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 Waiting for the one. The day that never comes. ~ ♠ (Feat. El Mapartche)

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VAW.
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Rafael
Peterson

J'ai 25 ans et je vis en Nouvelle-Orléans, Lousiane. Dans la vie, je suis un hybride détraqué et je m'en sors avec l'humour. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

Rafael est un hybride (mélange entre un vampire et un loup-garou) qui a été victime d'un accident rendant son état de créature fantastique complètement détraqué. Il doit se nourrir de sang mais, lorsqu'il le fait, il entre dans une transe de torture psychologique puis physique. Son corps est complètement marqué par des cicatrices qui témoignent de la douleur qu'il ressent à chaque fois qu'il boit une goutte de sang.  



Mathis Lauridsen ©️ Morrigan
C’est quelque chose que Rafael n’avait jamais apprécié de la religion. Elle créait des histoires inventées de toute pièce dans le but de forcer les Hommes à la respecter. Cette histoire de rougarou, c’était du grand n’importe quoi. C’était comme si la religion savait qu’elle était ridicule et pour cette raison elle était obligée de jouer avec les peurs des gens. C’est la peur, le meilleur moyen pour régner. La peur empêche les gens de se révolter contre le pouvoir, l’ordre. C’était comme ça que ça fonctionnait dans la plupart des meutes de loup. Le chef effraie les autres; personne n’ose le défier. Seul le plus grands des idiots tentera sa chance. Et il perdra à tout coup. Le regard de l’hybride s’ouvrit exagérément lorsqu’il apprit que les prêtres n’avaient pas le droit de toucher à l’alcool. C’était la vodka qui l’avait aidé dans ses pires moments. Il fronça les sourcils puis demanda, presque en état de choc :

- La religion t’interdit de boire la seule chose qui permet d’oublier les problèmes ? Bullshit. Comment tu fais pour effacer les pires images de ta mémoire ?

Il ne peut s’empêcher de penser que le prêtre a dû en voir des choses horribles. Des corps possédés, des innocents qui crachent de la pourriture; du moins, c’est ce que les photos semblaient montrer. Alors, il se rendit compte qu’il n’avait probablement pas envie d’oublier puisqu’il décorait sa chambre avec ce genre de photo. Il ne comprenait pas comment un homme puisse avoir envie de faire ce genre de chose. Ou, de simplement s’abonner au magazine de la religion. Il y avait déjà bien assez de règles à suivre en société, pas besoin d’ajouter un interdit à l’alcool.

Rafael avait bien remarqué que toutes ces histoires commençaient à passer par-dessus la tête de Mattias… Il aurait préféré ne pas en parler. Il détestait recevoir des conseils, de l’aide. Il expérimentait avec sa condition depuis des semaines. Ce n’était pas un prêtre récemment à jour sur le monde surnaturel qui parviendrait à trouver l’idée du siècle. Lorsqu’il proposa l’hypothèse de retirer la balle, l’hybride se pinça les lèvres. Si, il y avait pensé. Mais elle était logée tellement loin dans son cerveau. Jamais il ne pourrait l’atteindre sans s’évanouir. Et, ce n’était pas comme s’il avait la possibilité de se rendre à l’hôpital et ainsi exposer le monde surnaturel au monde entier. Il y avait un nouvel adepte ce soir, c’était bien assez. Rafael frissonna à l’idée du sang de porc. Il savait que certains vampires buvaient du sang animal, comme dans twilight. Mais il savait aussi que ce sang était moins nutritif. Loin de lui était l’hypothèse que du sang de porc puisse régler son problème. La seule chose qu’il avait toujours voulu essayer, c’est le sang frais, provenant de la veine. Une grande quantité de sang frais.

- C’est certain. Il y a toujours moyen que tu me perces un trou dans le crâne pour aller chercher la balle. T’en as envie ?


Il sourit faussement puis il gémit discrètement en repensant à la douleur dans tout son corps. Il ajoute, dans un soupir désespéré :

- Et puis… Je ne sais pas comment je réagirais. Je ne suis pas un vampire normal. Et si je ne me réveille jamais, après l’opération ? Et si la balle faisait partie de moi ?

Oui, c’était ridicule. Mais il y pensait. Il pensait à toutes les possibilités. Il ne voulait pas mourir. Retirer la balle était dans ses derniers options. Et pas aujourd’hui, pas dans un an ni dans un siècle.

- Si tu en trouves un autre comme moi, fais-moi signe. (Il glousse puis secoue la tête en grimaçant.) Non, merci. Le sang animal n’est vraiment pas un luxe pour nous. Je doute que ses propriétés puissent soigner ce que le sang humain ne peut pas guérir.

Il était reconnaissant. Mattias avait accepté son état sans se poser de questions. Il lui avait donné son lit, cet endroit si personnel, et l’avait laissé saigner dessus. Il y avait quelque chose de bon à la religion. À la base, elle envoie un message de paix et d’acceptation. Et le prêtre la représente bien, à sa plus simple forme. Son regard se reposa. Il venait réellement d’accepter d’offrir son poignet à un garçon qu’il avait rencontré quelques jours plus tôt. Il ne semblait pas tout à faire sûr. Mais qui l’aurait été, de toute façon. Rafael se sentit encore moins seul en sentant le matelas se creuser là où son ami venait de poser ses fesses probablement très fatiguées. La prise de sang n’allait pas l’aider à rester éveillé, au contraire. L’hybride gloussa avant de doucement prendre son bras avec sa main la moins détraquée.

- Tu diras que c’est une chaise qui t’a mordu. Ils n’y verront que tu feu. Je t’assure.


Il lui fit un clin d’œil avant que son regard se mette à chercher le plafond. Il le comprenait; il ne voulait pas voir ça. Sa peau était chaude, ça lui faisait bizarre. Il n’avait pas senti une telle chaleur depuis longtemps. Son corps à lui était un glaçon. Il vint doucement poser ses lèvres tremblantes sur la chair de son poignet. Il ferma les yeux en humant le parfum qui s’en émanait. Il se sentait comme devant un bon steak saignant. Il rouvrit les paupières en entendant le prêtre chantonner quelques airs puis il laissa un petit rire s’échapper de sa bouche. C’était un drôle de prêtre, il ne pouvait pas se le répéter assez de fois. Une légère vague d’inquiétude traversa le ventre de l’hybride lorsqu’il sentit ses crocs se déployer sans qu’il ne l’ait commandé. Il avala sa salive puis prit une grande inspiration avant d’enfoncer doucement ses dents dans les premières veines qui s’offraient à lui. Aussitôt, il resserra sa prise, comme un lion coinçant une gazelle dans sa gueule. Ce ne fut pas long avant que le sang délicieux -le meilleur qu’il n’avait jamais goûté- vienne remplir sa bouche. Il avala plusieurs gorgées, sans vraiment se rendre compte que la pression qu’il exerçait avec sa mâchoire était probablement extrêmement douloureuse. Il ne s’était jamais senti aussi vivant. Ses os craquaient pour se replacer : il percevait cela comme des chatouillements inoffensifs. Ses plaies se refermaient lentement, sans laisser de cicatrices. Il ne sentait pas la bête au fond de lui, comme si elle était trop épuisée de sa soirée. L’hybride s’abreuva pendant de longues secondes qui pouvaient paraître interminables pour le prêtre qui avait sacrifié ses millilitres. Puis, il rouvrit violemment ses deux yeux dorés. Non, il ne pouvait pas se perdre dans ses pensées. Il devait se rappeler de ce qu’il se passait. Aussitôt, il retira ses crocs de la prise et il vint appuyer sur la morsure avec ses deux mains pour cesser le flot de sang. Il jeta un coup d’œil à Mattias pour s’assurer qu’il était toujours présent, puis, en reprenant son apparence normale, un sourire triomphant s’empara de sa bouche ensanglantée. Il ne s’était jamais senti aussi fort. Aussi… Présent, tout simplement.

- Tu survis ?

Ce fut les deux seuls mots qu’il arriva à prononcer, encore sous l’effet de choc et de l'extase.


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Dracoola
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Mattias Ortiz
J'ai 31 ans et je vis en Nouvelle-Orléans, Louisiane. Dans la vie, je suis prêtre et exorciste le soir et je m'en sors très bien/pas bien ça dépend de mon humeur. Sinon, grâce à mon voeu de célibat, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.




Alfonso Herrera ©️ Naomi13




C’était presque comique. Deux gars assis dans une petite chambre sur Belfast Street. L’un est prêtre et exorciste, possède un passé criminel et écoutait régulièrement du Metallica pour se venger de son père violent et alcoolique, mort depuis quelques années. L’autre était un gamin. Qui n’avait jamais posé les pieds en Louisiane auparavant, qui ne croyait pas en Dieu, qui se baladait en noir de la tête au pied par canicule et qui apparemment était à la fois loup-garou et vampire. C’est comme si le destin avait trouvé les êtres les plus opposés dans un rayon de 100 km et c’était dit : ah oui cette fois c’est gagnant !

Je ne savais pas comment répondre à sa remarque. Comment je faisais pour effacer les pires images de ma mémoire ? Rien. La vérité, c’est qu’il vaut mieux accepter le passé pour le laisser partir. Parce que le refuser le passé ça ne faisait rien. Ça n’effaçait pas les striures dans mon dos ni la rage qui me prenait au ventre lorsque quelqu’un m’appelait Monsieur Ortiz. La prière. C’était ce qui m’avait permis de tenir le coup durant toutes ses années et plus encore depuis les six derniers mois. Quand je me réveillais en sueur la nuit, le souvenir de voix méphistophéliques encore frais dans ma mémoire, je sortais sur le balcon et je passais mon temps à prier. Jusqu’à ce que le soleil commence à pointer dans le ciel. Alors, je me levais le corps ankylosé, mais le cœur serein.

- « Je me change les idées. J’écoute la radio, je lis un livre. J’essaie de me rappeler que pour chaque horreur qu’il y a en ce bas monde, il existe quelque chose de merveilleux. »


Le jour où on réalise que la vie n’est ni blanche ni noir, on comprend que le monde n’est pas tout à fait pourri. Qu’entre deux ou trois fusillades, un enfant nait, un soldat revient chez lui, des gens se marient. Que pendant que des guerres éclatent, des petits miracles font leur apparition ici et là. Comme une lueur en plein orage. Et ça, c’est de l’espoir. La foi en quelque chose de bon. C’était la principale raison pour laquelle j’étais devenu exorciste. Pour faire briller cette lumière dans des cœurs noircis par le mal dans sa forme la plus brute.
En voyant le jeune homme se pincer les lèvres, je m’étais douté que mes questions lui tapaient sur les nerfs.

- « Je vois. Pardonne-moi si mes questions t’ont déplu. Je cherchais simplement à comprendre. »

En apercevant l’expression désemparée du plus jeune, la culpabilité s’était emparée de moi.

–« Je comprends. »

Il ne voulait pas mourir. Il préférait cette vie qui l’avait défiguré à la mort. Et je pouvais comprendre cela. Je pouvais m’associer cette soif de vivre coûte que coûte. Malgré les épreuves et les obstacles. J’étais allé m’asseoir près de lui confiant qu’il ne me ferait pas de mal. Il avait gloussé avant de me répondre que je n’avais qu’à dire que mes chaises avaient des dents. J’avais ri à mon tour malgré ma nervosité. Il avait saisi mon bras et m’avait fait un clin d’œil. J’avais souri faiblement avant de lever ma tête au plafond. Je sentais son souffle sur ma peau. Une emprise glacée. Un corps dénué de toute chaleur. Quelques secondes d’anticipation puis une douleur. Rien de bien terrible, comparé aux châtiments de mon père. C’était même plutôt agréable. Je me souvenais encore du jour de mes seize ans. Je revenais d’une soirée bien arrosée avec mes copains. J’avais même couché avec une fille. Juste pour vous dire à quel point je me sentais cool à ce moment-là. J’avais ouvert la porte arrière et retiré mes chaussures le plus silencieusement possible. Quand tout d’un coup la lumière de la cuisine s’était ouverte et je m’étais retrouvé face à face avec mon père. Bang. Sale petit con de fils de pute de merde. Bang. Ta mère aurait dû t’étouffer à ta naissance. Bang. Et puis soudain, les poings ce n’était plus assez… Il fallait quelque chose de plus direct comme un barreau de chaise tiens ! Parfois, c’était difficile de dire ce qui faisait le plus mal, les mots ou les coups ? J’entendais des craquements à côté de moi. Étrangement, je ne sentais plus vraiment les doigts de Rafael sur ma peau ni même le sang qui quittait mes veines. Devant mes yeux, je voyais encore le visage crispé de mon père, je pouvais sentir son odeur de sueur et son haleine alcoolisée. Puis, j’avais secoué la tête pour chasser ses pensées envahissantes de mon esprit. Après un moment d’hésitation, j’avais baissé la tête vers Rafael seulement pour m’apercevoir que ses blessures s’étaient refermées. Les yeux ronds, j’avais jeté un regard inquisiteur vers l’hybride exigeant des explications.

- « Ça va. Et toi tu me sembles en forme tout d’un coup ! »


J’avais tendu mon bras vers la trousse de premiers soins. La main tremblante j’avais essayé de couvrir ma plaie. Je me sentais étourdie sans doute à cause de la perte de sang et j’avais envie de dormir. Encore confus, j’avais néanmoins agrippé le t-shirt que j’avais sorti plutôt pour Rafael et le lui avait tendu.

-« Alors, je te conseille d’aller prendre une bonne douche parce que franchement tu ressembles à un zombie. Après si tu te sens d’attaque on discutera davantage. »

Épuisé, j’avais déposé mon dos contre le mur froid et envoyé ma tête vers l’arrière. Par la fenêtre, on pouvait entendre les oiseaux de quatre du matin chanter. Et dire que j’allais passer tout mon matin à nettoyer les dégâts. Pas facile la vie d’un prêtre…



LA MORT DES AMANTS


Usant à l'envie leurs chaleurs dernières | Nos deux cœurs seront deux vastes flambeaux | Qui réfléchiront leurs doubles lumières | Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux. | FRIMELDA

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Rafael
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J'ai 25 ans et je vis en Nouvelle-Orléans, Lousiane. Dans la vie, je suis un hybride détraqué et je m'en sors avec l'humour. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

Rafael est un hybride (mélange entre un vampire et un loup-garou) qui a été victime d'un accident rendant son état de créature fantastique complètement détraqué. Il doit se nourrir de sang mais, lorsqu'il le fait, il entre dans une transe de torture psychologique puis physique. Son corps est complètement marqué par des cicatrices qui témoignent de la douleur qu'il ressent à chaque fois qu'il boit une goutte de sang.  



Mathis Lauridsen ©️ Morrigan
La vie décide, ordonne. Elle ne met en vigueur aucune règle préétablie. C’est elle qui a choisi pour tous les êtres. Même si tout le monde est certain d’avoir le pouvoir sur ses décisions. Il est les feuilles d’un arbre. Il se laisse bercer par le vent. Mais, tout en dessous de lui, la vie a décidé de planter ses racines dans ce tas de terre. Celui-là. Il ne peut pas faire autrement. Il se nourri de cette terre humide, de ces brins d’herbes tendres. Il pense avoir le choix entre les brins, mais, au fond, il sait que ce sont ses racines qui l’ont placé devant eux. Certains ont plus de chance que d’autres. Rafael aurait pu naître dans un désert et ne jamais avoir l’occasion d’étendre ses branches et ses fruits. La vie aurait pu le contraindre à dévorer les autres petits arbres autour de lui pour assurer sa survie, son succès. Mais, sa graine a été plantée au beau milieu d’une forêt, près des siens. Il a grandi avec ses cousins les arbres jusqu’à ce qu’un bucheron vienne lui broyer l’écorce pour faire tomber son corps plus bas que jamais. Le travailleur du bois l’a traîné jusqu’en ville, l’écorchant sur le béton et les pierres. Puis il l’a abandonné là. Le laissant trouver une autre terre où planter ses racines et recommencer à nouveau.

Mattias, lui, il était un grand saule. Ses longues feuilles trainaient sur le sol : il était fatigué de son travail, des tâches qu’il s’était lui-même attribuées. Mais, en laissant ainsi ses branches trainer, les prédateurs pouvaient facilement s’y accrocher puis grimper jusqu’à en atteindre sa tête. Et, lentement, ronger son écorce, sa chair, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus le supporter. Jusqu’à ce qu’il ne tombe enfin pour rejoindre les grains qui n’ont jamais eu la chance de recevoir un peu d’eau et de soleil. Mais, au fond de lui, il savait qu’il laissait les bêtes pénétrer sa vie pour éviter qu’elles ne pénètrent celles des autres. Il se sacrifiait pour les inconnus. Un geste noble qui semblait s’inspirer bien plus que de la religion. Quelque chose d’autre le poussait à agir ainsi, au détriment de sa propre sécurité. Peut-être était-il simple guidé par le désir inébranlable d’ériger la joie et la sécurité autour de lui.  

Rafael esquissa un sourire. L’un de ces faibles sourires qui n’était ni négatif, ni positif. Le prêtre avait raison. La douleur d’un pouvait apporter le bonheur de l’autre. C’était injuste, mais qui pouvait modifier la formule. La vie -ou la survie, plutôt- dépend de l’échec d’un autre. Le pays qui gagne la guerre célébrera la victoire. Et celui qui perd sera en deuil.

- Est-ce qu’il y a quelque chose de merveilleux, dans ta vie à toi ?      

La question était honnête. Depuis que Rafael avait rencontré Mattias, il ne s’était formé qu’une impression de lui : cet homme vit pour les autres. Sa maison était petite, vieille. On y crevait de chaud. Son sofa semblait dater de l’époque romain. Et, sa voiture. Encore heureux qu’elle puisse rouler sans assassiner ses passagers. Rafael n’était pas dérangé par toutes ces théories que le prêtre tentait de formuler. Toutefois, sa situation actuelle ne lui permettait pas la réflexion. Il était dans un état où seuls ses muscles étaient capables de coopérer. Son cerveau s’était éteint depuis assez longtemps. Il n’en voulait pas une seconde à son ami. La culpabilité était palpable dans le visage de Mattias. Rafael secoua la tête en souriant pour lui affirmer qu’il ne lui en voulait pas d’avoir posé toutes ces questions. Il ne pouvait pas lui en vouloir, de toute façon. Seul une personne ne possédant pas de coeur n’aurait pas essayé de trouver des solutions à la situation alarmante. Même ses os semblaient essayer de fuir le corps pour ne plus sentir la douleur.

Il ne pouvait pas le nier; il se sentait un nouvel homme. Plus fort, plus à vif. Ses sens s’étaient aiguisés. Il percevait le chant des oiseaux matinaux, les craquements dans les murs, les fourmis qui grouillaient en dessous de la maison. Sous ses doigts sensibles, il sentait la texture rugueuse de la serviette souillée par son sang coagulé. Il était présent dans l’espace, l’atmosphère. C’était comme s’il découvrait pour la première fois ce qu’était être un hybride, un vrai. Il s’était mis à hocher la tête tout en regardant autour de lui : les couleurs semblaient plus claires. Mais c’était probablement à cause des fins rayons de soleil naissant qui se frayaient un chemin au travers les rideaux clos. Le matin se faisait chanter.

- Oui… Je me sens beaucoup mieux. J’ai… J’ai l’impression d’être revenu à la vie.

Il s’était mis à glousser de façon incontrôlable. Il avait la joie au cœur, ça se voyait dans la brillance de ses yeux. Puis, se souvenant qu’il venait de pomper le sang de son ami, il se retourna dans sa direction avec un regard inquiet, interrogateur. C’était certain; il faisait mine de bien aller. Pourtant, la fatigue rongeait ses cernes et son teint était poudreux. Rafael étira son bras pour atteindre la clé des menottes puis il se libéra. Il rejoignit le prêtre pour jeter un coup d’œil à la morsure sur son poignet. Il posa sa main sur celle du prêtre pour appuyer plus fort sur la plaie, dans le but de couper la circulation sanguine.

- Je me sens d’attaque pour escalader le Mont Everest. Mais toi… Toi tu ne tiendras pas le coup une minute de plus. Tu as besoin de repos. Tu es épuisé.

Le garçon se releva en faisant signe à son ami de maintenir la pression sur son poignet. Il s’étira pour ramasser toutes les serviettes sur le matelas. Il fit un tas avec, tas qu’il jeta dans le coin de la chambre. D’un simple regard, il invita Mattias à rejoindre le lit, à son tour. Il tapa dans l’oreiller pour le gorger d’air. Puis il laissa un peu t’intimité au prêtre. Il se retira dans la salle de bain. La douche l’invitait. Il n’attendit pas plus longtemps. Le jet d’eau chaud caressa sa peau et les souvenirs de ses plaies. Il ne fit pas durer le moment. Il retourna assez rapidement dans la chambre, vêtu du fameux chandail de Star Wars. Il s’assura que Mattias était toujours vivant avant de souffler, d’un air faussement agacé : « Tu as fait exprès de choisir ce t-shirt. Avouez, père. » La vraie question était : pourquoi un prêtre gardait ça dans ses tiroirs.  
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