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 (E&D) you could be the corpse and i could be the killer

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Nimue
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Tortue



Demelza
von Abbetz

J'ai 17 ans et je vis en Allemagne dans le Manoir d'Ebenezer von Hohnstedt. Dans la vie, je suis une sorcière et je m'en sors très bien, faisant partie de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma drôle de chance, je serai rapidement mariée et je le vis plutôt avec angoisse.
Couleur de dialogue #82628E
Mildred : #996284
Amalrich : #434D78
Ulrich : #8A6343




ft. dove cameron by © EXORDIUM.
Le regard se pose sur Ebenezer lorsqu’il prononce son nom et elle a un sourire un peu timide. Les pas ne sont plus hésitants, elle descend les marches pour le rejoindre dans un bruissement de tissus qui traine le blanc sur le marbre noir. La petite bonne reste plantée plus haut, peut-être parce que la présence du maître des lieux la libère de l’emprise de la sorcière - c’est que finalement, rester enfermée avec la mariée l’avait forcée à un repos, à ne presque rien faire qu’être une présence. « Tu es très beau. Et ce mariage est beaucoup plus grand que je ne l’aurais cru. » C’était une chose d’entendre les recommandations et les discussions à ce sujet, c’en était une autre de voir toute l’agitation qui s’emparait du manoir pourtant habituellement si calme.

Des rires s’approchent. Demelza attrape la main du jeune homme et l’entraîne à l’ombre des colonnes sombres, à l’abri des regards. Annika qui a toujours quelques rondeurs de la grossesse rit joyeusement à ce que raconte Alys, une jolie brune au teint halé. Elles montent les escaliers, lui arrachant un sourire en coin. Quand Demelza reporte son attention sur Ebenezer, elle arbore un air calme, presque décontracté, une sorte d’assurance tranquille qui l’habille aussi bien que la robe. Ca la rend lumineuse, comme une petite étincelle. « Tu sais que c’est à moi d’être tendue et terrifiée, mh ? Pourquoi cet air si sérieux ? » A l’ombre des regards, elle ose venir déposer sur sa joue un baiser tendre, un baiser qui réchauffe, petite luciole à déposer contre son coeur. A la regarder ainsi, on ne croirait pas au drame qui s’est joué dans la baignoire, on ne croirait pas que son visage ait pu être ravagé par le désespoir. Les yeux bleus ne montrent rien que la tendresse qu’elle lui porte.

« Mesdames, pourquoi tant d’agitation ? » La vieille femme se tient encore très droite, malgré son âge, ses cheveux blancs attachés en un chignon faussement négligé et sa robe noire relativement près du corps indiquent qu’elle n’a rien perdu de sa beauté, comme si le temps n’était pas capable de la lui arracher. Themis est indéniablement charismatique, son anglais naturel quoique son ton un peu snob, comme diraient certains. « Nous ne trouvons pas Demelza. » D’un vague geste de la main, la grand-mère leur fait signe d’aller à l’extérieur, ce qu’aucune n’aurait l’audace de contester : elle est ici la figure maternelle, à la place qu’Ophélia n’occuperait jamais. « Demelza Wilhelmine Eleonor Von Abbetz. » Le ton est autoritaire bien qu’une oreille habituée à la langue y trouverait un brin de malice. « Je sais que tu es là, ne me fais pas attendre. » Avec un soupir, la jeune fille s’extirpe de la cachette, entrainant avec elle Ebenezer. « Oh. Ton père va nous faire un malaise devant tant de peau dévoilée. » Ce qui ne semble pas la tourmenter pour autant. « Et voici donc le fameux futur mari dont on ne cesse de me dépeindre les supposés défauts. C’est amusant, jeune homme, vous me faites penser à mon premier mari. » Elle sourit, même si elle le détaille lourdement comme une voyante essayerait d’y déceler des vérités honteuses. « Toujours vivant après deux mois en ta compagnie, j’imagine que tu n’as pas été capable de lui brûler les ailes, c’est déjà une grande qualité. » Elle a un sourire approbateur à son attention. « Je crois que vous êtes attendus, plus vite vous expédierez la corvée, plus vite viendra le côté plaisant d’un mariage. » Un clin d’oeil malicieux et déjà, elle disparaît. Demelza s’est crispée. Elle faisait jusque là tous les efforts du monde pour ne pas y penser, pour seulement se concentrer sur l’instant présent, sur la nécessité de refermer les filets autour d’Elbert. La nuit est encore loin. Elle inspire pour chasser la crainte et reprend ainsi rapidement contenance.

« Bien. Dans notre cas, le côté amusant d’un mariage, c’est la vengeance, j’imagine. Dorothea porte une de mes robes, de même qu’Annika et Alys. Elbert a été poliment forcé de porter le noeud papillon assorti aux couleurs de sa soeur, je savais qu’elle ne résisterait pas à la fantaisie : tout est bon pour attirer l’oeil. » Elle s’approche, vient souffler à son oreille. « Ordonne de serrer et les jumeaux seront forcés de s’éloigner de nous pour pouvoir à nouveau respirer. » Calmement, Demelza ajuste un de ses gants de dentelle et finit par porter un regard vers l’extérieur. « Vois cela comme une simple sécurité. Tu es prêt ? Ou tu as encore à faire à l’intérieur ? »            

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Sha
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Ebenezer von Hohnstedt
J'ai 17 ans ans et je vis tout en haut de Feldberg, dans un Manoir qui surplombe la Schwarzwald et Baden Baden, en Allemagne. Dans la vie, je suis un sorcier. Mon sang est celui de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma chance, je serais prochainement marié et je le vis plutôt bien.




Mémo

Dialogue : #232169


A la voir ainsi, toute en blanc, si pure, si parfaite, il a un sourire lui aussi. Il n’aurait pas cru un jour apprécié un autre être que lui. En fait, il n’aurait jamais cru être heureux de se lier à une autre personne. Aujourd’hui, il se dit qu’il aurait été bien triste de n’avoir jamais connu cette langueur sentimentale, cette chaleur qui l’emplit de la taille jusqu’à la gorge.

« Tu sais que c’est à moi d’être tendue et terrifiée, mh ? Pourquoi cet air si sérieux ? »
« Je... Je ne sais pas... C’est juste... mon cœur...  »

Il faut le sentir dans sa poitrine qui bondit comme mille chevaux furieux.
Il a un petit sourire en coin alors qu’elle dépose un baiser sur sa joue. Il aimerait la serrer contre lui à ce moment, pour respirer son parfum, pour se nourrir de sa chaleur. Il a un peu froid dans son costume fait d’encre et de nacre. Il se sent trop à l’étroit, et les centaines d’yeux qui lui dardent le dos depuis le matin même ne le mettent pas davantage à l’aise. Il ravale difficilement sa salive alors qu’une voix vient briser l’instant complice.

« Demelza Wilhelmine Eleonor Von Abbetz. »

Le jeune homme jette à sa fiancée un regard, mais il ne bouge pas. Il est comme une statue qui attendait un mot de son sculpteur pour se mettre en marche.

« Je sais que tu es là, ne me fais pas attendre. »

Un petit sourire désolé s’inscrit sur le visage de l’allemand avant de reprendre un expression plus neutre quoi qu’affirmé quand elle le fait rentrer de nouveau dans la lumière des projecteurs. Ça le brûle un peu, toute cette attention, mais Ebenezer ne cille pas devant la vieille femme qu’il devine être « celle qui brûle » comme l’avait laissé sous entendre Mildred.
Il a un sourire charmant et une légère révérence, toujours d’une politesse remarquable mais pudique.

« Oh. Ton père va nous faire un malaise devant tant de peau dévoilée. »

Il n’y aura pas que lui... pense le jeune homme sans dire un mot, alors que son regard clair croise celui de Thémis qui le jauge, comme s’il n’était qu’un objet ou au mieux un pion. Elle le jauge de ce regard que jette les hommes sur les femmes. Il a un sourire pincé. Il ne sait pas comment se tenir ni quoi dire. Sa main vient serrer celle de Demelza, parce qu’il n’est pas habitué à soutenir ce genre de regard qui transperce l’âme.

« Et voici donc le fameux futur mari dont on ne cesse de me dépeindre les supposés défauts. C’est amusant, jeune homme, vous me faites penser à mon premier mari. »

Son sourire se fait encore plus pincé, mais il se retient de lui demander s’il s’agit d’un de ceux qui sont morts dans des flammes ou si elle l’a véritablement aimé ? Il se fait la remarque que lorsque l’on aime vraiment, on ne se remarie pas après.
Cette pensée lui crève à moitié le cœur alors que son regard glisse sur Demelza qui sourit. Il se demande si elle fera comme Thémis. Si elle finira par ne garder de lui que des souvenirs heureux et tendres. Si elle finira pas le ranger dans une case de sa mémoire pour n’en garder qu’une fine nostalgie. Un parfum de regrets, mais sans le goût amer.

« Toujours vivant après deux mois en ta compagnie, j’imagine que tu n’as pas été capable de lui brûler les ailes, c’est déjà une grande qualité. Je crois que vous êtes attendus, plus vite vous expédierez la corvée, plus vite viendra le côté plaisant d’un mariage. »

Un court instant, Ebenezer sent dans la main de Demelza la crispation de son corps tout entier. Ebenezer a un petit rire étouffé, mais il ne semble pas aussi tendu à l’idée. Il lui faudra moins que ça pour rougir. L’idée de se nourrir de son corps lui semble même particulièrement alléchante. Pour ça il faut encore qu’ils survivent tous les deux à la fatigue de la journée et aux discours incessants des uns et des autres... mais le jeu en vaut la chandelle.

« Nous devrions y aller, en effet. Au plaisir de vous revoir... »

Thémis disparaît presque aussitôt après, laissant Demelza et Ebenezer seuls.
Le silence les englobe, les dévore. Au loin, les rires et les mots volent, mais ne les atteint pas.

« Bien. Dans notre cas, le côté amusant d’un mariage, c’est la vengeance, j’imagine. Dorothea porte une de mes robes, de même qu’Annika et Alys. Elbert a été poliment forcé de porter le noeud papillon assorti aux couleurs de sa soeur, je savais qu’elle ne résisterait pas à la fantaisie : tout est bon pour attirer l’oeil. »
Ebenezer a un sourire en coin, alors qu’elle s’approche, si proche que son souffle caresse son oreille. Il glisse avec une certaine douceur sa main sur sa hanche. La caresse est fugace, vagabonde mais toujours respectueuse.
« Ordonne de serrer et les jumeaux seront forcés de s’éloigner de nous pour pouvoir à nouveau respirer. »
« Tu as tout prévu... »
« Vois cela comme une simple sécurité. Tu es prêt ? Ou tu as encore à faire à l’intérieur ? »

Il la regarde quelques secondes, la jauge de cette hauteur qu’il a comparé à elle. Le haut de sa tête blanche, ses grands yeux bleus. Il a un sourire, alors qu’un instant, l’image d’Elbert s’étranglant à ses pieds lui paraît excitante. La seconde d’après, il a lentement détaché sa main de sa hanche, hochant la tête.

« Rien de plus. Nous devrions nous avancer. Tu... Vas-y en première. Je te suis. »

Comme il est de tradition en Allemagne, l’allée est couverte de pétales de fleurs, symbole de fertilité. Choisis pour certaines par Ebenezer, elles sont rouges et roses. Certaines sont entières, et sont de parfaites lycoris comme on en trouve qu’au Japon. D’autres fois, ceux sont de magnifiques pivoines, ou des renoncules rondes.
De chaque côté de l’allée sacrée, de longs bancs étaient occupés par une grande partie des invités et de la famille. Tous étaient mélangés et regardaient avec impatience l’arrivée du couple béni du jour.

Chez les sorciers allemands, il n’y a pas de prêtre ni de coutume. La tradition est resté très païenne, malgré la grande influence de la chrétienneté sur le Saint-Empire. On se mariait hors d’une église, le plus souvent dans la demeure des futurs époux ou dans le jardin le plus proche de leur future résidence, mais toujours sur un simili-autel fait de bois, de pierre et de fleurs, symboles forts des épreuves, de la maison et des enfants.

Les parents n’accompagnent pas leurs enfants. La femme va en général en première jusqu’à l’autel où elle attend son époux, surplombant d’un regard fier l’assemblée. Elle est la Maîtresse de la Maison, et en cela, elle précède quiconque, même son mari.
Monsieur passe ensuite, rejoignant l’autel avec rien dans les mains qu’un ruban bleu, associé à la fidélité. Il ne le lâchera qu’au moment de passer la porte de la chambre conjugale.

C’est d’ailleurs ce qu’Ebenezer a dans la main alors même que Demelza lui a déjà dit qu’elle ne lui ferait rien promettre de tout ça. C’est une surprise en quelque sorte, un ruban de soie qu’il a sortit de sa poche avant de franchir l’allée de pétales. Personne n’en est surpris, sauf peut-être lui-même.

Une fois l’un face à l’autre, le représentant de l’état magique qui peut parfois être aussi un « prêtre-saint » prend la parole et entamait le grand du rituel. Une baguette magique brandit en face d’eux, ils répètent avec patience et sérieux les mots suivants :

« Es-tu Ebenezer ? » dit le prêtre de cérémonie.

Le prêtre est un homme simple, d’une quarantaine d’années. Il est le représentant du clergé au sein du Saint-Empire. Un homme du nom de Lazare Hohnheim, un homme de grande foi et de peu de plaisir. Ebenezer le sait mesuré, mais il le sait aussi plein d’empathie et compréhensif. Il a un sourire alors qu’il jette un regard à Demelza, le léger voile blanc couvrant son visage poupon.

« Oui je le suis. »

« Alors tu peux réciter tes vœux. »

Les yeux dans les yeux, Ebenezer s’humecte discrètement les lèvres, la gorge un peu serrée. De la baguette jaillit un cordon blanc qui s’enroule autour de leurs bras alors qu’il lui tient fermement l’avant-bras. Leurs deux bras forment un huit parfait, symbole d’infini et d’éternité.

« Toi, Demelza, qui est présente à mes côtés, je serais ton époux aussi longtemps que nous nous aimerons. Je te promets mon amour fidèle mais je te promet aussi protection. Quiconque se dressera contre toi se dressera contre moi, et quiconque se dressera devant moi ploiera car tu me donneras ta force, tu nourriras mon courage et je serais toujours vainqueur pour toi et toi seule. »

Le jeune marié ravale difficilement sa salive. Les vœux sont une chose aussi délicate qu’unique, dont le texte est propre à chacun et signifie bien plus que les invités ne pensent comprendre ou savoir.

Finalement, Lazare se tourne cette fois vers Demelza avec un sourire calme, chaleureux :

« Es-tu Demelza ? »




Oh Darling,
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Nimue
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Demelza
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J'ai 17 ans et je vis en Allemagne dans le Manoir d'Ebenezer von Hohnstedt. Dans la vie, je suis une sorcière et je m'en sors très bien, faisant partie de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma drôle de chance, je serai rapidement mariée et je le vis plutôt avec angoisse.
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C’est si jeune, dix-sept ans. Dix-sept maigres années à fouler le sol, solitaire, et déjà devoir songer à l’abandon. Elle n’aurait jamais cru, Demelza, pouvoir aimer. Se détacher de lui, de sa main et de son souffle, c’est retourner à ses tristes interrogations à l’instant même où rien ne devrait la contrarier, rien ne devrait pouvoir chasser cette drôle de joie qui semble toujours envahir les assemblées lors des mariages. Dix-sept ans et déjà, elle envisage de lier son existence pour de trop courtes années. Elle s’oblige à avancer, à traverser l’allée sans montrer son trouble, sa peur aussi. Elle réalise qu’elle a peur. Elle déteste être scrutée, tous ces yeux envahissant son espace et si elle ne laisse pas deviner ce qui se joue à l’intérieur, contre son coeur tourmenté, ça n’est que parce qu’on lui a appris à rester digne, parce que Themis est là, si droite, la mine sévère. L’a-t-on faite venir pour empêcher la gamine de prendre la fuite au dernier moment ? Diable qu’elle l’envisage. Son estomac se noue de toutes parts et sa gorge se serre ; elle n’y arrivera pas. Le ruban bleu accroche son regard, peint dans les prunelles le pourquoi qu’elle ne peut prononcer. Elle lui a pourtant dit qu’elle ne lui demandait pas fidélité, comment ferait-il si toutes les choses du mariage lui déplaisent ? Comment se déferait-il d’une promesse, lui qui ne paraît pas donner sa parole aisément ? Elle s’inquiète, de ce que ça implique, du côté irréversible de ce qu’ils sont en train de faire et si elle était plus sereine avant de passer la porte vers l’extérieur, elle est à présent la prisonnière de ses questionnements forgés de doutes et de remords. Elle se souvient d’avoir tant pleuré dans la baignoire. « Es-tu Ebenezer ? » Elle pourrait rester cachée derrière le léger voile, n’est-ce pas ? Il ne lui couvre cependant pas assez la vue. « Oui je le suis. » « Alors tu peux réciter tes vœux. » Le contact est chaud, comme si la peau exprimait ce que les mots ne pouvaient dire et si elle n’avait pas épuisé à la dernière crise tous les incendies possibles, sans doute le drame aurait-il été inévitable. Elle inspire, pour rester droite, pour ne pas céder aux caprices de son corps qui la pousse au bord d’un malaise désagréable, difficilement géré. Elle sait que si elle résiste assez longtemps, ça ira, elle retrouvera le calme, la tranquillité assurée. Dix-sept ans, pour prononcer des voeux aussi cruciaux, n’est-ce pas une bêtise ? Ne fait-il pas une erreur ?

« Toi, Demelza, qui est présente à mes côtés, je serais ton époux aussi longtemps que nous nous aimerons. Je te promets mon amour fidèle mais je te promet aussi protection. » Elle penche très légèrement la tête et le froncement presque peiné de ses sourcils suffit à lui rappeler qu’elle ne veut pas lui imposer un serment aussi sacré que la fidélité. C’est à peine si elle est capable de se souvenir de ses propres voeux, les pensées embrouillées, contrariées. « Quiconque se dressera contre toi se dressera contre moi, et quiconque se dressera devant moi ploiera car tu me donneras ta force, tu nourriras mon courage et je serais toujours vainqueur pour toi et toi seule. » Vainqueur, contre des êtres vivants, contre les menaces palpables mais contre le Vide, comment le pourrait-il ? Le condamnerait-elle aussi ? Il avait dû intervenir, avaler la magie, brûler de sa chaleur et elle n’avait rien à offrir en retour. Rien sinon sa peau. « Es-tu Demelza ? »

Le silence. Le mouvement de recul est à peine visible, il est surtout perceptible par Ebenezer, par le contact qu’elle pourrait tenter de rompre, dont elle semble initier la fin, une seconde. C’est de la folie. Elle reste accrochée, pourtant, même si le mutisme est si long qu’on lui demande de confirmer, qu’on la rappelle à la réalité, qu’elle peine à l’affirmer, comme si c’était bloqué dans sa gorge, comme si elle n’allait pas survivre à l’instant. Elle a à peine le souvenir de répondre qu'elle est bien Demelza. Est-ce qu’elle allait réussir à les prononcer, ses voeux ? Est-ce qu’ils auraient du sens ? Elle adapte, finalement, elle se reprend à grand renfort de courage, à grand renfort d’ongles s’imprimant sur le tissu, comme la supplique de ne pas la laisser partir. Elle reprend la parole, s’aligne en accord avec les premiers mots d’Ebenezer, sur un sens bien différent : « Toi, Ebenezer, qui est présent à mes côtés, je serais ton épouse aussi longtemps que tu vivras. Je te jure fidélité et amour comme je te promets assistance, dans la joie aussi bien que dans la peine. Je t’offrirai la chaleur et la confiance nécessaires pour vaincre les obstacles et tu ne seras plus jamais seul, car je serais à jamais ton ombre. » Il y’a peut-être une pointe d’ironie, dans le sourire en coin qu’il est le seul à pouvoir lire, parce qu’il est supposé être la Lumière, parce qu’elle est supposée ne pas briller plus qu’il ne devrait le faire. Parce qu'elle sait ce qui se cache derrière ses beaux yeux. « Par dessus tout, je te fais le serment d’emplir ton existence de rires et ton avenir de sérénité. » Nul doute qu’elle promet ce qu’ils ne pourront avoir, trop consciente qu’elle ne saurait pas lui donner les enfants capable d’emplir leur demeure de rires et de jeux, ils savent pertinemment que leur état causera des larmes et d’innommables souffrances mais dans ses mots, dans le ton soudain serein qu’elle emploie, elle lui fait surtout le serment de tout essayer pour que ce mariage ne finisse pas en tragédie. Dusse-t-elle y laisser la vie.
           

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Sha
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Ebenezer von Hohnstedt
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Mémo

Dialogue : #232169


Il la fixe avec assurance, parce que contrairement à elle, il ne doute plus et il n’a plus vraiment peur de ce que sera demain. Dans son esprit, tous les coups sont joués, les cartes sont rendues. Le jeu est fait, il ne reste plus qu’à observer le château de carte s’écroulait devant eux.
Il sert doucement son bras, comme s’il cherchait à la rassurer, et finalement elle revient à lui, à elle, qu’importe car à ce moment ils ne sont plus qu’un seul être lié par la magie la plus pure et la plus blanche qui soit. Elle éclaire jusqu’au tréfonds de son âme qui tremble un peu plus à chaque fois qui s’extirpe des lèvres de Demelza. C’est plus que son corps qui s’ébranle, c’est son être tout entier, dans son intégralité, qui se retrouve sous les feux païens.
Un court instant, il baisse même les yeux avec une certaine pudeur, une certaine retenue, mais ses joues sont légèrement tintées à lui aussi d’un rose pâle emprunté aux pivoines décoratives.

« Toi, Ebenezer, qui est présent à mes côtés, je serais ton épouse aussi longtemps que tu vivras. Je te jure fidélité et amour comme je te promets assistance, dans la joie aussi bien que dans la peine. Je t’offrirai la chaleur et la confiance nécessaires pour vaincre les obstacles et tu ne seras plus jamais seul, car je serais à jamais ton ombre. »

Il ferme les yeux pour n’entendre que sa voix et seule la sienne dans les remous qui traversent la salle. En Allemagne, on ne se lève pas pour marquer son désaccord avec une union. Ce ne sont pas des choses qui se font, encore moins en présence au premier rang du Prince du Saint-Empire venu célébré le mariage de son meilleur ami.

« Par dessus tout, je te fais le serment d’emplir ton existence de rires et ton avenir de sérénité. »

Touché par ses mots, Ebenezer relève ses yeux clairs sur Demelza et lui sourit, d’un sourire tendre et plein de saveur.
Derrière eux, Lazare a un sourire alors que le lien magique se ressere et s’imprime avec délicatesse et chaleur sur la peau des deux mariés. Chez Ebenezer comme chez Demelza, une fine ligne dorée s’est inscrite au niveau de l’auriculaire droit censé représenté le chemin du “fil du destin”, ligne sacrée chez les sorciers.

« Au regard de la Loi des sorciers, je vous déclare officiellement uni par les liens sacrés du mariage. Au nom du Saint-Empire, fécilitations. »

Alors que l’assemblée se lève comme un seul homme, Ebenezer soulève et écarte calmement le voile qui cachait jusqu’à maintenant le visage pâle de Demelza. Il se penche vers elle, sans la brusquer, et dépose sur ses lèvres un baiser aussi doux que sage. Il se retire quelques secondes plus tard avant de lui attraper la main et se tourner vers l’assemblée qui est comme accrochée aux lèvres du jeune homme.

« Que les réjouissances commencent ! »

Des applaudissements couronnent la cérémonie alors qu’on se presse vers eux pour les saluer comme il est de tradition. On leur signifie volontiers comme “mari et femme”, et non plus comme monsieur et mademoiselle. Chacun donne tantôt une sciure de bois, censée représentée les coups durs de la vie et les encourager à les dépasser, tantôt une pétale de rose qui est censée les encourager à avoir des sentiments amoureux et une fidélité à toute épreuve, tantôt un grain de riz, symbole de la fertilité et des naissances.

Ebenezer, les mains ouvertes, remercie chaque personne qui se presse. Il ne dit rien, hoche la tête, sourit, un “merci” parfois s’échappe. Tout le monde est pressé, aussi, malgré le nombre conséquant des invités, le rituel est vite bouclé et chacun s’entasse autour des serveurs pour se voir servir quelques coupes.

En Allemagne, on ne dérange que très peu le marié et la mariée après la cérémonie, car on sait que c’est très fatiguant pour eux et on a la pudeur de ne pas déranger les émois du premier jour.
Aussi, Demelza et Ebenezer restent quelques longues secondes seul à seul, une fois la dernière pétale offerte. Toujours pour rester traditionnel, Anselm apporte un grand vase de verre soufflé rouge où ils peuvent déposer d’abord la sciure, ensuite les pétales et enfin le riz avant de refermer le-dit bocal et de le ranger à l’intérieur de la maison, le plus proche de la porte d’entrée possible.
Naturellement, car c’est toujours par la grande porte qu’entre les ennuis, et à la vue du bocal et de toutes les bonnes pensées offertes, ils sont ainsi censés être chassés.

« Le plus dur a été fait. » Il a un sourire doux pour Demelza, lui attrapant doucement les doigts. Entre leurs deux peaux, elle peut sentir le satin du ruban bleu qu’il a gardé comme il se doit. « Je suis heureux que tu n’es pas fui. »

Son regard est brillant, plus serpentin peut-être quand il dit ça. Après tout, elle a bien été à quelques secondes prêt capable de rompre le lien éternel censé les unir... Il pourrait douter, ne plus avoir confiance. Au lieu de ça, il affiche un sourire charmant qu’elle seule peut voir.




Oh Darling,
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Nimue
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ft. dove cameron by © EXORDIUM.
Elle se surprend à se perdre contre le baiser doux, le baiser sage. Elle songe à attraper les lèvres, à capturer plus longtemps l’instant pour ne pas avoir à retourner vers cette foule qui l’étouffe, qui l’oppresse même à distance. Les liens sacrés du mariage seraient plus agréables sans la réalité autour, sans le poids qui reste dans un coin de son coeur, qui n’oublie pas qu’à partir de cet instant, il n’y’aurait plus qu’elle, lui et la magie dévorante, loin d’être aussi pure que celle qui les a uni. « Que les réjouissances commencent ! » Demelza est relativement distante, son sourire est une façade commerciale digne des Von Abbetz, digne de celui de son père lorsqu’il devait marchander avec un client pénible ; elle a l’avantage sur lui d’avoir cet air doux, ce visage de poupée délicate. Les symboles s’entassent comme autant de ces espoirs auxquels ils avaient pourtant promis de renoncer. Toutes les politesses du monde s’étalent, tous les remerciements, les regards charmants mais la glace retombe aussitôt qu’elle voit la silhouette d’Elbert qui rôde, qui s’échappe à l’intérieur de la demeure pendant qu’Ebenezer est occupé à être le nouveau marié digne de son rang. Elle envisage de s’extirper de là, pour remettre les idées en place à l’intrus mais elle ne le peut pas, pas alors que la jumelle joue la comédie et félicite, comme il se doit. Société hypocrite. Par chance, ça n’est pas très long, on évite de les saturer de présence étrangère, de les noyer de mornes conversations et ils se retrouvent enfin seul à seul.

« Le plus dur a été fait. » Elle lui laisse le loisir de capturer ses doigts, le satin toujours entre eux, avec sa sacro-sainte promesse. « Je suis heureux que tu n’es pas fui. » A son tour de laisser naître un sourire en coin tandis qu’elle relève ses yeux bleus sur les siens. « Finalement, je n’ai pas juré de ne pas chercher à adoucir tes humeurs. » Référence évidente à ses premiers temps au sein de la demeure, de cette façon qu’il avait eu de la dominer de ses ombres, de papillonner contre sa nuque sans même la connaître. « Suis-je donc à moitié aussi intelligente que tu l’es ? » Taquinerie évidente. Elle ne cherche pas à se défaire de lui, pas plus qu’elle n’a envie de s’éloigner de la sécurité qu’elle trouve en sa présence. « Ce baiser était beaucoup trop sage, même pour moi. » Elle se redresse un peu plus, attrape doucement le col de sa tenue pour l’attirer vers elle, pour capturer sa bouche d’un baiser plus profond, plus ressemblant à ce qu’elle ressent pour lui, pas moins tendre, seulement moins prude, alors même que c’est elle qui tremble à l’idée d’une nuit de noces ; toujours si contradictoire, la gamine. « Il me semble que devenir ta femme fait de cet endroit notre foyer, j’ai donc un premier caprice d’épouse à assouvir. » Elle s’écarte de ces lèvres qu’elle maltraitait toujours de baisers, entre deux affirmations, et ce quand bien même quelqu’un s’avère choqué, cela lui serait égal. On leur a apporté assez de roses et de riz pour qu’ils ne s’en prennent qu’à leurs offrandes, ces gens. « Si tu acceptes de m’excuser quelques instants.. j'ai une surprise à préparer. » C’est un murmure malicieux tandis que déjà, elle s’éloigne, pourtant elle s’arrête et pivote, ce qui fait fluctuer les teintes de la robe semblant attraper chaque nuance de couleur aux alentours, comme autant de rayons de soleil venant frapper l’étrange tissu. « Je ne te fuirai jamais, Ebenezer. Si je ne suis pas là d’ici dix minutes.. ramène-moi. » L’oeil bleu est plus sombre, comme si un orage s’y préparait et le pas plus déterminé que jamais.

…*…


Mildred s’approche d’Ebenezer, avec sa jolie robe qui rappelle si bien celle de Demelza, et tire sur la manche du jeune homme. « Ca veut dire qu’on est de la même famille, maintenant ? » Elle a l’air radieuse, la gamine, bien qu’un peu seule dans un si grand mariage, avec aucun adulte gardant un oeil sur elle pour l’empêcher de s’égarer. « Tu vas avoir des enfants avec Demelza avant de mourir, finalement ? » Elle en parle avec une drôle d’aisance, sans pour autant oublier d’avoir un ton assez doux, assez bas pour n’alerter personne. « Je ne sais pas si c’est une bonne chose, d’avoir des enfants. Grand-mère a l’air de regretter, parfois. » Elle ne sait pas, la fillette, que Themis regrette bien des choses mais certainement pas d’avoir donné la vie, c’est l’éducation qu’elle a transmise, qui lui cause des tourments, les mariages qu’elle a fait nouer à sa progéniture, qui lui causent des tracas. Et même si elle a un verre à la main et qu’elle discute poliment avec les invités venus pour Ebenezer, elle n’en a pas moins un regard sur ce qu’il se passe autour.

…*…

« Je savais que tu viendrais me rejoindre. » Il est fier de lui, Elbert, dans le couloir du premier étage, les bras croisés. Il la détaille, longuement, tandis qu’elle reste muette. Si ses yeux pouvaient tuer, nul doute qu’il serait déjà mort. « Tu trouves aussi que ce type ne vaut pas de ne découvrir les plaisirs qu’avec un seul homme pour le restant de tes jours, n’est-ce pas ? A ce propos, tes voeux étaient touchants, j’y aurais presque cru. » « C’est ta dernière opportunité de fuir. » Le ton est autoritaire, cassant. Elle n’est pas très sûre de savoir feindre d’être à l’aise dans le rôle de l’épouse désireuse de faire respecter quelques règles de politesse élémentaires mais elle sait qu’elle n’aura aucun mal à faire payer son audace à ce goujat de service. Il lui suffit de se laisser faire, de ne pas riposter, de ne pas jouer d’un tour de magie agressif comme elle en crève d’envie. La victoire, c’est de perdre, ce coup-ci, pour de bon.

…*…


« Il y’a un problème. » Le regard s’est tourné instinctivement vers le manoir, le nez relevé indique que Mildred observerait presque le premier étage au travers de l’épaisseur des murs, ce qui n’est pas réellement le cas. C’est l’intuition de la petite qui s’exprime. « Tu le sens aussi, maintenant ? » Maintenant qu’il est marié, qu’il est retenu là par la môme qui n’a fait que répondre à la demande de Demelza, il n’y’a désormais plus aucun doute là-dessus, de distraire le jeune marié.

Elle suffoque déjà, la sorcière, plaquée contre le mur, à l’ombre des regards dans le couloir encore désert, les invités à l’extérieur. Demelza s’oblige à ne pas riposter, parce que si Elbert commet une erreur, un crime impardonnable tel que celui d’abîmer une si jeune femme le jour de ses noces, alors il serait condamné, il pourrait tomber pour d’autres crimes qu’il n’a pas commis et nul n’aurait envie de le croire, nul n’aurait envie de se retourner contre Ebenezer. Elle cherche seulement à le pousser aux fautes, en ne se défendant pas, même si son coeur bat à tout rompre, même si l’urgence est telle que le lien doit déjà faire son oeuvre, trahir l’agression. Elle a dit un mot de trop et il n’a pas pu se contenir, si prévisible, si enclin à attraper les pauvres colombes à la gorge. Elle griffe, en cherchant l’air, sur la main masculine, les yeux fermés. Ca n’est pas la première fois, ça ne devrait pas la choquer pourtant les doigts qui jouent déjà avec les pans de la robe qui noircit à vue d’oeil provoquent un indicible dégoût. Dix minutes, c’est assez pour mourir étouffée ?
           

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Sha
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Ebenezer von Hohnstedt
J'ai 17 ans ans et je vis tout en haut de Feldberg, dans un Manoir qui surplombe la Schwarzwald et Baden Baden, en Allemagne. Dans la vie, je suis un sorcier. Mon sang est celui de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma chance, je suis nouvellement marié et je le vis plutôt pas hyper bien.




Mémo

Dialogue : #232169


Il a un sourire car elle papillonne devant lui. Elle agite ses longs cils, l’observe, le regarde, le détaille. Ebenezer sert davantage la main qui est dans la sienne et penche la tête alors même qu’il se demande comment il en est arrivé là. Par quelle chance a-t-il trouvé une femme capable de le regarder dans les yeux en ayant entraperçu l’intérieur de son âme et la noirceur de sa magie ? Bien sûr, il relativise. Elle ne sait pas tout de lui. Elle en ignore assez pour ne pas être dégoûtée par lui, et même s’il y a dans ses attitudes des relents de meurtre, elle n’a sans doute pas l’âme à torturer. Elle n’a pas l’âme qu’il a lui, de souffler de plaisir à chaque cri qu’il arrache.
Lentement, il ferme les yeux alors qu’elle approche déjà de lui, le laissant presque sans force contre sa bouche. Il y répond cependant, ouvrant à moitié ses paupières devenues lourdes, pour profiter du goût chaud de sa bouche parfumée. Que ne donnerait-il pas pour vivre une seconde de plus accroché à ses lèvres ?
Elle lui ment, il en est certain. Elle a forcément usé de quelques stratagèmes de femme pour l’attendrir au point où sa main ne cherche plus qu’à s’enrouler autour de ses hanches, où ses yeux ne voient plus qu’elle. Elle lui ment, parce qu’il est certain qu’il n’y avait rien en lui quand elle est arrivée, pas la moindre occasion, pas la moindre hésitation. Il inspire profondément, parce qu’il remarque qu’il n’a pas peur du vide en lui. Il a seulement peur de l’avaler toute entière quand elle se tient si proche.
Il comprend ce que sa mère ressentait quand son père l’enlaçait dans ses bras. Il comprend le regard triste qu’elle avait en le regardant, désireuse de capturer ses lèvres, incapable de le faire, la peur lui barrant l’estomac... Et si Demelza mourrait comme Siegfried avant elle ?
Son sourire se fend, se fige sur ses lèvres pâles.

« Il me semble que devenir ta femme fait de cet endroit notre foyer, j’ai donc un premier caprice d’épouse à assouvir. »
« Tout ce que tu veux » souffle-t-il, avec un tout petit sourire pincé, n’arrivant pas à dissimuler les questions qui pointent dans son esprit comme dix milles épines empoisonnées. Autant de frayeur, de peur, de remord.
« Si tu acceptes de m’excuser quelques instants.. j'ai une surprise à préparer. »
Il vit mal la séparation de leurs deux peaux, mais ne dit rien. Il suffit pour lui de la voir dans son champ de vision pour que les choses en lui se calment, se tempèrent. La tempête se rendort, mais le vide s’éveille aussitôt les braises éteintes.
« Je ne te fuirai jamais, Ebenezer. Si je ne suis pas là d’ici dix minutes.. ramène-moi. »

Il hoche la tête, la laissant partir sans un mot. Ebenezer lui a déjà dit, chez les Von Honstedt, on respecte la femme, elle n’est jamais un colibri enfermé dans une cage d’or. Elle est toujours libre et maîtresse, digne et fière du foyer qu’elle bâtit en même temps que son époux.
Quelque chose cloche bien sûr dans la scène alors qu’elle disparaît vers les portes du Manoir où personne n’entrent. Il faut dire que le gros des attractions est en extérieur. Les discussions vont bon train, l’alcool coule à flot et on rit à droite et à gauche. Tout le monde s’amuse, sauf peut-être Ebenezer qui est resté figé sur place. Ses yeux clairs observent la porte, comme si elle pouvait en jaillir la seconde d’après, s’étant ravisée.

Mais les secondes passent, et elle ne réapparaît pas.

Il sert doucement les dents, comme un chien abandonné sur le bord de la route.
Il ne détourne le regard que lorsqu’il sent quelque chose qui tire sur sa manche. Ses yeux terribles se posent sur la petite tête blonde, et voir Mildred ne réussit pas à lui tirer un sourire. Le visage du sorcier est emprunt d’une angoisse inexpliquée et inexplicable. Il est tendu, ça se voit, quand bien même Mildred est charmante et adorable dans sa jolie petite robe qui rappelle au marié sa douce épouse.

« Ça veut dire qu’on est de la même famille, maintenant ? »
« C’est ce que ça veut dire, oui » répond-t-il sur un ton monocorde.
« Tu vas avoir des enfants avec Demelza avant de mourir, finalement ? »

Il ne réagit que peu, ou pas du tout. Au lieu de ça, ses yeux remontent naturellement vers le Manoir. Il ne saurait de toute façon pas répondre sans Demelza. Ce serait cruel de la piéger avec un enfant qu’elle finirait par élever seul, mais ce serait peut-être le seul beau cadeau qui leur survivrait à tous les deux... Elle serait une bonne mère, il n’en doute pas, mais sans lui pour la protéger... Ne disparaîtrait-elle pas elle aussi ?

« Je ne sais pas si c’est une bonne chose, d’avoir des enfants. Grand-mère a l’air de regretter, parfois. »
« J’ignore si c’est une bonne chose ou non. » Les yeux d’Ebenezer retombent sur la petite Mildred, puis il a un sourire en coin. « Mais même si je meurs, elle ne sera pas seule. Je compte sur toi pour t’en occuper. »

C’est peut-être égoïste, peut-être trop adulte pour une si petite fille, mais il s’en fiche. Il n’est pas autre chose qu’un horrible égoïste de toute façon. N’a-t-il pas tout fait pour lui même jusqu’à maintenant ? N’a-t-il pas tuer une cinquantaine de sirènes en dix ans dans le fol espoir d’allonger cette vie trop courte, de nourrir ce corps mourant ? Il a fait le choix de sa propre survie sur celle des autres, sur celle d’innocents qui n’avaient rien demandé, qui avaient sans doute une famille aussi.
Un sale petit égoïste, comme sa mère avant lui, comme quand sa mère ne voulait le garder qu’à elle et elle seule. Quand elle refusait qu’on ne le touche, qu’on ne lui adresse la parole. Quand elle voulait qu’il ne regarde qu’elle, qu’il ne trouve belle que sa silhouette princière. Quand elle aimait l’entendre dire «je t’aime». Que dirait-elle maintenant que son annulaire est ceint, lié à une autre âme que la sienne ?

Son pouls s’agite, mais il met ça sur le compte de tous ses sentiments qui le traversent et le submergent. Sur ses souvenirs qui s’agitent en face de son futur, comme une muraille indestructible. Toutes les choses du passé font ce que tu es aujourd’hui Ebenezer. Tu ne seras jamais ni plus ni moins que ce que tu as choisi d’être.

Qu’est-ce qu’il avait choisi d’être déjà ?

Il fronce les sourcils car sa main picote d’une douleur étrange. Comme si son doigt s’engourdissait.

« Il y’a un problème. »

Silence.
Les yeux d’Ebenezer glissent sur le premier étage, suivant le regard de Mildred. Il n’y a rien au premier étage. Tout est fermé, magiquement. Il l’a demandé à Anselm. Le laboratoire, la fontaine, tout est fermé... Alors pourquoi ?

Il se souvient de ce que lui a dit Demelza. Une «surprise».

Il fronce les sourcils. Un diable lui chuchote à l’oreille : «qu’est-ce qu’elle pourrait bien faire au premier étage, Ebenezer ? qu’y-a-t-il au premier étage ?»
Sa gorge se serre violemment.

« Tu le sens aussi, maintenant ? »

La voix a un rire démoniaque, comme sortie d’outre-tombe : «tu te rends compte maintenant que tout ça n’était qu’une supercherie... tu es devenu lent.»

Le regard qui tombe sur Mildred est terrible. S’il n’avait pas encore une once de lucidité, sans doute que cette main qui se sert à en faire blanchir ses jointures aurait déjà rencontré avec brutalité la joue de la gosse.
Son pas se débloque, lentement, pour ne pas affoler les troupes. Heureusement, personne ne fait attention à lui, ou peut-être pas assez pour se rendre compte que derrière ses mèches noires, ses yeux ont foncé et le bout de ses doigts s’est couvert d’une poisse obscure et chaude. L’odeur est porté par le vent qui souffle de l’autre côté - sur son passage, quelques dames bourgeoises s’offusquent de la pestilence, mais l’on met ça rapidement sur le couvert d’un domestique.

Chaque pas est une douleur, une souffrance, une colère de plus.

La voix s’accroche à son oreille et ricane, de plus en plus fort, à chaque pas qu’il fait.

«Ne t’avais-je pas dit qu’ils finiraient par te trahir ?»
«Ne t’avais-je pas dit qu’il n’y avait que moi pour t’aimer ?»
«Tu le savais. Tu finiras seul, Ebenezer.»


Chaque mot est une épine qui s’enfonce dans sa chair. Il en sent la piqûre profonde, la morsure désagréable. Anselm a suivit les pas de son maître, mais les invités ne veulent pas voir le géant africain, car il les effraie. Alors quand il rejoint Ebenezer dans le grand hall, il lui jette un regard pour lui faire comprendre que personne ne les a suivi.
Un geste de la main suffit à Anselm pour qu’il ferme les grandes portes de la maison, coinçant ainsi à l’intérieur tous les rats qui seraient entrés dans la bâtisse.

Un pas puis un autre, Ebenezer grimpe l’escalier à la vitesse des serpents. Ses avant-bras ont noirci, de même que sa chemise. L’odeur qu’il traîne derrière lui est âcre, mais ce n’est rien comparé à la rage qui bouille en lui.

A chaque pas, il se rend compte que c’est trop. Que c’est trop dur.

L’apparition - qui a reprit ce corps féminin séduisant et maternel - est apparue en haut des escaliers, assise sur la rambarde, laissant apparaître le blanc de ses cuisses. Ebenezer ne les regarde pas, ses yeux sont rivés en face. Il se refuse à la laisser lui faire du mal. Il refuse de l’écouter, de boire son venin pourtant seul le diable sait qu’il lui est difficile de contrôler la noirceur qui se libère en lui.

«Si tu gravis la dernière marche, alors tu verras l’horreur telle que tu ne l’as jamais vu, Ebenezer. Tu verras la trahison. Tu seras la colère. Tu n’auras qu’à les tuer, tous les deux.»

Il ravale sa salive alors que son corps s’est figé sans qu’il ne s’en rende vraiment compte.

L’apparition a un petit rire, parce qu’elle a comprit exactement où frapper. Du bout de ses lèvres rouges sang, elle reprend un octave de plus dans les graves, sifflotant à la façon des serpents : «... tous les deux.»

Les cinq dernières marches sont plus dures à gravir que tout le Mont Golgotha réunit, mais une fois arrivé sur le parvis du premier étage, il sent en lui un second souffle. Les murs ont des oreilles dans ce Manoir, mais les murs ont aussi des yeux. Le fantôme a disparu de la rambarde, mais il est apparu un peu plus loin, dans le couloir, et elle l’attire en ricanant, ses bras ouverts.

«Embrasse-la, embrasse-le, dévore-les !»

Elle rit plus fort, et son rire strident résonne dans son crâne.

Il sert les dents mais avance, lentement, comme il lui coûte de la suivre dans les ténèbres du couloir. Il entend des bruits étouffés très rapidement, des froissements de tissu, des souffles courts. Il inspire plus fort, parce que ça lui demande un effort incroyable de continuer à marcher, à s’enfoncer dans les ténèbres.
Ce ne sont plus seulement ses mains qui sont noires, ni ses avant-bras, mais ses bras entiers. Du sang coule de sa narine en un filet fin, au goutte à goutte ou presque. Pour le moment seulement.

Quand il s’arrête, il distingue enfin les deux silhouettes dans l’obscurité. Il comprend la proximité, il surprend le regard de Demelza. Cependant, il n’est ni suppliant, ni terrifié. Il est seulement surpris.

«Tu dois les interrompre, je crois» chuchote doucement la voix dans un ricanement amusé.

Son cœur se serre. Il se souvient de ça, maintenant, de la douleur que l’on ressent quand on est trahi par les choses. Il se souvient de l’avoir déjà vécu, une fois, il y a longtemps. Pour Lénore. Il sert les poings, une fraction seconde, avant d’abandonner. Tous les remparts tombent, et ses yeux se noircissent, ne laissant qu’un cercle blanc pour toute pupille. Il tend sa main droite en avant et libère la puissance qui arrache à son affaire Elbert. Le corps n’a pas comprit, n’a pas eu le temps réagir, que voilà il glisse sur une dizaine de mètres sur le carrelage noir.

Les jupons de la demoiselle retombent. Il passe devant elle, lui jetant un regard terrifiant, mais ne s’arrête pas et continue sa route. À son arrivée dans le couloir, tous les rideaux de velours sombres se ferment, plongeant entièrement ce dernier dans l’obscurité la plus totale. Une seconde plus tard, les bougies accrochées aux murs s’allument toutes, et derrière eux, enfin, sans laisser de temps à l’un ou l’autre pour fuir, les portes claquent et un cliquetis métallique indique qu’elles sont même fermées à double tour.

Elbert ouvre la bouche, sans doute pour hurler, mais le murmure inaudible qui s’échappe des lèvres du sorcier oblige le nœud papillon à se serrer. Tout ce qui sort de la gorge du malheureux n’est qu’un petit gargouillis avorté.

« Comment oses-tu ? »

Ce n’est plus des mots mais des grognements qui s’échappent de la gorge du sorcier.

Ebenezer avance toujours, main tendue vers Elbert qui ne semble plus être qu’une triste marionnette. Il le dépasse dans le couloir, et Elbert est irrémédiablement traîné derrière lui. Il se débat bien sûr, mais plus il se débat, plus le nœud sert, et plusieurs fois il est pris d’un vertige terrible, rougissant. Une goutte de sang va jusqu’à dégringoler de la commissure de ses yeux alors qu’il regarde Demelza, implorant peut-être, apeuré à coup sûr.

Le sorcier cependant ne s’arrête pas, quand bien même la jeune épouse parlerait, il ne l’écouterait pas. Il avance encore et toujours, Elbert glissant jusque dans les escaliers qu’il emprunte. Chaque marche lui fracasse les côtes, mais ils descendent encore et encore, dans un colimaçon dissimulé au loin derrière deux rideaux et une épaisse tapisserie.

Demelza elle-même n’a jamais pris ce passage.

« Je t’avais pourtant prévenu... je t’avais dit... je t’avais... »

Il marmonne, bafouille, mais rien de ce qu’Ebenezer dit n’est cohérent. Sa gorge s’est couverte d’un voile noire également, alors que le sang qui coule de son nez est plus clair, plus limpide. C’est comme un petit filet qui glisserait, mais dont il se fiche.

Au bout du colimaçon, on trouve le laboratoire. Enfin.

La porte s’ouvre au passage d’Ebenezer qui ne la referme pas, même s’il sait que Demelza va le suivre. À ce moment-là, il ne veut que se libérer, il veut simplement éponger cette colère en lui, cette chose en lui...

Elbert n’en revient pas, comme il se retrouve sur le sol, à moitié étouffé, juste à côté d’un cadavre rongé par les vers de ce qui avait du être une sirène fut une époque. Son ventre est ouvert, mais il n’y a plus rien à l’intérieur qu’une panse ronde et quelques tuyaux, mais aucun boyaux. Il a un relent, mais la nœud papillon est trop serré. Il se débat encore plus fort alors qu’Ebenezer pousse de la table une seconde sirène qui lui semble plus fraîche, mais tout aussi morte. Il comprend alors son traitement.

La carcasse tombe sur le sol et l’éclabousse de reste poisseux et gras. C’en est trop pour Elbert qui se tord et vomit, mais est obligé de régurgiter aussitôt les morceaux les plus gras. Ne sort de sa bouche qu’un liquide écumeux, mélange fin de bile et de tout ce qu’il y avait de plus liquide de son vomi.
Il allaite comme un animal, et Ebenezer le surprend à s’étouffer véritablement.
Il hurle de rire.

« Non ! Non, mon ami ! La mort serait bien trop gentille pour toi ! »

Il chevauche d’un bond les deux cadavres, manquant de glisser et de tomber, mais la souplesse et la détermination le gardent sur ses pieds. Il se penche et d’une main puissante attrape la tête d’Elbert dont les yeux se révulsent, n’arrivant définitivement plus à respirer. Il sort sa baguette et rompt avec une facilité déconcertante l’enchantement du noeud qui tombe sur le sol, rejoint par ailleurs par le ruban de satin bleu.

Ebenezer traîne sans ménagement le fardeau qu’il tient par les cheveux, poussant rageusement du pieds les morceaux peu ragoûtants qui jonchent son bloc opératoire. Arrivé devant une grande bassine, il ouvre le petit robinet juste au dessus et brutalement secoue la tête de son futur patient. Un coup de pieds placé dans le plexus soulève le diapraghme et Elbert se tend pour finalement se plier en deux et recrache aussitôt dans la bassine les morceaux qui s’étaient coincés dans sa gorge serrée.

Il vomit, quelques secondes, quelques instants de trop pour Ebenezer qui n’a plus la patience.

D’un geste brutal, il enfonce la tête d’Elbert sous l’eau.

Une fois, deux fois, trois fois. Chaque fois est courte, brève, mais assez longue pour désorienté le pauvre ère qui hurle. Ebenezer hurle de rire, plus fort encore.

« Cette salle est enchantée. Tu peux bien crier, personne ne n’entendra... »

Elbert ne se fait pas d’illusion. Demelza et Ebenezer disparus de la scène, les invités penseront sans doute qu’ils font «leur petite affaire» dans un coin du Manoir. Qui oserait dans cette Allemagne puritaine jeter un oeil curieux au couple ?
C’est tant mieux pour les affaires du sorcier qui continue le manège de la vie et de la mort, de ce fil qu’il tient entre ses doigts.

Une petite voix au fond de lui lui hurle de ne pas le tuer, qu’il est sa seule chance de s’en sortir. Sa seule chance de tricher aux yeux du Gouvernement. Il est le tribut de Nixe.

Une autre voix, celle de l’apparition, du fantôme qui est apparue sur la table d’opération, ricane entre deux remous dans l’eau.
« Si elle ne veut pas que tu le tues, c’est pour mieux te trahir, mon trésor.. »

Il hurle plus fort, de rage, enfonçant la tête sous l’eau pendant de très longues secondes.

De son nez jaillit du sang comme s’il était lui-même en train de se vider.




Oh Darling,
Darling, What I have done ?
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Nimue
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Tortue



Demelza
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J'ai 17 ans et je vis en Allemagne dans le Manoir d'Ebenezer von Hohnstedt. Dans la vie, je suis une sorcière et je m'en sors très bien, faisant partie de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma drôle de chance, je serai rapidement mariée et je le vis plutôt avec angoisse.
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Mildred : #996284
Amalrich : #434D78
Ulrich : #8A6343




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Il y’a de la surprise dans le regard devenu flou, de constater sa présence. Il y’a l’abandon de la vie qui lui échappe, lentement, quand les lèvres pâles se teintent tristement de l’approche de la Mort. Ca s’échappe d’elle, ça s’arrache de l’enveloppe charnelle qui cesse de lutter, au bord du précipice, l’air manquant aux poumons, l’oxygène ne pouvant plus tracer sa route vers le cerveau qui mélange les informations visuelles ; il n’est pas vraiment là, n’est-ce pas ?

Et le réflexe de survie se réenclenche dés lors que la poigne d’Elbert ne prend plus sur sa gorge, contre laquelle sa propre main tremblante vient se poser, aspirant avec difficulté l’air dont elle a été privée, secouée de réflexes vitaux, d’une incapacité critique à rationaliser la scène. Tout son être est plongé dans une alerte violente qu’elle reçoit de toutes parts, ses jambes manquant ne plus la porter. Elle voudrait parler mais rien ne s’extirpe de sa bouche, elle ne peut qu’observer l’homme glisser sur plusieurs mètres, traîné avec détermination par une puissance à laquelle il ne s’attendait pas. Elle savait, n’est-ce pas ? Elle savait qu’il y’avait un monstre, caché là, derrière les masques et les retenues, il lui avait dit qu’elle n’aurait pas toujours face à elle le même fiancé, le même sorcier. Elle suit. Ses pas avancent sans que l’esprit ne l’ordonne, elle doit y aller, elle doit le rejoindre. Et quand les lourds rideaux tombent, obstruent les ouvertures, la robe termine de se teindre d’une palette de jais qui ne fait que plus encore ressortir la pâleur de la jeune femme. Les bougies ne parviennent pas à replacer des couleurs sur l’ensemble, drôle de cortège un peu mortuaire.

Demelza croise le regard implorant d’Elbert sans qu’elle ne cherche à s’opposer à cette agressivité qui noircit  tout sur son chemin, la moindre lueur de bonheur ou de légèreté, la notion même de pitié qui n’effleure pas la poupée, fantôme errant dans le sillon du garçon blessé au coeur. Elle découvre les lieux, elle aussi, elle ne s’est jamais enfoncée au sein de la demeure, respectueuse de ne pas empiéter sur le domaine d’Ebenezer, se perdant parfois mais sans pousser la curiosité jusqu’au vice des découvertes solitaires. Elle a toujours sa paume plaquée là où l’autre avait encore marqué sa peau rougie. « Je t’avais pourtant prévenu... je t’avais dit... je t’avais… » Ca n’a pas de sens pourtant il y’a une urgence, quelque chose se distille dans ses veines, semble l’engourdir brusquement, déséquilibrer plus encore ses pensées. Il y’a le sang qui coule, aussi, ce mince filet qui allèche les sens, gratte à l’intérieur de sa tête ; et elle pleure, Demelza, sans s’en rendre compte. Elle pleure une souffrance qui n’est pas la sienne, un spectacle qui aurait poussé n’importe quelle personne sensée à fuir. Elle reste dans l’ombre, malgré cela, à demie plongée dans un angle mort, vers l’entrée de cette pièce qui, elle en est sûre, n’aurait jamais dû lui être ouverte. La Faucheuse ici étend son domaine, le mal y grignote tout, inutile de contempler l’état de ces cadavres pour le sentir, car ici, tout vibre pour dévorer la lumière. Tout n’est qu’horreur et douleur. Elle a la nausée, la gamine, elle manque s’effondrer plusieurs fois tandis qu’Elbert régurgite difficilement ce que le noeud coupé a maintenu. Elle est assaillie d’idées contraires qui la tétanisent, spectatrice muette.

La surprise sera gâchée. Elle pense aux jolis dessous si blancs, aux draps délicats, à toutes ces bougies qu’elle avait demandé aux domestiques de placer discrètement dans leur chambre. Elle pleure peut-être la fin de leur bonheur, parce qu’elle voit bien qu’il se laisse dévorer et qu’elle n’y peut rien. « Cette salle est enchantée. Tu peux bien crier, personne ne n’entendra… » Elle cligne des yeux, s’oblige à inspirer, sans prendre la peine d’effacer les perles humides sur ses joues. Elle approche, même si c’est imprudent, même si elle va y laisser sa peau. Elle devrait faire demi-tour, une partie d’elle a peur, l’autre savait à quoi elle s’engageait, bien qu’elle n’aurait jamais pu imaginer à quel point la réalité dépasse toutes les fictions possibles. Elle devrait sauver sa vie mais elle a accepté, alors il vivrait ou tous deux mourraient, pas de solitude possible. La prise se fait ferme, pleine d’assurance, contraste avec le visage si malheureux d’impuissance et elle l’attire, lui dérobe l’improbable, d’un baiser qui n’a pas sa place dans ce décor. Son coeur bat trop fort, sa langue rencontre les saveurs sanguines qui s’échappent de l’enveloppe malmenée par la magie. L’odeur âcre de cette immonde magie, la mort, les chairs abandonnées, rien ne paraît en capacité de lui faire changer d'avis, de l’arrêter. Qu’il l’égorge, tant pis. Qu’il la tue, là, sèchement, qu’importe. Qu’il se sauve lui, surtout. « Je ne te fuirai jamais. » elle le répète, elle veut qu’il l’entende, le ramener à elle. « Ne nous abandonne pas, Ebenezer. » Ne laisse pas tout ça te perdre supplient les grands yeux bleus. Elle a froid, atrocement froid, soudain. « Je t’ai juré fidélité, je n’ai pas trahi ma promesse mais tu sais que je préfèrerais mourir que laisser le monde te condamner.. » Elle n’est pas sûre qu’il entende, qu’il écoute, qu’il veuille encore d’elle. Il y’a peut-être un diable qui murmure sur son épaule et efface ce qu’elle peut bien promettre. « Reviens-moi.. » C’est une supplique et peut-être n’y’a-t-il jamais eu plus d’amour dans ses prunelles qu’à l’instant, pas même dans la baignoire ou dans la chambre durant leur voyage. Elle accepte, même si elle a peur, même si elle a la sensation qu’une part d’elle refuse de se laisser contrôler par sa volonté, s’agite inexplicablement au creux de son ventre tourmenté. « Je n’appartiens qu’à toi. » Et elle craint ce qu’elle s’apprête à dire mais les mots glissent sur sa langue, contre ses lèvres rougies par le sang de celui qui est désormais son mari. « Tu m’avais choisie, viens terminer ce qu’on a commencé. » L’ombre d’un air de défi, au bleu de ses billes qui cherchent à ancrer les siennes. « Tu doutes ? Dévore-moi. » Tue-moi. Qu’il la tue, si cela déchaîne ce qui couvre son corps, ce qui vient l’abîmer, lui donner ces atours terrifiants. « Ou sauve-nous. Mais reste avec moi. Ne me laisse pas. »
           

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Sha
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Ebenezer von Hohnstedt
J'ai 17 ans ans et je vis tout en haut de Feldberg, dans un Manoir qui surplombe la Schwarzwald et Baden Baden, en Allemagne. Dans la vie, je suis un sorcier. Mon sang est celui de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma chance, je suis nouvellement marié et je le vis plutôt pas hyper bien.




Mémo

Dialogue : #232169


Toute cette colère le ronge. Il serait prêt à le tuer si seulement cette main droite voulait bien lui obéir. Si seulement il n’y avait pas cette toute petite voix au fond de lui pour le ramener de temps à autre à la réalité, pour lui murmurer des “si tu le tues, tu auras tout perdu”. La seconde d’après, le second fantôme rit à l’oreille du fils prodige, annonçant d’une voix plus ferme et assurée: “mais voyons, tu as déjà tout perdu”.
Il n’en peut plus de ses hauts-le-coeur, de ses montagnes russes qui lui remuent l’estomac et le coeur. Sa main sévère abat une nouvelle fois la tête d’Elbert dans l’eau, presque évanoui, déjà épuisé. Il ne lui a fallut qu’une dizaine de bains forcés pour avoir l’oeil vaporeux, presque éteint. Il ne voit que ça, du moins jusqu’à que Demelza n’approche.
La voix sur son épaule siffle: “elle approche ! elle va te piéger !”
Mais il ne fait rien.

Il la regarde seulement et grogne, comme si ça lui était douloureux, quand elle attrape avec tendresse son visage. Elle s’approche pour l’embrasser, mais il déteste ce baiser, il le déteste parce qu’il imagine tous les baisers qu’elle a pu donné à Elbert avant qu’il n’arrive, parce qu’il revoit les jupons levés et qu’il y a cette question qui lui brûle les lèvres, qui lui tyrannise le coeur.
Il siffle quand sa langue glisse et récolte son hémoglobine. En pleurs et souillée de son sang, elle allume des choses interdites en lui, des langueurs abominables qu’il fait taire, ses yeux perdus sur ses lèvres rouge sang.

« Je ne te fuirai jamais. Ne nous abandonne pas, Ebenezer. »

La gorge du sorcier est tellement serrée qu’il est incapable répondre, incapable de formuler quelque chose de cohérent. Le voile noir a envahit ses bras, sa gorge, son torse. Il n’est qu’à quelques pas de la fin, qu’à quelque pas de voir son corps entièrement broyé par le vide. À quelques pas de faire l’irréparable erreur de sa vie.
Elbert, à l’autre bout de ses doigts, est évanoui.

« Je t’ai juré fidélité, je n’ai pas trahi ma promesse mais tu sais que je préfèrerais mourir que laisser le monde te condamner.. »

“Menteuse” marmonne la voix à demi-mot, perchée quelque part.
Il ne l’écoute pas cependant, pas cette fois, parce que ses yeux sont dardés sur le visage transi d’amour et de peine de celle qu’il a marié trente minutes plus tôt. Si peu ? Son coeur s’affole un peu dans sa poitrine, mais il a encore du mal à lâcher cette tête qui pèse pourtant dans le creux de sa main, tout comme il a du mal désormais à ne plus regarder qu’elle. Son rayon de lumière.

« Reviens-moi.. »

Il inspire profondément, et cette fois, les mots ont un petit effet. Sa respiration se fait plus calme, mais ses doigts serrent davantage la tête d’Elbert. Faut-il qu’il la lâche aussi ? Il se dit qu’il lui faudrait les deux mains pour la tenir contre lui... Il regarde les sillons humides sur ses joues. Il aimerait pouvoir les lécher.

« Je n’appartiens qu’à toi. Tu m’avais choisie, viens terminer ce qu’on a commencé. »

Ebenezer soupire, car elle est si proche, et à la fois si lointaine. A portée de mains, à portée de lèvres. Il se mord délicatement la lèvre en la regardant, alors que lentement l’obscurité s’effondre en lui, glissant le long de sa peau comme de l’encre qui tomberait au sol. Il y a une petite flaque à ses pieds, mais son sang coule toujours.
Ses yeux s’allument d’une nouvelle folie.

« Tu doutes ? Dévore-moi. Ou sauve-nous. Mais reste avec moi. Ne me laisse pas. »

De nouveau, il inspire, mais cette fois, il peut respirer. Ses bronches ne sont plus douloureuses, sa gorge est ouverte, prête à déverser son venin. Il relâche la tête d’Elbert qui tombe sur le côté, emportée par le poids de son corps inerte mais vivant. Juste épuisé.
Sa main vient lentement rejoindre la gorge de sa fiancée, alors que ses yeux sombres la toisent de toute sa hauteur. Elle lui semblesi petite, si fragile entre ses doigts. Il suffirait de la serrer un petit peu pour lui briser la nuque. Il se rapproche d’elle, ou du moins, comme ils sont déjà l’un contre l’autre, il l’emporte avec elle. Un baiser appuyé sur sa bouche, il goutte à son propre sang, le mélange à sa salive, à sa langue qui excite ses sensations.
Il ne sait pas s’il sera capable de s’arrêter, il ne sait d’ailleurs pas exactement ce qu’il a envie de faire à ce moment, car dans sa tête se mélange ses envies intimes, ses désirs de cannibalisme ou plus largement l’envie de mourir. D’un pas vif, il la coince finalement contre un mur, venant dévorer sa bouche pour effacer la trace imaginaire qu’aurait pu y laisser Elbert. Il lèche tendrement ses joues, pour en récupérer les larmes salées, pour en effacer les sillons humides. Ses doigts s’échappent des hanches de la jeune fille jusqu’à ses flancs, hésitant un moment, prêts à envahir son corsage pour en dévoiler les atours..
La douleur lui barre rapidement l’estomac, coupant tous ses élans. Il s’appuie d’une main contre le mur en lâchant un gémissement de douleur, suivi d’une grimace douloureuse. Il retient vraisemblablement plus encore, comme son visage est tordu mais il ne geint plus.
Ses yeux s’écartent pour la première fois de Demelza et rencontrent aussitôt le corps décrépi et pourri de sa mère. Une hallucination, sans doute, mais elle n’en demeure pas moins terrifiante quand elle le fixe, assise sur la table.
“Tu ne peux pas la trousser contre ce mur ? Allons, montre à maman comment tu es un grand garçon...”
Elle ricane, dévoile ses dents, des vers s’extirpent de sa bouche d’où une odeur putride s’échappe. Il vacille contre le mur, se tient davantage contre sa fiancée, un haut-le-coeur le remuant à son tour. Il ferme les yeux.
“Tue-la Ebenezer. Si tu ne la tues pas, maman va devoir te mettre une fessée !”
Il sert les dents, plus fort, lutte contre l’envie de vomir ou celle de s’effondrer.
Il faut nourrir la bête. Vite.

« La... La malette... »

C’est un petit gémissement qui passe ses lèvres, mais il se contient. Il ne peut rien faire dans cet état. Rien de plus que de jeter un regard à Demelza, suppliant pour la première fois de sa vie.




Oh Darling,
Darling, What I have done ?
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Nimue
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Tortue



Demelza
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J'ai 17 ans et je vis en Allemagne dans le Manoir d'Ebenezer von Hohnstedt. Dans la vie, je suis une sorcière et je m'en sors très bien, faisant partie de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma drôle de chance, je serai rapidement mariée et je le vis plutôt avec angoisse.
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C’est un incendie nouveau qui s’allume, qui dévore le bleu de ses yeux à la saveur de sa langue. Elle n’a pas peur. Elle ne peut pas avoir peur car ça brûle à l’intérieur, comme jamais rien n’avait pu brûler jusque là. Et lorsqu’il la coince contre le mur, qu’il l’emprisonne de son ombre, vient envahir ses joues, quelque chose paraît s’effondrer, une résistance qui se brise comme un mur de verre si fin que les éclats trancheraient tout autour d’eux. C’est un brasier qui vient la dévorer, arrachant un soupir à peine contenu à la créature qui n’a pu que fermer les yeux, absolue reddition, improbable soumission volontaire. Elle oublie Elbert, les pleurs, la peine, le glauque de la situation, elle oublie la mort, la poisse, la magie, il n’y’en a que pour cet amour déraisonnable qui s’étend de son coeur à tout son corps qui semble s’offrir réellement pour la première fois, malgré tous les contacts échangés depuis des semaines. C’est le pire des endroits qu’elle aurait pu trouver, qu’ils auraient pu choisir et pourtant, cela lui est parfaitement égal. Et qu’il meure, le pauvre homme maltraité, qu’il se noie, elle n’a pas un regard à son attention afin de vérifier l’endroit où il a bien pu tomber. Une jambe délicate et féminine vient glisser derrière l’une de celles d’Ebenezer, et dés lors, c’est elle qui tente de l’emprisonner, d’avaler la rage et l’obscurité auxquelles il est en proie. L’innocence pure et délicate lui crève entre les doigts lorsqu’elle laisse remonter ses mains dans le dos du sorcier.

Et l’incendie est soufflé à peine quelques secondes avant qu’il ne pose la paume contre le mur. Le serpent qu’elle paraissait être, prêt à s’enrouler autour de lui, relâche toutes ses prises. Elle pose un regard inquiet sur le visage de celui qu’elle peine encore à penser comme son mari. Il y’a une douleur qu’elle n’ose imaginer sur ses traits. Et sa propre frustration qui gronde, un instant, dans son manque de réactivité - elle a du mal à revenir à la réalité. « La... La malette… » Elle ne se fait pas prier, il ne lui faut pas plus que ce regard pour la faire bouger, pour qu’elle file chercher la mallette aussi vite qu’elle le peut, aussi vite qu’il le lui est possible, sans se prendre les pieds dans cette robe de mariée toujours si lugubre qui l’encombre légèrement. Elle revient, l’aide à glisser contre le mur, à s’asseoir sans heurter violemment le sol. Elle ouvre sans plus réfléchir le contenant qu’elle avait déjà vaguement côtoyé. Dans son dos, une étincelle crépite sur le cadavre décharné de ce qui fut une charmante sirène, autrefois mais elle ne s’en préoccupe pas, elle ne paraît pas souffrir du déclenchement, pas plus que la flamme qui naît ne parvient à s’étaler dans la pièce. « Guide-moi. » C’est un ordre, elle fera ce qu’il faut, pour l’aider, pour lui sauver la vie, quelqu’en soit le prix. « Dis-moi ce qu’il faut faire. » Sa main a attrapé la sienne, diffuse une chaleur rallumée, peut-être par ses sentiments, peut-être par ce qu’elle a écarté de son esprit, ce drôle de désir qu’elle a laissé de côté mais qui n’en a pas moins fait sauter nombre de barrières. « Ebenezer, regarde-moi. Il n’y’a que moi ici, d’accord ? » Elle a bien vu qu’il avait l’air attiré par quelque chose qu’elle est incapable de percevoir et dans le doute, elle préfère le ramener à elle, à eux, à sa survie. Agenouillée près de lui, elle n'attend que ses indications. Et déjà, elle songe à faire venir Anselm, à réclamer son aide pour réparer ce carnage, ramener l'héritier à leur chambre, fermer cet endroit le temps qu'il retrouve des forces, qu'Elbert ne puisse pas s'échapper non plus s'il revenait, par hasard, à lui. Ca se bouscule dans son esprit, ça s'ordonne presque naturellement.
           

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Sha
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Ebenezer von Hohnstedt
J'ai 17 ans ans et je vis tout en haut de Feldberg, dans un Manoir qui surplombe la Schwarzwald et Baden Baden, en Allemagne. Dans la vie, je suis un sorcier. Mon sang est celui de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma chance, je suis nouvellement marié et je le vis plutôt pas hyper bien.




Mémo

Dialogue : #232169


Il souffle lourdement, quelque chose le ronge de l’intérieur mais il ne veut pas l’affoler. Il a dit qu’il survivrait, pour elle. C’est de la faute d’Elbert si tout ça arrive. Ebenezer sait qu’à chaque fois qu’il lâche du leste, la chose gagne du terrain et le dévore de plus en plus. Il respire fort et mal, mais ses yeux sont fixés sur Demelza qui virevolte, ou ce n’est peut-être que dans sa tête ? Elle ressemble à une défunte dans sa robe noire. Il a un rire malade, alors qu’il commence à glisser contre son mur.
Elle arrive à temps pour le faire s’asseoir, et s’il se fait docile, il ne manque pas de la regarder comme s’il aurait pu la dévorer. Il aimerait bien, son corps tout entier le lui réclame, mais il s’en tient à la regarder, subjugué par sa beauté irréaliste.
Il a de la fièvre, il délire un peu, mais ça ne l’empêche pas de la trouver encore plus belle, les joues rayées de larmes, la robe aussi sombre et obscure. Pourquoi est-ce qu’il aime autant ses larmes ? Il doit être malade. Il souffle lourdement, alors qu’elle ouvre la mallette devant lui. Plusieurs fioles, plusieurs couleurs, plusieurs essences.

« Guide-moi. »

Il a du mal à garder la tête sur les épaules, mais il fait cet effort. Ses yeux voient troubles, mais il discerne encore les couleurs, sauf lorsqu’elles se mélangent toutes et forment pendant un court instant un magnifique Monet, sur fond de tragédie à la Bacon.

« Dis-moi ce qu’il faut faire. »

Un petit gémissement plaintif s’échappe de ses lèvres alors qu’il tend la main vers la mallette, mais c’est trop dur, trop dur pour lui. Trop dur de se sauver lui-même.

Que t’es-t-il arrivé, petit homme ?

Le visage est apparu juste en face du sien. Il n’y a là, devant lui, qu’un demi-corps décharné, rongé par les vers, entouré d’un millier de mouche. Ses plaies sont purulentes. Il la regarde, ne fait plus attention à Demelza alors que l’apparition approche ses lèvres coupées et sèches. Il la fixe elle, comme il a l’air de ne regarder que le vague à sa droite. Un frisson désagréable lui remonte l’échine. Il sait que si la chose le touche, elle emportera peut-être avec elle son âme. Peut-être même plus que ça.

Tu veux que maman te fasse un bisous pour que tu fasses de beaux rêves ?

Il ravale sa salive, mais c’est douloureux.
Une voix cependant rompt le silence et le rappelle à lui. Ses yeux s’échappent du regard de la chose, et elle est là, de nouveau face à lui. Il a un sourire béni. Son rayon de lumière.

« Ebenezer, regarde-moi. Il n’y’a que moi ici, d’accord ? »

« La bleue... dans... dans le plexus... »

C’est saccadé, comme si on cherchait à lui voler son souffle. Pas de doute que les doigts qui s’entourent autour de sa gorge sont ceux de la chose qui ricane, encore et encore. Il renifle, parce qu’il n’a jamais plus détesté sa mère que le jour où elle l’avait lâchement abandonné pour s’étendre à jamais aux côtés de son père.
Il se tend, sa respiration se fait plus dur.

D’une main encore noire, il tire sans force sur sa chemise, lui faisant signe qu’il faudra frapper là. Tout près du cœur. C’est le seul moyen de chasser le plus vite possible l’horrible gangrène qui gagne tout son corps désormais.

Le bleu, c’est pour l’essence de sirène...

Anselm le saurait, s’il était là.
Il avait déjà vu.

Mais est-ce qu’il le sauverait... ?





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