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 Wide Awake

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nightblood
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INSCRIPTION : 11/02/2017
ÂGE : 25
RÉGION : Poitou-Charentes
CRÉDITS : masayume (avatar); mon ami tumblr (gifs) + moi-même (sign)

UNIVERS FÉTICHE : Réel, fantastique, science-fiction !
PRÉFÉRENCE DE JEU : Femme

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Luigi

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Ava
Carrington

J'ai 18 ans et je (sur)vis à Stamford, Angleterre. Dans la vie, je suis étudiante zombie et je m'en sors comme ma tante s'en sort. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt de façon neutre, de toutes façons j'ai peur des hommes.




feat. Kristen Stewart ©️ cyrine
En un an, je crois bien que c’est la conversation la plus longue que j’aie jamais tenue avec un homme. Je me demande même si ce n’est pas la seule. On avait pris soin de m’attribuer des femmes, lors des visites chez le psy à Norwich. Et mes échanges avec les garçons dans les foyers étaient très limités, pour ne pas dire inexistants. S’il y a bien une raison pour laquelle j’ai accepté de me rendre chez tante Lucy, c’est parce que je ne supportais plus la constante présence masculine autour de moi, me provoquant dans un inconfort immédiat. Avec le temps, ça a fini par s’estomper. Non pas parce que j’avais moins peur, mais parce que je suis devenue progressivement trop fatiguée pour faire attention au monde autour de moi. Ca, évidemment sauf quand on en vient à un contact physique.

De toute évidence, dans les méthodes pour tenir en éveil, Omen semblait être à une étape largement supérieure à la mienne. Et forcément, je m’interroge : depuis combien de temps est-ce qu’il fait ça, ne pas dormir, lutter contre le sommeil constant qui pèse sur nos épaules ? De toute évidence, il était aussi épuisé que moi, et je ne le remarquais que mieux maintenant que nous avions tous les deux confessés notre refus catégorique face au sommeil. Ses paupières tombaient, souvent. Restaient closes quelques secondes, avant qu’il ne les ouvre d’un coup, comme s’il s’était giflé mentalement pour s’empêcher de tomber de sommeil. Et le voir d’un œil extérieur me faisait de la peine. C’est donc ça, que Lucy et Alex doivent supporter sous leur toit toute la journée ? Je n’étais pas dérangée par le comportement d’Omen, mais à coup sûr, une personne éveillée et en pleine forme ne devait pas nous voir du même œil.

Silencieuse, j’écoutais chaque astuce d’Omen, me notant mentalement de ne jamais les utiliser. J’étais certes, épuisée de façon constante, mais pas assez pour en venir à fumer, ou utiliser de la drogue. De toute manière, je serais bien incapable d’aller en acheter, et tomber dans ce type d’addiction me ferait irrévocablement avoir à entrer en contact avec des gens. Et probablement des hommes, en large majorité. Puis au vu de la réaction d’Omen, lui-même semblait sous-entendre qu’il ne s’agissait pas d’une idée brillante. Alors je me contentais de suivre du regard le paquet de cigarettes qu’il me montrait, de hocher la tête frénétiquement, signe d’écoute, sans piper mot. Jusqu’à ce que je réalise à l’heure qu’il serait peut-être temps pour moi de le libérer, et de retourner chez ma tante. Une fois redressée, je rabattis immédiatement ma capuche sur ma tête, ne supportant pas trop longtemps cette mise à nu devant quelqu’un d’autre. Après ce qui sembla durer une éternité – mais j’ai l’habitude que le temps paraisse long autour de moi, surtout quand tu ne dors qu’une à deux heures tous les deux jours – il reprit enfin la parole, semblant « accepter » mon départ soudain. J’avais déjà suffisamment envahi son espace personnel, quand bien même une part de moi se sentait… soulagée, et un peu moins seule.

C’est seulement arrivée à mi-chemin vers la porte, que je me tournais vers lui, interpellée par sa mention du petit pavillon faisant marque de belvédère entre nos deux terrains. Silencieusement, je hochais la tête, signe que je voyais ce dont il me parlait, sans pour autant saisir où il voulait en venir. Du moins, jusqu'à ce qu'il développe. Une autre technique pour rester réveillée. Profiter du froid de l'extérieur pour garder les yeux ouverts.

Peut-être que je t'y croiserai ?

Après une hésitation, je relevais alors les yeux vers Omen Bentley, toujours sagement installé sur son lit, immobile. Et après un bref échange de regards, je pinçais ma lèvre inférieure entre mes dents, avant de hocher doucement la tête. « Peut-être, oui. » Et sur ces mots, j'ouvrais doucement la porte de sa chambre, pour me glisser par l'embrasure de celle-ci et quitter le manoir devenu bien plus silencieux. En passant à l'étage inférieur, je ne fut pas surprise de remarquer la silhouette de Spencer Baron, à moitié allongé dans la baignoire, recouvert de son propre vomi. Yuck. Probablement s'était-il évanoui, et un vague sourire me parvint, à la pensée qu'Omen avait eu raison. Quand j'atteignais enfin la maison de ma tante, je trouvais Alex endormie dans sa chambre, probablement rentrée plus tôt dans la soirée, déçue de ne pas avoir trouvé Jaimie Matthews. Pour ma part, après une douche froide régénératrice, et la tête encore pleine de pensées contradictoires vis à vis de la soirée folle que je venais de passer, je retournais vers la cuisine à pas de loups, pour tester une nouvelle recette de cookies que je servirais au petit déjeuner à ma tante et ma cousine.

*fin de la première nuit*






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Ava
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J'ai 18 ans et je (sur)vis à Stamford, Angleterre. Dans la vie, je suis étudiante zombie et je m'en sors comme ma tante s'en sort. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt de façon neutre, de toutes façons j'ai peur des hommes.




feat. Kristen Stewart ©️ cyrine
C'est probablement la pire partie de ma semaine : les week ends. Sacré contradictoire venant d'une jeune femme de dix-huit ans, mais vous n'avez pas idée de combien c'est difficile de passer un samedi sans s'endormir. En cours, c'est facile : il faut que je me traîne d'une salle à une autre, et je peux me permettre une heure de sommeil, quand j'ai de la chance, en cours. Chez ma tante, c'est impossible, et entre samedi matin et samedi midi, j'avais déjà bu six cafés lorsque Alex s'est enfin décidée à se réveiller. J'enviais son sommeil, sa capacité à se comporter comme une lycéenne normale... Le fait que ses plus gros soucis résident en le fait que Jaimie ne soit pas venu à la soirée de Will Bentley, hier soir. Heureusement pour moi, le fait qu'elle ne s'arrête jamais de parler constituait une source de distraction suffisante pour m'empêcher de somnoler dans le canapé du salon.

« Non mais tu te rends compte ? Je suis sûre que tous les jeunes de la ville étaient à cette fête, Ava. Tous, sauf lui. » Sauf Omen Bentley, techniquement parlant aussi. A la mention du jeune homme à la chevelure de bronze, je me mordais l'intérieur de la joue. Tout le reste de la nuit, j'ai pensé à ses derniers mots. Au belvédère dans le jardin. « Dis, Alex... Il ne fallut pas plus de dix secondes pour que ma cousine lève un regard curieux dans ma direction. Pas étonnant, étant donné que je ne lui ai répondu que par des haussements d'épaule, depuis une heure, et que les moments où j'entame la conversation sont rares, voir presque inexistants. Tu m'as dit que Will avait un frère adoptif, c'est ça ? Je ne l'ai jamais vu avec lui au lycée, pendant la pause du repas... » J'agrémentais mes mots d'un haussement d'épaules nonchalant, tentant de masquer la curiosité qui me piquait vis à vis d'Omen. A ma grande surprise, le visage d'Alexandra se ferma très rapidement, trop rapidement. « Il n'est plus au lycée. Et crois moi, la dernière chose que tu veuilles, c'est parler à Omen. » Le prénom quitte ses lèvres comme un véritable venin, me surprenant. Devant mon froncement de sourcils, elle poursuivit : « C'est l'incarnation du vice et des problèmes, et il est... incapable de se lier à quelqu'un en dehors de Jaimie. Mais ça, c'est parce que Jaimie est probablement trop gentil pour refuser sa compagnie. » Alors comme ça, Jaimie et Omen étaient amis. Et alors qu'elle recommençait à parler de son crush de lycéenne, je pâlit à la description que venait de me faire ma cousine à propos du garçon auquel j'ai parlé cette nuit. Il ne me semblait pas si... problématique. Pas au point de cracher son prénom avec tant de haine. Je veux dire... Clairement, c'est pas un enfant de choeur. Mais il n'a pas été particulièrement agressif à mon égard.

Cette conversation raviva deux fois plus mes interrogations vis à vis de ce soir, et jamais le temps ne me parut si long avant la tombée de la nuit.

Je m'occupais comme je le pouvais, en aidant tante Lucy, ou en écoutant encore et toujours Alexandra parler et me supplier de l'accompagner un jour faire du shopping. Tant qu'elle n'essayait pas de m'habiller... Le plus dur fut une fois qu'elles se sont couchées toutes les deux. Je passais tout mon temps dans la cuisine, testant une nouvelle recette de cookies, continuant de peser le pour et le contre quand à mon intention ce soir, en jetant des coups d'oeil à l'heure. Minuit approchait, quand je glissais les cookies encore chauds dans une boite sur laquelle je notais le nom du jour, rituel exutoire que j'ai acquis depuis des mois. Double Fudge Rendezvous. Plutôt accurate, alors que je glisse la boite dans mon sac, tout en enfilant mon sweat et rabattant ma capuche sur ma tête.

Est-ce que j'allais vraiment faire ça ?
De toute évidence, oui.

A peine eus-je franchit le pas de la porte que l'air nocturne me fouetta le visage, me donnant un coup de boost inespéré. Et à mesure que je m'approchais de la maisonnette située entre nos deux jardins, bordant un lac situé derrière les propriétés de ma tante et du docteur Bentley. Je montais les deux petites marches menant à l'intérieur, jetant un oeil rapide en direction du manoir Bentley sans toi savoir à quoi m'attendre. Est-ce qu'il allait venir ? Après avoir pris place sur un banc dos aux maisons, et faisant face au lac, je me laissais bercer par le reflet de la lune dans l'eau, les mains jointes, mon sac de cookies posé à côté de moi. Et l'espoir silencieux de voir Omen arriver de son côté du jardin.




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Omen
Bentley

J'ai 18 ans et je (sur)vis à Stamford, Angleterre. Dans la vie, je suis déscolarisé et en colère et je m'en sors très bien avec l'argent de mon père adoptif. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt parfaitement.




feat. Robert Pattinson ©️schyzophrenic


Samedi fut une journée meilleure et pire, nettement pire.
Meilleure, parce que suite au départ d’Ava, j’avais grapillé quelques minutes de pseudo-sommeil, et que ma carcasse m’en était quelque peu reconnaissante. Mes muscles moins tiraillés, mes yeux moins agonisants, même si je n’étais pas débarrassé de mon look de vampire du dimanche.
Pire, parce que j’avais dormi.
Cette fois, c’était les flammes ; les flammes qui lui dévoraient lentement le corps et lui léchaient le visage, l’odeur nauséabonde de la chair brulée, ses yeux vers moi plein de larmes, de douleur, de terreur.
Quand l’alarme que j’avais réglé m’avait soutiré à ma torture, je m’étais réveillé et redressé immédiatement dans mon lit, encore tout habillé; mon visage trempé par les larmes et la sueur, mon corps encore bouillant. On aurait pu croire que je serais habitué, immunisé de ces souvenirs après tant d’années, mais l’intensité était la même qu’au premier jour, qu'au jour où j'avais 9 ans et vécu la scène en question.
Il était environ 7 heures du matin quand je m’étais levé et douché, dégouté par moi-même à de si nombreux niveaux.

C’est donc, d’une humeur massacrante que j’étais descendu au rez-de-chaussée du manoir pour me retrouver au milieu des vestiges de la soirée de la veille. Ce gros porc de Will décuvait dans le canapé du salon entouré par les cadavres de bouteilles, les chips rassis, et d’autres déchets non identifiés. J’avais du combattre un relent de nausée en passant près d’une des rares plantes vertes dans le couloir, qui avait apparemment été arrosé au vomi. Hors de question que je nettoie ce bordel. Pas. Mon. Problème.

L’appétit coupé par cet accumulation d’immondice, j’avais regagné rapidement mon sanctuaire à l’étage. Je m’étais installé un instant sur mon balcon pour soigner les séquelles de mon cauchemar, m’allumant une cigarette et laissant mon esprit vagabonder vers les évènements de la veille au soir, mon cerveau ayant acquis une meilleure capacité à faire le bilan grace à ce semblant de repos que je lui avais accordé.
La "cinglée de Stamford" était en fait, Ava, ma voisine et je soupçonnais qu’elle n’était pas si cinglée que ça. En tout cas, pas plus que moi. Elle avait un souci avec les hommes, j’ignorais jusqu’à quel point toutefois; elle n’avait pas semblé avoir peur de moi, ce qui était un peu inconscient de sa part : parce qu’en termes d’hommes, je faisais sans doute partie des pires. Et surtout, surtout, Ava ne dormait pas, du moins elle essayait, et ça la rendait forcément intéressante à mes yeux. A la lumière du jour, ma curiosité grandissait sur ce qui pouvait bien hanter les nuits de cette fille à l’allure si innocente. A nouveau, je m’imaginais le pire, parce qu’Ava avait toutes les caractéristiques d’une proie : les prédateurs du style de Spencer Baron l’avait, malheureusement, bien identifié également et, comme la veille, je ressentais une incompréhensible colère face à cet état de fait.

Mon regard se posa un instant sur le belvédère qui trônait dans le jardin et que j’avais mentionné la veille à Ava comme possible lieu de rendez-vous, puis mes yeux pivotèrent vers la maison Thompson. Je priais pour que Ava n’ait pas été raconté à sa cousine l’épisode de la nuit dans ma chambre, parce qu’il était certain que ça me retomberait dessus. Alex me castrerait sur place, si elle me voyait ne serait-ce qu’adresser la parole à sa cousine et m’accuserait - encore une fois- de choses dont je n’étais ni coupable, ni responsable. Et bordel, j’avais vraiment pas envie de gérer ce genre mauvais délire.
J’écrasais ma cigarette à mi-parcours, regagnant mon traître de lit pour y terminer mon dessin entamé au cours de la soirée précédente, me préparant à tuer le temps jusqu’à ce soir, me forçant à ne pas trop compter sur ma nouvelle botte secrète, Ava.

______

Il était aux alentours de minuit quand j'aperçus depuis la baie vitrée de ma chambre, la petite silhouette noire encapuchonnée de ma voisine qui traversait le jardin d’un pas assuré en direction du pavillon commun à nos deux maisons. Sans mon accord, mes lèvres esquissèrent un sourire de ... soulagement ? Je mentirais si je disais que la perspective d’avoir une activité, même simpliste, comme celle de retrouver Ava dans le jardin pour s’encourager l'un l'autre à rester éveillé, ne me paraissait plus tentante que celle de lutter à nouveau, seul, contre le sommeil qui gagnait déjà beaucoup trop de terrain.

Mais qu’est-ce que tu fous ? En voyant Ava s’installait sur le banc dans le belvédère, une vague de doute m’envahit quand à toute cette idée stupide. Mon idée stupide. Stupide et égoïste. Quand bien même je descendrais rejoindre Ava et après, j’allais lui dire quoi, exactement ? «Salut, je suis totalement ravagé et torturé mais est-ce que tu veux bien rester là en silence avec moi, parce que ça m’aide à ne pas m’endormir ?». Quoique tout bien réfléchi, il y  avait quand même un sujet que je brulais d'envie d’aborder, motivé par cette infame, et affreusement déplacée, curiosité sur ce que pouvait bien être l'objet de ses cauchemars, sur la clé du mystère d’"Ava la cinglée". Et je me détestais d’avoir tant envie de savoir parce que je passais mon temps à cracher sur cette ville de bouffons qui passaient leur vies à s’occuper des affaires des autres. L’inavouable, c’est peut-être qu’au fond, j’espérais ne pas être seul à vivre avec un poids plus fort que moi.
Quel sale connard égocentrique, je fais.

Et sur cette dernière hésitation, je me décidai. J’enfilai ma veste en cuir noir, me glissai sur le balcon dont j’enjambais aisément le rebord et gagnai facilement la gouttière à proximité, dont les proéminentes fixations en faisait pratiquement une échelle, et descendit facilement jusqu'au terrain. Les mains enfoncées dans les poches, je me dirigeais ensuite, d'un pas souple vers le petit pavillon où je retrouverai Ava.

Quand j'arrivai au lieu du rendez-vous, je décidai de m'installer avec aise à califourchon sur le même banc qu'Ava aussi loin d'elle que possible - j'avais toujours à l'esprit ses réactions anxieuses à l'égard des hommes et ne voulais pas la mettre dans un quelconque embarras. J'essayais aussi de lui montrer que je n'étais pas un de ces pervers qu'elle avait croisé au lycée. Elle portait à nouveau son sweat à capuche, Jaimie m'avait rapporté qu'elle ne le quittait jamais, mais c'était approprié ce soir, vu l'air frais nocturne.
Imitant inconsciemment ma voisine, je perdis mon regard vers le lac laissant le froid me réveiller.

Je remarquai alors un sachet posé près d'Ava qui semblait contenir des cookies ce qui me rappela que je n'avais rien avalé de la journée suite au fiasco-porcherie-matinale. Mon estomac comme le reste de mon corps commençait à pester contre mon obstination à nier tous ses besoins vitaux.
Je détournai à nouveau mes yeux vers le lac, cherchant une manière de demander à Ava, quels étaient les cauchemars qui la hantaient.

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Le regard qui brûle, les mains qui tirent nerveusement sur mes manches, je me flagelle mentalement pour être venue ici ce soir, sans même comprendre pourquoi est-ce que je me met dans cet état. Je met ça sur le compte de l'inédit, de la surprise d'hier soir, et puis même s'il ne vient pas... Qu'est-ce que j'ai à perdre à être là ? Il semblerait en tout cas que l'information qu'il m'a donnée n'était pas éronnée : le froid mordant ma peau sous le pavillon ouvert me permettait de garder un peu plus les yeux ouverts que si j'étais simplement postée dans une pièce de la maison. Genoux regroupés contre ma poitrine, j'appuyais mon menton sur ceux-ci, observant le décor que je n'avais jamais vraiment pris le temps de contempler depuis mon arrivée, jusqu'à ce que j'entende un bruit attirant mon attention derrière moi, en direction du manoir du Docteur Bentley. C'est là que je le vis : passant par la fenêtre de sa chambre, pour enjamber son balcon et glisser le long de ce que je devinais être une gouttière jusqu'à ce que ses deux jambes rencontrent le sol. Un sourcil froncé, l'autre haussé, je suivais sa trajectoire jusqu'à ce qu'il se tourne pour marcher vers le pavillon, et immédiatement, je tournais la tête vers le lac à nouveau, cachée sous ma capuche, et toujours en train de me demander dans quoi est-ce que je pouvais bien m'embarquer ce soir.

Omen est arrivé sans un mot, discret. Je n'osais même pas lever un regard dans sa direction, devinant simplement qu'il s'installait à l'autre bout de mon banc. Distance raisonnable que j'acceptais avec joie. Peut-être qu'il sait, après tout. Ca ne m'étonnerait qu'à moitié. Les informations circulent vite, surtout dans une petite ville comme Stamford. Mais il était là, alors peut-être qu'il ne me catégorisait pas encore comme freak. Pas encore. Et si le froid me réveillait, les reflets doux de la lune contre le lac me bercaient peut-être un peu trop, alors je coulais un regard dans sa direction, constatant qu'il était simplement en train de regarder le lac, comme moi. Après une brève hésitation, je me décidais à pousser le sachet de cookies dans sa direction, le positionnant ainsi entre nous deux, au milieu du banc. « Cookie ?  » que je me risquais à demander, ma voix enrouée à ne pas avoir parlé pendant des heures, seule dans la cuisine. J'en attrapais un dans le sachet, et le portais silencieusement à mes lèvres, en espérant qu'il ne croirait pas que je tentais de l'empoisonner. Chaque fois que je terminais un biscuit, je reposais mes mains sur mes genoux, paumes crispées sur eux, incapable de savoir quoi dire, comment me comporter. C'est à peine si j'ose poser les yeux sur lui, comme m'y risquer allait me faire partir en cendres, ou dans une autre crise d'hystérie que j'ai pu faire au lycée. Pour essayer de ne pas me la jouer statue de marbre, je levais une main vers le cordon de ma capuche, avec lequel je jouais sagement, du bout des doigts, lèvres pincées, m'autorisant seulement à respirer doucement, comme si je redoutais le moindre pas de travers.

Mais une question me brûlait les lèvres, et je savais que la poser me mettrait forcément en danger. Que c'était le genre de sujet délicat, mais j'avais l'impression depuis hier, que cette sorte de situation partagée me donnait... une sorte de droit. Le droit de savoir s'il était comme moi. « Dis, Omen... Je laissais couler un nouveau silence, ma main relâchant le cordon que je maltraitais nerveusement pour venir se reposer sur mon genou libre. tes cauchemars... ce sont aussi des souvenirs ?  » Est-ce que lui aussi était hanté par le passé ? Par mon "aussi", je réalisais que je me confiais un peu plus à mon voisin, que je ne connaissais que depuis vingt-quatre heures. Lui dévoilant une fenêtre, une seule, sur les monstres qui peuplent mes nuits, et chaque minute de sommeil que je m'accorde.




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«Cookie ?»

La proposition timide d’Ava ramena mon attention à elle. Je marquai un temps d’hésitation totalement inutile tandis que, comme pour m’encourager, elle se servit dans le sachet et porta un des biscuits à sa bouche. Elle va pas t’empoisonner, imbécile. A vrai dire, ses cookies avaient l’air foutrement appétissants, ce truc était sans doute du fait maison, avec amour et tout le cirque, et ça faisait des années que je n’avais rien avalé qui ne soit pas chimique ou livré à ma porte. Il faut dire que la maison Bentley n'était pas peuplé de fantastiques talents culinaires. Mon ventre presque gargouillant, je tendis la main avec hésitation vers le sac de de gateaux ouverts à mon attention, me persuadant que ça ne pouvait pas être plus mauvais que ce à quoi, j’avais l’habitude. Espérant aussi que ça ne me dégoute pas non plus, et que je ne sois pas obligé de cracher devant elle, ou pire de faire semblant d'aimer. Un peu trop lentement, je goutai tentativement comme un ahuri qui n’a jamais mangé de cookies de sa stupide vie et qui découvre un tout nouveau concept.

Sous le coup de l’émerveillement, dès la première bouchée, mes yeux s’écarquillèrent légèrement, retenant un gênant gémissement d’approbation. Putain de délicieux cookies.

- «Putain de délicieux cookies !» m'exclamai-je alors spontanément à l'attention d'Ava. «Tu les sors d’où ?» continuai-je en cachant difficilement un plaisir honteux, prêt à relancer avidement ma main pour me resservir. J’étais affamé. Et c'était si bon.

Puis, Ava posa la question que je retournais inlassablement dans ma tête depuis la veille. Simplement et sans détours. Dans ces moments là, elle était surprenante. Cette petite fille frêle, cachée du monde entier sous sa capuche, qui n’avait pourtant pas peur de me poser ce genre de questions, quand franchement je ne faisais rien pour l’y inviter. Sauf que là, c’était moi qui était censé y répondre et ça ne faisait pas vraiment partie de mon plan. Je ne parlais pas de l’incendie ou de mon passé, même pas au Docteur B., même pas à Jaimie. Cette histoire était sordide et personnelle. Mais j’avais l’impression que c’était le prix à payer pour satisfaire ma propre curiosité et découvrir ce qu’Ava voulait dire par «toi, aussi». Une manière de marchander pour savoir quels étaient ses souvenirs qui la hantaient.

Merde. J’étais supposé me lancer en premier. J'envisageai sérieusement de me lever et partir, avec n'importe qui d'autre, je l'aurais fait. Je grimaçai un instant, agitant mes cheveux d’un geste de la main presque nerveux tout en me raclant la gorge à la recherche d’une façon d’éviter ou de contourner le sujet. Je gagnais du temps.

- «Faisons un marché, d’accord» proposai-je alors, je cherchais prudemment mes mots «Je t’en montre un peu, tu m’en montres, un peu?» tentai-je d’un air interrogateur  faisant référence à nos faces cachées respectives, nous désignant d'un geste chacun notre tour. J'attrapai son regard avec le mien, tachant de comprendre si je ne dépassai pas les limites, mais c’était l’unique condition à laquelle je lui livrerais ce genre de secrets. Je n’avais aucune intention de me sentir seul et vulnérable, à raconter littéralement mes pires cauchemars. Pas de sens unique entre nous. Mon histoire contre la sienne.
J’attendis une forme de consentement de sa part avant de poursuivre avec difficulté. Essayant de me détacher au maximum de l’histoire que j’allais raconter, choisissant avec soins les faits que je mentionnerais et ceux que j’occulterais.
- «Pour faire court,» hors de question que je fasse long de toute façon «quand j’avais neuf ans, il y a eu un incendie dans notre maison, mon père y a perdu la vie, puis ma mère...» je déglutis difficilement, fronça les sourcils et fixai le sol maintenant, en arrivant à cette partie qui n’était pas pourtant plus horrible que la première, «...ma mère ne s'en est pas remise, putain de dépression,» j’épargnai à Ava l’alcoolisme et l’addiction aux drogues «et elle m’a abandonné, je me suis retrouvé dans des familles d’accueil jusqu’à ce que je rencontre le docteur Charles Bentley qui m’a adopté», terminai-je rapidement.

- «C’est ça, mes cauchemars, tantôt l’incendie, tantôt ma mère qui part...» je m’interrompis, j’en avais largement assez dit. Je fixai le sol encore un moment sans apaiser mes sourcils.

Puis enfin, je redressai la tête vers Ava.

A ton tour.

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Ma tante aime me dire que mon arme secrète, c'est mes talents culinaires. Et surtout les cookies. Alors, quand Omen se décidait enfin à tendre la main vers le paquet ouvert de biscuits, j'arrêtais presque de respirer, et le temps entre le mouvement vers le paquet et celui jusque sa bouche me sembla interminable. Jusqu'à ce que je voie son regard s'illuminer. Peut-être bien que tante Lucy a raison. Je rosis presque de plaisir, incapable de réprimer un sourire satisfait en entendant le jeune homme s'extasier sur le cookie qu'il mâchait avec avidité après chaque bouchée.

« De la cuisine, expliquai-je en haussant les épaules, avant de préciser en levant un nouveau regard vers lui tu sais, technique pour rester réveillée. Ca donne le temps d'inventer toutes sortes de biscuits. Alors... Je me suis dit que j'en amènerais ce soir, au cas où. » En terminant ma phrase, je détournais le regard pour le baisser sur le paquet, sur lequel trônait toujours le titre du jour. « Sers-toi, je t'en prie. » Peut-être que c'était une bonne technique pour amadouer un peu l'animal. Peut-être que c'est grâce à sa réaction positive que je me suis risquée à lui poser la question.

Évidemment, Omen se figea, semblant considérer ma question pendant un moment. Je m'empressais par ailleurs d'ajouter « Tu.. T'es pas obligé de répondre, hein. » Après tout, je suis la première à me fermer comme une huitre si on vient à m'interroger sur mon passé. Heureusement pour moi, mes difficultés à dormir sont inconnues de tous, même ma tante et ma cousine. Tous, sauf lui, maintenant.

Quand il reprit la parole, ce fut pour proposer un marché, m'attirant un haussement de sourcils curieux, surprise de la tournure des évènements. Et... malheureusement, ça faisait sens. Si je voulais assouvir ma curiosité, il allait falloir qu'en retour, je me dévoile. Chacun sa part. Comme hier, quand je lui ai donné mes méthodes pour rester en éveil, et qu'en retour, il m'a fait part des siennes. Mon regard plongé dans le sien, je demeurais silencieuse, lèvres pincées, avant de céder et hocher doucement la tête, pour finalement retourner dans ma position initiale, genoux groupés contre ma poitrine, mes bras serrant ceux-ci. A la différence près que cette fois, ma tête était appuyée sur le côté, regard tourné vers Omen.

Silencieuse, j'écoutais alors, tandis qu'il commença en premier à se dévoiler. M'apprenant ainsi les circonstances de son adoption. Un incendie. Son père perdu, suivi de sa mère, qui l'a abandonné. Une boule se forme directement dans mon ventre à cette mention. Comment une mère pouvait-elle abandonner son fils après un tel traumatisme ? Silencieusement, je me réjouissais du fait que le Docteur Bentley l'aie adopté. Ma tante Lucy parlait souvent de lui, et il semblait être un homme bien. « Je suis désolée... » murmurais-je après un moment à ne rien dire, juste à l'observer avec un mélange de peine, et de compréhension. Puis il relevais les yeux vers moi, et je devinais. Son histoire pour la mienne. Et c'était mon tour.

Hâtivement, je tournais la tête à nouveau en direction du lac. Je resserrais mon étreinte autour de mes jambes, tout en cherchant les mots pour parler. Et ils ne voulaient pas venir, les mots. Parler à un psy est une chose. Parler à un autre jeune qui souffre de traumatismes et de troubles du sommeil, c'est assez inédit dans le genre.

« Il y a un an, commençais-je après une éternité de silence à respirer, expirer, réfléchir et rassembler mon courage, ma mère et moi avons été prises en otage dans notre maison pendant un mois. » Un frisson désagréable me remonta le long de l'échine à la simple pensée de ce mois entier de calvaire. Mais j'étais lancée. Et je savais, sans le regarder, que j'avais captivé l'attention toute entière d'Omen. Je fermais douloureusement mes paupières, comme à chaque fois que je me préparais à le mentionner. « C'était un ex petit ami de ma mère. Paul est... il nous a retenues pendant quatre semaines, et on ne pouvait contacter personne. » Je ne réalisais même pas que mes ongles s'étaient nerveusement plantés dans le tissu de mon jean, jusqu'à ce que je sente la douleur qui mordais ma peau. Je passais nerveusement ma langue entre mes lèvres, avant de rouvrir les yeux. Au lieu du lac, je revoyais tout. Absolument tout. « Pendant ces quatre semaines, il nous a torturées, toutes les deux. Nous a fait subir des choses... » Je suspendais mes mots. Incapable de rentrer dans les détails, quand bien même ceux-ci étaient encore clairs dans mon esprit. Et c'est d'une voix blanche, que je finis par dire le pire. « Il a tué ma mère devant moi. » Après ça, je restais silencieuse un moment. La gorge nouée, le regard brillant rivé sur le lac, en priant pour qu'Omen attribue ça au reflet du lac dans mes yeux verts. « Voilà ce qui me hante, la nuit. » Finis-je par dire simplement en levant les yeux vers lui, et en tentant lamentablement de lui sourire. No big deal. Mais je savais par expérience que j'étais bien incapable de sourire vraiment, encore plus après avoir balancé mon histoire. Alors, sans un mot, en espérant alléger un peu la discussion, je tendais une main pour pousser le paquet de cookies dans sa direction. « Garde les, si tu veux. » Après tout, il semblait affamé.





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Omen
Bentley

J'ai 18 ans et je (sur)vis à Stamford, Angleterre. Dans la vie, je suis déscolarisé et en colère et je m'en sors très bien avec l'argent de mon père adoptif. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt parfaitement.




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Mais je n’avais plus faim.

Au lieu de ça un sentiment de nausée m’envahit tout entier, la bile remontant dans ma gorge tandis que tout mon corps se tendait de colère. Tout le long du récit d’Ava, je sentais mon poing se serrer dans ma chevelure, ma mâchoire verrouillée.
J’étais un connard. Les hommes étaient tous des connards. Tous les gens de Stamford étaient des connard.

J’étais un connard d’avoir fait en sorte qu’Ava doive se remémorer cette histoire, mettre des mots dessus, moi, qui le premier, savait à quel point les souvenirs étaient des lames acérées qui vous transperçaient de part en part, vous laissant souffrir sans fin, agoniser, sans jamais avoir la pitié de vous achever.
Connard était un mot trop faible pour cette ordure de l’espèce humaine, ce déchet qu’était l'ancien bourreau d’Ava, quel homme pourrait s’en prendre à cette fragile et délicate personne en face de moi ? A ce parfum de fleurs et de cookies qui me parvenait aux narines dès que la brise ondulait ses cheveux. Je fermais les yeux de frustration, le visage toujours tendu, me retenant de demander ce qui était arrivé, par la suite, à son agresseur. Et m’interrogeant sur mes propres tendances à la violence parce que c’était le genre de personne que je pourrais si aisément torturer et tuer si j’en avais l’occasion, lui rendre la monnaie de sa pièce, lui donner un véritable adversaire - putain d’ordure.
Tous les gens de Stamford étaient des connards - mais là rien de nouveau - d’oser en rajouter en traitant Ava de «cinglée», en murmurant et en se moquant d’elle, en l’harcelant de leur attention malsaine. Lequel de ces blaireaux sans cervelle avait déjà eu à affronter le quart des épreuves qui avaient déjà scarifier la vie de ma jeune compagne nocturne ? Je respirai par le nez, cherchant le calme qui ne viendrait sans doute pas.
Tous des connards.

C’est quand je reposai mes yeux sur Ava que je remarquai sa propre prostration qui réanima, un peu plus, mon ressentiment envers le monde entier. Je n’avais pas besoin d’imaginer sa souffrance, elle était là devant moi, prisonnière de cette stupide capuche. Ses ongles s’enfonçaient dans sa peau et je voulais tenter d’intervenir, la ramener vers moi tandis que ses yeux étaient fermement clos, j’esquissai alors spontanément un geste vers elle - ce qui n’était pas naturel chez moi- tenté de la toucher, d’attraper sa minuscule main avec la mienne pour tenter de la libérer mais je me forçai à m’abstenir de peur d’aggraver la situation. Je ne connaissais pas exactement l’ampleur de son traumatisme et je me donnai pour mission, à contre-coeur, d’essayer de me renseigner auprès de Will ou de Jaimie dès demain, pour en savoir un peu plus - pas par curiosité cette fois, mais pour comprendre ce qui pouvait la blesser à l’heure actuelle. Impuissant, j’en avais terminé de la traumatiser pour ce soir. J’étais encore plus frustré de ne pas pouvoir faire un geste vers elle de peur de déclencher une crise quelconque, quand je réalisai qu’il n’y avait pas grand chose que je pouvais lui dire. Je suis désolé. C’est sur, je suis désolé. Désolé que l’espèce humaine soit pourrie jusqu’à la moelle - moi inclus. Désolé que ces salopards de prédateurs semblent s’éclater à détruire les plus innocentes et les plus belles choses. C’est sur, je suis désolé. Je levai les yeux au ciel, et me contentai de secouer la tête.

Je me sentais vraiment comme la plus grosse des merdes. Ava devait être maudite pour être, en plus, tombé sur moi, et je repoussai une peur panique de la bousiller encore davantage avec mon idée idiote. Tout le but de ce rendez-vous était d’échapper au sommeil, et par conséquent, aux cauchemars et voilà que nous avions plongé la tête la première dedans. Putain de génie, Omen. Mais au moins, maintenant nous savions, nous avions chacun un morceau de l’histoire de l’autre, nous étions peut-être un peu moins seuls, et je me fis la promesse de ne plus jamais tenter de lui soutirer quoique ce soit à ce sujet. Ma curiosité était largement outrepassée par cette saleté de culpabilité qui me rendait presque malade.

J’optai pour une autre solution pour sortir Ava de sa torpeur, encouragé par ce même sourire étrange qu’elle semblait m’offrir comme pour me dire «mais c’est pas si grave». Cette manie m’énervait, et elle devait arrêter cette merde avec moi tout de suite. Si, c’est grave. Tu as souffert plus que n’importe qui ici. Et tu te tais, tu demandes juste à ce qu’on te laisse tranquille. Et tout le monde te casse quand même les couilles. Et ça me fait péter les plombs pour toi. A nouveau, je fermais les yeux, cherchant mon zen porté disparu depuis des années.

- "Saleté de connards...de saloperie...de déchets..." grommelai-je presque inaudibelment.  

Je n’étais pas sur que la méthode «spéciale Omen» que j’utilisais sur la plupart des filles de Stamford fonctionnerait sur Ava mais j’étais fermement décidé à nous sortir tous les deux de là, et à la distraire. Je lançai un sujet qui m’intéressait sincèrement mais qui sur le moment était plus une diversion :

- «Quelle genre de musique tu écoutes en ce moment ?» lançai-je du ton le plus léger du monde. Dès que j’avais capté son attention, je plongeais immédiatement mon regard dans le sien, avançant très légèrement mon visage vers elle, et j’accrochai un sourire nonchalant à mes lèvres. Jaimie appelé ça mon «hypnose» parce qu’en général j'obtenais tout ce que je voulais d'une fille après ça. Je ne l’utilisais pas si souvent, et je n’avais pas vraiment l’intention ou l'envie de le faire avec Ava, mais j'aurais tenté un peu n’importe quoi pour nous soutirer aux monstres du passé, après tout c’était notre objectif le plus primordial à tous les deux.


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Ava
Carrington

J'ai 18 ans et je (sur)vis à Stamford, Angleterre. Dans la vie, je suis étudiante zombie et je m'en sors comme ma tante s'en sort. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt de façon neutre, de toutes façons j'ai peur des hommes.




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Je me doutais que j'aurais du minimiser un peu plus la chose. Mais c'était plus fort que moi. C'était la première fois que je racontais mon cauchemar à quelqu'un sans que ce soit un médecin. Mon passé, mes cicatrices, ou du moins, celles qu'il ne pouvait pas voir. Et le silence par lequel Omen me répondait résumait à lui seul le fond de sa pensée. Soit de la gêne, soit de la colère. Quant à moi... J'étais juste plongée à Norwich, de retour dans cette petite chambre, dans ce placard qui hante tous mes cauchemars, et par extension, chacune de mes nuits au cours desquelles je m'autorisais même une heure ou deux de sommeil. Alors, je tentais de m'en sortir. De garder la tête haute, malgré mes mains crispées autour de mes genoux, malgré ma gorge nouée, et malgré cette boule que j'ai au ventre chaque fois que j'en viens à repenser à tout ça. Il semblait désolé. Mais si seulement il savait. S'il savait combien tout ça n'est rien, en comparaison de mes crises quand je me réveille, à pleurer ou crier de terreur, ou tout simplement quand je m'effondre, chaque fois qu'un garçon me touche. Mes doutes se confirmèrent quand à ma théorie qu'on lui avait déjà parlé de moi, quand je le vis esquisser un geste, infime, pour finalement se raviser aussitôt. A moins qu'il n'ait senti mon corps se tendre tout entier, rien qu'à discerner ce geste du coin de l'oeil. Je me sentais stupide. Ridicule. Anormale.

Qu'est-ce que tu fais là, Ava ? A parler avec la seule et unique chose qui peut me faire perdre la tête ? Je ne voulais pas qu'Omen me voie comme les autres. Pas lui. Je ne voulais pas voir dans ses yeux verts une quelconque hostilité ou curiosité comme si j'étais une bête de foire, comme si d'une minute à l'autre j'allais exploser, comme une bombe à retardement. Et pourtant, c'est bien ce que je suis, une bombe à retardement. Alors je tente de changer de sujet. De parler de cookies, n'importe quoi qui puisse détendre la situation. Nous venions d'ouvrir une porte sur nos passés, tous les deux. Et je crois que l'un comme l'autre avions plus que hâte de la refermer et de la sceller à double tour. Quand il reprit la parole, je n'étais pas bien sûre de ce que je compris, mais j'en déduis à son expression que c'était une succession d'injures. Et ça aurait presque pu me faire sourire, si je n'en étais pas absolument incapable dans l'immédiat. Au lieu de quoi, il reprit la parole, pour me parler de musique. Et je haussais les sourcils de surprise, en levant un nouveau regard sur lui, ne m'attendant pas franchement à ce qu'à son tour, il tente de changer - d'engager - la conversation. Hélas pour lui, je me contentais de hausser les épaules vaguement. « J'en écoute pas vraiment ces temps-ci... » avouai-je en pinçant mes lèvres, désolée de ne pas pouvoir étaler ma culture musicale devant lui. Il semblait aimer ça, la musique. Comme les livres, d'ailleurs. Et l'intensité avec laquelle il me fixait me faisait perdre tous mes moyens, littéralement. Je mettais ça sur le compte du sujet de conversation, mais clairement, Omen avait cet effet sur moi que je ne me reconnaissais pas. Capable de soutenir mon regard plus de dix secondes, et c'était là un sacré record. « Je passe plus mon temps à cuisiner ou réviser, à vraie dire. » Est-ce que j'essayais de me justifier ? Peut-être un peu. Une part de moi était... déçue, de ne même pas pouvoir échanger d'avantage avec lui. « Et.. j'ai cru voir que tu aimais lire ? » J'essayais de rebondir, lamentablement. Mais quelque chose me laissait croire que je n'allais pas m'en tirer avec ma misérable connaissance musicale.

Après ce qui sembla durer une éternité, je remarquais seulement que j'avais à nouveau étendu mes jambes devant moi, et relâché la prise de mes mains contre celles-ci. J'étais presque assise... normalement, mes deux paumes étendues de chaque côté de mon corps, contre le banc. Légèrement inclinée en direction d'Omen, signe que j'étais à même de continuer la conversation. J'étais bien, ici. Et tant qu'il me parlait, me regardait, le sommeil me semblait plus supportable, quand bien même j'en ressentais douloureusement les effets. Chaque fois que je fermais les yeux, rien qu'un instant, je sentais à mesure que la nuit avançait que j'avais de plus en plus de mal à les rouvrir. Et je savais que demain, probablement, j'allais devoir redoubler d'efforts pour ne pas sombrer dans la maison de tante Lucy. Je ne pouvais pas me permettre de faire une crise dès le réveil devant elle, parce que je savais déjà que ça rapporterait sur le tapis des sujets que j'avais tenu à enterrer dès mon arrivée à Stamford. La possibilité de tenter d'autres thérapies, de voir d'autres professionnels. De redevenir la bête de foire que je ne supportais pas d'être à Norwich. Et finalement, les paupières closes, la tête reposant sur mes genoux revenus contre moi, je demandais calmement « C'est quoi ton parfum de cookies préféré ? »
 




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Omen
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Un peu de toi, un peu de moi.

L’expression de surprise sur le visage d’Ava, quand je changeai, pas si subtilement, de sujet, n’avait pas de prix. Inconsciemment, sa réaction étira même mon sourire. Je choisirais une "Ava surprise aux yeux écarquillés" contre une "Ava prostrée et torturée", n’importe quand. Ma diversion fonctionnait doucement, même sur moi, surtout quand j’enregistrai son haussement d’épaules, son foutu pincement de lèvres nerveux, et sa réponse évasive qui n’avait aucun sens pour moi. Attends. Attends. Attends.

- «Tu n’en écoutes pas ?», j’oubliai le «en ce moment» insistant sur le «pas», complètement abasouri. Et je commençai à procéder à un interrogatoire en bonne et due forme, pour déterminer la profondeur des lacunes d’Ava. Led Zeppelin ? Arctic Monkeys ? Quelque chose ?!  Je retenais un rire mais aux échos désespérés. Je ne pouvais décemment pas passer mes nuits avec quelqu’un qui privait son âme de musique. De repos, d’accord mais pas de musique. Je ne pouvais pas toucher Ava, j’étais à l’évidence un attardé social incapable de la réconforter mais la musique, ça je pouvais m’en charger. Je me rappèlerai d’amener une playlist pour ma complice d’éveil, la prochaine fois. La prochaine fois ? Voilà que je me projetai déjà à revoir Ava, quand nous n’en avions pas vraiment discuter, quand je n’étais moi-même pas sur que cet arrangement soit la meilleure idée.

La nuit passa vite tandis que finalement nous arrivions à avoir quelques conversations «normales», du moins aussi normales qu’elles puissent l’être entre nous, entrecoupées de moment de silence sans aucune gêne, de contemplation, d’appréciation du froid qui nous aidait à résister aux tentations du sommeil.
Ava aimait cuisinier et, à l’évidence, elle était douée derrière les fourneaux, ce que je me fis un plaisir de constater, quand l’appétit retrouvé j’avais repris un de ces foutus délicieux cookies, puis un troisième, puis un quatrième. Calme toi, pauvre sauvage.  Ava m’interrogeait sur la lecture, on échangeait quelques un de nos titres favoris. Je remarquai qu'Ava se détendait à mesure de nos discussions, je ne percevais plus la tension qui l’habitait, si souvent. En revanche, elle avait toujours l’air aussi épuisée, et le battement lourd de ses paupières agissait comme une berceuse sur les miennes...
Non, non. Je détournai le regard quand elle me demanda ma préférence en matière de cookies, et je retins un faible rire. C’était bien une question à laquelle je n’avais jamais eu à réfléchir. Je haussai les épaules :

- «Beurre de cacahuètes, j’imagine...» Je m’arrêtai net en me tournant à nouveau vers Ava , découvrant ses yeux clos et sa tête posée sur ses genoux. Argh, commence pas cette merde.
Je m’éclaircis bruyamment la gorge et m’approchai d’elle en essayant de garder une distance acceptable, «Hé, tu t’endors» l’avertis-je d’une voix un peu plus sèche que nécessaire.

Quand les premières lueurs du jour commencèrent à danser sur l’horizon, je constatai à nouveau que la nuit était passée à une allure folle. Combattant un bâillement, les yeux à nouveaux secs, rougis par le froid et l’épuisement, j’enfonçai mes mains dans mes poches, et me levai du banc, secouant quelques courbatures, résigné à regagner le manoir et surtout à libérer ma voisine. En un sens, nous savions tous les deux que le Dimanche serait difficile - je ne m'imaginais peut-être pas à quel point. Avant de regagner mon balcon cependant je lançai à Ava:

- «A Demain soir», ce n’était pas une question, juste une manière de lui demander sans lui demander, de lui donner l’information si elle la voulait.

Je fis volte-face, et remontai avec aise vers le balcon grace aux fixations de la gouttière malgré la fatigue qui recommençait à s’immiscer dans chaque muscle de mon corps.

_____

**FIN DE LA DEUXIEME NUIT**

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- «Will, espèce de gros porc, t’es au courant que le Doc’ rentre dans moins de 3 heures ?! »
Dimanche matin, le manoir était toujours une putain de porcherie suite à la soirée de Vendredi soir. Will avait passé toute la journée de la veille avec une gueule de bois incapacitante, et je refusais de subir les conséquences de ses conneries. Docteur B. avait peu de moyen de pression sur moi, mais il avait menacé plus d’une fois de me retirer ma voiture et c’était simplement hors de question.

Pour réponse, Will laissa échapper un grognement animalier, et je retins un rire constant le mal qu’il se donnait parfois pour illustrer mes nombreuses insultes à son égard. Pouvait-on vraiment appeler ça une insulte s’il ne s’agissait que d’une parlante observation ? Mais j’avais des questions à poser à cet espèce de lourdeau et je ne pouvais pas exactement compter sur notre lien fraternel pour lui délier la langue. Déterminé, j’attrapai un sac poubelle et commençai à ramasser les gobelets en plastiques qui jonchaient le comptoir de la cuisine tandis que ses yeux bovins me regardaient avec scepticisme. Je m’éclaircis la gorge, fatigué de chercher des manières de tourner autour du pot, pensant qu’il n’y avait vraiment aucun moyen d’aborder le sujet subtilement :

- «Tu connais Ava Carrington ?» demandai-je simplement, avec un air abusivement détaché.

L’ours mal léché en face de moi me fusilla du regard immédiatement.

- «Déconne pas avec Ava, mec !» aboya-t-il avec un air ahuri. Je le regardais avec défi, légèrement blessé de son accusation sans fondement. Les gens se méprendraient toujours sur mes intentions envers Ava.
Je poursuivis, essayant d’obtenir les informations que je voulais :
- «Mais non, putain, je te demandais comme ça, il parait qu’on a une cinglée à côté» rusais-je, tentant de noyer le poisson. «C’est quoi ce délire ?»
Will me dévisagea avec suspicion avant de froncer les sourcils et de soupirer, l’air confus,  pas vraiment sur de comprendre lui même ce qu’il s’apprêtait à dire :
- «J’en sais rien, gros» je levai les yeux au ciel face à l'ironie de Will m'appelant moi "Gros" « Elle est juste ... bizarre, d’accord ? Alex veut pas qu’on en parle. Mais elle aime pas qu’on la touche, elle a un souci avec les mecs, donc laisse la tranquille» m'avertit-il.
Je fulminai face à sa nouvelle mise en garde et ses putains de sous-entendus. Mes nerfs bouillonnaient, décuplés par la fatigue envahissante. T’étais où connard quand Spence Baron la poursuivait dans le manoir comme un crevard ? Putain de comique que tu joues ses gardes du corps, maintenant.
Un sourire cynique sur les lèvres, je laissai tomber mon sac poubelles au sol bruyamment et m’éclipsai jusqu’à l’étage, laissant Will s’occuper de son bordel. Au Diable Will, au diable le Docteur B. Allez vous faire foutre.

Will n’avait pas beaucoup plus d’informations que moi mais il avait pu confirmer mes soupçons, et j’avais mes propres données suite aux confessions d’Ava la nuit dernière.
Il était aux environs de 17h et je commençai à sombrer doucement sur mon lit quand j’atteins la conclusion suivante : Ava en avait bavé, et elle continuait à en baver; au delà de notre problème commun avec le sommeil, elle devait en plus affronter chaque jour une bataille contre chaque possible contact physique. Et quand à moi, je détestais être le centre d’attention de tous leurs commérages, et si je continuais à cotoyer Ava, j’étais sur de me retrouver dans un putain d’orage merdique, Thompson, Will et tous les connards de Stamford m’accusant de profiter d’elle ou d’une autre connerie du genre.
Etait-ce la fatigue ? Ou cette nouvelle émotion de compassion que je ressentais pour elle ? Etait-ce les mots de Will ? Tandis que je planifiais le réveil pour qu'il me délivre dans 1 heure et demi, prêt à accepter de dormir, une toute petite idée affreuse commençait à se former au fond de mon esprit déjà à moitié inondé par mon inconscient : je devais rester loin d’Ava.

«Maman ? Maman !»
«Maman ? Maman ? Non, non Maman s’il te plait, promis je ne ferais plus de bêtises.»


Bip. Bip. Bip. Bip.
Je me redressai dans mon lit, étranglé par un sanglot qui appartenait à un petit garçon, et j’appripai mes cheveux avec mes poings me forçant à ravaler toute forme d’émotion. Je frappai avec violence le radio réveil pour le faire taire.  Finalement, je glissai mes mains sur mon visage effaçant mes larmes et l’image de ses yeux verts méprisants. Ses yeux dans lesquels pour la première fois j’avais vu mon vrai reflet, ses yeux qui m’avaient percé à jour alors que je n’étais encore qu’un enfant, ses yeux qui savaient déjà que j’étais un monstre.

La pluie battante était le seul bruit qui résonnait dans ma chambre tandis que je passais la soirée à débattre de ce que j’allais faire ce soir, me demandant si Ava serait au belvédère à nouveau et si je devais m’y rendre moi-même. La vérité que mon cauchemar s'était fait une mission de me rappeler, c’est que je n’étais qu’un monstre de plus que ce tortionnaire d’univers avait envoyé dans la vie d’Ava, et quel hypocrite je serais après avoir ressenti une telle colère contre tous ces autres connards dont elle était victime, si je continuais à l’utiliser pour me sentir mieux, pour m’aider à rester éveillé. Si je profitai allègrement de ces cookies et sa compagnie, de sa putain d'innocence pour tromper la solitude, pour tricher avec mes démons. C’était la noble raison. La noble raison de m'éloigner d'Ava. Et puis, l’égoïste raison : elle était le centre de toutes les attentions partout où elle allait, elle avait cette furie de Thompson pour cousine qui attendait le moindre prétexte pour faire de ma vie un enfer, et être «ami» avec elle signifierait être moi aussi l’objet de toute cette attention, la ville entière me tomberait dessus sans la moindre putain de raison. Et Ava en partirait forcément.

J’étais envahi par un sentiment de déception amer, face à toute cette terrible réalisation, comprenant que j’allais devoir renoncer à ma toute nouvelle botte secrète anti-sommeil, à mes rendez-vous d’insomnies, à mes putains de délicieux cookies, pour retrouver mes habitudes pas si anciennes. Je pouvais me convaincre que ce n’était pas si grave, raisonnant que j’avais finalement longtemps vécu correctement sans rien d’autre que ma chambre, mes livres et ma musique.

A minuit, j’espionnai depuis ma baie vitrée le terrain à l’arrière du manoir, la pluie était diluvienne même pour Stamford. Hésitant jusqu’à la dernière seconde, mais incapable de ne pas m’y rendre parce que j’étais le connard qui avait balancé un «A demain», la veille et que ça sonnait un peu trop comme une promesse. Comme la nuit précédente, je procédai à la descente style "délinquant" jusqu’au terrain pour rejoindre Ava au pavillon. A la différence de la nuit précédente, j’y allais la mort dans l’âme, le regard sombre.

Mettons un terme à ces conneries.

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