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Aiko
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Le contexte du RP
Mise en situation

La situation
Ils sont face à face.
Lui, accusé d'avoir gazé ses élèves de fac.
Elle, flic, chargée de l'interrogatoire.
Il n'y a aucun doute sur sa culpabilité : il a été pris sur les lieux, toutes les preuves sont contre lui et aucun témoignage ne lui est en faveur. Pourtant, il n'est toujours pas passé aux aveux. Et, plus que cela, ce sont ses motivations qui restent un mystère.
Elle, est chargée d'obtenir ces aveux -bien qu'ils ne s'avèrent pas des plus indispensables étant donné les preuves accablantes déjà en possession de la justice. Mais elle souhaite aller au-delà de cette simple matérialité. Elle souhaite savoir, comprendre. Connaître les raisons qui peuvent pousser un être humain à une telle barbarie.
Car la psychologie humaine est un réel mystère. Qu'elle aurait rêvé pouvoir éclaircir un jour.

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Aiko
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Gabrielle
Delarge

J'ai 39 ans et je vis à Lyon, France. Dans la vie, je suis policière et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis divorcée, mère de deux enfants et je le vis très bien.


avatar : Sophie Marceau

Allumer la clope à l’aide d’un briquet bientôt en fin de vie. Je m’y reprends à deux ou trois fois avant d’en arriver à un résultat satisfaisant. Tirer, fermer les yeux, expirer : la fumée s’échappe en volutes odorantes. Le tabac emplit le couloir dont une fenêtre, grillagée, est ouverte pour laisser entrer un air frais. Le grillage prévient des suicides plus que des évasions. Il y en a partout. Dans les couloirs. Dans chaque salle pouvant comporter une fenêtre. Finalement, on a l’impression que c’est ici, la prison.
Prison des souvenirs et affaires sordides. Ma main ne peut s’empêcher de trembler légèrement lorsque je porte de nouveau la cigarette à ma bouche. Ce n’est pas la peur. Mais il m’arrive, parfois, d’avoir d’inexplicables tremblements. Forme d’excitation incontrôlable -la clope ?
Je soupire en même temps de rejeter la fumée. Un instant, je pense à ces affaires auxquelles j’ai déjà été confrontée. Des histoires de meurtres banals ; disputes qui tournent mal, crime passionnels, vengeance, héritage. Et les plus élaborés, ceux qui sont étranges, ceux qui marquent les esprits par leur aspect visuel. Je me souviens parfaitement de cette obsessionnel qui reproduisait le martyr de Saint Sébastien, attachant ses victimes post-mortem à n’importe quoi pouvant les faire se tenir plus ou moins droit et plantant dans leur chair quelques flèches procurées Dieu-sait-où. Et ses aveux : ils devaient être martyrs, là était leur Destinées ; ils auraient un Futur grandiose auprès de Lui pour leur sacrifice.
Je soupire, une nouvelle fois. La cigarette touche à son bout.

-Bordel, Gabrielle, tu sais très bien qu’il est interdit de fumer ici !

Je sursaute, vois Anthony, mon collègue, qui s’approche et affiche son air faussement exaspéré. Je ne réponds rien et finis tranquillement ma clope tandis qu’il me remet une chemise verte. Celle contenant les essentiels papiers. Enquête, rapport d’enquête, d’autopsie, dépositions, photos, bilans de santé pour les élèves hospitalisés qui n’ont, bien évidemment, pas encore pu être interrogés étant donné leur état.
Je le remercie d’un signe de tête. Il me fait une tape amicale sur le bras :

-T’inquiète. Tu vas gérer. Comme d’habitude.

Prendre son courage à deux mains. Et y aller.
Faire signe au policier poster devant de m’ouvrir la porte. Je pénètre dans la petite salle étouffante qui sert aux interrogatoires. Sombre, des murs nus, pas de fenêtre. L’air est renouvelé par une ventilation artificielle.
Il y a un bureau. Deux chaises, qui se font face à face. Sur l’une d’elle, face à moi, il y a lui. Qu’on a amené depuis... depuis combien de temps ? Il n’est pas attaché à la chaise et ses poignets sont menottés.
Le flic me dit de l’appeler en cas de danger.
Regard glissant vers le miroir -vitre sans tain. Nous sommes sous le feu des projecteurs. Alors que la porte se referme derrière mon dos. Je sais que tout l’interrogatoire est soigneusement filmé et enregistré. Temps de faire mes preuves.
Je ne m’avance pas, me contente de m’appuyer contre la porte, gardant précieusement la chemise en main.
Je laisse planer un silence. Long silence. Ecrasant. Pendant lequel je le regarde.Sans un mot. Puis, après plusieurs minutes de vide, je balance, d’un ton neutre et fort :

-Vous savez pourquoi on est là ?
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Captain Rogers.
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Charles
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J'ai 65 ans et je vis à Valence, France. Dans la vie, je suis professeur de sciences et je m'en sors bien, ou mal. Ça dépend de votre vision des choses.. Sinon, grâce à ma malchance, je suis veuf et je le vis comment, vous croyez ?.

Tu devrais prendre ta retraite, Charles. Tu sembles fatigué. Et ça doit être encore moins facile avec... Bah... Tu sais quoi...


Bryan Cranston ©️ Carole71
La souffrance est un concept propre à chacun. Certains vont dire qu’ils ont souffert énormément à la suite d’une rupture. D’autres diront que le cancer fait souffrir ses victimes jusqu’à ce qu’il touche enfin leur âme. Souffrir, souffrir. C’est un mot puissant. Il est utilisé pour décrire la pire des douleurs, des peines, aussi. La souffrance fait saigner, mais aussi pleurer. Beaucoup de gens utilisent ce mot sans en connaître l’impact. Ils l’emploient à la légère sans réellement en connaître la définition. Une piqûre de moustique n’apporte pas de souffrance. Une simple insulte non plus. La souffrance se vit de jour en jour, de semaine en semaine, jusqu’à ce que le cœur abandonne pour enfin se rappeler à quel point il était paisible avant de se faire lentement broyer.

On t’a trainé de salle en salle toute la journée. On te brusquait, te méprisait. On te traitait comme un tueur. Ah. Oui, tu en étais un. C’est vrai. Tu avais désintégré vingt-huit jeunes âmes. Et t’avais brisé la vie de sept autres qui vomiront de l’acide jusqu’à ce que leurs tripes ne répondent plus à l’appel de la lutte. Haha. Ils l’avaient bien compris la leçon scientifique. Tu te sentais l’âme généreux : pas d’examens pour cette fois. Tu sentais que la matière les avait bien pénétrés. Putain, tu devrais être comédien. Mais t’es coincé dans cette salle minuscule. Tu ne peux pas monter sur scène pour le moment. Ça viendra plus tard. Lorsque tes poignets seront libérés de ces menottes qui t’irritaient la peau depuis trop longtemps. Qu’est-ce qu’ils voulaient, ces policiers ? Que tu leur racontes comment la peau fond au contact du gaz ? Que tu leur dédicaces ces vidéos horribles que tu avais filmées pendant que les yeux de Steven viraient au rouge ? D’ailleurs, l’a-t-il larguée, sa meuf ? Il parlait d’elle avec tellement de mépris. Mais bon. La question est réglée maintenant, non ?

Les événements s’étaient déroulés trois jours plus tôt. Tu n’avais jamais essayé de fuir. Tu avais simplement joué ton rôle d’enseignement. Les policiers avaient défoncé la porte et t’avaient trouvé confortablement assis à ton bureau tandis que les derniers survivants poussaient des cris juste avant que leurs cordes vocales ne s’évaporent. Tu avais une sorte de sourire fier gravé sur tes lèvres ridées. Au travers ton masque, on lisait une expression de fierté dans tes pupilles dilatées; tu aimais ce que tu voyais. Et tu n’as pas bronché un instant. Tu n’as jamais dit un mot. Personne ne méritait d’entendre tes paroles. Et tu n’avais aucune explication à donner. Enfin, c’est ce que tu pensais. Tes lèvres étaient cousues ensemble depuis soixante-douze heures. Ta langue s’était pétrifiée.

La porte s’ouvre. Tu restes impassible. Immobile. Tes deux mains sont posées sur la table. Ton dos est courbé; les années avaient lentement grugé ta colonne vertébrale. Tes cheveux et ta barbe sont sales, gras. On t’a douché seulement le premier jour pour retirer toute trace de gaz de ta peau. Depuis, la poussière s’accumule sur ton vieux corps. Tes rides sont plus creuses que jamais. Certains disent que tu aurais dû prendre ta retraite il y a de ça des années. Mais tu n’avais pas terminé ta leçon. C’est la voix d’une femme qui vient t’interpeler. Tes deux yeux de vitre se posent sur elle. Un mince sourire incontrôlable vient soulever le coin de tes lèvres. Tu lui réponds par un rire saccadé, rauque. Ta gorge s’anime pour la première fois depuis longtemps.

- Madame ! Bonjour. Ou bonsoir. Je n’en sais rien. Vous me posez la question parce que vous avez oublié vous-même la raison de cette rencontre ou..?


Tu penches la tête sur le côté. Tes pupilles se baladent maladroitement sur les coins des murs, sur le plafond, sur la table. Tu n’as pas toute ta tête. Tu mets la faute sur l’air étouffant de la salle.                

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Je sens, derrière moi, la porte fermée, comme une barrière entre ici et le reste du monde. Nous sommes en face à face dans une bulle lointaine, n'appartenant qu'à nous pour un temps -et pourtant pas si privative que ça puisque, derrière la vitre sans tain, des regards curieux scrutent et attendent. De la même façon que moi j'attends. Je sens mon coeur battre un peu plus fort dans ma poitrine. Ce n'est pas tellement de l'appréhension ; je suis habituée aux interrogatoires et, avec le temps et l'expérience, j'ai appris comment rester calme en toutes circonstances. Néanmoins, au début de chacun d'eux, mon coeur bat toujours un peu plus fort. Dans ce doux suspense de ne pas savoir comment va dérouler la séance. L'autre peut être autant coopératif que réticent. I faut sans cesse adapter ses méthodes, revoir ses stratégies en fonction de la personne que l'on a en face.

Un regard pour l'homme âgé d'une soixantaine d'années qui lève les yeux sur moi. Esprit habitué à l'analyse rapide. Essayer dans tirer les premiers traits de caractères. Entre ce que j'en vois et ce que j'en sais. Il approche de la retraite. N'a pas de passé judiciaire. C'est la première fois que nos services entendent parler de lui. D'apparence banale. A première vue, son physique ne détone pas. Si ce n'est son regard. Ses yeux qui se lèvent sur moi. C'est étrange : j'ai l'impression qu'ils sont ternes, presque absents. Peut-être le coup de l'arrestation, la garde à vue et tout le tintouin. Il n'est pas rasé ni coiffé mais peu de gens arrêtés sur une scène de crime le sont.
Puis, tout à coup, un sourire vient déchirer son visage. Je reste impassible, à l'entendre rire sans raison. La banalité de l'homme s'envole tout à coup : je me demande subitement s'il comprend ce qu'il se passe. S'il a conscience de ce qui s'est passé.
Il rit. Comme il rirait à un jeu.
Je n'arrive pas à définir s'il s'agit d'un rire franc ou forcé. Alors qu'il me répond, d'une façon qui pourrait presque sonner ironique mais je ne suis pas non plus certaine qu'elle le soit.
A-t-il été suivi par un psychologue, dans le passé ? A-t-on des traces de rapports médicaux le concernant ? Je note dans un coin de ma tête de me tenir au courant de tout cela : l'homme n'a pas l'attitude habituelle des mis en garde à vue. Certains restent apathiques, d'autres pleurent en réalisant, d'autres s'énervent, crient, se débattent, d'autres encore demeurent calmes, persuadés de pouvoir cacher leur jeu.
Mais lui, il rit. Il paraît presque s'amuser. Comme si tout cela n'était qu'une farce. Ou un jeu de rôle.

Je toussote un peu pour m'éclaircir la voix et lui demander de se calmer.
Je sens, dans ma main droite, la chemise verte qu'Anthony m'a remise précédemment. Mes doigts se crispent dessus tandis que je m'approche. Sans jamais quitter l'homme du regard, je tire ma chaise et m'assois lentement en face de lui. Sans décrocher un mot. Seulement une attention intense posée sur sa personne.
Je pose la chemise devant moi mais ne l'ouvre pas. Me contente de croiser mes doigts et poser mes mains à plat dessus. Le regard toujours vibrant.

-Je pense que c'est vous qui paraissez l'oublier.

Le ton est calme, posé. Neutre. Aucune animosité mais pas non plus des teintes amicales. Sorte de distance respectueuse ; ne pas faire peser de menace sur l'autre mais ne pas non plus entrer dans son jeu de rigolade. Nous ne sommes pas ici pour rire.

-Bon, reprenons depuis le début, M. Ammann, vous êtes professeur, en sciences, à l'université, c'est bien cela ? Mardi 23 mars 20xx, soit avant-hier, vous étiez, comme à votre habitude, dans les bâtiments de l'université et dispensiez les cours dont vous aviez l'habitude. Confirmez-vous ces dires ?
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Ammann

J'ai 65 ans et je vis à Valence, France. Dans la vie, je suis professeur de sciences et je m'en sors bien, ou mal. Ça dépend de votre vision des choses.. Sinon, grâce à ma malchance, je suis veuf et je le vis comment, vous croyez ?.

Tu devrais prendre ta retraite, Charles. Tu sembles fatigué. Et ça doit être encore moins facile avec... Bah... Tu sais quoi...


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Tu n'as jamais eu le cœur d’un meurtrier. Tu étais monsieur tout le monde. Tu te levais à huit heures tous les matins, tu remplissais la gamelle de ton bouvier bernois et tu lavais bien tes lentilles de contact avant de les mettre dans tes yeux. Tu as toujours bien suivi les instructions, les règlements. Tu avais l’habitude d’offrir un sourire à tes voisins lorsque tu les croisais avant de te rendre à l’école, pour donner tes cours. Ils te renvoyaient le sourire, mais tu avais bien remarqué. C’était un sourire de pitié. Depuis que tu étais seul, personne ne te voyait comme un simple homme dans la soixantaine. Les gens avaient cette fâcheuse manie d’imaginer le pire. Ils pensaient tous que ta vie était un enfer, que tu étais un martyr. Tu avais perdu ta femme et ton jeune garçon de cinq ans dans un accident il y a de ça neuf années. Six longues années dans lesquelles tu supportais le regard des autres, de ceux qui ne comprenaient rien de ta souffrance. Ceux qui te répondaient des conneries pour te faire croire que tu n’es pas seul à vivre un deuil immense. Jusqu’à ce mardi-là, tu étais resté humble, discret. Mais le gaz s’était échappé de sa bombonne, libérant toute cette pression accumulée dans les dernières années. Boom. La haine et le regret s’étaient envolé, empoisonnant les poumons de tout ceux qui n’étaient pas prêts à avaler la réalité.

Depuis que tu as commis ton crime, tu as perdu cette quiétude qui te caractérisait si bien. Tu étais un homme apprécié. Du moins, tu en avais l’impression. Beaucoup d’élèves comptaient jadis sur toi pour cacher leurs secrets. Tu en avais entendu des histoires de tromperies, de traitrises et de moqueries. Tu t’étais toujours fait accueillant, l’oreille active. Tu étais le psychologue de certains. Mais, toi, tu n’as jamais eu de psychologue. Personne n’a jamais remarqué cette colère qui s’accumulait dans tes entrailles depuis que la solitude te rappelait la mort de ta famille. Alors, tu fermes les yeux un instant. Tu prends une grande inspiration. Tu as envie de crier, de pleurer, de t’arracher les cheveux. Mais, ce mélange d’émotions ne ressort qu’en rire gras et malsain. Tu n’en peux plus. Tu veux partir. Partir là où tu n’es jamais allé. Et là où personne ne te reconnaitra. Tu en marre de ces regards de pitié.  

La voix de la femme te réveille à nouveau. Tu plongeais si rapidement dans tes pensées. La folie t’avait rattrapé. Alors, tu lui offres un faux sourire. Tu l’observes un instant. Elle ressemble à toutes ces femmes que tu as croisées dans ta vie. Banale. Jolie, certes, mais ça fait bien longtemps que tu ne t’attardes plus à la beauté. Tu n’as plus le cœur à l’admiration. Tu dresses ton dos meurtri. Ça te vaut une grimace de douleur. Cette chaise est pire que celles offertes aux élèves à la fac. Tes deux mains sont posées devant toi, menottées. Mais tu t’en fiches. Ce ne sont pas des menottes qui t’empêcheront de dire ce que tu as à dire. Mais si tu dois le faire par la violence. Tu flaires l’air. Ça sent le tabac. Tu as, en face de toi, une fumeuse. Tu ignores complètement sa question. De toute façon, tu le sais très bien; le monde entier aurait pu confirmer ces dires. Plutôt, tu fais claquer ta langue contre ton palet. Le bruit résonne comme un coup de feu dans la salle minuscule.
     
- On peut simplement passer les formalités. J’ai tué ces élèves. Et je voulais le faire.

Tu ris un instant. Un rire nerveux, peut-être. Tu ne sais plus te contrôler.

- J’ai libéré le gaz à 15h10. Je peux vous l’assurer, j’ai regardé l’heure sur ma montre avant de le faire. À peine deux minutes plus tard, les premiers élèves se sont mis à ressentir les effets. J’ai pris des notes. Vous les avez probablement quelque part dans vos dossiers.

Tu pointes la chemise verte sur la table, devant elle, avec ton menton. Et tu t’écrases dans le fond de ta chaise, l’air ennuyé. Ils ont ta confession. Ils peuvent de laisser te taire à jamais, maintenant ?

- Mais, la réelle question est celle-ci : pourquoi s’en faire pour ces élèves si encore des milliers de français s’empoisonnent eux-mêmes, tous les jours, en fumant la cigarette ? Voulez-vous mourir plus rapidement, mademoiselle ? Si c’est le cas, vous vous y prenez bien mal. Le tabac tue, mais pas assez vite. Je suis un professeur de science. Je pourrais vous fournir un meilleur gaz à absorber. Je peux savoir votre nom ?


Et tu lui fais un clin d’œil complice qui pourrait donner la chaire de poule à n'importe qui.  

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