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 Poëte au triste front (...) (Sunrise)

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June
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dolores June


Le contexte du RP
Mise en situation

La situation

Sur la plage immense et déserte, au bord de la mer qui se confond au ciel, comme l’étendue du sable dans la brume d’un horizon lointain, un homme s’est assis.

C’est un homme usé par la vie. Pourquoi, et d’où vient-il ? Nous ne le saurons pas, et cela n’a pas d’importance.

Le sait-il, lui-même – ou l’a-t-il oublié.

La lassitude l’a pris et il s’est assis dans le sable.

Derrière, ou de l’autre côté, plus loin, sur la plage, il y a cette corniche perdue dans le ciel, sur laquelle se dresse la pension. La pension et ses âmes naufragées.

Debout au bord des flots mouvants…


Contexte provenant de cette recherche
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June
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dolores June



Havel
J'ai passé l'âge de la vie et je réside à la pension Alamayer, sur la corniche ultime du monde. Dans la vie, je me contente d’exister et savoir comment je m’en sors est vain. Sinon, d’aussi loin que je me souvienne, je suis une âme solitaire et c’est ainsi.

échoué sur une plage du bout du monde… quels souvenirs d’une autre vie ?


tom hardy © EYLIKA
Il avait marché, il s’était assis dans le sable. Il avait laissé sur la corniche la pension qui accueillait ces âmes vides qu’il ne croisait pourtant jamais ; la pension blanche, ses longs couloirs et ses fenêtres ouvertes sur le grand air marin.

Ces longs couloirs propices aux courants d’air.

La bâtisse était si blanche qu’elle s’était perdue dans le ciel. Le ciel était blanc, le temps était passé. Sans doute la corniche était-elle toujours là, quelque part au bout de la plage. Havel ne la voyait plus, mais il la percevait encore, absorbée dans la nue vaporeuse que le reflux des vagues soulevait à l’horizon.

L’immensité de la plage n’avait pour fin que la dune, au-delà de laquelle il était incertain que le monde existe encore. La mer, en face. Qu’y avait-il, de l’autre côté de la mer ?

Havel se trouvait assis dans le sable, assez loin de la pension. Il découvrait une vieille sacoche élimée à son côté, et ses pieds étaient nus. À en juger par les paires de chaussures et de chaussettes posées près de lui, il avait dû préférer les avoir nus.

Le paysage était un aplat de bleu et de blanc, des lignes successives et confondues. Tout était horizontal. Une harmonie en bleu et argent.

La lumière n’était ni chaleureuse, ni triste. Elle était neutre, mais suffisamment forte pour que Havel se trouve à plisser les yeux au moment de regarder la mer. Ou peut-être était-ce l’horizon, ou encore le sable dans lequel s’enfouissaient désormais ses orteils.

Il ne faisait ni chaud, ni froid. Havel constatait l’ourlet à ses chevilles. Il portait un vieux pantalon élimé, une chemise ample, un blouson indifférencié. Comme il y avait un livre de poésie dans la sacoche, il le prit entre ses mains.

La page était blanche et il plissait encore les yeux. À voix haute, il se mit à lire :

    « Je m’éveillai, c’était la maison natale,
    L’écume s’abattait sur le rocher,
    Pas un oiseau, le vent seul à ouvrir et fermer la vague,
    L’odeur de l’horizon de toutes parts,
    Cendre, comme si les collines cachaient un feu
    Qui ailleurs consumait un univers (…)
    »*

Il y eut aussi un chuintement, comme des pas dans le sable approchant. Ou peut-être aussi bien la rumeur des vagues…


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SUNRISE
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Unknown
J'ignore mon âgene sais pas où je vis. Dans la vie, je ne sais pas ce que je fais, ce que je sais, ce que je suis.




dasha sidorchuk ©️ spotless minds
Le vent se faufile sous les voilages de sa robe blanche, déchirée par endroits. Le temps semble s’arrêter chaque fois qu’elle pose un pied sur le sol instable, puis reprendre aussitôt qu’elle le relève. Alors qu’elle avance, il se fige. Les aiguilles de l’immense horloge de la vie ne tournent plus autour du cadran. Il est brisé. Brisée, elle aussi. A-t-elle un nom ? Sait-elle seulement ce qui la pousse à perdre l’équilibre dans ces grains de poussières qui se coincent entre ses doigts de pieds ? Longue cascade de cheveux roux s’échouant dans le creux de ses reins, à la naissance de ses fesses que l’on devine sous son linceul transparent.

La caresse des courants d’air sur son corps presque nu. La brise soulevant ses cheveux. Tandis que de ses mains fragiles, elle protège la flamme d’une bougie. Elle avance vers la mer, les pieds noyés dans le sable blanc. Elle ne regarde pas où elle va, les paupières closes. Son esprit la guide vers une étendue bleutée, jusqu’à ce que ses orteils ne touchent le froid glacial. Eau. Elle connaît ce mot. Il est coincé quelque part dans son esprit. Comme la sensation qu’éteindre la flamme ardente entraînerait sa disparition. Puis, une voix. La douceur rousse entend une voix mélodieuse réciter un poème. Le connaît-elle ?

Son regard s’ouvre et laisse entrevoir des émeraudes brillantes. Des yeux sublimes qui ne lui servent pas. La jeune créature est guidée par la voix. Par les mots dont elle ignore le sens. La flamme vacille. Son cœur s’affole. La bougie dans la main. Elle s’agenouille devant l’autre créature. Qui est-ce ? Que dire ? Que faire ? Le feu menace de s’éteindre et la panique se lit sur son visage. Elle doit la protéger. Comment lui demander de l’aide alors que la parole t’a abandonné, alors que tu ne sais même pas ce que c’est ?
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June
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échoué sur une plage du bout du monde… quels souvenirs d’une autre vie ?


tom hardy © EYLIKA
Une femme est apparue au bord de la mer. Elle porte au creux des mains une bougie, dont la flamme vacillante est miraculeuse. Son corps n’est vêtu que d’une robe de voilages blancs – elle pourrait aussi bien ne porter que le vent à même ses frêles épaules. Elle paraît guidée par la voix du poème.

Ne cesse pas, voix proche, il fait jour encore (…)

Ses yeux semblent perdus dans un autre temps, ses pas pourtant sont fermes. Elle est agenouillée maintenant devant Havel et il la découvre pour la première fois. Rien dans le paysage n’est aussi vif que la rousseur de ses cheveux. Cette femme sans nom, cette femme sans voix est si évidente qu’il n’y a de surprise chez l’homme qu’à la mesure de l’effroi découvert sur ce visage blanc.

Et sa flamme, qui s’épuise encore dans l’air marin, lui rappelle un poème venu d’une autre vie… « Tel est le monde. Nous ne le voyons pas très longtemps : juste assez pour en garder ce qui vacille et va s’éteindre, pour appeler encore et encore, et trembler de ne plus voir. Ainsi s’applique l’appauvri, comme un homme à genoux qu’on verrait s’efforcer contre le vent de rassembler son maigre feu… »* Il a dit ces quelques mots distraitement, sans trop y croire. Il sent qu’il ne pourrait pas les convoquer une seconde fois ; ils sont oubliés, déjà ; envolés dans le vent.

Le livre est abandonné au sable fin qui, d’ici quelque temps, en descellera probablement les pages. L’homme tend les mains et entoure celles de la femme, doucement. Faire son étreinte plus sûre préservera des embruns cette prière ou ce vœu silencieux.

« Elle ne va pas s’éteindre », dit-il simplement. Leurs mains ne sont ni chaudes, ni froides, mais on peut peut-être dire que ce contact a quelque chose de la chaleur.


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SUNRISE
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Elle ne voit pas. Elle sent la chaleur de la flemme qui vacille et qui lèche ses doigts d’une chaleur ardente. Elle continue d’avancer, porter la voix d’une autre créature qu’elle ne comprend pas. Créature enfantine qu’elle est, sans la moindre connaissance, sans le moindre savoir, perdue dans un océan d’informations indescriptibles. L’humidité colle les voiles transparents de sa robe à sa peau, qui se soulèvent par moment, pour découvrir des cuisses lisses, pâles. Créature blanche, dont la seule couleur est le roux de ses cheveux, et le vert de ses yeux. Yeux également voilés par cette étrange fluide opalin.

Le sable se colle à ses pieds, et à ses chevilles ayant baignés dans l’immensité bleutée. La flamme est en danger. Le vent veut l’éteindre. Le vent veut la souffler. Elle va disparaître. La créature disparaîtra avec elle. Elle ne veut pas, elle. Elle veut continuer d’écouter le son produit par un ange à ses côtés. La jeune sait ce qu’est un ange. La notion est dans son esprit. Un ange. On ne le voit pas. On n’entend que sa voix dans notre tête. Il est un gardien. Elle le sait, sans avoir besoin de mots pour le dire. C’est un ange. Est-il beau ? Est-il abîmé par les années ? Sa voix n’est-elle qu’un mirage ? Le feu va s’éteindre. Il va s’éteindre !

Son cœur bat plus, il bat plus fort. Jusqu’à ce que la chaleur de deux mains se posent sur les siennes. Elle a peur, la bête chétive. Elle craint que la bougie ne finisse son périple ici, et maintenant. La voix de l’ange semble vouloir imprégner son esprit d’une étrange force. Mais elle ne comprend toujours pas. La jeune femme ouvre la bouche mais aucun n’est capable d’en sortir. Elle ouvre la bouche, mais seules des larmes s’écoulent de ses yeux. Elle va mourir. Elle va mourir. Mourir. La panique fait trembler ses doigts qui menacent de faire tomber le minuscule feu dans le sable froid. La rousse s’approche davantage de son ange. Jusqu’à ce que son front touche les lèvres de cet ange qu’elle ne peut pas voir. On ne peut jamais voir les anges. Prière silencieuse de ne pas éteindre sa vie.
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June
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échoué sur une plage du bout du monde… quels souvenirs d’une autre vie ?


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C’est cette femme, dont on dirait qu’elle vacille et va s’éteindre. La pâleur de ses mains tremble, et de ses yeux morts coulent des larmes que Havel recueille en ouvrant l’une de ses paumes. Il n’a jamais rien vu de si délicat, d’aussi loin que remontent ses souvenirs. De toute la mémoire du monde, jamais plus fragile créature n’est encore tombée entre les mains d’un homme.

Elle est comme un ange
, soufflent presque les lèvres de l’homme, avant que le front blanc ne vienne s’y appuyer. Un ange qui ne parle pas sa langue, et dont l’existence même est incertaine. Clignerait-il des yeux et cesserait-il alors de la voir – aurait-elle disparu ? Cette femme d’une rousseur infinie… Il ne voit plus leurs mains jointes autour de la bougie ; il ne voit que sa chevelure, et l’horizon blanc.

Quelle heure est-il ? La lumière est si égale, elle tombe sur leur étreinte avec une telle indifférence qu’il pourrait être toutes les heures du jour. Depuis combien de temps sont-ils là ? Havel respire la rousseur de la femme. Il a refermé ses mains sur les siennes mais, finalement, l’une d’elles vient se perdre sur la joue blanche, puis glisser dans la chevelure. Lui vient le sentiment que, s’il se reculait légèrement, il pourrait tout aussi bien constater l’absence de toute bougie. N’est-ce pas elle, la flamme qui ne doit, sous aucun prétexte, s’éteindre ?

Il se recule légèrement et il constate pourtant que la bougie brûle toujours. Il se souvient de la sacoche, à son côté. Sans rompre leur contact, il vient y glisser une main. Ses doigts font le tour d’une matière circulaire et fine. Il saisit la cloche en verre. Elle est légère comme une plume, mais cela devrait suffire. Il la ramène à lui et fait en sorte que la main de la femme la rencontre. Fragile est le trésor des oiseaux…
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SUNRISE
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Dans la pénombre de ses pensées, elle avance, laissant son esprit la guider jusqu’à l’écho d’une voix sur laquelle les vagues s’échouent. Une voix monotone dont les mots n’ont aucun sens, mais qui s’enchaînent pourtant harmonieusement, si jamais un jour, elle a sut ce qu’était une harmonie. Aucun son ne sort de sa bouche. Les grains de sable continuent de brûler les plaies présentes sur ses pieds, comme si elle avait marché sur des milliers de bout de verre. L’eau salée de la mer ne l’en débarrasse pas. Les voiles de sa robe la confortent dans une bien triste idée : le vent veut qu’elle s’éteigne à tout jamais. Elle. La bougie. Deux existences qui coexistent et dont il ne peut être autrement.

Se faire embrasser le front d’un ange. A-t-elle seulement osée ? Va-t-il lui faire payer le prix de cet affront ? Elle avait juste tellement besoin de réconfort, la pauvre créature dont on veut supprimer la vie d’un simple souffle sur sa flamme. Le poids de son existence. Elle ouvre encore la bouche, comme pour parler, mais elle ne sait pas comment. Elle n’a pas appris, pas plus qu’on ne lui a appris à voir. Un frisson parcourt son corps alors que deux mains bien plus épaisses que les siennes ne l’emprisonnent, n’emprisonnent aussi sa flemme.

L’ange s’autorise une caresse sur la peau de la rousse. Une caresse qui ne fait qu’amplifier les larmes sur le visage de l’enfant. Est-ce un adieu ? Est-ce comme cela qu’elle va s’éteindre, la flamme ? Elle tremble tant elle a peur de ne plus pouvoir entendre sa merveilleuse voix. La flamme n’en vacille que davantage. L’ange se recule. Va-t-il la faire s’envoler comme des cendres au gré de ce vent malicieux ? Bête chétive craignant son ange. Une de ses mains quittent les siennes, pour lui apporter un contact étrangement froid. Sa main abandonne à son tour cette pauvre bougie bientôt sans cire à consumer. Il ne lui reste plus beaucoup de temps si elle ne parvient pas à trouver la raison de son existence. Il ne lui reste pus beaucoup de temps dans les bras de son ange. Un ange. Un bel ange que seul son front n’a eu l’audace de caresser. Telle une offrande, la jeune femme tend la bougie à son protecteur espérant de lui une solution.

Ses longs doigts fins l’observent alors glisser sa vie sous les parois de verre. Manque d’air. Manque d’oxygène. Elle porte ses pattes à sa bouche, la créature. Elle ouvre la bouche, elle ne peut plus respirer, la créature. Ange si cruel. Sauve-la.
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June
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Il voulait protéger la flamme contre le vent des marées, mais maintenant cela ne lui paraît plus avoir vraiment de sens, ni d’importance. Le monde ne peut pas dépendre de la flamme d’une bougie, n’est-ce pas ? Il en a enfoui la base dans le sable fin, et quand il est venu positionner l’écrin de verre au-dessus, il l’a vu vaciller – il l’a vu commencer d’étouffer. L’absence d’air ne remédiera jamais au souffle du vent. Et Havel a commencé d’être las à nouveau, infiniment las.

Il soulève légèrement la cloche de verre, pour que la flamme continue de brûler. Il remarque un coquillage, un très grand coquillage qu’il n’avait encore jamais vu. Tout près de lui, dans le sable de cette plage où il a marché si longtemps sans qu’un seul n’ose se dévoiler à son regard. Alors il s’en saisit et il le dresse devant la bougie, contre le sens du vent. Savoir si cela sera suffisant n’est plus de son ressort. Il ne sait même plus si tout cela est réel.

Il cherche le livre abandonné dans le sable, resté ouvert sur les pages qu’il lisait. On dirait que des années ont passé tant les pages sont désormais racornies, gondolées. Les mots usés restent lisibles et Havel reprend le poème.
    « Je passai dans la véranda, la table était mise,
    L’eau frappait les pieds de la table, le buffet.
    Il fallait qu’elle entrât pourtant, la sans-visage
    Que je savais qui secouait la porte
    Du couloir, du côté de l’escalier sombre, mais en vain,
    Si haute était déjà l’eau dans la salle (…)
    »*

Il relève les yeux. La femme d’une infinie rousseur n’a pas encore cessé de respirer. Havel avise la ligne d’eau et comprend que la marée monte. Il est temps. Il pose ses mains sur les hanches de la femme – ses grandes mains calleuses, abîmées par le métier, sur ces voilages délicats et ce corps frêle qu’il pourrait, s’il le souhaitait, briser. Il se lève et relève aussi cette femme, puis il ramasse le livre et fait quelques pas dans le sable, le long de la mer, entre la dune et le large.

Le suivra-t-elle ? Prendra-t-elle confiance en cette flamme éternelle, qui continuera de brûler comme un phare sur le rivage – seuls le savent des dieux lointains, détournés.

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SUNRISE
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L’inquiétude ne cesse de grandir dans l’expression de son visage et de son corps tout entier. Elle n’a plus aucun contrôle sur sa flamme. Son ange lui a retiré pour la faire agoniser, la privant de l’air caressant sa douce gorge si fragile. Fragile petite enfant aveugle dont seul un être invisible pourra la sauver. Le silence s’installe pour que le vent puisse souffler dans ses oreilles. Il la nargue. Encore et toujours. Il se moque ouvertement d’elle alors que l’ange qu’elle espérait sauver semble avoir disparu. Bête craintive entend malgré tout des bruits dans le sable qui brûle les plaies de ses jambes. L’enfant cherche encore la chaleur de l’autre créature. Ses mains, alors libérées de son fardeau, viennent se déposer sur les joues de son ange lorsque sa voix contre les sifflements de la brise maritime. Son souffle, autrefois coupé, semble lui avoir été rendu. Aurait-il eu pitié de sa pauvre existence insignifiante ?

Douceur, elle se rapproche de lui. Un genou après l’autre. Ses doigts fins se déplacent sur son visage pour que ses pousses viennent se déposer sur ses lèvres, les autres se perdant dans les quelques poils naissants de sa barbe. L’ange est différent pourquoi a-t-il des choses sur son visage qu’elle n’a pas ? Elle se rapproche encore pour sentir le souffle de ses mots incompréhensibles sur son visage, mais ils meurent à son tour. Pourquoi se tait-il ? Pourquoi ?

Tendres ses mains qui se posent sur les hanches de la jeune femme. Marionnette qui se laisse faire, qui se laisse contrôler par son marionnettiste. Elle ne comprend pas, l’enfant. Elle ne sait pas ce qu’il se passe. Va-t-il éteindre la flamme ? Va-t-il la protéger ? Va-t-il ? Va-t-il ? Va-t-il ? Des questions qui ne peuvent être formulées dans son esprit d’animal craintif. Créature sans notion, si ce n’est celle d’ange, d’harmonie. Des pas dans le sable. Ange abandonne sa création dans le sable. Mais création refuse. Refuse d’être à nouveau seule, perdue dans l’obscurité de son univers. Elle veut caresser encore ce visage particulier. Elle veut découvrir le monde de celui qui a mit sa vie en péril. Ne pas se retrouver avec sa solitude une nouvelle fois. Alors elle tend la main pour attraper les épais doigts d’Ange qu’elle emmêle aux siens. Ne pars pas sans moi.

Le froid mord sa peau alors qu’une tempête se prépare au loin. Elle peut la sentir. Ses cheveux roux balayent son visage inquiet tandis qu’elle s’accroche de toutes ses forces à un autre être, abandonnant son destin au sable et à l’eau salée d’une mer caractérielle. Coquillage, puisses-tu sauvegarder son existence.
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June
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La marée montante ressemble à une longue expiration. La mer aussi respire, à un rythme si lent – le cycle d’un très lent éternel retour, un cycle cosmique et intemporel, indissociable de celui des astres et des êtres qui peuplent le monde.

Ce souffle est une pulsion douce qui s’achève sur la plage où les vagues se sédimentent, l’une venant recouvrir l’autre pour mordre toujours un peu plus loin sur le sable. L’une, plus longue que les autres, vient inattendue caresser les chevilles de l’homme et de la femme qui se sont pris à marcher. Elle décrit une courbe tremblante d’écume sur le sol humide.

Ils marchent, lentement, leurs pieds enfonçant quelque peu dans le sable. Et, quelque fois, la longue respiration de la mer vient jusqu’à eux. Havel aime à marcher sur cette ligne de partage. Il sait que, de toute façon, la plage est trop vaste pour que la marée puisse entièrement la recouvrir, comme la maison dans le poème… Il le sait parce que tous les jours, depuis son arrivée à la pension, ses pas l’égarent loin, si loin sur la grande plage. Il a eu le temps de l’observer. Combien de jours cela fait-il, au total ? Si la nuit ne tombe jamais, comment savoir ?

« D’où croyez-vous que viennent ces vagues ? » Havel demande-t-il à la femme dont il a pris la main – et qui a pris la sienne. Il oublie que les anges ne parlent pas le langage des hommes. Ou bien il croit que le souvenir de ce langage lui reviendra, un jour. « Elles sont un peu plus agitées qu’hier – ou tout à l’heure, je ne sais plus. » Oh, à peine. Il marque un léger temps d’arrêt et son regard embrasse l’horizon de la mer, puis l’horizon de la plage. Il regarde d’où ils viennent, dans la direction de la grande corniche où se dresse la pension. Déjà une légère brume d’embruns a évanoui la bougie et le coquillage, mais Havel est confiant : il sait qu’elle est toujours là, invisible dans l’invisible, sa lumière brûlant dans la marée montante. La main de la femme, au creux de la sienne, est toujours là, palpable, presque réelle.

Tout à l’heure elle avait touché son visage comme pour mieux le voir. Cela rappelle à Havel un vers, échappé d’un poème depuis longtemps perdu. Répands tes mains sur un visage sans raison…* Pourrait-elle se rappeler leur langue, comme on se rappelle d’un poème qu’on croyait oublié ?

« Parfois, j’imagine qu’elles ne sont que la répercussion de ce qu’il se passe très loin en mer. S’il se produit une tempête au large, alors les vagues nous parviendront plus houleuses. Tout se passe comme si la mer n’était qu’un gigantesque récipient, auquel des mains plus ou moins bien lunées impliqueraient un mouvement plus ou moins doux, ample ou brusque. » Havel considère l’ange. Croira-t-elle qu’il est encore en train de lire, ou bien le ton de sa voix lui semblera-t-il différent, maintenant qu’il parle de lui-même ? Qu’il s’adresse à elle ? Il sait qu’elle ne va pas répondre. Il espère toutefois que tout cela lui aura inspiré une émotion. Il pense au contact de leurs mains. Il espère qu’un peu de sens pourra aussi passer par-là.


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Poëte au triste front (...) (Sunrise)
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