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 « We watch as our young hearts fade. » (C&A)

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Sha
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Cadmos Carrow
J'ai 17 ans et je vis à Willow's Vale, entre le Norfolk et le Lincolnshire. Dans la vie, je suis étudiant et je m'en sors plutôt bien.



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Couleur de dialogue :
Cadmos #632525
Phobos #416325
Ariane #815685  
Adonis #32347a
Médée #1b547d

Les yeux cramoisis du plus jeune ne lâchent pas son aîné. Au contraire même, pour la première fois peut-être son regard se fait incisif. Il aimerait plonger dans le fond de l’âme d’Argès pour lui tirer tous les souvenirs heureux, ou juste la mémoire d’Aella. Il aimerait, mais il se retient autant qu’il le doit.

« Tu entends ça, ma chérie ? Cadmos a retrouvé sa langue. »

Le gosse a un petit sourire de rien du tout, un peu en travers, un peu pincé. Il est tendu, mais il ne devrait pas, pas vrai ? Il n’a rien fait de mal. Il ravale juste sa salive et finalement, Argès lui impose la marche à suivre. Cadmos ne dit rien. Il les suit simplement du regard sans rien tenter, sans rien oser. Au mieux, ses iris perçantes détaillent affectueusement le dos de la jolie blonde. Il remarque qu’elle marche mieux qu’il ne l’aurait cru. Il imagine que c’est grâce à la crème qu’il lui a laissé, et son sourire se fait plus sincère, plus chaud, à l’abri de tous les regards curieux.

Finalement, l’enfant suit le cortège de quelques mètres derrière. Il est silencieux et discret, comme à son habitude. Une ombre dans la masse de gens qui s’imposent, dans tous ses Carrow qui transpirent un charisme écrasant comme son père, ou encore son oncle. Lui ne dit rien, au mieux, il jette de temps à autre un regard vers Argès pour mieux capter les yeux clairs d’Aella. Il ne sourit plus, mais à chaque fois qu’elle croise son regard, il s’apaise un peu. Ses yeux lui donnent des caresses jusqu’au fond de l’âme. C’est doux. Cadmos se fait docile, et ne contrarie personne, pas même son père quand il le présente une énième fois à la famille Carver qui vante la beauté de leurs filles.
L’oeil de Cadmos se fiche bien des jumelles Carver. À ce moment-là il ne voit que par elle, que par ses yeux d’eau, par ses billes de saphir qu’il rêverait de n’avoir que pour lui.

Il se rapproche un peu naïvement, parce qu’on le bouscule, parce qu’ils se pressent tous comme des bêtes savantes, comme un troupeau informe. Ils font tous bonne figure, même lui dans son petit habit bien guindé. Il se sert un moment, avant de sentir frôler ses doigts une épiderme chaude. Il n’a pas besoin de regarder, il sait bien. Il la touche du bout de l’index, non sans avoir un sourire un peu bête.
Soudain c’est la fin. On s’écarte pour ouvrir un chemin à Aella jusqu’à son bourreau. Cadmos aussi s’écarte, et ses yeux la suivent sans un mot. Il n’a pas son mot à dire. Ce n’est ni sa femme, ni quoi que ce soit.
Qu’est-ce qu’il peut faire, si ce n’est regarder ?

Comme il la regarde qui tombe dans les bras d’Argès.

Tout le monde forme une ronde parfaite autour d’eux, oubliant un instant le petit Cadmos Carrow. Ses doigts sont glacés, et avant même qu’il ne le voit, ses ongles sont devenus noirs. La fureur l’envahit. Qu’est-ce qui l’empêcherait de tous les écarter et de la récupérer rien que pour lui ?

Soudain, la chose le frappe de plein fouet. Peut-être parce qu’elle est allée s’échouer dans ses bras à lui ? Il reste un petit instant encore, alors qu’on s’agite, qu’on crie, qu’on appelle quelqu’un. Cadmos finit par tourner les talons et sur son visage, il n’y a plus une once de sentiment. Toujours ce même masque, dur et froid qui n’appartient qu’aux dignes héritiers.

…*…

Dans la maison, il y a le silence le plus complet. Tout le monde se regarde alors que le médecin ressort silencieusement de la petite pièce. Il n’a pas l’air inquiété, aussi tout le monde se détend légèrement. Jonathan Hatcher décroche de son visage ses lunettes rondes et avec un sourire pincé se tourne vers Argès Carrow :

« Madame Aella a été pris d’un malaise, mais ce n’était rien de très grave. Pour ainsi dire, c’était même tout à fait normal. Sa condition l'a fragilisée. Il faudra la renforcer dorénavant. » Devant les regards médusés de l’assistance, il se racle légèrement la gorge et reprend : « Je veux dire par là... Que Madame attends un heureux événement. Ce qui lui causera des nausées et des vertiges si elle ne fait pas attention à elle. Mes prescriptions sont... »

Cadmos a relevé les yeux juste pour entendre ça. Il n’a pas écouté le reste. Il est sourd depuis. Du moins, il n’y a qu’un immense bourdonnement dans ses tympans, comme si quelque chose frappait très fort à l’intérieur, résonnait dans tout son corps. Est-ce son cœur qui fait ce bruit là ?
Il ravale sa salive et tourne son regard vers la porte derrière laquelle Aella est encore inconsciente à ce qu’il a cru comprendre. Il n’a pas envie d’aller la voir. Son corps est froid. Glacé.

« Cadmos ? » C’est la voix de sa mère qui le sort de sa torpeur.
Il relève les yeux vers elle.
« Tu peux disposer. On va attendre qu’Aella se réveille, mais tu n’es pas obligé de rester. »

Il hoche la tête et se retire aussitôt comme un animal qui se serait blessé. Comme une ombre, il disparaît plus vite qu’il n’est apparu et se réfugie dans la vieille grange au fond du jardin de son père, il s’y enferme et respire profondément. Ses yeux sont plantés en face de lui, sur les multiples cadavres qui s’entassent sur la table.

Pourquoi est-ce que ça lui fait aussi mal ?

... * ...

Les pas de l’homme sont lents. C’est lent et maîtrisé, un peu à sa façon. Il entre à la suite de son père dans la demeure d’Argès, suivi par le cortège des êtres qui se ressemblent et se détestent à la fois. Adonis et Médée sont toujours de concert, aussi ils ont un petit «ooh» adorable quand il voit le nouveau-né qui trône dans son berceau. C’est officiellement le jour des présentations pour l’héritier d’Argès.
C’est peut-être les hormones, se dit Cadmos. Après tout, ça ne fait que cinq mois qu’Ariane a accouché, et le petit garçon qu’elle tient tout contre son cœur est la preuve qu’il existe au moins assez d’amour pour donner la vie chez les Carrow.

Le regard noisette de Cadmos tombe sur la jeune Aella qui est derrière le berceau et derrière son mari. Elle a pris un peu de poids, sans doute à cause de la grossesse, même si elle ne semble pas plus fatiguée qu’avant. Elle a toujours eu cet air un peu pitoyable sur le visage. Le plus jeune des Carrow s’en rend compte désormais, parce qu’il ne l’a pas revu depuis trois mois environ. Parce que ses visites intempestives ne plaisaient pas à Argès. Parce qu’Aella l’a choisi lui. Pourquoi aurait-il continué à se briser contre ses remparts ?

Il a cessé de venir, mais il n’a pas cessé de ressentir.

Subtilement, il laisse son esprit vagabonder, entendre les uns et les autres, leurs pensées, leurs messes basses. Assis dans le fauteuil en face d’Aella, il refuse cependant de se plonger en elle en particulier. Ces derniers mois l’ont un peu changé. Il est un peu plus dur Cadmos, surtout avec les siens, mais surtout, il ne se refuse plus de la regarder, tout juste de l’écouter.

Parce qu’aucun mot venant d’elle ne saura soigner ce qui est en lui, ce trou béant, là.




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Nimue
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Aella
Carrow

J'ai 18 ans et je vis près de marais répugnants, dans le sud de l'Angleterre. Dans la vie, je suis femme au foyer désespérée et je m'en sors assez mal, mon mari dilapidant la fortune qu'il gagne aussi vite qu'il la perd. Sinon, grâce à ma malchance, je suis mariée et je le vis dans une détresse silencieuse.



COULEUR DIALOGUE :
Aella : # 427784
Argès : # 847A42


Ashley Smith © january cosy
Elle a l’air absente, Aella. Bien sûr, comme personne ne la connait vraiment, on peut mettre cela sur mille causes rationnelles, sur sa nature de petit être pitoyablement fragile aussi, qui a toujours cet air de loutre déprimée. On dit souvent que la maternité révèle une femme ou qu’une femme se révèle quand elle devient mère mais elle, elle reste là, immobile, presque inerte. Elle ne dit rien, ne paraît même pas ressentir, n’a pas un regard pour cette progéniture si providentielle, un fils, pour un premier enfant, en bonne santé. Ca n’était pas gagné, n’est-ce pas ? Après tout, elle n’était pas bien vaillante, la gamine des Merriwick. Elle ne l’aime pas, cet enfant. Elle n’en veut pas. Sa seule utilité a été de la préserver des mauvais traitements, des dépenses folles d’Argès qui devait bien veiller à ce qu’elle soit assez solide pour le mettre au monde, ce môme. Et ces ‘oooh’, c’est ‘aaah’, ces ‘qu’il est mignon’ ou ‘comme il ressemble à son père’ l’irritent. « Agon. Il s’appelle Agon. » finit-elle par souligner, parce que cette créature n’était pas un ange, pas un joli petit fruit d’amour et, à dire vrai, Agon Carrow sonnait bien. La signification était incongrue, si caractéristique d’un humour grinçant que jusque là, n’importe qui aurait pu jurer d’un choix paternel - à l’évidence, non, c’était sa décision, l’unique qu’elle avait le droit de prendre. Ca et refuser d’allaiter le bébé qu’elle ne voulait pas toucher. Quelque chose de sa douceur naturelle était mort dans cette chambre, dans le sang versé pour donner un héritier.

Argès a un rire nerveux. C’est bien la première fois que le petit bout de femme paraît parvenir à le mettre réellement mal à l’aise en public, le faire tomber de son incurable supériorité. « Les hormones… » Il y’a trop de monde et c’est un jour trop important, il est sobre, il fait bonne figure un instant mais elle bouge, se défait de la place qui doit être la sienne et le geste part plus vite que la réflexion : il se saisit de son bras et la gifle claque si fort sur sa joue qu’elle s’entend par dessus les conversations. A cet instant précis, elle sent l’illusion de liberté lui échapper, la tranquillité s’effondrer ; il n’a plus de raison de la préserver, plus aucune de la garder, la spirale va reprendre, comme avant.

Et il y’a une pensée qui traverse Argès, un souvenir de cette fois où il a manqué lever la main et où la jeune épouse a tourné la lame d’un couteau vers son ventre rond, dans une menace si déterminée qu’il y’a a cru, qu’il a reculé, rendu les armes. Elle l’aurait fait, il en est sûr, comme elle avait avalé le thé. Il sait que la fragile a des sursauts de désespoir, qu’elle en devient imprévisible - elle n’a rien de folle, elle est malheureuse. Il n’a pas l’explication, il a seulement cette image imprégnée dans le crâne qui revient, avec violence, quand elle relève ses yeux bleus sur lui. Des yeux embués de larmes retenues. Et si elle était capable de tuer Agon, maintenant ? Et puis il se rassure, intérieurement, il se dit qu’elle n’est pas une Carrow, qu’elle pliera avant, comme toutes les femmes plient pour leurs enfants.

Agon. Elle avait osé graver dans une identité ce qu’était et ce que serait sa vie, jusqu’à la fin, la sienne et, elle n’en doutait pas, celle du petit.

Cadmos ne venait plus. Cadmos n’était plus là pour apaiser son coeur. Cadmos ne venait plus sauver son coeur. Même ici, même dans cette pièce, il était lointain.
Alors elle le laissait simplement disparaître dans la tristesse quotidienne, devant l’indifférence crasse de chacun, ce myocarde.

…*…

C’est arrivé un jour d’hiver, quelques semaines plus tard. Elle a pris l’enfant dans ses bras, l’a emmaillotté dans des couvertures de laine, dans une urgence telle qu’elle n’a pas pensé une seconde à se couvrir elle de plus qu’une grande chemise de nuit informe. Il fait froid dehors, froid à en glacer les étendues d’eau. Elle n’aime peut-être pas Agon comme une mère est supposée aimer son enfant mais elle ne peut pas laisser faire. Elle a un bleu qui s’étend sur la mâchoire, la lèvre fendue qui saigne et probablement le poignet bien mal en point mais elle n’y fait plus attention. Elle sort, les pieds nus, indifférente, l’adrénaline dans les veines. Il ne va pas mettre longtemps à s’apercevoir que le bébé ne hurle plus à pleins poumons. Elle se presse dans l’obscurité, regrette que ses talents magiques ne soient pas assez grands pour prendre le dessus mais elle se fie, étrangement, à son odorat, aux sons sur le chemin pour se repérer, à sa mémoire du chemin. Elle met à l’épreuve les quelques dons de la nature. Elle a l’impression de errer une éternité, à pas pressés, manquant plusieurs fois de tomber. « Chhh. Par pitié.. Agon, chh. » Elle le serre contre elle, plus fort, prie toutes les entités du monde qu’il ne se remette pas à crier de plus belle. Et elle atteint enfin la demeure visée. Elle tremble, parce qu’elle est frigorifiée, qu’elle ne sait plus où elle puise la force de fuir. Et elle cogne, Aella, elle cogne contre la porte d’entrée. « J’vous en supplie, ouvrez ! » Ce n’est pas assez tard pour que tout le monde dorme mais c’est incongru parce que la nuit est tombée vite, que personne ne dérange une famille à cette heure. « Madame Carrow ! » Par réflexe, elle en appelle à la mère, à quelqu’un qui peut-être n’aura pas le coeur trop dur et consentira à lui venir en aide, même si elle est l’invisible belle-fille, même si elle a un comportement qui peut déplaire. Le silence la fait pleurer, de peur, de cette peur viscérale qui vient bouffer la raison. « Cadmos.. ? » Elle ignore pourquoi elle se dit que lui entendra, que lui pourra peut-être, plus qu’un autre, venir. « Il faut protéger mon fils, s’il vous plaît.. » La voix est brisée, étouffée mais elle ne le réalise pas, elle n’entend même pas sa respiration qui siffle des traitements qui lui ont été infligés toute la soirée. Argès a l’alcool mauvais, extrêmement mauvais, la violence dans les veines.
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Sha
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Cadmos Carrow
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Le fossé s’est creusé au fil des semaines, au fil des mois. Il ne sait plus vraiment s’il l’aime ou si elle est un ange, une obsession, voir un fantasme rêvé, idéalisé. Il a cru qu’il l’aimait vraiment, mais comme Icare s’est approché trop près du soleil, il s’est approché trop près de ses beaux yeux. Elle aime Argès. Elle aime sa vie de famille, la sécurité du Manoir, ses vieilles pierres, et son frère. Lui ne la veut que parce qu’elle ne lui appartient pas. Il n’y a aucune autre raison à ça, et il ne peut y en avoir. Le «coup de foudre» n’est qu’une immense arnaque. Si ça existait, ça ne ferait pas aussi mal. Ce serait comme l’électricité, ça viendrait et ça partirait. Il n’aurait qu’à regarder Cassiopée Carver ou encore de sa jumelle encore plus fade qu’elle - Circée Carver. Il se fiche de tout le monde, il ne veut qu’elle, et elle ne veut pas de lui.
Parce qu’elle doit savoir au plus profond d’elle qu’il n’est qu’un énième Monstre Carrow, un abominable petit plaisantin de la mort et du savoir obscur, cent fois plus dangereux que son mari actuel. Il ferme les yeux et soupire, comprenant que tous ses espoirs pour ne pas y penser sont vains. D’un geste nonchalant il pose sur la petite table d’opération ses instruments et laisse reposer la cervelle fraîche et molle, d’un joli bleu-violet. C’est une cervelle d’elfe comme on en voit peu en général - car faut-il encore trouver un elfe et monter toute une opération autour de ce dernier. Ce n’est pas une acquisition très légale mais le seul moyen de travailler en profondeur son «don». Décortiquer le passé de l’homme à qui a appartenu cette cervelle ne fut pas un jeu d’enfant, mais Cadmos a désormais assez d’expérience pour naviguer sans difficulté dans les méandres de l’esprit. Il connaît par cœur la Mnémosyne, salle immense et virtuelle où se trouve les Piliers de la Mémoire, architectures complexes et changeantes de ce que les choses ont été et de ce que l’on a retenu des choses de la vie.
C’est éreintant, mais satisfaisant. Il finit par débrancher l’appareil qui maintenait jusqu’alors en vie l’étrange cervelle décortiquée et sans un regard en arrière,il la jette finalement dans la poubelle, la refermant proprement afin qu’aucun petit diablotin, lutin ou encore gnome sanguinolent ne vienne gratter à l’intérieur. Il nettoie avec minutie la table et les outils, les stérilise.

Son attention cependant s’échappe un court instant, quand il n’entend plus que des coups à l’extérieur. Il se fige d’abord, persuadé un court instant que l’on vient pour lui, pour l’étrange marché noir qui s’est construit ses dernières années au sein du Wash, puis finalement s’active, car il reconnaît la voix. Avec une certaine précipitation - lui qui est d’ordinaire si appliqué - il laisse en plan les trois magnifiques scalpels sur le rebord de l’évier et sort de la petite pièce qui donne sur le couloir principal de la demeure de Willow’s Vale.
Il n’a pas besoin d’ouvrir la porte pour savoir qu’il s’agit d’Aella et suppliant Ariane d’ouvrir. Il reconnaîtrait sa voix entre toute. Il se fige, parce qu’il ne comprend pas. Le spectacle est étrange, irréel, mais il ne rêve pas. Il fait un froid à geler les morts, et elle supplie à la porte de le demeure de ses parents.
Le jeune homme reste de longues secondes à être figé dans le hall de la Maison. Il ne sait pas quoi faire, il regarde furtivement à de nombreuses reprises ses mains. S’il ouvre cette porte, que fera-t-il ? Est-ce qu’il supportera de nouveau qu’elle lui choisisse, lui préfère Argès ? Il sent son estomac qui se tord et ses yeux cramoisis se dardent sur la porte qui le sépare d’elle. Il le vit comme une torture.


« Cadmos.. ? »
Sa gorge se serre mais il a fait un pas. Le pas de trop, celui qui ne s’arrêtera plus d’approcher, attiré comme un ange près d’un soleil trop lumineux, trop chaud. Il va s’y brûler, il le sait, mais il pose sa main sur la poignée de la porte et l’ouvre. Il déglutit péniblement, parce qu’il n’y a personne dans le Manoir. Ils sont tous chez les Donovan, pour un baptême auquel il a refusé d’aller. Ils ne rentreront que dimanche. Il est seul, face à elle, et à ce bébé qu’elle tient fermement contre elle. Face à ce bébé qui lui rappelle combien il a perdu face à Argès.
« Aella... Qu’est-ce que tu fais... »
Ce n’est qu’un murmure qui s’échappe de ses lèvres alors qu’il recule, non pas pour fuir, mais pour la laisser entrer à l’intérieur. Ses yeux jettent des regards vifs et perçants entre les troncs, paniqué à l’idée d’y voir la silhouette de son frère. Que dirait Argès s’ils les voyaient ici ?

Il dit que je couche avec toi, Cadmos. On va le croire lui, pas moi.

« T’es en sang... » Il ne s’inquiète pas pour l’enfant. Il ne veut pas s’inquiéter pour ce qui lui jette à la figure qu’elle n’est plus si pure cette enfant, qu’elle a bien connu les draps de son frère, et Cadmos sait ce qu’Argès fait aux petites filles qui se perdent entre ses bras. Il ferme les yeux, se mordant l’intérieur de la joue. La douleur le ramène à terre. « Tu devrais te réchauffer... Dans le salon... »
Il ouvre la marche, parce qu’il ne veut pas rester comme ça, planté dans l’entrée. Il ferme la porte, un peu brusquement, avant de se faufiler comme une ombre dans les couloirs obscurs. Aucune chandelle n’éclaire le chemin, mais il le connaît par cœur ce Manoir. C’est ici qu’il a fait ses premières expériences. Qu’il a eu ses premiers cauchemars.
« Mes parents ne sont pas là ce soir... » Dans la pénombre, ses yeux brillent, mais rapidement il démarre un feu chaud dans la cheminée. Les flammes dansent dans ses prunelles, mais il reste à distance. Il ne veut pas s’approcher, parce que s’il s’approche... « Tu devrais essuyer. » Il se sent de plus en plus mal. De plus en plus livide. « Le sang. » Il a du mal à déglutir. « Le sang. Tu as du sang. »
Il est incapable de réfléchir correctement. Il ne voit que ça. Que cette goutte carmine sur ses lèvres délicieuses, mais il ne veut pas être un énième Argès. Il est un Monstre c’est vrai, et un Monstre ne s’approche pas de ce qui brûle.




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Nimue
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La porte s’ouvre. La porte s’ouvre enfin et elle a la sensation qu’il s’est écoulé deux éternités depuis qu’elle a pris la fuite du manoir miteux de son mari. « Aella... Qu’est-ce que tu fais… » Elle ne sait pas bien quoi lui dire alors qu’il s’écarte afin de la laisser entrer. Elle n’a plus les mots, plus les réponses, elle a répondu à un instinct de survie qui n’a jamais été plus violent que depuis qu’elle a Agon. Voilà ce qu’être mère a réveillé, chez elle : la survie. Certaines se dévoilent plus douces, plus compatissantes. Elle, elle n’a que ça à offrir : une bataille pour permettre à cette petite chose de ne pas en subir trop, et ce trop vite. « T’es en sang… » Ca ne la fait pas réagir. Elle a froid, c’est tout ce qu’elle ressent maintenant qu’elle n’est plus seule, qu’il y’a un autre toit qui se déploie au-dessus de sa tête. « Tu devrais te réchauffer... Dans le salon… » Elle le suit comme l’animal blessé qu’elle est. Elle n’a pas peur de cet endroit, pas comme la première fois qu’on l’y avait laissé, avec le recul elle se dit qu’elle y avait été plutôt heureuse, qu’elle y avait presque une vraie famille. Son regard se promène dans l’obscurité et elle choisit de s’approcher du canapé dont elle bouge des coussins, improvisant une sorte de berceau entre lequel poser l’enfant qui baille, qui ne chouine déjà plus - le silence de l’endroit est si loin des hurlements presque perpétuels. Entre les couvertures, elle avait glissé un biberon vide qu’elle abandonne sur le premier petit meuble qu’elle trouve. Elle est dans une retenue terrible, la jeune femme, lorsque son visage se tourne à nouveau vers Cadmos.

« Tu devrais essuyer. » Les flammes de la cheminée sont une bénédiction. Elle se rappelle qu’il avait voulu la réchauffer, des mois plus tôt. Elle ne réagit pas vraiment, toujours pas, un peu sous le choc de la soirée. « Le sang. » Elle fronce les sourcils, elle ne savait pas qu’il était répugné par le sang - c’est ainsi qu’elle l’interprète. « Le sang. Tu as du sang. » D’un revers de sa main qui n’est pas douloureuse, elle essuie ce qui perle de sa lèvre. Les Carrow, ils avaient une réputation. Avant son mariage et même un peu après, elle s’était montrée craintive, effrayée par leurs curieux comportements, leurs goûts à la limite de la normalité sur certains sujets. Le sang, ça ne lui faisait plus rien. La mort, presque plus non plus. Celle des autres ou la sienne, ça ne la secouait plus autant que ça le devrait. Sa peur terrible venait de toutes les douleurs qu’on lui infligeait, du fait que le calvaire ne pouvait pas en finir ; elle ne voulait pas cela pour Agon, aussi faible et brisé soit son amour pour lui.

« J’ai.. j’ai pas voulu, Cadmos… » Il y’a du dégoût dans son coeur. Et Cadmos, lui.. elle le trouve beau, Cadmos. Il lui apparaît toujours comme un ange. Un ange sombre, paré de plumes noires mais attirant, protecteur. Elle a un peu honte, qu’il soit seul, que ça soit à ses pieds qu’elle doive jeter son coeur abîmé, vêtue de cette chemise de nuit sans forme tachée par une longue trace sanguine laissant supposer qu’une blessure se cache dessous, sur le ventre féminin. « J’ai cru qu’il me laisserait tranquille si je lui … si je lui donnais un fils. J’ai cru que j’aurais plus jamais à… » Elle pleure, de façon incontrolable, une véritable rivière de peine et de refus. « Il a dit qu’il allait me tuer. Je suis pas une Carrow, il a le droit. » Ca revient, encore, preuve qu’il le lui répète souvent, Argès, jusqu’à overdose, pour être sûr qu’elle ne se sente jamais en sécurité, pas même en portant son nom. « Je sais pas pourquoi j’ai mordu.. c’était stupide.. j’aurais dû laisser faire, pour pas qu’il veuille toucher Agon… »

Elle se retrouve contre Cadmos, à noyer ses pleurs dans ses bras. Elle s’y est réfugiée, spontanément, cachant sa tête blonde contre son torse. Il est légèrement plus jeune qu’elle mais il est plus fort, plus solide. Il lui donne cet incroyable sentiment de sécurité, qui rampe jusqu’à son coeur chaque fois qu’il est tout près. « J’en voulais pas.. j’ai essayé, dans du thé.. belladone.. ciguë.. merriwick. » Dernier choix pour le moins ironique, que cette plante si peu connue, dont chaque membre de sa famille gardait des graines en cas de nécessité absolue. Les doigts se referment sur le tissu, parce qu’elle ne veut pas qu’on la détache de lui et de sa chaleur, même si elle avoue avoir tenté par deux fois de s’éliminer, elle et l’enfant qui n’était pas encore né à ce moment là. « Il m’a forcé à recracher.. il me soigne juste pour pouvoir continuer à me.. faire tout ça. Je veux pas.. j’peux plus… » Si seulement elle avait pu vraiment le boire, son thé, le savourer, elle serait libérée de cet enfer. « M’oblige pas à rentrer… »
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Sha
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Cadmos Carrow
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Il sait qu’il ne devrait pas s’attarder sur chacune de ses plaies avec ses yeux là. Il devrait les baisser, et disparaître dans un coin, ou peut-être la soigner… Il sait qu’il n’y aura pas de fin heureuse, pas de bon choix, pas de superbe aventure. Son histoire – ça n’est pas celle d’Aella, elle n’y est rien – est vouée à l’échec. Cadmos Carrow est un monstre, et les monstres ne sont pas faits pour aimer. Tout juste pour détester les choses trop belles qu’ils ne pourront jamais avoir.
« J’ai cru qu’il me laisserait tranquille si je lui … si je lui donnais un fils. J’ai cru que j’aurais plus jamais à… » Chaque larme qui glisse sur sa peau réveille en lui des instincts redoutés et redoutables. Sa gorge se serre et ses mains deviennent un peu plus moites à chaque sanglot, à chaque reniflement. Elle est si belle quand elle est en passion, Aella, si belle quand elle souffre et il se déteste de l’aimer ainsi. De l’aimer dans toute sa fragilité, dans toute sa grâce déchue, dans ce visage qui suinte les coups et qu’il aimerait lécher. Sa gorge lui fait mal mais il ne répond pas, parce qu’il aimerait autant la serrer que la briser quand elle lui jette encore à la figure tout ce qu’elle a pour Argès. « Il a dit qu’il allait me tuer. Je suis pas une Carrow, il a le droit. » « Aella… » La voix est grave, mais ce n’est qu’un murmure et elle ne l’écoute pas, déjà plus. Ses yeux sont affolés. Les flammes ne réchaufferont pas son corps brisé. Il se mord plus fort l’intérieur de la joue et refuse de penser à tuer son frère. Les règles de la famille sont immuables. Qui serait-il pour se mettre en travers de sa dynastie ? « Je sais pas pourquoi j’ai mordu.. c’était stupide.. j’aurais dû laisser faire, pour pas qu’il veuille toucher Agon… »

Il n’a pas le temps de lui dire que ça ne peut pas toujours être de sa faute qu’elle est déjà contre lui, pressée, pleurer contre lui. Il ne s’était jamais rendu compte qu’elle fût aussi petite que ça. Peut-être parce qu’il l’avait toujours mise sur un piédestal particulier. En hauteur, comme là où on accroche les étoiles les plus radieuses. Il se tend légèrement, parce qu’elle est en larmes, en sang, contre lui. Leurs épidermes sont si proches, son souffle caresse sa peau à chaque mot, et malgré la gravité des propos, il ne peut se concentrer. Il laisse libre court à son don, s’infiltre en elle, écoute ses murmures secrets, découvre ses souvenirs proches. Sa Mnémosyne tremble sous le chemin de Cadmos Carrow et s’il la sert doucement contre lui, enroulant ses bras autour de ses épaules et qu’il pose son menton sur le haut de sa tête, ce n’est que parce qu’il voit le cortège des horreurs d’Argès Carrow.

Il dit que je couche avec toi, Cadmos. On va le croire lui, pas moi.

« M’oblige pas à rentrer… » Il la sert encore, tendrement, ses doigts n’osent cependant pas descendre plus bas que le haut de son dos. C’est là qu’il peut effleurer son épiderme, le rond de ses épaules minuscules. Il se mord si fort l’intérieur de la joue qu’il sent le goût métallique du sang qui la remplit rapidement. Il a beau retourné la situation dans tous les sens, il n’y a aucune fin heureuse, aucun dénouement joyeux, aucun espoir. Comme un enfant qui joue aux échecs et qui sait qu’il a perdu au troisième coup, il ne lui reste plus qu’à se sauver la face. Ou se la voiler.
« Aella… » C’est un murmure à son oreille, alors qu’il vient doucement enfoncer son nez jusqu’à son oreille, ses cheveux sombres se mêlant au clair de sa tignasse. « Pourquoi je ferais ça… ? » Ils sont comme deux opposés que tout séparerait. Argès le premier.
« Que veux-tu que je fasse ? » Il inspire profondément. L’odeur du sang, le goût du sang, la présence d’Aella tout contre lui lui fait perdre pieds. Il pourrait tout faire pour elle, il le sait. Il pourrait tuer Argès, se mettre à dos dix siècles d’ascendance familiale, cracher sur son patrimoine génétique. Il pourrait enfoncer ses mains dans les cervelles visqueuses de ses parents pour ses beaux yeux bleus. Il pourrait, mais elle ne le veut pas, car elle lui appartient. Il sert les dents alors qu’il recule légèrement la tête, pour mieux planter ses yeux noisette aux reflets carmin dans les siens. Les flammes le rendent plus impressionnants encore.
« Tu n’as qu’un seul mot à dire… Un seul… Et il ne pourra plus jamais te faire de mal… Plus personne ne te touchera si tu le veux... » Il lui embrasse le front, alors que ses doigts la serrent plus forts contre lui. Trop d’orgueil, petit Carrow. Il sait que les géants ont perdu à cause de cette flamme au fond du cœur, celle qui se réveille toujours au mauvais moment et qui pousse à de mauvaises décisions. Comme celle d’aimer la femme de son frère. « Je te protègerais… Je te soignerais… Mais ne me demande pas ça… »
Quand il dit ça, il implique bien sûr de la tuer, lui, de ses propres mains. Il n’est pas comme ça. S’il y a bien une seule vie sur cette terre qu’il se refuse de prendre, c’est bien la sienne.




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Nimue
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J'ai 18 ans et je vis près de marais répugnants, dans le sud de l'Angleterre. Dans la vie, je suis femme au foyer désespérée et je m'en sors assez mal, mon mari dilapidant la fortune qu'il gagne aussi vite qu'il la perd. Sinon, grâce à ma malchance, je suis mariée et je le vis dans une détresse silencieuse.



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Serrée contre lui, elle oublie en partie la douleur. Elle garde les yeux ouverts sur le vide, parce qu’elle a peur de les fermer et de les rouvrir sur son cauchemar, sur le visage contrarié de son mari. Sa honte rampe dans sa tête en permanence, les souvenirs perpétuels de ces instants d’angoisse et de remords ; elle se déteste des faiblesses de son corps, de ce que l’esprit refuse, de ce que sa bouche dit ‘non’, de ce que l’enveloppe charnelle plie, cède, s’abandonne parfois quand elle pleure parce qu’elle ne veut pas. La nausée la prend chaque fois qu’elle y pense mais plus rien dans son comportement ne tient la route alors qu’importe ? Dans les bras de Cadmos Carrow, elle se sent apaisée, enfin. « Que veux-tu que je fasse ? » Elle ne répond rien, se berce de son odeur en espérant oublier l’autre. « Tu n’as qu’un seul mot à dire… Un seul… Et il ne pourra plus jamais te faire de mal… Plus personne ne te touchera si tu le veux… » Elle pourrait presque fermer les paupières et y croire, Aella, mais elle connaît les règles de la famille, elle sait ce qu’ils sont, comment ils sont et elle se refusait à cela, elle aurait l’impression de le manipuler, de trahir ses sentiments cachés pour le discret petit dernier. Il lui embrasse le front, l’emprisonne plus encore de ses doigts. « Je te protègerais… Je te soignerais… Mais ne me demande pas ça » Pourquoi ? Pourquoi ne pas la tuer et ainsi la libérer ? Elle oublie Agon. Elle oublie un instant toute cette horrible réalité baignée de devoirs et de colère. Le visage se relève, croise celui de Cadmos, ces deux abysses qui pourraient déjà en terrifier plus d’un. « Je veux que tu sois heureux.. » C’est sa seule demande, son seul souhait : qu’il ne vive pas en obligé, comme elle. Pourtant, maladroitement, les lèvres attrapent celles du jeune homme, capturent avec une hésitation évidente la saveur de sa bouche et les nuances de l’interdit. Elle n’a pas le droit, il est le frère de son mari. Elle voudrait tourner les aiguilles du temps dans l’autre sens et échanger le Carrow auquel elle a été promise. Elle est si sûre qu’elle aurait été heureuse, Aella, dans ses bras à lui. Elle offre d’un baiser le sel de ses larmes et l’amertume de son coeur abandonné. Elle offre tout ce qu’elle cache depuis la première fois qu’ils se sont parlés, que l’éclat de ses billes sombres a rencontré ses tristes océans.

« Je veux que tu épouses une femme belle à se damner… » Les doigts de la main la plus valide glissent sous le haut, sans y prendre garde. Elle veut oublier. Elle voudrait qu’il efface de sa peau à elle tous les souvenirs, toutes les cicatrices laissées par Argès, qu’il remplace chaque violence par de plaisantes tendresses, qu’il marque plus fort ses ombres sur son âme, qu’il parvienne à noyer son dégoût d’elle-même par des plaisirs qu’elle ne connaît finalement pas pleinement, pas sans larmes. « Que tu fondes la famille que je peux pas avoir… que tu élèves un fils qui saura être mieux que nous… avoir tout ce qu’il voudra. La femme et les bonheurs qu'il décidera.. » Et entre chaque phrase, elle l’embrasse avec plus d’assurance, peut-être plus d’envie. Il bat un peu trop fort, son coeur. Et le froid s’est effacé, laisse place à la chaleur de sa proximité.

Aella détourne le visage, finalement, retire ses doigts de l’épiderme qu’elle était allée chercher. Elle essaye tant bien que mal de respirer normalement. Elle ne se sent vraiment pas attirante, avec les traces du trajet dans cet hiver trop rude. « Je te demanderai jamais rien d’autre, Cadmos. Rien que d’être le Carrow qui fera mieux, qui fera plus que les autres. » Est-ce qu’elle supporterait de le voir élever des enfants capable peut-être de rire quand Agon ne sera, avec certitude, que les déchirures du père auquel il ressemble ? Elle se dit que oui, parce que ça apaise son âme quand Cadmos a l’air tranquille, déterminé ou trop observateur pour ne pas dissimuler des choses. Elle a besoin d'être soignée, qu'on taise la douleur de son poignet, referme la cicatrice rouverte sur son ventre mais elle essaye de ne pas y penser, de ne plus rien désirer du tout - surtout pas lui.
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Sha
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Cadmos Carrow
J'ai 17 ans et je vis à Willow's Vale, entre le Norfolk et le Lincolnshire. Dans la vie, je suis étudiant et je m'en sors plutôt bien.



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Quand elle l’embrasse pour la première fois, elle doit ignorer qu’elle lui vole là ses premiers émois, son tout premier baiser. Il n’en dit rien, il ne s’en offusque pas – non, il se délecte du sel de ses lèvres, du sang qui peint ses dernières. Il aimerait plus soudainement, et oublie même où se perd sa main qui glisse dans le creux de son dos, mais il se reprend aussi vite qu’elle lui jette le regard le plus triste du monde. Il n’arrive plus à respirer quand elle le regarde comme ça. Il se sent infiniment petit. C’est peut-être pour ça qu’Argès la frappe, lui qui a toujours détesté se sentir être un moins que rien.

« Je veux que tu épouses une femme belle à se damner… » « Arrêtes… » Il souffle de la brûlure de ses mots, de son épiderme qui lacère la sienne sans le griffer. Il aimerait ne plus avoir qu’elle, et elle aimerait oublier. Il le sait, il l’entend qui parle dans sa tête et ça lui donne un peu le tournis. Il fronce les sourcils, ferme les yeux alors qu’il appuie son front contre le sien, la tenant contre lui comme si elle n’était qu’à lui. L’instant est précieux, et comme tout ce qui coûte il est douloureux. Il parcourt machinalement son dos de ses mains calleuses, de ses mains sales qui ont déjà tué. Ne voit-elle pas le monstre qu’il est ? Ce monstre qu’elle bénit de la plus jolie des vies, mais il n’en veut pas. Il refuse. Il ne veut qu’elle et sa bouche sur la sienne. « Que tu fondes la famille que je peux pas avoir… que tu élèves un fils qui saura être mieux que nous… avoir tout ce qu’il voudra. La femme et les bonheurs qu'il décidera.. » Il répond à chacun de ses baisers comme s’ils lui permettaient de respirer. Il renifle un moment, prêt à pleurer, mais il ne sait pas pleurer Cadmos Carrow. C’est au-dessus de ses forces, au-dessus de ce qu’il sait faire, lui qui ne sait que tuer et ravager. Est-ce qu’il la ravagerait s’il la touchait ? Il inspire profondément et la fixe, comme un animal la regarderait.

« Je te demanderai jamais rien d’autre, Cadmos. Rien que d’être le Carrow qui fera mieux, qui fera plus que les autres. » « Je ne suis qu’un monstre, Aella… Un monstre qui lèche tes plaies, mais un monstre malgré tout… » Il l’embrasse une autre fois, mais cette fois, sa langue s’attarde à venir lécher amoureusement la commissure de ses lèvres alors que ses doigts, sans s’en rendre compte, sont venus accrochés l’arrête de son visage. Plus adulte qu’il n’en a l’air, il la regarde de haut, du coin de ses yeux presque rouges qui semblent lui dire qu’il n’est plus un enfant. Cadmos Carrow est tout sauf un enfant, et qu’à capturer ses lèvres, elle pourrait bien le pousser à vouloir davantage.
Avec une certaine douceur il se recule d’un pas, quittant à regret la chaleur de ses bras blancs, mais il sait que c’est pour son bien. Que c’est pour elle. Et ça le rassure de mettre de la distance, parce que Cadmos Carrow ne sait pas encore rôder aux jeux de l’amour. Il a un peu peur de ne pas savoir se contenir, de ne pas savoir se retenir. Que si le jeu commence, il n’est plus envie qu’il s’arrête.

« Je reviens. » Il fait seulement quelques pas avant de s’immobiliser et de rajouter, comme si ce n’était pas évident : « Je vais chercher quelque chose pour… toi. » Il reprend ses pas, un peu perdu alors même qu’il connaît par cœur chacune recoin de la demeure où il a grandi. Il lui faut quelques minutes pour arriver à trouver un flacon, quelques compresses et une crème épaisse dans un petit pot identique à la bonbonnière qu’il lui avait laissé auparavant. Avec cette même lenteur féline qui le caractérise il se fond de nouveau dans les ombres et revient dans le grand salon, s’approchant d’elle. L’air frais du couloir et les quelques secondes seuls l’ont un peu fait redescendre de son nuage vaporeux. Son air est un peu plus sérieux, et ses yeux graves la détaillent.

Il sort finalement une compresse et essuie en partie le sang qui lui colle encore aux lèvres. Un peu de crème sur le bout du doigt et voilà que le bleu de son œil clair se résorbe, de même que les hématomes de sa mâchoire et de ses bras. Méticuleux, il répare doucement son poignet, l’imprégnant tout d’abord de l’onguent qui sent la rose avant de l’enrouler sommairement du bandage. Quand il s’arrête, elle est presque présentable, bien qu’encore faible. Il est à genoux devant elle, elle est assise dans un fauteuil du salon. Il la regarde, et se rappelle toutes ses autres fois. Il se referme un peu, commence à masser sa cheville abîmée avec l’onguent qui sent de plus en plus fort. Il fait chauffer l’épiderme de son pouce avant de la bander fermement. Ses yeux parfois s’évadent du travail acharné – il remonte le long de son mollet, découvre un peu le galbe parfait de ses cuisses. Il aimerait qu’elle lui caresse les cheveux. Il aimerait qu’elle lui laisse voir plus d’elle, des images inédites, des expressions incroyables. Sa gorge se sert alors qu’il rougit bêtement.
« … Ta robe… s’il te plaît… » Il est toujours au sol, et ne compte pas se relever. Il sait à l’odeur et à la tâche qui s’est diffusée sur ses habits qu’elle est blessée ailleurs. Qu’elle est peut-être blessée au plus profond d’elle et il ne peut pas regarder. Ses doigts tremblent légèrement, posés sur ses genoux. Ses pommettes ont rougi davantage. Il ne sait plus où se mettre.





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Nimue
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Elle ne sait pas. Diable si elle avait su qu’elle lui volait impunément son premier baiser, un instant si marquant de vie, elle s’en serait voulue comme jamais auparavant. Elle s’en serait voulue parce qu’elle ne voulait pas s’imprégner ainsi dans le cours de son histoire, dans sa mémoire. Alors elle capture, savoure le goût de ses lèvres, elle qui n’avait eu sur les siennes que l’alcool de la bouche d’un Argès bien peu délicat, qui ne l’embrassait plus depuis la première nuit, qui ne l’avait fait que par esprit de possession. Il n’était pas patient, pas amoureux, il prend, brutal, sans rien offrir. Cet échange, entre les bras de Cadmos, c’est la preuve que le partage existe, que ça n’est pas qu’une affaire d’hommes, qu’elle n’est pas obligée d’avoir mal, de pleurer quand on la touche. Elle aime bien les mains du jeune homme, dans son dos. Une pensée fugace réclame plus mais se tait, écrasée par la peur de ce qu’on lui ferait, au jeune Carrow, si elle était infidèle à son mari, si il devait se défendre et la défendre comme il lui propose parfois. « Je ne suis qu’un monstre, Aella… Un monstre qui lèche tes plaies, mais un monstre malgré tout… » Mais un monstre qu’elle voudrait tout à elle, si fort qu’elle est sûre que ça se voit dans ses yeux, dans son regard de pauvre fille abandonnée. Si fort que son coeur cogne dans sa cage thoracique, prisonnier, enchaîné. « T’es pas un monstre.. » Il recule et elle s’accroche, parce qu’elle a peur, parce qu’elle ne veut pas qu’il la laisse au froid, à sa solitude et son malheur. Ca ne dure qu’une seconde mais elle est perceptible. Son esprit se heurte à la contradiction, l’envie de se noyer contre lui, la nécessité de ne pas lui infliger plus de ses tourments. « Je reviens. » Elle baisse les yeux, honteuse. Son comportement est indigne, inadmissible. « Je vais chercher quelque chose pour… toi. » Aella le laisse retourner aux ombres, en son domaine et reste un moment immobile, perturbée par sa propre décision, par la rapidité avec laquelle elle avait cédé alors qu’elle résistait depuis si longtemps à l’attirance qu’il exerçait sur elle.

Elle se tourne, pose les yeux sur les coussins qui protègent et encerclent le bébé ; la culpabilité ne s’en fait que plus grande. Il est calme, Agon, si paisible loin de la maison, des dérives de son père, de l’alcool, des maîtresses qui salissaient les draps du couple si mal assorti.  Finalement, elle ne vaut pas mieux qu’Argès. Cadmos vient rompre sa contemplation songeuse, entreprenant de la soigner, pauvre miséreuse. Elle se laisse faire. Lui, il peut la toucher sans qu’elle ne tremble de peur. Il peut étaler les crèmes et passer l’onguent sans qu’elle cherche à reculer. Elle n’a rien à dire. Elle se sermonne, se concentre pour ne pas trouver ses gestes charmants ou plaisants. Il la répare comme on recoud une poupée de chiffon usée. « … Ta robe… s’il te plaît… » Soudain, il la ramène à l’instant présent, à cette douleur lancinante qui saigne probablement encore un peu.

Elle le voit rougir et hésite. Finalement, dans des gestes maladroits, elle fait glisser le tissu vers le haut, retirant le vêtement qui ne couvre qu’un sous-vêtement de coton très simpliste, d’une sobriété à la hauteur du manque de moyens qu’on lui impose. La robe termine sur le sol tandis qu’elle place ses bras en croix, une main sur chaque épaule, afin de couvrir sa poitrine nue. Ses billes se détournent, parce qu’elle ne se sent pas jolie avec sa peau marquée de diverses cicatrices, de-ci, de-là : l’oeuvre de verre brisé, à l’évidence. Argès semble avoir un don particulier pour ne jamais trancher sur les zones vitales, sur les organes indispensables. Ca saigne beaucoup, pourtant, cette fois. Elle ne les doit qu’à la grossesse, les formes plus pulpeuses, elle qui n’est qu’une brindille, on disait que ça lui avait fait du bien, qu’elle avait l’air moins malade. « T’es pas obligé de faire ça, Cadmos.. » La soigner, l’héberger, prendre le risque de devoir affronter son frère. Elle songe qu’Argès est sûrement trop ivre ou qu’il partage sa nuit avec Arachne. Elle les entend, souvent. Ca a l’air de lui plaire, à l’incendiaire Arachne, la lascive et autoritaire. Elle est sûre que cette femme est douée pour faire plaisir aux hommes - pas comme elle.
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Sha
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[début du nc]

Son coeur s’affole aussitôt qu’elle s’est redressée. Il la regarde, comme si elle était une statut incroyable, faite des mains du diable lui même. Il ferme un instant les yeux, le temps de lui laisser la chance de couvrir sa poitrine, le temps de souffler pour restreindre le grondement qui parcourt son corps. Il se déteste d’être aussi faible alors qu’il se pense plus fort que la chair.
Quand il ouvre de nouveau les yeux, il est toujours à genoux sur le sol, et il voit bien la coupure qui lui fend le ventre, de l’aine jusqu’à la hanche. Le sang en perle encore, frais. Il coule devant les yeux de Cadmos qui ne regarde pendant de longues secondes que lui, que le fin filet qui l’attire. Sa peau s’est hérissée, et ses pupilles rétractées. Il n’est plus qu’un prédateur devant une proie. Un prédateur...

« T’es pas obligé de faire ça, Cadmos.. »
La voix le ramène sur terre, mais ce n’est que pour le rappeler à la dure réalité. Il s’agit de la femme de son frère. Devant lui, nue, si belle, si blanche... Le rouge de son hémoglobine peint si tendrement ses formes devenues plus généreuses - à peine plus il faut le dire. Il capte les images d’Arachne à la volée, sans le vouloir, sans avoir besoin de la regarder. Il ravale difficilement sa salive.
« Je le fais car j’en ai envie. » Il relève les yeux sur elle, les joues toujours aussi rouges. « Je le fais pour toi. »

Comme il inspire profondément, il repose ses yeux sur la plaie encore ouverte. Il marmonne quelque chose pour lui-même, d’incompréhensible, d’inaudible, avant de tremper de nouveau ses doigts dans la crème épaisse. Il suspend son geste au moment où il comprend que c’est trop sale pour faire quoi que ce soit. Il faudrait se lever, aller trouver un linge - il a tout utilisé pour la cheville. Ou alors...
Il sert les dents, ses gestes toujours en suspend devant Aella, le visage au niveau de son nombril. Il revoie l’image d’Argès au bras de cette femme, dans la ruelle. Ils riaient si forts. Comme s’il riait de lui. Comme s’il se foutait bien de lui.
L’idée même qu’Argès se fiche de lui réduit en poussière tous ses efforts pour rester sobre. Il essuie sans douceur ses doigts sur son jeans avant de poser avec toute la délicatesse dont il est capable ses mains sur ses cuisses. Ce n’est pas brusque. Ce qui l’est en revanche, c’est son visage encore imberbe qui se presse sur sa plaie. C’est sa langue qui passe sur la blessure qui traverse son petit corps, sur la déchirure qu’Argès a osé lui infliger. Il lèche amoureusement, comme un animal, commençant par l’arrondi de sa hanche. Il lape, ses doigts serrant ses cuisses comme il regrette amèrement l’horreur de la situation, comme il déteste Argès plus que quiconque sur terre à ce moment-là.

Sa bouche avide cependant ne s’arrête plus et elle descend, petit à petit, suit la virgule infligée à l’épiderme blanche de la sorcière. Son menton se couvre petit à petit de l’hémoglobine de l’amante interdite, et il frissonne. Il se sent heureux qu’elle soit debout et qu’elle ne puisse rien voir d’autre que le haut de son crâne, car il sent bien que son pantalon est devenu trop étroit pour contenir tout l’ampleur de son excitation. Il sent bien ses doigts qui tremblent comme ils tiennent ses cuisses, et qu’il ne voit pas remonter sur le rond de ses fesses alors il halète bêtement sur son aine, le feu aux joues.
Il ne sait plus vraiment quoi faire arriver là. Sa bouche cherche à descendre, mais il a tellement peur, peur qu’elle le rejette, peur qu’elle le déteste.
Peur qu’elle voit combien il ne sait pas se tenir, ce petit monstre libidineux.




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Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’il fait cela ? Pourquoi est-ce qu’elle ressent ça ? Il y’a l’ombre de la peur qui plane encore quand il pose ses mains sur ses cuisses - elle en a un léger tremblement, à peine perceptible. Et le contact sur la plaie ajoute un sursaut, une sorte de brûlure momentanée, trop vite chassée par l’habitude. Elle est tétanisée, la sorcière, les bras serrés contre elle et les souvenirs si violents défilants sans ménagement dans sa tête, ces fois où Argès l’a collée contre le mur du salon, où il l’a retournée sur le lit pour qu’elle ne se débatte pas. Aussi étrange que soit le spectacle, il n’a rien d’une danse macabre car elle sent bien que Cadmos ne cherche pas à lui faire mal. Il y’a une forme de tendresse carnassière, là-dedans. Elle se sent presque comme le plat le plus savoureux de sa vie ou le morceau de viande qu’il aurait le plus aimé de tous. Et lentement, elle se surprend à aimer ça. Il lui donne de l’attention, sans l’obliger, sans la frapper. Il a des gestes déraisonnables mais elle n’arrive pas à parler, à lui dire d’arrêter, c’est bloqué au fond de sa gorge. Elle devrait le repousser, elle devrait lui rappeler qu’elle est mariée, que sa main ne trompe pas à ce sujet et en même temps, pourquoi ? Pourquoi Argès aurait le droit mais pas elle ? Pourquoi son mari aurait ce privilège ?

Et puis, alors qu’elle sentait les mains remonter, ça a cédé. Elle s’est retrouvée bêtement assise sur le fauteuil qui se trouvait derrière elle, s’attrapant de surprise aux accoudoirs avec un petit cri étouffé, comme si elle avait vraiment été effrayée à l’idée de tomber. Elle se rend compte qu’elle a le souffle un peu plus court et que presque nue, elle se sent bien ridicule. Aella n’est pas plus perturbée que cela, par cette façon de s’accrocher à l’hémoglobine, c’est un Carrow. Les choses répugnantes ou effrayantes sont un peu leur lot de bizarreries. Elle n’a pas peur de celui-ci, elle lui porte même une affection qui dépasse les réticences premières. Argès flotte encore dans ses pensées, avec le torchon qui avait servi la veille à la faire taire. La colère rampe un peu derrière les contours de l’envie. Ses yeux bleus contemplent la silhouette du jeune homme à genoux devant elle. N’est-ce pas là le toit de ses beaux-parents ? Elle se débat avec ses contradictions. Quand elle bouge, c’est pour s’agenouiller à son tour, juste devant lui. Elle sait que c’est mal. C’est si loin de ce qu’on lui a toujours enseigné. Elle avait juré fidélité. Et il avait juré de la protéger, Argès Carrow.

« Je.. » Je rien. Elle n’arrive pas à aligner une phrase cohérente, pas plus qu’une pensée. Sa réponse se fait alors plus interdite encore. Elle a un problème, un vrai : quand il la touche, elle a un peu l’impression de revivre, d’être réanimée d’un long sommeil, comme s’il lui infligeait le plus doux des massages cardiaques, comme s’il rampait jusque dans sa tête et sous sa peau pour défoncer toutes les portes fermées. Les odeurs, elles embaument. La rose, le sang, parfums entêtants quand elle le défait de son haut, plongée dans une absence absolue de remords, sur le moment. Ca lui fait un peu mal, cette blessure, rien qu’elle ne vive au quotidien. Elle revient chercher ses lèvres avec une drôle de douceur parce que la minute d’avant, elle frôlait l’autorité et celle encore avant toutes les faiblesses du monde. « Promets-moi… promets-moi de te marier… » Mais ça n’a aucun sens, aucun fichu sens quand elle cherche sa chaleur, quand elle s’abreuve au poison de l’interdit. Ses doigts s’arrêtent à mi-chemin, parce qu’elle se rend compte qu’elle a déjà en partie débouclé la ceinture. Le bleu dans les yeux presque rouges. Qu’est-ce qu’elle fait ? Pourquoi ? Comment ?

Elle n’est qu’une pauvre fille qu’on ne désire qu’une fois.
Et elle va s’y brûler sa pauvre âme chiffonnée.
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