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 can't take it anymore. - Dante&Charlie

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UNIVERS FÉTICHE : vie réelle, fantastique, sci-fi. Basiquement, j'suis ouverte à tout contexte qui me plaît.
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Le contexte du RP
Mise en situation

La situation
Dante est un pompier, colocataire de Charlie qui vend son corps pour subvenir à ses besoins.
Ce soir, ils se retrouvent calmement chez eux après une longue journée de travail.

Contexte provenant de cette [url=LIEN]recherche[/url]
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Charlie Cook
J'ai 25 ans et je vis à Miami, Floride. Dans la vie, je suis un travailleur du sexe pour être élégant et je m'en sors, j'essaie en tout cas. Sinon, grâce à ma malchance, je suis un éternel célibataire et je le vis.

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neels visser ©️ ERIAM
Tu avais décidé d’être calme aujourd’hui. De ne pas trop faire de bêtises, de ne pas trop abuser, de ne pas trop pousser les limites de ton corps, sexuellement comme avec la drogue. Certainement parce que tu étais fatigué de la nuit trop courte que tu avais passée la veille. Tu marchais dans les rues sales de la ville, tu ne traînais jamais dans les quartiers riches. Pas parce que tu n’aimais pas les gens là-bas. Surtout parce que ce n’était pas ta place. Tu te sentais comme un chien, accroc à ses friandises en quête permanente de satisfaction. Satisfaire les gens. C’est ce que tu savais faire de mieux, et cela, par le sexe. Tu distribuais les orgasmes, donnant l’occasion à tout ceux qui le voulaient de réaliser leurs fantasmes les plus fous sans broncher. Parfois, tu te disais que ce n’était que des relations donnant-donnant. Tu leur donnais du plaisir, et ils te remerciaient en t’aidant dans ta vie. A payer ton loyer. C’était ce que la voix dans ta tête ne cessait de te rappeler. Que tu faisais ça uniquement pour l’argent. Et il n’y a rien de plus vrai que ce qu’elle te disait.

Ta démarche était celle d’un prisonnier tirant un boulet à ses pieds. Tu traînais. Comme si tu n’avais pas envie de rentrer. Et pourtant, à la maison, il y avait ton pompier. Ton colocataire, Dante. Tu l’aimais bien, il te supportait. Il avait même parfois cet air inquiet à la vue de ces hématomes qui ornaient ton corps et tu trouvais ça adorable. Quand il est arrivé, tu t’en es méfié. Mais au fil du temps, tu as appris à l’apprécier. Tu es certain maintenant de ne plus pouvoir te passer de ces câlins. Tu te souviens même du jour où tu t’étais glissé dans ses draps avec hésitation, très doucement pour qu’il ne se réveille pas. Tu te souviens du matin de ce jour, où tu t’étais réveillé seul et qu’en le retrouvant, il ne t’avait rien dit là-dessus. Ta présence dans son lit n’avait pas pu lui échapper. Alors, tu le trouvais encore plus adorable de t’autoriser à le faire de temps en temps. De plus en plus souvent.

En fait, tu erres plus que tu ne marches réellement. Ton regard cherche autour de toi quelque chose pour le retenir mais tout te paraît tellement maussade. Tes pieds te mènent avec habitude jusque devant le bâtiment gris et fade où tu habites avec ton colocataire. Tu soupires avant d’entrer. Tu montes les escaliers, prenant soin de remettre ton pull en place. Tu n’as aucune envie qu’il voie les nouveaux bleus que tu portes aujourd’hui. Tu as le corps fragile, il suffit qu’on te le serre un peu trop fort pour qu’il marque. Tu entends tes voisins de palier se disputer à travers la porte. D’ailleurs, la femme ne tarde pas à sortir et à te faire face en hurlant contre son mari. Lorsqu’elle te voit enfin, elle t’adresse un sourire d’excuses que tu lui rends en haussant les épaules. Tu as l’habitude. Tu ne connais pas leur vie, mais elle te paraissait comme un feuilleton que tu étais obligé de suivre toutes les semaines, parfois tous les jours.

Lorsque tu ouvres la porte de ton appartement, tu respires à plein poumons son odeur. Tu accueilles sa chaleur comme si cela faisait des années que tu n’étais pas revenu. Tu refermes la porte en esquissant un sourire mince, presque invisible. Tu le cherches des yeux. Tu remarques ses affaires, il est là. Ton regard farfouille la pièce alors que tu te déchausses, puis lorsque tu t’avances, tu le vois installé dans le canapé. Tu pars dans la cuisine choper deux bières dans le frigo que tu ouvres puis tu vas les poser sur la table basse du salon. Et toi, tu te poses sur lui. Tu t’installes à califourchon sans aucune gêne sur ses genoux. Tes bras minces entourent son cou et ton menton se pose sur son épaule. Tu soupires encore. Pour renifler son odeur qui t’est rassurante, maintenant. Il est là à chaque fois que tu rentres chez toi. Il est là à chaque fois que tu te sens comme une épave. Toujours comme un chien, toujours comme un prisonnier. Ton estomac se met à grogner fortement contre le sien. Tu as faim. Tu as les crocs, même. Depuis combien de temps n’as-tu pas mangé ? Tu ne calcules même plus. Parfois, tu oublies simplement de te nourrir. « Tu as mangé ? » demandes-tu d’une voix fébrile. Comme un murmure qui ne voulait pas percer le silence qui vous entoure.
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Dracoola
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Dante Velásquez
J'ai 33 ans et je vis à Miami,en Floride. Dans la vie, je suis pompier et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt mal.


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Santiago Cabrera ©️ faust



Ce n’est pas exactement ce que j’imaginais comme avenir étant gosse. Dans mes rêves, il y avait une maison à trois étages, avec vue sur la mer. À mes pieds, trois magnifiques labradors blonds comme les blés. Sans parler d’un superbe écran plat HD qui diffusait le foot en direct. Hélas, on ne pouvait pas vraiment dire que j’avais réalisé mes espoirs d’enfant. J’étais rentré de la caserne plus tôt ce jour-là. Une autre journée épuisante passée à combattre les flammes. Sauf que  j’avais toujours un différent type d’incendie sous les bras. C’est dommage qu’il n’existe pas d’extincteur pour les passions soudaines. Parce que depuis quelque temps j’avais le palpitant en combustion pour quelqu’un et ça me rongeait. Faute d’avoir des toutous à poils, j’étais allé chercher mon réconfort dans un sac de chips. Tout aussi blondes. Pas exactement la même chose, mais bon. On ne pouvait pas tout avoir. Si j’avais eu à faire un bilan de ma vie à ce moment-là, les gros titres auraient été : 33 ans, paumé, perspective d’avenir presque aussi floue que la vision de ta grand-mère. Ce n’était pas que j’étais pessimiste, au contraire, je vivais dans un appartement standard, j’avais un job stable dans lequel je m’épanouissais, en gros tout ce qu’un mec de mon âge pouvait espérer. Bon, si l’on oubliait que la plupart de mes amis étaient mariés, vivait dans de jolis petits quartiers familiaux et s’apprêtait à être papa de leur deuxième enfant. Ce n’était pas exactement de la jalousie. Enfin… Oui, mais au moins je n’étais pas assez con pour les emmerder avec ça.

D’un autre côté, la majorité de mes potes n’était pas des bisexuels renfermés secrètement amoureux de leur coloc huit ans plus jeune. Visiblement, Dieu avait voulu me faire payer pour mon corps d’Apollon en me donnant la poisse et en me refilant le rôle-titre dans une comédie romantico-dramatique intitulée « Dante veut pécho son coloc ». Eh oui... Comme m’avait déjà dit sagement ma grand-mère maternelle, Raquel : Si tu veux le chien, accepte les puces. J’ignorais si c’était un conseil à l’époque, ou une déclaration concernant ses morpions. Bref, toujours est-il que c’était resté. Parce qu’au fond, je savais que j’étais heureux avec cette vie. Celle que j’avais avec Charlie. Lui. C’était comme un morceau de vêtement que l’on enfilais souvent. Une vieille mélodie dont on ne se lassait jamais. C’était naturel. C’était bien.

Lui. Je ne savais pas grand-chose sur lui. Du moins, je savais qu’il n’avait pas la conscience tranquille. Ça se voyait dans son regard bien plus souvent absent que présent. Son échine qui courbait, qui pliait, comme s’il avait le poids du monde sur ses épaules. Aux poches en dessous de ses yeux aussi. J'avais noté qu’il rentrait tard et qu’il éprouvait de la difficulté à s’endormir. Quel genre de métiers exigeait de telles conditions ? Il arrivait que dans le creux de la nuit, quand tout était calme et silencieux il se glissais sous mes draps, rallumant de plus belle le feu de forêt qui faisait rage dans ma poitrine. Il n’était pas facile à déchiffrer le petit. Il fut un temps où il se méfiait de moi. Je m’étais dit que c’était la différence d’âge ou ma nationalité qui posait problème. Cela n’aurait pas été le premier. Tranquillement, nous avions appris à vivre ensemble. À s'apprivoiser. Des trucs simples comme la façon dont il aimait son café ou encore son met préféré nous avaient rapprochés. Puis la routine s’était installée, au fil des années. Nos conversations avaient pris des tournures plus kinesthésiques. Je n’avais pas cherché à mettre d’étiquette. Je préférais laisser les choses filer. Parce que c’était naturel. Parce que j’aimais tracer la courbe de son nez, de ses lèvres. Parce qu’avec lui je pouvais être Dante et pas quelqu’un d’autre. Pour la première fois depuis de nombreuses années j’étais bien. Je me sentais à ma place.

Puis, il s’était mis à rentrer plus tard encore. Sur sa peau des marques violacées, d’abord en petite quantité et puis de plus en plus importante avaient commencé à faire leur apparition. J’étais inquiet et à maintes reprises j’avais dû me faire violence pour ne pas demander. Parce que j’avais peur de ne pas aimer la réponse. Peur de ce que je pourrais faire. Il ne travaillait certainement pas dans un Domino’s pour rentrer la gueule pété. Or, il y avait toujours ce fossé entre nous. Cette distance polie qu’aucun de nous n’avait osé franchir. Ce qui faisait que nous étions des colocs et seulement des colocs. Ni plus ni moins. Donc, je fermais ma gueule. Je serrais les dents. J’essayais d’ignorer la manière déplaisante dont mon estomac tournait, lorsque j’apercevais ses bras meurtris. J'ignorais avec peine la colère qui menaçait de me prendre d'assaut. Alors, pour faire taire la rage, je sortais mon paquet de cigarettes de ma poche. Je foutais le feu à mes poumons pour oublier le brasier dans ma tête. Coucher, coucher Dante, pas mordre.

Assis confortablement sur le canapé j’observais les craquelures au plafond. J’avais soupiré en me disant que c’était un problème que j’allais devoir régler, étant donné les absences de plus en plus fréquentes du propriétaire. Puis j’avais entendu des pas devant la porte. J’avais relever la tête juste à temps pour apercevoir Charlie venir vers moi, deux bières en main. Il les avait posés sur la table basse et était venu se blottir contre moi. Par habitude, mes bras s’étaient enroulés autour de lui. Je lui offrais ce que je savais faire le mieux. Protection. Parce qu’au fond, derrière ses murs de bétons armés, il était fragile. Il était terrifié. Alors, je le serrais doucement en espérant que dans le creux de mes bras il trouverait le réconfort dont il avait besoin.

–« Nah. Je t’attendais. » Avais-je dit, calmement.

J’avais réfléchi un moment avant de poursuivre :

–« Il y a des restes de paella dans le frigo, si tu veux. »

Un autre héritage de ma grand-mère Raquel qui en plus de me donner des conseils amoureux, m’avait aussi enseigné la cuisine. Un véritable cadeau du ciel cette femme. Ce n’était pas le genre de conversation que j’espérais avoir avec lui, or j’avais accepté son silence. Je jugeais que s’il ne disait rien, c’est parce qu’il n’éprouvait pas encore le besoin de m’en parler.




LA MORT DES AMANTS


Usant à l'envie leurs chaleurs dernières | Nos deux cœurs seront deux vastes flambeaux | Qui réfléchiront leurs doubles lumières | Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux. | FRIMELDA

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neels visser ©️ ERIAM
Dante. C’était ton coloc. Au début, ça n’était que ça. Et tu étais bien méfiant de lui. En même temps, tout dans ta vie te menait à la méfiance. Tout, tout le monde. Tu n’étais pas quelqu’un de facilement sociable. En fait, tu étais même plutôt l’inverse. Tu ne parlais pas vraiment. Seulement quand c’est nécessaire. Parler pour ne rien dire n’a jamais été ton truc. Tu ne comprenais pas ces personnes, comme elles ne te comprenaient pas. Comment pourrais-tu les comprendre, toi qui n’as jamais été bavard ? Parfois, tu les haïssais même. Quand tu avais besoin de silence. Et qu’elles ne voulaient pas la fermer. Tes écouteurs étaient tes meilleurs amis. C’est ça qui t’aidait à supporter le monde extérieur. Tu t’enfermais dans ta bulle à chaque fois que tu sortais. Parfois, on venait à te dire que ce n’était pas bien, ce que tu faisais. Que tu avais besoin des autres pour te sentir mieux. Pour vivre. Tu les ignorais simplement. Ceux-là n’étaient pas capables de te comprendre. Et tu t’en fichais, tu étais bien tout seul. Tu avais vu ce qu’était la vie en tenant à quelqu’un. Elle n’était faite que de douleur pour toi. Cela faisait longtemps que tu avais abandonné.

Comme les sentiments ne se contrôlent pas, tu t’étais longuement méfié de Dante. Tu ne savais pas qui il était. Ni s’il était bon ou mauvais. Il t’était arrivé quelques fois de tomber sur des colocataires mauvais. Et les autres ne te convenaient pas. Dante, c’était le gars droit. Honnête. Simple. Tellement qu’il était louche à tes yeux, au tout début. Chaque jour qui passait, tu te demandais quelle partie sombre de lui tu allais découvrir. Tu étais persuadé qu’il allait devenir mauvais. Tout le monde le devenait à ton contact. Aujourd’hui, tout est différent, même s’il t’arrive parfois de t’attendre au pire avec lui. Oh bien sûr, vous n’étiez engagés dans aucune relation, si ce n’est celle de colocataires. D’amis. Secrètement, tu le considérais comme ton pilier. Ton réconfort, un repère au milieu de toute cette brutalité que tu recevais sans rien dire. Tu ne saurais même pas dire comment il s’était retrouvé à cette place sans jamais l’avoir demandé. Et comment tu étais tombé dans ce petit piège qu’il ne t’avait même pas tendu. Mais voilà, le constat est fait : tu as besoin de lui. Tu n’es pas certain qu’il ait vraiment besoin de toi mais toi, tu as besoin de lui. Il était ta bouée de sauvetage.

Qu’est-ce qu’il se passerait si un jour, ça allait plus loin que de simples câlins ? Que des petits bisous sur la joue ou dans le cou ? Que se passerait-il si vos caresses tendres devenaient sensuelles ? Tu te l’interdisais. A cause de ton passé. De ton métier. A cause de toi. Tes pensées, tes convictions, ta folie. Cette folie qu’il ne connaît pas, tu ne veux pas qu’il la connaisse un jour. Au moment où ses pieds avaient foulé le sol de cet appartement, tu lui avais interdit de les poser dans ta chambre. C’est là où tu cachais ta folie.

A cause de ton passé, car tu étais convaincu ne pas mériter d’être aimé. Tu as aimé. Une fois. Une seule. Tu n’as plus voulu aimer de nouveau ensuite. C’était bien trop douloureux. Le rejet ne t’atteint pas d’habitude. Mais celui-là… Tu étais bien trop naïf en ce temps-là. Tu t’interdisais de l’être à nouveau. Dante ne risquait pas d’avoir ton cœur… Ou peut-être l’avait-il déjà ? Il lui appartenait certainement, mais tu étais décidé à ne pas le lui donner. Qu’en ferait-il si tu venais à le lui offrir ? Des miettes. Voilà ce qui t’attendait. Tu le savais parfaitement. Voilà la plus grande raison, celle qui t’empêchait de poser tes lèvres sur les siennes, avec tendresse ou sauvagerie. Celle qui t’empêchait de laisser tes doigts parcourir son corps après t’être collé à lui la nuit. Celle qui te forçait à contrôler ton cœur à chaque foutue fois où il posait les doigts sur toi.

Tu n'y penses pas quand tu rentres. Tout ce dont tu as envie et besoin, c’est d’une étreinte. De son étreinte. Sa chaleur, son odeur. Et sans même la lui demander, tu te colles contre lui. Assis sur ses genoux, tu plantes ton visage dans le creux de son cou en laissant ses bras te serrer. Tes bleus te font mal. Tu ne dis rien. Que pouvais-tu dire, de toute façon ? Tu préférais mille fois cette douleur plutôt que celle qu’on t’avait infligée ce soir.

Il te parle de paella, ton ventre grogne à nouveau. Tu as clairement envie d’y goûter. Mais l’envie de rester ainsi est beaucoup plus forte. Ton cœur s’emballe dans ta poitrine douloureuse. Tu soupires à nouveau, comme pour extérioriser ton malheur. Tes doigts entourent sa nuque et tu joues avec ses petits cheveux. Tu frottes ton nez contre sa peau, ce que tu as l’habitude de faire pour quémander davantage d’affection. Tu es gourmand. Tu en as besoin, surtout. « On se fait un plateau télé ce soir ? » Tu n’avais simplement pas envie de bouger. Mais tu te sens sale. Tu as besoin d’une douche. D’un bain. D’une désinfection quelconque. Tu te redresses pour planter tes orbes dans les siennes. Ton regard évoque surtout la tendresse mais tu sais qu’il peut y lire toute la crainte que tu portes. Tes doigts jouent encore avec ses cheveux. Puis tu embrasses sa joue, près de ses lèvres, doucement. Et à contrecœur, tu te lèves pour rejoindre la salle de bain et te déshabiller. Tu ne fermes jamais la porte. Tu détestes être enfermé. Alors, la porte est juste entrouverte. Assez fermée pour ne rien voir, assez ouverte pour y jeter un coup d’œil en s’y penchant. Tu as l’habitude de te laver avec la porte ainsi. A chaque fois que tu rentres, c’est le même rituel. Un câlin, une douche. Ta peau en ressort toujours rouge à cause de l’éponge avec laquelle tu la frottes vigoureusement. Une façon pour toi de retirer toute empreinte des hommes qui t’avaient touché.
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Dante Velásquez
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Santiago Cabrera ©️ faust



C’était une danse. Un tango nostalgique. La valse de deux cœurs qui ne voulaient pas se laisser aimer. Ma peau contre la sienne. Son souffle sur ma nuque. Je jouais avec le feu. Je me brulais les doigts comme si ça pouvait changer les choses. Il avait soupiré longuement, lourdement. Et c’était frustrant, de ne rien savoir. Mais c’était ce que nous étions. Je me devais de respecter Charlie dans son silence. Même si ça me donnait envie de hurler. De cogner. Or, quand nos regards s’étaient croisés ce soir-là, j’y avais lu de la peur. Dès lors, tout ressentiment face au mutisme de mon colocataire avait été écarté. Partagé entre le désir de le protéger et de connaitre la cause de son inquiétude, j’avais cherché en vain des réponses à mes questions. J’avais à peine conscience de ses doigts dans mes cheveux. Dans mes veines, mon sang bouillonnait. La frustration accumulée durant les derniers mois menaçait d’exploser à tout moment. Comme une casserole qu’on aurait oubliée sur le four. Ce n’est que lorsque ses lèvres étaient venues se coller sur ma joue que je repris contact avec la réalité. J’avais regardé mes mains, les jointures étaient encore blanches, d’avoir trop serrer. D’avoir trop espéré. Dis-moi Dante, vieux clébard, tu pensais qu’il allait t’embrasser ? Qu’il pourrait t’aimer ? Calme tes hormones de fillette Juliette !

- « Ouais, super idée pour le plateau télé. »

J’attendis quelques secondes, puis une fois que le son familier de l’eau s’écoulant de la douche m’était parvenu, je m’étais levé. J’avais ouvert la porte du frigo puis avaient saisi les restants de paella. Après avoir foutu le plat au micro-ondes, j’avais préparé des assiettes et des couverts. J’avais jeté un coup d’œil vers le ciel qui devenait de plus en plus sombre. Un orage. À croire que dame nature était de connivence avec la tempête qui faisait rage dans ma poitrine. Une fois les assiettes terminées je les avais amenées dans le salon puis déposées sur la table basse. Parfois, j’avais de la difficulté à déterminer si j’étais le chevalier ou la demoiselle en détresse dans cette situation. J’avais énormément de mal à tenir ma langue. Je voulais qu’il me parle. J’avais besoin d’effacer de son visage, cet éternel creux d’inquiétude.

Je souhaitais qu’il m’accorde sa confiance.

J’avais l’impression d’être loin de lui. Qu’il gardait volontairement cette distance entre nous parce qu’il avait peur de moi. Et c’était difficile, pour un type comme moi. Un mec qui ne connaissait que le langage du corps, de la violence, mais qui n’avait jamais compris celui du cœur, des sentiments. De traverser cette barrière. Cette frontière entre amitié et passion. Alors, encore une fois je fermais ma gueule. Je laissais les flammes me consumer tandis que l’objet de mes désirs se collait contre moi. Peut-être que Dieu avait une vendetta personnelle contre moi ? Sans quoi il ne m’aurait pas infligé ce genre de torture. C’était peut-être une vengeance cosmique du karma, pour les mauvaises décisions que j’avais prises. Plus jeune… Il fut un temps où j’étais persuadé que je pouvais refaire le monde avec mes poings. Virulence. Gamin, j’avais été un bon garçon poli, qui évitait d’attirer l’attention. Néanmoins, n’étant pas Américain d’origine j’étais souvent mis à l’écart. Quand on est gosse, on ne comprend pas pourquoi. On ne pense pas que c’est notre prénom ou encore notre nationalité qui pose problème. Heureusement, je m’étais fait des amis qui parlait la même langue que moi. Or, encore là, je n’étais pas totalement inclus. Parce que j’étais né en Espagne donc aucunement latino-américaine, mais comme j’entrais dans la catégorie « Hispanique » on me tolérait. Pendant les heures de repas, je mangeais avec mes copains linguistiques à une table séparée des élèves caucasiens, natifs pour la plupart. Une fois au lycée j’en avais eu marre de cette frontière ethnique et j’avais décidé de m’associer avec les gens que je trouvais intéressants, peu importe leur origine. Ce fut le début d’une nouvelle vie pour moi. Je sortais tard le soir, je séchais les cours, je consommai, bref le quotidien typique d’un adolescent mal dans sa peau en quête d’attention. Puis, je m’étais battu pour la première fois dans une ruelle avec un mec que je ne connaissais pas. J’étais rentré en titubant, le nez cassé et l’œil gauche enflé, l’arrière-goût métallique du sang sur le bout de la langue. Ma mère, ma pauvre petite maman horrifiée, m’avait immédiatement emmené aux urgences. Mais moi je m’en balançais. Je ne pouvais songer qu’à une seule chose : quand ? À quand la prochaine fois ? Dès lors, toutes les raisons étaient bonnes pour utiliser la violence. Parce que j’étais incapable de m’aimer et d’aimer les autres. Tout ce que je sentais c’était la haine qui martelait mes tempes. L’expression brutale et primitive des sentiments. C’était tout. C’était moi. Puis un jour, je me suis fait cueillir par un agent de la loi, la gueule ensanglantée. Il m’avait emmené à la station et m’avait ordonné de m’asseoir sur la chaise devant son bureau. Il s’appelait Philip Brown et visiblement je n’étais pas le premier gosse qu’il récupérait dans les rues de Miami. Je m’attendais à ce qu’il cherche à savoir mon âge, mon adresse et la raison pour laquelle j’avais l’air de revenir du Vietnam. Or, il s’était contenté de plonger son regard dans le mien. D’une voix patiente, il m’avait demandé si j’avais besoin d’aide. Têtue, j’avais refusé catégoriquement de répondre à ses questions. Quelques heures après, ma mère était débarquée au poste. À la manière d’une harpie, elle m’avait tiré l’oreille jusque dans la voiture en poussant des cris de rage. Trois mois de récurage de cuvette sans sortie furent mon châtiment. Deux dents cassées, et une fracture du bras droit plus tard, j’étais venu au poste et avais demandé à voir l’agent Brown. Il me présenta à une thérapeute et quatre ans après, j’avais commencé des études pour être pompier. J’étais devenu une personne complètement différente de celle que j’étais avant.

J’avais soupiré à mon tour. À quoi bon se torturer avec le passé ? J’étais un petit gars paumé, qui avait grandi sans une figure paternelle et qui cherchait sa place dans l’univers. J’avais allumé la télévision sans vraiment y porter attention. Quand Charlie était revenu se poser près de moi, je lui avais tendu son assiette avec un sourire. Puis j’avais commencé à manger en silence espérant secrètement qu’il me confie ce qui le troublait.




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neels visser ©️ ERIAM
Tu détestais te sentir ainsi. Sale. Comme un pestiféré. Alors tu frottes. Aussi fort que tu peux, en pensant à l'homme qui était actuellement dans la cuisine. C'était ta manière de te réconforter, sauf qu'il n'avait pas l'air de le savoir. Parfois, tu sentais l'ambiance pesante... Mais tu ne disais rien. Même si tu avais la sensation que tu devrais parler. Tu ne disais rien parce que tu avais peur. Peur de mal comprendre, peur d'être abandonné, d'avoir le coeur en miettes. Tu ne voulais pas qu'il t'abandonne. Il était la seule chose qui te restait. La seule chose à laquelle tu pouvais encore t'accrocher. La seule chose qui te retenait, finalement. Tu n'avais clairement pas envie de le perdre. Tu t'assieds dans la baignoire en pensant à ce que la vie pourrait être s'il t'aimait vraiment, si t'arrêtais tout ça. Ton métier. Si t'enlevais ce boulet invisible que tu portes à la cheville constamment. Tu aimes bien rêver. Ca te libère un peu.

Tu imagines ça comme une routine qui te met du baume au coeur. Qui introduit un maximum de douceur. Tu ne sais pas encore ce que tu ferais comme travail mais tu t'imagines rentrer le soir, à une heure raisonnable, rejoindre ton colocataire. L'embrasser. Rien que ça te rempli de tendresse. Qu'il t'adresse son sourire, un sourire doux et un regard qui t'exprime tout l'amour qu'il te porte. Tu vous imagine bien ensemble, encore mieux que maintenant. Car si maintenant c'était bien, il y avait beaucoup de choses que tu t'empêchais de faire. Seulement à cause de cette peur. Et aussi parce que tu as peur de tout arrêter au niveau de tes activités.Tu n'aimes pas vraiment cette idée et en même temps, paradoxalement, elle te fait rêver. Plus aucun homme ne pourrait te faire de mal, physiquement. Plus aucun pour te détruire. Pour te faire faire ce que tu n'as aucune envie de faire. Cette vie serait le rêve.

Ta conscience te ramène à la réalité. Tu ne peux pas faire ça. Tu ne peux pas surmonter ta peur, tu ne peux pas avoir le coeur brisé à nouveau. Tu ne le supporterais pas. Le souvenir amer de ce gars qui t'avait brisé. Une fois, et une seule t'avait suffi. Tu te souviens de comment tu étais ensuite. Merde, t'étais vraiment délabré. Tu t'étais laissé entraîner dans un tourbillon de souffrance. De chagrin. Tu te souviens encore de la douleur que tu t'étais infligée. Ca te faisait encore mal d'ailleurs... Et tu ne voulais plus que ça arrive. Alors tu te retenais, avec lui, même si parfois c'était compliqué. Comme tout à l'heure. Tu avais mis toute ton âme pour t'empêcher de l'embrasser. Tu avais beaucoup trop de mal, plus le temps passait, moins tu y arrivais. Tu avais toujours besoin de ce contact. Du sien.

Après quelques longues minutes passées assis, tu éteins finalement l'eau pour sortir. Tu te sèches, mais t'as toujours l'impression d'être crade. Tu n'as pas envie d'y retourner demain. Tu as envie de prendre tes jours de congés. Mais tu penses que t'en as pas. Tu devrais appeler. Le téléphone t'angoisse. Mais en sortant, tu prends quelques minutes pour le faire. Tu mens. T'es mal à l'aise, mais t'as vraiment pas envie. Tu dis que t'es malade. Finalement, ça passe. T'es plutôt content. Ca te soulage. Tu dormiras mieux. Beaucoup mieux.

Tu te poses dans le canapé à côté de Dante. Tu lui souris en retour, tu le remercies de ce sourire. Tu commences à manger, sauf que ça ne passe pas. Tu te sens un peu tendu. Du coin de l'oeil, tu observes Dante. Tu te dis que ce serait bien qu'il sache, même si tu n'avais pas l'habitude de lui en parler. Jamais. « Je travaille pas demain. » Tu sors, comme ça. Comme si c'était banal de lui en parler. Il ne sait même pas ce que tu fais. Mais au moins, il sait que tu n'iras pas là-bas demain. Tu avais bien vu dans ses yeux qu'il était inquiet pour toi, à te voir avec tous ces bleus, rentrer à des heures impossibles, comme ce soir. Et il avait raison de s'inquiéter, parce que si au début ça te plaisait, les clients étaient devenus de plus en plus violents et tu avais du mal avec ça. Tu prends une gorgée de bière, tu reposes celle-ci.

Ton regard se pose sur lui. Tu sens le malaise. Comme s'il voulait te poser une question mais qu'il se retenait de le faire. Comme si tu devais lui dire quelque chose sans savoir de quoi il s'agit. Tu réfléchis. Beaucoup trop longuement. Il peut bien s'écouler deux minutes entre le moment où t'as commencé à le fixer et celui où tu reportes tes yeux sur ton assiette. Tu réfléchis encore. Puis tu le regardes à nouveau. « Dante ? » Tu attends qu'il te regarde. Qu'il tourne le visage vers toi. Tu voulais vérifier un truc. Tu te penches rapidement pour l'embrasser. Sur les lèvres. Quelques secondes. Puis tu recules. Tu regardes ton plat. Tu jauges tes sentiments. Tu sens ton bas-ventre s'exciter. En fait, tu voulais vérifier si c'était ça. Si tu ressentais vraiment des trucs pour lui. Si tu... Si tu l'aimais. Et tu constates à quel point tu étais loin de t'être trompé. Tu ne sais même pas ce qu'il a ressenti. Peut-être qu'il l'a vécu comme une agression. Les joues rougies par la honte, tu t'en veux. Tu le regardes. Presque en le suppliant du regard de ne pas te cogner. Tu baisses la tête, signe de soumission. « Pardon. » Tu t'excuses, comme si tu l'avais tué. Bordel. Qu'est-ce qu'il t'a pris ? T'es dans la merde. Tu le sais.
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Dante Velásquez
J'ai 33 ans et je vis à Miami,en Floride. Dans la vie, je suis pompier et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt mal.


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Dehors le ciel se fracassait contre la terre. Ploc . Ploc . Ploc . De grosses larmes tombées du ciel venaient s’écraser contre le carreau de la fenêtre. Doucement, j’étais venu porter ma fourchette à ma bouche. Le riz goûtait la poussière. Je ne sentais plus les épices sur le bout de ma langue. Tu as perdu le goût mon petiot, m’aurait dit mémé Rachel. Tout me semblait gris, lointain. Je pouvais sentir sa présence à mes côtés. La chaleur de sa peau. Dehors, la terre gronde la tempête se lève. Et je m’en foutais. Je m’en foutais parce qu’en dedans c’était le typhon. L’ouragan Katrina v2. Je l’avais observé du coin de l’œil, comme je me surprenais souvent à faire ces temps-ci. Son nez. La commissure de ses lèvres. Comme pour ne rien oublier. Cartographier son visage de peur qu’il ne s’en aille. Je voulais me souvenir de la couleur exacte de ses yeux un soir d’orage comme celui-ci. Je voulais pouvoir lire dans ceux-ci, avoir accès aux pensées qu’il gardait dans un coffret de son esprit. Posséder cette fameuse clé qu’il dissimulait quelque part dans son cœur balafré. Cicatrices. Si Charlie et moi avions quelque chose en commun, c’était bien ça. Comme quoi le dicton qui disait que seule une personne brisée pouvait en reconnaitre une autre avait quelque chose de vrai. Le silence avait quelque chose de pesant. Les seuls sons venant perturber celui-ci étant ceux de la pluie et d’une téléréalité débile à la télévision. Puis tout d’un coup, il me dit qu’il ne travaille pas demain. Coup de théâtre. Abasourdi, je l’avais regardé longuement. Je cherchais à comprendre. Je voulais parler or ; ma voix restait bloquée dans ma gorge. Pourquoi ? Pourquoi maintenant ? Tant de questions si peu de réponses et ça me rendaient fou. Le silence nous avait enveloppés de nouveau. Je pouvais sentir son regard brulant sur moi. Je ne savais pas quoi dire. Quoi faire. Je voulais qu’il cesse de travailler. Qu’il me confie tous ses secrets. Qu’il reste avec moi. En même temps, je voulais fuir. Je voulais foutre le camp pour ne plus jamais revenir. Parce que j’avais peur. J’étais terrifié à l’idée d’aimer. Parce que c’était nouveau. Inconnu. Que j’avais du mal à gérer ce que je ressentais. Déchiré par un conflit interne il avait suffi d’un seul mot de sa part pour y mettre fin.

Dante. Putain. Suffisait qu’il dise mon nom pour que je m’enflamme de nouveau.

Puis le temps semblait s’être arrêté. Doucement, ses lèvres étaient venues se coller contre les miennes. Tout d’un coup, tout me semblait avoir du sens. J’avais fermé les yeux et ma main était venue caresser la mâchoire du blond. Sous mes doigts, je pouvais sentir la texture lisse de sa peau. La friction entre mes poils faciaux et son épiderme lisse me coupait le souffle. Et tandis qu’à chaque contact de petites flammèches faisaient leurs apparitions, je me disais que s’il y avait bien une manière dont j’aurais aimé partir, c’était celle-là. J’avais chaud. Vraiment chaud. Comme si je me consumais de l’intérieur. Abruptement, il s’était éloigné, comme s’il avait brûlé. Ses joues s’empourprèrent et son regard s’était mis à me fuir. Il s’était aussitôt excusé. Une fois de plus, j’avais du mal à comprendre. Il avait baissé la tête comme s’il avait peur de moi. Peur de ma réaction. Ça m’avait chamboulé de le voir ainsi. Alors, j’avais relevé délicatement son menton et j’étais venu déposer un baiser sur son front avant de le ramener contre moi. Comme pour le rassurer. Ploc . Ploc . Ploc . Faisait la mélodie de l’averse contre la fenêtre. Et ce n’était pas assez pour éteindre le brasier qu’avait provoqué Charlie dans ma vie. Et je m’en foutais. Parce que j’avais déjà allumé l’allumette métaphorique et foutu le feu à tout ce qu’elle était avant lui. Après un moment d’hésitation, j’avais décidé de prendre la parole :

— « Ne t’excuse pas. Jamais. Pas pour ça. Ma seule question est la suivante pourquoi maintenant ? »

Question légitime après autant de temps passé sans avoir accès à ses secrets. Avoir accès à lui. Pourquoi maintenant ? Pourquoi avoir gardé le silence… Pourquoi ? J’étais un homme de peu de mots. Je préférais l’action à la discussion. Or, je savais que Charlie en avait besoin et je ne voulais pas l’effrayer. Pas après avoir attendu pendant si longtemps… Alors je caressais doucement ses cheveux, son visage, ses mains. De poser mes lèvres sur sa joue. Ses tempes. Le coin de sa bouche. Je tentais de lui procurer le réconfort dont il avait besoin. Parce que je l’aimais. Il m’était inutile de jouer l’autruche davantage. De jouer à ce jeu du chat et de la souris. De prétendre que tout va bien.

-« De quoi as-tu peur ? »

Avait-il peur de moi ? De ne pas pouvoir me faire confiance ? Craignait-il mon rejet au point de se taire sur des aspects de sa vie ? Ou encore peut-être n’aimait-il pas l’idée d’une relation avec moi. Peur de ce « nous ». De ce que cela pouvait signifier. J’avais soupiré confus… Ploc .Ploc .Ploc . Dehors, il pleuvait, c’était l’orage, mais en dedans, tout au fond de moi c’était la tempête.





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Charlie Cook
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Tu te demandes bien ce qui t’a poussé à faire ça maintenant. Parler de ton job. Concrètement, tu n’as rien dit de particulier. Seulement que tu n’irais pas demain. Mais même ça, tu ne l’avais jamais dit auparavant. Tu te posais tellement de questions sans avoir les réponses. Tu savais que tu n’aurais pas dû t’attacher à ton colocataire. Tu étais persuadé de le voir comme un ami. Étant persuadé de ce fait, tu t’étais laissé aller à tous ces contacts que vous aviez et qui vous rendait si particuliers, tous les deux, aux yeux du monde. Mais tu t’en foutais un peu, parce que le monde ne pouvait pas te voir. Personne ne pouvait vous voir et c’était bien comme ça. Tu tenais à cette intimité possessive, d’une certaine manière, tu voulais juste le garder pour toi. Mais un simple ami ne provoquerait pas ce sentiment de possessivité en toi… N’est-ce pas ? Alors tu doutes un peu. Depuis un bon moment. Tu refuses de t’en détacher car sa présence, ses étreintes, et le fait qu’il te laisse dormir avec lui te font beaucoup plus de bien que tu ne veuille l’admettre. Mais tu sais qu’en continuant à ce train-là tu vas forcément aggraver ton cas. Et clairement, tu l’aggraves. En parlant de ton boulot, tu aggraves ton cas. Parce que s’il te demandait pourquoi, tu ne saurais clairement pas quoi répondre.

Au fond de toi, tu as ce doux rêve qu’il ne soit pas comme le dernier homme que tu as autant admiré. Celui qui a réduit ton cœur en poussière, si bien que tu as repoussé chaque personne qui tentait de t’approcher d’un peu trop près. Tu as cet espoir qu’il tienne à toi autant que tu tiens à lui. Peut-être même un peu moins, ce ne serait pas très grave. Qu’il tienne à toi plus qu’à un ami te conviendrait parfaitement. Mais ça, c’est quelque chose dont tu doutes aussi. Si tu croisais cette lueur inquiète dans son regard à chaque fois qu’il voyait tes bleus, si tu sentais cette chaleur réconfortante qu’il s’évertuait à te donner à chaque fois que tu en avais besoin, le doute te bouffait de l’intérieur. Ton cœur n’avait pas envie de souffrir encore. Tu n’avais pas envie de souffrir à nouveau, de te retrouver dans cet état lamentable qui t’avait poussé à subir ce que tu subissais quotidiennement. Tu avais cette impression que tu ne pourrais jamais savoir si tu ne posais pas la question, mais poser la question signifierait avouer tes sentiments, et ça, tu te l’interdisais.

Pourtant… Pourtant, quelque chose en toi te donnait envie de vérifier. Au fond, tu savais bien que tu ressentais des choses pour lui. Mais tu voulais t’en assurer. C’était plus fort que toi. Aujourd’hui, tu te sentais tellement mal. Ton cœur saignait, ton corps souffrait et tes dents se serraient, comme d’habitude, pour garder cette douleur en toi sans jamais la partager. Enfin, en essayant de ne pas la partager. Tu sentais que tu n’en pouvais plus. C’était là, en toi, sur le point d’exploser comme une bombe à retardement. Le problème, même si tu sentais que ça allait arriver, c’est que tu ne savais pas quand. Mais cette fois, la réponse vint plus vite que tu ne l’avais pensé. Son nom prononcé, son visage tourné, c’est exactement à la seconde où vous vous liez que tu sais que t’as déconné. Que ton cœur explose. A nouveau.

La chaleur du baiser t’enveloppe agréablement. Ton ventre se tortille de contentement, tu constates qu’il répond délicieusement à ton baiser. Ton envie de te blottir dans ses bras et d’approfondir l’échange te torture l’esprit l’espace de quelques secondes, ce n’est qu’au moment où tu sens que tu vas craquer que tu te recules brutalement. Merde. Mais qu’est-ce que t’as foutu ? Tu paniques. Tu t’excuses. T’as envie de te foutre à genoux pour implorer son pardon, tu baisses la tête, soumis. Tu le supplies du regard pour qu’il ne te cogne pas. Il a certes animé le baiser que tu lui as donné sous la pression de ton esprit, mais ce n’était pas rassurant pour autant. Peut-être que c’était un réflexe ? Ta tête te donne toutes les bonnes raisons de te faire tout petit. Mais pourtant, lui, il reste calme. Tu sens ses doigts sous ton menton, tu sens son regard doux, son baiser délicat sur ton front. Et puis tu sens la force de ses bras autour de toi. La surprise t’envahit. Il refuse tes excuses, parce qu’il n’est pas en colère. Il est loin de l’être, tu le sens. Mais la peur fait partie de toi. Elle te ronge comme un vieil os.

Il te demande pourquoi. Tu te crispes. Tu t’en doutais, ça devait arriver. Tu es content de l’avoir embrassé, d’avoir la chance d’être encore dans ses bras maintenant. Mais quoi ? Qu’est-ce que tu allais bien pouvoir lui sortir comme excuse, maintenant ? Pourquoi. Pourquoi maintenant, pourquoi pas avant ? Et pourquoi pas après… ? Tu prends le temps de réfléchir sans trouver les mots. Tu ne savais pas toi-même pourquoi. Et ses caresses, ses baisers qui te perturbent. Bon sang, tu n’as jamais rien ressenti d’aussi agréable que cette sensation. Celle d’être aimé. Désiré. Comme un trésor dont on prendrait soin. Tes yeux se ferment comme un automatisme pour apprécier davantage ses soins. Tu sens ton cœur se réchauffer, ton corps se détendre un peu et même un soupir de contentement s’extirpe de tes lèvres. Tu n’as pas envie que tout ça s’arrête. Tu restes blotti ainsi contre son corps en laissant tes doigts serrer son haut jusqu’à ce que tu entendes sa nouvelle question.

Si seulement il savait toutes tes craintes. Ta peur de l’abandon, celle d’avoir mal, de souffrir, d’être détruit encore une fois. La peur d’aimer beaucoup trop fort pour toi tout seul, de ne plus supporter certaines choses. D’arrêter certaines choses, comme ton boulot, tes addictions. Cette relation que vous aviez développée ensemble. Ce lien que vous aviez construit. Tu n’as aucune envie que ça s’arrête. « Je… » C’est tout ce que tu réussis à dire. Du moins, à hoqueter, parce que la panique refait surface en toi. Trop fragile pour supporter les situations de stress… Tu fermes de nouveau les yeux. Tes membres tremblent légèrement, ta respiration se saccade un peu, devient irrégulière. Il faut que tu trouves le moyen de te calmer. Tu sens ta gorge se serrer. Pas bon. Pas bon du tout. Tu ne veux pas craquer, pas devant lui, pas maintenant. Tu t’accroches à lui désespérément. « Tu… Ne me laisses pas… » soupires-tu la voix trop étouffée pour prononcer ces mots plus clairement, sans qu’ils ne paraissent être un gémissement de douleur. L’idée qu’il puisse t’abandonner t’est maintenant insupportable. Qu’est-ce que tu deviendras, tout seul ? S’il s’en va, ton cœur le supportera encore une fois ?
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J’avais demandé pourquoi et une fois de plus ma question n’avait pas de réponse. Son corps s’était tendu comme un arc. Encore une fois, je m’étais aventuré trop près à son goût. Combien de temps allais-je encore devoir me brûler les doigts, avant d’obtenir quelque chose ? C’est pas que je suis con, mais les devinettes ce n’était pas trop mon domaine d’expertise. Bordel. Pourquoi fallait-il que tout soit compliqué ? Que chacune de nos discussions soit calculée au centimètre carré ? Comme la trajectoire d’une flèche sur un jeu de fléchettes, je tirais, les yeux bandés sans trop savoir si j’allais me planter de nouveau. Comment ? Comment espérait-il que j’interprète ses gestes d’une autre manière que celle-ci ? Il venait tout juste de m’embrasser ! Ses visites nocturnes, ses caresses, la lumière qui brillait dans ses yeux, tout ça, n’aurait été que de la foutaise ? Putain ! J’étais peut-être pas une flèche, mais je savais que le cœur ne mentait pas. Qu’il y avait bel et bien des étincelles entre nous deux et que Charlie en avait peur. Mais alors, pourquoi m’avoir embrassé ? Y avait-il seulement un but à ce petit jeu ? Ou bien s’agissait-il d’une partie de roulette russe avec mon cœur au bout du canon ? Parce que pour moi, c’était réel. C’était concret. Lui. Moi. Et cet appart’ un peu pourri. Et j’étais persuadé que cela l’était pour lui aussi. J’en avais marre de jouer les aveugles. De faire semblant que ça ne me rendait pas malade, de le voir rentrer avec des bleus couvrant ses bras, ses jambes. Trop longtemps, nous avions laissé les squelettes pourrir dans le fond du placard. Il était temps de sortir la pelle et de commencer à déterrer toutes ces choses que nous ne nous étions pas dites. Il paniquait. Ses lèvres tentaient de formuler des mots que j’avais du mal à comprendre. Ne me quitte pas ? Je n’avais jamais mentionné une telle notion… Si ? Je pouvais sentir le soulèvement inquiet de sa poitrine et son souffle tremblotant contre ma peau. Il paniquait et pour une fois je savais quoi faire. J’avais donc saisi ses épaules d’une poigne de fer pour l’éloigner. Une partie de moi s’en voulait d’être aussi brusque avec lui. Or, je tenais à ce qu’il comprenne que j’étais prêt à ne plus jamais partir, si seulement il me laissait entrer dans sa vie. Plus de secrets. Peu importe le prix. Alors, je l’avais regardé avec sérieux. Une main derrière sa nuque, l’autre sur sa poitrine. D’une voix apaisante j’avais dit :

— « Charlie, je ne vais nulle part. Mais si on fait ça. Si on devient ‘’nous’’. J’ai besoin de toi tu comprends ? De ta confiance. »


Je veux que tu me parles. Que tu me confesses tes secrets. J’avais dégluti avant de poursuivre sur ma lancée :

— « Parce que je suis humain, tu vois ? Bordel Charli — .. » Ma voix s’était brisée. J’avais fermé les yeux. Contrôle Dante. Contrôle. Tu vas pas te mettre à chialer dans un moment pareil. J’avais inspiré profondément avant de continuer :

— « Est-ce que tu as une idée de ce que ça me fait de te voir comme ça ? J’te jure ça me retourne à chaque fois… »

Naturellement, mon regard était venu se déposer sur ses bras. Il portait un pull. Mais il ne fallait pas être un génie pour deviner ce qui avait en dessous. Impulsivement, j’avais agrippé sa main droite, délicatement j’avais roulé ses manches. Je ne fus pas déçu. Des bleus. Des mauves. Des jaunes. Putain, je m’étais coltiné tout l’arc-en-ciel crayola. Dans un geste tremblotant, j’avais porté ses jointures à mes lèvres. Un murmure, une supplique. Dis-moi. Raconte-moi. J’avais relevé la tête vers le blond. Un regard. Une promesse. Un brasier dans ma poitrine. Je ne me faisais pas d’illusion, j’étais un pauvre type qui avait été seul un peu trop longtemps. Le genre de gars qui ne faisait jamais la tête d’affiche sur les grands écrans. Mais p’têtre qu’au fond les mecs comme moi avaient besoin de rencontrer des gens aussi paumés qu’eux pour leur tenir compagnie. T’façon les contes de fées c’était pas mon truc. On ne peut pas devenir prince charmant quand on a un casier. Avec un soupir, je m’étais exprimé de nouveau :

- « C’est là que tu déballes ton sac. À partir de maintenant, on fait plus marche arrière. »

Et pour une fois, ça veut dire quelque chose. Pour moi. Pour lui. Pour ce truc fragile et vivant. Ces étincelles qui faisaient bouillonner le sang dans mes veines. Dehors, c’était le déluge. Pourtant en ce jour de grisaille j’avais osé espérer. Que j’avais trouvé quelqu’un avec qui partager ma solitude. Pour un petit moment. Pour longtemps.





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Mais qu'est-ce que t'as foutu, bon sang ? Pourquoi t'as fait ça ? Pourquoi tu l'as embrassé ? Pourquoi... ? Faut dire que ça fait un bail que t'en as envie. Chaque câlin. Chaque nuit passée à ses côtés. Chaque matin. Chaque caresse, chaque baiser qui te donne envie de dériver. Mais putain, tu savais que c'était pas une bonne chose. C'est pas une putain de bonne idée. T'es clairement dans la merde. Comment tu vas lui expliquer, maintenant ? Parce qu'il est hors de question de lui faire du mal. Tu l'aimes. Tu le sais. Il le sait aussi, maintenant. Est-ce qu'il t'aime ? Ca en a l'air... Est-ce seulement vrai ? N'es-tu pas simplement encore dans un de ces rêves qui finit systématiquement en cauchemar ? Non. Tu n'aurais pas eu aussi mal. Ils n'y ont pas été aussi fort que certaines nuits ce soir mais tu ne peux t'empêcher de le sentir quand même. Sentir ces hématomes couvrir ton corps souffrant déjà d'une intrusion trop brutale. Comment vas-tu lui expliquer ? Tu ne peux plus reculer. Il va vouloir savoir. Il veut déjà savoir. Jusqu'à maintenant tu as su l'éloigner du sujet, tu as su lui faire comprendre qu'il ne fallait pas en parler. Mais maintenant... Maintenant t'es coincé.

Et cette foutue voix dans ta tête qui commence à te dire que t'es dégueulasse. Tu savais très bien ce qu'il en serait. Tu le savais, ça. Tu sais déjà comment il va réagir quand il l'apprendra de ta bouche. Et comment vas-tu lui dire, hein ? Il va mal te regarder. Il va te rejeter. Il va se tirer. Comme le premier que t'as aimé. T'as l'impression que ça va recommencer. Que tu vas à nouveau sentir ton coeur se briser et sentir son pied sur les morceaux pour les écraser et être sûr que tu ne sois plus rien du tout, quand bien même tu ne sois pas grand chose, déjà. Ce sera un cycle perpétuel pour toi, tout recommencera encore et encore. Tu aimeras. Il partira. Tu mourras. Et ça, tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même. Tu as choisi d'exercer ce métier duquel tu ne peux pas t'enfuir. Tu as choisi tes addictions. Tu as choisi ton malheur.

Mais ses gestes sont ceux d'un ange, comme s'il cherchait à t'apaiser. A te démontrer qu'il te voulait. Qu'il ne laisserait plus rien passer. Et qu'il te garderait. Qu'il prendrait soin de toi, qu'il veillerait sur toi. Qu'il serait ton sauveur, celui qui te sortirait de tout ça. Celui qui te donnerait la volonté suffisante à te motiver pour sortir de là. Pour peut-être... vivre heureux. Peut-être que tout ça n'est qu'un fantasme débile qui n'arrivera jamais, mais tu aimes te l'imaginer dans le noir, quand il dort déjà, pour t'endormir. Et maintenant ? Que va-t-il se passer ?

Il t'éloigne de son corps à ton plus grand regret. Que tu aurais aimé rester là pour te calmer, à humer son odeur. Pourtant, tu as peur. Tu crains la suite parce qu'elle est hideuse. Tu sais qu'il va falloir que tu lui dises. Ses paroles t'atteignent en plein coeur. "Nous". Ca sonne tellement bien dans ton esprit, dans ton coeur. Ca veut dire qu'il le veut, lui aussi. Tu n'es pas seul. Mais tu le seras bientôt. Sa voix se brise et tu baisses la tête. Tu t'en veux tellement de le faire souffrir. Tu sens qu'il a besoin de savoir maintenant. Tu sens qu'il souffre. Tu l'entends. Tu ne veux pas, c'est la dernière chose que tu veux. Si tu peux souffrir toi, lui, tu refuses qu'il ait mal d'une quelconque manière. Et pour cette raison tu te dois de lui dire la vérité. Il prend soudainement ton bras, relève ta manche. Tu retiens ta respiration. Bordel, t'as encore tous ces bleus. Tu retiens tes larmes à son baiser. Son soupir te transperce l'âme. C'est ton moment. C'est à toi de parler, maintenant. De vraiment parler. De parler de toi. Tu le fais lâcher ton bras, tu t'éloignes un peu. Tu le regardes longuement d'un air désolé. Et tu baisses la tête en marmonnant.

« On peut pas... Je peux pas... Je veux... » Stop. Réfléchis avant d'ouvrir la bouche. Tu soupires, pince les lèvres. Tu te calmes un peu, tu fermes les yeux pour t'aider. Il faut que tu lui dises. C'est ce qu'il attend de toi. Et comme il vient de le dire, plus aucune marche arrière. Oh, et puis merde. T'es habitué maintenant. « Je me vends. » Ton ton est clair, ton regard inexpressif. Tu souffres tellement de devoir le dire. Parce que tu te dégoûtes toi-même. « Je me prostitue, Dante. » Tu le répètes, pour qu'il l'intègre bien. Tu n'oses même pas le regarder. T'étais une bombe, et tu exploses maintenant. « Je suis une pute camée. » Tu craches ces mots comme si c'était de l'acide. Ton coeur s'emballe, tu paniques encore et cette fois tu ne peux plus rien retenir. Tu te lèves en sautant sur tes pieds, tremblant de tous tes membres. Tes paroles sont entrecoupées de sanglots et dites si rapidement qu'il aura certainement du mal à tout comprendre. « Je t'ai embrassé pour savoir si j'avais vraiment des sentiments pour toi et j'en ai mais je peux pas, on peut pas être "nous", on peut pas devenir "nous", je peux pas te faire ça, coucher avec d'autres et je peux pas arrêter parce que je sais rien faire d'autre et que je sais pas si je serais capable de me désintoxiquer mais je veux pas que tu partes, j'ai peur que tu partes, je veux pas que ça recommencer mais je sais que tu vas partir parce que je suis pas ce que tu pensais que je suis et que je sais que je te déçois ou que je te dégoûte alors je... » Tu le regardes, de tes yeux suppliants, inondés de tes larmes trop longtemps retenues. Tu t'affales sur le canapé, fatigué d'avoir tout sorti. Pour la première fois, tu l'as dit à quelqu'un. Tu pensais que ça te soulagerait. Mais ton coeur est tellement lourd. « J'suis désolé... »
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