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 we don't need another ruler, all of my friends are kings (ft. dracoola)

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INSCRIPTION : 10/06/2018
ÂGE : 19
RÉGION : montréal, qc, canada
CRÉDITS : avatar : kane. gifs profil : moi. signature : anesidora (code) & pando (icons) & welcome to night vale (citation)

UNIVERS FÉTICHE : science-fiction, fantasy, réel
PRÉFÉRENCE DE JEU : Femme

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Le contexte du RP
Mise en situation

La situation
Cela se passe aux États-Unis, dans une époque future où la technologie a beaucoup avancé et où tout (incluant les souvenirs) peut être numérisé et manipulé. Les gouvernements ne sont pas très friands de la pensée libre, alors tous ceux qui ne sont qu'un tant soit peu différents sont chassés, afin que leurs souvenirs et leur personnalité soient effacés. Malgré tout, il reste des rebels et des endroits de résistance.

Zen, après s'être enfuie de New Dawn, après avoir retrouvé son identité et certains de ses souvenirs, réussit à se réfugier dans un de ces camps de rebels avec Jane et Ché. Elle ne s'attendait cependant pas à y retrouver son frère, dont elle ne se souvient que partiellement...

Contexte provenant de l'emotion picture dirty computer et d'un échange sur la chatbox
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Zen Ortega
J'ai 28 ans et je vis aux États-Unis. Dans la vie, je suis fugitive après m'être enfuie de New Dawn. Sinon, grâce à ma chance je suis en couple et je le vis très bien.



tessa thompson © cranberry
C'était ironique, vraiment ; l'objectif de New Dawn avait été de tout effacer en elle, ses souvenirs comme son propre nom, et pourtant maintenant qu'elle voulait oublier l'endroit, elle en était incapable. La moindre image réveillait des mémoires de New Dawn en elle ; un peu de brume lui rappellait le nervermind. La couleur des nuages lui rappelait des murs trop blancs, trop propres. Et parfois, lorsqu'elle regardait Jane, elle se rappelait le moment où elle l'avait vue sans la voir, sans la reconnaître, ce moment où elle n'était plus Zen, où elle n'était que Mary Apple 53, qu'une enveloppe vide contrôlée par Mère Victoria.

Mais elle n'était plus aux côtés de Mère Victoria, comme elle n'était plus à New Dawn. Zen s'était débarassée des traces physiques de son séjour là-bas dès qu'elle avait pu ; elle avait retiré la coiffe dorée de sa tête et défait les tresses dans ses cheveux. Elle avait changé de vêtements lorsqu'elle en avait trouvé des nouveaux, et elle se sentait bien d'enfin porter quelque chose qui avait des couleurs, des motifs. Avec Jane et Ché, ils avaient utilisé leurs robes blanches pour faire un feu ce soir-là. New Dawn avait échoué. Elle se rassurait avec cette pensée : New Dawn avait voulu effacer leur individualité, leur originalité, leur personnalité, mais avait échoué. Elle était elle. Elle était Zen.

Ché avait une chance que Zen et Jane n'avaient pas ; sa mémoire à lui n'avait jamais été touchée, elles avaient réussi à le sauver avant. Jane, elle, s'était battue contre New Dawn et le processus d'effacement n'avait jamais été terminé pour elle, car elle avait réussi à réveiller Zen, à lui rappeler qui elle était (et Zen lui en serait toujours reconnaissante). Mais Zen... Zen avait été Mary Apple 53 pendant des semaines. Elle avait retrouvé des souvenirs, mais elle n'était plus sûre qu'elle était la même, elle avait peur de ne plus être la même. Mary Apple 53, cette personne froide et vide, était une partie d'elle pour toujours désormais.

À chacun des gestes qu'elle faisait, elle avait à la fois une impression de déjà vu et une sensation de découverte. Prendre la main de Jane dans la sienne avait été instinctif, et pourtant Zen avait été surprise à la chaleur réconfortante de sa peau. Jane l'avait embrassée et le coeur de Zen avait battu la chamade, alors pourtant qu'elle avait su instantannément comment placer son visage et à quelle hauteur se pencher pour ne pas que Jane ait à se mettre sur la pointe des pieds...

Zen préférait être une fugitive qu'une Torch à New Dawn, elle en était sûre. Néanmoins, la première semaine de leur fuite avait été difficile, à devoir trouver des endroits où dormir, à apprendre à repérer les drones pour pouvoir les éviter, à contourner les endroits trop publiques où des gens les auraient repérés... Et puis un soir, dans un bâtiment abandonné, quelqu'un leur avait donné une adresse. C'était un dirty computer, comme eux, et l'adresse était celle d'un endroit, d'un camp, d'un refuge pour les gens comme eux. Un lieu où les personnes différentes pouvaient être dissimulées et vivre en paix.

Cela était devenu leur objectif. Zen, Jane et Ché s'arrêtaient seulement quand ils devaient manger ou dormir. Cependant, lorsqu'elle pouvait, Zen demandait des informations sur son passé. Parfois cela aidait. Parfois cela ne faisait que l'attrister. Un soir, elle apprit qu'elle avait eu un grand-père qu'elle aimait beaucoup et qui était mort. Zen laissa échapper quelques larmes ; elle n'arrivait à se souvenir ni du nom de son grand-père, ni de son visage, ni d'un seul moment qu'elle avait passé avec lui. Il avait complètement disparu de sa mémoire, sans laisser de traces.

Un autre jour, Zen apprit qu'elle avait un frère. Elle n'arriva pas à se rappeler de son nom, mais elle se rappela de son visage. Elle se rappela d'après-midi passés ensemble lorsqu'ils étaient tous jeunes. Elle se rappela de câlins qu'elle lui avait donnés. Elle se rappela aller le réveiller dans la nuit après un cauchemar. Elle se rappela le jouet qu'il avait choisi pour son anniversaire, une fois. Aucun souvenir n'était parfaitement clair. Mais ces souvenirs étaient là. Zen avait un frère. Ne pas se rappeler du nom de celui-ci la contrariait. Ne pas se rappeler de la dernière fois qu'ils s'étaient vus la contrariait. Mais au moins il existait encore pour elle. Il ne s'était pas effacé complètement, comme tant d'autres souvenirs, comme tant d'autres gens.

Cela prit un mois pour se rendre jusqu'au refuge. Tout s'était accéléré lorsqu'ils avaient réussi à voler une voiture. Zen n'arriva pas à ressentir de culpabilité pour ce crime. Après avoir traversé quelques états, ils arrivèrent à un tunnel et, abandonnant la voiture, suivirent les instructions que l'autre dirty computer leur avait donné. Après un chemin sinueux, ils arrivèrent à un espace ouvert, où une vingtaine de personnes se trouvait, vaquant à diverses occupations. Zen ne put s'empêcher de sourire lorsqu'elle vit les couleurs vives des vêtements, et les réflexions de lumière sur le métal des piercings, et les peaux tatouées. Oui, ils avaient trouvé le refuge. Ces gens étaient des gens libres. Des dirty computers qui n'avaient pas besoin d'être ramenés vers la lumière ou nettoyés de leurs bugs.
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Dracoola
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Pigeon

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Jordan Ortega
J'ai 31 ans et je vis au États-Unis. Dans la vie, je suis un contestataire et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à mon charme illustre, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.




Chuku Modu ©️ VAW.



Si l’on m’avait demandé d’expliquer comment notre monde en était venu à ça, j’aurais répondu que je n’en savais rien. Qu’un état puisse ostraciser ses habitants de sorte que ceux qui souhaitent posséder un certain statut en société devaient obligatoirement entrer dans le moule. Qu’est-ce qui faisait que l’homme éprouvait cette peur de lui-même? Pourquoi notre pays était-il devenu cette nation qui dépendait de la technologie pour effacer ses craintes? Qu’était-il arrivé à l’aigle majestueux autrefois synonyme d’espoir et de liberté ? Nul ne sait, mort et enterré avec le rêve américain sans aucun doute. Mais alors, que restait-il ? De la poussière, du sang, et des gens qui refusaient de se laisser vaincre. D’être lobotomisé par ce gouvernement obnubiler par l’idée d’une société uniforme. Où la différence n’avait pas sa place. Parce qu’être différent forcément c’est menaçant. Néanmoins, la chose qui était réellement horrifiante dans tout cela c’était bel et bien de voir son identité disparaitre. Les souvenirs, les goûts, les talents au profit d’une communauté de moutons. De robots. Au début, je pensais que je n’avais pas ma place dans un tel conflit. Que si je restais à l’écart, j’éviterais les ennuis. Sauf qu’au fond ne rien faire, c’est se taire. C’était accepter en silence qu’un groupe de personnes désirait supprimer tout ce qui avait du sens. Tout ce qui faisait que ce monde était encore beau à mes yeux.

Alors, je me suis joint à eux.

Un rebelle au poing levé.

Une de mes connaissances. Un dirty computer. Un soir m’avait conduit à un drôle d’endroit. Un genre de campement secret. Un refuge pour les bohèmes des environs, un asile pour les assoiffés d’inspirations et de justices. Là, dans une sorte d’arc-en-ciel de couleurs battaient en unisson des cœurs rassemblés autour des mêmes idéaux ; la liberté. Liberté d’être soi, de vivre sans avoir peur d’être jugé ou emprisonné pour avoir épousé sa différence. C’était là que sous la lueur aveuglante des néons lumineux, j’avais pris une décision. Il y allait avoir une révolution et je voulais en faire partie.

Ensembles contre l’oppression.

Ensembles contre la dystopie.

Et ce n’était pas tous les jours jojo. Combien de gens avait-on perdus aux mains de New Dawn ? D’une certaine manière, il y avait quelque chose de poétique dans le fait de se sacrifier pour un but commun. Pour un avenir moins sombre, plus beau.

Parce que c’était mieux de finir à genoux en ayant essayé que de subir en silence.

Du moins, c’était ce que je pensais.

Mais ça, c’était avant elle.

Zen.

Le souvenir d’avoir glissé ma main dans la sienne. D’avoir bercé dans mes bras d’enfants un minuscule être de lumière. Son petit sourire angélique. Ses jolies boucles qui faisaient l’envie de tous. Je voulais la protéger. Lui enseigner tout ce que le petit garçon que j’étais savait. Je me rappelais des taquineries de grand-frère que j’aimais bien lui faire. Dans la noirceur de la nuit, pourfendre les monstres et les horreurs nocturnes de joutes verbales qui ne manquaient jamais de déclencher son rire musical.

Ma sœur.

Ma petite sœur.

Elle avait grandi. Elle était devenue une battante, une amazone qui n’avait jamais hésité à faire du pied de nez aux autorités. Je l’admirais, pour sa force de caractère, sa résilience. Puis, du jour au lendemain, elle avait disparu. Je m’étais dit qu’elle avait peut-être des ennuis qu’elle avait besoin de temps pour se recentrer. Les jours se sont mis à filer. Pas de nouvelles. Silence total. Et j’avais attendu et attendu, j’ai même bien cru que je ne la reverrai jamais.

Puis un jour, elle avait débarqué. Accompagnée de deux autres personnes.

Elle se tenait là, devant moi.

Tangible.

Boum. Un battement de cœur. Boum. Des grands pas, nerveux, impatients. Boum. Un visage que je connaissais si bien et que j’avais cru ne plus jamais pouvoir contempler. Un murmure tout bas, incrédule :

— « Zen ? »

Cette pression sur ma poitrine. Cette sensation que ma figure allait se fendre sous le poids de l’immense joie qui m’avait submergée. De l’apercevoir en chair et en os, de la voir vivante et en santé. J’avais presque l’impression d’être victime d’un mirage.

– « Zen, c’est bien toi ? »


Et c’était si surréel, après des mois d’inquiétudes de me trouver en sa présence, que je ne pus m’empêcher de la serrer dans mes bras. Et peut-être que c’était l’excitation des retrouvailles, ou simplement mon manque d’attention aux détails, mais ce n’est que par la suite que j’avais remarqué que sa peau me semblait plus pâle que dans mon souvenir. En dessous de ses yeux des cernes et des traits marqués par la fatigue. Mais ce qui m’avait réellement interpellé c’était la lueur, ou plutôt l’absence de celle-ci dans ses yeux. La Zen de mes souvenirs était une jeune femme déterminée et fougueuse, pourtant j’avais l’impression d’avoir affaire à une pâle copie de celle-ci. Inquiet, j’avais plongé mon regard dans le sien.

– « Zen, qu’est-ce qui t’est arrivé ? Où étais-tu ? Je me suis inquiété comme un fou pour toi ! »


J’avais des tonnes de questions qui se bousculaient dans mon esprit. Puis, j’avais posé mes yeux sur ses compagnons un jeune homme et une jeune femme. lls semblaient tous les trois épuisés. Prenant finalement compte de leur niveau de fatigue, je m’étais empressé de les guider vers l’aire commune afin qu’ils puissent se rafraichir. Les questions pouvaient bien attendre un peu. L’essentiel c’est que j’avais de nouveau ma petite sœur à mes côtés.




LA MORT DES AMANTS


Usant à l'envie leurs chaleurs dernières | Nos deux cœurs seront deux vastes flambeaux | Qui réfléchiront leurs doubles lumières | Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux. | FRIMELDA

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Zen Ortega
J'ai 28 ans et je vis aux États-Unis. Dans la vie, je suis fugitive après m'être enfuie de New Dawn. Sinon, grâce à ma chance je suis en couple et je le vis très bien.



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Zen se tourna vers Ché, puis vers Jane, et vit l'émerveillement qu'elle ressentait être reflété dans les yeux de ses amoureux. Ils avaient trouvé un endroit où ils allaient pouvoir se reposer, retrouver leur énergie. Ils avaient tous besoin d'une pause. Leur fatigue, qu'ils avaient oubliée dans leur joie d'avoir trouvé un endroit pour les gens comme eux, leur revint vite. Prudence et vigilance avaient été de mise pendant leur fuite entière, ainsi leur exténuation était bien plus que physique. Et puis il y avait les souvenirs de New Dawn. Zen était sûre qu'elle n'était pas la seule à être tourmentée par des visions de l'endroit. Ils n'en avaient pas discuté. Il faudrait qu'ils le fassent. Ils avaient tous attendu le 'bon moment', mais maintenant qu'ils étaient en sécurité, il n'y aurait pas de meilleur moment. Ça attendrait qu'ils aient eu une ou deux nuits de sommeil adéquates, cependant.

Exténuée comme elle l'était, Zen ne vit pas l'homme s'approcher. Elle ne le remarqua que lorsqu'il demanda, incrédule, si c'était vraiment elle. Si elle était vraiment Zen. Elle reconnut la voix sans pouvoir la placer. Zen ne répondit pas la vérité, qui était la suivante : elle n'était pas sûre d'être Zen. Elle n'avait pas eu le temps de bien voir son visage lorsque l'homme la prit dans ses bras. Prise par surprise, elle amorça un mouvement de recul, avant qu'elle ne se force à relaxer. Elle reconnaissait l'étreinte. Grand-frère. Elle s'accrocha à lui à son tour, s'aggripa à lui avec plus de force que nécessaire. « Oui, c'est moi, » murmura-t-elle. Zen souhaita avoir pu prononcer son nom à lui aussi.

Ils se séparèrent. Lorsque son frère prit le temps de l'observer, Zen fit de même. Elle laissa son regard glisser sur son visage, tenta de mémoriser la forme de ses yeux, de son nez, l'exacte couleur de sa peau, la forme de son menton... Les souvenirs de lui qu'elle avait déjà retrouvés se consolidèrent, devinrent un peu plus solides, un peu plus réels. Et puis son frère plongea son regard dans le sien et lui demanda ce qui lui était arrivé. Zen se figea, et détourna les yeux. Comment réagirait-il, lorsqu'il apprendrait ? Elle était sûre qu'à une époque, elle aurait pû deviner ses mots, son comportement, l'effet que ce qu'elle devrait éventuellement lui dire aurait sur lui, mais elle en était maintenant incapable. Il ne lui restait que quelques souvenirs éparses, et son amour pour lui - cela, au moins, n'avait pas changé. Elle adorait son grand-frère, et elle lui faisait confiance.

Heureusement, elle n'eut pas à répondre. Son frère sembla remarquer leur fatigue et les invita à le suivre vers une sorte d'aire commune. Zen fut soulagée d'avoir un délai. Elle ne savait pas comment lui annoncer ce qui lui était arrivé, c'est à peine si elle trouvait les mots lorsqu'elle ne faisait qu'y penser. Zen glissa une main dans celle de Jane et une dans celle de Ché, puis elle se mit à suivre son frère, qui les guidait dans le camp. Zen se demandait depuis combien de temps il s'y trouvait. Elle se demanda si c'est là qu'il était, lorsqu'elle se trouvait à New Dawn.

Le refuge avait des ressources. Pas nécessairement en abondance, mais assez pour que les rebels qui s'y trouvaient y vivent et survivent, il semblait. Zen accepta de boire un peu d'eau. Puis elle tenta de se motiver ; elle devait parler avec son frère. Il avait le droit de savoir ce qui lui était arrivé. Malgré cela, elle ne pouvait s'empêcher de redouter la conversation. Cela la frustrait ; elle avait déjà vécu le pire. Craindre une simple discussion lui semblait ridicule. Alors, Zen se tourna vers Jane et murmura : « Ché et toi, allez trouver où on peut dormir, et gardez-moi une place... je vous rejoindrai plus tard. » Jane jeta un coup d'oeil vers le frère de Zen. Jane ne l'avait jamais vu en personne avant, puisque Zen et lui avait déjà été séparés lorsque Zen avait rencontré Jane, mais Zen avait parlé de lui à Jane, lui avait raconté des histoires, des anecdotes... Jane savait donc à quel point Zen aimait et faisait confiance à son grand-frère. Cela ne voulait pas dire que lui parler, après des mois d'absence, après tout ce qui s'était passé, serait facile pour autant.

« Tu es sûre que tu veux lui parler seule ? » demanda donc Jane, à voix basse, ayant aisément deviné pourquoi Zen voulait l'envoyer plus loin avec Ché. Zen lui sourit et acquiesça de la tête. Jane, compréhensive, n'insista pas. Zen déposa un rapide baiser sur ses lèvres, fit de même avec Ché, puis les observa alors qu'ils s'éloignaient et demandaient des directions à un autre dirty computer. Elle les présenterait à son frère après, lorsque... lorsqu'il saurait à propos de son enlèvement, de New Dawn, de sa fuite... Zen se tourna vers lui. Depuis ses questions, elle avait évité son regard, mais elle se força désormais à lui faire face.

« Tu connais un endroit tranquille ? » lui demanda-t-elle, désignant discrètement les autres rebels qui erraient et se déplaçaient autour d'eux. Elle voulait qu'ils puissent parler seulement tous les deux. Lorsqu'il acquiesça, elle le suivit. Lorsqu'ils fûrent seuls, Zen respira profondément, se préparant. « Avant qu'on commence, » dit-elle alors, « j'ai besoin de savoir... » Elle pausa, retardant le moment où elle poserait sa question. « C'est juste, je sais que tu es mon frère, mon grand-frère, je sais qui tu es, mais... quel est ton nom ? » Elle espéra qu'il ne paniquerait pas. Elle espéra qu'il ne lui en voudrait pas. Mais surtout, elle espéra qu'il lui répondrait. Cet oubli la frustrait depuis des jours, depuis des semaines. Si elle voulait être assez forte pour répondre à ses questions à lui, pour passer à travers cette conversation, elle avait besoin de savoir, de se rappeler du nom de son frère, la personne la plus importante de sa famille...

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Elle avait hésité. Pas longtemps bien sûr, mais juste assez pour que je le remarque. Puis lentement, ses bras avaient retourné mon étreinte. Et je m’étais accroché à cela, à cette embrassade qui me rassurait. Elle va bien. Elle est vivante. Tout d’un coup, mon corps semblait plus léger. Comme si un poids invisible avait été retiré de mes épaules. Puis nous nous séparâmes et j’avais pris le temps de l’observer. Elle avait changé. Je pouvais le lire dans le creux de ses joues. Sur son front des plis d’inquiétude qui trahissait sa confusion. À la commissure de ses lèvres qui tirait vers le bas. Puis, elle s’était mise à fuir mon regard. Elle se fermait à moi, comme si mon regard la mettait mal à l’aise. Et ça faisait mal. De réaliser que la proximité que nous partagions autrefois n’était plus. Que maintenant, il existait un fossé entre nous deux, que j’ignorais comment traverser. Alors, je m’étais contenté de l’ignorer comme je l’avais toujours fait. Parce que quelque part dans ma tête j’étais convaincu que les épreuves étaient moins douloureuses si l’on ne les mettait pas en mot. Si on les rangeait dans un placard, dans le coin de notre esprit, la douleur s’effaçait graduellement. Je les avais donc menés, elle et ses compagnons jusqu’à l’aire de repos où ils pourraient s’asseoir et se rafraîchir. J’étais arrivée au camp il y a plusieurs mois. Je participais activement aux protestations contre New Dawn. Sale. C’est ce que l’on était. Sale dans un univers de propre. De costume immaculé. Une tache noire sur un carrelage blanc. Pas de place pour les crânes rasée, les anneaux dans le nez, les peaux encrées dans une société parfaite. Je vivais d’adrénaline et d’action. Je voulais me sentir utile. Me sentir vivant. Comme pour m’empêcher de réfléchir, de penser à ce que j’avais à perdre et tout ce que j’avais déjà perdu. C’était le désir de foncer, foncer tête première. De vivre avant que l’on ne m’enlève le droit. De voir le monde une dernière fois dans son imperfection parfaite.

Une fois rendu à l’aire de repos, je m’étais écarté question de leur laisser un peu d’intimité. Il s’agissait d’une grande salle dans laquelle il y avait des fauteuils et des chaises. L’endroit rêvé pour des voyageurs fatigués. Je ne savais plus trop à quoi m’attendre. La Zen que j’avais devant moi n’était pas la même que dans mes souvenirs et cela me troublait grandement. Comme si j’avais affaire à une étrangère dans le corps de ma frangine. Qu’était-il arrivé à ma sœur ? Qui était cet homme et cette femme envers qui elle semblait éprouver une confiance absolue. Quelle était donc la nature de leurs relations, pour que cette confiance dépasse celle que j’avais avec elle ? D’où venaient-ils ? Pourquoi avaient-ils l’air aussi épuisés ? Tant de questions et si peu de réponses… Puis elle était de nouveau venue vers moi et m’avait poliment demandé si je connaissais un endroit où nous pouvions discuter. J’avais acquiescé en silence. Enfin, je lui fis signe de me suivre, ne sachant trop si je devais me réjouir où m’inquiéter qu’elle osât de nouveau confronter mon regard. Je l’avais menée près d’une alcôve où se trouvaient des bancs et une potiche.

Puis, elle me demanda mon nom.

Mon nom.

Et ce fut comme un choc. Comme si mon monde s’écroulait. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Elle savait QUI j’étais, mais elle ne connaissait pas mon prénom ?

– « Jordan. » Jo’ c’était comme ça que tu m’appelais.

Soudainement, c’était comme si j’étais un lion en cage. C’était une rage. Un ouragan. Un orage. L’incompréhension qui se fracassait violemment contre l’inquiétude, le doute. La frustration de ne pas comprendre, de ne pas savoir. Comment l’adorable petite fille pour qui j’avais joué les chevaliers, la femme que j’admirais pour sa volonté et ses convictions, disparaitre pendant des mois sans laisser de traces. Pour finalement revenir et me demander mon prénom. Qui j’étais ? Je m’étais adossé contre le mur. J'étais confus. J'étais blessé. Mais par-dessous tout j'étais terrifié. Terrifié à l'idée que Zen ne serait plus jamais la même. J’avais passé ma main nerveusement dans mes cheveux. Je ne pouvais pas y croire.

–« Raconte-moi. »

Je ne savais pas ce que j’espérais. Je voulais tout et ne rien entendre à la fois. Je me sentais comme un funambule, sur le fil de fer entre la curiosité et le déni. C’était difficile pour moi de visualiser ma sœur là-bas. Prisonnière. Seule. Sans mémoire. Au fond, je pouvais deviner ce qui était arrivé. Mais je voulais l’écouter de sa bouche. Je ne voulais pas l’imaginer. Parce que ça me faisait sentir coupable. J’avais l’impression d’avoir échoué quelque part dans mon rôle de frère. Elle se donnait des airs de guerrières. De walkyrie inatteignable. Je la pensais invincible. Trop prudente pour se faire attraper. J'avais pensé qu’elle se cachait. Qu’elle faisait profil bas. Je n’aurais jamais pensé qu’elle… J’avais relevé la tête vers elle avec espoir.

- « De quoi te souviens-tu exactement ? »

Se souvenait-elle de l’endroit où nous habitions quand nous étions jeunes ? Se souvenait-elle du visage de notre grand-père ? Peut-être se rappelait-elle de la fois où je l’avais emmené à la plage en cachette. Les pieds dans l’eau, le sable entre nos orteils, le son des vagues se brisant sur la côte. Je voulais qu’elle se souvienne. Je ne pouvais pas accepter le contraire. Pas après l’avoir retrouvée. Pas après avoir cru qu’elle ne reviendrait jamais. Je ne voulais pas la perde une nouvelle fois. Plus jamais…




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Jordan. Zen avait l'impression de n'être qu'une reconstitution de souvenirs et d'identité brisés, des pièces détachées qu'elle ne savait pas encore vraiment comment replacer, recoller, mais ce simple mot, ce simple nom lui donna de la force. Jordan. Mon frère. Mon grand-frère. Zen vit que la question qu'elle avait posée avait presque eu l'effet d'un coup de poing pour lui. Elle le vit s'adosser contre le mur. Pour la première fois depuis les quelques longues minutes qu'ils s'étaient retrouvés, elle était celle qui se dressait droite, il était celui qui était désemparé. Mais l'inversion ne lui apporta aucune joie.

Raconte-moi, demanda-t-il, et Zen ne put retenir un ricanement amer. Le genre de rire que Jane ou Ché aurait compris ; vaut mieux en rire qu'en pleurer. Une hilarité irrationnelle également alimentée par son épuisement. Jordan (et malgré les circonstances, pouvoir penser le nom de son frère lui apporta un soulagement passager ; une partie importante de ses souvenirs qui n'était pas qu'un blanc, qu'un vide.) Jordan lui demandait de raconter, et il le disait si simplement, mais rien n'était simple. Où commencer ? Où finir ? Quels détails inclure et quels détails ignorer ? Valait-il mieux qu’elle le dise crûment ou doucement ? Qu’est-ce qui serait meilleur pour Jordan sur le long terme, sur le court terme ?

Elle ne savait pas. Elle ne savait pas ce qui serait mieux, ce qui serait plus facile, et elle ne connaissait plus assez bien son frère pour savoir comment atténuer l’impact de ses paroles. Cette ignorance n’était pas seulement née des souvenirs qu’elle avait perdus, mais aussi des mois qu’ils avaient passés sans pouvoir se voir, se parler. Dans un monde comme le leur, il fallait pouvoir changer et s’adapter pour survivre. Elle était sûre que Jordan avait autant changé qu’elle dans le temps qui les avait séparés, bien que pas du tout de la même façon ou pour les mêmes raisons. « New Dawn, » commença-t-elle, deux mots tellement lourds de sens et d’horreur qu’elle regretta qu’ils soient les premiers qu’elle ait prononcés. Elle grimaça.

« Je suis sûre que tu devines déjà ce qui m’est arrivé. J’ai été attrapé par New Dawn. Ils ont… » Elle croisa les bras, un mouvement instinctif, comme si elle était à la défensive contre ses propres souvenirs. « Ils ont fait ce qu’ils font de mieux : effacer. Détruire l’individualité, la liberté, l’identité. » Ils ont détruit mon individualité, ma liberté, mon identité. « Ils m’ont fait oublier qui j’étais. » Et voilà, la ligne centrale de son histoire, de la pire expérience de sa vie. Ni plus ni moins. Huit mots pour des semaines de peur suivie par du vide suivi par du doute suivi par de l’espoir, et puis une fuite.

Tout lui parut soudain plus simple, ainsi mis en lettres, en mots, en phrases. Il y avait un certain apaisement dans le fais d’en parler, et elle regretta ne pas l’avoir fait pendant leur périple, avec Jane et Ché. « Jane a été capturée après moi, » continua-t-elle alors, oubliant, emportée par son récit, que son frère n’avait jamais vraiment rencontré Jane. « Quelques semaines plus tard, je crois, et… » elle s’arrêta de nouveau. Ce souvenir-là était clair ; Zen, que t’est-il arrivé ? Jane avait demandé. Il y avait eu tant d’émotions dans sa voix, des émotions que Mary Apple 53 ne pouvait pas comprendre mais qui avaient réussi à toucher Zen, ou l’ombre d’elle-même qui restait, si profondément en elle.

Zen avait été endormie, Mary Apple 53 avait pris sa place, et... « Jane m’a réveillé, » et ces mots étaient tout autant empreints de lourdeur et de sens, mais de façon beaucoup plus positive. Zen ne savait pas si elle était la seule Torch qui ait réussi à fuir New Dawn et à fuir le néant enveloppant qu’était l’identité qu’on était forcé d’être là-bas. Mais pour que Jane ait réussi à lui rappeler qui elle était, il fallait que leur lien soit fort, incroyablement fort. Elle a dit que nous étions en amour, se rappelait-elle avoir déclaré à Mère Victoria. Zen, à ce moment-là, doutait – elle doutait autant de Jane que de Mère Victoria. Plus maintenant. La nature de ses sentiments envers Jane, et envers Ché, ne lui était plus étrangère.

« Ché a été capturé ensuite, mais Jane et moi étions encore nous-mêmes – à peu près, en tout cas, » continua-t-elle, déterminée à finir son récit. « Nous voulions le sauver et nous enfuir. Nous avons libéré le nevermind – tu sais, leur foutu gaz ? – nous l’avons libéré dans tout ce bâtiment de New Dawn. » Parce que, bien sûr, New Dawn n’était pas unique – d’autres installations identiques existaient, toutes aussi néfastes les unes que les autres. « On s’est enfuis juste après. Je ne sais pas ce qui est arrivé à l’établissement. »

De quoi te souviens-tu exactement, Jordan demanda-t-il avec espoir. Mais il était impossible qu’elle ne le déçoive pas, pensa-t-elle. Les souvenirs qu’elle avait n’étaient pas suffisants – ils n’étaient pas suffisants pour elle, alors ils le seraient encore moins pour son frère. « Je ne sais pas, » dit-elle en soupirant. « De beaucoup de choses, je crois. Mais c’est difficile à dire – ce n’est pas comme si je peux faire une liste de ce que j’ai oublié, » ironisa-t-elle. « Des souvenirs continuent de me revenir, parfois. » Elle hésita alors. « Je ne me souviens pas de grand-père, » décida-t-elle finalement de révéler. Ce membre de sa famille avait été si important que Jane avait pu lui relater quelques anecdotes que Zen elle-même lui avait raconté avant d'oublier, alors elle supposa qu’elle n’avait pas été la seule à se soucier de lui. Dans les souvenirs avec son grand-père qu’elle avait perdus, son grand-frère figurait probablement aussi.

« Je me rappelle des cauchemars que je faisais, » dit-elle alors, « et je me rappelle que tu ne t’es jamais plaint que je vienne te réveiller au milieu de la nuit. Je me rappelle… la sensation du sable sous mes pieds et ta présence à mes côtés, mais pas quel âge on avait alors ou pourquoi on se trouvait là. » Ce dernier souvenir était si vague, peut-être aurait-il été mieux qu’elle ne le mentionne pas. Mais il était important ; elle ne savait pas pourquoi, mais ce souvenir-là était important.

« Jordan, pendant que j’étais… là-bas, » débuta-t-elle, traitant le nom de New Dawn comme un tabou, appelant son frère par son nom complet sans savoir que c'était une erreur, « est-ce que tu étais… ici ? » demanda-t-elle, désignant le refuge autour d’eux d’un large geste de la main. Elle ne savait pas à quelle réponse elle s'attendait ou quelle réponse elle souhaitait entendre. Elle ne savait pas s'il y avait vraiment une réponse particulière qu'elle voulait. Ce n'est pas comme si elle aurait voulu qu'il vienne la sauver - ce n'est pas comme s'il aurait pu. Il n'avait aucun moyen de savoir qu'elle s'était fait enlever. Même Jane n'était pas venue la sauver ; elle s'était seulement fait capturer au bon endroit, au bon moment, elles avaient eu la chance que Zen soit sa Torch assignée. Seulement du hasard, seulement du foutu hasard. Zen croyait que sa propre vie était entre ses mains, avant. Mais maintenant, elle n'était plus si sûre.
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Dracoola
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Jordan Ortega
J'ai 31 ans et je vis au États-Unis. Dans la vie, je suis un contestataire et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à mon charme illustre, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.




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Quelle sensation étrange cela était ! D’être si inquiet. Comme si l’espace d’un instant je n’étais plus en contrôle de moi-même. Elle avait ri comme si je venais de faire une blague hilarante, mais cette joie apparente n’avait pas rejoint son regard. Regard qui d’ailleurs m’avait semblé un peu perdu, un peu confus. Je pouvais presque l’imaginer peser ses mots, rassembler ses souvenirs, pour composer un récit. Puis, comme ça sans préambule elle avait dit : New Dawn. Vlan. Comme une gifle que l’on reçoit en plein visage. Comme un bain glacé d’horreur. De déni. Je voulais crier, hurler que c’était impossible. Pas Zen. Pas ma petite sœur. J’avais envie de chialer. De prendre ma frangine dans mes bras et ne plus jamais la lâcher. Elle avait continué courageusement son récit. Inébranlable guerrière. Petit bout de femme. Capturée par New Dawn, forcé d’abandonner son identité, ses rêves, ses souvenirs. Et pourtant elle se tenait fièrement devant moi, ses bras serrer contre elle, comme pour se protéger du monde extérieur. Et ça faisait mal de l’imaginer là-bas, seule, désorienté. Puis, elle s’était mise à me raconter la capture d’une certaine Jane, que je devinais être la jeune femme qui l’accompagnait. J’avais froncé les sourcils perplexes… Jane avait réveillé Zen ? Les Torch pouvaient donc récupérer leur souvenir au contact d’une personne qu’ils aimaient ? Elle poursuivit en me décrivant le sauvetage de leur ami Che. Comment avaient-ils réussi à libérer le nevermind dans les locaux de l’organisation. J’avais absorbé ces nouvelles informations avec difficulté. Je ne savais plus trop quoi penser. Lentement, je m’étais laissé glisser sur le sol.

Elle m’avait répondu qu’elle ne se souvenait pas de tout. Que des fragments de mémoires lui revenaient de manière épisodique. Des perles de souvenirs qu’elle s’efforçait de rassembler en un collier chronologique de sa vie passées. Elle ne se souvenait pas de notre grand-père, de ses mains parcheminées, de son optimisme, de sa voix douce tandis qu’il nous décrivait ce qu’avait été la terre autrefois. Ce qu’avait été l’Amérique, il y a de cela des générations. Ses histoires, ses récits qui avaient semé l’espoir dans nos têtes d’enfants. Blottis l’un contre l’autre, au beau milieu de la nuit nous rêvions d’un futur. Or, grand-père était mort quelque temps après. Les années avaient tué le rêve. Et il s’avère qu’on ne dessine pas des arcs-en-ciel avec de la poussière et des cendres. Elle me parle du sable. De ses cauchemars. Et j’avais soufflé, comme soulagé d’un poids immense. J’avais observé la façon prudente avec laquelle elle posait ses questions. Comme si elle hésitait. Comme si elle avait peur de ma réaction. Mais j’étais déjà complètement dépassé par ce qu’elle me racontait. Qu’est-ce qu’était un choc de plus après tout ? Le plus fou dans tout ça. C’est qu’elle était parvenue à garder un semblant d’identité après qu’on ait tenté de lui enlever. Zen était une résistante dans l’âme. Même dans la gueule du loup. Et voilà qu’elle me demandait ce que j’étais devenu. Celui qui deux minutes plus tôt n’avait plus de nom. Ça faisait mal. Comme des milliers d’aiguilles. Mais, j’aurais traversé des océans pour Zen. Et ce même si finalement elle avait oublié qui j’étais. Parce qu’elle était tout ce que j’avais. Ma seule famille. J’avais souri d’un rictus amer avant de répondre :

— « Oui, j’étais ici. Je suis ici depuis plusieurs mois. On fait des plans. On se bat pour un avenir. J’te cacherais pas que jusqu’à maintenant j’ai fait plus de conneries que d’accomplissement, mais bon tu t’en souviens p’têtre pas, mais j’ai toujours été un peu con. Quand même. »


Je plaisantais. Je voulais la voir sourire. Avoir l’impression que tout pouvait redevenir comme avant. Parce que ça. Ce malaise. Ce n’était pas nous. Nous, on se taquinait, on s’insultait, parfois même on s’engueulait. Mais par-dessus tout, on s’aimait. Parce qu’on était une famille. Parce qu’on était Zen et Jo ». Curieux j’avais demandé :

— « Comment tu te sens ? Je veux dire je ne peux pas prétendre comprendre ce que tu vis. Mais ça ne doit pas être facile de ne pas savoir qui tu es. Qui tu étais. »

Je n’avais jamais été un type qui savait parler de sentiment. C’était des sujets que je préférais éviter, mais avec Zen c’était différent. On se disait tout. On se comprenait. Et maintenant qu’elle était revenue. Tous ces mois, passer sans sa compagnie revenait à la nage comme pour me rappeler à quel point ma sœur m’avait manqué. J’avais réfléchi un petit moment avant de lancer :

– « Mémoire ou pas, à mes yeux tu resteras toujours ma petite sœur. De te savoir en vie et en bonne santé, ça me suffit pour le moment. »

J’avais toussé un peu, gêné, par mon sentimentalisme. Avant de sourire de nouveau.

- « Quels sont tes plans pour le futur ? Planifiez-vous rester ici ? » avais-je demandé, curieux.

Aussi égoïste que cela pouvait paraitre, j’espérais qu’elle me dise oui. Le loup solitaire meure, ensemble la meute survit.




LA MORT DES AMANTS


Usant à l'envie leurs chaleurs dernières | Nos deux cœurs seront deux vastes flambeaux | Qui réfléchiront leurs doubles lumières | Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux. | FRIMELDA

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Zen Ortega
J'ai 28 ans et je vis aux États-Unis. Dans la vie, je suis fugitive après m'être enfuie de New Dawn. Sinon, grâce à ma chance je suis en couple et je le vis très bien.



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Zen n'arrivait pas à lire de réaction claire sur le visage de son frère. Elle le vit se laisser glisser au sol, et elle supposa qu'il se sentait écrasé par ses révélations, mais elle n'avait pas besoin de le connaître pour deviner cela ; c'était l'effet que son histoire aurait eu sur n'importe qui. Jordan lui-même avait probablement de la difficulté à savoir ce qu'il ressentait, mais Zen n'arrivait même pas à voir seulement une trace de ses émotions. Elle tenta d'ignorer le malaise qui vint l'envahir lorsqu'elle s'en rendit compte. Était-elle incapable de déchiffrer ses sentiments parce que c'était une situation exceptionnellement mauvaise, ou était-ce quelque chose de plus qu'elle avait oublié ?

Le sourire de Jordan était amer (elle fut soulagée d'être au moins apte à remarquer cela) lorsqu'il répondit à sa question. Il fit un commentaire blagueur sur comment il avait toujours un peu con. Ça arrache un sourire à Zen, même si elle ne s'en rendit pas compte. Il y avait quelque chose de familier dans son ton, ou ses mots, ou son expression, qu'elle ne remarqua pas, mais qu'une partie d'elle reconnût malgré tout.

Puis son grand-frère lui demanda comment elle allait, et elle soupira, avant de s'asseoir à côté de lui au sol. Elle s'appuya contre le mur derrière elle. « Ce ne l'est pas, ce n'est pas facile du tout, mais... » Mais elle ne laissait pas tomber, lorsqu'elle devait faire face à un obstacle. C'était Jane qui lui avait dit, d'abord, mais Zen avait pu le constater par la suite, à chaque fois qu'elle se battait pour regagner davantage de souvenirs : elle était déterminée. « Ce n'est pas comme si j'avais le choix, » dit-elle avec fermeté. Il n'était pas question qu'elle admette défaite, qu'elle arrête de tenter de reconquérir son passé. Elle n'y avait jamais songé ; ce n'était même pas une option. « Je vais finir par aller bien, » déclara-t-elle finalement. Il ne s'agissait pas d'un souhait vide, mais plutôt d'une prédiction qu'elle émettait sur son futur.

À l'affirmation suivante de son frère, Zen ressentit de l'étonnement, bien qu'elle ne fut pas certaine de la source de l'émotion. Elle pouvait cependant avancer une supposition éclairée : il n'était pas dans l'habitude de Jordan de faire du sentimentalisme. Confirmant son hypothèse, il toussa légèrement, gêné. Le sourire de Zen tourna un peu moqueur, et elle renchérit, espérant que ça le rendrait encore plus embarassé : « Et accomplissements ou non, tu seras toujours mon grand-frère. » Puis, elle se tourna vers lui, plus sérieuse, et ajouta, après une légère hésitation : « Je suis contente d'être encore en vie, et que tu le sois aussi. » Je suis contente de pouvoir te revoir, ne dit-elle pas.

Jordan l'interrogea sur ses plans. Zen voulait encore retrouver davantage de souvenirs, ce dont son frère se doutait probablement, mais c'était quelque chose qu'elle pouvait faire n'impote où... « Nous n'en avons pas discuté, » révéla-t-elle finalement. « C'est sûr qu'on ne partira pas tout de suite. On a tous les trois besoin de reprendre des forces. » Sur le long terme, elle ne savait pas ce qu'ils feraient... mais elle devait admettre que la sédentarité ne leur seyait pas. Zen savait qu'ils finiraient pas devenir agités, impatients, tous les trois, s'ils se forçaient à rester trop longtemps. Malgré le danger omniprésent, ce monde, ce pays était leur droit - leur droit à eux tous, dirty computers - et Zen voulait l'explorer. Mais ils pouvaient bien rester ici quelques semaines, peut-être même quelques mois. Peut-être que pour une fois, ça leur ferait du bien de se poser.

« Tu devrais les rencontrer pour de vrai, Jane et Ché, » dit-elle alors. Zen avait sauté les présentations, plus tôt, puisque ça n'avait pas paru important. Elle se releva, attendit que Jordan fasse de même, puis se dirigea vers l'endroit duquel ils étaient venu. Après quelques secondes, elle stoppa néanmoins son frère en posant une main sur son épaule et, le regardant, elle fronça les sourcils. « Dis-moi, tu ne vas refaire ton discours stupide, n'est-ce pas ? Qu'est-ce que c'était déjà... » Elle fit mine de réfléchir pendant quelques secondes, puis dit, imitant la voix de son frère (avec bien peu de succès) : « "Si tu brises le coeur de ma soeur, je te tue." » Zen rit au souvenir qui lui était revenu ; c'était ce que Jordan avait dit - ou un message dans le même genre, en tout cas - lorsque Zen avait apporté sa première petite-amie à la maison. Pas que ça avait servi à grand chose ; ce n'était pas Zen qui avait eu le coeur brisé à la fin de la relation.


† we found a little piece of heaven here. it is black, smooth, oblong. it hums a soft, but discordant note, and we are afraid to touch it.
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