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 (E&N) you could be the corpse and i could be the killer

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Sha
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Tortue


Le contexte du RP
Mise en situation

La situation
Ebenezer von Hohnstedt est l’un des derniers héritiers de son sang. Un soir comme un autre, son oncle, le seigneur Eberhard, lui annonce qu’il sera marié avant la fin de l’année à une jeune fille de bonne famille qui est également issue d’un mariage mixte (la mère d’Ebenezer n’est autre qu’une anglaise). Le jeune homme ne semble pas ravi mais ne dit rien.
Très rapidement cependant, la fiancée, Demelza, va comprendre que quelque chose cloche chez ce jeune homme, quelque chose qui pue la mort…


Contexte provenant ©️Sha&Nimue



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Sha
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Ebenezer von Hohnstedt
J'ai 17 ans ans et je vis tout en haut de Feldberg, dans un Manoir qui surplombe la Schwarzwald et Baden Baden, en Allemagne. Dans la vie, je suis un sorcier. Mon sang est celui de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma malchance, je serais prochainement fiancé et je le vis plutôt mal.




ft. James Bay
– Ce n’est pas une punition, tu sais.

Eberhard le fixe avec ses yeux bleus clairs comme si ça pouvait changer quelque chose. Assis en face de lui, le garçon s’est raidit. Ses doigts se sont légèrement crispés, de même que sa mâchoire. Ses yeux se sont arrondis, eux, mais il a des yeux étranges Ebenezer, des yeux qui ne détestent pas, qui ne s’insurgent pas.
On dirait juste qu’il a peur, sur le moment.
Du haut de ses dix-sept ans, de quoi devrait-il avoir peur ? De la jolie Demelza ? Non, il le voit bien sur les photos, elle est adorable comme un coeur. Ses cheveux blonds font honneur à toute l’Allemagne. On dirait même qu’il n’y a pas un brun de sang anglais chez elle, comme si sa mère avait été odieusement retiré de la lignée.
Eberhard préfère ça aux cheveux bruns couleur de la nuit de son neveu. Il le préfèrerait plus affable, aussi.

Les lèvres d’Ebenezer s’étirent doucement. Il fait un effort qui lui coûte, ça se voit. C’est douloureux pour lui d’avoir à se défendre de façon honnête alors même qu’Eberhard profite d’une faille pour lui imposer ce mariage. Une faille qui ne tardera pas à disparaître. Une faille qui s’appelle l’âge.

– Et si je ne veux pas… ?

Le visage de l’oncle s’illumine d’un sourire qui écrase davantage le garçon. Bien sûr qu’il ne veut pas. Il le savait avant même de conclure un accord avec la famille von Abbetz, mais est-ce qu’il peut s’affranchir du bon vouloir de son neveu ? Depuis la mort de Lenore et de son mari, oui. C’est ce qui arrive quand on est un orphelin, c’est ce qui arrive quand on est sous la coupe du vieil Eberhard von Hohnstedt. On finit par ployer, ou par être broyé.

– A-t-on vraiment le choix, dans la vie ? Il minaude un peu, fier peut-être de gagner ce match déséquilibré. Ebenezer baisse les yeux d’un air de colère, mais son oncle s’en fiche et continue : Ça pourrait être pire ! Au moins, elle est mignonne.

Le brun est à deux doigts d’éclater dans un cri mais au moment de relever ses yeux sombres sur son oncle, il voit ce dernier qui se lève d’un air nonchalant. Il a l’air de dire que c’est fait. Que tout est fait. C’est fini, plié. Pas question d’en discuter, de lui demander, de l’amadouer.
Pas besoin de ça, pas vrai ?
Ebenezer reste là alors, il écoute le visage placide les pas qui s’éloignent, le contourne. Il entend vaguement un “au revoir” ou quelque chose qui sonne comme ça, mais qui ne laisse aucun sentiment de plaisir, de satisfaction.
Au lieu de ça, un profond vide le foudroie.

Il se remémore dans le désordre les choses, les dates. De la visite de la famille, du chaperon, de la jeune fille, de la bague… Ca lui laisse à peine le temps de poser des sceaux de protection sur certaines des portes du Manoir, de ranger ses affaires, de changer les rideaux poussiéreux de sa chambre où il n’a jamais dormi.

Il pense également à sa mère.
A la fontaine.

Demelza...

...*...





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Nimue
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Limace



Demelza
von Abbetz

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ft. dove cameron by © EXORDIUM.
Elle a l’air d’une poupée superficielle, avec ses longs cheveux d’un blond si clair qu’on supposerait qu’il n’y’a aucune couleur coulant dans ses veines, avec ses grands yeux bleus et ses lèvres pulpeuses. Elle a l’air fragile, avec son petit corps fin, sa taille de guêpe. Elle a l’air lisse, dans son silence, la main de son père posée sur son épaule, ferme et autoritaire. Elle n’oppose aucune résistance, Demelza, car elle sait cela bien inutile. Sa mère aurait été plus douce, sa mère aurait laissé une porte de sortie, une possibilité de refus mais sa mère n’était plus là depuis cinq ans, déjà. Du haut de ses dix-sept années, l’adolescente paraissait résignée, apprêtée d’une jolie robe d’un blanc qui laissait transparaître une indéniable idée de pureté. On la désirait représentative de l’offre qui avait été faite, car après tout malgré les années, les changements de mentalité, les von Abbetz restaient de ces conservateurs élitistes qui ne connaissaient guère la notion de liberté ou de mariage d’amour.
Elle ne rechignerait pas, Amalrich n’en doutait pas une seconde car il avait bien élevé la gamine. Il espérait que la lignée du garçon ne se rendrait toutefois pas compte des quelques bizarreries qui étaient celles de la jeune fille : sous son minois de rêverie, il n’y’avait d’yeux que pour les découvertes, il n’y’avait de passion que la curiosité dévorante et presque compulsive de nouveautés en tous genres. Et le sang, bien qu’elle le juge vulgaire, exerçait sur elle une sorte de fascination pour le moins dérangeante. La surface délicate et innocente tiendrait-elle jusqu’aux voeux ? Joue-t-elle la naïveté par calcul ou par habitude ? Les deux, peut-être. S’il l’aime, tant mieux, dans le cas contraire elle devrait trouver une stratégie de survie - on n’échappe pas à un mari de ce cercle social sans y laisser des plumes et elle le sait, elle en a une conscience aiguë malgré sa jeunesse. C’est d’ailleurs à peu près tout ce qu’elle sait des hommes.

Elle se trouve un peu idiote, là, devant la porte, abandonnée. Amalrich n’a pas de temps à perdre, il a des affaires plus urgentes à régler, des placements à gérer. L’argent vaut plus qu’une fille. On ne peut pas dire qu’il y tienne vraiment, bien plus attaché à l’avenir de son fils. Et puis, Ebenezer ne semblait pas adepte des visites nombreuses et babillages avec des inconnus. Ils feraient deux parfaits taciturnes soigneusement assortis sur un lit de bénéfices. Pour les familles, pas pour eux. Eux ne comptaient pas. Elle ne montre pas cette peur qui lui noue brusquement l’estomac, non de solitude, pas plus qu’à cause du décor mais parce qu’elle réalise brusquement qu’elle est menottée à cet avenir triste qu’on lui impose - qu’elle suppose triste. Va-t-elle devoir mourir de manque de culture, de littérature et de raffinement ? Nombre de nobles diraient que les dames gèrent la maison, le mobilier et les salons. Demelza ne se leurre pas, entre ces murs elle n’aurait pas son mot à dire, son père a été très clair : se taire, ne pas offrir en spectacle ces idées saugrenues qu’elle avait, ne pas dévoiler cette magie si fluide qui glisse trop aisément entre ses doigts pour faire naître de douteuses inventions - qu’elle fasse naître une descendance, non des sources de tourments, non des contrariétés multiples à ce mari auquel elle devrait soumission. Il n’était pas question de bonheur, en ces heures qu’elle jugeait bien sombres.

C’est une urgence qui rampe sous sa peau, un instinct qui s’étire, s’arrache à son apparence paisible, c’est soudain, brutal, lorsqu’elle pose son attention sur cette porte qui se refermera trop vite pour l’enterrer, l’effacer, oblitérer son individualité.

…*…

Les valises solitaires sont délaissées par le félin délicat. La fourrure immaculée donne une sorte de prestance à l’Angora observateur, à l’abri de la végétation. C’est un chat de salon, certitude appuyée par la propreté et la finesse qui s’en dégagent. Mademoiselle n’avait pas précisé avoir une telle compagnie, n’est-ce pas ? D’ailleurs, où est-elle ? Le Majordome semble perplexe.

Demelza s’est peut-être perdue, on n’aurait pourtant pas laissé une jeune fille seule, là, non ? Et pourtant, Amalrich n’a pas tenu parole, il n’a pas accompagné sa progéniture jusqu’à la sécurité évidente d’une main donnée à Ebenezer en personne. Il était, qui plus est, en avance. L’animal file à l’intérieur, calme l’allure une fois entre les murs du manoir, pattes de velours et regard d’azur sur l’ambiance. Curiosité. Ne dit-on pas « curieux comme un chat » ? La métamorphose ne fut pas choisie au hasard. Elle cherche le propriétaire des lieux, sans bruit, espérant pouvoir l’observer tel qu’il est réellement et non tel qu’il se présente en société.
Diable que cette demeure est grande.
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Sha
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Ebenezer von Hohnstedt
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ft. James Bay

Le Manoir des Von Hohnstedt n’a pas connu pareil chamboulement depuis la mort de feu Lady Lenore Grey, aristocrate venue se perdre dans les bras de son époux, le très beau Siegfried Von Hohnstedt. Longtemps au milieu de la forêt noire les nobles racontaient que l’ange était amoureux d’une diablesse cruelle et perverse. Elle n’avait jamais eu bonne réputation, la terrible Lenore. Il aurait aimé, lui aussi, aimer.
De la même force, de la même hardiesse. Aimer à tout sacrifier, aimer à tout lâcher, aimer à n’en plus pouvoir parler. Aimer tout simplement.

Assis sur le petit tabouret qui le mène à hauteur du piano à queue, il ferme les yeux et ses doigts vont et viennent sur chaque touche*. C’est un petit peu de lui, un petit peu du silence qui se meurt sur le bout de ses phalanges étriquées. Ses yeux bleus sombres se concentrent sur un point qui n’existe pas, sur un vague qui le saisit. Ses lèvres fines murmurent des mots que nul ne saurait entendre, des paroles vaines parce qu’elles n’iront jamais flatter le cœur d’une autre.
Il n’est pas triste cependant, pas triste non, résigné plus qu’autre chose. Comme ses jointures qui vibrent à chaque son qu’il tire des cordes frappées, des cordes malmenées. Il faut bien faire souffrir la pièce pour en tirer le meilleur. Il faut bien souffrir de quelque chose. Il n’y a qu’à l’ombre d’un cœur offert qu’on se repose le mieux.

Derrière l’étrange spectacle que donne le jeune aristocrate à son piano, la Fontaine immense trône et danse une valse aussi lente que sensuelle, si douce qu’elle est une poésie à elle seule. Un plaisir pour les yeux, mais Ebenezer ne veut pas la regarder.
Il continue, s’évertue, et la Fontaine qui a désormais les traits d’une très belle femme danse avec lui, toute silencieuse, retenant chacune de ses gouttes de venir troubler le repos de l’âme. Elle danse, allonge ses membres aqueux, sa longue chevelure formée toute d’écumes blanches roule sur son dos céruléen. Elle est belle, immense comme deux hommes, et quand le piano s’éteint sur le bout des doigts d’Ebenezer, elle s’écrase lentement en une pluie multicolore dans son antre quelques centimètres plus bas.
Creusée dans le marbre noir veiné de blanc, enfin elle se repose.

Le jeune homme reste en place. Face aux pièces noires et blanches, il n’ignore pas qu’il est l’heure.

Son âme s’emballe et sa respiration se saccade comme s’il avait trop hurlé, comme s’il avait couru à en perdre tout son souffle. Ce n’est hélas pas le souffle qui lui manque, mais l’envie.
Quand il se lève de son tabouret, il referme avec une attention toute particulière le couvercle sur les quatre-vingt-huit touches. Il s’y tient quelques secondes avant que n’entre dans son champ de vision un petit point blanc qui ressemble à une lumière.
Il tourne lentement les yeux vers elle et découvre un magnifique angora assis juste là, à l’entrée du couloir qui file entre les deux grands salons et la salle de réception. C’est ici qu’a été posé le bassin de la Fontaine, ce après quoi il y a déposé le piano. Dans cet ordre ça n’a de sens que pour lui.

Il n’a pas l’air surpris, mais il n’a pas l’air non plus satisfait.
Il se surprend à tenir le regard du félin et finalement, d’un pas autoritaire mais lent, il s’approche. Ses belles petites chaussures sont bien cirées et teintées d’un noir abyssal, alors qu’il porte un jeans plus moderne, plus décontracté. Une chemise couleur de jais lui cintre parfaitement les épaules, droites et bien prononcées. Il est nonchalant quand il s’agenouille devant l’invité particulier.
Il tend la main, vient doucement flatter le haut de la tête de l’angora. Son pelage est épais, particulièrement soyeux. Un beau spécimen, bien racé. Pour sûr que ça plairait à Eberhard, ce genre d’animal guindé.
– Ne t’égare pas, petit chat. Il y a des choses dans ce manoir qu’on ne voit qu’une fois.
Son ton est doux, suave même. On dirait presque un serpent, si seulement il n’avait pas ce doux accent, mélange entre ses deux sangs.
Comme il dit ça, il finit par se redresser calmement. Il jette un regard à sa montre et content de son exactitude horaire, il s’éloigne du piano pour mieux se rendre jusqu’à la porte où il compte bien trouver M. von Abbetz et leur adorable chérubin féminin.
Il ne se retourne pas une seule fois vers l’animal.
Au mieux, il nourrira les choses qui se terrent…



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Nimue
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La contemplation féline a ce quelque chose d’impérieux qui semble aller de paire avec leur nature. La mélodie est douce à l’oreille mais rien ne l’est plus, finalement, que ce qui se déploie devant les billes du factice animal qu’elle est. Elle ne songe même pas à partir, à se dissimuler, captivée par ce qui se dégage de la scène. C’est étrange de regarder quelqu’un sans le filtre des normes sociales, du devoir et de la bienséance. Elle n’a pas eu souvent l’utilité de ce talent si durement acquis, simple note sur un long pédigrée, si l’on peut dire et elle se délecte ainsi véritablement de ce que cette condition offre momentanément.

La paume de la main masculine flatte la tête blanche, sans brutalité, permet d’évaluer un premier contact défait de barrières, de préjugés. Les yeux se ferment d’appréciation, un instant. « Ne t’égare pas, petit chat. Il y a des choses dans ce manoir qu’on ne voit qu’une fois. » Il se redresse et s’éloigne après avoir consulté sa montre et si elle avait été le Cheshire Cat, elle aurait offert de ses dents le plus beau des sourires moqueur. Il n’en est rien. Les pas s’éloignent et elle ne se met en mouvement que quelques secondes plus tard, sans précipitation.
Elle a vu ce qu’elle désirait voir.

…*…

« Mon père est parti depuis un moment, déjà. » Et peut-être que le Majordome sue sang et angoisse de la chercher, elle n’en a que faire. Et peut-être qu’il est surprenant de la trouver dans le dos du jeune Ebenezer alors que nul ne l’a vue franchir la porte de la demeure. Elle est en train de défroisser les plis de sa jolie robe blanche tout en le disant. En y regardant de plus près, lorsqu’elle croise le regard du sorcier, il est possible d’y lire le même air un peu supérieur qu’avait ce chat, dans l’autre pièce. La couleur est d’ailleurs identique. « Il semble que la vertu d’une fille possède moins de valeur que les espèces sonnantes. » Elle a la voix douce, comme une brise délicate mais on y entend des notes laissant penser qu’il est possible que s’y glissent de violentes tornades. Elle a l’air d’une sorte de princesse lumineuse qu’on aurait gardé à l’ombre trop d’années, dont le charme tendre se serait corné sur les courbes pour en faire des angles plus aiguisés. « J’ose espérer que votre Majordome ne me tiendra pas trop rigueur de la petite farce. J’ai.. » Elle remet une de ses mèches blondes en place, derrière son oreille, nerveusement. « J’ai été prise d’une sorte de bouffée d’angoisse. Je sais, c’est ridicule. » C’est ridicule parce qu’ils n’ont aucun choix à faire, dans cette histoire. On a verrouillé autour d’elle une cage dorée, fuir lui était aussi impossible que refuser, après tout. On dit qu’il faut accepter les épreuves pour mieux les vivre, quand il n’y’a pas d’autre chemin. Elle a un peu peur de ce que le mariage implique. Elle a un peu peur d’être déjà propulsée dans ce monde là, si jeune, alors que nombre de ses ‘amies’ d’autrefois n’avaient pas eu ces contraintes au sein de lignées plus modernes - ou moins en péril, à dire vrai.
Elle ne connait rien de cet Ebenezer von Hohnstedt.
Elle ne sait rien de ses intentions à lui.
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Ebenezer von Hohnstedt
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ft. James Bay
couleur – 232169

Il ne faut qu'un moment au jeune homme pour rejoindre l'entrée, mais il n'y trouve personne si ce n'est trois grosses valises. Il est un peu surpris au début, avant d'entendre une voix claire derrière lui. Ce n'est certainement pas celle d'Anselm. Le pauvre bougre est un homme de la forêt, il est aussi rude que ses mains sont épaisses. Il doit encore être furieux à courir par une enfant, tout comme il était furieux après le jeune Ebenezer, dix ans auparavant, qui slalomait dangereusement entre les vitrines et les miroirs de sa mère. Il serait furieux c'est sûr, mais ça ne l'amuse pas, ça ne l'amuse plus de rendre toutes rouges les longues oreilles d'Anselm.

Il se moque éperdument de savoir ce qu'il sent et ressent. Les sentiments glissent sur sa peau. La surprise elle-même fond sur ses lèvres alors qu'il se retourne et fait face à la demoiselle – sa promise, sa femme – qu'importe son nom, il n'en reste pas moins une détonante blancheur face à lui. Il se souvient du tableau qui trône dans le bureau de son père. Siegfried tout de blanc vêtu, si beau, si blond, tenant d'une main royale les délicates phalanges de sa toute jeune femme, Lenore, aussi sombre que son fils, aussi ténébreuse que la nuit.

Voilà qu'ils créent en un seul instant le renouveau du château des von Hohnstedt.

Un seul instant, bien sûr, car aussitôt le regard bleu s'assombrit davantage, virant presque au noir. La demoiselle est charmante, Eberhard le lui avait dit, mais ça ne l'intéresse pas. Il n'est pas de ces gens-là qui s'intéressent qu'aux belles figures. Elles sont encore plus belles si elles sont accompagnées de griffes et de crocs acérées, d'une envie de dévorer toute la connaissance du monde et plus encore si elles ne rechignent pas à s'enfoncer dans la chair pour en tirer du sang bien rouge.

La poupée n'est certainement pas de ce genre, même si elle semble très lucide sur leur condition de jeunes gens à marier.  

– Qui de nos jours n'échangeraient pas un peu de vertu pour beaucoup plus de pièces sonnantes ?

Il ne sourit pas, il grimace presque. L'argent est une chose d'hommes, mais surtout une chose de mortels. Il l'est lui aussi, de la même façon que l'était sa mère et son père, mais les lois de la nature sont faites pour être violées. Les lois ne sont que l'apparat de ceux qui ne sont pas libres. Ils se cachent derrière ce merveilleux bouclier, incapable de prendre des risques, incapable d'assumer.

Il les déteste, tous.

– Anselm n'aime pas vraiment les caprices, et il y a bien des choses qu'Anselm considère être un caprice.

Il avance d'un pas, toujours dans l'élégance donnée par la jeunesse et par son rang. Il a un léger mouvement de tête. La tradition voudrait qu'il lui prenne la main et la lui baise, mais il est encore trop tôt pour un contact avec une autre créature aussi vivante et humaine que lui.

– Ebenezer von Hohnstedt, enchanté.  

Le sorcier jette un regard aux valises et reprend, ses yeux sombres plongeant de nouveau dans ceux de la jeune femme :

– Mon majordome s'occupera d'amener vos valises jusqu'à votre chambre. Je vous fais le tour du propriétaire ?

Il n'est pas attentionné, il est simplement bien élevé comme tous les enfants de son âge qui ont été dressé en véritables singes savants. Ils sont bien beaux quand ils sont dociles comme ça, pas vrai ?  

– Je ne sais pas si vous avez des préférences en matière de... pièces... Les salles d'eau... ? Sans arrière pensée.

Il l'imagine déjà à se pouponner derrière une jolie coiffeuse, à tenir en équilibre devant un grand miroir jusqu'à trouver quelque chose qui lui aille à la perfection. Elle a l'air d'être de ces créatures à qui tout va. De ces créatures naturellement parfaites, à qui tout va et à qui tout réussit. Lui-même serait parfait si seulement il était moins lugubre.



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Demelza
von Abbetz

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Couleur de dialogue #82628E




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« Qui de nos jours n'échangeraient pas un peu de vertu pour beaucoup plus de pièces sonnantes ? » Demelza ne répond pas. Elle ne sourit plus. Qui se soucie de savoir, quoiqu’il en soit, si sa vertu est intacte ou s’il ne s’agit que d’un mensonge arrangeant ? En partant ainsi, son père remet inconsciemment en doute cette petite chose là. « Anselm n'aime pas vraiment les caprices, et il y a bien des choses qu'Anselm considère être un caprice. » Elle se retient de lever les yeux au ciel, par politesse. « Tous les désirs des femmes sont pour les hommes des caprices. Je suis, après tout, le caprice de ma mère. » Amalrich n’avait jamais eu de grand enthousiasme à l’idée d’avoir un autre enfant ou une progéniture sur six pages d’arbre généalogique, il lui suffisait d’un fils. C’était son épouse qui avait tenu à ce qu’il y’ait une forme d’égalité entre les enfants, sur l’éducation tout du moins. Elle en avait eu de la chance, Demelza, d’être si bien éduquée. Elle coûtait cher, disait-on. Elle coûtait cher et on imaginait, par pur raccourci, qu’il s’agissait de bijoux, de vêtements et autres éventails ornés d’ivoire. Parfois, elle en souriait. D’autres fois, elle en voulait un peu à sa famille. Ils n’étaient pas méchants, juste profondément idiots - tout du moins pour la plupart.

« Ebenezer von Hohnstedt, enchanté. » Un sourire de façade orne la bouche délicate, décor de demoiselle bien élevée qui ne ressent, au fond, rien de bien enthousiasmant dans cette histoire. Il faut avoir l’air, toujours avoir l’air, pour qu’ensuite on le lui reproche, d’avoir trop l’air. A vrai dire, le minois relevé et le léger mépris lui allaient bien mieux, un peu comme à ces grands tableaux qui ornent les murs des demeures royales, sur lesquels ont peut observer les nobles dames surplombant de prestige le peuple et le commun. C’est peut-être cela le problème avec Demelza : elle a l’air faite de papier glacé. « Demelza von Abbetz. Bien que vous vous en doutiez. » A l’évidence. S’ils ne savent qu’une chose, c’est bien l’identité de l’autre. « Mon majordome s'occupera d'amener vos valises jusqu'à votre chambre. Je vous fais le tour du propriétaire ? » Elle a un petit sourire amusé. « Vous me caressez la tête mais rechignez à me tendre votre bras, monsieur ? » Elle le sait, qu’il a la main douce s’il le veut, elle sait aussi que sans surveillance d’un chaperon digne de ce nom, ce serait sans doute mal vu mais on l’abandonne ici sans trop se soucier du reste, aux von Hohnstedt de s’accommoder de cette réalité.

« Je ne sais pas si vous avez des préférences en matière de... pièces... Les salles d'eau... ? Sans arrière pensée. » Il y’a bien des avantages à être pourvue d’intelligence et d’intuition mais cela ne compense pas le manque d’expérience ni le manque d’intérêt pour des choses aussi triviales que les arrières-pensées. Ses ‘amies’ - celles qu’elle n’avait eu d’autre option que de fréquenter - avaient un goût immodéré pour les garçons, pour la perspective d’un baiser et.. et généralement elle cessait d’écouter à ce moment, si bien qu’elle serait incapable de se projeter sur la question. « Avez-vous une bibliothèque ? » Ebenezer l’ignorait encore mais si un jour on lui disait que son épouse le trompait, il lui suffirait de se déplacer jusqu’à la bibliothèque afin de brûler les pages du coupable : elle n’a de grand amour passionnel que les livres, voyez-vous. « Soyons très clairs : je n’épouserai pas un homme qui ne possède pas une bibliothèque bien remplie. » A défaut de l’argent qu’il évoquait plus tôt.
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– Tous les désirs des femmes sont pour les hommes des caprices. Je suis, après tout, le caprice de ma mère.

Le regard bleu sombre se relève d'un air intrigué. Il ne connait rien de son histoire ni de sa famille. Bien sûr il connaît vaguement les von Abbetz comme Eberhard a déjà dû lui en parler, mais il n'en est pas vraiment certain. Il a même l'impression qu'il n'a jamais été aussi étranger à quelqu'un qu'à elle. S'il l'avait connu, est-ce que c'aurait été plus facile ? Il l'ignore, alors il détourne le regard.

Du reste, il ne partage pas vraiment cet avis. Ils sont en 2018, ils sont peut-être encore suspendus dans le temps à cause du monde sorcier allemand, rustre et réticent à l'évolution et à la modernité, mais il est différent. C'est grâce à Lenore assurément, à cette figure maternelle aussi puissante qu'imposante dans ses souvenirs. Cette mère si absente, et pourtant présente en chaque parcelle de lui-même.

Il n'en dit rien et continue comme si de rien n'était, comme si tout glissait sur lui. Après tout, c'est ce qu'on attend de lui ? Qu'il soit un bon mari ? Un bon mari, ça laisse parler sa femme sans vraiment l'écouter. C'est ce que fait Eberhard avec la sienne, après tout.

– Vous me caressez la tête mais rechignez à me tendre votre bras, monsieur ?

Le regard bleu sombre change légèrement, comme il fronce les sourcils. Il y a quelque chose qui ne lui plaît pas, mais il est bien incapable de savoir quoi. Ou si, il sait exactement. Il a l'impression d'avoir joué sans même connaître les règles. Ou alors c'est elle, elle qui a triché. Il est en colère contre lui-même d'avoir cru qu'on lui mettrait entre les pattes une pauvre fille bien éduquée, bien guindée.

Il grimace alors, l'expression si parlante de son visage lui échappe quelques secondes avant qu'il ne se reprenne.

– Vous aimeriez me tenir la main ?

L'idée lui semble saugrenue. Il ne la connaît pas de la minute, et elle est déjà là, à vouloir le souiller de sa peau contre la sienne. Il n'est pas si facile à approcher, encore moins à apprivoiser. Il décrète avec lui-même que ce n'est qu'une mauvaise blague et finalement tourne les talons, avançant dans le couloir.

– Je ne sais pas si vous avez des préférences en matière de... pièces... Les salles d'eau... ? Sans arrière-pensée.

Elle le suit, comme le font tous les petits chiens bien dressés. Ils passent ensemble dans le couloir, au bout de ce dernier la Fontaine dort, juste à côté du piano fermé. Il repense à cette histoire de chatte blanche. La maîtrise de la métamorphose est un art délicat et pointu. Lui-même ne s'y ait jamais intéressé. Les animaux sont trop peu élégants.

Ce qu'il a toujours cherché et ce qu'il cherche encore, ce n'est pas une pâle copie du règne animale, non, c'est l'imitation même de la vie, épurée de la perversité des ars occultes. Il laisse aux instruits les arts nobles. Il préfère de loin la noirceur qui lui colle à la peau comme une poisse épaisse, comme une brume qui dessine de ses épaules à ses talons des ailes de corbeau.

– Avez-vous une bibliothèque ?

– Comme tous les aristocrates qui veulent bien paraître...

Son ton est lassé, sans une modulation plus haute que l'autre. Une forme de lassitude dans la voix, de ces femmes qui veulent bien paraître intelligentes et cultivées. Au même niveau que les nobliaux qui cherchent à bien paraître en récitant des phrases toutes pré faites sorties de deux-trois livres vulgarisant des savoirs bien plus profonds.

– Soyons très clairs : je n’épouserai pas un homme qui ne possède pas une bibliothèque bien remplie.

Il hausse doucement les épaules, nonchalant.

– C'est là votre premier caprice, Madame.

Les pas continuent, les talons claquent sur le marbre noir veiné de blanc jusqu'au moment où ils arrivent enfin devant deux portes finement taillées, laissant au relief prendre la forme d'aigles bicéphales aux serres couvertes de roses épineuses. Les deux blasons de ses familles ascendantes trônant là. Déferlante de richesse.

La porte s'ouvre d'elle-même devant les deux jeunes gens et dévoile dans son ventre avide des milliers de livre, rigoureusement rangés sur des étagères multiples. Quand ils y entrent, la bibliothèque prend une forme étrange qui n'est pas sans rappeler la cage thoracique humaine. Le bois arrondi forme ainsi tout autour d'eux des côtes épaisses alors même que les baies d'en face sont séparées par une épaisse poutre qui ressemble quant à elle à une colonne vertébrale.

Les divans et les fauteuils sont nombreux. Il n'est pas sans dire que Lenore Grey invitait ici de bonnes gens, l'esprit vif et critique, à l'époque où elle n'était pas encore la diablesse de la Schwarzwald.

D'un ton presque sarcastique et blasé, Ebenezer reprend en se tournant légèrement vers Demelza :

– Cela devrait satisfaire Madame ?

Sans aucune arrière pensée, bien sûr.



Oh Darling,
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Nimue
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Limace



Demelza
von Abbetz

J'ai 17 ans et je vis à Anzing en Allemagne. Dans la vie, je suis une sorcière et je m'en sors très bien, faisant partie de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma malchance, je serai (trop) rapidement fiancée et je le vis plutôt mal.
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ft. dove cameron by © EXORDIUM.
« Vous aimeriez me tenir la main ? » Elle ne répond pas, parce que c’est inutile. Elle teste, telle une funambule, les limites et les réactions de celui qu’on lui imposait. Son père serait sans doute furieux de la voir faire. Il lui dirait probablement qu’elle est bien la fille de sa mère, avec ses drôles d’idées. Certaines familles sont peut-être plus immobiles que d’autres, les von Abbetz sont de ceux-là. Non, Amalrich est de ceux-là, car on ne fait pas naître quelques talents dans un pot pourri. Amalrich juge les femmes d’une bien peu glorieuse façon, quoiqu’il les aime - mal. Il ne sait pas y faire et comme avec tout ce qu’il ne peut pas maîtriser, il s’agace et délaisse. Ou repousse dans un placard pour les sortir de temps en temps comme de jolis bijoux nécessaires à la reconnaissance. Il n’a pas le tempérament violent, par chance. Amalrich aurait aimé que sa fille soit plus poupée encore, qu’elle reste la petite chose enfantine qui n’avait d’yeux que pour lui. Elle est désormais trop grande, elle ressemble trop à sa défunte femme. Il a ses raisons, que Demelza ne connait pas, et d’ailleurs de son père elle ne sait pratiquement rien sinon ses défauts, ce qui donne souvent de bien beaux quiproquos, incompréhensions et autres erreurs d’étiquetage, si l’on peut dire.

Elle suit sans se faire prier, contemplant les lieux, essayant d’en mémoriser un minimum afin de ne pas se perdre si elle devait se déplacer pour une raison ou une autre. C’est toujours dans les lieux inconnus qu’il nous manque quelque chose, n’est-ce pas ? « C'est là votre premier caprice, Madame. » « En effet. » Elle ne nie pas. Et si il est un aristocrate doté d’assez de livres, il se pourrait que ce soit le seul et unique caprice jusqu’à ce qu’elle soit parvenue à épuiser chaque ouvrage. Havre de paix pour les deux partis qui n’auraient ainsi jamais à se croiser.

Et si Demelza note la délicatesse des deux portes, c’est la taille de la pièce qui lui coupe toute envie de commenter. Sur l’instant, elle n’ose même pas avancer, déboussolée par l’infinité de choix qui s’étend, là, comme respirerait le coeur d’une demeure - parce que c’est ce qu’est une bibliothèque, d’après elle. Ou le poumons, en l’occurrence, tant il pourrait s’agir d’un refuge et tant la forme particulière est intrigante. « Cela devrait satisfaire Madame ? » Le ton ne la froisse pas. En réalité, elle ne s’attendait pas à être appréciée. Elle avait voulu le voir dans sa réalité, dans sa solitude, pour ne pas avoir qu’un reflet négatif, celui qui s’étirerait forcément au fil des années, dans cette si jolie prison.

Au mieux, elle saurait le charmer à peu près une fois par an pour ne pas qu’il la jette aux orties. Si il avait été de ces garçons dont ses camarades parlaient, la perspective de lui plaire aurait été plus évidente à maintenir en tête mais il est sombre, ce jeune homme, il ne dégage pas le commun. Et des femmes, il en aurait de toute manière trop pour qu’elle s’éreinte à essayer. « Voilà qui vous épargnera ma compagnie pendant les trente prochaines années si tant est que j’y survive. » Elle a le ton très sérieux, sans détacher les billes de toutes ces étagères à en faire tourner la tête. « Qui est à l’origine de ce décor ? » Car, même si c’est lugubre, cela reste une forme d’expression, un choix. Elle aime comprendre, savoir, elle est ainsi. Parfois, elle a besoin d’interroger et cela vient, du bout des lèvres, après des jours de mutisme inexplicable. Le plus pénible selon Amalrich était l’inconstance de cette drôle d’enfant qu’il avait là. Elle était pourtant très équilibrée, petite fille. Elle ose quelques pas, le son des escarpins venant rompre la quiétude des lieux et s’avance près d’une rangée d’ouvrages. Les doigts s’approchent et frôlent comme si une barrière invisible les préservait du toucher ; elle se refuse à y déposer un réel contact, à déranger quoi que ce soit. Elle est admirative, purement et simplement. D’un oeil extérieur, elle ressemble à une très jeune fille devant les premières oeuvres d’art de sa vie, lumineuse. Une petite luciole qui éclaire d’en dedans. Et s’éteint aussitôt qu’elle s’extirpe de sa contemplation pour retourner docilement auprès d’Ebenezer. Elle a l’air d’avoir à nouveau pris la poussière trop longtemps enfermée dans une bulle de verre.

« Pourrais-je être informée des horaires courants de la demeure ? » Il fallait bien se faire à l’idée, elle craignait que son père ne daigne pas vérifier qu’elle se porte bien avant d’avoir des papiers à signer et autres formalités à clore.

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Tortue



Ebenezer von Hohnstedt
J'ai 17 ans ans et je vis tout en haut de Feldberg, dans un Manoir qui surplombe la Schwarzwald et Baden Baden, en Allemagne. Dans la vie, je suis un sorcier. Mon sang est celui de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma malchance, je serais prochainement fiancé et je le vis plutôt mal.




ft. James Bay
couleur – 232169
– Voilà qui vous épargnera ma compagnie pendant les trente prochaines années si tant est que j’y survive.

– Vous m'en voyez ravi.

L'air est toujours aussi indifférent et froid. Il ignore pourquoi elle n'est pas déjà en larmes, à se dire que l'éternité ensemble sera aussi longue qu'ennuyante. Au lieu de ça, elle s'approprie la bibliothèque d'un regard, elle se fond dans le décor comme si elle était faite pour y être. Aussi blanche, une colombe piégée dans une cage thoracique. La métaphore d'un cœur esseulé et triste.

– Qui est à l’origine de ce décor ?

De nouveau il plonge son regard sur chaque étagère, chaque cisaille dans le bois sombre du merisier et du poirier. Les plaques décoratives sont faites d'ébène, trop fragile pour faire de lui-même les charpentes d'un meuble ou d'une pièce. Des touches d'or mettent en exergue les détails, les lignes des arabesques qui s'enroulent, piquées de roses éclatantes.

– Ma mère.

Les yeux n'ont pas lâché une seule seconde les innombrables détails qui jonchent la pièce. Il y trouve un réconfort, un repos certain. La pièce, malgré sa charpente horrifique, est accueillante, chaleureuse. Elle donne l'envie de s'y poser et de ne jamais en sortir.

Une véritable cage.

– Ma mère a toujours des idées fantasques...

Il a un sourire doux quand il le dit, qui se fane presque aussitôt face à la cruelle réalité.

– Enfin, avait.

Ebenezer hausse finalement un sourcil, suivant le pas de la jeune femme du regard seulement. Il n'est qu'une statue immobile qui surplombe la scène, du haut des quatre marches qui offrent l'accès au cœur de la pièce. Il ignore pourquoi il lui a montré cette pièce en premier. Il a l'impression qu'elle empiète sur son intimité. On l'y trouve souvent, ils se croiseront forcément.

– Pourrais-je être informée des horaires courants de la demeure ?

Il jette un œil à sa montre, plus par réflexe que par véritable envie de savoir l'heure. Ses yeux sombres tombent sur le minois enchanteur qu'on lui offre et dont il ne veut rien. Si on lui a dit de jouer au singe savant pour lui plaire, c'est raté. Il l'aime de moins en moins, au fur et à mesure des secondes.

– Il n'y en a aucune d'imposée. Je suis le seul résident du Manoir et par convenance, je n'ai jamais pris la peine de faire un planning. Mes domestiques sont à mes ordres – et bientôt aux vôtres. Il suffit de leur demander ce qu'on a envie quand on en a envie et ils y répondront.

Il fait un pas en arrière, prêt à s'extirper de la bibliothèque au cœur de la demeure.

– Par habitude, je mange assez tardivement le soir et très tôt le matin afin de me dégager du temps pour mes travaux. Si vous désirez manger à des heures plus respectables, je ne vous empêche en rien de manger seule.

Au mieux, ça lui laisserait un peu de paix.



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