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 Nothing's Gonna Hurt You Baby (Leonnor)

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Sha
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Le contexte du RP
Mise en situation
La situation



La forêt interdite de Brokilon, jadis détenue par les farouches dryades de Cintra, est désormais aux mains des hommes du Nilfgaard. Ils sont entrés à grand coup de hache, ont fait fuir les filles des arbres, les nymphes et autres créatures sans trop de difficulté, ratiboisant la zone à coup d’épées.

Près d’un des nouveaux villages nilfgaardiens, on raconte beaucoup l’histoire des hommes qui entrent dans le petit bois que les soldats ont conservé. On dit surtout qu’ils n’en ressortent jamais, ou bien avec de sérieuses blessures et jurent d’avoir vu des ombres capables d’avaler des hommes.

De nos jours, seuls les sorceleurs peuvent se débarrasser de telle malédiction.

Les gars du village ont donc décidé de préparer une bourse pleine d'or pour quiconque réussirait à déloger le Monstre qui dort dans le bois qui longe le village de Crèvecœur.


Univers de The Witcher 3.




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Sha
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Emhrys
Marchand officiel de bois en Cintra au service de Niflgaard.
Est âgé d'une quarantaine d'années.



@Leonnor : Avec du retard, mais j'ai enfin trouvé une intro pas trop dégueue (j'espère) !
Aux portes de Brokilon, il y avait ce petit village de rien du tout appelé Crèvecœur. Six cent âmes y vivaient au quotidien, mais davantage y passaient chaque jour car c’était le chemin le plus sécurisé pour se rendre jusqu’à la capitale de Cintra. Le village subsistait des taxes qu’ils prélevaient sur les marchands itinérants. Ils voyaient aussi très régulièrement des sorceleurs et des chasseurs fouler la vieille bicoque du Tavernier à la recherche d’un trésor ou encore, mieux, de la récompense promise par le Maire de Crèvecœur à qui libèrerait la forêt de Brokilon de l’ancienne malédiction qui la rendait inaccessible. Une malédiction qu’on avait dit jeter par la dernière des Dryades restée en Brokilon.

Les paysans en parlaient assez librement, tous les jours ou presque. Ils disaient que des femmes pleuraient au fond des bois pour attirer les hommes qui finissaient dévorer par des ours ou des loups, parfois même on les retrouvait pendus aux basses branches des pins.

De tous les chasseurs de gloire qui s’étaient succédé, aucun n’était jamais revenu de Brokilon.

Le dernier en date, un jeune homme venu de Birka, tout fier et rempli d’assurance, s’était présenté trois jours avant. Il s’était dit que débuter sa carrière d’aventurier dans la forêt de Brokilon était une bonne idée. Les vieux du village l’avaient averti que même un sorceleur était mort là-dedans, qu’il n’était jamais revenu. Ils lui avaient demandé de rester avec eux, mais il avait insisté.

La première nuit, les pleurs des femmes avaient cessé, mais dès la seconde nuit ils avaient repris, et on n’avait plus jamais entendu parler du jeune homme venu de Birka.

A la taverne ce soir-là, Emhrys riait fort avec deux bûcherons. Il venait tout juste de leur acheter leur réserve de bois afin de l’apporter à la ville voisine et de les revendre là-bas, à un bon prix bien sûr.

« C’est de plus en plus cher ! Bientôt, vous m’aurez mis sur la paille ! » ricanait Emhrys, encore gagnant dans l’affaire. Le prix du bois dans les villes était du double au triple qu’ici, dans ce petit village de rien du tout.

« C’est pas d’notre faute mon seigneur, c’est qu’il y a du danger à aller dans la forêt d’nos jours. »

« De nos nuits tu veux dire » avançait le second bûcheron, une chopine dans la main, toujours pleine mais plus pour très longtemps.

« Oui, oui, de nos nuits, de nos jours… A chaque fois qu’on cogne dans un tronc, y a toujours des bouts d’truc qui en tombent. Quand on a d’la chance, c’est de l’os. Quand on a pas d’chance…. »

« C’est c’qui va sur les os » rétorqua placidement le second.

« Mais c’est du bon bois ! » reprit le premier bûcheron, du nom de Trevor.

« Je vous crois, je vous crois très sincèrement, mais voilà, la marge, mes amis, la marge… ça coûte de faire venir des chevaux, des caravanes et tout le cortège. Et ça me rapporte de moins en moins. »

« Bah… c’est comme nous, mon seigneur » reprit Trevor, d’un air moins rieur, « ça nous coûte d’aller dans la forêt quand on sait pas si on va pouvoir en sortir en un seul morceau… Parce qu’on en parle pas, mais… » Il se pencha légèrement en avant, alors que le second bûcheron prenait déjà deux pleines gorgées de mousse et de bière dans la gosier, « … l’frère de Jorg, il est mort… alors… ça l’fait pas bien rire… »

Emhrys eut un petit moment d’absence avant de poser ses yeux clairs sur le second bûcheron. Maintenant qu’il le regardait fixement, il trouvait en effet que son air était plus sombre qu’à l’accoutumé. Jorg n’était pas un joyeux luron, mais il souriait et avait les yeux vifs. Là, il ne fixait que le fond de son verre déjà vide.

«  Je vois. »

Le marchand tira de sa ceinture une bourse et l’ouvrit. Il se mit à compter rapidement, alignant sur la table un véritable butin qui ne le mettrait pas sur la paille, mais sur lequel il ne pourrait pas rogner. Il paya grassement les deux bûcherons, plus même qu’ils ne le leur avaient demandé, pour être au moins certains de redonner un peu de cœur à l’ouvrage à ces deux bonnes âmes.
Emhrys n’était pas un véritable manipulateur, mais il avait le sens des affaires, ce qui à peu de chose, ressemblait tout de même à de la manipulation.

« Je vous fais cadeau du reste, en espérant que ça allègera le poids sur vos épaules messieurs. »

Trevor hocha rapidement la tête et ramassa rapidement le trésor dans sa bourse qu’il se partagera plus tard avec Jorg. Ce dernier ne bougea pas d’un pouce.

Emhrys sortit dehors et fit embarquer par quatre grands gaillards la cargaison livrée. Il avait l’habitude avec Trevor de ne pas recompter les cordes de bois, et ne le fit pas. Le bûcheron était une brave bête, amoureuse de l’effort mais aussi de l’argent. Il n’aurait pas mordu la main qui le faisait vivre depuis maintenant six ans.

Il attendit alors, les bras croisés devant l’auberge, que ses ouvriers fassent le nécessaire.

« Fichue forêt… fichue malédiction » maugréa-t-il.



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Leonnor
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Ephraïm Caldarissian
J'ai 50 ans et je vis à cheval. Dans la vie, je suis sorceleur et je m'en sors suffisamment pour survivre. Sinon, grâce à ma chance, je suis sans attaches et je le vis plutôt bien.

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Il avait chevauché une bonne partie de la journée. C'était ça aussi le côté le moins reluisant de la vie de sorceleur.  Ephraïm passait parfois tellement de temps à chevaucher que le soir il avait mal aux fesses. Il ne se plaignait jamais de nature plutôt taciturne. Cela semblait être un trait de caractère commun à tous les sorceleurs qu'il avait rencontré. Comme si c'était indécent de leur part, des porteurs de morts et des mercenaires, de faire preuve de jovialité. Oh bien évidemment cela lui arrivait de passer un bon moment et même parfois de rire face aux pitreries des rares amis qu'ils avaient mais c'était loin d'être son quotidien. Le visage buriné par les années et par le temps, il paraissait toujours beaucoup plus jeune que son âge factuel. Notamment grâce aux mutations qui l'avaient certes rendu stériles mais avaient ralenties son métabolisme suffisamment pour qu'ils subissent mieux les outrages du temps que ses pairs. Enfin… ses pairs, c'était bien vite dit. Quand on devenait un sorceleur, on arrêtait d'être un humain aux yeux des autres. On finissait par devenir les monstres qu'on passait notre existence solitaire à chasser.  Il n'avait pas prévu de faire une halte particulièrement longue à Crèvecoeur qui était une ville comme on en trouvait des milliers dans le coin : petite, pauvre,  dérangée par une créature dont les habitants ne savaient que faire.

Cependant,  Eph' se serait bien mis un repas ou deux sous la dent. De plus comme pour les médecins, il avait l'obligation morale d'aider les gens qui avaient des problèmes avec les manifestations surnaturelles de la contrée.  Il avait entendu d'une oreille la discussion entre les bûcherons et le marchand. Rien de très nouveau sous le soleil pour lui. Il avait juste quelques questions supplémentaires à poser afin de savoir s'il allait réellement se mettre en quête pour débarrasser le village des monstres. Il estima que la première chose à faire était de voir s'il pouvait en tirer récompense.  Alors que celui-ci sortait de l'auberge et profita du fait qu'il avait entendu la dernière phrase de celui-ci pour sortir de la pénombre dans laquelle il se terrait. Sa voix était grave et rocailleuse burinée par le temps."Toute malédiction a un prix."lança-t-il en enlevant sa capuche découvrant ainsi son visage et ses pupilles de chat. " Je m'appelle Ephraïm Caldarissian,  sorceleur. Combien êtes-vous prêt à mettre pour améliorer vos revenus ?" Il n'avait pas le talent naturel pour la sympathie ou pour les bavardages. Il avait eu sincèrement des conversations plus longues avec certains monstres qu'avec les humains. D'une certaine manière, il se sentait plus proche d'eux avec les années. Pourtant, la plupart était tout aussi menteurs et manipulateurs que les humains. D'ailleurs, eux aussi étaient effrayés par la présence des individus aux cheveux blancs dans leur zone de chasse. Du moins, ceux qui avaient assez d'intelligence pour que ça soit le cas.
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Sha
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Emhrys
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La voix grave qui s’éleva sur son flanc le fit sursauter. Sa main d’ailleurs s’accrocha à son bel habit et il le fixa du coin de l’œil, quelques longues secondes. Tout juste assez pour le jauger des pieds à la tête et comprendre qu’il ne mentait pas. Qu’il se proposait. Un sorceleur. Un énième sorceleur qui se pensait plus fort et plus intelligent que la Malédiction de la forêt de Brokilon.
Emhrys eut un sourire moqueur sur le moment. Des comme lui, il en voyait souvent, et surtout, il en avait entendu parler. Le dernier sorceleur qui s’était présenté au bourgmestre était un certain Marwick de l’Ecole du Griffon. Un pauvre homme dans la force de l’âge qui avait connu sa fin à l’intérieur.

« Pas assez pour qu’un sorceleur sain d’esprit ne se risque en Brokilon. »

Le petit bourgeois n’était pas dupe. C’était des risques, de gros risques pour un tout petit prix. Les sorceleurs aimaient peut-être l’argent, mais parfois, ils prenaient des enfants et les enlever. Emhrys n’aimait pas ces manières.

« Mais on raconte que le bourgmestre est très demandeur, et que l’Empire lui-même serait prêt à payer pour qu’on débarrasse la forêt de sa malédiction. » Il a un petit rire en imaginant la tête du Général qui s’était empalé sur la forêt en dernier. Ses deux troupes armées ravagées par un ennemi invisible. « Moi, je peux bien aligner quelques centaines de pièce, de quoi garder mon commerce, mais pas plus. »

Il haussa les épaules, concluant : « C’est pas vraiment mon problème. »

S’il payait grassement, il y aurait toujours un ou deux fous pour aller dans la forêt et ratiboiser les environs.



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Leonnor
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Ephraïm Caldarissian
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Ephraïm connaissait bien ce genre de regards plein de reproches et de xénophobie. On apprenait à les ignorer. A quoi y faire attention de toute façon ? On finissait par ne plus ressentir les choses de la même manière lorsqu'on devenait sorceleur. Souvent on était plus indifférents aux basses moqueries de l'humanité. La plupart du temps, on accueillait l'information avec le désintéressement que l'habitude provoque. Il haussa les épaules. "Merci du conseil. Bonne journée." Il se remit en chemin pas particulièrement marqué par la rencontre avec ce marchand qui lui paressait semblable à beaucoup d'autres avant lui. Il se dit que dans un premier temps, il irait voir le bourgmestre pas particulièrement enthousiaste à l'idée de devoir croiser les nilfgardiens. Les sorceleurs évitaient souvent de se mêler des conflits des hommes malheureusement c'étaient souvent ces derniers qui venaient les rattraper. Il commencerait donc par le bourgmestre. Après avoir demandé à quelques paysans pas trop effrayés par son allure, il finit par arriver devant la demeure du bourgmestre. Quelques gardes tentèrent de lui faire des histoires mais ça ne dura que le temps d'un échange de regard. Finalement, le sorceleur fut introduit dans le bureau du bourgmestre. Il exposa sa proposition et rajouta que contre un bon prix il était prêt à s'occuper de la malédiction de Brokilon mais qu'il allait falloir se montrer moins radin que le marchand qui avait proposé une centaine de pièces d'or. En effet, vu la nature du problème que le sorceleur suspectait, il sentait les emmerdes qui pointeraient bientôt le bout de leur nez. "Alors, votre réponse Bourgmestre ?"

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Sha
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Rainier
Maire de Crèvecoeur, une cinquantaine d'années bien entamée.


Ça n’était qu’un sorceleur de plus sur la longue liste de personnes disparues en Brokilon. C’est du moins ce que se disait le vieux Rainier, assis derrière son bureau de poirier sombre. Ses doigts tapotaient nerveusement le bois. Ce n’était pas tant qu’il n’avait pas d’argent à fournir pour mettre fin à la Malédiction, c’était que le sorceleur ne lui inspirait pas vraiment confiance.
Il y avait toujours un « quelque chose » chez eux. Ça venait sans doute des pupilles.

« La prime offerte à quiconque lève la Malédiction est de cent mille couronnes. »

C’était de loin une fortune incomparable pour une simple malédiction. Le bourgmestre se leva calmement de son siège, le visage un peu plus grave, l’air un peu moins méprisant. Il espérait à chaque homme qui se présentait à lui que les choses se tasseraient, qu’un jour il y aurait une solution.
La vérité, c’était qu’il avait espéré trop longtemps et qu’il n’avait récolté que des cadavres.

« Cent mille couronnes c’est un bon prix, mais c’est un prix à la hauteur de ce qui vous attends là-bas. On ne parle pas de griffon ou de ghoules. On parle d’un véritable mal qui sévit depuis bientôt deux cent ans. On parle d’une créature dont nul n’a jamais vu le visage, mais qui a décimé à lui seul près de trois cent hommes quand le Nilfgaard était aux portes de Brokilon. »

Le bourgmestre fronça légèrement les sourcils. Ses pupilles claires brillaient d’une légère peine, mais on pouvait deviner qu’elle n’était pas éphémère. Au contraire, elle était là depuis bien longtemps.

« On parle d’une créature qui a tué mon seul fils. »

Le maire fit le tour de la table, d’un air sérieux, et approcha de la porte. Il invitait en même temps le sorceleur à le suivre.

« Cent mille couronnes vous seront donné au moment même où vous déposerez la tête de la créature à mes pieds. Vous serez riche, et libre d’en faire ce que bon vous semble. »

Le bourgmestre ouvrit la porte. De dehors, on sentait une légère bise froide et humide sortir de la forêt. Il n’y avait aucun bruit, aucun son. Pas même le tintement de métal de la garde qui circulait autour de la ville en tour de garde rapprochée. Il n’y avait que le ciel chargé d’étoiles et la fraîcheur du début de l’hiver.

« Je vous attendrais, comme j’ai attendu les autres. Avec un certain espoir. Une certaine lassitude, aussi. »

L’homme resta fièrement dressé, attendant que le sorceleur ne sorte.



Garçon de rue
D'une dizaine d'années, l'air sale mais vif, plein de malice.



Dans le village qui était particulièrement désert depuis la tombée de la nuit, il n’y avait qu’un jeune garçon assis sur un tonneau qui attendait. Les yeux rivés sur la forêt, ses yeux noisette semblaient chercher quelque chose, mais d’ici, les ombres avalaient les silhouettes. Tout était gris.

Quand le sorceleur passa à côté du garçonnet, ce dernier eut un petit ricanement. Il cracha sur le sol, avant de reprendre :

« Ce soir, on n’les entend pas. On devrait les entendre. »

L’enfant avait tout l’air espiègle, mais un quelque chose de sombre voilait son regard qu’il reportait au même moment vers la forêt.

« Les pleurs. A cette heure-ci, elles pleurent. Mais ce soir, on n’entend rien… »

Il leva les yeux au ciel, comme pour réfléchir, avant de conclure pour lui-même :

« Elles doivent manger. Elles se taisent quand elles mangent. Enfin, j'crois m'sieur… »




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Leonnor
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100 000 couronnes. Le sorceleur savait d'expérience que c'était la somme qu'on proposait pour une mission qu'on pensait impossible. Il n'avait rien dit quand son client avait semblé douter de lui. Il n'avait rien dit pour la simple et bonne raison que c'était la rengaine habituelle de toute personne qui avait besoin qu'on se débarrasse d'un monstre. Il a tué mon (ma) fils/frère/femme/chèvre, beaucoup sont morts blabla, cela fait longtemps que la chose sévit etc etc. Avec le temps Ephraïm avait appris à hocher la tête et à ne pas rouler des mécaniques. L'échange avait surtout consisté en l'homme qui se plaignait du problème. Comme dans beaucoup de cas 90% de ce qui avait été dit ne lui était d'aucun intérêt. Il fallait croire que les choses ne changeaient pas malgré les années qui défilaient pour lui. Ou bien était-ce simplement lui qui avait fini par être complètement blasé de cette existence de solitude et de monstricides.

Néanmoins, il avait entendu de sales légendes à ce sujet. Et il savait que d'autres sorceleurs s'étaient confrontés à ce problème. L'homme supposait donc que la tâche ne serait certainement pas aisée. Toutefois, les temps étaient durs et 100 000 pièces d'or (même s'il croyait peu à la véracité de la somme. Il avait l'impression que c'était offrir 79 vierges au paradis à qui allait mourir) ça restait une promesse alléchante. Et puis, cela faisait un bout de temps qu'il n'avait rien eu d'autre à se mettre sous l'épée qu'un fangeux ou deux noyeurs décharnés. Il s'ennuyait se sentant plus comme un dératiseur que comme un chasseur de monstre à proprement parlé.

Ephraïm se tourne vers le gosse. " Tu sais qui est-ce qui pleure ?" demande-t-il comme s'il parlait à un adulte. Il a pris l'habitude de traiter les adultes et les enfants de la même manière avec une certaine distance. Cela lui arrivait plus souvent de fricoter avec les elfes ou les sorcières que les humains lambdas. "Et elles mangent quoi ?" La chasse aux informations se révélaient parfois plus simples avec les enfants. Ils avaient moins tendance à standardiser les réponses pour donner celle qui semblait être la bonne et la plus rationnelle. Dans ce monde de magie et de créatures, la logique ne devait certes pas être oubliée mais la rationalité et ce qu'on pensait être possible devait toujours être remis en coin. Une nuance qui échappait à une bonne partie de la population.



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Sha
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Garçon de rue
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Le garçonnet sembla réfléchir aux questions du sorceleur. Il les écoutait tous les soirs, mais il ne s’était jamais posé trop de questions, parce que sa mère lui disait souvent de ne pas s’approcher. Son père lui avait interdit d’aller plus loin que ce tonneau planté en face de la forêt. Il secoua les jambes, sa tête dodelinant sur ses épaules.

“J’sais pas trop m’sieur... J’crois qu’elles sont deux, ou p’t’être trois. Elles pleurent, et hurlent à la fois. Un peu comme des loups... Ouais, un peu comme des loups...”

Il hochait la tête pour lui-même. Maintenant qu’il y pensait, ça ressemblait à des hurlements.

“Mais y a pas b’soin de lune pour qu'elles chantent, et les autres loups ont depuis longtemps disparu d’la forêt.”

Le garçonnet jeta un regard aux deux bûcherons qui s’avançaient vers la forêt, un peu éméchés.

“Et j’crois qu’elles mangent des trucs comme ça, m’sieur...”

Le p’tit gars se gratta le menton alors qu’un des deux compères se défroquait déjà, cherchant sans doute un endroit pour pisser à l’abris des regards. La déforestation importante du Brokilon avait repoussé les troncs à deux cent mètres plus loin du village. Aux pieds des chênes immémoriaux, c’était déjà trop dangereux selon les parents du garçon.

“Faites attention m’sieur... Un gars comme vous, avec des ch’veux blancs, il y est déjà allé, mais lui aussi, il n’est jamais r’venu.” Le garçon eut un petit sourire pincé. “Ma mère dit qu’parfois, l’argent, c’est bien que si on peut l’sentir dans le creux d’la main.”



De leurs côtés, les deux gars titubèrent un peu plus loin, disparaissant de la vision de quiconque, même du sorceleur.

Le plus grand des deux, qui était aussi le plus titubant, se mit à rire en retirant ses culottes. Son engin traînait à l’air, et se retrouvait un peu agressé par la bise fraîche de la nuit, mais il était encore tout fier.

“Tu r’gardes Gontran, hein ! Les yeux bien ouverts !”

Le second rigolait fort aussi, se tenant à un arbre et observant les alentours de petits regards vifs mais peu précis. Sa vue s’était un peu obscurcie avec l’alcool et les différents abus de la soirée. Il tendit l’oreille et entendit l’écoulement chaud d’urine. L’odeur était portée par le vent. Ca fit grimacer Gontran qui se surprit à s’arrêter de respirer.
Une petite branche au sol se brisa.

“Ymyr ?”

Il releva la tête, mais ne vit rien de ce qui était là.
Les dents blanches de la créature seulement brillèrent alors qu’il levait les mains pour se protéger. Un coup de griffe balaye Gontran et le fit rouler sur douze bons mètres alors qu’un bruit lourd se faisait entendre plus loin. Quand le bûcheron ouvrit les yeux, le corps de son ami était sur le sol, la tête fraîchement décapitée de ses épaules laissait jaillir des jets de sang chaud.
Il hurla et décampa aussi vite que ses jambes le lui permettait, sortant des fourrées. Dans la course, il n’entendit rien qui le suivit, mais ne s’arrêta qu’après être enfin arrivé aux vues du garçonnet et du sorceleur.
Le sorceleur avait bougé entre temps, il s’était dirigé vers eux, mais c’était trop tard.

Tremblant de peur, le bûcheron - qui s’était d’ailleurs uriné dessus - se jeta à ses pieds. Ses yeux exorbités donnaient à son visage une expression démente. Des portes aux alentours s’ouvrirent car il avait crié, et les parents firent rentrer d’une main forte le garçonnet.

“Vous l’avez vu ?” cria le dément, “La bête ! Elle était là ! Elle était juste là ! Elle-elle a arraché la tête d’Y-Ymyr et maintenant... maintenant elle va...”

Il en perdit son souffle, alors qu’au loin, dans l’obscurité, quelque chose traînait avec fureur entre les buissons le cadavre. Quelque chose qui passait inaperçu dans l’obscurité. Quelque chose de grand mais de fin à la fois, souple et assez agile pour n’avoir aucune difficulté dans sa progression entre les troncs.




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mads mikkelsen ©️ datura


Il avait écouté le récit du gamin. Bon ça n'était pas grand-chose pour commencer mais ça recelait de plus d'informations que le petit ne devait s'en douter. Il tapota la tête du gamin avec ce qui s'approche le plus d'une forme d'affection et d'un remerciement tacite. Il avait voulu réagir lorsqu'il avait pressenti que quelque chose de terrible allait se produire. Commençant à courir, il comprit bien vite qu'il était trop tard pour l'un des deux lurons.  Il perçut plus qu'il ne vit la violence de la scène. D'un geste impatient de la main, il arrêta le bûcheron. Est-ce que la créature chassait les bûcherons, les alcooliques ou les bûcherons alcooliques ? C'était la seule question qui l'intéressait et la voix de l'homme l'empêchait de réfléchir. Il avait du mal avec ces hommes qui faisaient baisser l'intelligence de toute la zone juste en parlant.  Sentant que ça ne servait à rien de questionner l'homme, il utilisa ses sens de sorceleurs pour remonter la piste du chemin que l'homme venait de faire en sens inverse.

A partir de là suivre la trace d'un cadavre traîné au sol n'était pas spécialement compliqué. Il ne voulait pas toutefois se retrouver face à une créature qu'il suspectait extrêmement dangereuse sans s'être préparé avant. L'homme désirait tout d'abord éliminer le fait que ça soit un vampire plutôt ancien. A sa connaissance, c'était une des seules créatures qui pouvaient venir à bout d'un sorceleur. Tous les sorceleurs les craignaient d'une certaine manière car entre leur possibilité de se transformer, leur rapidité et leur appétit féroce, ils constituaient des ennemis farouches. Tout dans cette histoire lui laissait pressentir que son instinct était loin d'être mauvais. Il fallait tout d'abord qu'il découvre la tête et qu'il puisse l'inspecter. Après un moment, il parvint à la localiser. La coupure sur le coup était nette et sans hésitation.  Un prédateur sans aucun doute. Aussi nettement et sans outils au préalable cela sous entendait des griffes. (il prit note de la force évidemment surhumaine par habitude plus qu'autre chose).  Il était certain de la présence de griffes, se souvenant notamment des traces sur le bûcheron survivant.  L'attaque avait été rapide, menée à la tombée de la nuit avec une létalité évidente. Définitivement ça ne lui plaisait pas. Il avança de quelques pas en observant la piste fraîche.  Se sachant malgré tout discret, il décida de suivre la piste pour essayer d'avoir un visuel plus clair du vampire. L'affronter ce soir ne faisait pas partir de ses plans mais il espérait ainsi découvrir sa tanière.

Spoiler:
 


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Sha
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Bête
...



La bête qui traînait le cadavre était aussi grande qu’un homme, si ce n’était plus. Peut-être deux mètres de haut. Son dos rond était gris, couvert de fins poils argentés. Son corps puissant ne ralentissait pas alors même qu’il tirait sans relâche le pauvre Ymyr qui n’avait pas eu de chance ce soir-là - ou du moins, qui avait un peu trop joué avec la chance.
Derrière elle, le sorceleur avançait, et la bête l’entendait parfaitement, ses oreilles dressées sur le haut de son crâne dur.

Aouuuuuhouhouu...

Aaaaaouuuuuuhhhouuuhouuuu....

Au loin, des hurlements se firent entendre. Ils étaient étranges, à la fois douloureux et bestiaux. Comme si un monstre pleurait, au loin. Non, pas un seul. Deux. Le sorceleur put les sentir aisément, parce qu’au plus profond de la forêt, les bruits se décuplaient en ligne droite, ne s’éparpillant pas à travers les troncs.

Il y avait donc deux bêtes en plus de celle qu’il traquait.

Deux bêtes qui se rapprochaient rapidement, alors que des bruits d’os cassés commençaient à se faire entendre de l’autre côté d’un grand buisson. Le claquement des dents, le craquement de la carcasse. Les bruits étaient insoutenables pour qui n’y étaient pas habitués.

Entre chaque mastication animale, on entendait la même voix plaintif, à la fois homme et bête :

« Si faim... si faim, si... non, non ! Non... »

La créature s’avérait être un immense loup-garou se tordant sur le sol. Il dévorait mais recrachait aussitôt la chair qui ne semblait pas être à son goût. De la bile sale glissait de ses crocs alors qu’il était visiblement sur le point de vomir.

« Pourrrrquoi...Pourrrquoi... M-Maudite... Maudite... ! »

Il balançait sa tête devenue lourde alors qu’un second loup-garou apparut à sa gauche, plus beau, au poil plus clair mais à la face toujours hideuse.

« Elle... Elle l’avait d-dit... A-aucune saveurrr... Aucune chairrr... ne saurrrait te rrrremplirr l’estomac... »

Le second loup-garou se mit à rire, mais ses oreilles rabattues signifiaient qu’il y avait autre chose. Une peine, peut-être, une détresse au fond de lui.

Le troisième se faisait visiblement attendre, et à l’oreille, le sorceleur était incapable de savoir où il était exactement.




Oh Darling,
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