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 can't take it anymore. - Dante&Charlie

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Dracoola
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Dante Velásquez
J'ai 33 ans et je vis à Miami,en Floride. Dans la vie, je suis pompier et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt mal.


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Santiago Cabrera ©️ faust



Je sentais un picotement familier dans mon bas ventre. Sournois. Imprévisible. Comme les braises d’un feu que l’on ravivait. Je regardais Charlie, impuissant. Il était là. Inexpressif. Distant. Comme s’il s’en voulait d’en avoir trop dit. D’en avoir trop dévoilé. Une fois de plus, j’avais droit au mur de béton et aux barbelés. « Je me vend. » C’était dit sans état d’âme, comme s’il avait tout bonnement annoncé qu’il y allait avoir de la pluie dehors. J’avais fermé les yeux, choqué. Ma respiration était devenue pesante, saccadée. Derrière mes paupières papillonnantes, il m’avait semblé apercevoir le visage inquiet de l’inspecteur Philips. « Rappelle-toi Dante, tu es le maître de tes émotions. » Qu’il disait. Foutaise. De la putain de foutaise ! Puis comme si ce n’était pas assez il l’avait répété. Question que je me le rentre comme il faut dans le crâne. Une pute camée. Je pouvais la sentir, cette rage. Elle grondait comme le tonnerre à l’extérieur. Il s’était levé et dans son élan s’était mis à expliquer ce qui le tracassait depuis plusieurs mois. La vérité que j’avais cherché à savoir était finalement dévoilée dans toute sa laideur. J’ignorais ce qui me donnait le plus envie de hurler, le fait qu’il m’ait menti ou le fait qu’il résumait son existence à un vulgaire suceur de queue. Pourquoi ? Pour la drogue ? Mon cul ouais. C’était le discours d’un mec qu’on avait brisé et laisser pour mort. C’était le monologue interne d’un type qui n’avait plus foi en rien. Et ça me faisait mal. Parce que je me voyais dans Charlie. Je me retrouvais face au même gosse qui treize ans plus tôt avait passé la nuit dans une ruelle mal paumé de Miami. La gueule en sang, une aiguille fichue dans le bras tandis qu’il maudissait le dieu qu’il l’avait vu naître. Mais j’avais changé. Je n’étais plus le gamin qui se faisait péter la gueule pour sa prochaine dose. L’envie de faire du mal et d’avoir mal s’était calmée avec le temps. Je ne projetais plus la haine que j’éprouvais pour moi-même sur les autres. Au fond, Charlie et moi étions semblables, dans la mesure où nous étions des plants qui avaient grandi entourés de mauvaises herbes. La came ? Après plusieurs mois de désintox et de réunions passées en cercle à parler de « mes sentiments ».

Je pouvais comprendre la difficulté de cesser de consommer. Ce que j’avais du mal à concevoir par contre c’était l’idée qu’il était prêt à tout sacrifier y compris sa dignité pour sa dépendance. Ça me donnait envie de gerber quel genre d’épreuves poussaient quelqu’un à faire cela ?

–« Écoute, je ne te dirais pas que je t’en veux de consommer, il fut une époque où je participais à des combats clandestins pour avoir de l’héroïne. Ce que je n’arrive pas à comprendre c’est pourquoi tu n’as jamais cherché à obtenir de l’aide ? Je sais, je sais plus facile à dire qu’à faire, mais putain mec, t’es malheureux… »


Je voulais qu’il sache que j’avais déjà été comme lui. Que moi aussi je pensais qu’il n’y avait pas de lumière au bout du tunnel. Je voulais qu’il sache que je n’avais pas l’intention de partir.

Ce n’était sans doute pas la meilleure chose à dire or, la colère, mais par-dessus tout l’inquiétude me faisait perdre mes moyens. Comme un animal, j’avais envie de taper sur la prochaine personne qui pénétrait mon champ de vision. Puis tout d’un coup, une pensée m’était venue à l’esprit : d’où venaient les bleus ?

Oh putain…

Oh putain…

Je m’étais levé brusquement. Au fond de moi, le roulement des tambours de guerres se faisait entendre. La fureur me martelait les tempes.

–« Qui ? » Un ton posé, un ton qui ne trahissait pas le zèle qui s’était accaparé de moi. J’avais des envies de meurtre.

–« Nah parce que je ne suis pas con hein… Je veux le nom et l’adresse du gros connard qui te prend pour un punching bag. »

C’était comme si quelqu’un d’autre avait pris possession de mon corps. Je m’étais dirigé vers la porte d’entrée enfilant mes bottes à toute vitesse. Puis, ma veste en main je m’étais retourné vers Charlie. Je m’étais approché doucement, remarquant pour la première fois les larmes qui perlaient au coin de ses yeux. Impuissant j’avais lancé d’un ton qui se voulait rassurant :

–« Je veux que tu saches… tout ça… ça ne change rien pour moi. Pour nous. Je…. J’ai des choses à régler… Mais je te promets que ça change un jour. Je ne te laisserai pas tomber. »

Pas super réconfortant Dante. Je n’avais jamais été un poète. La seule prose que je savais composer c’était celle des jointures et des points de suture. Or, ce soir-là, j’allais composer un sonnet en trois strophes pour Charlie. Et ça allait être douloureux. Le genre de poésie qui pouvait foutre en l’air le semblant de vie que j’avais bâti. Qui pouvait m’expédier en tôle. Mais je m’en fichais, pour un pompier j’avais toujours été une tête brûlée. Avec un peu de chance, la pluie ferait disparaitre les cendres derrière moi.





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Charlie Cook
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neels visser ©️ ERIAM
Tu savais au fond que tout peut basculer d'une seconde à l'autre, et c'est exactement ce qu'il s'est passé là. Avec ce baiser, qui t'a obligé à tout révéler. Tout ce pourquoi tu te caches, tout ce pourquoi tu souffres en silence, et toujours en silence. Ce pourquoi tu courbes le dos comme le chien que tu es. Assis à côté de l'homme que tu venais d'embrasser, tu n'oses même pas le regarder. La terreur s'est emparée de toi à l'instant même où tes mots ont été crachés par ta bouche. Tes larmes ne cessent de couler, si bien que tes yeux commencent à brûler. De toute façon, même si tu avais voulu voir sa colère et son dégoût en face, tu n'aurais pas pu. Ta vision est troublée par l'eau salée qui s'en écoule. Pour la deuxième fois de ta vie, tu avais peur que la personne que tu aimes te laisse seul. Pour la deuxième fois de ta vie, tu étais prêt à supplier pour qu'il reste. Quand bien même cette voix dans ta tête t'interdirait de le faire. La première fois, cela t'avait détruit. Tu étais devenu un être immonde et lamentable. Pathétique. Qui t'avait conduit à la vie que tu mènes aujourd'hui. Tu n'es plus que honte et colère, colère dirigée uniquement contre toi-même. D'un côté tu savais que tu avais été trop fragile pour faire autrement, d'un autre, tu te haïssais d'avoir baissé les bras aussi rapidement quant à la valeur de ta vie.

D'un autre côté, peut-être que Dante serait plus clément s'il savait que tu l'aimais. Et tu le lui avais dit. Alors, tu espères du fond du coeur qu'il te comprendrait, qu'il aurait envie de te sortir de là parce que tu n'en es pas capable. Tu n'en seras jamais capable tout seul, tu le sais. C'est ancré dans tes pensées, ça s'est insinué dans ton esprit comme une mauvaise graine dont on ne peut se débarrasser tout seul. Et lui. Il était selon toi la seule personne capable de t'aider véritablement, car tu as profondément confiance en cet homme, malgré cette peur qu'il se tire aussi vite qu'il est arrivé dans ta vie. Cette peur qu'il te rabaisse comme le chien que tu es, la peur qu'il ne te donne que ce que tu mérites en t'abandonnant sur le bord de la route, seul, apeuré, affamé, perdu.

Et puis, il ouvre la bouche pour prononcer ses premiers mots qui te rassurent. Tu te détends un peu, ta respiration se calme légèrement. Tu renifles et frottes tes yeux pour effacer tes larmes, mais elles reprennent de plus belle lorsque la suite arrive. C'est à ce moment là que tu te détestes le plus. Bordel, tu ne peux pas avoir plus honte de toi que maintenant. La tête baissée, tu cesses de respirer pendant quelques secondes. Que pouvais-tu répondre à ça ? Que tu te hais ? Que personne n'est capable de t'aider parce que personne n'est assez digne de ta confiance pour toi ? Ou que t'as pas envie d'en sortir, parce que dans ton esprit, tu n'es rien du tout ? Tu hoquètes, tes doigts jouent ensemble et tu cherches ta respiration. « Parce que... » Ta voix faiblit, elle était déjà toute cassée à cause de tes pleurs, mais voilà qu'elle n'est plus qu'un soupir pour la suite. « Je le mérite pas... » Tu espères de tout ton être qu'il n'a pas entendu cette phrase. Car s'il s'était montré compréhensif, sa colère face à ces mots pourrait se déclencher d'un moment à l'autre, et encore une fois, tu aurais tout gâché. Tu gâches toujours tout, tout ce que tu touches, tu le détruis. Tu le penses, que tu ne mérites que ce qu'il t'arrive. C'est pour ça que tu n'as jamais rien dit lorsque l'un de tes clients s'est mis à te violenter, doucement d'abord, plus fortement au fil du temps. Tu l'as laissé faire. Parce que tu ne mérites que ça.

Comme si tes pensées avaient traversé les siennes, tu le sens s'énerver. Il se lève d'un bond et tu écarquilles les yeux en levant le regard sur lui. Ton corps entier se crispe face à cette aura violente qui se dégage de lui. Tu l'écoutes et ton seul réflexe est de secouer la tête en ouvrant la bouche sans qu'aucun son n'en sorte jamais. Tu le suis du regard, tu ne peux t'empêcher de te relever. Mais qu'est-ce qu'il va faire ? Tout perdu, tu restes figé, paralysé sur place tandis qu'il se prépare à sortir. Il n'a pas été dans sa chambre faire ses bagages, signe qu'il ne va pas partir de suite... Puis, tu comprends. Son nom, son adresse. Il va aller le trouver. Pour toi. Il va aller lui latter la gueule, pour toi. Il va peut-être le tuer... Pour toi. Ton coeur se gonfle et se brise en même temps, les larmes ne cessent toujours pas. Elles te lacèrent les joues, comme si ce n'était pas assez de te sentir brûler de l'intérieur. Non. Non. Il ne faut pas qu'il y aille. Ce n'est pas pour toi qu'il veut y aller. C'est à cause de toi. Tu dois l'en empêcher. A tout prix.

Il te regarde et tu fonds littéralement sous ses paroles tendres, alors que l'angoisse t'envahit de nouveau, mêlée à la colère que tu ressens. Il vient de te dire qu'il n'allait pas te laisser tomber, mais c'est exactement ce qu'il s'apprête à faire en passant la porte d'entrée. Ta respiration devenue plus rapide et saccadée, ton coeur te hurle dessus. Empêche-le. D'un coup, tu te jettes à son cou. Tu l'entoures de tes petits bras meurtris, le serrant de toute ta petite force. Ton corps se colle automatiquement au sien, comme un aimant, d'une force que tu ne peux empêcher. Tu plonges le visage dans son cou. Son odeur te rassure, il est encore là. Mais il faut que tu trouves un moyen concis, efficace pour qu'il reste. « Je t'interdis de passer cette porte. » Tu murmures de ton souffle chaud s'écrasant contre sa peau, d'un doux son désespéré que tu voulais pourtant ferme. Tu n'es pas en position de lui donner des ordres, mais tu ne peux pas résister. Tu tentes tant bien que mal de reprendre ta respiration pour t'expliquer. Il ne faut pas qu'il parte. Pas maintenant. Il ne peut pas te laisser après tout ça. Pour la première fois depuis des années, ton coeur a envie d'y croire et il réclame le sien et uniquement le sien. Tu ne peux plus laisser faire ces choses là. « Si tu y vas, tu pourras plus revenir... T'as dit que t'allais pas me laisser tomber, alors me laisse pas tomber. T'as pas le droit de me laisser tomber. » Dis-tu d'une voix plus calme mais toujours autant désespérée. Concrètement, il a le droit de te laisser tomber. C'était même plus un conseil, une obligation pour que sa vie ne se foute pas en l'air. Mais tu songes qu'il pourrait partir plus tard s'il le souhaite, tant qu'il ne fous pas sa vie en l'air en allant dégommer un inconnu. T'es prêt à tout pour lui. A tout. A cet instant précis, tu te sens capable de tout arrêter pour qu'il reste à tes côtés. Mais ce n'est qu'à lui de décider. Alors, dans un dernier élan de courage, tu redresses le visage pour planter tes yeux mouillés dans les siens, prononçant cette seule supplique que tu es capable de prononcer. « S'il te plaît... »

Il a ton avenir et le sien entre ses mains. Il est seul maître de vos vies. Tu pries intérieurement pour qu'il prenne la bonne décision... Égoïstement, la seule que tu veux qu'il choisisse : rester avec toi.
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Santiago Cabrera ©️ faust



Rarement, avais-je éprouvé cette impression de ne plus posséder mon corps. Un léger picotement. Une chaleur insoutenable, qui naissait au creux de ma poitrine et qui parcourait l’entièreté de mes vaisseaux sanguins. Une furie meurtrière s’abattait sur moi et dans son sillage elle emportait mon discernement. Quand je fermais les paupières, j’apercevais avec précision les ecchymoses sur la chair de Charlie. J’imaginais le fils de pute qui lui avait fait ça. Peut-être s’agissait-il d’un de ces pères de famille exécrable ? Le genre qui poussait sa femme dans les bras d’un autre et qui éduquait sa progéniture à coup de ceinture. Un connard de fonctionnaire, mal dans sa peau qui prenait son pied à frapper le type qu’il payait pour sucer sa queue. Rien de plus qu’un sadique parmi tant d’autres. Nul doute, méprisait-il les gens comme Charlie. Dans son esprit d’homme « moderne », les gens qui tombaient dans l’alcool, la drogue et la prostitution le méritaient. Tout du moins, c’est ce qu’il se disait le soir pour mieux s’endormir. De la vermine. La pestilence du 21e siècle qui vivait sur le dos des gens honnêtes. Ah… les gens honnêtes. Comme si on choisissait la rue. Dans cette jungle de béton où le paraitre et les billets verts valaient plus qu’un cœur passionné et le désir de travailler. Pouvait-on réellement en vouloir au mec qui se piquait pour oublier ?

Je me branlais bien de savoir quel âge il avait, de sa date d’anniversaire ou encore de son putain de signe astrologique. Non… Ce que je voulais c’était mon poing dans sa gueule illico. Peindre l’asphalte de son sang comme une offrande à la rue. Je n’en avais rien à battre des conséquences. Ce type avait atteint le point de non-retour. Et il en baverait. Je marchais d’un pas décidé en direction de la porte. Je ne contrôlais plus mes gestes. L’effervescence du moment évoquait de vieilles blessures datant d’une époque révolue. À la manière d’un volcan je pressentais des années et des années de silence et de ressentiment refaire surface. Aveuglé par ma bile, je n’entendais pas la voix du blondinet qui me supplia d’arrêter. Un cillement sourd et agressant me martelait les tympans. La chaleur suffocante que je ressentais me consumait en entier, engloutissait tout un pan de ma vie.

Puis, des petits bras s’étaient enroulés autour de moi.

Tout d’un coup, la bête s’était calmée. La soif de vengeance était encore présente certes, mais je maitrisais de nouveau ma propre personne.

Il me défendait de m’en aller.

Son souffle tiède caressait mon épiderme, m’envoutais, m’ancrais dans le présent. Sa respiration haletante brisait le silence, qui nous enveloppait tous les deux comme un gant de velours. Je m’éveillais finalement, de cet épisode meurtrier comme on le ferait pour un mauvais rêve. Troublé, je reculai jusqu’au mur et m’y laissai choir. « Tu peux pas me laisser tomber ». Écrasé sous le poids des évènements, j’épousai du regard la figure mouillée et tremblotante de Charlie. Doucement, presque avec crainte je caressai du bout des doigts son visage. Une honte brulante m’envahissait et je baissai le regard, penaud. N’avais-je donc pas changé ? La violence me venait aussi facilement que lors de ma jeunesse.

L’air était devenu étouffant. L’humidité d’un été typique sur la côte est et ses orages saisonniers. Le souffle court, j’attribuais ma lassitude au choc que la nouvelle avait provoqué. Or, je trouvais tout de même en moi la force de parler :

— « Excuse-moi Charlie, je ne sais pas ce qui m’arrive. Je sais plus où j’en suis. Imaginer le mec qui t’a fait ça ? J’ai pété un câble. Tu comprends ? »

Une main posée contre le mur et l’autre sur l’épaule de mon colocataire, je me relevai avec difficulté. Puis le regard rivé contre le sien j’avais poursuivi :

-« Enfaite, le truc c’est que j'taime tu vois ? J'taime alors que je pensais que les sales cons comme moi, était pas digne d’aimer quelqu’un. J'pensais que ce qui m’attendait au bout du couloir, c’était une paire de menottes et un casier. L’idée que quelqu’un puisse te faire du mal ? J'peux pas… je peux vraiment pas. Putain mec, ça me rend complètement dingue ! »

La tête entre les mains, je m’efforçai de penser à autre chose. Je devais me calmer. Pour Charlie et pour moi. Quelques secondes s’écoulèrent et une fois que ma respiration avait repris son cours je m’avançais vers lui, et le pris dans mes bras. Je n’étais pas un grand poète. Je préférais le silence aux paroles. Parfois, les gestes en disent davantage sur la nature humaine que bien des livres.

- « Je me fous de ce qui arrive. Toi et moi. C’est tout ce qui compte. J’te laisse pas tomber. »

Nos problèmes touchaient à leur fin. Ce soir au menu, il y aurait du Tartare de fils de pute et cela s’annonçait comme un repas à plusieurs services.




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neels visser :copyright:️ ERIAM
Tu ne croyais pas en ta pseudo autorité. Tu avais enroulé tes bras autour de son cou, tu t'étais collé à lui comme une prière silencieuse pour invoquer la paix dans son coeur. Mais tes mots, tu n'y croyais pas toi-même. Tu n'avais jamais été de ceux qui ordonnent. Toujours de ceux qui, faible d'esprit, de sentiments, suivent les autres sans dire un mot, leur donnant une confiance absolue. Si le souvenir de ce gars que tu avais aimé s'était jeté du haut d'un pont, tu l'aurais fait à sa suite en te disant que s'il l'avait fait, c'était que ça devait être quand même vachement bien. Naïf, on pouvait se jouer de toi, de ton esprit et aujourd'hui de ton corps. Et tu te laisses faire sans demander ton reste, comme si tu le méritais vraiment. Parce que si tu n'as pas la force d'arrêter, c'est que tu ne dois pas le faire. Mais aujourd'hui, tout est différent. Il y a Dante. Le seul dont tu rêves depuis longtemps maintenant. C'est dans ses bras que tu te réfugies lorsque la goutte d'eau est sur le point de tomber dans ce vase beaucoup trop plein pour ne pas avoir déjà débordé. Et c'est paradoxal car tu es un être d'eau, calme et modulable à la guise de quiconque aurait envie de te voir d'une façon précise. Tandis que ton opposé possède un feu insatiable en lui. Difficile à dompter, mais il t'attire indéniablement. Et tu es certain qu'il ne voudra jamais te changer, qu'il voudra toujours que tu restes fidèle à toi-même, seulement, c'est toi. Tu feras toujours ce qu'il te demandera sans jamais broncher, lui donnant le meilleur de toi-même... Quitte à oublier ce que tu es vraiment pour son plaisir. Pour son bonheur. Pour lui.

Mais même si tu ne crois pas à la sévérité de tes mots, tu le fais. Tu les prononces en espérant que ça suffira amplement pour le calmer. Parce que tu tiens à lui, parce que tu ne veux pas qu'il t'abandonne comme l'autre t'a laissé. Malgré tout, tu auras toujours cette peur profonde, cette hantise. Et t'es même certain qu'à chaque désaccord que vous aurez, tu le perdras à tout jamais. Mais c'est plus fort que toi. Tu ne veux pas le voir ailleurs qu'à tes côtés. Et cette fois-ci, hors de question de le laisser partir aussi facilement. Il venait de t'avouer qu'il t'aime et toi, tu le crois, aussi candide que tu l'as toujours été. Tu es prêt à le suivre n'importe où juste pour pouvoir sentir son odeur encore longtemps. Prêt à tomber avec lui, et tu le prouves en te laissant tomber à l'instant où il touche terre, appuyé contre le mur. A genoux devant lui, il n'y a pas plus beau signe de soumission que ça. Signe d'appartenance. Ton coeur est sien et ce qu'il en fera t'importe peu.

Il parle et tu essaies de te mettre à sa place. Tu t'imagines si on lui avait fait du mal, tu imagines ta colère, peut-être un peu trop bien. Tu serais dans le même état, tu te jetterais certainement sur l'auteur de son mal pour le griffer partout, le mordre à sang et le frapper de tes petits poings. Tu n'as jamais su te battre, jamais su te défendre et tu ne veux pas apprendre. Tu sais que tu es bien trop faible pour ça, et la violence, tu n'aimes pas ça. Mais lui, tu l'aimes. Et tu aimes sa violence et son désir de te protéger. Parce qu'il s'agit là d'une preuve que tu attends depuis des lustres, une preuve qu'il t'aime autant que tu l'aimes lui. Ta joue pousse sur sa main qui caresse ta peau avec crainte avant de se poser sur ton épaule.

Tu te relèves ainsi en même temps que lui, laissant une distance suffisante. Tu ne voulais pas l'étouffer, tu voulais lui laisser le temps de penser, de respirer. Tu n'avais aucune envie d'être un poids pour lui, même si tu en serais forcément un à cause de tes addictions. Tu veux les arrêter, d'ailleurs. Et ce ne sera pas facile, tu es même convaincu que tu n'y arriveras pas... Pas sans lui en tout cas. Tu sais parfaitement que le jour où il partira, tu retomberas dedans. C'est pour cette raison que tu dois devenir l'être parfait qu'il veut que t u sois pour lui correspondre au mieux. Pour qu'il ne t'abandonne jamais.

Ton coeur vibre encore quand il répète ses sentiments, il s'enflamme même. Tu baisses la tête en gardant ton regard dans le sien, tu mordilles ton inférieure, comme si tu te retenais de lui demander pourquoi. Pourquoi il t'aimait ? Pour quelles raisons ? La plupart du temps tu ne faisais que de te laisser aller dans ses bras, allant même jusqu'à lui piquer la place restante de son lit pour y trouver sa chaleur réconfortante. Tu restais muet, ne parlant de toi-même que lorsque c'était nécessaire. Alors comment pouvait-il t'aimer ? Peut-être que son amour pour toi résultait de votre proximité physique, de ses mains appréciant tes courbes et ton souffle chaud dans son cou lorsque tu y plongeais avidement le visage. Peut-être était-ce le fait que tu ne le laisses pas seul dans son lit, te collant contre lui sans aucune gêne en rapport avec votre presque nudité. Tu aimais la chaleur de sa peau, et sa douceur, peut-être était-ce la même chose de son côté.

Alors que tu allais te rapprocher pour poser ta main contre son bras, dans un geste se voulant rassurant, tu sens la force de ses bras t'entourer. Tu ne résistes même pas, tu te laisses encore une fois aller dans ses bras, trop heureux de l'entendre prononcer ces mots pour te soucier du reste. Ta joue se pose sur son épaule, tu fermes les yeux quelques secondes, puis tu te redresses. Tu lui adresses ce sourire que tu n'avais pas l'habitude d'adresser à quiconque, un sourire doux, un sourire niais, tendre et passionné à la fois. Tes pleurs avaient cessé, ta respiration s'était calmée dès que tu avais eu la confirmation qu'il resterait avec toi ce soir. Tes doigts fins se relèvent jusqu'à ce que leurs extrémités se posent délicatement sur sa joue. Tu fais le tour de ses traits, examinant avec justesse sa mâchoire couverte de barbe. « Ça ne me fait pas mal... » Peut-être étais-tu fragile. Mais ces coups que l'on persistait à te donner ne te brisaient pas le moins du monde. Ils marquaient ta peau sans laisser aucune trace à ton âme. Tu voulais seulement le lui assurer, qu'il comprenne qu'il n'y a que lui qui puisse t'atteindre réellement.

Puis, tu lui offres tes lèvres. Comme tu as toujours su le faire aux autres. Tu poses ta main sur sa nuque pour appuyer le baiser tandis que ta langue caresse la sienne avec férocité. Tu lui prouves tout l'amour que tu lui portes par ce simple baiser, ton corps restant collé contre le sien pour apprécier sa chaleur. Le reste s'effondre autour de toi, tu sembles oublier tout ce qui est important car rien n'est plus important que vous à cet instant. Et lorsque tu te détaches enfin de lui, le souffle court, ton regard se plonge dans le sien. Les lèvres entrouvertes, tu soupires discrètement. « Tu m'aideras ?... » A délaisser ces mauvaises habitudes. Tu voulais être à la hauteur pour lui, et si ça signifiait arrêter la drogue, tu le ferais. Même si tu devais arrêter ton métier, tu le ferais. Tu irais jusqu'en enfer pour son bonheur, le reste t'importe peu. Même toi, ton bonheur, ça t'importe peu.
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