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 Enfin... [ft. Twelve]

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Le contexte du RP
Mise en situation

La situation
Après des semaines à s'échanger des sms, Samaël et Joshua se retrouvent enfin...

Contexte étant la suite de ce rp
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Joshua Abberline
J'ai 26 ans et je vis à Chicago, Etats Unis, même si je bouge souvent à cause de mon travail. Dans la vie, je suis mannequin et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt pas bien.




Marlon Teixeira © Angie

« Notre vol vient d'atterrir à Chicago. Nous vous remercions d'avoir choisi notre compagnie et nous espérons que votre vol vous a été agréable. La température au sol est de... »

J'arrêtais d'écouter la voix dans le haut parleur. Mes doigts pianotaient d'impatience sur mon accoudoir. Je n'attendais qu'une chose, c'était de pouvoir descendre de ce maudit avion. Il mit ce qui me sembla un temps infini à se poser. Je me dépêchais de récupérer mon sac et sortit presque en courant de l'appareil. Tout allait trop doucement pour moi aujourd'hui. Cet avion qui semblait ne jamais vouloir décoller et atterrir. Ces gens devant moi qui avançaient à une allure d'escargot. Ce mec au contrôle d'identité qui semblait prendre son temps et raconter sa vie à tout le monde. Cette pétasse de valise qui avait décidé d'être la dernière à arriver, comme si elle sentait que je n'avais aucune patience et qu'elle faisait exprès de jouer avec mes nerfs. Pétasse de valise.

Je me calmais un peu en retrouvant ma mère venue m'accueillir. Et puis en voyant enfin le message de Sam. En fait non j'étais toujours énervé parce que j'étais frustré de lui envoyer juste des sms alors qu'il était pas loin et que ce putain de mec ne faisait pas son boulot.

Je lui souris à ma mère, nettement plus calme quand même, avant de venir la prendre dans mes bras.

« Mon garçon... je suis si contente de te voir. Mais j'avais cru que tu ne reviendrais pas avant la fin des défilés. »

Je soupirais alors que je la suivais hors de l'aéroport. Elle était perspicace, beaucoup trop pour mon propre bien. Elle avait toujours su voir clair en moi. Impossible de lui cacher bien longtemps une bêtise que j'aurais pu faire. Elle me démasquait toujours en quelques minutes. A croire qu'elle avait un décodeur pour lire sur mon visage ce que je cachais à tout le monde, même à moi même parfois. Elle n'avait pas été surprise quand je lui avais annoncé que j'étais gay. Elle m'avait regardé avec ce même sourire bienveillant qu'elle avait toujours. Elle s'en doutait déjà et elle s'en fichait. Ca ne changeait strictement rien pour elle.

Et là je savais qu'elle se doutait de quelque chose aussi. Alors je lui souris tandis qu'elle s'accrochait à mon bras et qu'on partait ensemble vers sa voiture.

- Tu te souviens de Samaël ?

Elle me sourit et je me lançais dans des explications le temps du trajet. Je lui racontais, comment j'avais toujours tenu à lui au lycée mais que je n'avais jamais osé me lancer. Les années qui étaient passées mais qui ne m'avait pas fait oublier ce coup de foudre que j'avais eu pour lui à l'époque. Mon espoir de le retrouver à la réunion des anciens mais qui avait été découragé. Je continuais en lui parlant de ces nombreux sms échangés, de cette complicité qui grandissait de plus en plus entre nous.

« Tu es amoureux ? »

Je hochais doucement la tête, le visage baissé.

- Je crois oui... C'est fou je sais mais... Je n'arrête pas de penser à lui, tout le temps. J'ai hâte de le voir. Je ne pense qu'à ça depuis des jours. Il me manque.

Je remuais la jambe, tremblant d'impatience. Ca recommençait. Ma mère qui roulait trop doucement. Ce feu qui avait pris un malin plaisir de passer au rouge juste quand on arrivait. Cette petite vieille qui calait au moment de démarrer. Tout semblait fait pour me ralentir, pour retarder le moment où je pourrais aller le voir. J'arrivais finalement et sortis presque en courant de la voiture. Je montais dans ma chambre, posais ma valise avant de récupérer le gâteau au chocolat soigneusement emballé à l'intérieur. Il venait d'une grande patisserie new yorkaise et j'espérais qu'il lui plairait.

Je redescendais pour aller embrasser mon père avant de partir. Ma mère sourit en me disant de ne pas m'en faire et de rentrer quand je voulais. Elle se doutait bien que je rentrerais tard. Je les aimais, mais ce n'était pas pour eux que j'étais là aujourd'hui.

J'empruntais la vieille voiture de mon père avant de repartir. Un petit détour vers un fleuriste pour prendre un bouquet pour sa mère et je prenais la direction de sa maison. Je me garais devant et restais comme un con devant l'allée, hésitant à y aller. Je me trouvais soudain ridicule avec mon bouquet et mon gâteau dans les mains. Il allait encore se moquer de moi, me trouver niais et ridicule au possible. Mais cette fois ça serait différent. Je verrais son sourire éclairer son visage alors qu'il me taquinerait. Je pourrais rire avec lui avant de m'approcher pour effleurer doucement sa joue. Je pourrais me pencher pour cueillir son sourire sur ses lèvres.

J'inspirais profondément avant de me lancer. J'étais surtout ridicule d'hésiter. Il y avait l'homme à qui je tenais plus que tout là dans cette maison. Je n'allais pas reculer maintenant et ne plus y aller. Je m'arrêtais devant la porte et frappais, m'attendant à le voir venir m'ouvrir.

Se fut mon premier choc de la journée. Il était onze heures du matin et je m'attendais à tout, sauf à trouver sa mère rayonnante venir m'ouvrir et me saluer.

« Joshua ! Quel plaisir de te voir. Ca fait tellement longtemps. »

Je la regardais, sous le choc de la voir aussi en forme.

- Je... euh... oui je viens vois Sam'.

« Vas y, il est à l'étage dans sa chambre. La deuxième porte à droite. »


Je hochais la tête et entrais dans la maison, encore dans un état second. Je me retournais au pied des escaliers. Je lui tendis le bouquet de fleurs.

- C'est pour vous... Je suis content de vous voir aussi en forme.

Je lui souris et me détournais pour monter à l'étage. Je ne vis pas le froncement de sourcils qui déforma son visage après ma remarque. J'étais dans un état second, perdu dans mes pensées. Elle semblait beaucoup plus en forme que ce que ses messages me laissaient croire. Pourquoi avait-il prétendu ça ? Pourquoi aggravait-il son état ? Avait-il peur à ce point que je vienne le voir ? Pourtant j'étais là et j'étais bien décidé à entrer dans cette chambre.

Je me plaçais devant la porte et après avoir inspiré une nouvelle fois pour me donner du courage, je frappais à la porte.



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Samaël Jones
J'ai 25 ans et je vis à Chicago, États Unis. Dans la vie, je suis malade et je m'en sors mal. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je suis clairement dans la plus grosse merde imaginable.

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Craig Roberts + me
Huit heures pétantes. J'ouvre les yeux. Ma première pensée va à Josh. Et mon coeur s'emballe. Pas parce que j'suis contente de le voir. Enfin, si, j'suis quand même content de le voir. Mais mon coeur s'emballe pour une toute autre raison. Mon putain de mensonge. C'est pas ma mère qui a le cancer. C'est moi. C'est pas elle qui va crever, c'est moi. Bon, elle mourra un jour, mais elle verra d'abord sa progéniture partir avant elle. Et ça c'est cruel. Autant que pour Josh. Pourquoi j'ai menti ? Pourquoi j'me suis enfoncé comme ça ? Peut-être parce que les gens deviennent des enculés d'hypocrites quand tu leur dis qu't'es malade. Ils font tout pour que tu sois bien et deviennent super gentils avec toi, alors que tout c'que tu veux toi, c'est qu'on te laisse tranquille. J'ai aucune envie des ces plaintes, moi. J'ai rien demandé à personne. J'ai même pas fumé une seule clope depuis que j'suis né. J'ai bien essayé de m'y mettre quand j'ai appris pour mon cancer, parce que quitte à crever de cette merde, autant qu'ce soit pour quelque chose. Mais rien à faire. C'est vraiment dégueulasse, ce truc, et j'me demande encore comment les gens font pour ne plus s'en passer. Ca pue, ça a un goût de merde, ça jaunit les dents, les fringues, et t'as une haleine de chameau crevé depuis des années après.

Je tire un long soupir. Puis j'attrape mon téléphone et pianote dessus. Premier SMS à Josh. Putain, l'angoisse. J'vais vraiment le voir aujourd'hui. Ouais, mais pourquoi aussi, là ? Pourquoi faut-il que ce soit un gars que j'aime ? Putain, c'est vraiment à chier. Au moins, si je l'aimais pas, j'aurais trouvé des prétextes pour qu'il ne vienne pas. Merde, j'aurais pu lui dire que j'allais à l'hosto pour ma mère. Il serait venu me rejoindre là-bas. Pour y trouver le néant, parce que j'aurais été chez moi. Mauvais plan, cette histoire. Il m'en aurait voulu à mort et aurait découvert la vérité. Non mais, de toute façon, dans trois heures il la découvre la vérité. Il va hurler. Il va m'en vouloir. A mort. Il va me déchiqueter. Tant mieux, d'un côté... Je préfère mourir de ses mains plutôt que d'un cancer à la con.

Ma mère entre dans ma chambre. Elle sait que je me réveille tous les jours à la même heure, sauf exception. Finalement, c'est elle qui ne dort pas quand je tarde le soir. Et c'est elle tous les matins qui m'emmène mon petit déjeuner. Je m'assieds sur mon lit, en lui signifiant que j'aurais pu descendre. Ouais... Avec cette gueule, bien sûr. Des nuits que je dors pratiquement pas à cause de sa venue. J'angoisse beaucoup trop. J'vais me faire engueuler comme un môme qui aurait piqué un bonbon à la supérette du coin. Mais pourquoi je lui ai menti, bordel ? Voilà que ma mère s'inquiète. Évidemment, en ce moment, y'a rien qui me fait sourire, à part les blagues que j'envoie à Josh, quand on ne parle pas de sa venue. Putain, faut pas croire, je suis super content de le retrouver. Mais j'ai la trouille. C'est pas ma mère qu'il va découvrir avec une canule et un teint blafard. C'est moi. Et il s'y attend même pas. J'aurais pu espérer qu'il ne m'aime pas autant... Si j'avais pas vu son impatience dans ses textos.

Neuf heures. Je sors de la douche, j'ai envie de rien foutre, à part d'aller me planquer dans un trou de souris pour éviter ce... Rencard ? Attends, quoi ? J'ai rencard avec un gars. Avec un mannequin. Et merde... Est-ce que j'le mérite vraiment ? Certainement pas. T'as pas vu le mensonge que je lui ai dit ? Juste pour qu'il s'apitoie pas sur mon sort ? Le pauvre. Là, c'est plutôt moi qui le plains. Comment il pourra avoir confiance en moi après ça ? Bon... De toute façon j'en ai plus pour longtemps donc je suppose que ça va pas lui rester longtemps en tête...

Neuf heures et quart. Ca passe tellement lentement. En même temps, j'ai pas hâte qu'il me défonce la gueule pour ce putain de mensonge. Non, je sais, il est pas comme ça. Il lèvera jamais la main sur quiconque. Mais juste de voir son expression choquée et colérique sur le visage, ça va me fendre le coeur. Je sais même pas si je vais pouvoir respirer correctement à ce moment-là.

« C'est Joshua qui t'inquiète ? »

Ah. J'ai un sursaut quand j'entends ma mère à côté de moi. J'étais tellement dans mes pensées que je l'avais même pas entendu arriver. Ouais... Je lui ai parlé de lui. Je lui ai dit qu'il allait venir aujourd'hui. Mais je lui ai rien dit concernant mon mensonge. Déjà, elle m'aurait tué, c'est certain. Mais en plus de ça, elle aurait cafardé. Je la connais, ma mère. Elle est pas du genre à laisser les gens croire des mensonges, surtout sur ce genre de chose grave.

« Non. C'est le film qui me fout des angoisses. » dis-je en évitant son regard.

Je sais que je mens. Elle le sait aussi. Mais elle n'insiste pas. J'ai jamais été très doué pour parler de ce que je ressentais au fond de moi, parce que personne ne l'a jamais vraiment compris. Pas que j'ai été un gamin spécialement rejeté dans mon enfance et adolescence, non. J'étais banal. Juste... J'sais pas. Je me suis jamais vraiment senti aimé. Ni entouré. Enfin, jusqu'à maintenant. Et je foire tout. Ah, quelle merde. Comment je vais me sortir de là, moi, encore ? J'me fatigue.

Le temps passe. Lentement. Mais sûrement. A dix heures vingt-quatre précisément, je décide de remonter dans ma chambre. Une pause en haut des escaliers plus tard, je me retrouve dans mon terrier. J'angoisse. Je panique. Il faut que je respire, mais j'arrive pas. Je m'allonge, je ferme les yeux, et je respire. Profondément. Comme on m'a appris. C'est moins efficace maintenant que j'ai plus tous mes poumons. Mais bon, ça continue de fonctionner alors... J'ai pas pris le temps de répondre à Josh. Je sais pas quoi lui dire. Il arrive bientôt. Il sera bientôt là. Et je peux plus lui mentir en lui disant que j'ai super hâte, parce que, oui, d'accord, j'ai super hâte de le revoir, mais j'ai pas super hâte de sentir mon coeur se briser en mille morceaux en voyant sa déception face à mon état.

Mes yeux s'ouvrent brutalement en entendant du bruit au rez de chaussée. Ca y est. Mon heure a sonné. Il est temps d'enlever ce foutu masque débile. Je prends une grande inspiration, la dernière avant d'avoir le souffle coupé. J'entends les marches grincer, ses pas se rapprocher, son poing frapper à ma porte. Alors là, si toute la matinée a été aussi lente qu'une antilope obèse, les secondes qui se sont écoulées depuis son arrivées ont été aussi vite qu'Usain Bolt au top de sa forme. Et j'suis paralysé. Et j'le fais attendre. Mais quel enfoiré ! Fuck. Va bien falloir y passer, à un moment ou à un autre. Difficilement, je me relève, j'entraîne ma bouteille d'oxygène avec moi et j'ouvre la porte. Le regard au sol. Et dans un moment de curiosité, mais en gardant la tête baissée, mes yeux fatigués se relèvent sur son visage abasourdi. Bon, c'est le moment de dire quelque chose. Tu sais, Sam, quelque chose du genre "je suis désolé". Non ? Toujours pas ? Merde.

« Salut... »

Salut ?! T'es sérieux là ? T'es vraiment le pire, Sam.

« Je t'avais dit que j'aurais meilleure mine que toi. »

Ok, c'est décidé. La fenêtre est pas loin, et un étage, c'est pas rien. Puis si je calcule bien mon coup, je peux tomber pile poil sur l'allée en béton du jardin. Adios, débilos !

« Ouais... Je sais. Ca... Fait un choc. » Sans déconner ?! « ... J'suis désolé. »

Enfin ! Enfin, tu t'excuses ! Il était temps. Bon... Il a pas vraiment l'air de le prendre bien. En même temps... Je m'y attendais. Quitte à ce qu'il soit en colère, je préfère que ça reste dans ma chambre. La fenêtre est fermée, bon point pour moi, finalement, j'ai pas trop envie de crever tout de suite... Il est grave beau quand même et en plus, il sent bon. Qui sait ? Peut-être qu'après m'en avoir voulu, il décidera qu'il m'aime encore et il reviendra ? Dans le doute, je recule d'un pas pour l'inviter tacitement à entrer dans ma tanière.
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Joshua Abberline
J'ai 26 ans et je vis à Chicago, Etats Unis, même si je bouge souvent à cause de mon travail. Dans la vie, je suis mannequin et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt pas bien.




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Mon coeur battait la chamade alors que j'attendais un signe de lui, un mot me disant d'entrer, le mouvement de la poignée s'abaissant pour ouvrir. J'attendais, impatient et terriblement anxieux en même temps. J'avais l'impression d'être redevenu un adolescent. J'avais passé des heures à choisir ma tenue la veille. Je voulais lui plaire, être à la hauteur des photos de moi qu'il avait reçu. J'étais tellement loin de ressembler à ça en vrai. J'avais parfois le sentiment que c'était un autre que l'on prenait en photo tellement je ne me reconnaissais pas sur les photos. Alors je stressais. Allais je lui plaire? Il avait semblé distant par moment dans ses sms, comme s'il redoutait de me voir. Est ce que je ne lui plaisais pas autant que je croyais? N'avait-il pas osé me repousser alors qu'il n'avait pas envie de moi? Etait ce pour ça qu'il m'avait menti au sujet de sa mère? Pour avoir une excuse pour ne pas me voir? Autant de questions qui me faisaient stresser depuis la veille au soir. J'avais peur mais j'avais en même temps tellement hâte de le voir.

Mon coeur se calma un peu alors qu'un sourire apparaissait sur mes lèvres. Cette foutue poignée bougeait enfin. Encore un instant et je le verrais. Je pourrais me jeter dans ses bras et le serrer contre moi. Tant pis s'il me repoussait ensuite, j'aurais au moins profité de ces quelques instants de bonheur.

Et mon coeur se figea... je restais à le regarder, ne parvenant pas à réagir. J'étais... juste tétanisé sur place.

« Salut... Je t'avais dit que j'aurais meilleure mine que toi. »

Mon regard passa sur son corps beaucoup plus maigre que ce que je m'étais imaginé et que ne le laissait deviner les rares photos qu'il m'avait envoyé. Je remontais sur son visage au teint pâle, beaucoup trop pâle pour que ce soit naturel, ses traits tirés et ses cernes sous les yeux. Il avait une sale gueule mais ce n'était pas le plus choquant. Accroché à son visage se trouvait le tube transparent de lunettes à oxygène qui passaient par ses oreilles, traversaient ses joues avant d'aller apporter l'oxygène si précieux à ses narines.

Mon cerveau tournait à plein régime alors que mon corps était incapable de bouger et mes lèvres définitivement scellées. Il m'avait menti... ce n'était pas sa mère qui était malade, c'était lui. Tout ce dont il m'avait parlé, tout ce qu'il m'avait raconté sur sa mère, c'était de lui qu'il parlait. Il m'avait menti. Il m'avait caché son état, le fait qu'il était cloué dans un lit entrain de mourir. Il m'avait menti.

« Ouais... Je sais. Ca... Fait un choc. »

Un choc... le mot était faible. Je ne parvenais toujours pas à réagir. J'étais tétanisé. Je n'arrivais à me fixer que sur deux pensées. Il m'avait menti et il allait mourir...

« ... J'suis désolé. »

Je parvins finalement à réagir. A croire que ces quelques mots avaient été le détonateur pour me sortir de ma léthargie. J'explosais littéralement alors qu'il se reculait pour m'inviter à entrer.

- T'es désolé? C'est tout ce que tu trouves à me dire? Que t'es désolé?!!

La stupeur et le choc du début laissait place à la colère. Il m'avait menti. Cet enfoiré m'avait menti!! J'avais envie de lui hurler dessus, de lui dire à quel point je lui en voulais d'avoir fait ça. Il m'avait menti pendant des jours. Il m'avait laissé tomber amoureux de lui, faire des projets d'avenir pour nous deux, rêver d'une vie à deux qu'il savait très bien qu'on aurait jamais. J'avais la sensation qu'il m'avait agité sous le nez la vie dont je rêvais avant de brusquement m'en dépouillé l'instant d'après.

Je voulais faire tout ça mais je ne détachais pas mon regard de lui et je voyais à quel point il était épuisé.

- Va te coucher putain Sam, tu tiens à peine sur tes jambes.

Sans lui laisser le temps de réagir je m'approchais pour le prendre dans mes bras et le porter. Ce n'était pas les retrouvailles que j'avais espéré. On était même à des années lumières de ce que je m'étais imaginé. Mais je le gardais dans mes bras, ne savourant pas cet instant comme je l'avais voulu, et le portais jusqu'à son lit.

Je me reculais ensuite, partant faire les cent pas dans sa chambre alors que ma main passait nerveusement dans mes cheveux. Je n'arrivais même pas à le regarder. J'étais trop en colère et trop blessé pour le faire.

Je fini pourtant par relever le regard, les yeux embués par les larmes que je tentais de retenir.

- Comment tu as pu me faire ça Sam? Pourquoi tu m'as caché tout ça?



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J'ai 25 ans et je vis à Chicago, États Unis. Dans la vie, je suis malade et je m'en sors mal. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je suis clairement dans la plus grosse merde imaginable.

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Je crois que je l'ai cassé. Il a aucune réaction. J'crois que c'est ça qui me fait le plus flipper, en fait. Qu'il n'ait aucune putain de réaction. Peut-être qu'il va juste tourner les talons et claquer la porte. Et ne plus jamais me contacter. J'aurais dû m'en douter, toute façon. J'aurais dû l'anticiper, j'aurais aussi dû le lui dire avant qu'il ne vienne me voir. Dès le début, en fait... Mais j'étais tellement content que quelqu'un me voit comme normal. Mais quel connard je fais, franchement. J'suis qu'un putain d'égoïste. Et j'ai tout gâché. Et c'est tout ce que je réussis à sortir entre deux phrases à la con, un foutu "j'suis désolé" qui n'explique rien du tout.

Le truc... C'est que c'est un peu impardonnable. Donc je n'ai plus que deux options : prendre la fuite - foutu d'avance... - ou m'enterrer vivant. Bon, on va peut-être pas en arriver là hein mais j'y pense très fort. C'est même la seule chose que je veux maintenant. J'ai pas envie de vivre ce moment. C'est trop horrible. J'ai pas envie d'avoir sa colère, surtout la sienne. N'importe laquelle me serait bien allée, mais la sienne, c'est trop dur à voir. Je la vois déjà se pointer dans son regard... Et enfin, ses paroles, qu'il gueule littéralement comme si ça lui brûlait la gorge. Merde, c'est violent. Il a raison, mais c'est tellement violent que ça m'en coupe la respiration. Je recule d'un autre pas, impressionné par le ton de sa voix. Et surtout, il y a une chose que je peux fuir et je fais ça à la perfection : son regard.

Non, j'ai clairement pas envie de voir son regard, ça m'en foutrait la gerbe, de voir cette colère mêlée au choc et à la tristesse. Au désespoir. En fait, je peux juste pas le supporter. Mon coeur tiendrait pas le choc, c'est sûr et certain. Et pourtant, quand il s'approche pour me porter, là seulement, j'ose affronter son regard. Son geste est peut-être anodin pour lui, mais il me met en colère. Comment il peut faire ça en sachant que je lui ai délibérément caché mon état, exactement pour cette raison ? Les sourcils froncés, je l'observe longuement alors qu'il trace un sillon de ses pas sur le plancher de ma chambre. Deux hommes en colère enfermés dans une même chambre, ça va finir en tuerie cette histoire. Ma pauvre mère doit mourir d'inquiétude à entendre la voix de Josh aussi sèche et colérique. Pour autant, elle n'interviendra pas. Parce que s'il m'engueule, c'est qu'il a une raison. Donc, elle doit certainement penser que c'est bien fait. Qui ne le penserait pas de toute façon ? Même moi je le pense.

Lorsqu'enfin il remonte les yeux sur moi, les miens se détournent. J'suis en colère, oui, mais pas assez pour supporter de le voir les larmes aux yeux.

« Pourquoi tu m'as caché tout ça? »

Ouais. C'était la question à un million, ça. Comment je vais pouvoir lui expliquer mes raisons ? Il ne les comprendrait pas. Il penserait que j'suis égoïste au plus haut point, il me détesterait. J'ai pas envie que ça arrive, clairement pas.

« Pour éviter c'que tu viens de faire, tu vois l'genre ou pas ? » je lâche, les dents serrées.

Puis, un long soupir. Faut pas que je m'énerve sur lui, il a rien fait, littéralement. Et il peut pas comprendre si je lui explique pas. Les bras croisés contre mon torse, je secoue lentement la tête.

« Écoute... J'suis désolé de t'avoir rien dit, ok ? Mais tu m'as recontacté, t'as commencé à me draguer, j'ai commencé à me sentir comme quelqu'un de normal et j'voulais pas que ça s'arrête. J'avais pas prévu que ça aille aussi loin cette histoire, je m'attendais pas à... » Avoir des sentiments. J'ai pas envie de le dire, à la place, je soupire encore et me recroqueville sur moi-même. « Bref. Si j't'ai rien dit c'est parce que j'ai pas envie qu'tu me traites comme tu viens de le faire : un putain d'handicapé incapable de faire les choses par moi-même. ... Bon, j'suis peut-être inapte à certaines choses, mais bordel, moi aussi j'ai le droit de vivre normalement, non ? Ouais, c'est peut-être égoïste de ma part mais si on pouvait éviter de me rappeler toutes les demi-secondes que j'vais crever plus tôt que les autres, ça m'arrangerait tu vois. »

T'es trop con Sam. Putain, je voulais vraiment lui expliquer mes raisons. A la place, je l'engueule à mon tour. Alors qu'il a rien fait. Et la palme du plus grand des connards revient à... MOI ! Sans véritable suspens, évidemment. Finalement, je brave son interdiction pour me lever et lui faire face, les yeux dans les yeux, comme un homme. Même si j'suis à bout de souffle d'avoir tout déballé comme ça. Tant pis, je respirerais plus tard.

« Vas-y, Josh. Déteste moi, hurle moi dessus. Défoule toi. T'sais, j'ai plus qu'deux ans alors si tu pouvais te grouiller... »

Ouais, en fait, je me rassieds. Putain de cancer. j'ai même plus assez de souffle pour faire mon malin. Peut-être une bonne chose, finalement... Et encore une fois, j'évite son regard.

« Tu devrais te trouver quelqu'un d'autre... Quelqu'un de moins... » Con ? Certainement que oui. « Quelqu'un de plus vivant. »

Ca me brise le coeur de le dire, mais c'est la vérité. Au moins, il aurait un avenir. Moi, j'vais juste souffrir un peu puis je claquerais comme la merde que j'suis. C'est pas un avenir pour lui. Pas du tout, même.
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« Pour éviter c'que tu viens de faire, tu vois l'genre ou pas ? »

Non justement je voyais pas le genre. C'était la même connerie qu'il me sortait dans ses sms. Il ne voulait pas que je m'inquiète pour lui et je ne sais trop quoi. Il ne comprenait pas que je tenais à lui et que forcément je m'inquièterais toujours pour lui. Et puis là surtout quoi! Il tenait à peine debout sur ses jambes et il voulait que je fasse comme si tout allait bien?!!

« Écoute... J'suis désolé de t'avoir rien dit, ok ? Mais tu m'as recontacté, t'as commencé à me draguer, j'ai commencé à me sentir comme quelqu'un de normal et j'voulais pas que ça s'arrête. J'avais pas prévu que ça aille aussi loin cette histoire, je m'attendais pas à... »

Et il s'attendait pas à quoi au juste? A ce qu'après que je lui ai avoué avoir toujours eu le béguin pour lui, que je l'ai dragué comme il le disait bien, qu'après tout ça je ne tomberais pas amoureux de lui? Il pensait vraiment pouvoir continuer ce petit jeu pendant longtemps sans que je ne m'attache à lui? Mais il était complètement con!! Un connard d'égoïste qui se voilait la face et qui jouait avec mes sentiments pour son petit plaisir.

« Bref. Si j't'ai rien dit c'est parce que j'ai pas envie qu'tu me traites comme tu viens de le faire : un putain d'handicapé incapable de faire les choses par moi-même. ... Bon, j'suis peut-être inapte à certaines choses, mais bordel, moi aussi j'ai le droit de vivre normalement, non ? Ouais, c'est peut-être égoïste de ma part mais si on pouvait éviter de me rappeler toutes les demi-secondes que j'vais crever plus tôt que les autres, ça m'arrangerait tu vois. »

Ouais et donc à la place il s'était dit que ça serait tellement mieux de me mentir, de se foutre de ma gueule et de jouer avec mes sentiments. Mais quelle importance après tout, il avait du être content de sentir que je ne le traitais pas comme un handicapé, c'était tout ce qui comptait non?

Je ne savais pas ce qui me foutait le plus en colère dans tout ça. Le fait qu'il se soit joué de moi et qu'il m'ait menti? Qu'il continue à s'obstiner dans sa connerie en m'engueulant presque, comme si c'était normal et légitime qu'il se soit foutu de moi? Ou qu'il ne m'ait pas fait assez confiance pour m'en parler et me demander de justement le traiter normalement? J'aurais pu... ça aurait été dur je ne le cachais pas mais j'aurais pu le faire. Je lui avais parlé de mon père, il savait que je vivais une situation difficile avec lui. Ca avait été compliqué mais on avait fini par retrouver des rapports normaux lui et moi. Je ne le voyais plus seulement comme un handicapé, je ne me focalisais plus sur tout ce qu'il ne pouvait plus faire. C'était toujours mon père et c'était tout ce qui comptait.

« Vas-y, Josh. Déteste moi, hurle moi dessus. Défoule toi. T'sais, j'ai plus qu'deux ans alors si tu pouvais te grouiller... »

Il s'était relevé pour me dire ça mais je ne relevais pas. J'avais bien compris qu'il ne voulait aucune attention de ma part, alors il n'en aurait pas. Qu'il tombe à cause de son orgueil de merde, ça serait bien fait pour lui. C'était ce qu'il voulait de toute façon. Je tentais de ne pas réagir en l'entendant parler du temps qu'il lui restait à vivre. Deux ans.... c'était tellement peu. Hier encore j'appréhendais ces deux ans différemment. Je me disais que deux ans ce n'était rien pour qu'on soit réuni. Maintenant... deux ans c'était beaucoup trop.

Il finit par se rasseoir cet abruti. Ca m'évitait de m'inquiéter à l'idée de le voir tomber pendant notre conversation.

« Tu devrais te trouver quelqu'un d'autre... Quelqu'un de moins... Quelqu'un de plus vivant. »

Je le fixais durement avant de répondre.

- J'aurais plutôt dit quelqu'un de moins con...

J'étais énervé et une part de moi s'en voulait de lui hurler dessus alors qu'il était dans cet état. Mais j'étais trop blessé pour réussir à contenir tout ça. Puis il voulait que je le traite normalement non?

- T'as vraiment été un putain de connard égoïste sur ce coup là. Tu croyais quoi? Que tu pouvais me mentir indéfiniment? Tu espérais peut être m... partir sans jamais me le dire? Ca aurait été parfait pour toi non? Tu aurais pu profiter de moi sans jamais avoir à affronter les conséquences de ton petit jeu sadique.

Je n'arrivais même pas à le dire, c'était trop dur. Et j'étais certain que c'était ce qu'il espérait. Je comprenais mieux tout à coup sa peur à l'idée qu'on se voit. Il avait espéré qu'on ne se voit jamais, que j'apprendrais sa maladie et tout le reste après l'arrêt brutal de ses sms. Il n'aurait plus été là pour affronter ma peine.

- Tu m'as menti... tu t'es joué de moi. Tu m'as fait croire qu'il y avait quelque chose de possible entre nous. Tu m'as laissé rêvé, m'imaginer un avenir pour nous deux. J'avais fait pleins de projets pour toi et moi tu sais. J'étais prêt à être patient, à te laisser t'occuper de ta mère le temps qu'il faudrait. Je voulais être là pour toi et te soutenir quand elle ne serait plus là. Puis je t'aurais amené avec moi. On aurait voyagé. Je t'aurais fait découvrir ces endroits que j'aimais tant et que je rêvais de partager avec la personne que j'aimais...

Je baissais la tête et m'essuyais les yeux. J'étais entrain de perdre la bataille contre mes larmes.

- Tu m'as fait croire que j'aurais tout ça alors que c'était faux! C'est pas juste égoïste, c'est cruel aussi.

Je me reculais. Je ne voulais plus le voir. Je ne le supportais plus. J'avais le coeur beaucoup trop en miettes à cause de lui pour supporter de le voir. C'était pire que tout, plus dur encore que quand j'avais surpris mon ex à me tromper. Parce que c'était Sam, que j'étais beaucoup trop amoureux de cet enfoiré et qu'il m'avait menti, que jamais je ne pourrais avoir la vie dont je rêvais avec lui.

- Mais t'as raison, je veux plus te voir.

Je me baissais et ramassais le gâteau que j'avais laissé tomber sous le choc. Je le posais juste à côté de lui. Quand je pense au temps que j'avais pris pour aller le chercher. Je voulais tenir ma promesse et venir avec un gâteau au chocolat mais pas n'importe lequel, le meilleur de tout New York. J'avais cru pouvoir l'amener déjeuner et qu'ensuite on reviendrait chez lui manger le dessert. J'avais été trop con...

Je me reculais, évitant son regard et ne sachant plus quoi dire. Je voulais partir parce que de toute façon, il n'y avait rien à dire...


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Samaël Jones
J'ai 25 ans et je vis à Chicago, États Unis. Dans la vie, je suis malade et je m'en sors mal. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je suis clairement dans la plus grosse merde imaginable.

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Craig Roberts + me
Je savais bien que je l'avais blessé. Je savais bien que j'avais fait le con. C'était plutôt évident. J'avais brisé tous ses rêves et toutes ses idées. Évidemment qu'il souffrait, je ne pouvais même pas supporter de le regarder en face. Et pourtant, j'étais aussi en colère. Parce qu'il n'avait pas l'air de me comprendre. Il n'avait pas envie de me comprendre. Il ne voyait que sa tristesse et me traitait ensuite d'égoïste. Ouais... Ben ouais, c'est pas lui qui allait mourir plus tôt. Et ça se voyait. Ouais, j'suis un gros con de penser que peut-être il se calmerait... Que peut-être il me pardonnerait. Mais visiblement, la vie n'est pas si facile. Bien évidemment qu'elle n'est pas facile. Elle ne l'a jamais vraiment été pour moi, ça n'a été qu'un acharnement du karma... Et voilà que ça continue. Encore et encore, inlassablement. J'ai peut-être fait le con, mais je suis en train de réaliser que peut-être je ne serais jamais heureux. Et ça fait mal, quelque part.

Il dit tout haut ce que j'avais pensé tout bas. Qu'il méritait quelqu'un de moins con. Ouais, c'est vrai, mais c'est pas ce que j'ai voulu dire. J'ai voulu dire quelqu'un de moins malade. Quelqu'un avec qui il aurait un avenir et avec qui il pourrait faire tout ce qu'il avait prévu de faire. D'ailleurs, le voilà qu'il se met à m'insulter. Et j'encaisse, parce qu'il a raison de le faire. Par contre, le reste de ses mots me met hors de moi. Les sourcils froncés, je le regarde. Mon petit jeu sadique. Putain, il est sérieux ? Il croit que je m'amuse, vraiment ? La rage m'atteint pendant que j'écoute le reste. Ouais, évidemment qu'il avait des projets. Bordel de merde, mais il croit quoi ? Que j'en ai pas envie, moi, de tout ça ? Je le déteste. Les dents serrées, j'essaie comme je peux de retenir mes larmes.

« C'est toi le putain de connard égoïste !! Tu crois que j'en ai pas envie de tout ça ? Tu crois que j'm'amuse avec toi ? Ouais, regarde comme je m'éclate, c'est la marrade totale ! Ah ah ah ! Si j'voulais pas qu'tu viennes me voir c'est parce que j'savais pas comment te le dire, figure toi. J'avais pas envie d'te faire du mal, c'est la seule chose que j'voulais pas faire, j'voulais pas que tu souffres de ma perte, j'voulais pas qu'tu t'attaches... J'voulais pas, mais t'es tellement con d'penser que j'suis pas attaché et que j'm'amuse ! J'ai peut-être été égoïste mais c'était pas volontaire, j'ai rien contrôlé d'accord ? Je voulais pas... »

Le souffle me manque encore. Putain de merde. J'en ai marre de ma vie, j'peux même pas me défendre sans manquer de m'étouffer. Mais putain, j'ai besoin de me défendre. J'ai pas envie qu'il pense que j'me fous de sa gueule. Que je m'amuse avec lui, que c'est un passe-temps avant de mourir. Parce que c'est complètement faux. J'ai pas envie de le dire à l'oral mais faut l'avouer : j'suis totalement épris de lui. Et je veux pas qu'il parte. J'ai pas envie parce que ça veut dire qu'on va plus se parler. Pendant longtemps. Peut-être plus jamais.

« Mais t'as raison, je veux plus te voir. »

Aïe. Ca, ça fait vraiment mal. Je n'ai plus envie de lui crier dessus. Mon coeur me dit de le supplier de rester, mon égo et mon esprit me hurle que c'est une mauvaise idée. Que je devais le laisser partir. Je ramène mes genoux à mon torse tandis que mon regard embué de larmes part sur la fenêtre. Il me laisse le paquet qu'il a ramené et se recule. Qu'est-ce qu'il faut que je fasse ? Bah, je pense pas qu'aujourd'hui je puisse faire quoi que ce soit... Il ne veut plus me voir, je ne peux rien y changer. J'ai trop merdé pour ça. Alors, je le laisse partir et une fois seul, la porte fermée, je laisse mon chagrin m'envahir. J'ai plus qu'une envie alors que je l'entends partir de la maison : crever encore plus tôt que je ne le devrais.
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