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 Poëte au triste front (...) (Sunrise)

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SUNRISE
SUNRISE
Masculin MESSAGES : 3344
INSCRIPTION : 22/05/2017
ÂGE : 20
RÉGION : nouvelle-aquitaine.
CRÉDITS : tumblr.

UNIVERS FÉTICHE : fantastique, city, sms, all.
PRÉFÉRENCE DE JEU : Homme

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Johnny

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River
J'ignore mon âge et je ne sais pas où je vis. Dans la vie, je ne sais pas ce que je fais, ce que je sais, ce que je suis.

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dasha sidorchuk ©️ spotless minds
Le fantôme des lèvres du gardien réside encore sur sa bouche. La chaleur continue de brûler la douceur de son maigre sourire serein. Son cœur s’est emballé sans la moindre raison, et ses mains sont devenues moites. L’expérience est plaisante. Les sensations qu’elle lui procure le sont tout autant. Son index continue de caresser l’os de la mâchoire de l’homme, alors qu’elle se recule en battant des cils. Derrière le voile qui cache son regard, elle semble distinguer quelque chose. La créature baisse les yeux, troublée. Serait-ce le fruit de son imagination ? Son Ange allait-il disparaître ? Un frisson parcourt l’être de la bête à cette possibilité. Désormais, elle sait, elle sent, qu’elle ne pourra plus supporter l’errance autrefois imposée par la flamme vacillante de sa bougie. La flamme était-elle seulement un guide jusqu’à l’homme merveilleux ? Les questions cessent à l’instant où les bras de ce dernier viennent étreindre la petite rousse, perdue dans ses voiles blancs. La jeune femme hume le parfum nouveau qui effleure ses narines. Ce n’est plus le sel marin. Ce n’est plus le bruit des vagues. C’est lui. Cette silhouette qui se dessine sous ses doigts. Cette silhouette qu’elle trace dans son esprit à chaque caresse.

L’enfant à la crinière de feu noue ses doigts dans le dos de l’autre, se perdant dans ce contact rassurant. Agréable. Doux. Ce dont elle a tant besoin pour apprendre. Pour s’apprendre. Elle se découvre enfin. Elle découvre le besoin irrationnel de sentir la présence d’un autre qu’elle à ses côtés. River découvre cette nécessité étouffante. Ce besoin irrépressible, vital, de ne plus jamais être seule. L’homme fait glisser ses doigts sur la peau de son épaule, entraînant avec eux les fins tissus recouvrant jusqu’alors son épaule. Sa peau ainsi exposée lui fait mordre sa propre lèvre. Les lèvres de l’homme se dépose contre son épaule, la faisant tressaillir. Pourtant, elle se laisse faire. Ses mains retrouvent la surface rugueuse du bois et les quelques échardes qui tentent de s’enfuir de cette surface imparfaite. Dans son regard se dessine quelques couleurs. Quelques formes dont elle ne parvient pas à en définir les contours. Le monde semble vouloir imprégner son esprit tandis que ses yeux semblent vouloir lui en cacher chaque défaut. La gamine n’a pas son mot à dire. Elle subit sa naissance. Elle subit un nouvel abandon de la part de son gardien.

Elle entend le tissu froisser. Puis quelques pas sur le ponton. L’eau devient furieuse. Elle se jette contre les rochers plus violemment qu’autrefois. Ange a disparu. La panique secoue la créature fragile avant que la voix de l’homme ne se fasse clairement entendre. Douce mélopée. Mélodie pure qui apaise les battements de son palpitant. Doucement, sans craindre la température de l’océan, elle s’y jette pour retrouver l’être qui l’attire inexplicablement. Attraction incompréhensible. Besoin de protection. Besoin de chaleur. Besoin de ses mots inconnus. L’eau accueille son corps autant que les voiles qu’elle entraîne à sa suite. Le tissu devient presque invisible. Ses manches semblent voler derrière elle, emportée par la mer. Perdue dans l’immensité froide, River guide sa main jusqu’à la peau chaleureuse de son protecteur. Avide de sa présence. Son corps se presse contre le sien. Et comme le vent qui murmure une poésie à son oreille, elle fait entendre sa voix brisée. « J’élèverai vers toi la source de mon être (…) et la grandeur en moi d’aimer t’enseignera peut-être la grâce d’être aimé... » *

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June
June
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INSCRIPTION : 02/03/2017
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CRÉDITS : herselves. & giphy (better call saul)

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dolores June

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Havel
J'ai passé l'âge de la vie et je réside à la pension Alamayer, sur la corniche ultime du monde. Dans la vie, je me contente d’exister et savoir comment je m’en sors est vain. Sinon, d’aussi loin que je me souvienne, je suis une âme solitaire et c’est ainsi.

échoué sur une plage du bout du monde… quels souvenirs d’une autre vie ?


tom hardy © EYLIKA
    Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
    De la Mer, infusé d’astres, et lactescent…
    *

La femme est descendue à la mer à son tour. Depuis le ponton de bois, elle s’est jetée et des millions de petites bulles d’air accueillent à la surface les voilages de la robe blanche. Ce sont les mêmes petites bulles d’air qui s’accrochent tout le long de la peau de l’homme, comme des perles, dans la clarté du ciel où ils se sont baignés.

Les manches, légères, se sont posées sur l’eau. Peu à peu, elles s’y absorbent, elles y disparaissent. La pointe rousse des cheveux, accueillie par la mer, s’en est teintée aussi. Mais la peau, elle ; la peau est restée d’une blancheur immaculée. River n’est comme vêtue que d’un léger courant d’air, devenu à peine visible au moment où l’étoffe de sa robe est, elle, devenue invisible.

Son corps a trouvé le corps de l’homme. Quant à sa voix, elle a trouvé une parole, enfin. Havel passe ses mains sous les manches de la robe, juste aux épaules de la femme. Ensuite, il plonge dans la mer et fait glisser la robe tout le long d’elle, jusqu’à l’en libérer. Un mouvement simple, et fluide. Et la fine étoffe blanche vogue plus bas, on la voit lentement descendre dans les profondeurs de la mer, jusqu’au moment où elle y cesse d’exister tout à fait.

Ils sont nus dans le Poème de la mer. « Et toi plus chaste d’être plus nue, de tes seules mains vêtue…** » L’homme vient près de la femme, alors qu’il n’est plus qu’homme, ou bien tous les hommes de ce monde éternel où la femme éternelle, elle aussi, est toutes femmes. Moins que jamais se rappelle-t-il une vie lointaine ; moins que jamais a-t-il d’appartenance autre qu’à la mer, qui est monde – qui est la grève sur laquelle il est possible à leurs corps de s’étendre et de n’être qu’un corps, un instant.

« Et mer moi-même à ton orient, comme à ton sable d’or mêlé… Que j’aille encore et tarde, sur ta rive, dans le déroulement très lent de tes anneaux d’argile – femme qui se fait et se défait avec la vague qui l’engendre… » C’est le Poème, le même poème qui les unit. Havel porte sa main dans la rousseur des cheveux, il a fermé les yeux.

Là, dans les eaux millénaires qui ont vu naître tout ce qui se dérobe derrière la grande dune de sable de la plage, l’homme n’est plus que le désir, dressé, de ce monde ; la femme ne serait plus que l’alcôve où le monde vient s’atteler à, lentement, renaître. Lentement, par vagues profondes, immenses ; par vagues d'un amour lent et éphémère, inépuisable.

Leurs corps unis dans la douceur se séparent ensuite, rien qu’un peu. Havel a gardé sa main dans les cheveux de River. Il a rouvert les yeux. Sur le bois du ponton, il a aperçu quelque chose. À côté de son petit tas de vêtements à lui, une étoffe blanche, légère – à peine visible. Étendue là, sous la lumière.


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