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 le loup et la lionne (Teddy/Eddie) - cendar

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Limace

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Le contexte du RP
Mise en situation

La situation
Nous sommes dans un univers contemporain dans lequel les loups garous existent, sur tous les continents, bien que ne se mélangeant que très peu.

Nos personnages sont américains, originaires de New-York, l'un Loup, l'autre protectrice de sa famille. L'un, nouvellement Alpha, l'autre toujours au service de cette famille lupine à laquelle elle a été vendue par son père en paiement d'une dette. C'est un univers moderne dans lequel de vieilles traditions empêchent deux trentenaires de vivre leur existence. Il s'appelle Teddy Sullivan, il vient de tuer son père adoptif qui l'a martyrisé toute sa vie et se retrouve Alpha de sa meute. Elle s'appelle Elena Dwayne, dite Eddie, c'est une ancienne militaire qui a été forgée très jeune par le père Sullivan pour devenir une protectrice exemplaire.

Avant de prendre ses fonctions d'alpha dans sa meute, Teddy a demandé une année sabbatique pour voir le monde. En réponse, et sans le prévenir, la meute a envoyé Eddie pour le protéger pendant cette année pleine d'aventures.

Et leur ancienne amitié, de vieilles rancoeurs et des sentiments encombrants ne vont pas faciliter leur cohabitation en Finlande, à Oulou, à des milliers de kilomètres des rues new yorkaises.

La colocation a connu des débuts houleux entre le cœur à vif de Teddy et le cœur brisé d'Eddie, par ici.

Après deux mois d'une cohabitation cordiale, particulièrement bien organisée, les non dits prennent trop de place.

Tout a explosé.
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Théodore Sullivan
+ Teddy.
+ 30 ans.
+ Webmaster en freelance.
+ Oulou, Finlande.
+ Américain, du moins était-il en Amérique, à Broadway précisément, lorsqu'il a été recueilli par son père adoptif.
+ Soeur cadette, Andrea.
+ Célibataire.

+ Ne connaît pas ses parents biologiques ; ses premiers souvenirs remontent à cette nuit, dans une rue pluvieuse, où son futur père adoptif a posé ses yeux fauves sur lui.
+ Mordu pour devenir un loup-garou dans sa meute d'accueil.
+ Survivant de sa première transformation.
+ Battu régulièrement par son père ; l'adolescence lui apprend qu'il n'a été recueilli que pour devenir une arme à la solde de l'alpha de sa meute, soit son paternel. Il a toujours subi les coups sans broncher, ce qui l'a renforcé.
+ Âgé de vingt-neuf ans, il a fini par se rebeller contre son père adoptif et à la suite d'un combat entre mâles d'une meute, l'égorge.
+ Devient l'alpha de la meute.
+ Avec les responsabilités, pèse sur lui la nécessité de la reproduction.
+ Réclame, et obtient, une année sabbatique afin de découvrir le monde avant de s'enchaîner à une meute dans laquelle il ne s'est jamais senti appartenir vraiment.


avatar © punisher
« Rentre. »

Il reste silencieux. Il est assis en tailleur sur son lit, a juste enfilé un caleçon après avoir repris forme humaine pour accepter l’appel d’Andrea. Il ne sait pas quelle heure il est, le temps passe différemment sous la fourrure du loup. Et il s’en fout. Dehors, il fait noir, mais il fait tout le temps noir, dans ce pays du bout du monde. La voix d’Andrea dans son oreille peine à réchauffer son cœur si glacé qu’il ne le sent plus battre. En vérité, il ne sent plus rien.

Il contemple ses doigts encore tachés du sang d’Ester, passe l’ongle du pouce sous les autres pour en retirer l’amas de boue écarlate. Ces mêmes doigts, qui ont tapés ce message à destination d’Andrea, des heures plus tôt : « C’est terminé avec Elena. »

Il lui a tout raconté. Ester, l’enlèvement, sa rage, le retour, leurs échanges, sa violence. Sa fuite par la fenêtre de sa chambre et l’escalier de secours, ses errances dans la forêt enneigée, le procès d’Ester, auquel il n’a pas prêté sa forme humaine, et durant lequel il n’a pas non plus démenti la qualité de compagne d’Elena. Quand il a conservé le silence, sa boule de rage enfouie au fond de son ventre, et qu’il l’a regardée se défendre à coups de griffes et de crocs, puis la sentence du bannissement définitif de la louve de leur meute.

Il lui a raconté quand il a traqué Ester, quand il l’a tuée. Elle n’a rien dit.

« Je ne peux pas faire ça si elle n’est pas avec moi. »
« Mais tu le feras. »
« Oui. »

Bien sûr qu’il prendra ses responsabilités d’alpha, même s’il n’est plus qu’une coquille vide.

« Sinon, fais-le pour moi. Tu me manques. »
« Toi aussi. Je t’aime, Andy. »

Il a à peine raccroché qu’il amorce sa transformation. La douleur qui le frappe est bienvenue dans son corps mort. Ses os qui craquent, qui se brisent résonnent à ses oreilles, étouffant l’écho fantomatique de leurs mots de la veille. Sa peau qui le brûle, qui se tend et se distend, oublie la sensation du toucher de velours de la sienne. Sa langue qui claque, entaillée par ses crocs, goûte la saveur du sang et remplace celle de ses baisers. Il a le souffle court quand il retombe sur ses quatre pattes et s’ébroue. Sa vue s’acclimate à l’acuité de celle du loup, et il se replie, tout au fond de son corps d’animal, pour étouffer les hurlements de son cœur.

Il lorgne vers la fenêtre, mais il n’a aucune envie de retourner dehors. Il a suffisamment froid à l’intérieur pour ne pas s’embourber dans les vents glacials du Nord. Il s’approche de sa porte, se dresse sur ses pattes arrières et actionne la poignée, grattant le battant pour l’ouvrir, et se faufile dans le salon. Il est plongé dans la pénombre, mais il y voit comme en plein jour.

Il se dresse devant l’évier, ouvre l’eau et lape de grandes gorgées : il n’a pas mangé ni bu depuis la veille. Si la faim ne se fait pas sentir, sa gorge parcheminée lui rappelle la nécessité de s’hydrater, à défaut d’avoir vraiment soif. Il retombe sur ses antérieurs, tourne dans le salon, renifle les odeurs ; il y en a de toutes sortes, il découvre qu’une famille de souris vit quelque part dans l’immeuble, et se détourne chaque fois qu’il la sent, elle. c’est pourtant peine perdue : elle est partout, dans son nez comme dans les rideaux, dans le tissu du canapé, sur le tapis, les murs, chaque molécule d’air qu’il respire. Il geint, il n’a qu’une envie, fourrer sa truffe dans ses pattes. Il sait que ça ne servira à rien.

Alors, il allume la télé d’un coussinet de sa patte, juste pour avoir du bruit à superposer au fracas de ses pensées pourtant mise en sourdine dans son esprit de loup. Il saute sur le canapé, s’y roule en boule et fourre son nez sous le pelage de ses pattes avant.

Lorsque les clés tintent dans la serrure de la porte d’entrée, seules ses oreilles bougent. Elles se dressent en direction de l’entrée, d’où émerge la silhouette d’Elena, à peine découpée par la luminosité blafarde et tremblante de la télévision, mais il ne bouge pas la tête. Son nez sous ses pattes filtre son odeur ; elle ne l’attaque pas de plein fouet.

Sur l’écran de la télévision, le présentateur des informations annonce la découverte d’un corps déchiqueté, d’une femme, qui, d’après les premières investigations, aurait été dévorée par un grand prédateur de la région.
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Cendar
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Elena
« Eddie »
Dwayne

{description unique qui ne sera pas reportée par la suite}

33 ans, originaire de Harlem, ancienne militaire à l'éducation drastique, désormais armurière et prof de tir. La vie n'a pas très bien commencé, un père dealer, une mère décédée ou partie, elle n'a jamais vraiment su. Vendue pour payer une dette paternelle, elle se retrouve abandonnée aux Sullivan à l'âge de sept ans. Elle prendra tout de cette nouvelle famille, et s'accrochera à Teddy comme à personne d'autre sur terre, avant de se réveiller un matin dans le lit de la chambre d'ami de John, le protecteur de la famille et son tuteur. Elle ne sait pas ce qu'il s'est passé la nuit précédente, elle est tombée sur la tête, mais ils se sont disputés et Teddy ne veut plus la voir. Alors la déception, un abandon de plus et la mort dans l'âme. Elle suit ensuite le chemin de vie décidé pour elle par l'Alpha, part en pensionnat militaire puis à la guerre, devient une machine. Sa seule attache sera John jusqu'à sa mort lorsqu'Eddie avait 25 ans. Elle ne fait désormais les choses que par automatisme, profitant de chaque instant sans s'accrocher à rien, le sourire aux lèvres, toujours. Se foutant de tout. Et ça lui va bien.
Épicurienne jusqu'au bout des ongles, la protectrice traverse l'existence avec insolence et se doute peu que Teddy le traître n'a pas la même version qu'elle de cette nuit de leur enfance qui l'a précipitée dans l'indifférence.
En colocation avec Théodore Sullivan depuis deux mois, alpha de la meute dont elle est la protectrice. Oulou lui réussit plutôt, mais New York lui manque terriblement. Sa solitude est trop étroite, dans les nuits finlandaises.



avatar © Dandelion
LE LOUP & LA LIONNE


« And I will stumble and fall
I'm still learning to love
Just starting to crawl
Say something, I'm giving up on you
I'm sorry that I couldn't get to you
Anywhere, I would've followed you
Say something, I'm giving up on you »

Le sommeil est lourd, noir, profond. Proche d'un coma. Sans rêve. Sans espoir. Eddie s'est effondrée dans son lit, incapable d'une insomnie vengeresse et tortueuse.. Au matin, aucune raison de se lever n'a daigné la sortir de ses draps, l'arracher au coton entêtant d'un oubli artificiel. Quitte à ne rien ressentir, à ne s'intéresser à rien, elle préfère encore le faire couchée. Alors elle appelle son boulot pour prévenir qu'elle est malade, d'une voix pâteuse qui feint à merveille la grippe. Et elle s'enfuit sous ses couettes, oreillers et autres forteresses dressées pour la protéger du monde extérieur. Parce que dehors, il n'y a rien que de la douleur et du froid, parce qu'elle est claquée, parce qu'elle en a marre, parce qu'elle fait la grève et que le reste du monde peut bien aller se faire voir.

Si l'univers entier veut s'écrouler, il a merveilleusement choisi sa journée.

Et le temps passe, mollement, sans grand intérêt sinon celui de tourner sa carcasse encore et encore jusqu'à trouver une position un peu confortable dans l'immobilisme qui est le sien. Eddie fait la gueule et lâche prise, pour la première fois depuis des années. C'est comme si sa vie venait de se suspendre, d'entrer dans une phase d'incertitude étrange qui n'a pas le moindre sens. Ridicule. Il l'a dit, avec le fracas d'un constat que rien ne saurait remettre en question. Ils sont ridicules, avec leurs cœurs trop encombrants, leurs rancœurs à la con, leurs chaînes faites d'erreurs du passé et d'incompréhensions notoires. Deux gamins qui ne savent ni s'excuser ni se consoler. A trente ans passés, on pourrait croire qu'ils finiraient par grandir. Ridicules. Elle soupire, un peu, des fois, quand des flashs de la veille viennent perturber sa quiétude. Elle soupire pour ne pas se lever, aller chercher une bouteille d'alcool et la vider d'une traite. Pour ne pas aller tambouriner à sa porte et l'engueuler, lui dire qu'il n'avait qu'à lui faire son petit-déjeuner et lui présenter des excuses. Pour continuer de rester de pierres, comme elle a su si bien l'être toutes ces années. Pour ne rien dire, ne pas râler, ne rien réclamer. S'il est une chose qu'Elena a compris avec le temps, c'est qu'elle ne mérite rien.

Son téléphone sonne. Une fois. Deux fois. Trois fois. Sonne avec la virulence d'un interlocuteur mystère qui entend la sortir de sa tanière. Elle ignore chacun des appels sans se donner la peine de redresser le museau et jeter un œil à l'écran ou foutre la machine infernale sous silencieux. Qu'importe. Il n'y a pas l'ombre d'une urgence dans un horizon d'indifférence. Alors ça frappe, à la porte d'entrée. Et elle râle, Eddie, parce que Théodore pourrait bien bouger son cul et aller ouvrir, parce qu'il lui doit bien ça... Mais elle ne mérite rien, et l'inconnu continue de frapper à la porte. Ses forteresses sont dures à escalader, les couettes, plaids et coussins qu'elle a savamment entassés pour n'être rien de plus qu'une montagne de coton et de polaire... Sans se presser, l'américaine finit par s'extraire de son lit et traverser l'appartement pour aller ouvrir. La gueule burinée de Reko vocifère déjà, de l'autre côté de la porte en bois, s'excite en des termes que le finnois encore un peu fragile d'Eddie ne lui permet pas de comprendre. « Calme-toi, bordel. » Et l'autre continue de ronchonner. « J'ai pas bu mon café, articule. » Le protecteur n'est pas de bonne humeur, sans doute à raison.

« Tu ne peux pas m'appeler au milieu de la nuit pour me raconter que tu as été enlevée par une louve de ma meute et ne pas décrocher quand je te rappelle, Eddie. »

A raison, donc. Le reste n'est qu'une longue conversation où les deux protecteurs échangent sur la nuit précédente, sur l'enlèvement, sur Ester. Et sur Teddy. Elle serre les dents, la brune, essaye de résumer les événements en évitant de s'attarder sur sa relation avec son alpha, sans pour autant cacher leur liaison. Il ne dit rien. Cette histoire ne le regarde pas et le docker préfère ne pas s'épancher en indiscrétions sur un sujet qui lui apparaît sensible. La cafetière tourne un moment, à mesure qu'ils enchaînent les cafés, qu'il essaye de déterminer comment elle va, la militaire qui se cache derrière son expérience de la guerre pour minimiser la gravité des faits dont elle a été victime. Le mot suffit à lui donner la gerbe. Elle n'a jamais subi, Eddie, s'est interdite de s’apitoyer sur son sort. C'est pas la mort, qu'elle dit. Qu'elle répète. Et l'autre acquiesce en silence.

« Il faut que tu vois l'Alpha. » Elle grince des dents. « Je suis obligée ? » Il n'a pas besoin de répondre pour qu'elle comprenne qu'elle devra aller s'expliquer, avant le procès.

Le soleil tremble un peu au dessus d'Oulou quand la jeune femme se dirige enfin dans sa chambre pour se changer. Ses doigts se figent sur le tissus de la chemise qu'elle n'a pas quittée depuis la veille... Et c'est comme s'arracher une partie d’elle-même que d'enlever ce vêtement. Lentement, elle dépose la chemise pliée sur son oreille, coule sa silhouette dans un jean, un pull noir épais et une paire de bottes en cuir. Les deux protecteurs quittent l'appartement en silence, pour rejoindre la meute rousse et son alpha. Pour préparer le procès de la connasse qui vient de balancer son existence entière dans un foutoir sans nom. « Faites-en ce que vous voulez, je ne veux plus en entendre parler. », qu'elle conclut. Elle ne veut pas être là, et le mâle comprend, hoche du chef, se gratte sa barbe du bout des doigts. L'Ordre sera représenté par un protecteur de confiance, tandis que Reko se refuse à la laisser seule, l'oblige à l'accompagner au café pour discuter. La pluie, le beau temps, la formation militaire et la traque se font la part belle dans cette discussion appartenant à un autre monde. Ils parlent du bon vieux temps, et puis des puces GPS, des hackers avec lesquels il faut travailler, des nouveaux flics arrivés en ville. Ils parlent un long moment et la nuit est retombée depuis longtemps lorsque l'ancien regarde son téléphone pour conclure au bannissement d'Ester, il y a des heures de cela.

« C'est terminé.
- Comme beaucoup d'autres choses. » Il est l'heure de rentrer. Ils sont un peu bourrés, vaguement titubants... Ils ont parlé en enchaînant les pintes de bière. Le finnois raccompagne l'américaine jusque chez elle, la serre même dans ses bras dans un geste si paternel qu'il en choque Eddie. Ridicule et seule. Reko l'autorise à s'échapper après l'avoir faite promettre de donner des nouvelles dès le lendemain. Elle n'a qu'une parole, la militaire. Disciplinée jusqu'à la moelle. Les marches semblent presque aussi hautes que son taux d'alcoolémie mais elle finit par arriver devant chez eux. Chez elle. Ou nul part. Tout est flou, comme son champ de vision dans un salon sombre où la télé est miraculeusement allumée. Il est rentré.

Prenant son courage à deux mains, elle décide d'être l'adulte de la situation et d'entamer un début de discussion, s'approchant du canapé... Pour découvrir un Teddy fort enlupiné. Alors elle se fige, prenant le temps de l'observer en croisant les bras sous sa poitrine. Il y a la nuit, la télévision qui grésille, sa fourrure qui luit sous la lumière blafarde. « J'espère que t'as conscience que c'est pas moi qui vais aspirer pour enlever tes poils du canapé. » L'écran n'arrive pas à attirer son attention, tandis qu'elle contourne le meuble pour le regarder. Il y a un putain de loup sur son canapé. « Tu fais chier... » Elle ne sait pas comment elle peut rester fâchée. Hier est encore tatoué à même son derme, mais elle s'assoit, à côté de lui, sans le quitter des yeux. Ses doigts viennent se perdre dans le pelage sombre, caressent le haut de sa tête, le grattouillent juste derrière l'oreille droite. « Tu penses qu'on va pouvoir discuter si tu restes comme ça, hein ? » qu'elle murmure. Lentement, elle vient se caler contre lui, l'obligeant à se décaler un peu tandis qu'elle se glisse entre son immense carcasse et les coussins pour mieux l'enlacer dans un soupir fatigué. « … Je pensais que tu viendrais me voir, ce matin. Ce midi. C'est normal de s'engueuler quand on est un... » Couple. Et merde. Elle ravale son mot, ferme sa gueule et reporte son attention sur l'écran. La présentatrice continue son histoire de rousse retrouvée à moitié bouffée et la coïncidence est trop belle pour en être une. Eddie se redresse un peu, sans lâcher son loup. La forêt est la bonne, l'horaire présumé du décès correspond à l'après procès. Elle soupire tandis que la blonde peroxydée parle de la ligne ouverte par la police locale pour l'occasion. « Tu es censé m'appeler quand tu as un cadavre à planquer. Et tu le sais. » Il pourra démentir ou grogner, peu lui importe. « Merci. » Parce qu'elle sait, et qu'elle dormira mieux. Parce que la guerre c'était déjà bien assez, qu'elle voulait pouvoir rêver. Parce qu'il l'a fait pour elle, peut-être un peu pour lui aussi. Et parce qu'elle sait, sans qu'il ait besoin d'avouer. Parce qu'elle le connaît comme si elle l'avait fait. Reprenant sa place sur le canapé, elle serre ses bras plus fort autour de lui, enfouissant son visage dans sa fourrure pour oublier le reste du monde. Et la soirée de la veille. « Me laisse pas... » Les mots s'échappent de sa bouche avec une facilité rarement égalée. Et elle s'accroche, à lui, à tout ce qu'il est, à la chaleur qu'il irradie et à ses poils couleur sauvage, son immensité en refuge pour sa carcasse et leurs amours d'un autre âge.



- Crazy Heart. And this ain't no place for the weary kind And this ain't no place to lose your mind And this ain't no place to fall behind So pick up your crazy heart and give it one more try
 
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Théodore Sullivan
+ Teddy.
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+ Américain, du moins était-il en Amérique, à Broadway précisément, lorsqu'il a été recueilli par son père adoptif.
+ Soeur cadette, Andrea.
+ Célibataire.

+ Ne connaît pas ses parents biologiques ; ses premiers souvenirs remontent à cette nuit, dans une rue pluvieuse, où son futur père adoptif a posé ses yeux fauves sur lui.
+ Mordu pour devenir un loup-garou dans sa meute d'accueil.
+ Survivant de sa première transformation.
+ Battu régulièrement par son père ; l'adolescence lui apprend qu'il n'a été recueilli que pour devenir une arme à la solde de l'alpha de sa meute, soit son paternel. Il a toujours subi les coups sans broncher, ce qui l'a renforcé.
+ Âgé de vingt-neuf ans, il a fini par se rebeller contre son père adoptif et à la suite d'un combat entre mâles d'une meute, l'égorge.
+ Devient l'alpha de la meute.
+ Avec les responsabilités, pèse sur lui la nécessité de la reproduction.
+ Réclame, et obtient, une année sabbatique afin de découvrir le monde avant de s'enchaîner à une meute dans laquelle il ne s'est jamais senti appartenir vraiment.


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Ses doigts dans son pelage le font trembler.

Il se laisse manipuler comme une poupée de chiffon. Il sent ses doigts qui s’enfoncent dans ses muscles, appuie sur sa chair, alors qu’elle le love tout contre elle, comme une peluche, le forçant à sortir le nez de ses pattes moelleuse. Il ne réagit pas. Il n’en a pas la force. Il ferme ses yeux noirs de jais, son souffle fait ployer les poils de son poitrail. Même les gratouilles derrière ses oreilles, son péché mignon, ne parvient pas à atteindre son cœur déchiré. C’est fini. Sa propre voix résonne encore à ses oreilles, alors qu’il lâchait sa fatalité dans le microphone de son téléphone. Il tient ses sentiments à distance, enfoui tout au fond de sa carcasse lupine, il ne perçoit la jeune femme qu’au travers de ses sens sauvages, son odorat surdéveloppé qui inspire son parfum de bois et de neige, de froidure du vent et d’alcool, et, tout au fond, là, dessous, cet effluve suave, un peu épicée, qui lui colle à la peau ; son ouïe, qui capte sa respiration disharmonieuse et les battements précipités de son cœur ; le goût du sang sur sa langue, sur ses crocs, l’élasticité de la chair qu’il a arraché au cou de sa proie. Puis, d’un seul coup, il éternue, fronce le museau et constate qu’effectivement, il a laissé des poils partout. Sur le canapé, sur ses jambes.

Il veut se dégager. C’est fini. Il veut partir, s’en aller, loin, courir, galoper, sentir le vent dans son pelage et la terre sous ses pattes, voir la forêt défiler en une fresque floue de couleur, éclabousser ses yeux à la vision accrue des rayons du soleil et enfouir son nez dans la neige.

Mais elle parle, et il se fige, dans ses bras. Elle veut parler, lui reproche de s’être métamorphosé, et il grogne, mais se voit coupé dans l’élan par ce mot qui n’est pas dit et qui flotte et qui l’écorche. Ça résonne entre eux. Et c’est comme le déclencheur d’une bombe, qui explose, soudainement, d’un coup. L’élan de son humanité percute son animalité, l’écrase, la domine ; et fi des douleurs, de la souffrance, des craquements de ses os et de la rupture de ses muscles, alors qu’il reprend forme humaine si rapidement qu’il semble simplement s’être transformé, en une seconde, comme dans les contes.

Il est nu comme au jour de sa naissance, mais la pudeur n’a pas sa place au sein d’une meute. La nudité n’est pas un tabou. Son corps exposé ne lui inspire aucune honte, sa chair encore palpitante de sa métamorphose, ses os encore un peu mal ressoudés pour certains. Il a quelques doigts tordus, des griffes encore à moitié formées lorsqu’il pose ses mains sur les joues de la jeune femme, le souffle court, le cœur cognant contre sa poitrine. Il est à genoux sur les coussins du canapé, et il est si proche d’elle qu’il peut sentir sa respiration contre sa peau.

« Je ne veux pas m’engueuler avec toi. Je ne veux pas t’appeler quand j’ai un cadavre à planquer. Je ne veux pas te laisser. » Ses pouces caressent les pommettes d’Eddie. « Je ne veux pas que tu sois ma protectrice. » Ses prunelles claires sont si intenses, si pénétrantes. Il a l’impression d’avoir le souffle bloqué dans sa gorge, mais en même temps, poussé par des ailes qu’il ne s’est jamais connu. « Je veux que tu sois ma compagne. Ma moitié. Celle pour qui je mourrais. » Les loups avaient des liens si fusionnels, si puissants, qu’un couple formé ne se dissout que par la mort. Demander à l’autre d’être son compagnon, sa compagne, n’avait rien d’anodin ; ce n’est jamais la question d’un adolescent à son béguin, ou la promesse futile devant un autel factice. C’est un sacre. Un serment. Une renaissance.

C’est l’accomplissement de toute une vie.

« Je t’aime, Eddie. Je t’aime tellement que j’en crèverai un jour. Je suis déjà mort, d’ailleurs. Mort depuis hier. Je ne peux pas… je ne veux pas endurer ça, encore. Je ne veux pas te redire ces mots, je ne pourrais pas le supporter. J’ai fait des conneries, Eddie, j’ai tellement voulu te retenir quand tu es partie et j’ai tellement été égoïstement heureux de te voir revenir parmi nous, j’ai tellement envie de te faire l’amour chaque soir pour te révérer encore et encore. Je veux que tu sois la mère de mes enfants et je m’en fous si jamais tu n’en veux pas, tant pis, tant que tu es là. » Il prend une respiration qu’il a rarement prise pendant sa tirade. Il a l’esprit confus. Le cœur au bord des lèvres. « Je ne peux pas être un alpha si tu n’es pas avec moi. »

Ses mains glissèrent sur son cou, sur ses épaules, et emmêlèrent ses doigts aux siens, sur leurs jambes. Il baissa la tête, la nuque courbée. Il inspira à fond. « C’est tout ce que j’ai à dire. »
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Elena
« Eddie »
Dwayne





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LE LOUP & LA LIONNE


« People like you make people like me so fucking nervous
But I'm calm on the surface, yeah
What's wrong with the world and how'd we get so cold
Oh we don't deserve this, we need something to worship, yeah
If our time came back around tell me, would you hear me out
If we knew what we know now »

Il y a du pathétique, dans cette scène, Eddie en est convaincue à s'imaginer ainsi accrochée au pelage de Théodore, pâle et épuisée, bourrée jusqu'à la moelle, à le supplier de ne pas la quitter quand elle est incapable de le laisser s'approcher. Quand elle l'a repoussé précisément parce qu'elle avait peur qu'il puisse à nouveau la blesser. Encore ou davantage. Alors pathétique, oui, très certainement, à ne pas savoir se reconnaître, à ne plus vouloir imaginer la scène qu'elle lui offre, avec ses deux grammes et son désespoir auto-infligé. Il la surprend, pourtant, tandis qu'il lui échappe et qu'à l'odeur du Loup succède celle plus humaine et nue de son derme d'homme. Vertiges et émotions s'entremêlent à mesure qu'il la brûle de ses prunelles et que la réalité lui échappe. Un sourire écorche les lèvres féminines lorsque les doigts de Teddy s'empare de son visage, lorsqu'enfin quelque chose de familier redonne un sens à son monde, juste avant qu'il ne s'effondre, sans violence ni fracas. « Je ne veux pas m’engueuler avec toi. Je ne veux pas t’appeler quand j’ai un cadavre à planquer. » Je ne comprends pas. Et elle a envie de s'enfuir, elle aussi, de tourner le dos à ce futur proche trop moche qu'elle se figure suivre après les paroles de Théodore, pour ne pas l'entendre la congédier. Elle préfère crever, Eddie. Elle préfère juste en crever. « Je ne veux pas te laisser. Je ne veux pas que tu sois ma protectrice. » L'ascenseur émotionnel est d'une telle violence qu'elle n'est pas certaine d'y survivre, l'humaine, alors qu'ils se baladent en eaux troubles, quelque part entre le merveilleux et l'abominable des mots dont il l'abreuve. Parce qu'elle n'aurait pas supporté qu'il la laisse. Parce qu'elle ne supporterait pas de ne plus être sa protectrice. Parce qu'elle n'est que ça et qu'il la soulage et la brusque, tour à tour, sans interlude ni transition. « Je veux que tu sois ma compagne. Ma moitié. Celle pour qui je mourrais. » Holy shit. Et le souffle lui manque, leur manque, quand l'honnêteté de l'instant emprunte autant à la tendresse qu'à la violence. Et elle reste immobile, la protectrice, parce qu'elle ne sait pas quoi foutre de sa carcasse.

« Je t’aime, Eddie. »

Il y a de l'évidence, dans cette scène, Eddie en est étourdie en réalisant qu'il lui dit qu'il l'aime sans le lui hurler à la gueule pour la première fois... Et que ça fait tellement plus sens que toutes ces autres fois. Et ces choses qu'il dit, après, sur leur dispute, sur son départ et sur son retour, toutes ces choses qui viennent apaiser son âme écorchée à vif depuis la veille, martyrisée depuis tant d'années. Et ça se bouscule, dans sa tête, dans sa bouche, dans son cœur, dans ses putains de tripes qui s'agitent au creux de son ventre.  « Je ne peux pas être un alpha si tu n’es pas avec moi. » Je ne peux même pas être, si tu n'es pas avec moi. Elle n'est pas, quand il n'est pas là. Peut-être que ça la dépasse, tout ça, peut-être que c'est trop pour elle, qu'elle est trop fatiguée, qu'elle avait arrêté d'espérer, d'attendre. Sans doute même qu'elle avait abandonné... Alors Eddie se met à pleurer, perdue et soulagée, plus émue qu'elle ne l'a été depuis une éternité. « C’est tout ce que j’ai à dire. » Et un rire lui échappe, étranglé dans le fond de sa gorge. Et son front s'écorche à l'angle de sa mâchoire, dans une caresse presque animale. Intime.

« Mais tu dois... » elle souffle, la voix enrouée et le cœur au bord des lèvres. « Tu dois m'appeler quand tu as un cadavre à planquer. Parce que je suis ta protectrice. » Une vague question l'interroge au milieu de la tornade et des vertiges. « Et on va s'engueuler. » Pourquoi faut-il toujours qu'ils parlent lorsqu'elle est bourrée ? Parce que le tournis d'émotions et de sentiments dans lequel il l'a plongée n'a de cesse de lui faire tourner la tête, et le reste. Bouge pas. Elle ne le dit pas, tandis que son cœur l'achève, à vouloir lui sortir du corps, et qu'elle se carapate avec une agilité remarquable pour ses deux grammes jusqu'aux toilettes de sa salle de bain, au creux desquels son estomac s'allège de litres d'alcool qui n'ont pas leur place dans la délicatesse de leur monde... Une vraie princesse, Eddie, elle qui gerbe tripes et boyaux, retournée par un trop plein d'émotions que ni le whisky ni la tequila n'ont su anesthésier. Son système digestif délesté, la jeune femme se redresse pour attraper sa brosse à dents et la coller dans sa gueule après l'avoir enduite de dentifrice, réapparaissant dans le salon, adossée à l'encadrement de la porte de sa chambre. La femelle a la nonchalance d'une créature qui se brosse les dents. Mais elle a des choses à dire, elle aussi, et reprend le fil de ses pensées pour ne laisser aucun malentendu s'installer, s'efforçant d'articuler. « Je suis ta protectrice, et je ne laisserai personne d'autre que moi faire ce job parce que je refuse de confier ta sécurité à des incompétents. » C'était la première chose. « Et on va s'engueuler, c'est certain. Parce que ça veut dire qu'on en a quelque chose à foutre. Je ne m'engueule qu'avec toi, tu sais. Les autres m'indiffèrent trop pour que je me fatigue avec ça... » Il était le seul. Il avait toujours été le seul. « Je ne vois pas en quoi ça nous empêche de nous aimer, bien au contraire. » C'est presque naturel, lorsque les mots franchissent enfin la frontière de sa bouche et qu'elle se dirige vers l'évier de la cuisine pour cracher son dentifrice et se rincer le fond de la gorge, se redressant en essuyant ses lèvres du revers de la main. Il n'a pas idée des cavalcades qu'il impose à son cœur derrière tout ce calme qu'elle affiche, avec sa brosse à dents et son putain de dentifrice. « Moi aussi, je t'aime. » qu'elle avoue finalement, osant poser ses prunelles dans les siennes, contournant même le comptoir de la cuisine pour se rapprocher du canapé dans un élan de courage que sa sensibilité ne lui connaît pas. « Je t'aime tellement que ça me fout des idées de mariage et d'éternité... Alors que j'ai pas le droit. » Parce que la meute la tuera dès qu'elle le saura, sans l'ombre d'un putain de doute. Mais qu'elle s'en fout. Qu’est-ce qu'elle s'en fout, bordel...



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