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 (E&D) you could be the corpse and i could be the killer

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Nimue
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Demelza
von Abbetz

J'ai 17 ans et je vis à Anzing en Allemagne. Dans la vie, je suis une sorcière et je m'en sors très bien, faisant partie de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma malchance, je serai (trop) rapidement fiancée et je le vis plutôt mal.
Couleur de dialogue #82628E
Mildred : #996284
Amalrich : #434D78
Ulrich : #8A6343




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« Je ne savais pas qu’Elbert Bauer était aussi amoureux que ça de vous, Mademoiselle. » Il n’y’a plus d’ombre où se cacher. Il n’y’a plus de ténèbres pour l’envelopper, il n’y’a que la solitude et toute cette attention sur elle, qui voudrait seulement cesser d’exister, d’être ainsi décortiquée. Elle aurait voulu suivre les pas du sorcier, rester près de lui, où elle a l’impression d’être protégée mais elle n’est pas chez elle, ainsi se trouve-t-elle piégée dans ce salon, face à tous ces yeux trop envahissants. Elle a l’air calme, pourtant. « Ca n’est pas ce que j’appelle de l’amour. » ne peut-elle s’empêcher de répondre. « Son regard seul suffit à me donner l’impression d’être salie. » C’est vrai qu’il avait cette façon de la détailler qui lui donnait la sensation de se faire déshabiller contre son gré, malgré l’assurance dont elle avait fait preuve en croisant sa route ; elle ne tenait pas à réitérer l’expérience, à bien y réfléchir. « Il ne veut que la primeur d’un corps qui ne lui appartiendra jamais. » L’accusation est aussi lourde que palpable et elle est soudain extrêmement sérieuse, soucieuse presque. « Chez les Von Hohnstedt, les femmes ont toujours été bien traitées. Elles sont maîtresses en leur demeure, et ont leur mot à dire pour la vie du couple. » Elle a baissé les yeux, fort mal à l’aise, et s’est rassise à sa place. Pourquoi Ebenezer est-il parti si vite alors que toute cette maison lui obéissait sans un mot ? « La fidélité est un point de voûte de tout couple. Je ne vous raconterais pas une centième fois l’histoire de l’Ange qui aima le premier d’entre nous et qui façonna la famille toute entière, ni même de la grande loi qui veut qu’un Von Hohnstedt n’épouse jamais que par amour. » L’estomac se noue, parce que cette histoire, elle n’aime pas l’entendre, elle lui fait toujours l’effet d’un poids monstrueux sur les épaules, comme si le ciel venait l’écraser afin de tenter de la broyer, pour en éprouver les contours, les intentions ou la valeur. Elle se sent démunie, toute seule. « Je crois que vous commencez à vous apprivoiser, et je serais très désolé si le mariage n’avait pas lieu, car je crois en mes instincts d’ange et je ne pense pas m’être trompé en vous accommodant l’un et l’autre. » Ses doigts grattent machinalement le bandage de sa main, manifestation incontrôlée de son malaise. Eberhard est aussi apaisant que la présence d’Ulrich est pénible. « Je sais dans quoi je m’engage, monsieur. » Les yeux bleus se relèvent doucement, ils croisent ceux de l’oncle avec une insistance toute particulière qui traduit parfaitement ce que sa propre famille ignore. Elle sait qu’Ebenezer n’est pas quelqu’un de commun, qu’il n’est pas forcément évident de vivre à ses côtés, que ce sera difficile, parce qu’il y’a cette chose en lui qui existe plus qu’il ne le faudrait, toute cette noirceur dangereuse. Et si c’était tout l’inverse, s’il débordait de lumière, elle le dirait de la même manière, avec toute la conscience de l’engagement qu’est un mariage dans le monde magique, dans leur société, à ce rang-ci. « Je ne prétends pas connaître beaucoup du domaine des sentiments mais je sais que j’ai du mal à respirer sans Ebenezer, j’ai du mal à me sentir exister sans lui alors j’imagine que c’est un peu cela, d’aimer. » Elle fronce un peu les sourcils parce que ça l’embête, l’homme semble la pousser à dire trop de vérités dont elle n’avait jusque là pas vraiment touché la réalité. Il la pousse à dire ce qu’elle tait, avec une embarrassante sincérité.

« Je suppose donc qu’il s’agit finalement d’un dîner pour fêter nos accords. » Amalrich est calé dans un fauteuil, faisant tourner le liquide ambré dans un verre avec calme et presque désinvolture. Demelza, qui avait encore baissé le nez, le relève. Il lui faut quelques secondes pour intégrer l’information avant qu’un sourire ne vienne peindre ses lèvres. Elle ne le remerciera pas, elle n’y arrive pas, elle lui en veut toujours, quelques part, mais il lui sourit doucement en retour. Ulrich s’agace, lâche vaguement qu’il a besoin d’air et sort de la pièce. A n’en pas douter, il part fumer à l’extérieur pour passer sa contrariété profonde. « Je vous remercie d’être si compréhensif et patient, monsieur Von Hohnstedt. » souffle-t-elle, avant d’ajouter. « Je dois m’éclipser quelques minutes, si vous voulez bien m’excuser. »

Elle s’efface sans précipitation et grimpe d’abord les escaliers, rejoignant la chambre. Elle n’y passe pas plus de cinq minutes avant de redescendre, la robe ayant pris des teintes de neige et les cheveux relevés, quelques bijoux en forme de tout petits papillons multicolores les tenant en place. Elle traverse sans trop d’hésitation quelques pièces, à la recherche du jeune homme, à la recherche de l’ombre rassurante, se laissant guider par ses pieds, sans trop réfléchir. Ca trotte dans sa tête, elle manque du goût de ses lèvres, ce qu’elle tente de chasser péniblement. « Génial, me voilà perdue. » Elle a bifurqué au mauvais endroit, elle ne reconnait pas les zones qu’elle n’a jamais vraiment pris le temps de visiter, passant son temps entre la bibliothèque et la chambre, principalement. Le dialogue avec elle-même n’existe qu’afin de tenter de mieux réfléchir. « J’étais sûre que je devais aller par là.. » Elle soupire, se promet de dormir mieux que cela, plus peut-être, parce que son esprit lui joue des tours. Elle n’aurait pas dû s’en prendre à Ulrich, elle sait que ça la perturbe toujours, qu’elle n’est jamais tout à fait pareille quand son coeur s’affole, quand elle se laisse dompter par ses envies soudaines. Elle ne panique pas, pour autant, attend patiemment en s’appuyant contre un mur ; on finirait bien par la chercher, par la trouver, n’est-ce pas ?           

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Sha
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Ebenezer von Hohnstedt
J'ai 17 ans ans et je vis tout en haut de Feldberg, dans un Manoir qui surplombe la Schwarzwald et Baden Baden, en Allemagne. Dans la vie, je suis un sorcier. Mon sang est celui de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma malchance, je serais prochainement marié et je le vis plutôt de mieux en mieux.




Mémo

Dialogue : #232169


« Je sais dans quoi je m’engage, monsieur. »

Un instant, Eberhard a une expression troublé, pour ne pas dire surpris. Agréablement surpris. Si tel est le cas, si ce qu’elle dit est aussi lourd de sens qu’il ne le croit, alors oui, c’est agréablement surprenant de la voir si farouchement attaché à lui. Ce serait presque de l’amour. L’idée le fait sourire mais il ne répond rien, si ce n’est un hochement respectueux de la tête.  Ils se sont compris, et c’est l’essentiel.

« Je ne prétends pas connaître beaucoup du domaine des sentiments mais je sais que j’ai du mal à respirer sans Ebenezer, j’ai du mal à me sentir exister sans lui alors j’imagine que c’est un peu cela, d’aimer. »

Un sourire tendre se forme sur le visage de l’oncle-ange. Il n’y a plus rien de divin ou de royal dans son sang, mais ses yeux ont toute la pureté des regards angéliques. Il est chaud, protecteur. Eberhard fait partit de ses anges qu’on ne veut pas croiser, mais dont on a besoin. Souvent ses décisions ont été critiquées mais elles ont toujours été justes par la suite. Il a lu dans le cœur des hommes la vanité et l’avarice. Il lit à ce moment dans le myocarde de Demelza une étincelle chaleureuse et aimante.

Sa main glisse dans ses cheveux blonds, repousse cette mèche trop impertinente. Il se fait enfin la réflexion qu’il n’a jamais joué un si beau jeu sur table. Tout s’imbrique pour le moment. Le château de carte est fragile et son équilibre ne tient qu’à peu de chose, mais une fois qu’il sera construit et terminé, plus rien ne saurait l’ébranler.

« Je suppose donc qu’il s’agit finalement d’un dîner pour fêter nos accords. »
« Ça me semble être une excellente idée. »

Le ton d’Eberhard est joyeux, presque chantant. Il y a toujours un peu de retenu chez lui, principalement à cause de son éducation, mais surtout à cause de sa fausse modestie qu’il tient de son propre père.

« Je vous remercie d’être si compréhensif et patient, monsieur Von Hohnstedt. »
« Voilà des vertus qu’il faut toujours prendre soin de cultiver. »

Les yeux bleus saisissant de clarté se dardent un instant sur Ulrich, mais son sourire amoindri la pique. Mieux que ça, il l’enrobe, le sucre de miel délicat. Difficile de mal le prendre, sauf pour qui se pique d’un orgueil démesuré.

« Je dois m’éclipser quelques minutes, si vous voulez bien m’excuser. »
« Je vous en prie » il hoche la tête face à l’infante.

Elle est aussi délicate qu’Almarich l’a voulu. Elle ne pouvait que plaire à Ebenezer, et en même temps, l’éloigner de l’image de Lenore. Petit à petit, elle disparaîtra comme une tâche qui n’aura jamais existée. Il finira par ne plus souffrir. Peut-être même qu’il finira par guérir. Les choses sont encore trop tôt pour être fixées.

Calmement, Eberhard tourne son visage vers Almarich, avec un sourire avenant.

« Vos affaires sont-elles toujours aussi florissantes ? »

Son ton laisse à croire qu’il s’y intéresse sincèrement, plus qu’il n’ait envie de faire la conversation.



« Je ne veux aucun accroc, Anselm. »

Le géant africain le regarde du coin de l’œil. Son visage n’exprime aucune émotion, pas même de la peur ou du respect. Tout au plus il se demande ce qui pousse le Maître lui-même à se déplacer pour donner ses ordres. Il ne posera aucune question – ce n’est pas comme s’il pouvait de toute façon.

« Que la table soit mise et qu’on serve notre jeune invitée en première de quelque chose de bon et de raffiné. »

La cuisinière hoche la tête alors que derrière elle, son commis deux fois plus petite et plus maigre, attrape d’une main rapide et agile tout ce qui pourra lui servir. C’est un branle bat de combat dans les cuisines. On s’y agite comme possédé par quelques diables, comme si le fouet menaçait de leur frapper la croupe.
C’est différent des autres fois pourtant, car Ebenezer est d’un calme impénétrable. Ses  yeux guettent, de longues secondes, le va et vient incessant de ses esclaves. Ce n’est qu’un prétexte pour ne pas y retourner, pour calmer cette crevasse qui s’est créé dans son estomac, cette colère qui a bien failli le saisir tout entier quand on le menaçait de lui enlever ce pour quoi il avait décidé de faire des efforts. De s’améliorer.

Au bout de longues minutes, alors que la table commence à se dresser, il finit par se dire qu’il doit y retourner. Ne serais-ce que pour Demelza.

Il sort des cuisines, se dirige vers le petit salon mais Anselm l’interrompt. Dans l’obscurité des couloirs, il pointe une direction, un carrefour obscur où il n’y a jamais personne. Ebenezer passe devant lui, lui demande de garder également l’entrée. En guet obéïssant, le géant croise les bras derrière son dos et gonfle si bien le torse qu’un monstre aurait bien eu des réticences à lui demander de passer.
Il faut faire quelques pas de plus pour apercevoir la tête blonde qui se cache entre deux colonnes de marbre noir. Ebenezer a un sourire en la voyant, et il s’approche à pas léger et discret, étouffant par sa lenteur le claquement de ses chaussures sur le sol. Elle est jolie comme ça, avec cette robe claire, avec ses cheveux relevés, même s’il les préfère fougueux et relâchés.

« Miss bon Abbetz » commence-t-il, dans un superbe anglais. Sa voix siffle de la même façon que celle des serpents. « Ne t’ai-je pas déjà dit qu’il est dangereux de se perdre dans ce Manoir ? Qui sait quel genre de monstre peux-tu croiser dans les ténèbres… »

Il a un petit sourire, amusé, carnassier, un peu effrayant aussi. Il s’est arrêté juste devant elle. Il la surplombe, la couve de son regard qui la détaille. Il est si proche, et à la fois si loin. Il n’a qu’une envie, c’est de sentir son contact, sa peau, sa chaleur. Si douce, si rassurante.

« Tu te cachais ? »

Ce n’est qu’un murmure. Un simple murmure qui se perd entre eux.




Oh Darling,
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Nimue
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Elle a fermé les yeux, en attendant un signe de vie, appuyée contre le mur, les bras croisés. « Miss Von Abbetz » Elle ouvre les yeux, calmement. Il n’y’a pas eu de sursaut, comme si elle savait qu’il viendrait, comme si elle en avait la tranquille certitude. « Ne t’ai-je pas déjà dit qu’il est dangereux de se perdre dans ce Manoir ? Qui sait quel genre de monstre peux-tu croiser dans les ténèbres… » Elle a un petit sourire malicieux, qui s’accroche naturellement à ses lèvres. « Le mien. » Ca ne souffre absolument aucun doute, aucune crainte qu’on le lui arrache. Elle n’a plus l’air en proie à la langueur malheureuse ou au dégoût terrible qui s’était emparé d’elle, dans le salon. « Tu te cachais ? » « Je te cherchais. Il y’avait trop de lumière, là-bas. » Trop d’attention sur elle, trop de regards, même s’ils n’étaient pas malveillants. Elle s’était habituée à l’isolement du manoir, au silence et à n’être presque que deux, cela lui convenait même s’il semblait qu’on veuille la pousser à participer à autant de réceptions et de mondanité que ses ‘amies’, pour tromper une solitude qu’elle ne ressentait pas. « Je trouve qu’il n’y’a pas eu trop de casse. » souffle-t-elle en faisant un pas vers lui. « Et par chance, tu m’avais déjà privé de presque toutes mes allumettes. » Délicieuse métaphore de la poupée dévorée. Les doigts de la main qui n’est pas blessée viennent chercher l’une des siennes, doucement. Elle songe bien qu’ils devraient réapparaître, que les invités allaient se poser des questions mais elle n’a pas très envie d’écouter la raison. Qui sait ce qu’il se serait passé si Ulrich n’était pas déjà venu leur rendre visite, si elle n’avait pas déjà déversé trop de ses jolies étincelles au beau milieu du hall ? Elle a encore le goût des cendres imaginées sur la langue, les gouttes de sang dans le myocarde.

Ses lèvres s’accrochent aux siennes, tendrement. « Je n’aime pas lorsque tu me prives de ton ombre.. » C’est un souffle contre sa bouche, qu’elle ose capturer sans demander l’autorisation, sans fuir son regard. La main envahit la nuque, caresse presque la peau. « Ton oncle ne dit pas tout, n’est-ce pas ? » Elle revient s’appuyer contre le mur, l’entraînant avec elle dans le confort de la pénombre, loin de l’agitation de la demeure. Si elle a un peu la sensation de voler l’instant, elle n’en paraît pas se sentir coupable pour autant. « Toute cette clarté et ce calcul, en une seule personne, c’est fascinant. » Il faut forcément être calculateur pour en venir à cette situation, à l’improbable accord de deux familles dont le niveau social n’est pas équitable. Il y’avait de bien meilleurs partis pour Ebenezer et Demelza ne pouvait que s’interroger sur la réelle raison qui le poussait à tenir à cette union plutôt que de chercher la facilité. Elle ne croit pas vraiment qu’il s’agisse d’amour, on leur a imposé de coexister et ça l’intrigue - bien qu’elle n’ait plus envie de s’en plaindre. « Sommes-nous vraiment forcés d’y retourner ? » Elle offre une petite moue, entre l’air boudeur et la malice. Ils pourraient rester là, les oublier, non ? Bien sûr que non, elle le sait, ce serait gâcher les chances alors qu’ils sont proches de survivre à cette soirée.

Elle se défait de lui, à regrets, se détache pour rejoindre le salon mais s’arrête à peine le premier pas effectué : « Oh, Ebenezer. Je suis allergique à la pistache. » Elle esquisse un sourire un peu embêté parce qu’elle lui donne cette information affreusement tard, après tout ce temps passé entre ces murs. Non que ce soit un ingrédient utilisé à outrance mais le raffinement des plats implique parfois quelques touches d’esthétique ou d’audace. « Il faudra peut-être en informer les cuisines mais je ne les ai pas trouvé. »           

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Sha
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Ebenezer von Hohnstedt
J'ai 17 ans ans et je vis tout en haut de Feldberg, dans un Manoir qui surplombe la Schwarzwald et Baden Baden, en Allemagne. Dans la vie, je suis un sorcier. Mon sang est celui de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma malchance, je serais prochainement marié et je le vis plutôt de mieux en mieux.




Mémo

Dialogue : #232169


« Le mien. »

Le frisson qui lui remonte l’échine est à la fois agréable et douloureux. Le sourire inscrit sur son visage ne souffre pas cependant, il reste parfait, égal à lui-même, dévorant. Le sien. Son monstre à elle. Il a l’impression de sentir la laisse se nouer autour de sa gorge, mais elle ne le serre pas. Tout au plus elle le caresse d’une façon inédite, elle le titille. Elle l’aguiche avec ses yeux de biche, si sûre d’elle. Il s’approche d’un pas lent mais l’air est sensuel.

« Tu te cachais ? »

« Je te cherchais. Il y’avait trop de lumière, là-bas. »

Il a un petit rire. Il est vrai qu’Eberhard n’a jamais été très sobre. Même quand il le voulait, son sang d’ange faisait toujours apparaître certaines choses, certains traits de caractère irrépressible, comme le profond sentiment d’injustice ou plus généralement l’envie d’aider son prochain. Ebenezer n’aimait pas particulièrement son oncle, mais il ne pouvait pas lui retirer qu’il était quelqu’un de profondément bon. Une âme comme la sienne était bien rare à leur siècle.

« Je trouve qu’il n’y’a pas eu trop de casse. »

« Nous avons visés juste, sans avoir besoin de jouer de nos atouts cachés… » Il a un sourire alors qu’elle s’approche. Ses yeux ne la quittent pas. Valse dangereuse.

« Et par chance, tu m’avais déjà privé de presque toutes mes allumettes. »

« J’aime mieux que tu les allumes contre moi, que tu les frottes contre mes os… »

Le regard d’Ebenezer est profond. Le violet surgit à l’idée des braises, embarrasse le bleu profond, s’y mêle comme elle mêle ses doigts aux siens. Il a envie de fondre en elle, sur elle. De saisir la chance sur ses lèvres, de goûter à la tentation. Ce serait dangereux de se laisser tenter, surtout au milieu du couloir, avec ou sans Anselm.
Sa gorge se serre alors qu’elle approche, créature dangereuse. Il la regarde faire, jusqu’à qu’il doive tendre un peu de la gorge pour la laisser l’embrasser. Il a un sourire plaisant, même si ce n’est pas assez. Il reste encore là, à ses lèvres, à ses yeux, les griffes enfoncés dans son corps.

« Je n’aime pas lorsque tu me prives de ton ombre.. »

Il souffre de sa bouche contre la sienne, de la brûlure de sa main sur sa nuque. Ses doigts se perdent, affolés, sur la chute de ses hanches, dans le creux de ses flancs. Il gronde tout bas, alors qu’elle le quitte. Ça fait tout de suite froid sur sa bouche. C’est désagréable.

« Ne me prive pas de ta chaleur… »

Il le souffle, et s’accroche de nouveau à elle, embrassant d’abord sa joue, puis de nouveau sa bouche. Il n’y résiste pas, il aimerait la dévorer si ça lui était possible. Il pourrait ? Il pourrait le faire, l’engloutir à tout jamais, qu’elle ne soit jamais qu’une luciole piégée dans une lanterne froide et morne. Ce serait horrible, et si plaisant. Il ferme les yeux, comme pour chasser les vilains desseins qui remplissent son cœur désireux.

« Ton oncle ne dit pas tout, n’est-ce pas ? »

Il se laisse embarquer, même s’il se surprend à ne pas comprendre. Il pose une main juste au-dessus de sa tête, la couvrant parfaitement de son ombre comme il se penche et ne laisse plus aucune échappatoire à la jeune femme.

« Toute cette clarté et ce calcul, en une seule personne, c’est fascinant. »

« C’est le sang des anges » murmure-t-il, finalement peu surpris, « il sait les choses sans les voir, et délie les vérités des mensonges en regardant dans le cœur des hommes et des femmes. »

S’il avait été présent un peu plus tôt, il aurait sans doute pu lire combien son neveu était sérieux dans sa relation avec Demelza, qu’il tenait véritablement à elle et comptait bien la protéger.
Il se serait dit que le petit garçon qui se cachait dans les jupes de Lenore Grey n’avait finalement qu’à peine changé. En mieux, certainement, comme il avait pris un peu de l’impétuosité de son grand-frère, comme il avait tout le charisme des Von Hohnstedt avant lui.

« Sommes-nous vraiment forcés d’y retourner ? »

Il a un petit rire, parce qu’elle est adorable dans ses caprices d’enfant qui la rend si aimable. Il finit par baiser ses joues en lui tenant le menton, comme on ferait à un bambin quand on cherche à lui dévorer les pommettes.

« Bien sûr que oui. Mais bientôt nous ne serons plus forcés à rien que de se garder l’un l’autre. »

Il croise ses yeux et se recule. Au même moment, elle se détache et alors qu’il va pour la suivre, elle reprend et il s’arrête dans la seconde :

« Oh, Ebenezer. Je suis allergique à la pistache. »

« Oh. »

« Il faudra peut-être en informer les cuisines mais je ne les ai pas trouvé. »

« Elles sont juste… à côté. »

Dans la semi-pénombre, elle lui paraît irréaliste. Il ne s’en était pas rendu compte quand elle était arrivée la première fois, mais ses cheveux sont comme cent fils du diable prêt à l’ensevelir, à l’attacher, lui le fou, l’acharné. Il ravale sa salive et finalement attrape sa main du bout de ses doigts, d’un air plus sérieux.

« Allons-y. »

Il ouvre la marche mais ne lâche jamais sa main, même quand elle n’est plus à sa hauteur, même quand elle ne cherche qu’à disparaître derrière lui.

Il ne leur faut que quelques minutes pour arriver devant les portes ouvertes du salon. Le couloir vient d’ailleurs de s’illuminer, une bougie par une bougie, alors qu’Anselm traîne sur les talons de son Maître, à une bonne dizaine de mètres derrière lui.
Eberhard semble en pleine discussion avec Almarich, mais il suspend sa phrase au moment où son neveu est de nouveau dans la lumière.

« Pardonnez mon retard. Les cuisines ont fini de préparer la table pour Miss Merriwick. Nous pourrons dîner dans la foulée si cela convient à tout le monde. »

Le regard clair du jeune homme balaye la pièce avec un sourire aimable.




Oh Darling,
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Nimue
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Mildred : #996284
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Ulrich : #8A6343




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Elle n’a pas envie d’être privée de lui, de ses doigts qui se perdent, errent sur elle, enivrant son regard, ravivant un incendie différent - ça lui fait un peu peur, quand elle le sent, quand elle perçoit les nuances. Elle voudrait qu’il l’avale, qu’il étouffe, peut-être qu’il la dévore. Ce serait facile, elle paraît si fragile entre ses bras. Il faut s’en défaire, pour ne pas fondre, il faut s’éloigner, par convenance ; ça creuse un vide, dans son coeur, qui s’accroche à son souffle momentanément un peu plus court, à ses joues un peu rose. Elle a besoin de quelques secondes pour reprendre contenance et le suivre.

Le repas se fait finalement dans une ambiance agréable, même si Ulrich darde sur Ebenezer un oeil plein d’amertume et de reproche, comme s’il le fusillait chaque fois que les doigts de sa soeur venaient frôler ceux du sorcier. A un moment, cela a même ressemblé à de la provocation, quand elle est venue remettre en place une mèche brune un peu rebelle. Et puis Mildred a repointé son nez, alors qu’elle était retournée jouer avec la mallette et ses trésors, elle est venue tirer sur la manche d’Ebenezer en l’observant de ses grands yeux couleur d’océan. « Dites, monsieur… ? Est-ce que je pourrais venir au mariage, moi aussi ? » Elle a cette façon de faire qui ferait tomber le monde à ses pieds, la gamine, avec cette innocence toute lumineuse mais cette persuasion qui promettait d’être terrible pour les hommes de son avenir. Peut-être qu’elle a croisé le regard d’Anselm, que c’est ce qui l’a poussée à se glisser derrière le jeune homme, entre lui et Demelza, offrant un bien drôle de tableau à l’oeil d’Amalrich qui a perçu la scène. « Bien sûr, que tu pourras venir. Qui va m’aider avec la robe, sinon ? » Le sourire s’allume d’enthousiasme. « Tu vas me faire une robe aussi ? » Ulrich semble s’affoler intérieurement, se tendre plus encore, espérant qu’elle n’ose pas. L’intéressée hoche la tête, pourtant. « Demelza.. » souffle le frère, mais elle l’ignore superbement.

…*…


C’est un peu le chaos, dans la pièce, il y’a des tissus un peu partout, des ébauches, des carnets ouverts, des croquis, et au centre, ce qui semble être un mannequin de bois habilement couvert d’un draps blanc ne laissant rien deviner de ce qui se trouve dessous. Près de Demelza, une version miniature, à la taille d’un enfant. La sorcière a les bras croisés, l’air sceptique, devant la petite robe aux teintes de pastel : le tissu attrape la lumière, semble changer de teinte selon la manière dont les rayons du soleil frappent dessus. Elle ignore si la magie appliquée dessus est assez stable et ça l’inquiète un peu, elle ne voudrait pas que Mildred se retrouve à son tour victime d’un revers dramatique. Rien n’est venu perturber le travail, pourtant, sinon le calendrier qui défilait trop vite, sinon l’impression d’avoir tout à faire et trop peu de marge de manoeuvre. Elle est décoiffée, les cheveux blonds sont éparpillés dans son dos, quelques mèches mordent son visage et sur le blanc de sa jupe, il y’a des traces de couleurs, des marques de peinture et de crayons. Elle a l’air d’avoir fait la guerre à ses propres idées. Elle n’est pas parvenue à dormir, surtout, pas plus d’une heure, toute retournée qu’elle est à l’intérieur. Cela fait des jours que ça dure, qu’elle n’a plus sommeil, qu’elle cherche la perfection impossible : ça a fait sourire Amalrich quand il a ramené Mildred pour un premier essayage, parce que sa fille ressemblait terriblement à sa défunte épouse dans les mêmes circonstances.           

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Sha
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Ebenezer von Hohnstedt
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Mémo

Dialogue : #232169


Dans l’encadrement de la porte, il l’observe dans un silence religieux. Elle est si concentrée, si absorbée par la tâche qu’elle ne le voit pas ni même ne le devine. Il s’en réjouit dans le fond, un sourire accroché à son visage alors que ses yeux décortiquent les courbes de la jeune femme, le rebondis de sa robe qui la sied à merveilles ou encore juste le fouillis de ses cheveux clairs.

Il la trouve belle. De plus en plus belle, chaque jour, chaque seconde.

Son bras lui fait mal, mais il refuse de se soumettre aux envies de ce corps impur. Il préfère placer ses inquiétudes dans la fatigue de la jeune femme, couvé d’un regard protecteur l’étrange duo. L’image de cette petite fille aux côtés de Demelza le laisse rêveur. Il imagine. Il projette. Une fois qu’il aura disparu, que restera-t-il à la jeune femme qu’une atroce solitude ? Il se demande quelques instants si lui faire un enfant est encore possible avec ce corps. Si lui faire un enfant ce serait comme lui faire un dernier cadeau avant de s’éteindre.
C’est égoïste, c’est ce qu’elle lui dirait si elle l’écoutait, si elle devinait. Elle le refuserait, parce qu’elle aurait trop peur de lui faire du mal, mais un enfant ne serait-il pas un second Mildred ? Plus attachant ? De son propre sang ?

Il ferme les yeux, quelques secondes, avant d’entrer véritablement dans la pièce.
La lumière qui balaye l’étage est chaude, chaleureuse. Derrière Ebenezer traîne une cape sombre qui décore ses épaules comme celles d’un prince. Il était partit toute la matinée. Il l’a laissé seule et devine à son regard chamboulé quand elle le voit qu’elle n’a pas dormi. Pas assez dormi.
Il a un petit sourire pour Mildred mais sa main se tend naturellement vers sa promise en premier. Il dépose un baiser sur son front, fatigué et rompu par la route. Le Feldsberg est définitivement bien protégé de par sa position et les sentiers escarpés qui l’entourent.

« Tu as l’air épuisé. »

Il ne la gronde pas – tout au plus il s’inquiète. Sa main s’est glissée sur son flanc, dans une caresse toute pleine de tendresse. Il lui proposerait bien d’aller s’allonger et dormir un peu, mais alors Mildred se retrouverait seule. La petite chose est dans le chemin, mais Ebenezer, pour une rare fois, le supporte bien. C’est un obstacle agréable à vivre, bien que pleine d’énergie.
Il n’y a hélas personne pour véritablement la garder en leur absence au sein du Manoir. Personne qui n’aurait au moins une langue pour répondre à ses questions d’enfant.

« Une sieste, peut-être ? Vous avez l’air toutes les deux de vous être battues toute la journée contre le tissu. »




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Nimue
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Demelza
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J'ai 17 ans et je vis en Allemagne dans le Manoir d'Ebenezer von Hohnstedt. Dans la vie, je suis une sorcière et je m'en sors très bien, faisant partie de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma drôle de chance, je serai rapidement mariée et je le vis plutôt avec angoisse.
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Mildred : #996284
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Demelza se laisse aller plus facilement à la tendresse et, à vrai dire, dans son état il ne lui reste plus aucune barrière, c’est peut-être pour cela qu’elle est si naturelle avec la petite. « Une sieste, peut-être ? Vous avez l’air toutes les deux de vous être battues toute la journée contre le tissu. » Un petit rire s’envole, contre le cou d’Ebenezer contre lequel elle se cache une seconde. « Je n’ai pas le temps. » Mildred, qui était jusque là absorbée par la contemplation de la robe sur le mannequin de bois parfaitement identique à ses proportions a décroché les yeux du jeu de lumière pour observer l’étrange couple. Elle a gardé le silence de longues minutes, contemplative. « Tu vas mourir très jeune, n’est-ce pas ? » Ca tombe avec la légèreté d’une plume. « Et Demelza sera toute seule. » La seule que ça n’avait visiblement pas effleuré, c’est la blonde entre les bras du sorcier, brusquement secouée. Elle avait simplement oublié, mis de côté l’information, préférant se dire qu’elle le soignerait longtemps, qu’il y’aurait des hauts et de très bas. « Tu la regardes comme ma maman regardait mon papa. » explique-t-elle, parce que cela paraît étrange à son âge, comme discours.

Ca paraît bouleverser la fiancée, l’arracher de ses préoccupations frénétiques et la couler, fatalement. Elle se sent stupide, de s’être attachée à tout ça, de s’être accrochée aux conventions, aux normes, au mariage, si ça n’était rien que gâcher du temps, perdre des instants avec lui. Une vague de chaleur la traverse et elle sort de la pièce sans un mot, d’un pas rapide qui la mène jusqu’à la salle de bains de leur chambre. Mildred fait une moue désolée à l’attention d’Ebenezer et attrape un carnet avec des crayons. « Je suis assez grande pour me garder toute seule. Je suis désolée, je croyais qu’elle savait. » Elle ne risque rien, dans cette pièce, elle ne s’envolera pas, ses billes claires promettent d’être sage.

Les vêtements s’étalent ici et là dans la salle de bains, abandonnés sans considération : elle s’est coulée dans l’eau comme une urgence, une nécessité, enfouissant sa tête sous la surface, le temps de se calmer, de reprendre contenance. Que va-t-elle devenir, si la seule raison d’avancer qu’elle possède disparaît ? Un jour, ils reviendront l’enfermer dans une tour d’ivoire, une où elle ne serait pas libre, comme avant et puis ils finiraient par la remarier, parce qu’elle serait trop jeune, parce qu’elle aurait encore toute une vie pour une famille, un autre homme, des enfants dont elle ne voudrait pas.

Elle sent l’angoisse l’étouffer, même quand elle remonte à la surface, ça la fait tousser un peu. Ses mains viennent ramener ses cheveux en arrière, nerveusement. Elle a envie de pleurer mais elle n’y arrive pas. « Tu peux pas partir sans moi. » C’est presque une supplique : il ne peut pas l’abandonner, plus maintenant, pas alors que son coeur s’est attaché. Ca crépite dans ses yeux, comme si les larmes coincées s’étaient muées en flammes sombres. « Je me sens.. je me sens pas bien.. » La peur irrépressible se mêle à l’épuisement et c’est peut-être la première qu’elle est profondément vulnérable devant lui, plus encore que lorsque c’est seulement la magie qui déraille, plus que quand c’est le feu qui dévore. « Ce sont les épouses qui meurent, dans ma famille. » souffle-t-elle. Elle préfère que ce soit elle, la sacrifiée. Il y’avait toujours des tragédies, chez les Merriwick, des accidents, comme une malédiction qui traine à laquelle seule la grand-mère avait semblé réchappé. Est-ce qu’être une Von Abbetz veuve valait mieux qu’être la fille d’Ophélia, morte ? « Trouve une solution.. il doit bien y avoir une solution.. »           

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Sha
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Ebenezer von Hohnstedt
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Mémo

Dialogue : #232169


Il a un petit rire, ne s’attendant pas à ce qu’elle le rejoigne. Il ne le lui reproche pas cependant. Il comprend et va pour se retirer, mais l’infante qui le fixe sort de sa contemplation du bonheur éphémère pour percer l’abcès invisible et indolore.

« Tu vas mourir très jeune, n’est-ce pas ? »

Sur le moment, il se fige comme un animal pris dans les phares d’une voiture, ébloui par la vérité qui ne l’avait pas encore vraiment frappé. Il est certainement au courant qu’il mourra tôt ou tard. Que oui, bien sûr, ce cœur trop faible et trop lâche finira pas le quitter. Il s’arrêtera, englouti par le vide qui jusqu’à maintenant l’avait seulement rongé.

Il sait exactement ce qui l’attends. Il commencera par perdre quelques kilos, comme Lenore à la fin de sa courte vie. Il n’aura peut-être même plus de cheveux, et ses yeux deviendront vitreux. Il balbutiera difficilement quelques mots. Il n’entendra plus. Le vide tout entier l’aura gober et l’aura couper de tout. Il ne sera qu’une coquille vide, un détritus, un fardeau. Il s’était juré au moment de la mort de sa mère qu’il se sauverait de cette décrépitude. Qu’il sauterait d’une fenêtre, ou se pendre au bout d’une corde avant qu’il n'ait plus ni la volonté ni le courage de le faire.

« Tu la regardes comme ma maman regardait mon papa. »

Quand il relève les yeux sur Demelza, il voit en elle l’image même de Siegfried. Cet air désemparé et profondément touché. Elle ne devrait pas. Si seulement elle n’avait pas commencé par ses stratagèmes, alors peut-être qu’il n’aurait jamais été doux. Peut-être qu’elle aurait même voulu qu’il disparaisse, et alors tout aurait été plus simple...

Sa bouche est soudainement sèche et déjà elle fuit.

Il l’imagine bien pleurer.

Comme une statue de pierre, il reste quelques longues secondes là. Il n’est pas énervé. Il n’en veut pas vraiment à Mildred. Il ne sait plus exactement ce qu’il ressent à ce moment. Une profonde injustice, sans doute. Pourquoi être né ainsi pour mourir au moment où tout lui était si doux ? Il se tourne doucement vers la gamine qui le regarde à son tour. Ses yeux bleus sont aussi clairs que ceux de Siegfried.

« Je suis assez grande pour me garder toute seule. Je suis désolée, je croyais qu’elle savait. »

Il la regarde de longues secondes. Le temps lui échappe. Son corps est devenu lourd, plus pesant que s’il était lesté de plomb. Il a l’impression d’être un poids mort, mais pourtant, il vit encore.



Avec tous les efforts du monde il se retourne, met un pas devant l’autre. Ses épaules se sont voûtées, et au fur et à mesure qu’il avance, il se demande bien ce qu’elle est en train de faire. Ce qu’elle peut bien se faire.

Les yeux sombres du Von Hohnstedt glissent sur le sol comme un chien qui aurait fauté. Il passe la porte de leur chambre, la ferme à clef comme il ne veut que rien ne sorte de leur lit. Ses pas sont traînants et en apercevant les vêtements sur le sol, il comprend. D’une main sans force il détache sa cape qui flotte jusqu’au marbre sombre et c’est, trois pas plus tard, à la chemise d’épouser le froid de la pierre. Il avance, mais n’a pas le courage de déboutonner sa ceinture ou sa chemise.

Il la voit simplement dans le grand bain creusé dans le sol, dans cette baignoire où pour la première fois il lui a laissé entrevoir ses failles. Il n’y avait aucune lumière passant à travers ses fissures. Comment aurait-il pu croire qu’il s’en sortirait ? Il était cher le coût de la magie noire.

« Tu peux pas partir sans moi. »

Pour la première fois depuis longtemps, son cœur se sert dans sa poitrine. Il avance de quelques pas jusqu’au bain avant de s’agenouiller devant l’étendue, devant elle. A genoux même, ses os lui font mal. Ses muscles le trahissent. Il a l’air penaud, les yeux plongés dans ses larmes, la détaillant. On lui aurait aussi couper la langue ? Il n’a plus les mots, il n’a plus l’air de rien comme ça.

Il a l’impression d’avoir commis le plus grand crime du monde, mais cette fois il n’y a pas de sang sur ses mains, pas de sourire accroché à sa face.

Il est juste désolé pour elle.

« Je me sens.. je me sens pas bien.. »

Silence.

Le cœur s’affole.

Lui aussi ne se sent pas bien.

« Ce sont les épouses qui meurent, dans ma famille. »

Il la regarde, et il a l’impression de voir ce chagrin immense qui paraît souvent, le soir, le visage magnifique de sa mère. Quand elle le bordait et qu’elle embrassait son front, elle ne pouvait plus faire semblant. La mort de Siegfried avait percé un trou dans son cœur. Elle n’avait plus été la même après ce jour, malgré la magie, malgré le vide. Ce n’était pas la magie qui avait creusé dans ses veines, dans son sein. C’était l’absence.

Pourtant, il est encore là.

« Trouve une solution.. il doit bien y avoir une solution.. »

« Demelza... »

Sa voix n’est qu’une supplique. Sa gorge lui fait mal, sa voix s’enroue. On dirait un enfant. Il se sent plus vulnérable qu’elle ne l’est dans son habit d’Eve. Il se sent mis à nu. Nu comme un vers devant les flammes de l’enfer. Est-ce à ça que ressemble les tourments ? Est-il déjà mort ?

Il penche la tête, tend les mains vers elle. Il ne veut pas aller dans l’eau. Il veut sa chaleur. Il veut son feu.

« Je ne vais pas mourir. Pas encore. Ce sera une mort comme les autres. Dans trois jours comme dans trois siècles. Qu’importe... Demelza, reviens... »

Il l’appelle, de sa voix qui souffre aussi. Il ne devrait pas souffrir autant. On ne souffre que lorsqu’on aime. C’est ce que disait Lenore, les yeux larmoyants en observant avec tendresse le gisant de son défunt époux. Ebenezer s’était dit que l’amour était trop éprouvant pour lui. Que ça n’apportait que des larmes, que des douleurs idiotes.

Si seulement il s’en était tenu là...

« Je ne me laisserais pas mourir. Je trouverais une solution. On trouvera une solution. Mais reviens-moi... »

Les yeux d’Ebenezer n’ont jamais été aussi clairs, aussi brillants, que mouillés de larmes qui refusent de couler devant l’évident mensonge.




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Nimue
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Demelza
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« Demelza… » Elle a l’impression que toute sa peau se fissure, que toute la lumière du monde vient de s’éteindre. Son coeur lui fait l’effet d’un pauvre muscle rongé par la peine, lentement attaqué par l’obscurité. Elle ne lutte même pas, elle n’en a pas envie, le regard dans le vide. Ca gratte, quelque part au fond d’elle. Ca dévore les angles, coupe le souffle. Il n’y’a que l’eau pour refroidir le corps. L’eau glacée. « Je ne vais pas mourir. Pas encore. Ce sera une mort comme les autres. Dans trois jours comme dans trois siècles. Qu’importe... Demelza, reviens… » Il appelle mais elle n’a pas l’air d’entendre, elle a les yeux humides et le coeur au bord des lèvres. Elle se sent fiévreuse de désespoir, d’une solitude à venir qui la frappe, de la perte qui lui rappelle la douleur d’avoir perdu sa mère. « Je ne me laisserais pas mourir. Je trouverais une solution. On trouvera une solution. Mais reviens-moi… » Il ment. Elle sait qu’il ment mais elle a tellement envie de le croire. Le corps se replie, elle se recroqueville sur elle-même, les genoux ramenés vers la poitrine, les mains sur la tête comme si elle était prise d’une affreuse migraine ou qu’elle voulait faire taire des voix persistantes. Elle se laisse avaler, longtemps. Elle reste immobile jusqu’à ce que toute l’enveloppe charnelle tremble de froid, jusqu’à ce que son incendie intérieur s’éteigne ; elle ne le partage pas, cette fois, elle reste au beau milieu de la tempête, seule. Elle a l’air complètement choquée et le regard fixé sur un point invisible semble hanté de sombres pensées. Elle se demande si c’est tout ce qu’elle mérite, si la disparition d’Ophélia a laissé toutes les cendres sur son existence, elle songe qu’elle n’est pas celle qu’il faut à Ebenezer, que son oncle, tout sang d’ange qu’il était, avait fait erreur. La respiration finit par siffler, tant le souffle est perturbé. Une inspiration, pourtant, se démarque des autres.

« Je crois que je t’aime. Et je veux pas.. » Aimer, ça a blessé son père, ça n’a pas réussi à celui du jeune homme non plus. Aimer, ça rend stupide. « Ca.. ça me dévore quand t’es pas là. Je me sens vulnérable sans ton ombre.. » Elle ne le regardait pas, jusque là, mais enfin les yeux bleus se tournent vers ceux d’Ebenezer. « Je comprends pas pourquoi.. on peut pas… on peut pas aimer si vite, n’est-ce pas ? » Il y’a toute l’innocence du monde dans sa façon de poser la question. Demelza a toujours l’impression que lui sait ce qu’elle ignore, peut-être parce qu’elle lui imagine quelques conquêtes alanguis et une connaissance infinie de ces choses-là. « Si je t’épouse et que.. que tu meurs, ils vont me remarier. Je veux pas t’aimer et devoir finir ma vie dans les bras d’un autre. Tu peux pas nous faire ça.. » Elle pleure. Ca roule sur ses joues, ça meurt sur ses lèvres pâles.

Elle s’arrache enfin du bain, avec difficulté. Elle s’enroule dans une serviette et glisse entre ses bras, se réfugie contre lui, le visage caché contre son torse. « Tu m’as promis un monde sombre.. laisse-moi dans le froid avec toi.. » Elle était déjà épuisée avant qu’il n’arrive, elle n’est plus qu’une poupée désincarnée abandonnée à ses doigts. Elle s’accroche à lui avec une fermeté surprenante au vu de son état de fatigue, elle y met tout ce qu’il lui reste de force, d’envie, à refuser de le lâcher. « Laisse-moi mourir de toi.. » Elle sombre déjà, quand elle le lui souffle à l’oreille mais même dans le sommeil, elle refuse qu’il s’éloigne, elle semble émerger dés qu’il bouge trop loin, dés que le contact se rompt.
Les cauchemars sont revenus.
Les images de l’incendie.
Le regard plein de regrets d’Ophélia.

…*…

Ils n’auraient pas dû dormir dans la même chambre mais elle ne s’est pas vraiment remise de tout ce qui s’est enchainé, de tout ce qui a secoué son coeur ces dernière semaines. Elle a géré les derniers détails telle une automate. Elle s’est levée, les nuits ayant suivi les paroles de Mildred, elle a tenté d’errer dans les couloirs comme une âme en peine privée d’étincelles, pas même consciente de bouger. Elle n’a pas voulu parler de ce qu’il s’était passé, de ce qu’ils s’étaient dit et chaque fois qu’il est entré dans une pièce, elle a donné l’impression d’avoir droit à sa présence pour la dernière fois de sa vie. Elle en a été avide de cette présence, de ses doigts, de sa bouche, de ses silences. Ils n’auraient pas dû dormir ensemble parce que ça ne se fait pas mais elle n’aurait pas pu fermer l’oeil, autrement. Elle est restée presque sage, malgré tout. La question tourne encore et encore : est-ce qu’elle l’aime ? Est-ce que c’est cela aimer ? Elle ne sait pas quoi faire, maintenant. Elle est toute seule à l’étage, elle a chassé quiconque ayant essayé de l’aider à se coiffer. Elle n’a gardé avec elle que la petite bonne silencieuse qui lui avait évité la noyade, une fois. Elle triture les gants de dentelle blanche en inspirant pour se calmer.

Elle est moins fatiguée, elle a repris des couleurs. On voit ses jambes, ce qui a de quoi surprendre et l’asymétrie de la robe lui ressemble finalement bien, quand on la connaît. Il n’y’a pas d’interminable traine ou de noeuds extravagants mais des détails brodés, des jeux ensorcelants avec la lumière et une fleur à la taille, légèrement décalée sur le côté - celle qu'Ebenezer a dû choisir. Drôle de résultat, peu conventionnel dans leur milieu. Demelza se sent un peu mise à nue, comme cela. Et si elle ne lui plaisait pas ? Elle se retient de se mordre les lèvres pour ne pas gâcher le maquillage. Finalement, elle se décide à ouvrir la porte. La domestique semble s’affoler un instant, comme si elle voulait signifier qu’il serait préférable d’attendre mais Demelza en décide autrement et les escarpins viennent rencontrer les marches dans un pas hésitant mais décidé.

Mildred est sans doute l’enfant la plus joyeuse qui soit dans sa robe de lumière, elle tournoie au milieu de l’agitation palpable, toute pleine d’enthousiasme. Anika et Alys sont en proie à une anxiété visible parce que la fiancée a refusé leur assistance ou leurs conseils, les privant de leur rôle. Ulrich n’est pas là. N’est-ce pas un peu cliché, la jolie fille dans sa belle robe, au beau milieu des escaliers, cherchant vers qui réellement se tourner ? Est-ce qu’Eberhard et son aura apaisante sont ici ? L’interrogation traverse son regard quand elle observe une énième traversée de domestiques. La bonne est encore dans son ombre, comme si elle veillait au grain. Elle se demande si elle doit chercher Ebenezer, la logistique d’un mariage, ça n’est pas vraiment son domaine, en dehors des robes, des invités de sa famille, de quelques plats à éviter.            

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Ebenezer von Hohnstedt
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Dialogue : #232169


« Je crois que je t’aime. Et je veux pas.. »
« Je suis désolé. »

Ses mains sont restées comme ça, ouvertes et patientes. Il la regarde comme s’il comprenait le sentiment qui la submerge. Après tout, les choses auraient été plus simples s’ils ne s’étaient pas aimés. S’ils n’avaient jamais eu cette envie de se partager, de se garder l’un l’autre. Il savait avant même qu’elle n’arrive qu’à la première gentillesse, à la première caresse sur son âme, à son premier regard candide d’enfant il faillirait à toutes ses promesses qu’il s’était fait.
Comme un animal battu depuis des années, il s’était laissé envahir par le plaisir de n’être plus seul. Il fallait maintenant payer le prix.

« Ca.. ça me dévore quand t’es pas là. Je me sens vulnérable sans ton ombre.. »
« Je serais toujours là, je te l’ai promis. »

Sa gorge se serre, parce que chaque mensonge se retourne contre lui. La sensation d’une centaine d’aiguille dans sa gorge le brûle plus fort. Chaque seconde est insoutenable.

« Je comprends pas pourquoi.. on peut pas… on peut pas aimer si vite, n’est-ce pas ? »
« Parfois, ça arrive. Parfois, il ne faut qu’une seconde. »

Il a un sourire, un tout petit, qui se dessine sur ses lèvres. Il ne devrait pas, alors même que son cœur est plus fragile que le papier fin. Elle y a inscrit son nom, juste à côté du doigt maudit de la Mort qui le menace chaque seconde de couper le fil de la vie. Il est doux, le nom de Demelza, aussi doux que la soie, aussi doux que sa peau.

« Si je t’épouse et que.. que tu meurs, ils vont me remarier. Je veux pas t’aimer et devoir finir ma vie dans les bras d’un autre. Tu peux pas nous faire ça.. »
« Demelza… »

Il sait que c’est probable. On ne laisse que rarement les femmes de bonne famille dans leur chagrin, surtout à un jeune âge. C’est long deux, trois, quatre cent ans de solitude. Il sait aussi que maintenant qu’elle l’aime, elle brûlera aussitôt. Le Manoir s’écroulera. Ce sera la fin.
Leur fin.
Il ferme les yeux alors qu’elle se glisse contre lui. Ses mains l’entourent, protecteurs silencieux. Il lui embrasse le front, caressant le haut de son dos, frictionnant ce petit corps perdu et échoué sur son rivage. Elle doit l’entendre ce cœur faillible d’homme, ce cœur qu’elle a pris soin de capturer.
Il en existe bien des solutions contre la mort. Des faciles, des moins faciles. Des lumineuses, des odieuses… Il ferme les yeux.

« Tu m’as promis un monde sombre.. laisse-moi dans le froid avec toi.. »
« Je t’ai promis de ne pas mourir » murmure-t-il, mais elle ne l’écoute pas.
« Laisse-moi mourir de toi.. »

Un petit sourire triste se dessine sur le visage du jeune sorcier.
Il avait déjà cru entendre cette phrase un jour…

…*…

Ils sont tous là et l’observe dans son habit de prince. Il aurait préféré une cérémonie plus intimiste, mais ce sont des choses qui ne se font pas quand on est le futur conseiller du Kaizer. C’est du moins ce qu’Eberhard a dit. Almarich n’a rien trouvé à redire à la chose. Demelza, non plus. Elle avait après tout déjà invité Madame Lanskoy et son frère.
Debout au milieu de la petite foule qui s’accommode, rit et se prépare, il jette des regards autour de lui. Demelza lui manque. Il se demande aussi pourquoi il a choisi le Camélia du Japon comme emblème. Il aurait pu choisir autre chose, quelque chose de plus simple, de moins étranger. Certaines personnes lui demandent d’ailleurs pourquoi ce choix. Pourquoi ce mélange de blanc et de rouge, pourquoi ces fleurs panachées. Il ne peut vraisemblablement pas leur répondre qu’il s’agit justement du mélange subtil entre le « charme », la « fidélité », le « bonheur » et la « perfection ». Il répond plus simplement que la fleur est belle alors, sans entrer dans les détails. Tout le monde le croit et ainsi va l’attente de la mariée.

Ebenezer lui-même attend. Il est un peu raide dans son costume qu’il a commandé à un couturier et que Demelza a arrangé. Il est élégant, il présente bien, mais au creux de son bras reste le manque et dans le creux de son ventre – l’attente. Tous les regards sont sur lui et il a l’impression, à cause du Vide, qu’ils voient au travers de lui. Qu’il est atrocement creux et qu’ils le savent tous.

La sueur glisse le long de sa nuque. Elle est glaciale. Alors il décide d’aller se réchauffer et s’excuse poliment auprès de son oncle et d’Almarich. Ses pas sont hésitants, mais finalement, il trottine presque jusqu’au grand escalier. La cérémonie se tient à l’extérieur, sous un soleil timide et un air doux de fin de printemps. Il la voit sans difficulté : ses cheveux blonds et sa robe blanche font tâche sur le marbre noir veiné d’ivoire.
Il a malgré tout un sourire en la voyant, parce qu’elle est magnifique et que son petit cœur de papier se mine légèrement. Son corps entier est un champ de bataille en la voyant.

« Demelza. »

Il a le nez levé vers elle et un sourire calme.

Elle l’aime.

A chaque fois qu’il la voit, il y pense.

C’est étonnant. Il n’aurait pas cru qu’être aimé faisait autant de bien.




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