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 no more victims. [Rockette Queen]

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Le contexte du RP
Mise en situation

La situation
1943. Steve Rogers et son équipe ont posé les pieds sur le territoire ennemi. Malheureusement, un des hommes est tombé au combat, aujourd'hui. Le capitaine refuse de sacrifier un autre innocent, il décide de continuer la mission seul mais le soldat Barnes insiste pour l'accompagner.

Contexte provenant d'une discussion par mp.
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Steve Rogers
J'ai 26 ans et je vivais à New-York, USA. Dans la vie, je suis soldat et je m'en sors bien puisque je peux enfin combattre pour mon pays. Sinon, grâce à ma chance, je suis accompagné par mon meilleur ami et je le vis plutôt bien même si je crains pour sa vie.



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Captain America [Chris Evans] ©️ Moi.
Les soldats sont épuisés, le vent frais de la soirée ne les réconforte plus. Vous avez réussi à pénétrer le territoire ennemi mais à quel prix ? Tu revois les yeux vitreux de Jim Morita, ses lèvres entrouvertes desquelles s’échappait un filet de sang vermillon et encore chaud. Tu as beau fermer les paupières, tu ne peux pas effacer cette image qui s’est gravée au fond de ta mémoire pour le reste de ton existence. L’âme d’un homme, d’un soldat, d’un innocent s’est éteinte cette nuit. La mission n’est pas encore terminée et voilà que le sang d’un des tiens a coulé. Tu sais que tu dois manger pour retrouver les forces que tu as perdues aujourd’hui mais ton estomac refuse de coopérer. Tu remercies Jacques Dernier qui t’offre une part de galette de maïs mais tu n’oses pas en prendre une bouchée. Tu crains que ton ventre la rejette immédiatement. La nuit est noire et annonce que le pire est à venir. Vous n’êtes plus qu’à quelques kilomètres de la base ennemie à infiltrer et, si cela t’aurait encouragé hier, maintenant tes membres tremblent. Tu as peur. Tu n’as jamais été l’homme le plus courageux. On t’a choisi pour les valeurs qui te guident, ce sens de la justice profond qui t’habite depuis que tu as l’âge de t’enrôler dans l’armée américaine. Tu jettes un coup d’œil à tes hommes, tu croises le regard de ton meilleur ami Bucky qui termine d’installer le campement et tu lui fais un signe de la tête en signe de remerciement. Tu n’as pas encore retiré ton costume rouge et bleu car tu n’as pas trouvé la force de tourner la page sur cette journée. Tu es bien le seul à être encore vêtu pour la guerre. Tu as seulement retiré ton casque pour respirer un peu. Les autres se sont débarrassé de quelques outils trop lourds, de leurs ceintures. Le campement n’est éclairé que par une lanterne assez faible; vous ne pouvez pas prendre le risque d’allumer un feu. Les discussions se font rares, les soldats ont le cœur lourd, les esprits fatigués. Bientôt, tout le monde s’installe sur le sol, autour de la seule source de lumière, peut-être pour rendre hommage au soldat qui vous a quitté aujourd’hui. Un soupir soulève ta poitrine, tu observes chacun des visages regroupés autour de la lanterne. Cinq visages qui semblent attendre tes mots. James est à tes côtés, comme à son habitude. Il ne t’a jamais laissé seul, encore moins lorsqu’il est l’heure de manger un peu. Alors, tu soulèves ta galette de maïs et tu énonces, clairement :

- À Jim Morita.

Son nom est répété une deuxième fois par les autres et chacun croque dans sa portion. Tu coinces une part minuscule entre tes palettes et tu fais l’effort de casser un morceau qui fond rapidement sur ta langue. Même si tu n’as aucun appétit, il est de ton devoir de le faire pour le soldat tombé au combat. Tu aimerais lui offrir un bien meilleur hommage mais tu n’en as pas les moyens, pas ce soir. Personne n’ose parler, tu n’entends que le craquement des grains de maïs croustillant entre les dents de tes hommes. Tu tends le bras vers une gourde pour avaler une gorgée d’eau tiède, dans l’espoir de calmer tes nausées. Tes yeux baladeurs trouvent le chemin jusqu’à ton bouclier que tu as gardé près de toi, planté dans le sol. Tu déglutis en pensant que tu ne devrais par être le seul à le tenir lors des combats. Jim en aurait bien eu besoin aujourd’hui. Tu sors enfin de tes pensées en relevant la tête vers Bucky à qui tu offres un sourire forcé, peut-être dans l’espoir de le rassurer. Tu te pinces les lèvres et tu souffles :

- On aurait pu éviter sa mort. J’en suis certain.

Tu hoches la tête pour toi-même. Tu ne peux pas t’empêcher de regretter, de rejouer en boucle la scène dans ta tête pour comprendre ce que vous avez fait de mal. Mais tu n’arrives pas à te concentrer, le corps inerte du soldat te hante. Tu n’as pas l’impression de pouvoir assister à une prochaine défaite.  

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James B. Barnes
Bucky

J'ai 26 ans ans et je vivais à New-York, USA. Dans la vie, je suis soldat dans le 107 régiment et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis le partenaire de Captain American et je le vis plutôt très bien car il est fière d'être à ses côtés qu'importe l'issue des combats, même s'il doit donner sa vie pour celle de Steve.







avatar ©️ ROGERS.
Une autre journée en enfer. Qu’il y avait-il de plus à dire ? Le visage crasseux, les chaussures boueuses et le regard usé : ils n’avaient pas bonne mine. Comment pouvaient-ils prétendre que tout allait bien alors que Jim avait passé l’arme à gauche ? Le temps apaiserait la douleur, mais la situation, l’incertitude du lendemain ne faisait qu’amplifier ce déchirement qui était devenu familier par la force des choses. Combien de coéquipiers avaient-ils perdus depuis le début de cette guerre ? Ils étaient tous de la même famille, des frères d’armes : condamnés à mourir ou bien à vivre ensemble. Il n’y avait pas cinquante mille routes pour eux. Le reste de la compagnie marchait dans un silence pesant. Personne n’avait le cœur à le rompre. Pourquoi faire ? Ce n’est pas comme si des mots pouvaient changer la situation. Le village qu’ils traversaient était désert. Les bombardements, les exécutions et les déportations avaient eut raison de plusieurs dizaines de vies pour ne pas dire centaines. Bucky, toujours sur le qui-vive, s’attendait à voir des soldats ennemis sortirent de ces maisons vides et délabrées. Mais il n’y avait personne. Ils étaient seuls. Seuls des fous s'avanceraient aussi près des lignes adversaires. Seulement eux. Trouvant un endroit facile à défendre en cas d’attaque surprise : il installa le bivouac avec Jacques. Un rapide coup d’œil à Steve pour s’assurer que ce dernier tenait le coup et il se remit au travail. Les gestes automatiques, mécaniques étaient exécutés sans une seule parole. Si quelqu’un devait rompre avec la morosité de l’instant : cela était leur leader. Steve. Son ami depuis bien des années maintenant. Il était comme sa famille. Bucky le suivrait aveuglément. Sa loyauté n’était plus à prouver. Comme il aurait aimé pouvoir épargner ce spectacle à son meilleur compagnon de route. Mais aujourd’hui, il était celui qui avait le moindre à craindre. Et pourtant, il avait beau être un super soldat : James n’hésiterait jamais à se mettre entre le danger et celui que tout le monde appelait Captain America. Alors que les hommes enlevaient le plus silencieusement possible leurs sacs et leurs affaires les plus lourdes : James resta dans son coin : regardant au loin pour faire le guet.
Lorsque le repas est prêt, il se décida à rejoindre ses compagnons et s’installa enfin à même le sol pour partager la maigre pitance. Regardant sans envie la collation, il ferma les yeux et prit une longue inspiration. Non. Il serait incapable de manger. Cap brisa le silence, Bucky fit l’effort de lever également son repas avant de prendre une bouchée. Ils devaient reprendre des forces : demain les combats s’annonçaient encore plus intense. Ce n’était pas pour rien qu’ils les avaient envoyé si près des frontières Allemandes. Ils devaient faire une percer : tenter de détruire une des nombreuses usines d’Hydra. Son attention se porta sur son ami dont il vit le regard perdu sur le bouclier qui le rendait légendaire. Il le connaissait assez pour savoir que le mal qui rongeait son cœur n’était pas si différent du sien. Les autres s’étaient éloignés d’eux, comme toujours : ils leur laissaient de l’intimité.

« Jim est mort pour nous permettre de fuir… » Souffla-t-il, résigné. « Il a choisi nos vies à la sienne : on l’aurait tous fait parce que Steve… » Il étendit son bras pour poser sa main sur son épaule : « Notre mission est de mettre un terme aux horreurs de la guerre. A la fin de tout cela : il y a la victoire, la fin de la guerre. C’est pour cela que l’on a tous signé. Au nom de Jim, de Tom, de Luke et de tant d’autres : ont ne peut pas se permettre de perdre. On n’a pas le droit d’abandonner. Il y aura un temps pour pleurer leur mort. » Bien qu’ils avaient tous envie de s’effondrer en cet instant.

Il tapota plusieurs fois sur son épaule avant de s’allonger. Le trou dans le toit de la maison offrait une vue magnifique sur le ciel étoilé :

« Demain, on leur fera comprendre ce qu’il coûte de s’en prendre à l’un de nos frères. » Bucky ne passait jamais par quatre-chemins et en cet instant, le soldat n’avait que cela en tête. « Où que tu ailles, je couvre tes arrières super soldat. » Un titre ironique, qu’il utilisait pour dérider le visage fatigué de Steve le cas échéant. Il ne pouvait rien faire d’autres : son humour n’avait jamais été son point fort.
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Steve Rogers
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Captain America [Chris Evans] ©️ Moi.
Tu remarques que tu n’es pas le seul à ne pas avoir le cœur à manger. Chacun des hommes hésite avant de porter la galette à leur bouche, mais tous finissent par rendre hommage au soldat déchu. Certains arrivent même à terminer leur piètre repas mais tu ne fais pas partie de ces courageux. Tu sens déjà ton estomac remonter dans ta gorge, tu reposes la galette près de la lanterne, sur une bâche en plastique que vous utilisez pour couvrir la lanterne lorsqu’il pleut. Bucky à tes côtés, ton cœur se réchauffe un peu. Même si ça te fait mal d’y penser, tu es heureux que la mort en ait choisi un autre aujourd’hui. Au moment où tu t’adresses à lui, les quatre autres soldats se retirent, peut-être pour vous laisser un peu d’intimité ou pour simplement éviter d’entendre tes remords car, ça, tu en as et ils le savent. Tu es souvent le premier à prendre le blâme et à t’en vouloir pour même les choses que tu n’aurais jamais pu contrôler. La voix de ton meilleur ami s’élève dans le calme de la nuit et tu poses ton regard humide sur lui lorsque tu sens sa main presser ton épaule. Tu écoutes ses mots comme s’ils étaient une berceuse et tu te résignes à hocher la tête. Tu n’as aucun doute; Bucky a raison, il connait la leçon. Ta tête est prête à l’écouter mais ton cœur veut emprunter un autre chemin. Et, malheureusement, tu décides souvent de suivre ce dernier. Tu reposes tes yeux sur le paysage de guerre qui s’offre à toi lorsque le soldat s’étend sur le sol. Tu observes les barraques mutilées, les routes crevassées et ton regard s’attarde sur une faible fleur qui tente de survivre malgré la poussière qui la couvre de son voile étouffant. « Demain, on leur fera comprendre ce qu’il coûte de s’en prendre à l’un de nos frères. » Ta gorge se serre, tu baisses la tête. Un frère : c’est bien ce qu’il avait été. Tu acquiesces sans avoir le coeur à lui dévoiler tes réelles intentions. Tu ne veux pas remettre sa vie en danger, ni celle des autres. Une idée s’ancre au fond de toi sans même que tu ne t’en rendes compte. Tu sembles bien décidé, maintenant. Tu partiras seul cette nuit. Non pas parce que tu veux gagner tout le mérite de démolir une basse d’Hydra mais bien parce que tu veux t’assurer que tes amis retournent chez eux sans aucune blessure. Ils en ont assez vu, ils t’ont accompagné bien assez loin. Ils méritent de retrouver leur appétit même si tu sais très bien que beaucoup de soldats ne reviennent jamais vraiment de la guerre. Ils restent coincés mentalement dans les bombes, les pièges, le son des armes à feu qui se rechargent pour faire couler plus de sang. Tu te pinces les lèvres à la dernière réplique de ton ami. Un léger sourire soulève la commissure de tes lèvres et tu le regardes à nouveau. Ses yeux se baladent sur l’immensité du ciel. Sa peau est sale, ses cheveux collés sur ses tempes. Les traces de la lutte décorent son visage qui semble moins jeune, soudainement.

- Et qui couvrira tes arrières à toi ?

Tu soupires, sachant bien que tu n’es qu’un rabat-joie, ce soir. Tu te masses les temps avant de secouer la tête pour retirer tes paroles. Tu dois changer tes idées.

- Tu n’as pas besoin de répondre. Et moi j’aurais besoin d’un peu d’alcool.


Voilà bien longtemps que tu n’as pas trempé tes lèvres dans un bon verre de vin ou même dans un simple pinard. Tu entends Jacques s’exclamer qu’il aimerait lui aussi se bourrer, tu glousses. Bientôt, tous les hommes joignent Bucky à sa lancée. Ils se couchent à leur tour sur le lit de terre et tu les entends murmurer quelques mots, probablement pour se raconter de jolies histoires qui pourraient leur faire oublier la journée. Tu jettes un regard à ton ami avant d’hocher la tête :

- Tu peux dormir.

Tu observes chacun des hommes un à un avant de continuer :

- Vous pouvez tous dormir. Je serai de garde pour les prochaines heures.

Tu n’attends pas l’avis des autres, tu inspires doucement en dressant ton dos pour te tenir éveillé. Tu n’as absolument pas l’intention de te départir de ton costume. Tu as d’autres plans pour cette nuit.  


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James B. Barnes
Bucky

J'ai 26 ans ans et je vivais à New-York, USA. Dans la vie, je suis soldat dans le 107 régiment et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis le partenaire de Captain American et je le vis plutôt très bien car il est fière d'être à ses côtés qu'importe l'issue des combats, même s'il doit donner sa vie pour celle de Steve.







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Bucky connaissait que trop bien les maux de son meilleur ami. Sur beaucoup de points, ils étaient similaires : ils étaient comme les deux facettes d’une même pièce. Pourtant, là où ils ne se ressemblaient pas, était que parfois le soldat perdait la force. Il avait vu tellement de personnes mourir sous ses yeux. Du simple ennemi sans valeur à un frère d’armes : creusant dans son cœur un trou qui jamais ne pourra se remplir à nouveau. Les horreurs de la guerre, comme disaient certains. Le prix à payer pour défendre ce qu’on a appelle liberté, comme disaient d’autres. Dans tous les cas, c’était bien leur sang qui coulait et eux qui devaient être le témoin d’atrocité qu’aucun vocabulaire, même riche, ne pourrait décrire. Pourtant, malgré son pessimiste de temps à autre : il lui suffisait de se plonger dans les yeux de Steve pour retrouver la force de se battre. Sans celui qui était aujourd’hui Captain America : il ne pourrait pas vivre ou plutôt survivre. Cela est le terme plus exact. Bucky avait besoin de son ami, plus qu’il ne l’avouerait jamais. Ils n’avaient pas besoin de mots pour se comprendre : l’amour qu'ils éprouvent l’un pour l’autre à l'épreuve des balles et du temps. Il le savait.
Il était donc évident pour lui de remonter le moral de Steve. C’était une de ses nombreuses missions : le soutenir. Il prenait ce rôle à cœur et ne l’aurait laissé pour rien au monde. Si la mort de leur camarade sciait ses tripes : il ne perdait pas de vue qu’ils étaient en territoire ennemi et que la moindre erreur pourrait coûter la vie à plus d’hommes ; mais également rendre le sacrifice de leur ami vain. Bucky se refusait de laisser cela arriver. Ils devaient en sortir vivant pour pouvoir honorer dignement le soldat mort au combat. Pour cela, ils devaient avoir des forces. Si certains ne touchaient pas à leur pitance, le bras droit de Cap se força à avaler sa ration. Cela n’était pas une partie de plaisir : mais il avait que c’était un mal nécessaire.

Sa main sur son épaule, il connaissait les mots qu’il devait utiliser pour rassurer son ami. Steve était un super soldat, un homme qui peut survivre à presque tout. Alors évidemment qu’il se sentait coupable de voir ses compagnons d’armes tombés les uns après les autres. Comment le blâmer ? Il avait été choisi pour son grand cœur et ses valeurs ; parce qu’il connaissait le prix de la vie. Aux yeux de Bucky, le commandement qui les envoie en missions constamment devrait apprendre de lui. Tout le monde gagnerait à suivre l’exemple du fameux Captain America. Et pourtant, le soldat savait que cela ne serait pas suffisant. Que Steve n’accepterait pas ses paroles. En s’allongeant au sol pour regarder le ciel étoilé à travers le toit de la maison abandonnée ; il décida de continuer. Pour redonner du courage à son ami, mais pas que. En affirmant qu’il comptait faire payer à Hydra cette perte : Bucky voulait se rassurer lui. Ils allaient leur rendre la monnaie de leur pièce. Que cela leur plaise ou non. Demain, à l’aube, il les tuerait tous. Jusqu’au dernier. Avec le temps et par la force des choses : cela était devenu le seul moyen pour lui de faire son deuil. Ce n’était pas sain, mais rien dans cette foutue guerre ne l’était alors il n’était plus à ça près. Qu’on le traîne en cours martiale : il assumerait ses décisions et ne tenterait même pas de laver le sang de ses mains. Il tourna sa tête pour regarder son ami, répondant à la timide risette qui était enfin apparu sur son visage. Non, il n’était pas obligé de répondre, mais il le ferait quand même.

« T’en fais pas pour moi, j’ai survécu aux tortures d’Hydra : ce ne sont pas eux qui me font peur. C’est égoïste de ma part et tu vas devoir l’être aussi, mais … Tant que tu es en vie : rien d’autre ne compte pour moi. » Il regarda à nouveau le ciel et dans un soupir, il chuchota : « A part toi… Personne ne m’attend à la maison de toute façon tu sais. »

Et c’était vrai. Ses dernières conquêtes verseraient quelques larmes, mais il n’avait plus de famille. La mort avait marqué sa vie dès son plus jeune âge en emportant ses parents. Celle qui s’était créée se tenait à seulement quelques mètres de lui dans cet habit bleu et rouge ; aux couleurs d’un pays qui est sur le point de gagner une guerre qui a duré depuis déjà trop longtemps. À sa réflexion sur le vin, leurs compagnons d’armes surenchérissent.

« Je suis certain que si on cherche, on peut trouver un vieux Saint Emilion qui a survécu. » Après tout… Ils n’étaient pas loin de la France. « Mais même si on trouve de quoi se soûler : tu ne pourras jamais atteindre notre niveau d’ébriété. »

Une blague, oui. Mauvaise, je vous l’accorde, mais cela était mieux que rien. Passer pour le dernier des imbéciles n’était pas un problème si cela voulait dire voir un sourire plus franc apparaître sur le visage de son ami. Qu’est-ce qu’il ne ferait pas pour les beaux yeux de son Captain America ? De son frère ? Les quelques rires qui étaient nés de leurs blagues moururent rapidement pour laisser à nouveau le silence les enlacer.

« Steve… » Souffla-t-il. « On sait tous les deux que je ne trouverai pas le sommeil. » Une affirmation pour son ami et seulement pour lui. « Tu me crois vraiment assez con pour te perdre une seule seconde du regard ? Je ne suis pas un lapin de six semaines. » Il se redressa, regardant son ami dans les yeux : « Ne t’avise même pas de partir sans moi Rogers. Je te l’ai dit : je couvre tes arrières que tu le veuilles ou non. »

Loyal ? Il l’était plus que les autres et suivrait Steve jusque dans la gueule du diable. À jamais.
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Captain America [Chris Evans] ©️ Moi.
Tu te revois quelques mois plus tôt, encore petit et gringalet, entretenant une conversation avec ton meilleur ami qui ne souhaite que de passer du temps avec toi avant qu’il ne parte pour la guerre. Mais tes esprits sont ailleurs. Même s’il t’a présenté une jolie femme _qui, d’ailleurs, n’a porté aucun intérêt envers toi_, tu n’es pas d’humeur au double rencart. Tu détestais ton corps svelte et la fragilité de tes poumons qui t’empêchaient de suivre Bucky dans une grande aventure, dans la seule et unique aventure qui t’intéressait. Tu voulais aider ta fratrie, offrir tes bras, tes jambes et ton coeur à l’Amérique. Être présent lorsque cette dernière sortira victorieuse de cette guerre incessante. Et, maintenant que tu es sur le champ de bataille, que l’odeur de la poussière de guerre te chatouille les narines, la crainte te ronge. Les films de propagande dans lesquels tu as acté ne racontent pas la véritable histoire. Il n’y a pas de musique qui accompagne tes pas lorsque tu approche les ennemis. Il n’y a pas de timbales qui claquent lorsque tu envoies ton poing à la figure des nazis. Les seuls sons qui s’élèvent lors des combats sont ceux des coups de feu, des cris de douleur, mais aussi le silence des victimes. Et c’est le son qui assourdi le plus. Une bouche muette, des yeux absents, une poitrine immobile.

Bucky à tes côtés, tu ne sais plus si tu es rassuré. Il a toujours été là pour te taper l’épaule lorsque ta tête s’écroulait vers le sol. Il t’a toujours offert ses deux oreilles lorsque tu avais besoin de te faire entendre. Et tu sais qu’il n’a pas l’intention de te laisser tomber maintenant que tu as vu la mort d’un ami de tes propres yeux. C’est peut-être ce qui t’inquiète, en fin de compte. Il n’a pas ta vitesse surnaturelle, tes muscles aussi puissants que ceux d’un taureau. Il aurait pu être celui qui accueille la balle dans son cœur aujourd’hui. Tu regrettes déjà d’avoir embarqué ces hommes avec toi dans cette mission suicide. Six hommes contre dix, vingt bases Hydra. Ta folie t’a aveuglé. Sauver quatre cents hommes ne t’a pas suffi, on dirait. Les paroles de ton partenaire te libèrent de tes pensées désagréables, tu lui offres un prochain regard attristé. Tu ne sais pas si tu dois positivement accueillir ses confessions. Tu ne penses pas mériter cette attention. Tu n’es qu’un homme comme les autres. Ta vie ne vaut pas plus que celles de ceux qui ont offert corps et âme au conflit. Tu suis son regard, avisant quelques étoiles brillantes, heureux de pouvoir les observer ce soir. Elles te donnent l’impression qu’il y a toujours de la lumière même lors des nuits les plus obscures. Toutefois, ce qu’ajoute James te tord les tripes. Tu dégluties, ta gorge irritée te fait mal, tu bois une gorgée d’eau tiède pour réconforter la douleur. Tu décides de répondre avec humour pour détendre l’atmosphère :

- Ah bon ? Est-ce que ça veut dire que tu n’as pas réussi à ramener la jolie brune chez toi ?


Tu l’interroges du regard, te forçant à sourire davantage. Tu veux lui changer les idées et peut-être veux-tu changer les tiennes en même temps. Faire d’une pierre deux coups pour consoler deux hommes ébranlés par une journée trop chargée. Toi non plus, personne ne t’attend chez toi. Pourtant, ce n’est pas ce que tu crains le plus. La solitude ne t’effraie pas. Tu pivotes la tête vers l’un des hommes qui propose de partir à la recherche d’une bouteille d’alcool mais tu ne peux pas t’empêcher de secouer la tête négativement, même si tu sais qu’il ne fait que des plaisanteries. Vous n’êtes pas en position pour quitter cette maison abandonnée. Vous devez rester planté ici pour la nuit sans faire un seul bruit de trop. Tu trouves d’ailleurs que vous êtes bien chanceux que personne parmi les hommes ne ronfle comme un porc la nuit. Tu fronces les sourcils en réponse au commentaire de Bucky. Tu marmonnes :

- Merci de me le rappeler.

Tu tentes en vain de garder ton air sérieux mais tu ne lui en veux pas du tout. Pas réellement. Alors, tes traits se détendent et un sourire timide se dessine à nouveau sur tes lèvres. Tu tends le bras pour serrer l’épaule du garçon en signe de fraternité. Bientôt, le silence s’installe comme s’il avait été fait pour régner. La mélodie de la nuit te berce et tu ne sens pas la fatigue s’installer dans tes muscles. Tes deux pupilles alertes scrutent chacun des éléments du décor désert. La maison dans laquelle vous avez établi une base temporaire est à moitié détruite. Tu peux facilement observer la rue à travers le mur de brique défoncé. Il n’y a aucune lumière pour t’inquiéter. La voix de ton ami te fait légèrement sursauter : tu croyais qu’il s’était assoupi comme les autres. Tu te pinces les lèvres, bien obligé de t’avouer vaincu. Tu lui accordes un regard gêné puis tu observes chacun des autres soldats pour t’assurer que leurs oreilles ne sont pas attentives. Tu hésites un long moment en respirant doucement. Il n’a pas l’intention de te laisser jouer au héros solidaire. Et tu le comprends : jamais tu ne le laisserais partir sans toi. Tu passes ta main dans tes cheveux pour replacer les mèches rebelles et tu hoches la tête à contre cœur. Ta voix se fait douce, calme. Un murmure.

- Je sais, Bucky. Tu es aussi stupide que moi. C’est pour ça que je t’adore.

Un soupir s’échappe de ta bouche entrouverte et tu te redresses silencieusement. Tu fais signe à ton camarade que tu acceptes son choix de te suivre. Car, tu n’as pas l’intention de rester ici toute la nuit. Tu as entrainé les autres dans quelque chose de plus grand qu’eux. Tu ne te pardonnerais jamais s’ils rejoignaient le destin de Jim Morita. Tu poses ton casque sur ta tête, tu attaches la sangle sous ton menton puis tu tends ta main gantée à Bucky pour l’aider à se relever. Dans un mouvement habile et fort, tu extirpes ton bouclier du sol et tu l’accroches à ton dos sans prendre la peine de retirer la terre collée à la teinture. Tu observes ton camarade se préparer et, en un seul coup d’œil complice, tu fais comprendre à Bucky qu’il est l’heure d’y aller. Tu ouvres la marche et tu te fais silencieux pour ne pas réveiller les soldats qui méritent de se reposer. Tu regardes chacun d’eux une dernière fois, certain de les revoir le lendemain matin. Une fois à l’extérieur de la maison en ruine, tu te permets de parler un peu plus fort.  

- Tu sais que je m’en voudrais pour le reste de ma vie si quelque chose t’arrivait ? Reste près de moi, j’ai l’impression que je peux mieux encaisser une balle. Ça doit te faire bizarre d’être le plus petit, maintenant.


Tu l’observes, les yeux rieurs mais le cœur nostalgique. La dernière fois que tu étais seul avec lui, il pouvait observer ton cuir chevelu d'en haut. Mais, surtout, la dernière fois que tu étais seul avec lui, tu n’avais pas encore peur de le perdre.  
 
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