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June
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UNIVERS FÉTICHE : Réel, fantastique
PRÉFÉRENCE DE JEU : Les deux

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pigeon june


Le contexte du RP
Mise en situation

La situation




C’est par un concours de circonstance, un heureux – ou malheureux ? – coup du sort que ces deux-là se sont retrouvés sur les routes, comme ça, du jour en lendemain. Tous les deux, seuls, à l’avant d’un van tout équipé.

En fait, ils participent à une sorte de nouveau jeu télévisé et doivent relever des défis sous forme d’expériences à vivre à travers le monde, pendant plusieurs mois. Chacun le fait pour ses raisons, qu’elles soient bonnes ou mauvaises.

En tout cas, c’est le hasard du jeu qui les a réunis ; ils ne s’étaient jamais rencontrés auparavant.

L’une vous dirait qu’elle trouve ça insupportable, cette espèce de huis clos avec l’autre imbécile, la pire idée de sa vie ; l’autre vous dirait qu’il s’amuse carrément, qu’il trouve plutôt savoureuses les humeurs massacrantes de sa partenaire et incroyable de pouvoir voyager tous frais payés.

Lequel des deux a raison ?

Contexte provenant de cette recherche
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June
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pigeon june



María Saint-James
J'ai 30 ans et je vis à Los Angeles, US. Dans la vie, je suis pas grand-chose et je m'en sors pas terrible. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

maria, elle n’a jamais pensé pouvoir vivre de son art et elle a passé son temps à enchaîner des boulots qui ne lui correspondaient jamais, si bien que ça ne durait pas bien longtemps. elle se considère, socialement, comme une ratée et elle a beaucoup de mal à l’assumer. sur la défensive, elle préfère rembarrer les gens qui lui parlent de ses activités.


elisa flicka © EYLIKA
C’est la radio, dont son partenaire vient de pousser le volume à fond, qui réveille Maria et, comme d’habitude, elle est d’une humeur de chien.

Elle s’était laissée allée, enfoncée dans le fauteuil du passager et, la tête glissant dangereusement vers la vitre du van, elle s’était endormie sans être très convaincue que c’était pour autant la meilleure chose à faire. « Put*in, tu pouvais pas attendre avant de foutre la musique à fond ? » Alors oui, elle passe son temps à râler depuis le peu de temps qu’ils sont partis, mais merde quoi, il pourrait faire gaffe.

La vérité, c’est que c’est hyper inconfortable pour elle de se dire qu’elle était là à dormir sous son nez. Elle n’aime pas ça, ces moments de vulnérabilité où elle n’a plus aucune maîtrise de son image. Parce que son image c’est tout ce qui lui reste ; tout ce qui arrive encore à lui faire croire qu’elle a le contrôle.

Elle jette un regard à ce type avec lequel elle est coincée – elle n’en revient pas – pour un sacré bout de temps. Il a l’air d’un fils à papa, le genre famille de bourges un peu coincée, mais qui hésite pas à casser cette image en vivant à cent à l’heure. Elle sait déjà qu’il va lui répondre avec une bonne dose d’ironie, l’air gentiment moqueur, et ça la désarme d’avance. Ça la condamne à le détester encore plus.

Elle attrape une cigarette dans le paquet posé entre eux, la coince entre ses dents pour l’allumer. Elle ouvre la fenêtre et elle souffle dehors. Vite, retrouver cette posture de femme rebelle qu’elle croit maîtriser à la perfection.

Le pire, c’est que la musique est vraiment pas mal du tout.

Quant à la route, elle est déserte. Quelle heure est-il ? Depuis combien de temps le van avale-t-il les kilomètres ? Ils sont en train de traverser une forêt de résineux, le genre typique des road movies. Maria s’accoude à la fenêtre, elle fait genre qu’elle n’a pas froid et laisse ses cheveux s’emmêler autour de son visage.

Sur le tableau de bord, il y a un vieux bouquin ; une vieille édition élimée de William Carlos Williams.

Elle se dit qu’ils sont un cliché vivant. Et pour autant elle se convainc que ce voyage, elle devait le faire. La route, le voyage, c’est son truc. C'est clair.

« Tiens puisque t’es réveillée, tu voudrais pas choper la carte ? Je crois qu’on est pas très loin. » Elle râle, elle prend bien soin de manifester qu’elle déteste quand elle finit par faire ce qu’il lui dit de faire, mais elle attrape quand même la carte routière dans la portière et la déplie, la clope au bec. Elle se perd un temps dans ces figurés, ces toponymes qu’elle sait à peine lire. « C’est quoi, la prochaine étape, déjà ? » elle demande. « On approche d’un checkpoint ? »

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mangoshack
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Limace



Tony Fitzpatrick
J'ai 30 ans et je vis à New-York, US. Dans la vie, je suis aspirant au poste de PDG de l'entreprise de mon père et je m'en sors comme je peux.. Sinon, grâce à mon incapacité à être monogame, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

Tony a grandi avec une cuillère en argent dans la bouche. Il a toujours tout eu trop facilement et pourtant il a quand même trouvé des raisons de se rebeller. Il a toujours délaissé les études pour faire la fête. Il est souvent allé trop loin, et a trop de fois tenté d'user de son nom et de l'influence de son père, d'en profiter pour avoir ce qu'il voulait. Mais il a finit par grandir et ses décadences étaient de moins en moins bien vues. Aujourd'hui il n'est qu'un playboy milliardaire qui se fiche des conquêtes. Son père récemment décédé lui a légué une jolie fortune ainsi que les rennes de l'entreprise. La seule condition pour que Tony y accède est que ce dernier participe à cette émission télévisée où deux candidats qui ne se connaissent pas doivent faire le tour du monde ensemble, et diverses activités considérées comme des checkpoint. Tony est dans l'obligation d'accepter s'il veut toucher son héritage.


theo james © EYLIKA
Le Canada. C'est pas là qu'on les à fait commencer. On les a fait venir par avion lui et cette femme, Maria. On leur a donné les clés du van, une carte et c'était parti pour l'aventure. Premier arrêt: Winnipeg. Naturellement Tony s'est installé au volant, même si en réalité il alterne avec Maria, pour ne pas qu'ils perdent trop de temps. Quand l'un dort, l'autre conduit et vice-versa. Et puis ça les occupe, ça leur évite de trop se parler. Tony n'apprécie pas cette femme. Elle est froide et distante et on voit bien qu'elle ne sait pas s'amuser ou profiter du moment. Sous ses airs de playboy milliardaire, Tony est loin d'ignorer comment s'amuser ! Alors il profite, sans faire attention à cette femme maussade. Par moments il essaie de la dérider, de la faire réagir. Il met le volume de la musique à fond, mais elle se renfrogne. Tony soupire et lève les yeux au ciel. Va bien falloir qu'elle se déride à un moment ou un autre... pense t-il. Il se retourne vers elle et lance: "Ne me dis pas que tu n'aimes pas cette musique !". Et il tourne un peu plus le bouton du volume et se met à chanter You give love a bad name de Bon Jovi. Mais à son grand désespoir elle baisse le son. Il laisse faire, à quoi bon lutter de toute façon ?

Le trajet est long, et le pire c'est qu'il ne fait que commencer ! Par impatience sûrement, Tony demande à sa passagère de regarder sur la carte où ils se trouvent exactement. Ils ne devraient plus être très loin. Les arbres sont bordés de neige des deux côtés de la route, par chance, ils peuvent circuler sans aucun difficulté ! Manquerait plus qu'ils soient coincés par la neige, ça aurait été le pompon ! "Oui, je crois qu'on doit plus être très loin. On devrait bientôt arriver à Winnipeg. Passe moi l'enveloppe." dit-il en ouvrant lui-même la boîte à gants. Au final il la prends et regarde à l'intérieur. Sur la lettre qu'on leur a donné avant leur départ on lit: Rendez-vous à l'aéroport de Winnipeg pour une aventure extraordinaire. Il tends le tout à Maria. Ils auront sûrement leur prochain "rendez-vous" quand ils seront sur place. A chaque endroit qu'ils doivent atteindre une autre destination leur est donnée sur une enveloppe, mais c'est en général une fois qu'ils ont fait "l'activité checkpoint". Mine de rien il se demande ce qu'ils vont bien pouvoir faire comme activité dans un aéroport... A moins qu'on ne leur fasse déjà prendre l'avion ? "Tu t'en sors avec cette fichue carte ? Sinon je peux m'arrêter et regarder tu sais ? Quoique, au final ça sert à rien de toute façon c'est tout droit, on finira par tomber dessus à un moment ou un autre !"

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June
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María Saint-James
J'ai 30 ans et je vis à Los Angeles, US. Dans la vie, je suis pas grand-chose et je m'en sors pas terrible. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

maría, elle n’a jamais pensé pouvoir vivre de son art et elle a passé son temps à enchaîner des boulots qui ne lui correspondaient jamais, si bien que ça ne durait pas bien longtemps. elle se considère, socialement, comme une ratée et elle a beaucoup de mal à l’assumer. sur la défensive, elle préfère rembarrer les gens qui lui parlent de ses activités. elle préfère rembarrer les gens, tout court.


elisa flicka © EYLIKA
« Ne me dis pas que tu n'aimes pas cette musique ! » il dit, et María baisse le son. C’est comme un automatisme : elle peut pas faire comme il lui demande, c’est plus fort qu’elle. Même si elle s’était presque mise à taper le rythme du pied – son inconscient qui la trahit, un truc comme ça, sans doute. C’est plus fort qu’elle, même si parfois prendre le contrepied implique paradoxalement qu’elle se rende bête elle-même.

« Oui, je crois qu'on doit plus être très loin. On devrait bientôt arriver à Winnipeg. Passe moi l'enveloppe. » Tony ouvre la boîte à gants et prend lui-même l’enveloppe : il commence à connaître María, ne serait-ce qu’un peu, et à savoir qu’il ne sera jamais mieux servi que par lui-même. La vérité, c’est qu’ils ne se sont que très peu parlés d’eux depuis le départ. Ils ont échangé leurs noms, il fallait bien, mais même les raisons pour lesquelles ils ont décidé de participer à cette expérience, ils ne les ont pas partagées. Ils n’ont communiqué que pour les aspects pratiques – c’est presque comme si ils évitaient même de se regarder.

María se demande bien pourquoi un gosse de riches voudrait se retrouver coincé dans cette situation merdique, pleine d’impératifs, alors qu’il a probablement les moyens de se payer le voyage qu’il veut. Elle lui poserait bien la question, mais elle se dit qu’elle a la flemme. Ou bien trop de fierté pour risquer de révéler qu’elle, au contraire, s’est lancée là-dedans parce qu’elle avait pas une thune, et pas d’autre recours. De toutes les fuites en avant qui composent sa vie, c’est la seule qu’elle avait pas essayé. Y’a intérêt à ce que cette fois-ci soit la bonne.

Il lui refourgue l’enveloppe et la lettre, sans avoir remis celle-ci dedans. Rendez-vous à l'aéroport de Winnipeg pour une aventure extraordinaire. María souffle la fumée de sa cigarette. Une aventure extraordinaire. C’est ça qu’est censé être le voyage, pas vrai ? Pourquoi est-ce qu’elle se sent tant que ça en-dehors, à côté ? Son humeur maussade ne tient qu’à sa désillusion, au final.

Partir, traverser les continents, s’oublier dans le paysage, se brûler les yeux et les ailes à la beauté du monde, est-ce que même tout ça, ça sera assez ?

Il a dû neiger, quelques jours avant. Le matin même, peut-être. Les basses températures ont conservé, au pied des sapins, une couche de gel, des cristaux blancs à travers lesquels on voit à peine percer la mousse des bas-côtés. « Tu t'en sors avec cette fichue carte ? Sinon je peux m'arrêter et regarder tu sais ? Quoique, au final ça sert à rien de toute façon c'est tout droit, on finira par tomber dessus à un moment ou un autre ! » Ah oui, c’est vrai, elle avait presque zappé qu’elle était censée se retrouver sur la carte. « Ouaoh, il se passe plein de choses dans ta tête. Ça t’arrive souvent, de changer d’avis comme ça, en un dixième de seconde ? » elle ironise. Elle attrape sa casquette, l’enfonce sur son crâne, se renverse dans son siège, les jambes et les baskets sur le tableau de bord. « T’inquiète, je gère », elle dit ; le fait qu’il ait laissé tomber lui donne soudainement envie de se rendre utile. Elle coince sa clope déjà bien entamée entre ses dents et déploie à nouveau la carte sous ses yeux. L’enveloppe et la lettre glissent sur le côté et tombent contre la portière.

« Pff, t’as raison. C’est toujours tout droit. Limite même en arrivant en ville » elle marmonne, dépitée, puis elle replie la carte ; elle souffle et elle reprend sa cigarette du bout des doigts. La radio joue (Don’t Fear) The Reaper de Blue Öyster Cult. « Y’a un timing à respecter ? Ou on a le temps de passer boire une bière vite fait ? » María attend à peine la réponse, et à son tour, elle monte le son. Elle dit ça pour la bière, hein. Pas pour être sympa.
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mangoshack
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Tony Fitzpatrick
J'ai 30 ans et je vis à New-York, US. Dans la vie, je suis aspirant au poste de PDG de l'entreprise de mon père et je m'en sors comme je peux.. Sinon, grâce à mon incapacité à être monogame, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

Tony a grandi avec une cuillère en argent dans la bouche. Il a toujours tout eu trop facilement et pourtant il a quand même trouvé des raisons de se rebeller. Il a toujours délaissé les études pour faire la fête. Il est souvent allé trop loin, et a trop de fois tenté d'user de son nom et de l'influence de son père, d'en profiter pour avoir ce qu'il voulait. Mais il a finit par grandir et ses décadences étaient de moins en moins bien vues. Aujourd'hui il n'est qu'un playboy milliardaire qui se fiche des conquêtes. Son père récemment décédé lui a légué une jolie fortune ainsi que les rennes de l'entreprise. La seule condition pour que Tony y accède est que ce dernier participe à cette émission télévisée où deux candidats qui ne se connaissent pas doivent faire le tour du monde ensemble, et diverses activités considérées comme des checkpoint. Tony est dans l'obligation d'accepter s'il veut toucher son héritage.


theo james © EYLIKA
“Comme quoi les mecs aussi peuvent être multitâche !” répliqua t-il avec un clin d'oeil avant de se reconcentrer sur cette interminable route droite. A côté de lui Maria prenait la carte pour se repérer avant de totalement abandonner, répétant pratiquement mot pour mot ce qu'il lui avait dit un peu plus tôt. C'est alors qu'elle proposa qu'ils s'arrêtent pour boire une bière. Tony la regarda d'un air incrédule. Est-ce qu'elle commençait à se laisser aller ? C'était pour le moins inattendu ! “Je pense qu'on devrait arriver à Winnipeg dans une heure ou deux maximum. D'ici là il fera nuit.” Tony fit une pause délibéremment avant de poursuivre. “Je propose que dès qu'on arrive on se trouve un coin où se garer. J'irais chercher de la bière et toi de quoi manger. On passe la soirée dans le van, on dort un peu et au petit matin on va à l'aéroport. Qu'est-ce que t'en penses ?” De toute façon on ne leur avait pas donné de limite de temps. Bien sûr il ne fallait pas qu'ils mettent vingt ans à faire ce tour du monde, mais on ne les pressait pas pour autant. C'était aussi ça le concept de cette nouvelle émission, les candidats étaient plus ou moins en roue libre.

Ils roulèrent encore un peu, quelques heures. Tony avait arrêté de regarder l'heure, il se fiait au soleil qui avait décliné et aux phares qu'il avait dû allumer. Enfin ils arrivèrent à Winnipeg. C'était beaucoup plus grand que ce qu'il n'avait imaginé, il y avait des immeubles (presque) dignes de ceux de New-York et tout était illuminé. Au loin il distinguait une grande roue, comme celle qu'il y avait à Londres. Il n'imaginait pas Winnipeg comme ça. A vrai dire il pensait que c'était une sorte de petit village de chalets enneigés, mais c'était sûrement ses préjugés d'Américain envers les voisins Canadiens. Quoi qu'il en soit, Winnipeg était visiblement une grande agglomération trés animée. Une fois en ville il suivit les panneaux en direction de l'aéroport, pour s'en repprocher un petit peu. Mais il décida de se garer sur un parking à côté de ce qui semblait être une zone commerciale, ou une grande place peut-être ? “Allez, on sait ce qu'il nous reste à faire !” demanda Tony en désignant la place qui regorgeait de stands, de restos, de fast-food et autres magasins en tout genre. Maria sembla acquiescer. “Et évite les trucs vegan bio sans gluten et compagnie. Je fais pas dans les trucs de pseudo-hispter.” lança t-il à Maria avec un clin d'oeil.

Il sortit du van et se dirigea vers le liquor store. Il erra un peu dans le magasin, profitant de ce temps en solitaire. Ça faisait du bien d'être un peu seul ! Il pensa quelques instants à acheter quelque chose de plus fort que de la bière mais se reprit bien vite. Ce ne serait pas tellement raisonnable dans la mesure où ils n'étaient que deux et qu'ils étaient censés conduire et se relayer. Valait mieux éviter les accidents. Il prit un pack de 24 Heineken, et deux bières dans un des frigos. Une fois de retour au van il mit le tout dans le mini-frigo du van et s'installa sur la banquette. Adossé au mur, les jambes allongées, il sirotait sa bière en attendant que Maria revienne avec le repas. Mine de rien, cette journée avait été plus que fatiguante et il n'en pouvait plus. Une bière, un repas et quelques heures de sommeil de seraient pas de trop. D'ailleurs elle se faisait un peu attendre, tant que Tony se surprit à fermer les yeux. S'il ne dormait pas, il n'en était pas bien loin. Mais bientôt la porte du van se rouvrit pour laisser entrer Maria. "Ah beh c'est pas trop tôt ! Je commençais à piquer du nez. Ta bière est dans le frigo. Alors qu'est-ce qu'on mange ?" demanda Tony en se redressant, un petit sourire à mi-chemin entre la séduction et l'arrogance sur les lèvres.

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María Saint-James
J'ai 30 ans et je vis à Los Angeles, US. Dans la vie, je suis pas grand-chose et je m'en sors pas terrible. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

maría, elle n’a jamais pensé pouvoir vivre de son art et elle a passé son temps à enchaîner des boulots qui ne lui correspondaient jamais, si bien que ça ne durait pas bien longtemps. elle se considère, socialement, comme une ratée et elle a beaucoup de mal à l’assumer. sur la défensive, elle préfère rembarrer les gens qui lui parlent de ses activités. elle préfère rembarrer les gens, tout court.


elisa flicka © EYLIKA
Quand elle propose de boire une bière, c’est genre comme si elle venait de dire un truc complètement insensé. Tony la regarde avec incrédulité, María plante son regard dans le sien – chose qui ne s’est finalement produite qu’un nombre assez réduit de fois depuis leur départ –, un peu farouche, presque prête à se raviser. Elle déteste être renvoyée à son caractère asocial, et c’est clairement ce que la surprise de l’autre lui rappelle à ce moment-là. Finalement il a l’air d’apprécier la proposition parce qu’il commence à proposer tout un programme. « (…) J'irais chercher de la bière et toi de quoi manger. On passe la soirée dans le van, on dort un peu et au petit matin on va à l'aéroport. Qu'est-ce que t'en penses ? » Elle hausse les épaules ; elle aime moyen qu’il prenne toujours les devants pour s’organiser, mais en même temps elle déteste s’en occuper elle-même. « Ouais, ok. » Elle balance son mégot par la fenêtre et la referme. Elle aime moyen être renvoyée à sa passivité maussade, parce que cette image d’elle-même est tout sauf flatteuse, mais en même temps elle est comme ça. Toujours incapable de prendre ses responsabilités. Alors cette passivité, ça l’arrange. C’est une solution de facilité.

Pendant les deux heures qui les séparent encore de Winnipeg, ils ne se parlent pas, mais la perspective du moment qu’ils ont prévu de passer ensemble, ça a quand même un peu détendu l’atmosphère. María se contente de s’enfoncer dans le siège, d’apprécier le vieux rock qui continue de jouer à la radio et de regarder dehors. La route défile, monotone ; le paysage, à l’approche de la ville, est devenu moins intéressant, moins sauvage, et puis le jour décline. Tournée vers la fenêtre, la visière de sa casquette lui cache son partenaire – ou la dérobe à son regard. Dans le fond, elle peut pas s’empêcher de se sentir agressée par la proximité de cette altérité. Mais là, maintenant, comme elle ne le voit plus, ça la soulage ; elle peut presque faire comme si elle était seule. Tout ça n’a rien à voir avec lui, avec Tony. Le fait qu’il soit plutôt du genre à lui passer ses humeurs et à se moquer gentiment d’elle la renvoie d’autant plus au fait que tout ça, ça vient juste d’elle.

Comme Tony l’a prédit, il se met à faire nuit assez rapidement. Il allume les phares, mais l’habitacle est désormais plongé dans une semi-obscurité qu’éclairent juste les lumières du tableau de bord. María s’est un peu détendue. Elle profite de la route ; la sensation de rouler, la sensation de vitesse lui plaisent et, après tout, c’est tout ce qu’elle était venue chercher.

Elle voudrait qu’ils ne s’arrêtent jamais.

Ils arrivent cependant à Winnipeg et María se redresse, se détourne de la fenêtre. C’est le moment de rétablir le contact, après tout ils ont prévu de passer la soirée ensemble – et pas juste l’un à côté de l’autre, pour une fois, mais l’un avec l’autre. Tony roule encore un temps pour les rapprocher de l’aéroport et María regarde la ville à travers le pare-brise. Le regard est attiré par quelques gratte-ciels, mais on sent quand même qu’on n’est pas aux US. L’immensité plane de la ville est par ailleurs très verte ; la modernité côtoie aussi des bâtisses plus pittoresques et semble ponctuée de pas mal de parcs ou de squares.

Ils franchissent l’Esplanade Riel, le pont qui permet de traverser la rivière Rouge, ils traversent le centre historique – La Fourche, María se souvient d’avoir lu sur la carte. Le plan orthogonal de la ville rappelle quand même les villes américaines et donne cette impression si typique de grandeur et de fuite en avant.

Peu de temps après, ils s’arrêtent sur le parking d’une galerie commerciale. Il n’y a pas grand-monde de garé à cette heure, mais ce n’est pas plus mal. Par contre, les boutiques et stands de fast-food attirent pas mal de gens et la place est quand même un peu vivante. « Allez, on sait ce qu'il nous reste à faire ! » María ne répond pas ; en guise d’approbation, elle se détache, puis elle enfile un blouson en jean par-dessus son sweat noir. « Et évite les trucs vegan bio sans gluten et compagnie. Je fais pas dans les trucs de pseudo-hispter. » María hausse un sourcil dubitatif, même si en soi elle trouve ça plutôt marrant. Elle hésite entre lui balancer que ça l’étonne de lui, ou bien lui demander si elle a une tête à manger ce genre de trucs. Ce serait un peu trop faire dans l’humour pour elle, alors elle opte pour un truc qui lui ressemble plus : « C’est pas toi qui m’as dit de m’occuper de la bouffe ? Si t’es pas satisfait, tu t’en prendras qu’à toi-même. » Voilà, ça c’est bien elle. Elle allait quand même pas le rassurer. Enfin y’a du progrès dans la mesure où elle a dit ça sans animosité, plutôt sur le ton de la remarque.

Elle sort du van, claque la portière et s’éloigne en allumant une cigarette. Un autre claquement lui indique que Tony est parti remplir sa mission aussi. Quand elle revient, il est déjà là, en train de piquer du nez sur la banquette. María jette un œil par la fenêtre arrière mais il ne bronche pas. Elle a un sourire légèrement attendri, avant d’ouvrir la portière le plus bruyamment possible. Mais plutôt que de s’énerver, il a l’air plutôt enthousiaste de la voir et, encore une fois, c’est légèrement désarmant. Enfin, enthousiaste de savoir qu’il va pouvoir se remplir l’estomac, surtout.

En guise de réponse, elle balance sur la table les deux pizzas qu’elle a achetées, encore fumantes dans leurs boîtes. Elle s’installe en tailleur sur la banquette, en face de Tony, puis sans attendre elle fouille dans le frigo, en ressort les deux bières les plus fraîches et tend la sienne à son partenaire. Elle ouvre la première boîte de pizza, décapsule sa canette et la tend vers Tony pour trinquer. « Ça va, ça te convient ? » elle demande, légèrement sournoise. En fait, elle aurait difficilement pu faire moins diététique. « C’est cool, pour la bière. » C’est cool, c’est un peu comme ça que María dit merci – un mot qui, comme désolée, franchit assez rarement ses lèvres.

Elle n’attend pas pour une première goulée, même si ses doigts sont gelés au contact de l’aluminium. Puis elle attrape une part de pizza et se dépêche de la croquer avant que le fromage ne se mette à couler. Là ça y est, il peut se passer n’importe quoi, elle est genre au paradis. « Alors, Tony », elle annonce sans préambule, comme s’il était évident qu’ils avaient prévu de se rendre des comptes. « Qu’est-ce qui t’amène à faire tout ça, en fait ? » Elle essaye de ne pas paraître trop curieuse, mais en même temps ça fait un bon moment qu’elle avait envie de poser la question. Elle le regarde avec un air presque complice, mais en essayant quand même d’avoir l’air un peu supérieur. Lui c’est son sourire arrogant, ses clins d’œil entendus ; elle voilà, c’est ça sa manière à elle d’être charmante, dans le fond. Il faudra bien qu’il s’y fasse.
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Tony Fitzpatrick
J'ai 30 ans et je vis à New-York, US. Dans la vie, je suis aspirant au poste de PDG de l'entreprise de mon père et je m'en sors comme je peux.. Sinon, grâce à mon incapacité à être monogame, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

Tony a grandi avec une cuillère en argent dans la bouche. Il a toujours tout eu trop facilement et pourtant il a quand même trouvé des raisons de se rebeller. Il a toujours délaissé les études pour faire la fête. Il est souvent allé trop loin, et a trop de fois tenté d'user de son nom et de l'influence de son père, d'en profiter pour avoir ce qu'il voulait. Mais il a finit par grandir et ses décadences étaient de moins en moins bien vues. Aujourd'hui il n'est qu'un playboy milliardaire qui se fiche des conquêtes. Son père récemment décédé lui a légué une jolie fortune ainsi que les rennes de l'entreprise. La seule condition pour que Tony y accède est que ce dernier participe à cette émission télévisée où deux candidats qui ne se connaissent pas doivent faire le tour du monde ensemble, et diverses activités considérées comme des checkpoint. Tony est dans l'obligation d'accepter s'il veut toucher son héritage.


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Combien de temps d'affilée à t-il conduit déjà ? Il ne s'en souviens pas, ou plutôt il ne s'en soucie pas. De toute façon ils n'ont pas vraiment compté à vrai dire. Et puis ça ne le dérange pas de conduire, il aime ça. Bien sûr il préfère sa voiture de sport, car oui, comme tout bon enfant de riche qui se respecte il a une voiture de sport. Mais il faut reconnaître que le van est beaucoup plus pratique pour voyager. Il n'empêche que c'est fatiguant. Et Tony ne résiste pas longtemps à l'appel du sommeil, il ferme les yeux et se laisse doucement sombrer, tout en restant à moitié conscient. Il sait que de toute façon il n'arrivera pas à s'endormir le ventre vide. Alors il attends que la jeune femme revienne avec de la nourriture, de la nourriture décente. Quand Maria revient, Tony est loin d'être déçu. De la pizza ! Certes il est né avec une cuillère en argent, il a participé à bon nombre de galas de charité et autres, mais au fond il aime les plaisirs simples: la bière, les pizzas, regarder la télé affalé sur un canapé en grignotant des cochonneries.

Quand elle pose les pizzas sur la table, il se relève et s'en prends une part. Pendant une seconde il espère simplement que ce n'est pas une pizza végétarienne ou quoi. Quitte à manger de la pizza, autant le faire bien ! Il commence à avoir l'habitude des remarques acerbes ou sarcastiques de la jeune femme, il n'y prête pratiquement plus attention, du moins il ne réponds pas. Il sait que de toute façon ça ne mènera à rien, et il ne veut pas provoquer de conflit. Après tout, ils doivent se supporter pendant un sacré bon moment tous les deux, autant que leur voyage se passe dans la bonne humeur ! Quand elle lui dit "c'est cool", il comprends qu'elle veut dire "merci". Il comprends qu'elle est effacée dans un sens, peut-être est-elle même brisée quelque part. Il se demande bien ce qui a pu arriver à cette femme pour qu'elle soit comme ça aujourd'hui. Non pas que ce comportement l'insupporte, au contraire, en fait il aime bien ça. Elle a du répondant, il sait qu'avec elle il ne s'ennuiera pas au moins.

Pendant quelques minutes ils mangeant en silence. C'est Maria qui brise le silence en lui demandant ce qui l'amène, lui, à faire cette aventure. Il n'a pas envie de lui avouer la vérité. D'ailleurs il ne sait pas vraiment pourquoi. Il n'a jamais été honteux de quoi que ce soit, et il est évident que cette femme ne l'apprécie déjà pas beaucoup, alors elle ne risque pas de l'apprécier encore moins. Malgré tout, il décide de ne dire qu'une partie de la vérité. "C'est... une sorte de défi pour moi." lâche t-il finalement. "J'ai beaucoup voyagé, mais je dois admettre que mes voyages ont toujours été... superficiels. Je n'ai jamais vraiment visité un endroit, je me suis jamais posé pour admirer un paysage ou je ne sais quoi." continue t-il. Il ne sait pas pourquoi il dit ça, d'ailleurs les mots sortent tout seul, et à mesure qu'il les prononce il comprends qu'il dit des vérités auxquelles il n'avait jamais vraiment réfléchi. "Mon père m'a lancé ce défi parce qu'il me croyait incapable de le relever. J'ai toujours été... un électron libre, disons. Alors je releve le défi, et j'espère bien aller jusqu'au bout et prouver que j'en suis capable. Alors je te préviens, interdit d'abandonner ma belle !" lança t-il en ponctuant sa phrase d'une longue gorgée de bière. "Et toi alors ? Laisse moi deviner: tu voulais changer d'horizon c'est ça ?" demanda t-il avec un soupçon d'arrogance dans la voix. Il n'y peut rien, c'est plus fort que lui. Et même si sa question se voulait innocente, il sait qu'au fond il pourrait la blesser sans le vouloir. Bizarrement, il se met à espérer que ce n'est pas le cas.

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June
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J'ai 30 ans et je vis à Los Angeles, US. Dans la vie, je suis pas grand-chose et je m'en sors pas terrible. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

maría, elle n’a jamais pensé pouvoir vivre de son art et elle a passé son temps à enchaîner des boulots qui ne lui correspondaient jamais, si bien que ça ne durait pas bien longtemps. elle se considère, socialement, comme une ratée et elle a beaucoup de mal à l’assumer. sur la défensive, elle préfère rembarrer les gens qui lui parlent de ses activités. elle préfère rembarrer les gens, tout court.


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María attrape une autre part de pizza et continue de manger en écoutant la réponse de Tony, qu’elle n’attendait pas d’ailleurs si longue. Elle oublie parfois que la plupart des gens sont bavards. Ou bien qu’elle, elle est anormalement taciturne. Mais ça ne lui déplait pas, parce que justement ça lui évite de parler, et qu’en plus il lui donne assez d’éléments pour qu’elle puisse s’atteler à ne surtout pas diriger la conversation vers elle dans les minutes – les heures ? – à venir.

Il met un temps et puis il finit par dire que ce voyage, pour lui, c’est comme un défi. Toujours assise en tailleur, María l’écoute tout en descendant sa bière à vue d’œil. Elle essaye de suivre mais elle finit par se rendre compte qu’elle a un peu de mal à comprendre ce que lui dit ce type, au total. Sans doute qu’elle a perdu l’habitude d’être à l’écoute. Ce n’est pas bien grave. En tout cas elle se dit qu’elle avait vu juste : Tony n’avait pas besoin de tout ça pour partir faire le tour du monde et son histoire de défi paraît un peu louche, du coup. Est-ce que ça existe vraiment, des gens qui s’engagent dans ce genre de trucs juste par « défi » ? María se pose cette question avec pas mal d’ironie, une jalousie qu’elle ne s’avoue pas, pour la vie facile de cet homme qui… s’invente des défis parce qu’il n’a probablement pas assez de problèmes à gérer ?  María ressent une forme d’amertume qu’elle se contente, ce coup-là, de garder pour elle. Dans le fond, elle est fataliste. C’est juste que tout ça, cette facilité, c’était pas pour elle. C’était pas ce que dieu lui avait réservé.

Tony termine en parlant de son père, de prouver quelque chose à son père. Il n’est pas dénué de fierté, lui non plus. Mais il a beau parler de défiance, d’avoir quelque chose à prouver, tout ça, avec en plus une certaine légèreté, il y a quand même une forme de sagesse qui se dégage de lui. L’assurance de savoir où il en est. Où il va. Il est serein, en paix avec lui-même et avec ses motivations. Tout ça, c’est un jeu pour lui – un jeu sérieux, mais au moins il est lucide sur la nature de son parcours.

La défiance, ce serait plutôt María, finalement. Mais personne ne sait trop à qui elle a besoin de prouver quoi que ce soit – tant elle est solitaire.

À ce dieu qu’elle invoque, à la fatalité ?
Ou à elle-même ?

« Et toi alors ? Laisse moi deviner: tu voulais changer d'horizon c'est ça ? » María fait mine de retarder le moment de répondre en avalant plusieurs goulées de bière. Elle n’est quand même pas trop sur la défensive parce qu’il lui a presque donné une réponse toute faite. Elle n’aura pas besoin de se trahir en inventant quelque chose d’improbable. « Ouais, si on veut », elle se contente de dire. Dans un sens, il aurait presque vu juste. Malgré ses origines hispaniques, María elle n’a jamais trop bougé. Par nécessité, mais jamais bien loin de LA. Ses voyages à elle, c’était traîner sur les plages de Santa Monica, la clope au bec… « Juste prendre la route », elle ajoute après une autre gorgée. Et puis elle juge qu’elle s’est suffisamment mise à nue pour l’heure alors elle recentre le propos sur Tony. « Et t’en as envie ? » Elle a lancé ça un peu sèchement, sans maîtriser son effet, signe qu’elle est légèrement tendue quand même de s’être vue retourner la question. « Je veux dire, est-ce que t’as envie de te poser, d’admirer le paysage, tous ces trucs-là ? Et à quoi ça sert de voyager, si c’est pas pour ça ? » Elle a trop parlé, déjà. Elle en a dit beaucoup, montré une forme de naïveté – la curiosité naïve d’une enfant rêveuse – qui met en évidence la modestie de son niveau de vie. Et sous-entend qu’elle est étrangère à ces expériences, parce qu’elle n’a jamais eu les moyens de voyager – ou qu’elle n’a jamais cru être en mesure de se les donner ? En plus de tout ça, elle passerait presque pour un genre de nana pseudo-romantique qui veut justement voyager pour ce genre de moments contemplatifs, alors que ce n’est pas du tout l’image qu’elle veut renvoyer d’elle-même. Ce cliché d’artiste que le voyage entretient suffisamment pour ne pas qu’elle en rajoute une couche. Il ne faudrait surtout pas qu’elle ait l’air d’être elle-même, María.

Alors qu’ils continuent de parler, elle vide sa canette et débarrasse le premier carton vide. Ils entament la deuxième pizza et María ne peut pas s’empêcher d’attraper une autre bière dans le frigo. Elle a un peu eu le temps de refroidir. Enfin, c’est pas comme s’ils se les gelaient pas déjà à moitié. « Je t’en file une ? » Elle n’a même pas vérifié s’il avait terminé la sienne. Elle, elle aime boire vite, pour cette légère sensation d’euphorie si typique de la bière. Elle sait que le lendemain, le jeu continue ; il faudra reprendre le volant le temps de rejoindre l'aéroport où ils ont ce foutu avion pour jenesaisoù à prendre. Elle le sait, mais elle ne peut pas s'en empêcher. C'est cette sensation... d’« électron libre », sans doute.
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Tony Fitzpatrick
J'ai 30 ans et je vis à New-York, US. Dans la vie, je suis aspirant au poste de PDG de l'entreprise de mon père et je m'en sors comme je peux.. Sinon, grâce à mon incapacité à être monogame, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

Tony a grandi avec une cuillère en argent dans la bouche. Il a toujours tout eu trop facilement et pourtant il a quand même trouvé des raisons de se rebeller. Il a toujours délaissé les études pour faire la fête. Il est souvent allé trop loin, et a trop de fois tenté d'user de son nom et de l'influence de son père, d'en profiter pour avoir ce qu'il voulait. Mais il a finit par grandir et ses décadences étaient de moins en moins bien vues. Aujourd'hui il n'est qu'un playboy milliardaire qui se fiche des conquêtes. Son père récemment décédé lui a légué une jolie fortune ainsi que les rennes de l'entreprise. La seule condition pour que Tony y accède est que ce dernier participe à cette émission télévisée où deux candidats qui ne se connaissent pas doivent faire le tour du monde ensemble, et diverses activités considérées comme des checkpoint. Tony est dans l'obligation d'accepter s'il veut toucher son héritage.


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Tony n'avait jamais réfléchi à la frivolité de son existence. Il ne comprenait toujours pas que vivre ce n'était pas seulement s'amuser, abuser de la boisson et coucher avec plus d'inconnues qu'il n'est humainement possible. Pourtant sa vie se résumait bien à ça. Bien sûr il avait un travail avec d'importantes responsabilités qu'il assumait parfaitement, bien sûr il avait un magnifique appartement, un voiture, de l'argent. Mais au fond son succès ne lui était pas dû. Il avait réussi grâce à son père. Tony n'avait absolument rien de quoi être vraiment fier. Son père le savait, lui. Il savait également que son fils avait du coeur et que si on le mettait devant le fait accompli il ouvrirait enfin les yeux. Mais Tony n'en était pas conscient. Pas même quand Maria lui fit la remarque. A quoi ça sert de faire de voyager si on ne visite pas et qu'on ne se pose pas pour admirer le paysage ? Non, jamais Tony ne s'était fait cette réflexion. Mais à présent il y pensait, c'était peut-être le signe qu'il était sur la bonne voie. "On a manifestement pas le même mode de vie disons." répliqua t-il en haussant les épaules. "Ouais, t'essaie peut-être de rester mystérieuse mais t'es un livre ouvert." Il ne voulait pas être méchant ou vexant ou quoi que ce soit d'autre. C'était une simple remarque. Il savait étudier le comportement des gens, il était très observateur et il se trompait rarement. Mais c'était principalement parce qu'il s'était toujours intéressé qu'à un seul type de personnes. Il voyait bien que Maria était loin d'appartenir à son "cercle habituel". "Si tu veux rien me dire ça me pose aucun soucis tu sais, mais t'attends pas à ce que je te livre tous mes petits secrets. Moi aussi je sais me montrer mystérieux!" lâcha t-il avec un clin d'oeil. "Sur ce, si tu veux bien, une longue journée nous attends demain." Il se leva et se dirigea vers l'une des deux couchettes à l'arrière. "Ah et merci pour la pizza." Et puis il s'endormit.

Le lendemain matin le réveil fut assez rude. Il avait mal dormi probablement à cause des couchettes. Mais il soupçonnait aussi Maria et le bruit qu'elle faisait comme étant la source de son irritation matinale, bien qu'au fond, dans son demi-sommeil, il avait un peu de mal à comprendre ce qu'il se passait -ou non- autour de lui. "La prochaine fois on se trouve un hôtel..." marmonna t-il d'une voix encore à moitié endormie. C'est à contre-coeur qu'il finit par se lever. Une fois qu'ils furent tous les deux prêts à partir ils rejoignirent l'aéroport où, très étonnant, on les fit monter dans un petit avion en direction de Churchill. Tony n'avait jamais entendu parler de cet endroit et pour cause ! Churchill était une toute petite ville du nord du Canada, dans le Grand Nord à vrai dire. Et puis inutile de préciser que ce genre d'endroit n'avait jamais fait partie des destinations de rêve de Tony. Deux heures plus tard ils arrivaient dans un paysage de neige. Tout était blanc. Même Tony, éternel sceptique presque impossible à impressionner, devait reconnaître que c'était magnifique. Et probablement calme et apaisant. Ils venaient tout juste de sortir de l'appareil lorsqu'ils furent approchés par un coordinateur. "Alors, prêts pour l'expédition ?"

L'expédition en question !:
 

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maría, elle n’a jamais pensé pouvoir vivre de son art et elle a passé son temps à enchaîner des boulots qui ne lui correspondaient jamais, si bien que ça ne durait pas bien longtemps. elle se considère, socialement, comme une ratée et elle a beaucoup de mal à l’assumer. sur la défensive, elle préfère rembarrer les gens qui lui parlent de ses activités. elle préfère rembarrer les gens, tout court.


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Visiblement, Tony n’est pas vraiment d’humeur à parler. Il a beau ne pas vouloir se montrer blessant, María ne peut pas s’empêcher d’être vexée et de le prendre comme s’il l’envoyait un peu bouler. « Manifestement pas le même mode de vie » ? À quoi essaye-t-il de faire référence ? A-t-elle l’air si minable que ça ? Elle ne comprend pas vraiment non plus lorsqu’il lui dit, grosso modo, qu’elle se donne des airs mystérieux. Mais de toute façon, Tony ne lui laisse pas vraiment le temps de réagir : en deux secondes, il lui a déjà tourné le dos pour s’installer sur une des deux couchettes. Quelques minutes plus tard, il dort déjà.

Elle est un peu offensée, María, et au total elle se rend compte qu’elle est infiniment soulagée à l’idée d’être un peu seule. Même sa légère rancœur lui passe au moment d’être libérée de cette crispation qui la tenaille toujours un peu, quand elle a affaire à qui que ce soit d’ailleurs – pas seulement à ce type. Elle respire à nouveau, elle se sent plus libre. Elle se demande comment elle a pu croire que c’était une bonne idée de se montrer curieuse et de vouloir taper la discut avec Tony. Elle sort du van après avoir ajusté son blouson, s’adosse à la portière avant et allume une cigarette. Bien sûr, elle a pris soin d’embarquer la deuxième bière à laquelle le soudain détournement de son partenaire n’allait certainement pas lui faire renoncer.

Elle a la nuit pour elle, dans le clair-obscur orange qu’arrangent, un peu plus loin, les réverbères du parking. Elle se dit qu’elle ferait mieux de ne plus oublier à quel point elle est faite pour la solitude. Sociabiliser lui a toujours été vain. Elle n’allait quand même pas changer aujourd’hui – c’est pas comme si le voyage était fait pour ça, hein. Changer, sortir de sa zone de confort. Grandir.

María termine sa clope et elle rentre dans le van, mais elle n’a pas l’intention de dormir tout de suite. Elle s’installe à l'avant, en tailleur sur le siège passager, avise le petit volume de William Carlos Williams et, entre deux gorgées de bière, finit par l’attraper et l’ouvrir. Elle ne l’aurait jamais fait en présence de Tony ; elle l’entend d’ici se foutre de sa gueule. Si seulement elle prenait l’habitude d’être elle-même devant autrui, alors elle ne provoquerait même plus de réactions d’étonnement. Mais elle assume assez mal son image d’artiste. Parce qu’elle trouve ça ridicule chez les autres, cette posture de poète maudit, elle ne supporterait pas d’y être assimilée. Mais au fond, c’est surtout qu’elle déteste ceux qui l’assument, parce qu’elle sait qu’elle serait mille fois plus heureuse en faisant pareil.

The poem / if it reflects the sea / reflects only
its dance / upon that profound depth / where
it seems to triumph. / The bomb puts and end / to all that.
I am reminded / that the bomb / also
is a flower / dedicated / howbeit
to our destruction. / The mere pictures / of the exploding bomb
fascinates us / so that we cannot wait / to prostrate ourselves
before it. We do not believe / that love / can so wreck our lives
.”

Spoiler:
 

*

Le lendemain matin, le réveil semble difficile pour Tony. C’est surprenant, pour quelqu’un qui se vante de vivre à cent à l’heure – et en même temps, lorsqu’il se met à parler d’hôtel, María ne s’en étonne plus vraiment. Elle hausse un sourcil. C’est sûr que c’est pas elle qui irait se payer des nuits d’hôtel à droite à gauche. Même si, faut pas exagérer non plus : elle n’est pas contre, si c’est la prod qui leur offre.

Moins d’une heure après – au moins, Tony pourra se féliciter d’être tombé sur une nana qui ne met pas des heures à se préparer, contrairement sans doute à beaucoup des filles qu’il côtoie, devine María – ils garent le van à l’aéroport, et emportent des affaires juste pour une nuit, suivant les consignes qu’ils ont reçues. María hisse son sac à dos sur les épaules, et les voilà partis. Ils n’ont pas échangé beaucoup ce matin, et ce n’est pas pour leur déplaire à tous les deux. D’ailleurs dans le petit avion, ils ne prennent pas la peine de s’installer côte à côte.

Après deux heures de vol, pendant lequel María, qui a veillé tard dans la nuit, pique un petit somme, ils débarquent à l’aéroport de Churchill et sont tout de suite pris en charge par un coordinateur : « Alors, prêts pour l’expédition ? » On leur remet un équipement un peu plus chaud que les vêtements qu’ils portent parce qu’ils vont visiblement passer la journée sur la toundra, et puis une navette les conduit, à travers la toute petite ville que semble être Churchill, jusqu’à un énorme véhicule dans lequel ils apprennent qu’ils vont passer la journée en excursion dans la zone de gestion de la faune de Churchill.

Le paysage est immensément plat, immensément blanc. Le « Grand Nord » si cher aux écrivains voyageurs, ce n’est peut-être pas encore exactement ça, mais il faut bien avouer que ça s’en approche très sérieusement. L’énorme « Tundra buggy » se met en route et Tony et María s’installent près des fenêtres. Ils s’éloignent de Churchill, qui paraît encore plus pittoresque vue de loin, insignifiante dans la grandeur du paysage. Le sol n’est que gel à perte de vue, brillant sous le grand ciel d’une clarté rare – et tout à coup le regard est en mesure de porter si loin que c’en est vertigineux. María écoute à peine leur accompagnateur leur parler de la région, de territoire Inuit, de la réserve de faune et de l’histoire de la ville, ancienne base militaire en partie, aujourd’hui dépeuplée, enclavée, mais vivotant du tourisme autour de l’observation des ours polaires – l’activité apparemment tant attendue qu’eux-mêmes sont venus faire.

Depuis combien de temps lui parle-t-on ? María est perdue dans ses pensées, partagée entre ce sentiment puissant d’immensité et la conscience embarrassante de sa posture – liée à ce jeu auquel elle ne sait même pas pourquoi elle a voulu participer, à toute cette infrastructure touristique qui incarne tant de choses qu’elle exècre. Il lui semble exister un décalage monumental entre la beauté des grands espaces, et le discours futile de ce guide, participant d’une industrie qui s’invente sans cesse de nouveaux droits sur la nature. Elle se demande ce qu’elle fait là, dans cette situation assez incongrue et, pour autant, quelque chose l’a prise au cœur, dominant son esprit contestataire.

L’accompagnateur en est à dire que les ours polaires s’aventurent parfois en ville, et qu’il n’est pas si peu fréquent pour les habitants de tomber nez-à-nez avec l’un d’entre eux au sortir de chez eux, quand María se rend compte que Tony s'est planté à côté d’elle et qu’il vient visiblement de lui dire quelque chose. Elle ne l’a pas vraiment entendu alors elle le regarde, l’air hébété. Lui non plus ne semble pas accorder plus d’importance que cela aux explications de leur guide.

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