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 (E&D) you could be the corpse and i could be the killer

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Nimue
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Demelza
von Abbetz

J'ai 17 ans et je vis à Anzing en Allemagne. Dans la vie, je suis une sorcière et je m'en sors très bien, faisant partie de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma malchance, je serai (trop) rapidement fiancée et je le vis plutôt mal.
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ft. dove cameron by © EXORDIUM.
Elle est toujours fébrile. Le choc, sans doute. La peur, certainement. Elle s’est vue mourir, elle s’est vue prisonnière de ce qu’avait dû endurer sa mère. Ca a semblé duré si longtemps dans son esprit qu’elle est apparue telle une poupée malléable, désincarnée. La fièvre a duré jusqu’à la faire sombrer dans un sommeil sans rêve, un vide agréable, un vide reposant. Elle a été agitée plusieurs heures avant cela, le coeur s’emballant brutalement par instants. Seul la présence du jeune homme a calmé les élans terrorisés. Et dans les draps sombres, elle a joué à la Belle au bois dormant. A défaut d’être au bois brûlé. Le lit est confortable, elle y pense quand elle commence enfin à s’extirper du brouillard, laborieusement. Les paupières refusent de s’ouvrir, sont trop lourdes. Sa tête aussi est lourde. Combien de temps a-t-elle dormi ? Elle ne s’est pas relevée, il n’y’a pas eu d’autres phases dérangeantes ; pour un peu, on n’aurait pas cru qu’il se soit produit quelque chose, sans les dégâts de l’autre pièce - à nouveau parfaitement inoffensive, parfaitement délicate.

Elle se cache, elle se dissimule sous les draps, sous un coussin, peine à s’étirer, les membres engourdis comme si on l’avait anesthésiée. La tête auréolée de clarté s’extirpe finalement de tout cet anthracite et les yeux bleus se posent sur le sorcier : que fait-il là ? Demelza n’ose pas un mot. Va-t-il s’énerver, la maudire ? Va-t-il enrager ? N’importe qui enragerait. Elle a prévenu mais pas assez précisément, elle n’a pas voulu parler de la mort d’Ophélia ni de l’incendie, elle ne s’en est pas sentie le courage. Etrangement, elle n’a pas voulu qu’il la rejette. « Ebenezer.. » C’est un petit murmure, une hésitation, presque un étonnement. « Je suis désolée.. » Cela aussi, c’est un murmure, un souffle, une douleur. Non, une peine. Elle ne voulait pas lui causer de torts et elle était sincère pourtant les flammes avaient voulu prouver le contraire. Ils sont tristes, les yeux clairs, tristes et coupables. « Je comprendrais que vous vouliez me renvoyer chez mon père. » Les draps se resserrent contre l’enveloppe charnelle qui, il fallait bien l’avouer, avait probablement était quelque peu dévoilée par la légèreté de la tenue nocturne. Délicatement, discrètement, silhouette esquissée mais pas comme elle l’aurait voulu ; pas si tôt, pas si maladroitement. Elle s’assied difficilement, parce que la tête lui tourne. Est-ce qu’elle a mangé depuis son arrivée ? Est-ce qu’elle va bien ? Est-ce qu’elle est entière ? Son attention se promène dans la pièce qui n’est évidemment pas celle qu’on lui avait attribué, elle est donc dans le lit du jeune homme, dans son espace foncièrement et profondément privé, telle une intruse. « Pourquoi ne pas m’avoir laissé brûler ? » Elle a mille questions qui se bousculent, l’ordre s’entrechoque dans ses pensées confuses. Elle a l’air moins déconnectée, toutefois, bien plus consciente des problèmes qui s’imposent, de ce qu’elle doit au maître des lieux. « Parce qu’on vous aurait accusé et vous auriez attiré trop d’attention négative.. » suppose-t-elle, pensant à voix haute. « Avez-vous prévenu votre oncle .. ? » Un soupir las s’extirpe de sa bouche quand elle s’abandonne dans une position demi-assise, la tête un peu molle. « J’ai tout gâché. Je ne sais faire que cela. La comédie devait pourtant être simple. » Simple, oui, basique, aisée. Être digne, droite, élégante et froide, ça n’avait rien de si difficile en société. En privé, le défi était de taille, parce qu’elle ne pouvait pas tout contrôler en permanence, personne ne le pouvait vraiment - personne doté d’un coeur, entendons-nous bien.
« Merci. » de l’avoir sortie de là, malgré tout. « Il est évident que je ferai en sorte de rembourser. »      

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Sha
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Ebenezer von Hohnstedt
J'ai 17 ans ans et je vis tout en haut de Feldberg, dans un Manoir qui surplombe la Schwarzwald et Baden Baden, en Allemagne. Dans la vie, je suis un sorcier. Mon sang est celui de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma malchance, je serais prochainement fiancé et je le vis plutôt mal.




ft. James Bay
couleur – 232169
Il l’a guetté aussi longtemps qu’elle a dormi, ou presque. Seule la visite d’Eberhard est venue le déranger de ses contemplations silencieuses. Il se rend petit à petit compte que plus son oncle cherche à l’apeurer avec elle, plus il cherche à le dégoûter d’elle, plus il la trouve… intrigante. Ce n’est pas tous les jours qu’une jolie fée ne mette le feu à un Manoir aussi vieux et aussi luxueux que le sien – et ce n’est pas tous les jours qu’il ouvre la porte de « sa » chambre.

– Ebenezer..

Il lève les yeux du livre et pose ses yeux sombres sur elle. Elle est toute petite, ou le lit est immense – qu’importe, car ça lui donne l’impression d’avoir capturé une enfant. La chambre est une prison. Il n’y mettait pas les pieds avant. Il faut vraiment qu’elle désordonne tout. Elle l’avait prévenu – c’est lui qui n’a pas écouté.
Il referme le livre d’un coup, sans être sec.

– Je suis désolée.. Je comprendrais que vous vouliez me renvoyer chez mon père.
– Sssch… ne dites pas ça, murmure-t-il, si faiblement qu’il doute qu’elle l’ait entendu.

Il se redresse sur sa chaise, se lève pour surplomber de son regard serein le lit. Il ne sait pas si tous les hommes sont ainsi en voyant leur « femme » dans un lit, à leur merci, mais il a comme un sentiment de puissance grandissante en lui. Rien de physique, seulement un truc qui réchauffe son sang et son petit cœur atrophié. Trop de chose en lui.

– Pourquoi ne pas m’avoir laissé brûler ?

C’est une excellente question, doit-il avouer, aussi il ne répond pas car il n’a pas de réponse à ça. Il pourrait lui en inventer une. Lui dire qu’elle compte pour lui – et c’est vrai, mais assez pour qu’il se mette en danger ? Pour qu’il se présente à des flammes imprégnées d’une magie aussi néfaste que dévorante ? Il devrait lui dire qu’il a été parcouru d’un frisson incroyablement puissant quand elles lui ont léché les mollets. Il devrait lui dire qu’il a aimé cette part d’elle, plus qu’il n’aime ses faux airs.

– Parce qu’on vous aurait accusé et vous auriez attiré trop d’attention négative..
– Demelza… marmonne-t-il du bout des lèvres.
– Avez-vous prévenu votre oncle .. ? J’ai tout gâché. Je ne sais faire que cela. La comédie devait pourtant être simple.

Il n’avait pas prévu qu’elle brûle une chambre au bout de trois jours de vie commune, mais il devait aussi dire qu’il n’avait pas prévu qu’elle reste plus longtemps à ses côtés.
Ebenezer se pince les lèvres, un petit instant.

– Merci. Il est évident que je ferai en sorte de rembourser.

Il pose le livre sur le lit avant de s’y asseoir, son visage faisant face à la fenêtre. Il ne filtre que quelques rayons tamisées qui peinent à travers les lourds rideaux de velours noirs flanqués d’arabesques plus claires. Il penche la tête, cherchant quoi dire exactement, dans quel sens, et avec quel ton. La seconde d’après il abandonne et finalement tourne le visage vers elle, lui imposant la vue de ses yeux sombres comme la nuit.

– Je n’ai rien dit à personne, pas même à mon oncle. Mes domestiques n’en parleront pas non plus. En réalité, personne ne saura jamais.

Un petit silence plombe l’air. L’atmosphère se fait si lourde qu’on attend plus que l’orage.

– Les flammes ne me font pas peur, pas plus que vous à l’heure actuelle. Si je vous renvoyais chez votre père, est-ce que ça me rendrait la chambre ? Est-ce que seulement ça me peine ?

Il a un petit sourire en coin, mais ses yeux brillent d’une étrange excitation. Ça n’a rien à voir avec elle, sa nuisette, ou cette chambre, non. C’est quelque chose de plus profond, de plus malsain aussi, de ce qui colle à la peau et la décolle les soirs de pleine lune. Quelque chose de bestial qu’il se voit contraint de réprimer.

– Je ne veux qu’une seule chose, en réalité. Il trépigne presque, cherchant malgré tout à rester digne : … comment as-tu fait, Demelza ? La magie qui nourrissait ses flammes n’avait rien de… commun

Il murmure le restant de sa phrase, comme un secret. Il faut dire que dans ce pays, on ne rigole pas vraiment avec l’utilisation de la magie noire, et encore moins avec les homicides volontaires et involontaires.



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Nimue
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Elle sent que quelque chose ne va pas, soudain. Le regard d’Ebenezer est différent, dans la pénombre, dans cette proximité inhabituelle. Elle se sent toute petite, si fragile, dans ce lit. Sa réaction ne correspond à rien, ne colle pas à ce qu’elle attendait, si bien qu’elle est désormais muette, observatrice silencieuse de ce qui semble se contenir chez lui. Qu’est-ce qu’elle a fait ? « Les flammes ne me font pas peur, pas plus que vous à l’heure actuelle. Si je vous renvoyais chez votre père, est-ce que ça me rendrait la chambre ? Est-ce que seulement ça me peine ? » Il a un sourire en coin et elle penche légèrement la tête, une cascade de cheveux blonds glissant sur une épaule, dénudant l’autre. Il est plus près, désormais, assis là. « Je ne veux qu’une seule chose, en réalité. » Elle s’inquiète, une brève seconde qui se lit dans ses prunelles, car après tout il pourrait exiger un prix qu’elle n’est pas prête à payer. « … comment as-tu fait, Demelza ? La magie qui nourrissait ses flammes n’avait rien de… commun »

Elle rougit, détourne le regard. Embarrassée. Il y’a une tension palpable dans l’air qui la met incroyablement mal à l’aise, en plus de sa culpabilité mordante, tout contre le coeur d’enfant. « Je n’en sais rien… » Ca lui fait mal de l’avouer, elle n’ose même pas le regarder. Il l’a tutoyée et elle prend son attitude comme une menace latente, parce qu’honnêtement Demelza ne sait pas déterminer les nuances, pour elle un orage est un orage, une tension est une colère, une distance est un rejet. « Je vous ai dit que je désordonne tout, que vos nuits seraient dérangées.. » Elle n’a simplement pas précisé ni comment ni pourquoi. Est-ce qu’il va tenter de la faire chanter ? Elle a envie de s’abandonner, elle a envie de s’effondrer mais de nouveau, elle réprime ; elle a trop pleuré, de toute manière. « On n’est pas comme ça dans ma famille, je vous assure que ça n’est pas.. on m’a pas éduquée comme ça, ça n’est pas.. ils sont innocents, d’accord ? » Elle craint qu’on ne vienne désigner les von Abbetz comme des sortes d’hérétiques pratiquant une magie noire au nez et à la barbe de tous, derrière leur image de normalité, de lumière et de précautions. « La première fois, j’avais douze ans, je crois.. et depuis, ça me hante. Je ne me souviens jamais de rien. La mort de ma mère s’est produite dans un incendie similaire et désormais, on me surveille comme on surveillerait un fantôme annonciateur de drames. » Elle a baissé la tête. « Je fais tout ce que je peux pour contrôler, j’éloigne les bougies, je ne suis jamais entourée de sources potentielles de chaleur mais parfois, je suis trop fatiguée alors j’oublis. Parfois, ça ne sert surtout à rien. Ne reste que les flammes. » Ou le sang, elle ne l'évoque pas. Elle se frotte les yeux, chasse les larmes qui menacent, qui ne viennent pourtant pas vraiment. « Je ne sais plus si c’est un cauchemar ou si cela se produit réellement. J’ai peur, Ebenezer. Ma grand-mère dit que j’ai du talent, seulement.. je ne veux pas être comme ça. » Grand-mère Themis était anglaise, plutôt autoritaire, belle autrefois, ses grands yeux bleus toujours un peu malicieux. Elle avait quelque chose d’un peu sombre dont personne n’osait parler, au risque de déclencher son courroux et c’était une femme redoutable lorsqu’elle désirait ruiner une réputation. Elle avait eu l’air parfaite toute sa vie, à l’instar d’Ophélia, mais contrairement à elle, les maris étaient tombés, accidentellement. Trois fois. Vraiment, une honorable dame. Qui ne s’effrayait jamais de rien, comme si elle avait déjà vu bien des ombres. Les manières allemandes et leur rigidité archaïque lui déplaisait, si elle se déplaçait, ça n’était que pour ses petits-enfants qui méritaient une plus grande ouverture d’esprit. Foutu Amalrich, il gâchait tout. « Je voudrais juste être normale. Je n’aime pas être une poupée, être jugée si.. superficielle. » Elle se mord un peu la lèvre. « Est-ce que vous voulez toujours de ce mariage.. ? » Demelza doit savoir. Elle veut savoir si elle va décevoir son père, si elle va finir toute seule, enfermée quelque part loin de tout, pour soigner une quelconque folie douce.      

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Sha
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Ebenezer von Hohnstedt
J'ai 17 ans ans et je vis tout en haut de Feldberg, dans un Manoir qui surplombe la Schwarzwald et Baden Baden, en Allemagne. Dans la vie, je suis un sorcier. Mon sang est celui de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma malchance, je serais prochainement fiancé et je le vis plutôt mal.




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– Je n’en sais rien…

Les yeux se plissent, alors que les prunelles du danger brillent dans la semi-obscurité. Il doit prendre sur lui pour ne pas se jeter sur elle, pour ne pas voir en elle ce qui s’écoule parfois en flammes dévastatrices. Il lui faut faire un effort immense pour ne pas même grimacer. Le visage reste intacte, inerte presque, à cela près que ses pupilles brillent de trop pour qu’il soit mort.

– Je vous ai dit que je désordonne tout, que vos nuits seraient dérangées..

Il pourrait lui répondre que si elles étaient dérangées par ce genre d’excentricité, elle enjoliverait le restant de ses jours. Que de lui à elle, ce qu’il aime le plus c’est bien le danger. Que son nom résonne depuis des siècles comme celui de mages sombres, de réputation de tueur de dragon avec Brivael I à celui de fou furieux destructeur avec le bon James Grey.
N’y-a-t-il jamais eu quelqu’un de sain chez lui ? Il ravale sa salive, douloureusement.

– On n’est pas comme ça dans ma famille, je vous assure que ça n’est pas.. on m’a pas éduquée comme ça, ça n’est pas.. ils sont innocents, d’accord ?

– Je vous crois, je vous crois… Allons…

Sa voix se fait serpentine, prend le ton le plus doux et le plus tendre à l’oreille. Il penche doucement la tête alors même qu’elle prend peur. Il la sent prête à tomber, prête à sombrer. C’est bien le problème de la magie noire. Elle attaque le corps, elle pourrit l’âme et noircit l’esprit. On finit par ne plus voir que ce que l’on veut. Un homme avait même fini par tuer sa femme alors même qu’il voulait, par divers enchantements et sacrifices, la rendre jeune et immortelle. En quelque sorte, la magie avait fait son office. Son cadavre serait éternellement beau.

– La première fois, j’avais douze ans, je crois.. et depuis, ça me hante. Je ne me souviens jamais de rien. La mort de ma mère s’est produite dans un incendie similaire et désormais, on me surveille comme on surveillerait un fantôme annonciateur de drames. Je fais tout ce que je peux pour contrôler, j’éloigne les bougies, je ne suis jamais entourée de sources potentielles de chaleur mais parfois, je suis trop fatiguée alors j’oublie. Parfois, ça ne sert surtout à rien. Ne reste que les flammes.

Elle est si peinée – du moins elle en a l’air. Lui ne comprend pas trop. Il imagine que chez elle, tout le monde croit qu’elle a tué sa propre mère. C’est peut-être pour ça que son père le lui a donné. Parce qu’il se fichait bien qu’elle vive dans une cage, isolée du reste du monde. Parce que c’était préférable à la garder éternellement sous leur toit plein de souvenirs et de tristesse.

– Je ne sais plus si c’est un cauchemar ou si cela se produit réellement. J’ai peur, Ebenezer. Ma grand-mère dit que j’ai du talent, seulement.. je ne veux pas être comme ça.

Il se tait, parce que contrairement à elle, lui l’a décidé. De se laisser aller. De travailler ces aspects sombres de son propre corps. Mourir lui importe peu, pour vu qu’il comprenne les rouages de la vie, qu’il arrive à extraire la puissance des créatures qui l’entoure. Pour quelles raisons exactement ? Faut-il une raison pour tout ?

– Je voudrais juste être normale. Je n’aime pas être une poupée, être jugée si.. superficielle.

Cette fois, son sourire se fait doux, presque tendre. Il comprend. Lui-même aimerait n’être « que normal », ni plus, ni moins. La vie serait plus simple aussi s’il était idiot. Un abruti lambda aurait plus de faciliter à se contenter de ce monde. Parfois, quand il regarde autour de lui, il y trouve un paradoxe pesant. Les hommes et les femmes, sous couvert de vouloir être originaux, miment la folie alors que lui ferait (presque) tout pour être sain.

– Est-ce que vous voulez toujours de ce mariage.. ?
– Oui.

Il glisse sa main jusqu’à la sienne, la tapote du bout des doigts sans la serrer.

– En réalité, tu devrais surtout réfléchir à si tu veux vraiment m’épouser, Demelza.

Au diable les « vous » qui mettent de la distance alors qu’ils ne seront jamais plus proches que ce soir, à l’abris dans cette chambre sombre qui cache tout et pourtant révèle aux yeux de la jeune femme la noirceur du jeune sorcier. Que ce soit dans ses yeux, dans cet air langoureux qu’il prend ou dans sa façon de pianoter nerveusement de sa main droite sur sa main à elle.

– Je vais t’avouer quelque chose…

Il retourne doucement cette main, l’ouvre. Pousse du creux de sa paume une magnifique fleur rouge que l’on reconnaît sans mal être un lycoris. Ses pétales s’étalent ; elle est bien plus grosse qu’une pousse habituelle, plus impressionnante, et soudainement, elle prend feu. Des flammes noires, qui ne laissent rien, pas même de cendres ou d’odeurs.
La fleur a tout simplement disparu.
Et lui, est là, ses yeux bleus sombres brillant dans la pénombre.

– Je ne suis pas quelqu’un de bien.

Il a un sourire carnassier, alors qu’il murmure, et continue :

– Tu l’apprendras au fur et à mesure du temps, petit à petit tu trouveras les indices qui font que je ne suis pas qu’Ebenezer von Hohnstedt, le petit noble solitaire de Feldsberg. Tu comprendras pourquoi chacun de mes domestiques m’obéissent de cette façon, pourquoi ils gardent un silence immuable, et peut-être même que tu auras l’audace de pousser la porte et de voir sur quoi je travaille…

Il hausse alors les épaules, d’un air nonchalant. Il a ce petit sourire en quoi, ce petit air moqueur qui illumine à lui seul son visage sombre. Il ose, d’une petite voix enfin :

– Et tu pourras même le crier sous tous les toits si ça te chante. Je n’en ai cure.

Il plante finalement son menton dans sa main, d’un air satisfait de ne plus avoir à jouer la comédie.
Un point dans chaque camp.



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Nimue
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Demelza
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Il n’hésite pas alors même si elle est terrifiée, elle lui laisse sa main, là, à portée. Elle ne sait rien de lui, elle ne sait pas si elle est capable de lui survivre et, d’un autre côté, elle ne sait pas non plus si il lui survivra. « En réalité, tu devrais surtout réfléchir à si tu veux vraiment m’épouser, Demelza. » Peut-elle seulement ? Quel autre choix s’offre ? Elle sent ses doigts qui pianotent nerveusement comme elle sent ce qui émane de lui, toutefois elle n’est pas stupide et si elle a voulu le nier, elle savait qu’elle avait des raisons de le craindre. Une intuition, comme souvent, qu’elle mettait de côté. « Je vais t’avouer quelque chose… » Docile, si docile créature qui lui laisse le contact à loisir. La fleur a des airs d’araignée, une couleur vive, sanguine qui lui plait sans qu’elle le dise. Ses prunelles parlent pour elle, d’une sorte d’émerveillement dérangeant quand les flammes viennent la dévorer, sans laisser de traces. « Je ne suis pas quelqu’un de bien. » Elle a les lèvres entrouvertes, le silence long mais pas lourd, seulement attentif, pourtant elle fixe encore la paume désormais vide. Elle perçoit le sourire carnassier quand son attention fait le trajet, par deux fois, de l’absence de marques jusqu'au visage du sorcier. Un frisson lui traverse le dos, vif, qu’elle ne définit pas. Elle n’a pas l’impression d’avoir aussi peur qu’elle le devrait - il pourrait la dévorer. « Tu l’apprendras au fur et à mesure du temps, petit à petit tu trouveras les indices qui font que je ne suis pas qu’Ebenezer von Hohnstedt, le petit noble solitaire de Feldsberg. » Est-ce qu’elle a réellement envie de comprendre ? Est-ce qu’elle a envie d’y réfléchir ? Elle a donné son accord, elle ne reviendra pas dessus. Elle a dit qu’elle l’épouserait, elle le ferait et s’il cherchait à l’intimider, l’effrayer, lui faire changer d’avis, qu’importe, la petite perle des von Abbetz était plus têtue qu’elle n’en avait l’air.

« et peut-être même que tu auras l’audace de pousser la porte et de voir sur quoi je travaille… » Froncement de sourcils. Pourquoi ferait-elle une chose pareille ? Elle n’aime pas trop lorsque l’on fouine dans ses affaires, elle ne voit pas pourquoi elle ferait de même avec ses travaux, elle se sentirait bien trop intrusive ; elle est trop jeune, elle ne voit jamais assez loin dans le temps. Elle n’imagine pas ce qu’est la véritable proximité d’un mariage, elle ne sait pas qu’avec ou sans amour, parfois les choses changent, parfois les gens changent. « Et tu pourras même le crier sous tous les toits si ça te chante. Je n’en ai cure. » Cela non plus, elle ne le ferait pas. Elle ne se voit pas pouvoir être effrayée au point de révéler des secrets à une société qui se ferait une joie de juger sans chercher à entendre, à comprendre. Elle n’aime pas les gens, elle ne pense pas pouvoir s’y mêler un jour - qu’est-ce qu’une créatrice sans clients, pourtant ? Qu’est-ce qu’une épouse sans apparats ? Rien. Sur l’instant, elle aime l’idée de n’être rien ni personne, bien protégée de tout. Grand-mère Themis dit qu’il est stupide de marier des aristocrates si jeunes, elle conçoit la problématique, pas la méthode - mais elle n’a jamais été femme à se laisser écraser, celle-ci. Les traditions sensées, cela se perd. L’éducation allemande est une vraie catastrophe.

Demelza bouge enfin, sort de sa contemplation. Elle s’approche, doucement pour ne pas qu’il se sente ne serait-ce qu’un brin menacé, et vient déposer sur les lèvres un baiser. Elle est tendre, la poupée, quoiqu’un peu maladroite. La tête lui tourne un peu, le myocarde s’emballe aussi alors elle se détache, toujours sans brutalité. Le sourire est parfaitement gêné, les joues un peu roses et les billes bleues fuyantes. « Je voulais savoir. Avant d’être scrutée par des dizaines d’yeux trop curieux.. » Quoi ? C’est une raison comme une autre ! « J’ai faim.. » constate-elle, comme si tout ce qu’il venait de dire ou faire n’était qu’un détail, comme si il n’y’avait pas de drame à épouser la noirceur et l’horreur. Il ne la jugeait pas pour l’incendie, pour le désordre qu’elle provoquait à peine arrivée, il ne la repoussait pas malgré le fait qu’elle ne sache pas gérer la drôle de dualité de sa magie alors elle ne se sentait en aucun cas le droit de le repousser parce qu’il n’est pas quelqu’un de bien. Elle espérait seulement qu’il ne lui fasse pas de mal. Elle s’extirpe des draps, tangue une peu une fois sur ses pieds, se rattrape au mur et lâche, dans un rire nerveux. « .. Et j’ai fait brûler ma garde robe.. » Sa garde robe, ses croquis, ses tissus. Demander à son père lui arracherait probablement la langue, car après tout il serait contrarié d’apprendre qu’à peine confiée à Ebenezer, elle provoque des accidents potentiellement dramatiques. « Espérons que votre domestique ne sera pas trop choqué. » Elle est jolie, la nuisette, même si le voilage plus long a brûlé en partie, même si ça n’est pas convenable. Tant pis, elle a faim avant toute autre considération - avant d’envisager d’avoir imposé trop vite son contact au jeune sorcier. Inconstante et inconsciente.       

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Sha
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Ebenezer von Hohnstedt
J'ai 17 ans ans et je vis tout en haut de Feldberg, dans un Manoir qui surplombe la Schwarzwald et Baden Baden, en Allemagne. Dans la vie, je suis un sorcier. Mon sang est celui de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma malchance, je serais prochainement fiancé et je le vis plutôt mal.




ft. James Bay
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Le baiser est court, pour ne pas dire aussi fugace qu’un songe, si ce n’est pas qu’il n’en a pas la saveur. Il est surprenant plus qu’autre chose. Demelza est surprenante à sa façon. Dans tous ses mimiques, ses inconstances, ses élans. Jusqu’au goût légèrement fruité de ses lèvres et au bout de ses cils clairs. Est-ce qu’il se fâche ? Pas du tout. Son regard vient tout juste de ciller, et il a perdu un instant son sourire pour un masque d’incompréhension.
C’est bien la première personne dont il n’arrive ni à déceler ce qu’elle veut, ni ce qu’elle ressent. Elle lui échappe alors qu’il était certain de tout connaître du cœur des hommes. Quelle acrobate est-elle pour s’accrocher à la fois à ce mariage et à lui ? Est-ce qu’elle le trouve si beau, si conciliant que l’horreur de la situation lui échappe ? Croit-elle qu’il l’épargnera le jour où la folie aveuglera ses yeux ?
Est-ce qu’il a envie de lui faire du mal ?
Pas vraiment.

– Je voulais savoir. Avant d’être scrutée par des dizaines d’yeux trop curieux..

Il ne répond pas. Il se sent un peu mou soudainement, le vague à l’âme. Il a envie de s’allonger et de dormir, pourtant il est encore tôt. Il ferait bien mieux de descendre et de se hâter auprès de sa concubine aquatique, de lui retirer encore plus d’écailles, encore plus de chairs, et autant de cheveux. Il ferme les yeux, puis les rouvre, comme elle s’agite à côté de lui.

– J’ai faim..
– Et moi donc, marmonne-t-il, trop faiblement pour qu’elle entende.

La fatigue s’installe sur ses épaules. Un géant broyé par on-ne-sait-quoi. Les sentiments ? Non, il est trop fort pour ça. Déjà garnement il n’avait pas émis une seule larme pour son père, pourtant il se souvient qu’à l’époque il l’aimait plus que tout. Il se souvient seulement de l’impression, car ça fait bien longtemps qu’il a enterré tous ses sentiments dans les tréfonds de son âme.
Tout comme un rein ou une rate, il n’en a pas besoin pour vivre.

– .. Et j’ai fait brûler ma garde-robe..
– On ira vous en refaire une, de garde-robe.

Il lève petit à petit les yeux – ils étaient jusqu’à maintenant fixés sur ses propres mains – pour les déposer sur la silhouette qui tangue et chavire entre les tissus de velours sombres. Elle est jolie Demelza c’est vrai, aussi belle qu’un lycoris blanc. Ça existe. Il se souvient en avoir vu dans le jardin de sa mère. Elle aimait en accrocher un parfois entre ses longs cheveux noirs. Ça faisait comme des étoiles.
Après sa mort, les lycoris ont continué à pousser, tous d’un rouge aussi vif qu’arrogant.

– Espérons que votre domestique ne sera pas trop choqué.
– Il ne le peut pas…

Le silence de nouveau les plombe, eux, et tout ce qu’il y a entre.

– Il ne le peut plus.

Lentement il se lève, s’approche d’un pas calme sans se presser, sans la brusquer. Il s’arrête à portée de bras, jette un œil aux chevilles que la nuisette laisse à la vue de tous. Il y trouve un certain charme. C’est un peu vieux-jeu, mais c’est à l’image des maisons qui les ont fait naître tous les deux. Pleines de principes, de vieilleries, de poussière. Il reste un long moment sur ses chevilles, avant de relever le nez, plantant ses yeux bleus sombres dans les siens.

– Vous devriez vous reposer. Je vais vous ramener de quoi manger.

Il la contourne et cette fois, en se positionnant entre elle et le lit, lui bloque la route. Il le fait presque innocemment, mais en réalité, tout est bien calculé. Comme toujours avec lui.

– Vous avez besoin de dormir encore un peu. J’ai pu résorber vos premières brûlures, mais vous devez le sentir : vos jambes sont encore frêles.

Il approche d’un pas, tend le bras vers elle, doucement. Pas pour la frapper, pas pour l’attraper, juste il pose le revers de ses phalanges sur son front sans un sourire, sans une grimace non plus.

– Vous avez encore de la fièvre.




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Nimue
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Demelza
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J'ai 17 ans et je vis à Anzing en Allemagne. Dans la vie, je suis une sorcière et je m'en sors très bien, faisant partie de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma malchance, je serai (trop) rapidement fiancée et je le vis plutôt mal.
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Elle a l’air d’une drôle de funambule qui ne trouve pas l’équilibre, bien haut au dessus du vide. Heureusement qu’il est là, n’est-ce pas ? Pourquoi est-ce qu’il accepterait de faire remplacer la garde robe ? Elle n’a pas envie d’imposer quoi que ce soit. Elle passe une main dans ses longs cheveux détachés, quand elle sent le décor bouger. Elle a dormi trop longtemps, songe-t-elle. « Il ne le peut plus. » « Pourquoi ? » La question est particulièrement innocente, symptomatique d’une certaine ignorance. Il est des choses qu’on ne devine pas lorsqu’on refuse de s’y intéresser et elle a bien pris soin de ne pas analyser le géant qu’est le domestique. Les jambes se croisent un peu, elle est agitée, elle bouge sur place, telle une enfant embarrassée. « Vous devriez vous reposer. Je vais vous ramener de quoi manger. » Elle a un petit sourire timide. « Vous avez besoin de dormir encore un peu. J’ai pu résorber vos premières brûlures, mais vous devez le sentir : vos jambes sont encore frêles. » Il est soudain tout près, trop près. « Mes quoi.. ? » Elle n’a rien senti. Elle ne s’est pas vraiment rendue compte. Et quand il tend le bras, elle s’inquiète, a le réflexe de fermer les yeux, de se méfier, entièrement crispée ; elle lui a volé un baiser, il pourrait se fâcher, s’agacer, lui faire payer. Sa douceur ne pardonne pas tout. La violence ne vient pas, cependant. Le coeur bat encore trop vite. Le contact sur son front vérifie la température. « Vous avez encore de la fièvre. » Demelza n’est pas sûre. Elle a chaud mais c’est peut-être les émotions - elle en a eu beaucoup en peu de temps, elle en a encore, des émotions. Elle rouvre les yeux. Un soupir trahit son incompréhension autant que sa fatigue mais elle n’aime pas dormir. Toute son enveloppe charnelle semble peser des centaines de kilos, malgré elle, et elle est bien trop frêle pour y résister. Il a raison, Ebenezer. Elle a focalisé son attention sur tout sauf elle-même, elle a fait une erreur en se levant ainsi, si vite. Elle est un peu trop fière, la sorcière, alors elle n’a pas envie de céder, de s’avouer ni vaincue ni affaiblie. Elle voudrait descendre manger, entamer une journée normale, dessiner peut-être - elle pourrait bien avoir des idées. « Je crois que.. » La phrase meurt sur le bout des lèvres parce que déjà, elle s’effondre. La chambre finit de pencher - non, c’est elle qui tourne de l’oeil, qui ne peut pas affronter le nouveau pic de température. Poupée de chiffon à sa merci.

…*…

En se réveillant, elle se sent assez bien pour prendre un vrai petit déjeuner, même si elle n’a pas la moindre idée du jour qu’il est - elle sait seulement que c’est le milieu de la matinée. Elle n’a pas très envie de parler alors elle s’enferme dans une bulle, avec son café. Elle aime bien les petits-déjeuners sucrés même si elle n’est pas très gourmande. Amalrich disait toujours qu’elle tenait ça de sa mère qui avait eu le temps de beaucoup voyager, plus jeune, et qui avait gardé cette habitude. De l’Angleterre, Demelza détestait la nourriture, des réveils allemands, elle grimace - la demoiselle est difficile, demande souvent des repas très variés ou originaux pour le pays, et ça lui est bien égal. Elle songe en reposant le plateau à l’écart que ça manque un peu de musique et dans un soupir, se rallonge quelques instants.

Elle ne remarque le courrier qu’à retardement, fronce les sourcils et s’appuie sur un coude, installée sur le flanc, pour ouvrir d’abord la missive de son père. Elle ne se rend compte d’à quel point elle est terrifiée qu’en voyant ses doigts trembler et se crisper autour du papier : elle redoute d’apprendre la décision finale, la date, tout ce qu’on pourrait exiger de vérifier d’elle. C’est différent d’envisager et de le lire, noir sur blanc. Elle a l’impression persistante de se faire abandonner par ce père qu’elle avait pourtant tant admiré durant douze années de sa vie, mais elle ne pleure pas. Elle inspire juste profondément. « C’est absolument, parfaitement impossible. » Elle parle enfin, sa langue se délie. « Deux mois. Qui peut organiser un mariage en deux mois ?! » On repassera pour les salutations matinales. Il aura bien le temps de réaliser qu’elle n’a jamais la même attitude, d’un jour à l’autre, le fiancé. « Je n’ai plus le moindre matériel pour la robe, ça prend du temps. Et les invités, les centaines de choix que ça implique et.. » Elle se tait, se redresse pour s’asseoir au bord du lit. « Ca implique que je vais rester ici définitivement. » Elle s’était dit, un instant, qu’il avait pu écrire pour la faire rentrer à la maison maintenant qu’elle avait accepté son sort, que la date serait plus lointaine. « Je dois encore apprendre à danser un tant soit peu convenablement et en savoir un minimum sur votre famille. » Elle ne parvient pas à tutoyer Ebenezer, peut-être parce qu’elle n’estime pas avoir assez de proximité avec lui. « Vous êtes trop calme. » Au moins, son agitation montre qu’elle va beaucoup mieux.        

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Sha
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Ebenezer von Hohnstedt
J'ai 17 ans ans et je vis tout en haut de Feldberg, dans un Manoir qui surplombe la Schwarzwald et Baden Baden, en Allemagne. Dans la vie, je suis un sorcier. Mon sang est celui de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma malchance, je serais prochainement fiancé et je le vis plutôt mal.




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A même le sol, il n'a pas fait un mouvement pour la rattraper.

Au lieu de ça il reste à distance, la jauge d'un regard qui se veut supérieur. Les prunelles bleues courent sur sa silhouette. Elle est si fragile, si offerte. Si candide. Il a un sourire en coin, levant les yeux vers les portes. Anselm vient d'apparaître. Le géant à la peau sombre le dévisage. Ils se regardent, comme deux chiens faits de faïence.

– Je ne lui ai rien fait.

L'homme à la peau noire ne peut répondre, mais il baisse les yeux et retire en silence, sans demander son reste. Ebenezer, lui, reste figé quelques longues secondes avant de se décider à ramasser le petit corps blanc sur le sol.

…*…

Anselm lui a donné le courrier, et le courrier ne lui était pas adressé. Il a d'abord été surpris, puis il a bien compris qu'il faudrait s'y habituer. Eberhard n'était pas fervent du papier. Trop de preuves, trop d'ambiguïtés. Les von Hohnstedt ne sont pas le genre à laisser le doute s'installait. Quand ils ont quelque chose à le dire, ils le disent. Même devant le Kaizer.  

Aussi, quand il se présente devant elle et qu'il lui donne son courrier, il n'a pas jeté un œil à l'intérieur. Le sceau est encore parfaitement intact. Il est respectueux, principalement parce qu'il se fiche bien de savoir ce que son père peut lui dire. Il la laisse ainsi, et se dirige d'un pas calme vers les rideaux trop lourds qui sont encore fermés.

D'un geste calme il les ouvre, levant un voile de poussière qui le distrait. D'ici, on voit parfaitement la cime des arbres qui encercle le Manoir de sa famille, rempart entre le monde des hommes et le plan féérique. Si proche, si lointain à la fois. Il se pince les lèvres, un mouvement l'intrigue en contrebas. Il croit en effet deviner la silhouette d'Anselm qui entre et qui sort, accompagné d'un autre homme aux cheveux plus clairs. Un homme qu'il ne connaît pas et qu'il n'a pas invité chez lui.

L'œil bleu se fait plus perçant, avant qu'elle ne coupe la suite de ses idées.

Ebenezer se retourne finalement :

– Deux mois. Qui peut organiser un mariage en deux mois ?! Je n’ai plus le moindre matériel pour la robe, ça prend du temps. Et les invités, les centaines de choix que ça implique et..  

Il ne pipe mot. Après tout, il n'a pas d'avis là-dessus. Pour le peu qu'il a à inviter, pour le peu que ça le préoccupe aussi... Plus vite c'est fait, mieux c'est, non ? Au moins ils seront débarrassés de ces œillades perverses et arrogantes de leurs ascendants sur leur ménage. Un peu de sang sur le drap blanc, c'est tout ce qu'ils voudront voir, tout ce qui les inquiètera jusqu'à l'aube.

– Ca implique que je vais rester ici définitivement. Je dois encore apprendre à danser un tant soit peu convenablement et en savoir un minimum sur votre famille.  

Il a un sourire calme, fin, discret. Sa famille, il n'y a plus grand-chose à savoir depuis que le couple bienheureux est mort. Depuis qu'ils n'ont laissé derrière qu'un infâme rejeton qu'Eberhard n'a pas eu cœur à tuer. C'aurait mis en danger sa propre réputation, c'aurait peut-être même laissé des doutes sur les vieilles malédictions... Rien de pire pour une maison noble que d'avoir une malédiction sur les épaules à vraie dire.

– Vous êtes trop calme.  

– C'est vous qui êtes bien agitée.

Il approche, époussette ses mains avant d'attraper un fruit qui traîne sur le plateau de la demoiselle. Du bout des doigts seulement. Une petite boule orangée enfermée dans une fleur fânée et sèche ; "un amour en cage". Voilà qui est drôle comme choix. Il fera peut-être remarquer à Anselm que s'il s'agit d'une plaisanterie, il ne l'apprécie qu'à moitié.

– Que voulez-vous que je vous dise ? Que je vous parle de ma maison ? Je veux bien essayer.

Il s'assoit, gobant d'un geste élégant la petite physalis au goût exquis malgré tout.

– La maison von Hohnstedt a toujours été très proche du Saint-Empire Magique, si bien que notre blason est celui d'un Aigle Bicéphale aux plumes blanches. Nous sommes depuis la première génération les gardiens de la porte qui mène à la Forêt-Noire, appelée Schwarzwald, où les faëries ayant commis des méfaits connaissent l'exil éternel. C'est un endroit aussi dangereux qu'hasardeux. Nous avons bâti notre empire sur nos relations avec le Roi des Aulnes, puissant sorcier qui dirige le peuple du crépuscule. Mon père, Siegfried von Hohnstedt, était le fils aîné de feu Friederike von Hohnstedt et Felizitas. Il a un frère de trois ans son cadet – Eberhard – et deux petites sœurs, depuis mariées et mères de famille. Ma mère était issue d'une branche secondaire de la famille de Lord Brivael Grey qui a fait toute son histoire dans le Gloucester en Angleterre. Ma mère était la dernière des filles d'Avalon Grey, et se faisait appelée Lady Lenore Grey. Je suis le seul enfant viable qui est né de leur union, et suis par conséquent l'héritier direct de la famille von Hohnstedt. Mon oncle a la régence de la fortune familiale jusqu'à mes vingt-et-un an, alors même que je possède de par mon nom les titres de propriété sur toutes les bâtisses et tous les domaines de ma famille. Enfin, de par ma naissance, je suis amené à être Chevalier du Saint-Empire et un proche ami du prochain Kurfürst.

Il marque une légère pause, comme pour chercher quelque chose. Quelque chose qui manque dans ce tableau qu'il a pourtant régulièrement imaginé et dépeint, rassemblant ses souvenirs sans difficultés. L'image de ses deux parents était encore vivace dans son esprit.

– Je crois que c'est tout ce que vous avez à savoir.  

Et c'était déjà beaucoup, en fin de compte.



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Nimue
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Et plus Ebenezer parle, plus Demelza semble pâlir. Ca n’est pas qu’elle ne s’est jamais intéressée à l’Histoire, c’est simplement qu’elle n’a pas jugé utile de décortiquer nombre d’arbres généalogiques, comme nombre de femmes le font, rêvant à des caisses pleines de pièces et de bijoux. A quoi bon ? Si une chose ne manquait pas aux von Abbetz, c’était l’argent. L’exil éternel, une parallèle qui dénote bien là le sens de l’humour de son père et elle aurait peut-être eu un rire nerveux si elle n’était pas occupée à se décomposer sur place. Et il finit d’ailleurs par s’extirper de sa bouche, le rire nerveux, parce qu’elle n’avait pas réalisé ce qu’on lui demandait, à elle, la gamine dont on n’avait exigé rien de plus que de bien présenter : ça n’était pas n’importe quel garçon de n’importe quelle riche famille, qu’elle devait épouser. Ca n’était pas pour une vulgaire punition de bas étage. « Je crois que c'est tout ce que vous avez à savoir. » Elle a le visage caché entre ses mains, un instant, avant qu’elle ne les remonte jusque dans ses cheveux, signe qu’elle cherche à reprendre une contenance perdue. « Je suis agitée parce que si je cesse de m’agiter, Ebenezer, je crois que je vais sauter par la première fenêtre que je vais croiser dans l’unique but de ne pas avoir à affronter les monceaux de responsabilités qu’un mariage implique. » Elle se lève, elle en a besoin, de marcher, de bouger, de faire les cent pas dans cette chambre. Elle envie son côté imperturbable et elle regrette amèrement de ne pas parvenir à conserver le sien. La petite poupée froide est cassée. « Jouer la comédie, c’est un art compliqué quand on ne connait rien au sujet de la pièce. Au mieux, je suis une habilleuse, je sais faire des robes, des costumes, je peux même faire porter des rideaux aux serveuses mais… Oh et puis zut. » Elle s’approche de la fenêtre, appuyant les mains au bord. Elle reprend une respiration à peu près normale en contemplant l’extérieur : elle réalisé qu’elle n’a pas cherché à réellement visiter l’endroit dans lequel elle allait devoir passer le restant de ses jours glacés et prochainement bien poussiéreux.

« Soyons pragmatiques deux minutes : votre oncle ne vous aime pas, c’est une évidence. Un accord ne se ferait pas sans qu’il sache que je suis la fille incontrôlable qui a probablement fait flamber la partie la plus précieuse du manoir familial, mère incluse. » Elle lui tourne le dos, malgré les révélations échangées, malgré le fait qu’il lui a clairement affirmé n’être pas quelqu’un de bien, comme une marque de confiance - ou de folie, allez savoir. « J’imagine que vous êtes une chose bien encombrante en travers de la route de l’héritage ? Vous n’êtes même pas un gentil poupon. » Elle émet des hypothèses, pour tenter de comprendre ce qui a bien pu passer par le crâne de ces deux hommes là. « Je pencherais donc pour l’empoisonnement. » Elle se tourne, s’appuyant ainsi dos à la fenêtre. « Pour moi, pas pour lui. » Et c’est étrange mais à mesure qu’elle parle, elle semble se calmer, s’apaiser, assez pour revenir s’asseoir d’un pas plus tranquille.

« Quand j’étais effrayée par quelque chose, ma mère me faisait imaginer la fin de la situation qui me tourmentait. » C’est plus rassurant de se marier sans amour quand on songe déjà à la manière dont on va trépasser. « Tu ne ressens jamais rien, n’est-ce pas ? » C’est une de ces fois où la question s’impose, où elle n’a d’autre choix que de la poser, qu’importe que personne n’ait envie d’entendre la réponse, qu’importe que cela puisse mal se passer, à l’interroger si vite sur ce qu’il est, vraiment, au fond de ce corps plutôt gâté par la nature. D’une main, elle a entreprit d’attraper la missive de son frère, venant l’ouvrir ensuite à l’aide de l’autre, parcourant en diagonale les lignes. Elle lève les yeux au ciel, retient à peine un sourire amusé. « Tu as les sincères condoléances de mon frère. C’est comme ça qu’il considère notre situation : un véritable enterrement pour ta santé mentale. » Elle avait appris à composer avec les blagues douteuses d’Ulrich, il était ainsi. Enfants bizarres d’un père trop sérieux. « Retourne travailler, tu n'as aucune envie de rester là. » Finit-elle avec une certaine douceur.       

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Ebenezer von Hohnstedt
J'ai 17 ans ans et je vis tout en haut de Feldberg, dans un Manoir qui surplombe la Schwarzwald et Baden Baden, en Allemagne. Dans la vie, je suis un sorcier. Mon sang est celui de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma malchance, je serais prochainement fiancé et je le vis plutôt mal.




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– Jouer la comédie, c’est un art compliqué quand on ne connait rien au sujet de la pièce. Au mieux, je suis une habilleuse, je sais faire des robes, des costumes, je peux même faire porter des rideaux aux serveuses mais… Oh et puis zut.

Il ne bouge pas d’un pouce, alors même qu’elle pourrait bien vouloir sauter de la fenêtre. La chute serait vertigineuse, quand bien même ils ne sont qu’au premier étage du Manoir. Il faut dire qu’en contre-bas, à part les flancs escarpées du mont Feldsberg, il n’y a rien. La cime des arbres en forme de pics acérés, aussi. Il imagine très bien le corps planté sur l’un de ses pins. Il imagine, mais son visage reste parfaitement froid.

Il ignore pourquoi elle s’agite autant. Les choses sont déjà jouées. Pourquoi se débattre ? C’est de l’énergie perdue. Il déteste ça.

– Soyons pragmatiques deux minutes : votre oncle ne vous aime pas, c’est une évidence. Un accord ne se ferait pas sans qu’il sache que je suis la fille incontrôlable qui a probablement fait flamber la partie la plus précieuse du manoir familial, mère incluse.

– Nous avons quelques différents, c’est vrai, confirme-t-il sur un ton monocorde, pas vraiment touché par l’évidence.

– J’imagine que vous êtes une chose bien encombrante en travers de la route de l’héritage ? Vous n’êtes même pas un gentil poupon.

– J’étais plutôt capricieux aux dires de ma mère, mais nous ne sommes jamais que le fruit que nos parents ont fait pousser, reprend-t-il sans vraiment vouloir se dédouaner de son caractère bien particulier.

– Je pencherais donc pour l’empoisonnement. Pour moi, pas pour lui.

– J’en doute fort... ce n'est pas dans les habitudes de la maison.

Eberhard est peut-être le dernier à apprécier son neveu, il ne s’abaisserait pas à une si vilaine chose. Il aurait trop peur que la justice divine ne le rattrape et qu’il soit jeté aux cachots de l’Empereur pour avoir tuer le favori du fils de ce dernier. Non, si Eberhard le marie à une femme, à une folle qui plus est, c’est peut-être bien pour l’emmener plus rapidement à sa chute, et de lui-même. Ebenezer sait bien comment marche sa magie. Il n’aura besoin de personne pour disparaître. C'est-ce qui est arrivé à sa mère après tout. Elle s’est elle-même faite disparaître.

– Quand j’étais effrayée par quelque chose, ma mère me faisait imaginer la fin de la situation qui me tourmentait.

Il ne répond pas cette fois. Sa mère n’était pas ainsi. Lenore était douce avec lui c’est certain, mais quand il lui disait le soir qu’il avait peur, que des fantômes grotesques rôdaient dans sa chambre et que des voix venaient lui susurrer à l’oreille des mots interdits, elle riait. Elle lui demandait toujours d’embrasser à bras ouverts cette part sombre de soi-même. Les monstres ne sont jamais que dans la tête, Ebenezer, qu’elle murmurait parfois, et pour être fort, il faut savoir les dompter.

Sa mère n’était pas quelqu’un de bien non plus, mais c’était sa mère et il l’aimait.

– Tu ne ressens jamais rien, n’est-ce pas ?

Il se surprend à lever les yeux vers elle alors qu’il était jusque-là plongé dans ses réflexions, à se remémorer principalement le visage de sa mère. Elle le surprend à chaque fois, dans ses intonations, ses changements d’humeur, sa capacité exceptionnelle peut-être à ressentir cent choses à la fois. Lui en est incapable c’est vrai.

Ce n’est pas qu’il ne peut pas, c’est qu’il s’y refuse. Ressentir ne sert à rien. Ressentir fait peur à l’enfant qu’il était, parce que ressentir, c’est souffrir. Souffrir il a assez donné. D’abord quand Siegfried est mort, ensuite quand sa mère a disparu. Non, il s’y refuse, parce que ressentir, c’est comprendre le monde, c’est s’associer aux autres, c’est l’empathie. Ressentir, c’est tout ce qu’il déteste, lui qui aimerait être seul.

– Parfois, avoue-t-il, mais tout ça ne m’inspire rien. Ni la crainte, ni l’envie, ni le dégoût.

Il réfléchit, un instant, avant de compléter :

– Juste un peu de lassitude, je crois. J’aimerais que tout ça soit fini, que je puisse de nouveau m’occuper de mes affaires.

Il n’y a que ça qui compte, pas vrai ? Jouer du piano et s’occuper de son laboratoire. Le reste n’est que de la poussière devant les yeux, une illusion confuse et grotesque. Il aimerait partir et s’enfermer tout en bas, dans les caves qui lui servent de bureaux. Il écouterait alors le piano, et ça couvrirait un peu la solitude qui le ronge. Ça lui suffirait largement pour se concentrer, ça lui suffirait aussi pour apaiser son âme.

– Tu as les sincères condoléances de mon frère. C’est comme ça qu’il considère notre situation : un véritable enterrement pour ta santé mentale.

– C’est gentil de s’en préoccuper, mais c’est déjà trop tard.

Il a un sourire amusé, en coin. Ce n’est pas l’humour d’Ulrich qui le rend si gaie, mais plutôt une satisfaction à se dire que même quand il avoue ses propres crimes, personne ne le croit. Les autres sorciers rient de sa méchanceté, mettent toujours ça sur le compte du sarcasme et de l’humour. Il est très drôle ce petit, mais en réalité, il n’a jamais dit que la vérité. La vérité, toujours la vérité, aussi cruelle soit-elle, aussi froide et horrible... La vérité, seulement la vérité.

– Retourne travailler, tu n'as aucune envie de rester là.

– C’est un ordre ?

Il se décale calmement, la jauge d'un regard sombre mais prévenant. Elle est jolie Demelza, mais surtout, ses fines chevilles ont reprit de l'aplomb et le petit oiseau peut naviguer sans douleurs et sans soucis. Elle est légère comme une plume blanche. Elle est bien trop différente de lui, alors il se tient à l'écart, pour ne pas la salir. Il ne faut pas commettre deux fois les mêmes erreurs.

– Je t'accorde un peu de mon temps. Je dois partir jeudi pour Munich, alors profite de moi. Si tu dois me demander quelque chose, je veux dire...

Le reste devra attendre, et il n'est pas pressé.
La souiller maintenant serait une erreur.



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