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 (E&D) you could be the corpse and i could be the killer

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Nimue
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Tortue



Demelza
von Abbetz

J'ai 17 ans et je vis à Anzing en Allemagne. Dans la vie, je suis une sorcière et je m'en sors très bien, faisant partie de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma malchance, je serai (trop) rapidement fiancée et je le vis plutôt mal.
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ft. dove cameron by © EXORDIUM.
Aurait-il été possible de plus mal assortir deux jeunes gens ? On aurait pu croire qu’en 2018, des efforts étaient faits pour que les personnalités s’accordent : non, visiblement, chacun s’en fichait dans cette triste histoire. Demelza fait bonne figure, aux côté d’Ebenezer, parce que c’était nécessaire, c’était ainsi - elle songeait déjà à s’échouer dans un lit et ne plus jamais en sortir, se faire oublier. « Ma mère a toujours des idées fantasques... Enfin, avait. » « Navrée. » C’est froid, terriblement froid et distant. Elle ne veut pas compatir, elle ne veut pas avoir de sentiments, à vrai dire. Sa mère aussi était morte, brûlée dans l’incendie d’une aile du manoir familial. Elle ne se souvenait pas de ce qui l’avait provoqué. On avait soufflé que la jeune fille était fautive, elle et sa maladresse, elle et ses expériences bizarres. Elle ne veut pas se souvenir, elle ne veut pas avoir cette faiblesse là. « Mes domestiques sont à mes ordres – et bientôt aux vôtres. » Un frisson d’effroi court dans son dos, qu’elle réprime. Ca ne fait pas le même effet, lorsque c’est lui qui exprime la réalité de leur situation. C’est triste à s’en laisser périr. Que peut-elle dire ? Comment peut-elle dire ce qu’elle pense réellement ? Amalrich lui a dit de se taire, de se contrôler, de paraître aussi normale que possible jusqu’au mariage mais quand sera-t-il ? Combien de temps avant l’abandon définitif ? Son frère lui manque, soudain. « Par habitude, je mange assez tardivement le soir et très tôt le matin afin de me dégager du temps pour mes travaux. » C’est comme une rose qui fane mais s’orne d’une parure de neige. Elle retrouve cet air trop digne, cette sorte d’attitude de supériorité qui ne sert qu’à dissuader d’approcher, qu’à offrir ce qu’on attend d’une jeune femme de son rang. Une carapace savamment travaillée qui revient dissimuler la petite lumière qui brillait, quelques minutes plus tôt. « Si vous êtes seul, pourquoi vous impose-t-on cela ? » Elle ne le regarde pas, elle a toujours les prunelles d’azur posées sur le décor, sur n’importe quoi sauf lui, en vérité. « Vous pourriez choisir, refuser, vous révolter. » Il pouvait, il était un homme, il lui suffisait de faire un vague effort pour sélectionner une idiote sur une longue liste de cygnes d’apparats qui ne s’orneraient en rien de plumes noires à la première difficulté. Il serait bientôt majeur, il pourrait retarder, user d’une comédie pour éloigner l’heure fatidique.

« Je ne suis pas à votre goût, vous ne m’apprécierez pas, Monsieur. A quoi bon ? A l’évidence, nous ne sommes pas assortis et je n’userai pas de tous ces stratagèmes dont mes amies m’ont fait une liste longue comme une recette alchimique pour adoucir votre humeur. » C’est un peu trop honnête et elle ne pleure même pas. Quelle fille ne pleurerait pas, en prononçant cela ? Demelza inspire profondément puis reprend. « Je ne veux pas d’enfant, prétendez que je ne peux pas en avoir et vous serez libéré de cette absurdité sans nom que l’on vous impose. » Elle se fiche visiblement de ce que l’aristocratie sorcière en dirait. Elle se fiche qu’on la juge dés lors impossible à marier car, au fond, elle n’aspire à rien. Elle replace la mèche de cheveux rebelle derrière son oreille, encore, et elle ne le regarde toujours pas. « D’autant que j’ignore comment cela se prépare, un mariage. » La seule chose qu’elle sait, c’est qu’elle refuse de porter la robe de sa défunte mère, ce qui contrarie beaucoup son honorable grand-mère maternelle. Sa famille anglaise fondait visiblement plus d’espoir en cette union, n’y apportait pas l’indifférence allemande qui l’étouffait plus encore que toute cette mascarade. « Vous méritez mieux que ceci. »

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Sha
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Ebenezer von Hohnstedt
J'ai 17 ans ans et je vis tout en haut de Feldberg, dans un Manoir qui surplombe la Schwarzwald et Baden Baden, en Allemagne. Dans la vie, je suis un sorcier. Mon sang est celui de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma malchance, je serais prochainement fiancé et je le vis plutôt mal.




ft. James Bay
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– Vous pourriez choisir, refuser, vous révolter.  

Pendant quelques secondes, sa respiration se suspend, coincée quelque part entre l'aorte et la bouche. Il pourrait prendre le temps de lui expliquer les choses, mais au lieu de ça, il ressent simplement une profonde aversion pour elle. Une colère violente aussi parce qu'elle ose le mettre en face de ses problèmes et de ses choix. Parce qu'elle le lui met sous le nez et l'agite. Il a envie de crier, de s'emporter, parce qu'elle aussi, après tout, elle est condamnée comme lui.

Pourquoi est-ce qu'elle – aussi – elle ne fait rien ? Est-ce qu'elle a essayé seulement ? Lui a bien tenté, un petit simulacre de réponse, un petit non sur le visage, mais Eberhard n'est pas de ces hommes qui écoutent. Il n'a d'yeux que pour ce qui brille.

Derrière elle, fixant cette tête magnifique et ronde, sa chevelure blonde impeccable, il sert les poings. Plus fort, encore, jusqu'à sentir ses ongles plonger dans la peau de ses paumes. Il aimerait sentir l'hémoglobine. Il aimerait la frapper, aussi. C'Est-ce que ses yeux veulent dire quand ils la regardent ainsi.

Elle ferait une si jolie tête une fois détachée de ses épaules graciles.

– Je ne suis pas à votre goût, vous ne m’apprécierez pas, Monsieur. A quoi bon ? A l’évidence, nous ne sommes pas assortis et je n’userai pas de tous ces stratagèmes dont mes amies m’ont fait une liste longue comme une recette alchimique pour adoucir votre humeur.  Je ne veux pas d’enfant, prétendez que je ne peux pas en avoir et vous serez libéré de cette absurdité sans nom que l’on vous impose. D’autant que j’ignore comment cela se prépare, un mariage.  

Ses yeux sombres glissent sur la silhouette de la jeune femme, sur ses courbes silencieuses. Est-ce qu'elle pleure du tragique de la situation ? Il n'a pas l'impression – sa voix est claire, elle ne chevrote pas. Elle est lucide. C'est au mieux une qualité, au pire une malédiction. Il le sait, lui aussi l'est sur sa propre condition. Elle ignore simplement tout ce que ce mariage signifie aux yeux de sa famille, tout ce qui a été promis et tout ce qui sera gagné.

– Vous méritez mieux que ceci.

Il a un rire, un rire qui sonne bien faux. Ce n'est pas un rire qui rit, c'est un rire qui pleure, mais de pudeur il n'en est pas une larme qui coule. Juste un masque qui s'effrite, mais il s'en fiche, car elle ne peut pas le voir. Bien caché dans son ombre, comme des ténèbres qui attendraient un faux pas, il l'enlace d'un regard sensuellement terrible.

– Emerson a dit un jour que Dieu offrait à chacun de nous un choix, celui de la vérité ou de la tranquillité. Il disait aussi que ce choix, il fallait le faire, car on ne pouvait avoir les deux à la fois.

Il avance d'un pas derrière elle, s'approche à l'abris de son dos, se réchauffe à la froideur de son attitude. Lentement il lève les mains, d'un pas encore il avance, avale la distance entre elle et lui à la façon des serpents, jusqu'à qu'il puisse enfin poser ses phalanges blanches sur les épaules claires de la jeune femme. Il est plus grand qu'elle, Ebenezer, d'une bonne tête comme il voit par-dessus sa tête blonde, qu'il voit l'horizon fait d'os et de livres. Métaphore alléchante d'une tranquillité qu'on lui a promis une fois marier.

– Est-ce que vous aimez un homme ? Il souffle derrière elle, à voix basse : Si vous n'en aimez aucun, vous ne perdez rien à m'épouser. Nous ne nous aimerons jamais, mais je vous laisserais vivre seule comme vous le voulez, et je vivrais seul comme je le veux. Ce sera aussi froid que votre ventre qui ne portera jamais d'enfant, mais nous serons bercés par la tranquillité, à défaut d'un peu de vérité.

Ses doigts s'avancent, lentement, frôlent ses épaules, approchent sa gorge blanche. Il bruisse les cheveux soyeux, pour mieux aller chercher l'épiderme de sa nuque gracile, de sa nuque fragile.  

– N'essayez jamais d'adoucir mes humeurs par des stratagèmes d'enfants, et je n'essaierais jamais de vous faire m'aimer. Si vous êtes à moitié aussi intelligente que je le suis, vous savez que cette prison est la plus belle des cages qu'on aurait pu vous offrir, et vous découvrirez que je peux être le bourreau le plus conciliant qui soit dans cette société archaïque qui vous déteste tant...

Les mains avancent, remontent, encore, roulent les phalanges sur les joues de pêche pour venir couvrir les yeux de la demoiselle. Il est enfin tout contre elle, mais il n'y a rien de pervers, juste quelque chose de malsain dans la façon avec laquelle il se l'approprie, avec laquelle il couvre son visage de porcelaine.

Un quelque chose de malsain dans le timbre de sa voix chaude quand il souffle dans son dos :

– Ensemble, nous jouerons une divine comédie.

Le murmure s'éteint dans le bruissement des vêtements quand il la relâche et recule, reprenant un air aussi neutre et indifférent que possible. Dans le creux de sa main droite et sur ses ongles – et désormais sur l'œil droit de Demelza – quelques gouttes de sang ont tâché la blancheur de la peau.

– Nous verrons pour le mariage. Vous voulez peut-être voir votre chambre ?

Le regard bleu est perçant à la façon de l'Abîme.  



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Nimue
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Demelza
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Demelza a peur. Elle ignore de quoi mais elle a peur, soudain. Une peur sourde qui accélère les battements de son coeur. Le choix est pour elle une vaste blague depuis le décès de sa mère. Ophélia était douce, autrefois, avant de brûler. Ophélia était sévère mais aimante. Le contact sur ses épaules la crispe toute entière. La peur, encore, toujours. On l’a abandonnée à cette maison sans se soucier de son sort. « Est-ce que vous aimez un homme ? » Elle n’ose pas répondre. Qu’est-ce qu’il s’imagine ? Qu’avec son air de poupée, elle a déjà valsé entre les bras de dizaines de jeunes prétendants aux poches bien remplies ? Sans doute. Comment lui en vouloir ? Elle n’a pas l’air si prude que cela, la gamine des von Abbetz. Et son frère.. diable, son frère a la Luxure accrochée à l’âme. « Si vous n'en aimez aucun, vous ne perdez rien à m'épouser. Nous ne nous aimerons jamais, mais je vous laisserais vivre seule comme vous le voulez, et je vivrais seul comme je le veux. » Elle est attentive et, sans même le réaliser, moins tendue. Il n’a pas l’air de lui vouloir de mal, il ne semble pas chercher à l’égorger. Il a une voix agréable, qui plus est, comme une berceuse un peu mystique. « Ce sera aussi froid que votre ventre qui ne portera jamais d'enfant, mais nous serons bercés par la tranquillité, à défaut d'un peu de vérité. » Pourtant c’est sa peau qu’il cherche, là, trop près de la finesse de son cou dénué de bijou. La tranquillité. Elle la rêvasse une seconde, tente d’en dépeindre les contours puis une évidence la frappe : on ne les laissera jamais jouer ce jeu car à quoi sert un mariage sans héritage à transmettre ? Elle ne veut pas le contredire ou l’interrompre parce qu’elle ignore tout de lui, des réactions qu’il pourrait avoir. Il lui couvre les yeux tandis qu’il poursuit l’exposition de son idées. Il est trop près, plus près que nul ne l’a jamais été, en vérité, comme si elle était déjà à lui, toute entière. Pourquoi une telle familiarité alors même qu’il lui a montré ne pas apprécier l’idée seule de la toucher ? La scène doit être dérangeante, de cette petite chose toute de blanc vêtu aux effluves de fruit de la passion englobée par un corbeau inquiétant, plus grand. « Ensemble, nous jouerons une divine comédie. » Elle rouvre les yeux lorsqu’il la libère. Par un réflexe un peu idiot, elle passe l’index sur sa paupière, sur ce qu’elle croit y sentir. Elle est d’autant plus silencieuse lorsque le rouge marque l’épiderme qu’elle observe. Il y’a de la lenteur, beaucoup d’immobilité d’abord, même son souffle semble suspendu. « Vous saignez.. » A peine, à l’évidence, juste assez pour remuer quelque chose, là, à l’intérieur de la petite lumière qu’est son âme. Elle pivote doucement, la main légèrement tremblante. « Nous verrons pour le mariage. Vous voulez peut-être voir votre chambre ? »

Demelza le détaille, déglutit avec difficulté ; elle a envie de fuir. Elle a envie de partir, de s’échapper de cet endroit, de s’éloigner de lui pour qu’il ne constate rien de ce qui la fait frémir. « Je n’ai jamais aimé personne.. » La langue se délie enfin, cette langue qui goûterait bien la saveur ferreuse et carmine dont il l’a marqué, s’appropriant presque tous ses sens, sans le savoir vraiment. « Et aucun mariage stérile ne dure jamais, monsieur. Où m’enverra-t-on, lorsque tous seront lassés de cet échec ? Six pieds sous terre, par un malheureux accident ? » La question est d’une sincérité criarde : elle ne voulait pas être assassinée froidement pour des intérêts aussi bas. Elle voulait avoir le choix, au moins celui-là, au moins de la manière dont elle partirait, parce que sa mère ne l’avait pas eu le choix, elle, bien que la raison soit toute autre. La ferait-on brûler aussi ? Sombres préoccupations dans le regard clair. « Je ne demande rien sinon le droit de lire. Pas même la fidélité, pas même la discrétion. » Son attention a glissé du visage d’Ebenezer à cette main qu’il avait un peu plus tôt posé sur son oeil. Elle se mord la lèvre inférieure, sans douceur aucune, pour réprimer les questions, réprimer le moindre mouvement dans sa direction. Ne pourrait-elle pas le soigner ? Non. Ca n’est pas convenable, c’est risqué. « Je.. veux bien voir la chambre. La journée a été longue. Et compliquée. » Et la nuit dans cet endroit ne serait-elle pas terrifiante ? Probablement pas plus qu’au manoir familial où elle avait souvent l’impression d’entendre les reproches d’Ophélia et les déboire dissimulés de son aîné. Rien n’est jamais ce que l’on prétend, dans ce monde, malgré le décor lumineux des von Abbetz et les fleurs blanches ou les colombes en motifs travaillés.

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Sha
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Ebenezer von Hohnstedt
J'ai 17 ans ans et je vis tout en haut de Feldberg, dans un Manoir qui surplombe la Schwarzwald et Baden Baden, en Allemagne. Dans la vie, je suis un sorcier. Mon sang est celui de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma malchance, je serais prochainement fiancé et je le vis plutôt mal.




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– Je n’ai jamais aimé personne...

Il ne réagit pas. Il pourrait sourire, se réjouir de n'avoir aucune concurrence, mais en réalité il s'en fiche. Si peut-être elle avait eu le courage de lui dire qu'elle aimait, peut-être qu'il lui aurait causé du chagrin, peut-être qu'au contraire il l'aurait libéré de ses devoirs envers lui, qu'il aurait été plus virulent qu'il ne l'a jamais été. A la vérité, il a bien réfléchi Ebenezer ces deux dernières semaines. Il a retourné et contourné le problème, chercher des solutions dans les méandres de ses pensées, mais il s'est toujours trouvé au pied du mur. Marier quelqu'un était nécessaire pour quelqu'un comme lui. Pour ne pas attirer l'attention, une attention malvenue qui viendrait ruiner tout ce qu'il construisait depuis la mort tragique de sa mère.

Il n'avait pas autant donné de sa personne pour tout perdre sur un simple document signé. Sur un tout petit papier noirci d'encre et de regret.

– Et aucun mariage stérile ne dure jamais, monsieur. Où m’enverra-t-on, lorsque tous seront lassés de cet échec ? Six pieds sous terre, par un malheureux accident ?

Il a un sourire cette fois, pour une rare fois. Quand il la regarde, à le voir comme ça, on pourrait presque croire qu'il a pour ce visage d'ange une certaine tendresse, mais ça n'en est pas. C'est au mieux une forme d'admiration pour cette candeur enfantine, pour cette innocence. Elle ne sait pas que de tous, c'est bien lui qu'elle doit craindre le plus.

C'est bien lui, car il est celui qui a le moins à perdre.

– D'ici à ce qu'ils s'inquiètent de votre ventre, je feindrais de vous aimer plus que de raison, je vous défendrais, vous, notre amour mutuel et si fusionnel, et bien sûr je serais amer et je regretterais, mais ce ne sera l'affaire que de quelques mois, car bientôt votre frère engrossera sa promise, et mon très humble cousin s'acquoquiniera d'une petite pucelle toute frémissante d'envie de procréer et d'assurer leur héritage. Je vous assure ma protection si vous m'assurez de votre entière loyauté...

D'un air morose, presque pour lui, il murmure :

– Le plus terrible finalement, ce sera encore de les voir aux banquets.

– Je ne demande rien sinon le droit de lire. Pas même la fidélité, pas même la discrétion.

Le jeune homme voit bien la flamme qui s'allume dans son regard. Elle n'a pas du chat que l'élasticité et la blancheur, il y a aussi quelque chose qui tend vers la prédation, l'envie. Quelque chose d'attirant, mais il s'en défend. Si demain elle n'a rien rapporter de son discours à son oncle Almarich, peut-être alors que tout ça, que toute cette scène, n'était pas vaine. Peut-être qu'il y avait un peu de vrai.

– Je.. veux bien voir la chambre. La journée a été longue. Et compliquée.

Il l'invite d'une main à le suivre et ouvre la marche. Le sang goutte sur le sol, mais le jeune homme ne s'en inquiète pas. Parfois même, son pouce vient se frotter sur les plaies, comme pour mieux sentir l'hémoglobine chaude. Petit à petit, ils naviguent, s'enfoncent dans les artères même du Manoir. Il faut monter un escalier pour arriver sur un couloir étroit et court. Il n'y a que deux portes ici, mais on devine que les pièces sont grandes, pour ne pas dire immenses.

– Ma chambre est à gauche, la vôtre est à droite. Elles sont toutes les deux doublées de salle d'eau.

Il ouvre de sa main qui saigne la porte, tâche la poignée dorée d'un beau vermeil. L'intérieur de la chambre, quant à lui, est sobre et blanc. Pur.

Bien trop pur.  



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Nimue
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Demelza
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Elle est dans le contrôle, musèle tout ce qui s’agite d’abord doucement et qui ne perce que dans son regard. Elle l’écoute, bien sûr, mais l’attention est fixée sur cette main blessée qu’elle meurt d’envie d’attraper. Il élabore avec talent un mensonge qu’ils pourraient dés lors tisser des années durant et Demelza n’a pas la moindre conscience d’être bien trop jeune pour prendre des décisions aussi capitales que celle de n’avoir pas d’enfant ou de se contenter de la solitude. Du haut de ses dix-sept ans et de sa délicate pureté, elle ne peut manquer de tout ce qu’elle ignore, de tout ce qui n’a jamais effleuré son coeur d’enfant. Elle hoche la tête, elle consent, parce que c’est sa seule échappatoire, sa seule possibilité de ne pas trop souffrir de la situation. Il pourrait pourtant l’avaler dans son ombre, Ebenezer, comme il l’a fait un peu plus tôt, il pourrait la couvrir de cette drôle d’aura qu’elle a eu l’impression de sentir quand il se trouvait dans son dos, de ce quelque chose de malsain qui viendrait courir sous sa peau, la posséder telle une vulgaire marionnette ; à tout cela, elle ne réfléchit pas, elle veut seulement se protéger à un instant T de ce qui lui fait peur. « Le plus terrible finalement, ce sera encore de les voir aux banquets. » Et elle a eu un petite sourire amusé. Oui, le plus terrible serait de les voir aux banquets, de jouer une telle comédie, représentation à guichet fermé.

Le sang goutte sur le sol et plus il avance, plus elle peine à ne pas en contempler le rouge sur le sol, les jolies petites taches dont il ne se préoccupe pas - cela devrait l’inquiéter, comme attitude mais elle met les interrogations de côté, toute occupée qu’elle est à demeurer dans la parfaite maîtrise du reflet qu’elle offre au jeune homme. Alors Demelza garde la tête légèrement baissée, s’oblige à respirer correctement. « Ma chambre est à gauche, la vôtre est à droite. Elles sont toutes les deux doublées de salle d’eau. » Elle cligne des yeux. Sont-ils déjà parvenus à destination ? Visiblement. Il y’a le sang sur la poignée dorée. A quoi pourrait bien avoir goût le sien ? La texture serait très artistique, toile divine. Elle se masse les tempes, s’appuie contre le mur à proximité. Ce qui s’agite, là, au creux de son estomac la terrifie peut-être finalement plus qu’Ebenezer et sa sombre demeure, et ce mariage en perspective. « Je suis désolée, je ne me sens pas très bien. » Si elle était restée calme, si elle n’avait pas immédiatement voulu verrouiller chaque centimètre de ses pensées, peut-être n’aurait-elle pas laissé paraître le trouble, ce souffle un peu plus rapide. Elle voudrait s’enfermer loin de ces jolies perles rouges, loin d’à peu près tout ce qui pourrait atteindre la petite luciole bien proprette qu’elle désire rester. Il est des arts occultes qu’on ne doit pas approcher, des instincts primaires qu’il faut étouffer, des travers qu’il faut noyer. « Est-ce qu’il serait possible d’avoir une infusion .. ? J’ai bien peur que la nuit soit longue. » Il est aisé de mettre ses réactions sur le compte de cette journée, du fait qu’on l’a livré à elle-même, sans réelle compassion ou égards envers une quelconque forme de sensibilité - heureusement d'ailleurs, que c'est aisé.

Et puis finalement, elle n’y tient plus, d’un geste sec elle déchire un bout de sa jolie robe blanche et vient glisser le tissu autour de la paume blessée d’Ebenezer. Les gestes sont aussi précis qu’ils sont doux. Le blanc s’imbibe de carmin. Elle reste là, une main sous la sienne, comme fascinée par la manière dont la clarté s’efface sous l’assaut du sang. « Vous alliez en laisser sur tout le mobilier.. » justifie-t-elle en relevant le regard vers lui. Mauvaise raison, à vrai dire : il aurait fallu qu’elle souligne qu’il risquait une infection, de souffrir, n’importe quelle option empathique mais elle peine à réfléchir.

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Sha
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Ebenezer von Hohnstedt
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Il lit dans les yeux un trouble étrange. Peut-être que sa fille a peur finalement, peut-être bien que dès demain matin le vieux Almarich sera sur le perron du Manoir, tout près à défendre la vertu de sa fille et à salir le nom de cette famille en désuétude. Si c’est le cas, il n’en dira rien, il ne s’évertuera pas à se défendre. Au mieux il mimera une vague colère, il froncera les sourcils. Peut-être qu’on y verra que du feu, il l’ignore. Il y a trop de « peut-être » dans sa tête trop lourde pour ce genre de fantaisie.

– Je suis désolée, je ne me sens pas très bien.

Pas un mot au-dessus de l’autre, il hoche simplement la tête comme pour signifier qu’il comprend. C’est faux, mais ce n’est pas nécessaire de le dire. Elle doit se remettre de ses émotions, de tout ce qu’ils vont devoir traverser ensemble tout en étant foncièrement séparés.

Les yeux bleus du jeune homme la couvent d’un regard étrange mais sage.

– Est-ce qu’il serait possible d’avoir une infusion .. ? J’ai bien peur que la nuit soit longue.

– Je vous en ferais apporter une par Anselm. Vos valises sont déjà à l’intérieur.

Il le lui fait remarquer en même temps qu’il le remarque également. Il observe l’intérieur de sa chambre, si féminine et pourtant si froide. Quelque part, ça ressemble à Demelza, à son charme qui n’attire pas ni ne réchauffe, qui se contente d’être simplement lumineux. Un charme qui n’attire hélas pas les corbeaux dans son genre.
Il pense soudainement au lit, au sang. Aux perles qu’on guettera une fois sortit des draps.

Le déchirement du tissu attire son attention loin de ses pensées. Il l’observe faire, la laisse approcher à lui sans frissonner d’horreur ou d’envie. Parfaitement statique, le jeune homme la regarde faire, docile comme un animal, mais encore trop méfiant pour apprécier le geste.

– Vous alliez en laisser sur tout le mobilier..

Ses yeux sombres caressant son visage et il esquisse un sourire. Les yeux de la demoiselle n’en ont que pour sa main blessée, qui saigne abondamment car il a bien du enfoncé dans ses chairs ses ongles longs et aiguisés. Il saigne, et il ricane, un instant, car il trouve la poupée de porcelaine incroyablement drôle.

– Ne vous inquiétez pas pour le bois. Le sang a longtemps été utilisé comme vernis.

Il relève lentement sa main, la tourne pour mieux faire apparaître sa paume soigneusement bandée. Le blanc est devenu rouge, comme si un lycoris avait fleuri au creux de sa paume. Il la referme finalement, parce qu’ils savent tous les deux que ce n’est rien qu’un peu de sang, une égratignure au plus. La main s’enfouit et se cache finalement dans un poing bien fermé le long du corps longiligne de l’héritier von Hohnstedt.

– Reposez-vous bien, et n’hésitez pas à sonner Anselm pour une tisane ou de quoi manger.

Un dernier regard jeté comme preuve qu’il s’intéresse – un peu – à elle, et finalement il détourne les talons et s’en va. Il refait calmement le chemin inverse, de la chambre au piano, passant devant la fontaine où il vient s’asseoir. Le rebord de marbre clair où il a pour habitude de se poser pour réfléchir l’accueille en prince. Quand il tend la main, l’eau clapote et jaillit doucement pour enrober ses doigts froids et sanguinolents. La Fontaine aspire et caresse de son écume blanche la main, la dévore, délie même le bandage bien serré qui disparaît en milles fils de tissu.

Quand il se redresse, quelques longues minutes plus tard à contempler l’œuvre des mains aquatiques, il ne reste plus rien du sang ou de ses blessures – juste peut-être la sensation de froid et de vide. Terrible sensation.

Avant la fin de la journée, il s’enferme finalement dans son bureau…




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« Reposez-vous bien, et n’hésitez pas à sonner Anselm pour une tisane ou de quoi manger. » Manger est en réalité la dernière chose à laquelle elle aurait songé. Elle est trop tendue pour avoir de l’appétit, c’est à peine si respirer lui semble nécessaire. C’est un peu idiot, se dit-elle, d’être étouffée de la sorte par tant de sentiments contradictoires alors qu’elle  a toujours l’air, habituellement, si calme et mesurée. La chambre est d’une blancheur qu’elle apprécie, d’un quelque chose qui lui ressemble, qu’elle n’aurait pas besoin ou envie de changer. C’est un peu étonnant, d’ailleurs, elle s’attendait à être enfermée dans un univers à des kilomètres du sien tant Ebenezer est son opposé. Elle en oublie de lui dire qu’il faudrait l’enfermer à clefs, comme le fait son père chaque nuit depuis l’incendie du manoir, pour empêcher les accidents, les promenades inconscientes de cette drôle de dame blanche dont elle a l’air, les nuits de tourments, de cauchemars ou de souvenirs abîmés. Combien de fois Ulrich avait-il été surpris de trouver sa soeur au beau milieu d’un couloir, complètement absente de ce petit corps qui, étrangement, l’avait terrifié la première fois ? Il était là, lui aussi, cette tragique nuit où tout avait brûlé. C’était lui qui avait vu cette bougie entre les doigts de la gamine, lui qui avait tiré les conclusions. Demelza n’y pense pas. Elle reste silencieuse, offre à peine un doux sourire à son hôte en guise de bonne nuit. Elle n’a pas vraiment l’habitude de demander, d’exiger quoique ce soit après l’heure du repas, docilement isolée dans ses pensées. Cela serait-il différent, désormais ? Laissée perplexe, elle n’ose d’abord aucun mouvement, contemplative des lieux. C’est grand, bien trop grand pour elle seule.

Et puis elle a fini par ouvrir les valises. Elle doutait qu’Amalrich l’autorise à rentrer à la maison, il fallait se faire une raison. Elle a étalé les carnets et les croquis sur la table, extirpé la belle robe blanche pour la placer sur le mannequin de bois, avec cet air triste à mourir qui ne transparaissait jamais en société. Voulait-on vraiment lui faire porter cela ? Elle était belle, la robe de sa mère. Elle avait pris l’habitude de la laisser dans un coin des appartements où elle vivait, depuis qu’on lui avait dit, comme pour se faire à l’idée. En vérité, elle ne voulait pas se marier vêtue de cette belle dentelle qui lui apparaissait terriblement mortuaire malgré la somme de détails et de colombes tissées sur le bas de la robe. Demelza s’est détournée de la contemplation au bout de longues minutes, elle s’est décidée à se défaire de la tenue déchirée pour quelque chose de plus confortable, espérant sans doute s’endormir rapidement. Le silence, c’est ce qui règne en maître en sa présence, elle cherche à s’effacer, la jeune femme, à disparaître, la seule mélodie demeurant le crayon sur le papier du carnet à croquis qui laisse errer ses idées. Guère d’inspiration, pourtant. Qu’allait-elle faire de cette vie ? Elle ne serait probablement pas libre d’aligner les créations vestimentaires et autres fantaisies esthétiques, si Ebenezer découvrait combien, parfois, elle pouvait accidentellement donner de drôles - et lugubres - effets secondaires à ce qui paraissait pourtant inoffensif. Elle corrigeait toujours, rendait aux vêtements, corsets ou ceinture leur inertie naturelle et on oubliait. Ebenezer était probablement, comme Amalrich, un homme de mémoire qui ne passerait pas à côté de la réalité. Et puis, quoi ? La position serait trop ambiguë, si tant est qu’elle obtienne un tant soit peu de succès, elle serait obligée de sortir de la discrétion qu’elle aimait tant, de se faire mondaine quand elle n’était rien sinon une lectrice muette et jugée soit timide, soit sans cervelle.

Une tisane, ça n’est jamais assez efficace. La paix s’est effritée, l’acceptation s’est effondrée et elle a étouffé nombre de larmes entre les coussins, sur ce lit aussi confortable que significatif de sa condition de prisonnière. Elle ignore ce qu’elle a pleuré si longtemps, rien ne lui manquerait des von Abbetz. Alors elle a peut-être pleuré le vide, l’inutilité, l’absence, le rien persistant de ce petit coeur qui resterait sec et froid. Seul. Elle déteste se lamenter, Demelza. Elle déteste se comporter avec la normalité d’à peu près toutes les jeunes filles de son âge. Elle déteste les sentiments excessifs, le manque de retenue, le vrai. Être un mensonge lui convient bien mieux. Être comme Ophélia désirait qu’elle soit : délicate, talentueuse, maîtrisée. Mais Ophélia n’était plus là, et avec elle étaient partis ses précieux conseils, sa liberté de belle anglaise, son intellect indéniable, son aplomb, sa dignité. Demelza ne pensait pas pouvoir être au moins à moitié digne d’elle. Au moins à moitié digne d’Ebenezer von Hohnstedt également.

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Sha
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Ebenezer von Hohnstedt
J'ai 17 ans ans et je vis tout en haut de Feldberg, dans un Manoir qui surplombe la Schwarzwald et Baden Baden, en Allemagne. Dans la vie, je suis un sorcier. Mon sang est celui de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma malchance, je serais prochainement fiancé et je le vis plutôt mal.




ft. James Bay
couleur – 232169

...*...

Assis sur son tabouret haut, de petites lunettes accrochées à son nez fin, il observe. Derrière lui, le piano enchanté joue en boucle des airs que sa mère avait pour habitude de jouer quand elle lui faisait la leçon, des airs qu'elle aimait tout particulièrement. C'était même comme ça que Siegfried avait conquis son cœur froid et morne. La légende racontait qu'il s'était installé sur un petit tabouret et avait joué sans la quitter des yeux une seule seconde. Ses doigts avaient parlé plus qu'il n'aurait réussi à le faire en tête à tête.

Elle avait souri, elle qui ne souriait jamais. Ils s'étaient revus et il avait continué à lui jouer des airs pour la faire sourire. Jusque dans son cercueil et sous le linge froid de son linceul, il se souvient encore de son sourire froid mais doux.

Il réajuste un instant ses lunettes, jette un œil à la grande horloge qui trône au milieu de son laboratoire enchanté, et finalement il finit par déposer les outils dans la petite caisse de métal à sa droite. Il retire ensuite méthodiquement ses gants blancs et les jette dans la poubelle. Il sent encore un peu le formol et le souffre, mais l'odeur finira bien par disparaître.

Ça ne l'inquiète pas vraiment. Ce qui le froisse à ce moment, c'est l'absence.  

Her Almarich von Abbetz n'est toujours pas venu le quérir. De même, son oncle Eberhard n'est toujours pas venu le chercher pour le questionner ou le disputer. Ça fait maintenant trois jours qu'elle est arrivée, et il n'y a personne. Ils ne sont qu'ensemble.

Pourquoi est-ce qu'elle n'a rien dit ? Est-ce que cette mascarade est ce qu'elle désire ?

Est-ce qu'elle sera assez forte ?

Il plonge ses pupilles sombres dans le ventre ouverte d'une sirène attachée à une longue table refroidie par une rune glaciale. Son torse blanc est légèrement bleui et ses membres sont désormais rigides. Ce corps est étrange, de sa gorge ouverte comme une étoile qui dévoile des cordes vocales intactes et particulières. Il était certain de pouvoir finir d'écrire ses conclusions et de pouvoir dans le même temps élaborer un système afin de les transposer dans un instrument à corde, mais en réalité, il n'a fait que penser à elle.

Elle doit être dans la bibliothèque.  

Il ne sait pas vraiment. Ebenezer est un homme simple, qui a laissé toutes les fenêtres ouvertes, toutes les portes déverrouillées. Il l'a laissé aussi libre qu'il le lui avait promis, il lui a même proposé d'engager une suivante et un domestique, à elle et à elle seule.

Elle doit se demander pourquoi il est aussi conciliant et attentionné. Eberhard aussi devrait se poser la question, car le jour même où il se la posera, ce sera déjà trop tard. La revanche sera là.

Il se lève finalement de son tabouret, retombe sur le sol, fait également choir un linge blanc sur le cadavre frigorifié et l'abandonne à son triste sort. Il lui suffit d'approcher de la porte scellée pour que toutes les lumières du plafonnier ne s'éteignent une à une derrière lui, donnant l'impression d'un homme qui chasse la lumière. C'est à peu près vrai.

Au bout de quelques secondes, il est sorti de son bureau. Les portes claquent derrière lui – l'œil qui trône au-dessus du bois sombre se referme également - et finalement il se dirige vers la salle à manger.

Il est 11h46, et toute cette viande l'a mis en appétit.



Oh Darling,
Darling, What I have done ?
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Nimue
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Tortue



Demelza
von Abbetz

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Elle ne dit rien. Elle accepte tout. Et dans le même temps, elle ne demande rien. Trois jours. Pas de protestations, pas de hurlements, pas de révolte. Elle n’a pas pris la peine d’écrire à son père, se disant alors que, peut-être, ils viendraient d’eux-même vérifier, elle aurait très bien pu l’informer que tout se passait bien, qu’elle était aussi bien logée que nourrie mais non. Trois jours. Elle sait que ça leur est égal, désormais. Demelza sort à peine de la chambre, dans laquelle elle reste la majorité du temps, ne s’en extirpant que pour feindre de manger avec un appétit qu’elle n’a pas. La demoiselle en blanc se déplace dans le bruissement des tissus délicats et si ce n’est les escarpins la journée (le peu qu’elle traverse un couloir), elle ne fait pas le moindre vacarme dérangeant - c’est à peine si elle semble vivante à l’oreille, d’ailleurs. Elle n’explore pas et si tout est ouvert, alors elle n’en sait rien. Elle ne touche à rien et pousse le problème jusqu’à s’installer dans la bibliothèque pour ne lire que des ouvrages sortis de sa propre valise. Elle n’est pas chez elle, elle le sait, elle n’est qu’en séjour temporaire, en visite, en sursis. Ca n’aurait pas de sens qu’on l’y laisse jusqu’à la date du mariage, si tant est que tous décident qu’il y’en aurait un.

Elle est assise sur le sol, plongée dans les Contes Macabres d’Edgar Allan Poe, lorsqu’elle se laisse avaler par le sommeil. Elle dort peu et n’a finalement plus assez d’énergie pour tenter de dessiner quoi que ce soit car elle craint de finir par se promener sans en avoir conscience au beau milieu de la nuit, alors elle se tient en éveil, décale le repos, le limite, le morcèle. Elle glisse doucement, le corps rencontre la fraicheur du parquet, le livre s’échoue à son tour. Elle n’a pas cherché à s’évader et si elle a pleuré la première nuit, elle ne l’a pas fait savoir. C’est à croire qu’elle n’a aucun besoin, aucun désir, rien de ce qu’est l’aristocratie exigeante. Elle pourrait très bien n’être plus qu’un joli cadavre abandonné.

Un faux cadavre qui se relève, qui revient à la vie dans un sursaut terrifié, la paume se plaquant par réflexe sur la bouche qui voudrait exprimer la peur. Elle ne veut pas passer pour une gamine traumatisée ou trop craintive. Elle ne veut pas qu’Ebenezer la pense faible. Les heures se mélangent trop dans son esprit, elle ne sait plus dans quel sens tourne l’horloge. Il lui faut un café, fort, noir. Elle se remet sur ses jambes, récupère son livre qu’elle vient serrer contre elle et se met à chercher âme qui vive capable de lui indiquer où trouver la boisson salvatrice - en vérité, elle est lasse d’avance de devoir déranger quelqu’un quand elle pourrait très bien se servir comme une grande. Elle ne sait pas comment elle parvient à la salle à manger, tout ce qu’elle voit, c’est que le maître des lieux s’y trouve et elle est embarrassée. « Navrée, je ne voulais pas.. » Le déranger. La phrase meurt au bord des lèvres. Elle a le regard fatigué, la langueur mélancolique d’une évidence à faire pâlir. « Je voulais seulement un café mais cela attendra. » Un café, comme seul repas. Elle devrait retourner dans la chambre, reprendre ses croquis, retravailler quelques ébauches, s’occuper de motifs de dentelle et toutes ces choses futiles qui n’intéressent pas les hommes. « Bon appétit, monsieur. » Car s’il est ici, c’est qu’il a forcément faim, de ce qu’elle avait retenu de leur premier échange, et qu’importe l’heure puisqu’entre ces murs, aucune règle ne règne à ce sujet. La robe plus longue à l’arrière qu’à l’avant suit le mouvement lorsqu’elle pivote et rebrousse calmement chemin. Sortir était idiot, parfaitement stupide, pourquoi ne s’était-elle donc pas contentée de lire près de la fenêtre, là où elle ne dérangeait aucune tranquillité ?  

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Sha
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Ebenezer von Hohnstedt
J'ai 17 ans ans et je vis tout en haut de Feldberg, dans un Manoir qui surplombe la Schwarzwald et Baden Baden, en Allemagne. Dans la vie, je suis un sorcier. Mon sang est celui de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma malchance, je serais prochainement fiancé et je le vis plutôt mal.




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Il n'est installé que depuis quelques minutes, il est d'ailleurs en train d'ajuster les couteaux et les fourchettes autour d'une assiette vide, quand elle arrive. Les yeux bleu sombre se lèvent, se posent sur elle, dans une froideur qui n'est pas impolie. La distance existe seulement, il faut la prendre en considération, la sentir. Elle est comme une bise entre eux, comme un fossé qui s'apparente à des montagnes. Ils sont deux sommets qu'on aimerait voir s'épouser.

Ebenezer n'a rien contre la hauteur, mais il n'aime pas les pentes glissantes. Il a toujours été trop prudent pour ça.

– Navrée, je ne voulais pas..

Il réajuste seulement sa fourchette dans un élan maniaque et minutieux. Il voit bien qu'elle est fatiguée, et il imagine que si elle est venue jusqu'ici, c'est bien parce qu'elle a faim. Il imagine seulement, car en réalité, il n'en sait rien. Il ne l'entraperçut qu'hier, en allant visiter sa chambre, avant de se raviser à lui poser des questions, à la déranger. Il se ravise toujours, Ebenezer, car il a l'impression que s'il s'en occupe trop, il aura des responsabilités. Il veut bien jouer avec elle, mais en aucun cas l'apprivoiser. Ça lui fait peur qu'elle s'attache, quand bien même rien ne peut vraiment l'y empêcher.

Il a peur de s'attacher aussi, parce que tout le pousse à le faire. Il n'est qu'un jeune homme seul, horriblement seul. Il a toujours cru qu'il serait bon de vivre ainsi, en autarcie, dans un profond ascétisme. Il faut se rendre à l'évidence que d'avoir un peu de compagnie est agréable, de temps à autre.

Le temps d'un repas, notamment.

– Je voulais seulement un café mais cela attendra. Bon appétit, monsieur.

Elle se retourne déjà, s'échappe comme si elle le fuyait. Au bout du couloir, dans l'autre sens, c'est Anselm qui revient. Le majordome est un homme fort et imposant, haut de taille, large d'épaules. Sa peau d'ébène semble aller mieux au décor que n'importe quel costume ou uniforme. Il en porte cependant un, fait du même acabit que celui de son Maître, de son Her comme on dit ici en Allemagne. C'est un smoking noir sans fioriture, sans griffe, sans rien. Aussi neutre que peut l'être le serviteur.

Avant qu'il n'arrive, le jeune homme souffle en anglais à l'attention de sa promise :

– Vous devriez rester manger avec moi, aujourd'hui.

Ebenezer tend les doigts, et cette fois ajuste le couteau le plus à sa droite.

– Vous pourrez prendre ce que vous voulez. Un café, ou autre chose.

Anselm arrive enfin à leur hauteur – cette fois il peut entendre les mots de son maître, d'autant plus qu'il reprend pour langue leur très fameux allemand.

– Ajoutez une assiette, Anselm, et que Madame vous dise ce qu'elle veut pour midi. J'ai un peu de temps devant moi.

Par réflexe, il jette un regard à sa montre.



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