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 à la croisée des chemins (ft. Narcisse)

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Floradaigh
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Le contexte du RP
Mise en situation

La situation
Août 1995, Square Grimmaud
Sirius Black est en fuite, sa tête est mise à prix, pour 10 000 gallions. Une coquette somme qui l'oblige à resté retranché chez lui, dans ce manoir familial qu'il avait tant cherché à fuir. Quelques membres de l'Ordre du Phénix viennent régulièrement lui rendre visite et participer aux réunions mais c'est trop peu pour cet homme brave et téméraire. Rhea Selwyn est la fille cachée d'un fidèle de Lord Voldemort. Mais après avoir été témoin d'horreurs sans nom, elle décide de dériver du chemin prévu pour elle et s'allie à la lumière. Entre méfiance et faux-semblants, ces deux âmes en peine arriveront-elles à trouver un semblant d'équilibre ?



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Floradaigh
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Rhea Selwyn
J'ai 30 ans et je vis dans le Whiltshire, UK. Dans la vie, je suis apothicaire et je m'en sors plutôt bien malgré la situation. Sinon, grâce à ma malchance, je suis fille de mangemort sous-couverture et je le vis plutôt mal, je cherche à fuir cette famille maudite.

#73114c


Ana de Armas ©️ BIG BAD WOLF
Veritaserum à terminer pour demain. Commande Ministère. Urgent. Quelques lignes griffonnées sur un parchemin à l'encre rouge, lettres déliées et dénotant d'un empressement certain. Je fronce les sourcils, avant de jeter un œil à la potion qui frémit lentement, un sortilège de stase gardant le breuvage au repos. Il semblait que le Ministère préparait des interrogatoires en masse et cette hypothèse ne me plaisait pas. Mais il m'en fallait terminer la préparation, afin de pouvoir me libérer plus tôt. Et je ressens un certain apaisement à trancher finement des racines d’hellébore, à soupeser des feuilles de marguerite réduites en poudre pour atteindre le grammage parfait, à diluer quelques gouttes de venin d'acromentule dans le chaudron jusqu'à atteindre la couleur tant désirée. La transparence adéquate du philtre étire mes lèvres en un sourire satisfait et je lève ma baguette, faisant tounoyer le bois de vigne autour du chaudron pour le voir se couvrir d'une bulle bleutée. La préparation des potions était une extension de mon existence, un devoir devenu plaisir, une sorte d'échappatoire à cette destinée dont je ne voulais pas. Je n'avais jamais voulu porter le poids de la famille Selwyn sur mes épaules, dissimulée au monde sorcier pour avoir à éviter sa cruauté. Être la seule enfant d'un partisan de Lord Voldemort avait été un honneur jusqu'à ce que je n'en comprenne les dommages et que je n'en sois spectatrice. Un frisson me glace et je resserre mes bras autour de ma taille, essayant de fermer les yeux sur les cris de douleur de ces moldus, arrachés à leurs familles pour n'être que de simples objets de distraction, se tortillant sous les doloris. L'éducation stricte que j'avais reçu et les œillères dont on m'avait couvert les yeux si longtemps m'avaient empêché de reconnaître la réalité et c'était devant l'horreur que j'avais trouvé la réelle signification des actes du mage noir. Devant la puissance et le pouvoir, il y avait la folie. Et c'est ce qui m'avait poussé à trahir les miens pour me faufiler du côté de la lumière, depuis quelques mois. Le médaillon représentant un phénix qui chauffe doucement ma peau me le rappelle alors et je sors celui-ci de sa prison de tissu avant de plisser les yeux devant les chiffres qui apparaissent soudainement. 13/8 19. 13 août, 19 h. Aujourd'hui, en début de soirée. Mon coeur se soulève sous le suspense et je range mon précieux bijou sous le cachemire de mon pull, avant de claquer la porte du laboratoire, refermant le loquet d'un mouvement de baguette.

Quelque chose s'était passé. Nous ne recevions aucun message, les réunions étant prévues à des dates précises. Tout ça ne me disait rien de bon et dix-huit heures arriva bien trop vite, la boule dans mon estomac ne cessant pas d'augmenter. Retranchée dans une ruelle obscure, je transplanai pour rejoindre sa jumelle, à quelques pas de Square Grimmaurd. La tête dissimulée sous une cape à large capuche, mes petits talons claquant sur l'asphalte, réduisant la distance jusqu'à l'interstice entre deux portes. Observant les alentours avant de penser au numéro appartenant à la demeure. Aussitôt, le mur s'écarte et l'entrée se pare d'un petit "13" en lettres stylisées. Je vérifie à nouveau la rue avant d'entrer rapidement, la barrière de protection m'acceptant dans son enceinte. Les sortilèges avaient été raffermis et ne rentrait plus qui veut, pour protéger son résident perpétuel et les informations qui reposaient sagement dans certains meubles. Les couloirs étaient toujours aussi sinistres et froids, le portrait de Mrs. Black dissimulé sous un épais rideau à moitié dévoré par les mites. Je marche d'un pas léger, évitant de réveiller les autres tableaux ravageurs pour rejoindre la cuisine, que je trouve vide. J'étais arrivée en avance mais j'avais pensé rencontrer du monde. Reculant de quelques pas, je m'aventure dans le salon, le regard aimanté par l'immense tapisserie aux visages noircis par endroits. Mes yeux verts s'attardent sur les faciès encore reconnaissables avant d'être attirés par le prénom du propriétaire. Sirius Black III. L'évadé, le seul à avoir réussi l'exploit de s'être volatilisé d'Azkaban. Reclus dans sa propre maison pour sa propre sécurité. L'esprit voguant dans les étages, à m'imaginer où est-ce qu'il pouvait bien se trouver, je ne remarque qu'après la forme assise dans le fauteuil en velours vert émeraude. Un petit cri de souris m'échappe et je porte une main à mon coeur battant, le visage désormais tourné vers l'observateur silencieux. Lissant les traits de mon visage par habitude, retrouvant une forme de neutralité propre à ceux de notre classe sociale. Une habitude dont je n'arrivais pas à me débarrasser, après tant d'années. « Bonjour, Sirius. » je souffle, détruisant le silence installé de mon arrivée dans la pièce. Son regard cendré et insondable avait tendance à contracter mon estomac d'une manière que je ne parvenais pas à comprendre. « Vous m'avez fait peur, je ne pensais pas vous trouver ici. » Je finis par ôter ma cape, délaissant le velours sombre pour ce même pull anthracite et une jupe noire. Je lui désigne la porte menant à la cuisine d'un mouvement de tête, essayant de ne pas m'attarder sur les mèches ondulées qui retombent le long de son visage. « Il s'est passé quelque chose ? Je ne m'attendais pas à recevoir un message si vite. »       

         


@Narcisse Désolé, je me suis emportée, mais je voulais bien décrire l'ambiance ange



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Narcisse
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Sirius Black
J'ai trente-cinq ans et je vis à Square Grimmaurd, Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis fugitif emprisonné dans la maison familiale et je m'en sors . Sinon, grâce à ma chance, je suis membre de l'ordre du phénix et je le vis plutôt bien, ça m'aide à tenir.

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Michael Huisman © BALACLAVA
L'Ordre ne recrutait pas d'élèves de Poudlard, mais Harry refusait de l'entendre. La discussion avait une énième fois tournée à la prise de becs et si il y avait trop d'amour et de respect entre eux pour en venir aux éclats de voix, la retraite de Harry dans sa chambre était un signe suffisamment éloquent de sa colère. Sirius soupira. Harry était un gamin trop impulsif et téméraire pour son bien, un jour ou l'autre les ennuis le rattraperait. Ce trait de caractère aurait dû l'agacer mais Sirius en était plutôt fier. La nostalgie s'empara de lui quand il se revit à l'âge de quinze ans : la même envie de se battre, la même frustration à l'idée de devoir attendre. Harry Potter et Sirius Black avaient beaucoup en commun.

L'après-midi déclinait et 18h approchait. Sirius se dirigea vers la cuisine pour y préparer le thé en gage de paix entre Harry et lui. Il y avait peu de bonheurs dans sa vie actuelle et il ne voulait pas que la mésentente dure trop longtemps entre eux. Bientôt Harry allait devoir retourner à Poudlard pour sa cinquième année et Sirius se retrouverait de nouveau seul dans cette maison froide, aux murs si familiers mais si peu accueillants. Même ici, dans cette maison qui constituait son héritage, il se sentait comme un étranger. Pire, il était en prison. L'horreur d'Azkaban était loin derrière lui maintenant - même si des cauchemars lui rappelaient régulièrement les souffrances vécues - mais il avait découvert dans l'ancienne et noble maison des Black un nouveau type d'enfermement. Dumbledore lui avait formellement interdit de sortir de l'enceinte de la maison, c'était trop dangereux. Et pour combler le manque d'aventures de cet homme qui rêvait d'évasion, le directeur de Poudlard avait émis le souhait de transformer Square Grimmaurd en quartier général de l'Ordre du Phénix. Sirius avait accepté avec grand plaisir et soulagement la proposition : à défaut de voir le monde par lui-même, il pourrait se nourrir des récits de ses compagnons de batailles.

Laissant le thé chauffer à feux très lent, Sirius retourna s'installer dans le salon dans le fauteuil vert émeraude qu'il avait toujours affectionné. Il était là depuis bien avant sa naissance et les marques d'usures commençaient à devenir franchement visibles : du tissu fendu, des marques profondes dans le bois, une odeur de renfermé impossible à déloger. Du bout de l'index Sirius caressa machinalement la marque qu'il y avait laissé étant enfant : S.O.B, ses initiales. Dessous son jeune frère jaloux avait également incrusté les siennes : R.A.B. Pauvre Regulus qui avait été emporté dans la folie familiale.

Un bruit de porte sortit Sirius de sa rêverie : quelqu'un venait d'entrer. Il ne pris pas la peine de se déplacer. L'information venait souvent à lui. Il n'était pas rare que des membres de l'Ordre passent à l'improviste, soit pour lui rendre visite, soit parce qu'ils avaient été convoqués mais que personne n'avait pris la peine d'avertir Sirius. Il ne s'en formalisait pas : ces venues imprévues avaient un goût acide qui lui rappelait que la vie n'était pas constituée que de ces murs froids et inchangés. Les bruits de pas se rapprochèrent de la cuisine, puis vinrent jusqu'au salon. Sirius regarda entrer Rhea Selwyn. C'était une belle jeune femme d'une trentaine d'années dont l'allure trahissait un monde d'élégance et de luxe. Son monde. Et Sirius avait trop souvent fréquenté ces gens-là pour ne pas s'en méfier. Il avait prévenu Dumbledore qu'il fallait la garder à l’œil, et puisque ses mises en garde n'étaient pas prises au sérieux il comptait bien le faire lui-même.

Un petit cri lorsqu'elle pivota vers lui indiqua à Sirius qu'elle n'avait pas remarqué sa présence. Il avait été trop habitué à se rendre invisible aux yeux des autres que cette nature refaisait surface même lorsqu'il ne le souhaitait pas.  Rhea pris aussitôt une expression plus fermée et neutre, le masque de politesse qu'ils devaient prendre. Il voyait en elle de vieilles traditions refaire surface, des traditions qu'il aurait aimé oublier. Ces gens-là étaient les ennemis; qu'une d'entre elle ose prétendre se glisser dans les rangs de ses alliés le mettait mal à l'aise, ravivait sa flamme de méfiance. « Bonjour, Sirius. Vous m'avez fait peur, je ne pensais pas vous trouver ici. » Le vouvoiement s'était installé entre eux naturellement, entre personnes de la même espèce. Sirius n'avait aucun mal à tutoyer tous les membres de l'Ordre, même ceux qu'ils connaissaient le moins. Mais elle avait tenu à mettre des barrières entre eux et il l'avait imité bien volontiers. Elle retira sa cape, signe qu'elle était là pour un moment. Se pourrait-il qu'elle ait souhaité lui rendre visite ? « Il s'est passé quelque chose ? Je ne m'attendais pas à recevoir un message si vite. » Non bien sûr, elle était là pour une mission. Sirius haussa les épaules. « Je ne sais pas, je ne suis jamais le premier informé. » lâcha t-il d'un ton froid. La mauvaise humeur s'emparait de lui. Il n'avait pas pu décharger sa lassitude sur Harry, mais il n'avait pas besoin de prendre autant de pincettes avec Rhea.

Pourquoi n'était-il jamais informé des réunions improvisées et des évènements qui se passaient ? Était-ce parce qu'il était sur place, ou parce que son intérêt à l'action était limité ? La réponse était incertaine mais Sirius était habitué à être mis de côté. La maison l'enfermait, le monde extérieur se limitait à ces quelques venues. Tout cela créait chez lui une énorme frustration.

Il hésitait à rester silencieux pour mettre Rhea mal à l'aise, le genre de ruse qu'il avait pris plaisir à utiliser en étant plus jeune lorsqu'il n'avait pas encore quitté le cocon familiale. Et puis il réalisa que c'était l'occasion rêvée d'en savoir davantage sur elle et de comprendre ce qui l'animait - et peut-être percer à jour son double-jeu. D'un ton plus froid qu'il ne l'aurait souhaité il proposa : « Du thé ? » Et sans lui laisser le temps de répondre ou de se défiler, il se dirigea vers la cuisine pour attraper la théière qui commençait à siffler. Un thé sur fond de vérité, voilà ce qu'il espérait.

Le thé prêt, les tasses servies, il l'invita à s'asseoir dans le canapé en face de lui et porta le breuvage chaud à ses lèvres. « On ne sait jamais ce qui peut se produire. Il faut être prêt à combattre et à mourir à tout instant. » Le ton dramatique était exagéré. L'un des premiers points à éclaircir étant son implication dans le camp auquel elle appartenait - et qu'il soupçonnait être de l'autre côté. « Vous en avez de la chance. » Le risque de mourir à tout instant ? Sirius l'aurait pris bien volontiers si cela lui avait permis de quitter cette maison pour quelques heures seulement. Mais Dumbledore avait raison : avec Harry dans les parages, Sirius devait intégrer un élément supplémentaire dans ses choix de vie. Mourir, il aurait pu l'accepter. Mais infliger sa mort à Harry aurait été trop difficile. Espérons qu'il n'ait jamais à le faire.


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Square Grimmaurd était un paradoxe vivant. La maison en elle-même était un pur réflet dans celle dans laquelle j'avais fait mes premiers, dans laquelle j'avais grandi, reçu l'éducation qui faisait de moi un agresseur plus qu'une victime. Ces grands couloirs sombres, remplis de tapisseries et de tableaux ostentatoires rappelant ceux qui jadis avaient foulé le même sol de leurs pieds. Ces étalages de têtes d'elfes de maison dans l'escaliers, pour rappeler la suprématie de l'humain sur les autres créatures magiques. Ces artefacts disposés sciemment ici et là, pour orienter l'esprit curieux sur l'immense richesse des propriétaires. Même si elle semblait avoir été ravagée par le temps, par l'absence d'êtres habitant en son sein, elle restait la demeure d'une des plus grandes familles de sorciers. Elle suintait encore la noirceur et l'impitoyable sévérité, la racisme envers les êtres qu'elle considérait comme inférieurs. À l'image de l'ancienne maîtresse de maison, dont le portait restait obstinément dissimulé derrière le velours mité. Walburga Black était une femme de caractère et de principes, n'admettant pas l'arrivée de personnes souillées dans les étages de son ancienne maison. Un reflet de l'existence que j'avais passé au sein de ma propre maison, dans l'apprentissage de la supériorité de ceux dont le sang était pur. Dans l'apprentissage d'un mode de vie rythmé par le pouvoir et le luxe, dans le plus grand des secrets. À jamais dissimulée au monde mais devant en connaître les moindres aspects. Même dans mon propre travail, personne ne savait rien de mes antécédents familiaux, de la tragédie qui me liait au mage noir, la filiation à un père qui lui était soumis. L'actuel propriétaire en était l'exacte opposition. Une image de ce que à quoi je pouvais bien aspirer, moi qui dénigrait l'obscurité, désirant sincèrement atteindre la lumière et m'y noyer. Sirius Black était l'exception personnifiée, l'homme ayant voulu se dégager de l'omniprésente pression familiale, quitte à s'en faire bannir. Il n'avait pas été en accord avec les pressions, avec les cultes que vouaient les siens et il s'en était émancipé. Il était le reflet de ce que je tentais de faire et malgré la manière dont il m'impressionnait, il restait quelqu'un dont j'admirais la force de volonté pour avoir brisé ses chaînes, peu importe les conséquences. Ce qui était risible, ce qu'il avait fini par être le seul possesseur des biens qu'on lui avait arraché à cause de sa divergence d'opinion. Même fugitif, il était devenu l'unique maître de la maison Black.

Je savais qu'il se méfiait, je le voyais à sa gestuelle retenue, à la crispation légère de sa mâchoire recouverte d'une barbe sombre. Et en soi, il avait raison de le faire. Je ne venais de la famille la plus tranquille, la plus discrète. La famille Selwyn était connue pour ses générations antérieures, affiliées au racisme du sang et aux actions maléfiques. Je subissais malgré le poids, le poids des années et de la réputation. Mais Dumbledore m'avait laissé le bénéfice du doute et du temps, du temps pour démontrer que j'appartenais bien à leur camp. Parce que je voulais combattre à leurs côtés et déjouer la noirceur qui nous entourait. Mais je n'étais qu'un nom, à l'heure actuelle. Il m'avait semblé naturel de le vouvoyer, de par son état de propriétaire de la maison et aussi à cause de l'importance qu'il avait au sein de celle-ci. Il avait prêté sa demeure pour le plus grand bien et il restait un personnage on se sentait d'avoir du respect. Je ne le connaissais pas assez pour en manquer et les habitudes étaient tenaces. Il répondit d'un ton froid et rempli d'amertume, d'agacement. Je me sentais comme une petite souris entre les pattes d'un félin lassé de chasser. Ou auquel on ne l'avait plus permis depuis longtemps. Il devait se sentir seul et inutile, dans cette grande bâtisse, sans pouvoir sortir. Prisonnier de sa condition, lui aussi, dans un sens. « Je- Bien. Je vais attendre les autres, dans ce cas. » Je ne savais comment me comporter en sa présence, pour ne pas accentuer l'orage que je voyais acculer ses iris couleur de cendre.

Sa proposition d'une tasse de thé semblait presque forcée et me donnait envie de m'enfuir de la pièce mais je tins bon, restant droite sur mes pieds, ma cape de velours négligemment posée sur mon avant-bras. Mais je n'ai pas le temps de formuler une réponse qu'il s'en va déjà, disparaissant dans une autre pièce que je sais être la cuisine. J'étais venue trop peu de fois ici pour avoir eu le temps de me rendre dans les étages, mais j'en connaissais le principal. Il revint vite, m'enjoignant à m'asseoir sur le canapé qui faisait face à son fauteuil, déposant les tasses délicatement ouvragées. Héritage d'un autre temps, où tout le reste devait avoir été aussi brillant et illusoire. Je souffle légèrement sur le breuvage encore fumant quand il prend la parole. Relevant les yeux vers mon hôte, le récipient toujours au bord des lèvres. « Je le suis. » est tout ce que je réponds, mais la fermeté dans mon regard dément mon comportement maladroit des minutes passées. J'apprécie la gorgée chaude qui coule le long de ma gorge, réchauffant mes membres engourdis par le froid. Septembre avait débuté et il était toujours incroyablement humide à Londres. « J'apprécie la compréhension d'Albus. » je débute, avant de poser mes avant-bras sur mes genoux serrés, la tasse encore les mains. Sa chaleur me donnait du courage pour affronter ses yeux sombres et la puissance qui émanait de son charisme. « Il m'a laissé ma chance, et ce malgré mon nom, contrairement à d'autres. Je ne l'en remercierais jamais assez pour ça. » je termine, la critique sous-jacente délicatement emballée. Je ne souhaitais pas l'insulter mais s'il fallait le confronter pour obtenir de lui qu'il m'accepte en ces lieux, j'allais amasser assez de détermination pour le faire. J'avais trahi les miens, tout comme il l'avait fait. Pour me battre pour les valeurs qui me semblaient juste. Tout comme il l'avait fait.    

         


@Narcisse :ouloulou:



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Narcisse
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Sirius Black
J'ai trente-cinq ans et je vis à Square Grimmaurd, Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis fugitif emprisonné dans la maison familiale et je m'en sors . Sinon, grâce à ma chance, je suis membre de l'ordre du phénix et je le vis plutôt bien, ça m'aide à tenir.

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Quand il se regardait dans le grand miroir installé au-dessus de la cheminée, Sirius avait parfois l'impression d'y voir le reflet de celui qu'il avait été à seize ans, un jeune homme rebelle et prêt à tout pour s'extraire de cette prison dorée. Il se souvenait parfaitement de son dernier jour dans ces lieux : il avait rassemblé autant d'affaires qu'il pouvait dans sa grande valise et était parti, simplement. Son seul regret avait été la peine infligée à Regulus, ce frère qu'il avait jadis aimé mais dans lequel il ne fondait aucun espoir. Regulus avait toujours été le petit roi, propre, parfait. Jamais il n'aurait été capable de rébellion. Les portes de la maison franchies, ce fameux jour de juillet 1977, il ne pensait pas y revenir un jour. Le destin était cruel et imprévisible : Sirius se retrouvait de nouveau prisonnier de cette maison qu'il avait si fort détesté. Les présences fantomatiques de Kreattur et feu Mrs Black étaient un rappel vivace du fait que cette maison ne lui appartenait pas vraiment, il n'était pas digne. Pourquoi Mr et Mrs Black ne l'avaient-ils pas tout simplement rayé du testament ? Ces gens-là avaient beau avoir quitté son cœur pour toujours, la question le hantait encore.

Rhea était droite et fière comme son éducation le lui avait appris. Elle réveillait chez lui de vieux instincts. Paradoxalement ses manières étaient plus ravivées avec les années qu'elles n'avaient pu l'être durant l'adolescence. Il comprenait maintenant ce que la politesse glaciale et le mépris à demi-dissimulé pouvaient apporter. Sa mère n'avait jamais été fière de lui mais ce nouvel aspect lui aurait plu. « Je- Bien. Je vais attendre les autres, dans ce cas. » Elle se laissait faire docilement, petite poupée si souvent habituée à ce qu'on lui dicte sa conduite. Elle n'était plus une enfant depuis longtemps, c'était une belle, une très belle femme, mais cette société machiste laissait peu de place à l'émancipation du sexe féminin. Dans un autre temps il aurait été agacé de ses belles manières et de son obéissance respectable. Maintenant il s'en délectait car c'était le seul semblant de pouvoir qu'il pouvait avoir. Comme Mrs Black en son temps, Sirius commençait à apprécier son rôle de maître de maison puisque c'était le seul titre qui lui donnait un peu d'importance.

Le thé n'était qu'une excuse pour pouvoir avoir une conversation avec elle et tenter de la piéger. Sirius avait trop fréquenté ces héritiers pour croire que l'un d'eux était prêt à retourner sa veste. Bien trop souvent on lui avait fait comprendre qu'il était le mouton noir et il était inconcevable que l'un d'eux tente de suivre ses traces. Il était persuadé que la présence de Rhea Selwyn parmi eux était un danger et voulait la démasquer avant qu'elle n'ait le temps de faire le moindre dégât. « Je le suis. » répondit-elle à sa provocation sur la mort qui les attendait au tournant. Elle retrouvait tout son assurance et sa splendeur, ses yeux luisant de cet éclat de fierté qu'il avait si souvent rencontré dans son ancien univers. Il ne doutait pas qu'elle soit prêter à mourir considérant sa situation. La question était plutôt : pour quel camp ? « J'apprécie la compréhension d'Albus.  Il m'a laissé ma chance, et ce malgré mon nom, contrairement à d'autres. Je ne l'en remercierais jamais assez pour ça. » Ses manières d'aristocrate bien élevé s'envolèrent pour faire ressurgir les vieilles habitudes d'un prisonnier esseulé : il grogna de mécontentement. Il était trop habitué à ces petits jeux de critiques dissimulées pour ne pas avoir remarqué la sienne. Albus Dumbledore ne l'avait pas jugé sur le nom et Sirius ne doutait jamais de Dumbledore. Mais il connaissait assez ce milieu-là pour se montrer plus méfiant qu'un homme au cœur si pur. Sirius avait parfaitement conscience de la part de ténèbres qui habitait son être et cela lui permettait d'avoir une vision plus noire, plus sombre mais aussi plus réaliste.

« Albus est un grand sorcier et un homme bon. » répondit Sirius après avoir retrouvé ses esprits. Il ne devait pas oublier qu'il avait en face de lui une héritière Selwyn qui avait été autant habituée, sinon mieux que lui, aux petits tours du milieu des sang-purs. Il avait les mêmes armes et Sirius savait qu'il devait jouer plus finement si il ne voulait pas la brusquer totalement. Alors il entra dans son jeu des critiques voilées et des attaques à peine dissimulées. C'était la façon dont on leur avait appris à faire, Sirius n'avait qu'à replonger dans cette enfance qu'il avait tant essayé de mettre derrière lui. « Mais il oublie parfois que tout le monde n'a pas le cœur pur ni les intentions les plus honorables. Et je sais que les sang-purs sont habitués à jouer et à manipuler. J'étais l'un d'entre vous jadis. » ajouta t-il, pour la mettre en garde. J'étais l'un d'entre vous et je sais encore comment jouer. « Comment une héritière Selwyn choisit-elle finalement de se détourner ? » La question était plus franche et plus directe mais il espérait la perturber assez pour qu'elle dévoile son jeu plus volontiers.


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