravisa de cette idée et de ce fantasme qui l’avaient pris soudainement.

Ne sais-tu pas qu’il est dangereux d’aller aux chutes d’Ogano ? Ta famille sait-elle au moins que tu te trouves dans un lieu réputé si dangereux ?

On lui avait raconté qu’une créature monstrueuse y hantait les bois proches et qu’elle s’attaquait à quiconque avait l’audace de venir fouler du pied son territoire. Les villageois lui avaient déjà raconté toutes sortes d’histoires farfelues sur un esprit malin, un yokai, qui y serait rattaché.

La première racontait que c’était le fantôme d’une ancienne princesse qui s’était tuée en sautant des chutes qui rôdait notamment la nuit tombée. Dans l’histoire de cette jeune femme, elle se serait jetée du haut de la falaise pour s’épargner de devoir être l’épouse d’un seigneur de guerre qui aurait tué son fiancé et aurait fait jeté sa dépouille dans les chutes.

D’autres disaient que c’était le fantôme d’une sorcière connue uniquement sous le surnom d’Obaba qui hanterait les bois depuis plus d’un siècle après avoir été trahie par un samurai. Celui-ci ne l’aurait pas dûment payé contre un sortilège qu’elle aurait lancé pour son bénéfice et elle l’aurait maudit, causant sa mort dans un accident tragique de chasse. Bien entendu, l’administrateur de la région aurait fait brûler la sorcière mais elle aurait promis de revenir pour se venger de tous ceux qui lui avaient causé du tort.

Les histoires qui tournaient autour des animaux sauvages des environs étaient aussi légions à ce qu’il avait pu comprendre. L’étrange créature tourmenteuse des bois d’Ogano serait tour à tour un loup blanc, un sanglier enragé ou même un ours d’une taille innommable qui reviendrait à intervalle régulier plus près du village de Shinsenkawa pour y piller des ressources et combler sa faim infinie. Il fallait avouer que les récents événements semaient le doute dans les certitudes bien établies du rônin qui pensait que ce genre de contes n’avait que rarement des fondements réels…

Alors ? Je t’écoute, que puis-je pour toi, jeune femme ? Je ne pense pas t’avoir déjà vue, de quelle village viens-tu ?

Il observa un peu plus la posture qu’elle adoptait à son égard, se demandant finalement s’il l’avait effrayée par sa prudence et son esprit guerrier. On lui avait appris à savoir se tenir en toutes circonstances mais les récents événements de sa vie le poussaient à la plus grande prudence...

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Pour prendre forme humaine, j'ai possédé le corps d'une jeune femme mourante dans un village voisin. Son esprit cohabite encore avec le mien dans ce corps, ce qui n'est pas toujours simple.
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Mon cœur cessa de marteler ma poitrine lorsque je croisais le regard bleuté de l'étranger. Il semblait avoir reçu la bénédiction d'un esprit de l'eau, si bien que ce dernier avait choisi de le marquer dans ses iris. Cette homme devait donc être aussi fort que les vagues et cela expliquait aussi le fait qu'il se soit fait le protecteur de ce village. Les protégés de l'eau étaient, pour la plupart, des êtres altruistes et en quête perpétuelle d'aide à apporter aux autres. Je ne le découvrais qu'à présent puisque c'était la première fois que je l'approchais d'aussi près. Je ne sentis aucune peur dans son regard, ni aucune surprise. En revanche, je le sentais me scruter comme pour savoir si je représentais une menace ou non. Comme si nous étions deux espèces animales différentes, cherchant à doser son vis-à-vis avant de s'abreuver en toute tranquillité, non loin l'un de l'autre. Je trouvais cela intéressant. Bien que je me sois présentée sous une autre apparence que la mienne, je sentais pour la première fois que nous étions sur un même pied d'égalité. Cela me coûtait quelque peu de me ramener au rang d'un simple humain. Sans les mépriser, il fallait dire que l'espèce humaine était faible : la preuve en est le corps que je possède. Nous, esprits, ne craignions pas les maladies.

Je finis par déceler une forme d'apaisement en lui. Il semblait se relâcher, comme s'il était convaincu qu'il n'avait rien à craindre de moi.

"Si tu savais réellement ..." pensais-je, malicieusement.

J'en profitais pour l'observer davantage, le temps qu'il se redresse et adopte une posture plus étudiée. Sa barbe lui conférait un air quelque peu négligé. En revanche, ses vêtements appuyaient l'idée qu'il ne faisait que vivre simplement, sans aucune richesse matérielle. Il me semblait que c'était là tout à son honneur. A son tour, il me scruta sans s'en cacher. Mes yeux n'étaient pas à la même hauteur que les siens, si bien que cela me forçait à légèrement pencher la tête en arrière pour pouvoir soutenir son regard. D'un point de vue extérieur, je devais avoir l'air d'une jeune femme quelque peu effrontée, qui osait soutenir le regard d'un homme sans ciller. Ses cheveux étaient rassemblés pour former une sorte de queue que je trouvais amusante. La plupart des villageois avaient les cheveux courts ou n'étaient dotés d'aucun poil sur la tête. Je n'étais donc pas habituée à voir un homme avec d'aussi longs cheveux, l'apanage des samouraïs. Son visage avait l'air quelque peu fatigué. Non, ce n'était peut-être pas ça. De la tristesse ? Non, il ne pleurait pas non plus. C'était un sentiment qui m'était étranger. J'avais déjà entendu à quel point les humains pouvaient faire face à des états d'âme complètement imprévisibles. Peut-être en était-ce un ? Abattement ou mélancolie, qu'ils appelaient ça.

Soudain, sa voix grave nuancée d'une sorte de réprimande déguisée me fut portée aux oreilles par la légère brise qui me chatouillait la nuque. Il avait tout l'air de me voir comme une enfant. Alors que ce corps semblait avoir déjà plus de vingt ans. Mes courbes féminines étaient bien formées mais il ne semblait pas s'y être intéressé pour juger de mon âge. Naturellement, je tournais mon regard vers l'eau qui s'écoulait devant moi et pris soin de m'accroupir en ramenant mon vêtement derrière mes genoux. J'imitais ce geste des humains que j'avais vu faire et joignis mes deux mains pour former un bol. Je les plongeais dans l'eau et les portais à ma bouche pour me désaltérer. Je laissais retomber ce qu'il me restait entre les mains dans le flot incessant qui se fracassait près de nous. Puis, d'une voix assurée et aussi douce que possible, je lui répondis enfin.

« Il n'y a que les idiots pour craindre une forêt et ses dangers imaginaires. Je ne suis pas plus en danger que vous ici. »

Je me redressais gracieusement, avec toute l'élégance dont j'étais capable. Je lui adressais un sourire charmeur.

« Il n'y a pas plus de sorcière vengeresse que de princesse tourmentée ici, croyez moi. »

" En revanche, ce qu'il y a, c'est une renarde et pas plus loin que sous ton nez, hihi ! "

" Que comptes-tu faire à cet homme ?! Ne lui fais pas de mal ! "

" Idiote ! Je ne compte pas le tuer, ni le manger. Calme toi un peu. "

Malgré moi, je venais de froncer les sourcils en participant à cette courte joute verbale intérieure. Lorsque je m'en aperçus, je retrouvais aussitôt une expression plus naturelle et amicale. J'espérais qu'il ne remarque rien mais sa perspicacité me laissait croire le contraire. Je m'étais rendu compte qu'il semblait avoir détecté ma présence près de lui depuis plus longtemps que je ne l'avais prévu. Il prit de nouveau la parole, sans rien laisser paraitre dans ses propos. Je fus soulagée intérieurement et à la vitesse d'un éclair, je réfléchis à la réponse que je pouvais lui apporter. Auparavant, j'avais déjà peaufiné quelques idées de vie pour ma personne avec quelques éléments précis. L'occasion de m'en servir venait de se présenter. L'air innocente, j'admirais mon reflet dans l'eau en jouant avec une mèche de mes cheveux.

« Je ne cherche rien de particulier. A vrai dire, je souhaitais m'approcher des chutes au moment où je vous ai vu emprunter le même chemin que moi. J'ai préféré me tenir éloignée pour vous observer et m'assurer que vous n'étiez pas un pilleur ou un voleur déguisé. »

J'emplissais mes poumons de l'air frais que nous apportais les chutes et croisais le regard du ronin. Il semblait attentif à mes paroles. Je marquais une pause avant de reprendre mon récit.

« Il est normal que nous ne nous soyons jamais croisés. J'ai quitté le village d'Ogano depuis maintenant trois ans. Je suis revenue seulement aujourd'hui et je tenais à revoir les chutes que j'aime tant. »

Je pointais du doigt un rocher qui trônait là depuis des années, érodé par l'eau.

« J'avais pour habitude de m'installer ici avant. »

Sans faiblir, je tenais mon rôle à la perfection. Tout concordait et semblait plus que crédible. Il me semblait que justifier une absence de trois années me permettrait de faire passer l'idée que certains villageois m'avaient oublié et ne me reconnaissaient donc pas. Je veillais à chaque détail, tenant à ne faire aucun faux pas. Mon récit terminé, je me réinstallais à genoux près du cours d'eau avec élégance et trempais une main pour la porter à mon visage. Cela me rafraichissait et était tout bonnement agréable. Avant qu'il n'ait le temps de me parler de nouveau, j'amorçais un nouveau sujet pour lui donner l'opportunité d'être plus amical envers moi.

« Je reviendrais plus tard si ma présence vous gêne. Même si, j'ai beaucoup entendu parler d'un homme maniant le sabre comme personne et qui protège le village depuis quelques temps maintenant. J'étais curieuse de le rencontrer. Ne serait-ce pas vous ? »

Je savais flatter et ne m'en privais pas. La flatterie fonctionnait chez la plupart des hommes et apportait toujours de bons résultats. Je tournais la tête dans sa direction, attendant sa réaction avec impatience.


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Kyo Takahisa
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Le rônin la regarda et l’écouta attentivement pour ne rater rien de ce qu’elle communiquait. Plusieurs choses dans son récit semblaient étranges mais il préféra ne pas les relever oralement. Son instinct lui hurlait que quelque chose ne convenait pas dans ce qu’elle énonçait chaque fois qu’elle ouvrait la bouche mais il se trouvait être fort mal placé pour faire la morale en ce qui concerne le fait de mentir. Après tout, il était connu ici sous un nom qui n’était pas réellement le sien dans le simple but de ralentir les recherches de ses poursuivants. En y pensant, il finit par se dire que peut-être il n’était plus suivi actuellement : il ne pouvait rien en savoir, ayant continué longtemps d’avancer au travers de provinces rurales sans le moindre moyen de se renseigner sur d’éventuels guerriers qui mettent à sac tous les lieux par lesquels il était passé.

Une fois qu’elle s’était plus ou moins installée et avait commencé à boire dans la source comme il l’avait fait peu de temps auparavant, il alla se remettre sur son séant en continuant de l’écouter. Elle prétendait qu’il n’y avait aucun de ces êtres dont les villageois étaient convaincus de l’existence. Comment pouvait-elle le savoir ? Elle devait avoir beaucoup passé du temps en ces lieux malgré les interdictions de ses parents, conjectura-t-il. Les jeunes gens des environs devaient être bien braves…

Alors qu’elle parlait de la pierre polie auprès du torrent, le rônin observa calmement le rocher en se demandant s’il était effectivement confortable ou si elle avait inventé cette histoire. Ce qui l’inquiétait, c’était qu’il avait déjà eu l’occasion d’entendre parler d’attaques surprises menées sur des bonnes gens de son rang alors qu’une jeune femme attirante s’occupait de récolter toute leur attention. Il se demanda un peu s’il s’agissait de ce type de situation et si c’était pour cette raison que cette jeune femme semblait s’intéresser tant que ça à lui. Elle en venait même à parler de sa pratique du sabre en le complimentant alors qu’elle ne semblait ne rien n’y connaitre… La peur de surévaluer le risque et de commettre des actes irréparables le tenait et l’empêchait de pousser plus avant son intuition en ce qui concernait cette jeune femme.

Votre présence n’a rien de problématique pour moi tant que ce ne sont que des mots que vous êtes venue chercher. En réalité, peu importe ce que vous êtes venue chercher en me parlant, je n’ai rien d’autre à offrir, pour tout vous dire, que ce que je porte sur moi-même : un kimono, un hakama, des getas et mon sabre, expliqua-t-il avec calme, espérant que cela la déstabiliserait si elle venait dans le but de le détrousser.

Le pire étant que ce sabre était de piètre qualité et qu’il s’était visiblement abimé par tous ces combats menés en compagnie du guerrier. Le jeune homme songea un instant au prix que cela représenterait de ne serait-ce que le faire entretenir pour lui rendre le peu de tranchant qu’il avait autrefois eu. La seule qualité de ce coupe-chou était en effet sa résistance car nombre d’autres sabres de bien meilleure qualité se seraient brisés sous les assauts des bandits de grand chemin qu’il avait rencontré sur les routes. Au contraire cependant, ce sabre ne brillait ni par son équilibrage, ni par la qualité des matériaux employés dans sa confection, ni par la régularité de l’ouvrage. La seule conclusion définitive possible était qu’il serait effectivement inévitable pour lui de devoir changer de sabre dans les plus prompts délais. Il en allait certainement de sa survie sur le long terme car le moindre de ces facteurs pourraient le faire échouer dans un duel contre un épéiste plus expérimenté que des barbares des montagnes à la petite semaine.

Et qu’est-ce qui vous amène à revenir dans ce petit village si vous l’avez quitté il y a si longtemps déjà ? Auriez-vous de la famille à laquelle vous venez présenter vos respects ? Ou peut-être est-ce dans le but de faire commerce dans votre ville natale que vous êtes de retour ?


Il la regarda en sentant s’esquisser un sourire moqueur sur son visage. Il n’avait finalement pu s’empêcher de la taquiner un peu en grattant ses mensonges à force de l’entendre fanfaronner comme un acteur de kabuki. Il avait déjà hâte d’entendre les pirouettes de discours et autres artifices prodigieux qu’elle mettrait en place pour tromper sa vigilance et lui faire entendre ce qu’elle voulait. A vrai dire, il se fichait bien de qui elle pouvait être, de ce qu’elle faisait ici en sa compagnie, de ce qu’elle attendait en réalité de lui ou de ce qu’elle cachait en général parce qu’elle l’amusait beaucoup et qu’il s’était un peu détendu à son contact. Cette simple constatation de sa part était suffisante pour le faire cesser de la suspecter. Il n’avait après tout rien remarqué provenant des bois avoisinants si ce n’est un rouge-gorge qui faisait la cour.


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Akemi
J'ai 120 ans et je vis à Ogano, au Japon. Dans la vie, je suis un kitsune et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à mon pouvoir spirituel, je suis transformée en humaine et je le vis plutôt bien.

J'ai tourmenté le village d'Ogano depuis des années et des années. J'ai volé des objets aux habitants, je les ai terrorisé la nuit et bien d'autres choses.
Un chasseur m'a blessé avec une flèche d'argent, mettant ma vie en danger mais un ronin m'a sauvé. Depuis, je l'accompagne pour lui payer ma dette de vie.
Pour prendre forme humaine, j'ai possédé le corps d'une jeune femme mourante dans un village voisin. Son esprit cohabite encore avec le mien dans ce corps, ce qui n'est pas toujours simple.
A l'origine, j'ai l'apparence d'un renard blanc aux yeux dorés mais mes pouvoirs me permettent de contrôler partiellement la forme que je peux prendre aux yeux des humains.


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Avec déception, je constatais qu'il était animé par le doute. Mon récit n'avait pas réussi à le convaincre comme je l'espérais. Ses yeux reflétaient un semblant de crainte sourde. Que pouvait-il imaginer ? Pensait-il avoir à faire à un esprit ? Avait-il une sensibilité accrue à notre présence ? A mon tour, j'envisageais la suite des évènements avec crainte. S'il trouvait ma véritable identité, je n'aurais pas d'autres choix que de quitter ce corps en vitesse et m'enfuir à travers la forêt. Je ne pouvais pas prendre le risque qu'il réagisse de manière offensive à mon égard. Il me semble que certaines lames de katana étaient en argent, si bien qu'une simple égratignure pourrait virer au cauchemar pour moi. C'est donc avec la plus grande prudence que je devais me méfier de son arme. Je ne perdis pas mon panache et ce fût avec beaucoup d'attention que je l'écoutais.

Sa réponse réussit à me surprendre. Si je m'étais attendue à cela. Il semblait craindre que je sois une voleuse venue le défaire de ses biens. Alors, malgré moi, je ne pus m'empêcher d'étouffer un rire, amusée. Il suffisait de le voir pour imaginer qu'aucun voleur digne de ce nom ne lui prêterait de l'attention. Il n'avait pas eu besoin de me faire la liste de ce qu'il portait sur lui pour que je le sache. Sa modeste existence transpirait de son apparence. Je finis par me calmer et repris un visage le plus neutre possible. Voici des questions auxquelles il me faudrait répondre avec soin.

Pour la première fois, je le vis illuminer son visage aux traits durs d'un sourire. Lui aussi semblait s'être détendu maintenant. Mon rire avait peut-être fini de le convaincre que je n'étais pas venue ici pour le voler, tout compte fait. De plus, ce corps ferait un bien piètre voleur. La force n'était pas une option, ni même la discrétion. En revanche, la rapidité pouvait se faire. Même sous cette forme, je me savais capable de courir vite. Je n'étais pas aussi véloce que sous ma véritable apparence mais c'était tout de même convenable. Mon regard sombre se posait alors sur l'eau vive, tandis que je lui répondis, d'une voix amusée.

« Si cela peut vous rassurer, je ne suis pas revenue ici pour défaire les guerriers de leurs biens et en faire mon commerce. »

J'osais un petit regard en coin, taquin pour l'observer. Je ne sentais plus de réelle hostilité de sa part. Je me permis donc d'être un peu moins prudente quand à ma posture. En le regardant, mes yeux furent accaparés un instant par le rocher que j'avais cité plus tôt. J'avais alors à peine menti puisque ce rocher signifiait bien quelque chose pour moi. Nombreuses étaient les personnes venues prendre un peu de repos ici en s'installant sur ce banc de fortune. A l'époque, j'avais redoublé de malice pour les effrayer et les faire tomber à l'eau. Maintenant que je me trouvais ici, je m'apercevais qu'une farce comme celle-ci aurait pu se terminer par la mort de ces humains que j'avais tourmenté. Leur faiblesse aurait pu les pousser à se noyer ou bien à finir assommé par les roches. Décidément, cela achevait de me convaincre de leur grande faiblesse. Pour autant, je ne ressentais aucun remord à avoir fait ce que j'avais fait. J'étais un esprit et emprunter le corps d'un humain n'y changerait rien. Pourtant, je sentais au fond de moi, un sentiment humain m'envahir. Comme si je me sentais coupable. Sans quitter des yeux ce rocher, je poursuivis mon explication.

« A dire vrai, j'habitais dans ce village auparavant. Ma famille commerçait des tissus et souhaitait vendre ailleurs. Je les ai donc suivi mais j'ai décidé de revenir pour ... retrouver quelqu'un. »

Mon ton était beaucoup plus sérieux et la fin de ma dernière réplique s'était voulue sincère. Je cherchais bel et bien quelqu'un en réalité. Cette personne se tenait à côté de moi, sans le savoir. J'avais évoqué une famille de tisserands tout en frottant un pan de mon kimono dans ma main droite. Cette idée m'était venue dans la foulée grâce à cela et avait tout d'une vérité. A Ogano, il y avait bien eu un couple de tisserands à une époque. Ceux-ci avaient quitté le village pour une plus grande ville car leurs produits ne leur permettaient plus de vivre correctement. La pauvreté les avait donc poussé à partir. Toutefois, chronologiquement, je m'étais aperçue qu'ils avaient quitté le village il y cinq ans de cela et non pas trois. De plus, le couple n'avait aucun enfant. J'espérais que le ronin ne réalise pas une enquête plus poussée de mon passé, faute de quoi, il découvrirait cette faille temporelle et factuelle dans mon récit.

« Malheureusement, je n'ai pas trouvé cette personne et je pense qu'elle est partie, elle aussi. »

J'avais ajouté ce détail pour rendre mon histoire cohérente. Ainsi, lorsque le ronin quitterait le village, je pourrais lui prétexter que j'allais moi aussi repartir en quête de cette personne. Bien droite, je me tenais face au cours d'eau et tournais la tête pour observer un peu ses réactions. Il n'avait pas l'air alerté outre mesure d'une incohérence majeure dans mon récit. Les mains posées à plat sur mes cuisses, je penchais un peu la tête sur le côté, me donnant un air charmant. La brise conférait un léger mouvement aux pointes de ma chevelure et me chatouillait le cou. Je sentis des frissons parcourir mon corps et mes poils se redresser. Je pouvais ajouter que les humains étaient des créatures incroyablement dépourvues de chaleur. Ceci étant, c'était la première fois que j'expérimentais cette sensation de fraicheur qui me faisait frissonner de manière désagréable.

Je n'en perdis pas le fil de mes pensées pour autant et le questionnais à mon tour.

« Je peux savoir ce qui amène un guerrier comme vous dans un village aussi reculé ? Ne me dites pas que vous êtes un criminel recherché. »

J'esquissais à mon tour un sourire malicieux. J'avançais cette hypothèse tout en me doutant qu'un ronin tel que lui n'était pas là par hasard. D'après ce que je savais de leurs coutumes, les samouraïs ne pouvaient pas déserter sans représailles. A moins qu'il soit devenu un guerrier solitaire pour une toute autre raison. La seule chose dont j'étais sûre, c'est qu'il ne me dirait pas la vérité lui non plus. Un homme aussi prudent que lui avait des choses à cacher et nul besoin d'être un esprit pour ne pas en douter.



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Il écouta plus calmement ce qu’elle avait à raconter. Cela semblait assez crédible qu’elle soit membre d’une famille de marchands tisserands, ça collait mieux à la petite richesse qu’on retrouvait dans son apparence. Son kimono, en particulier, était d’assez bonne facture et son obi semblait d’une grande qualité aussi. Le rônin hocha finalement de la tête, plus ou moins satisfait. Il devait y avoir des vérités dans ce qu’elle disait, s’il en croyait son intuition. Au final, la conséquence principale de cette discussion fut de le détendre profondément. Elle ne semblait pas être mal intentionnée et il se dit qu’il pouvait ne pas être complètement sur ses gardes avec elle. Il ne pouvait pas pour autant tout raconter de sa vie, de ses objectifs ou même donner son véritable nom mais il se disait qu’il n’était pas nécessaire de garder une main à portée de son sabre.

Vint alors le moment où elle poussa plus loin ses investigations. Elle voulait visiblement en savoir un peu plus à son sujet et cela ne le dérangerait pas en temps normal… mais le moment n’était pas bien choisi pour en dire trop. Il ne pouvait pas être certain de qui elle était et de s’il pouvait avoir pleinement confiance en elle. Aussi réfléchit-il un instant à ce qu’il pourrait bien dire pour satisfaire sa curiosité et s’assurer qu’elle ne cherche pas à en apprendre plus. Aussi limita-t-il la vérité dans son discours en retenant des informations plus qu’en en donnant des fausses.

Je suis un samurai itinérant. Je recherche quelqu’un qui puisse m’apprendre et m’aider à parfaire ma pratique du kenjutsu. Je n’ai malheureusement qu’une technique lacunaire et j’ai cru bon de partir me confronter à d’autres dans la recherche de ce qui fera de moi un meilleur guerrier pour mon seigneur. Je pense repartir bientôt de Shinsenkawa et de continuer en direction de Chiba… On m’a certifié que j’y trouverai les meilleurs combattants de tout l’Honshu.

Il sourit tristement en regardant dans le vide alors qu’il racontait cette histoire. C’était effectivement une demi-vérité puisqu’il avait encore beaucoup à apprendre et qu’il avait véritablement eu ce projet en tête quelques mois auparavant alors qu’il se sentait buter sans parvenir à progresser. Mais ce n’était malgré tout pas entièrement vrai puisqu’il était en voyage en vertu de messager. Il avait en effet sur lui trois rouleaux qui contenaient toutes les techniques du Saint de l’Escrime : Iizasa Haruki. Son maitre était notamment connu dans sa province comme étant sans rival sous les cieux. Quiconque avait déjà mis la main sur un sabre ou même eu l’occasion de voir son maitre en action devait se douter de l’incroyable valeur de ces parchemins. Néanmoins, tout puissant qu’il était, il n’avait pu réussir à survivre éternellement face aux assauts d’une foule compacte de samurai entrainés, en armure et grassement payés. En emmenant une grande partie avec lui dans la tombe, il avait confié au désormais rônin la tâche de porter tout son savoir à son frère.

Il avait donc commencé de suite son périple en n’emmenant guère plus que ce qu’il n’avait sur lui. Il savait que d’autres qui avaient eu vent de cette histoire voulaient mettre la main sur les nombreuses techniques de son maitre d’autant il avait été en mesure de prendre la fuite en emmenant avec lui l’unique exemplaire de ses techniques. A ce qu’il savait, il était le dernier de son école encore en vie et en liberté et de fait, il était aussi le seul à être en mesure de porter tout ce savoir au valeureux frère de son maitre : Iizasa Ienao, qui s’était établi dans la préfecture de Chiba. On racontait que cet homme vivait dans un ascétisme digne du grand maitre depuis plus de mille jours, ne faisant que s’entrainer et méditer avec ardeur et entêtement dans l’espoir de ne faire plus qu’un avec le sabre et d’atteindre enfin le niveau du Saint…

Il se savait poursuivi depuis le début de son périple mais sa prudence et sa ruse avaient suffi à lui permettre d’échapper à la majorité des malandrins qui le guettaient. Pour les autres, son talent naturel pour la danse de l’épée lui avait permis de survivre à leur rencontre. Arrivé si près de la province de Chiba, il se doutait que de nombreux combattants l’attendraient çà et là pour réussir à l’intercepter avant son arrivée. Il se savait seul dans sa quête du fait qu’il n’avait pas encore pu entrer en contact avec son destinataire mais là encore, la discrétion était de mise puisque personne ne devait avoir connaissance de l’existence de ces rouleaux, ni avant son arrivée à destination, ni après.

Je suis désolé mais je dois partir. J’ai déjà passé trop de temps ici et si des brigands reviennent pour mettre à sac le village, il faudra que j’y sois pour protéger les habitants et les récoltes… Merci pour cette distraction.

Il se releva et, ajustant rapidement son habit, il tourna les talons pour redescendre par le sentir qu’il avait emprunté à l’aller et retourner au village en aval. Il finit cependant par avoir une petite réalisation malgré lui et se retourna une dernière fois avant de demander :

Quel est votre nom ? Je pense que nous nous reverrons un jour alors j’aimerais le garder en tête d’ici là…

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J'ai tourmenté le village d'Ogano depuis des années et des années. J'ai volé des objets aux habitants, je les ai terrorisé la nuit et bien d'autres choses.
Un chasseur m'a blessé avec une flèche d'argent, mettant ma vie en danger mais un ronin m'a sauvé. Depuis, je l'accompagne pour lui payer ma dette de vie.
Pour prendre forme humaine, j'ai possédé le corps d'une jeune femme mourante dans un village voisin. Son esprit cohabite encore avec le mien dans ce corps, ce qui n'est pas toujours simple.
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Guettant le moindre de ses gestes, je le vis pensif, comme s'il rassemblait ses mots pour formuler un récit convenable. Il semblait que ma question l'avait mis dans une posture délicate. Je pouvais le certifier lorsqu'il commença à me donner une explication, le regard triste et un sourire sans conviction aux lèvres. Il n'y avait pas de toute : c'était bien de la douleur, de la peine qu'il ressentait à l'instant. Je ne le quittais pas des yeux pendant qu'il me délivrait ces quelques informations. Tout au long de son histoire, je me fis la même réflexion : lui aussi me mentait.

Je n'avais pas vécu plus de cent ans pour être incapable de reconnaitre un mensonge quand j'en voyais un. Peut-être s'était-il contenté de faire comme moi. Il avait peut-être arrangé la vérité à sa façon pour ne pas tout me dire. Je ne fis aucune remarque et me contentais de l'observer, silencieusement. Son sabre ne semblait pas de première jeunesse, ce qui me portait à croire qu'un réel entrainement avec de grands maitres de son temps finirait d'achever sa lame. Sans compter que ses dernières altercations avec des pilleurs n'avaient pas dû arranger les choses. Tout en moi tentait de le sonder, espérant pouvoir lire dans son esprit pour découvrir ce qu'il me cachait. Bien entendu, je n'avais jamais été capable de lire dans les pensées, même sous ma forme d'esprit. Il n'y a qu'en possédant un corps que je le pouvais. La preuve en était que je connaissais tout du passé de mon corps, de cette personne.

Hikari. Elle représentait une lumière chaleureuse dans le cœur de ses parents qui l'avaient souhaitée avec ardeur. Elle grandit modestement dans une ferme suffisante pour les nourrir et leur apporter le minimum de confort. Ils n'avaient pas à se plaindre et ses parents lui avaient donné ce qu'ils avaient de mieux. C'est de cette manière qu'elle avait toujours pu porter de beaux habits. Puis, la maladie l'avait frappé. La tuberculose s'était déclarée et Hikari n'y avait pas échappé. Lorsque je l'avais trouvé, la jeune femme n'allait pas tarder à rendre son dernier souffle. Ma présence avait permis de dissiper toutes les maladies et les faiblesses de son enveloppe charnelle. Son corps était désormais aussi sain que celui d'un bébé en bonne santé et venant au monde. J'avais donc sauvé Hikari, à ma manière, même si je la dépossédais à présent de son bien. D'ailleurs, nous ne pourrions vivre indéfiniment à deux dans ce même corps. Un jour viendra où son esprit finira pas s'éteindre, peu à peu, le mien prenant le pas sur elle. Cela pouvait sembler cruel d'un point de vue humain mais, je n'avais fait que redonner vie à un corps mourant. Hikari était destinée à disparaitre depuis le début. Mes pensées ne lui avaient jamais été accessibles, si bien qu'elle ignorait tout de son funeste destin. Qui sait, les choses étaient peut-être mieux ainsi. Je souris pour moi-même, sachant que l'homme à mes côtés devait penser autant que moi à ce moment précis.

Je fus tirée de mes songes par la voix de mon interlocuteur. Celui-ci semblait autant que moi être sorti de sa léthargie. Il prétextait avoir à patrouiller dans le village pour éviter qu'une attaque n'ait lieu en son absence. A mon humble avis, sa présence avait dû repousser de potentiels brigands pour quelques temps encore. Toutefois, je le vis se redresser, comme s'il se trouvait être dans la précipitation, et parfaire sa tenue pour reprendre sa route. Ainsi, il pensait pouvoir me semer de la sorte ? Mon visage s'illumina d'un sourire amusée. Je me relevais avec grâce en poussant sur mes cuisses et sentit le picotement dans mes muscles. J'avais l'impression d'avoir les jambes quelque peu douloureuses. Cette position n'était absolument pas agréable lorsqu'on se relevait. Grimaçant légèrement, je me retournais au moment où il s'enquit de me demander mon identité. Ramenant mes mains l'une sur l'autre devant moi, je lui souris avec toujours autant d'application pour avoir l'air aussi charmante que possible.

« Akemi. Ce sera suffisant pour vous souvenir de moi, Takahisa-dono. »

Je veillais à glisser un brin de malice dans ma réplique. J'avais d'ors et déjà connaissance

" Akemi... Tu n'as pas le droit de faire ça... "

Il était normal que Hikari réagisse à ce nom. C'était celui de son amie d'enfance. Il m'était venue en premier à l'esprit puisque je n'étais pas vraiment coutumière des prénoms féminins. J'avais donc pris le premier venu sans réellement me soucier des sentiments de ma possession.

« Mais, attendez un instant, s'il vous plait. Il y a une chose... que je dois vous demander. »

Je m'avançais vers lui de quelques pas, avant de m'arrêter, le regard plongé vers le bas.

« A vrai dire, si je tenais à vous approcher, c'est parce que ... j'aimerais vous accompagner. »

Je relevais la tête vers lui, le regard sincère et plein de détermination. Je poursuivis d'une voix assurée.

« Je compte repartir également. Seulement, les routes ne sont pas sûres pour une jeune femme seule... Je me sentirais bien plus en sécurité si vous acceptiez que je vous accompagne pour faire le trajet. »

Et, pour la première fois de ma vie, je pris mon air le plus fragile possible. J'avais déjà vu faire certaines femmes par le passé, si bien qu'aucun homme ne pouvait rien leur refuser. Je me recroquevillais légèrement sur moi-même pour avoir l'air plus petite et plus frêle. Cela me coûtait tout de même d'avoir l'air aussi faible. Moi qui était capable de prendre possession de ces humains, d'apparaitre sous différentes formes à leurs yeux, de guérir leurs blessures. Enfin. Il s'agissait là de le convaincre de me laisser l'accompagner. Je relevais les yeux vers lui, telle un renardeau suppliant de ne pas me refuser son aide. J'étais quasiment sûre que mes efforts paieraient.


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