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 Deux inconnus. Une expérience. Une amitié.

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Thalya8
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CRÉDITS : Profil : Ben Whishaw, dans "Bright Star"

UNIVERS FÉTICHE : Réel - Historique - Mythologie - Dérivés de films/livres...
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Tortue

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Le contexte du RP
Mise en situation

La situation
Paris, France, 1900/1910.
Un peintre en quête d'inspiration. Un enfant vagabond. Deux opposés. Deux inconnus qui, par le résultat du hasard, se retrouvent à devoir vivre avec l'autre. Une aventure, qui est bien loin de commencer en douceur...

Contexte provenant de notre imagination (avec Aida10)
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Aida10
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PRÉFÉRENCE DE JEU : Homme

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Constant Lherondel
Je suis Constant Lherondel et j'habite à Montmartre mais je vis mal car endetté (à vie). Je suis peintre fauviste et expressionniste. Je suis à la recherche d'un art expressif parfait.


Informations supplémentaires ici.


Luca Marinelli • dans Martin Eden

Il était 4h54 lorsque je perdis mon sommeil. J'étais allongé sur mon lit dans mon appartement à Montmartre, je regardai le plafond dans l'obscurité. Je restai immobile tout en perdant dans mes réflexions jusqu'à ce que l'Aurore au doigt de rose se réveilla à 6 heures. Qu'avais-je pensé pendant une heure dans la pénombre ? Je repensais à ma pauvre mère, elle avait perdue sa raison il y a quelques mois. Peut-être que je devrais faire quelque chose pour elle ? Je n'en avais pas la moindre idée, après tout j'ai mon père qui est là pour s'occuper d'elle. Je me remémorai des souvenirs lointains où j'étais assis au bord du lac de Bois de Boulogne. Je restais assis, impassible, en train de contempler le lac sous un soleil éclatant. J'entendais ma mère m'appeler. Puis soudain je passai à une autre idée, je réfléchissais à la finalisation de mon tableau intitulé "Dormeur". Devrai-je ajouter plus de bleu ou de rouge ? Ma décision fut longue. Finalement je choisis le vert. La scène où j'y étais, on aurait dit une scène morbide avec mon corps frêle.

Lorsque je commençais à percevoir de la couleur naturelle de ma pièce, je me levais avec lenteur, toujours perdu dans mes pensées. Soudain j'ai eu une vive envie de peindre l'aurore selon mon point de vue. Etant donné que j'étais en pyjama, je quittai mon lit et cherchai mon habit de tous les jours. Il était presque rapiécé qu'il a perdu sa splendeur d'antan, de plus on pouvait apercevoir de nombreuses petites taches colorées par-ci par-là. En effet je ne porte jamais de blouse. Je l'enfilai et me coiffai comme à mon habitude devant la glace. Que pouvais-je décrire mon humeur actuel ? Mes lèvres n'esquissèrent point de la joie, ni la tristesse et il est vrai que tout le monde me disent que j'ai un cœur comme de la pierre. Physiquement je l'accorde mais mentalement et psychologiquement c'est autre chose. Une fois ma petite toilette finie, je sortis mes affaires de peintures : toile, palette, tubes, pinceaux, chevalet, petit tabouret. Pour finaliser mes préparatifs, je mis mon chapeau feutre et quitta mon appartement fermé à clé.

Il était environ 7 heures lorsque je suis dans ma rue. Je me dirigeai vers mon petit café habituel dont je connaissais très bien le patron. Celui-ci me salua joyeusement avec sa main levée, je fis un léger signe de tête sans bouger mes lèvres. Le patron me donna un pain au chocolat et je lui remercia comme d'habitude en donnant une pièce de monnaie.

Pour accéder à mon endroit favori, il fallait de que je longeasse toute la rue en pente. Ce fut une marche très pénible mais cela valait le coup puisque je gagnais plus de force au niveau des muscles des jambes. Mais aussi pour mes bras frêles auxquels je tiens mes matériels précieusement. Pour l'instant je ne vis pas de présence humaines, ni animales. On aurait dit que j'étais seul au monde. A moins qu'il était beaucoup trop tôt ? Pourtant l'air du frais était agréable. Mon lieu favori de Montmartre est le Sacré-Cœur pour son architecture éclectique. C'était un endroit où régnait le silence et un des seuls endroits où on oublia nos différences sociales.

Je passais par ces magnifiques et horribles escaliers. En effet je ne pouvais pas compter le nombre de marches, et encore meilleur je tombais très souvent ma boîte de tubes. Fort heureusement ce jour-là tout se passa très bien pour le meilleur au monde. Maintenant je fus sur la façade de la basilique. A chaque fois que je passais devant la basilique, je fus contraint de contempler sa beauté architectural. Je tournai et vis la magnifique vue panoramique de Paris. Ô ma très chère Paris comme tu étais très belle ce jour-là avec le lever de l'Aurore.

Ce fut le moment idéal, j'installai tous mes matériels artistiques avec soins, en commençant par le chevalet, puis la toile, le tabouret, puis ma boîte de tubes et pour finir la préparation des couleurs. Un certain mendiant commença à traîner à cinq ou six mètres de moi. Je commençai mon travail, je pris un tube rouge mis alors une petite goutte sur ma palette. Je mélangeai délicatement avec le blanc et le bleu et ensuite du jaune qui donnèrent une sorte de mauve fade. J'étais plutôt dubitatif face à cette morne couleur. Je recommençai en commençant par le jaune avec une petite pincée de rouge et de bleu. La couleur me paraissait pas mal pour couvrir toute la toile. Étais-je fou ? Non j'avais besoin de remplir la toile et ajouter dessus avec d'autres couleurs dont la texture sera beaucoup plus épaisses. Je peignai, je peignai jusqu'à ce qu"une petite masse de foule de fidèles arriva pour venir observer mon travail. Certains firent de léger grimace et d'autres furent dubitatif. Je peignai ensuite un cercle jaune vif absolument grossier, une forme que tout le monde est capable de reproduite. Mais peu de gens sont incapable de le reproduire dans de profondes pensées comme je le fis.

Bine entendu je ne vis pas le temps passer, et l'astre du Jour était sur le point de toucher le ciel. Mon estomac commençait à réclamer sa faim. En effet je n'avais pas mangé mon pain au chocolat. Je le pris et mangeai en peignant en même temps. J'ai laissé un espace blanc pour introduire une forme beaucoup plus représentative. En effet j'avais prévu de dessiner une femme, non pas une femme antique, juste une femme au teint pâle comme la femme de Manet dans son célèbre tableau. Alors je commençai à esquisser les formes du corps de la femme tranquillement. Il était bientôt midi...

Je dois avouer que je n'avais pas encore de muse, ni femme. A 30 ans, j'étais toujours célibataire...
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Eugène
Moi, j'mappelle Eugène. J'ai 8 ans et j'vis à Paris. Paris, bah c'est en France ! Même moi j'le sais... J'vis dans la rue, mais j'men sors bien. C'est vrai, chui libre !!!


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Barney Clark • dans Oliver Twist
Voilà, Paris, c'est chez moi. J'la connais comme ma poche ! J'vous jure qu'c'est vrai ! Paris n'a pas d'secret pour moi. Toutes ses rues, tous ses passants qui marchent vite, toutes ses boulangeries avec une super odeur de pain chaud, toutes ses voitures qui font du bruit... J'connais tout par cœur. Paris, c'est ma maison.

J'ai pas d'parents. ça peut p'têt' en surprendre certains, mais c'est bien mieux comme ça. J'ai pas b'soin d'parents moi, chui assez grand pour m'débrouiller seul ! Et je n'veux pas d'parents. Quand j'vois les autres enfants, j'les plains. J'trouve ça horrible de toujours entendre "Viens là, on rentre à la maison !" ou "Ne t'éloigne pas trop !"... Moi j'veux pas d'ça. Moi, chui libre. Libre comme l'air ! J'peux faire tout c'que j'veux, quand j'veux.

Pas un jour se ressemble. Des fois chui là, puis le lendemain ailleurs, et après j'reviens. J'vais chercher à manger dans un restaurant, dans une boulangerie, au marché... ça dépend d'mon humeur. J'dors jamais au même endroit aussi. Des fois dans l'herbe d'un parc -j'escalade les grilles fermées-, d'autres fois dans une rue étroite à l'abri d'la pluie. Pareil, ça dépend. J'ai pas d'heure, j'ai rien d'fixe. Chui un aventurier.

Et l'mieux dans tout ça, c'est qu'j'me fais jamais attraper ! J'ai déjà vu des enfants comme moi qu'les hommes en uniforme trouvaient. J'sais aussi où ils vont. A l'orphelinat. Dans un horrible orphelinat. J'en ai d'jà vu qui se sont fait avoir. Y a l'homme qui attrape la victime par le col ou les cheveux -ça dépend-, et qui dit : "Tu ne devrais pas être ici petit. Où sont tes parents ? Tu n'en as pas ? Allez viens, on va t'emmener à l'orphelinat."
Mais moi, ça m'arrivera jamais !
J'connaissais un gars, y a longtemps. Il s'appelait Henri. Henri, c'était mon modèle. Il était plus grand qu'moi, et il m'aimait bien, je crois. Enfin moi, je l'aimais bien. On était ami. C'est lui qui m'a enseigné "l'art de la rue", comme il l'appelait. Il m'a montré comment chercher à manger, où dormir ou pas, comment se défendre... comment survivre en fait. Pour moi, c'était le plus fort de tous. Personne ne pouvait l'arrêter. Sauf qu'un jour, il s'est fait prendre. Enfin je crois, parce que j'l'ai plus jamais revu après.

x-x-x-x-x

Cette nuit, j'l'ai passée à la belle étoile, comme on dit. J'regardais le ciel, mais j'l'ai trouvé pas très étoilé. J'étais un peu déçu... Mais je m'suis quand même endormi. Au matin, j'ai été réveillé par un homme, le gardien du parc je crois, qui me demandait pourquoi j'étais là. J'étais encore un peu endormi, je lui ai répondu d'une voix bizarre. « J'suis désolé m'sieur, j'n'avais pas vu que le parc était fermé. J'ai dormi là, mais j'ai rien fait d'mal. » Il a haussé les sourcils, mais a rien dit de plus. M'a juste dit de partir. Ce que j'ai fait.

J'ai marché un peu dans les rues. Quasiment toutes vides. Paris est un peu lente à se lever. J'marchais un peu sans but, sans trop voir où j'allais. J'laissais mes pieds me guider. J'fais souvent ça. J'trouve ça marrant. Le mieux, c'est d'le faire les yeux fermés. Là, la surprise est encore plus géniale ! Le but après, c'est d'deviner où j'me suis retrouvé. Ce jeu est trop simple. Mais ça m'fait passer le temps.

Soudain, mon ventre s'est mis à gargouiller. J'ai eu l'impression que le bruit résonnait partout ! Je me suis retourné, et j'ai vu plein d'monde dans les rues. Paris s'est réveillé d'un coup sans m'prévenir ?! Elle est pas très gentille des fois ! Mais heureusement, j'crois qu'personne n'a entendu mon ventre. Sauf les rats p'têt'...

ça fait combien d'temps que j'ai pas mangé ? Un jour j'crois. A chaque fois, j'avais qu'des miettes ridicules ! Là, j'me suis promis de me faire un festin.

Attiré par une bonne odeur de pain cuit, me suis dirigé vers la boulangerie là-bas, dans le coin d'la rue. ça sentait drôlement bon ! Mon ventre a confirmé. J'me suis avancé, surveillé mes arrières aussi. J'me suis posé d'vant la vitrine. Tous ces bons croissants et ces pains bien garnis qui me regardaient avec insistance... Comment j'peux résister ?
J'ai attendu qu'il y ait des gens à la file d'attente, cinq ou six, puis chui entré à mon tour. Les gens à la boulangerie se lèvent tôt pour acheter leur pain du matin, qu'ils mangent au p'tit déj'. A l'intérieur, l'odeur est encore plus forte.
Faut être rapide. Prendre furtivement ce qui passe sous la main, de préférence sans s'faire prendre. Puis filer en douce. Voilà, comme ça, hop un pain dans la poche. Et encore un.. hop ! Le tour est joué ! J'en prends encore quelques-uns, rien qu'un peu...

"Eh toi ! Qu'est-ce que tu fais !"

J'dois revoir ma technique on dirait. Maintenant, le plan c'est : courir.

J'sors d'la boulangerie, en bousculant sûrement des gens au passage qui crient derrière moi. J'entends l'boulanger s'écrier "Au voleur ! Au voleur !". Moi j'continue d'courir. Y a qu'ça à faire. Ils peuvent pas m'rattraper. Moi j'connais toutes les rues par cœur. J'peux m'faufiler où j'veux !

Je cours, je cours... J'm'arrête un moment au tournant, dans une p'tite rue. J'reprends mon souffle. J'les ai semés ! Ah ah !

"Je te tiens petit voleur !"

Quelqu'un me prend par l'épaule, derrière. J'me débats comme un diable. On me sert fort l'épaule. « Lâchez-moi ! Lâchez-moi ! » Je cris de toutes mes forces aussi.

"Alors, tu fais moins le malin hein ? Tiens-toi tranquille, on va régler cela au commissariat !"

J'continue d'me débattre. J'arrête pas. Faut pas qu'j'arrête. J'me retourne, et je lève mon pied pour le mettre... Là où ça fait mal. L'homme me lâche en poussant un cri de douleur. J'en profite pour fuir.

J'cours sans me retourner cette fois. Je l'entends qui s'écrit : "Rattrapez-le ! Vite !"

J'monte les marches quatre à quatre, toujours sans regarder derrière moi. J'suis maintenant devant le Sacré-Cœur. Y a une foule de gens. Une foule où j'vais pouvoir me cacher.

"Retrouvez ce gamin, dépêchez-vous !"

J'entends les chiens d'garde qui se rapprochent. Ils doivent sûrement monter les escaliers aussi. J'me faufile parmi les gens à grande vitesse. Une cachette, une cachette, vite !

Sans réfléchir, j'me dirige vers un homme qui fait des gestes vifs sur une planche blanche devant lui. J'me glisse entre lui et la planche.

« S'il vous plaît m'sieur, vous pouvez me cacher ? »

J'regarde autour de moi. Ils ne sont pas en vue, mais j'sais qu'ils vont pas tarder.

« Faut absolument qu'j'me cache ! »

Sans attendre sa réponse, je me glisse sous sa chaise. Chui pas trop grand, j'arrive à entrer sans trop d'problème. J'rapproche mes genoux contre ma poitrine. J'attends comme ça.
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Pauvre femme qui contemplait un Paris désastreux, commentai-je en observant mon tableau. En effet cette femme ne semblait ne pas être en accord avec le reste du tableau. Elle gâche mon expressionnisme ce qui était bien dommage... Finalement j'ai perdu mon désir de peindre un Paris matinal.

J'arrêtai vivement mon travail, pris la toile de mes deux mains et posai par terre délicatement, histoire d'attendre une tache inattendue de l'extérieur, qui sait ? Je regardai mon chevalet. Je restai impassible, qu’attendais-je ? Une autre inspiration. Un futur chef d'oeuvre qui sera exposé dans l'Exposition. Non, juste une oeuvre simple et légère qui ne demandera pas trop d'effort pour mon pauvre estomac qui réclamait sa famine depuis tout à l'heure. Pourtant j'ai mangé entièrement mon pain au chocolat ce qui était extrêmement rare.

Je soupirai avec désespoir... Oh et si je peignais mon désespoir à moi ? Je regardai autour de moi si j'avais emmené une autre toile, miracle j'ai ramené une autre. Je le pris rapidement et posai sur le chevalet. J'ignorai alors le paysage. Je concentrai sur ma toile immaculée.

Je sortis quelques couleurs froides comme les bleus, une bonne couleur qui exprime le désespoir... Hum du marron et du bleu seraient mieux, pensai-je. Si j'utilise uniquement le bleu, tout le monde penserait que j'exprime de la tristesse. Ainsi je commençai mon travail. A vrai dire je ne cherchai pas à ressembler des formes descriptives, juste des formes dont il est impossible de deviner et distinguer. Je fis quelques vifs gestes.

Comme j'ai une vie plutôt routinière, tous les jours se ressemblaient un peu près, mais pas aujourd'hui. C'était un jour différent, un jour où j'ai pu adresser la parole à quelqu'un, à un enfant plus précisément, un enfant qui semblait être peu discipliné. En effet, en faisant des gestes vifs, quelqu'un s'approcha de moi de manière si inattendue et à la fois brusque. C'était un enfant coiffé d'un chapeau "Gavroche" et portant un habit plus rapiécé que le mien, on aurait dit qu'il venait de sortir d'une mine de charbon. On apercevait peu son doux visage enfantin. Ici je vis un enfant qui avait pour but de se cacher. Mais pourquoi ? J'en avais pas la moindre idée. Tout ce qu'il transmettait son message était qu'il devait se cacher en me suppliant que je le cache...

Je levai légèrement mes sourcils, signe de surprise. Ce fut très rare que j'exprime mes sentiments ou expressions par le biais de mon visage. A peine voulus-je lui répondre lorsqu'il se cachait directement. Quelle message rhétorique à mon sens. Je penchai ma tête légèrement sous mon tabouret pour apercevoir la personne en question.

« Mais... Mais pourquoi ? » demandai-je faiblement dont j'étais à deux doigts de bégayer mon propos.

Je remis ma position de base et regardai autour de moi qui pourrait bien... Ah je vis un homme légèrement costaud en tablier blanc, un toque blanc de cuisinier et un joli foulard rouge. Je compris tout de suite qu'il s'agissait d'un boulanger, un archétype parfait. Je restai impassible comme toujours. Le boulanger chercha dans tous les sens et interpella bon nombre de fidèle qui sortaient de la messe. En effet la cloche sonnait midi, il était l'heure de prendre le déjeuner. J'ai eu une petite soudaine envie de grignoter quelque chose.

Mais le problème n'était pas là, je devais "dégager" l'enfant installé sous mon tabouret. Il devait être très mince, souple et petit pour entrer dedans. Je lui adressai la parole de nouveau.

« Petit, sors-moi d'ici ! essayai-je d'insister bien que la sévérité n'était pas mon point fort, je ne voulais surtout pas agir si violemment (rien que crier est quelque chose de fort). Allez sors s'il te plaît ? » insistai-je de nouveau avec un ton plus appuyé.

A vrai dire c'était la première fois que je m'adressai à un enfant à mon âge pour la première fois de ma vie, comment devais-je me comporter devant les enfants ? Être aussi formel que devant les adultes ou montrer plus de sévérité comme les maîtres et maîtresses d'école ou bien me paraître normal, le plus normal possible. Je me sentis prisonnier de mon tabouret, j'aurai cru que je ne quitterai plus jamais de ma place. Quell horreur !
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