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 Voyage au bout du monde

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Sha
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Fenrir
J'ai des millénaires et je suis enchaîné à Europe. Dans la vie, j'étais un Loup Antique et j'étais très solitaire. Sinon, grâce à ma chance, je suis confondu avec un Cauchemar et je le vis plutôt bien.

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Michael Fassbender ©


En voyant la jeune femme revenir, la tension dans les épaules du loup se défit lentement. Il était en quelque sorte rassuré de la voir revenir, car tout le temps où elle avait été loin, il s’était demandé comment il se débarrasserait de son collier une fois arrivé au bout du corridor. Y avait-il seulement une fin ?
Il essuya son front en se redressant, la dépassant de nouveau de plusieurs têtes.

Elle recracha de l’eau entre ses mains, ce qui lui fit hausser un sourcil. Sa gorge était si sèche qu’il ne put même pas s’en offusquer.

« Je sais c'est pas très ragoutant... »

Le loup n’eut aucun mouvement de recul, ni même de dégoût. De sa longue vie, il avait vécu pire, et vu bien pire que ça. Il mit simplement un genou à terre et tendit ses lèvres à ses mains afin qu’elle déverse l’eau. Un peu glissa le long de sa peau, mais cela suffirait à apaiser le sentiment de soif.
Il ferma un court instant les yeux, les muqueuses de son œsophage se crispant et s’humidifiant à nouveau. Pour toute la masse qu’il était, ce n’était que quelques gouttes, mais ce serait suffisant. Au moins jusqu’au prochain jour.
Fenrir ignorait si les Loups pouvaient mourir de soif, mais il savait que la soif pouvait rendre fou. Europe en ferait les frais, comme certains d’entre eux avaient fait les frais de sa faim.

« Tu pouvais aussi bien me le donner par tes lèvres. »

Il n’entendait par là rien de plus que ça. Europe ne représentait rien pour lui à ce moment-là qu’une enfant, qu’une infime petite vie. Si elle l’embrassait dans le but de lui donner de l’eau, s’en serait-il offusqué ? Certainement pas.

« Merci. »

Il se redressa de nouveau, grimaçant légèrement car sa propre odeur remontait dans ses narines et l’empêchait de sentir quelque chose d’autre que lui à plus d’un kilomètre. Il s’étira, alors que le rouge flanqué à ses épaules continuait de disparaître, se résorbant entièrement.

« Nous devrions marcher vite, tout pendant que la lune est avec nous. »

Il se fit la remarque que sous forme de loup le voyage aurait été plus court, mais ce n’était pas une question. Europe refuserait aussi sec qu’il demanderait à ce qu’elle lui retire ce bout de métal dont il ignorait qu’il soit véritablement un danger à vrai dire...




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The Changelin'
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Limace



Europe
J'ai xx ans et je vis sur une île luxuriante aux eaux de saphir. Dans la vie, je suis la fille du chef Pallas et je m'en sors aussi bien que les autres. Sinon, grâce à ma petite soeur, je suis partie pour long voyage à la rencontre du fils d'un chef des Îles Hurlantes, accompagnée d'un monstre terrifiant à l'intérieur duquel se trouve aussi - peut-être - un homme et je le vis plutôt bien en fait.


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Elle haussa les épaules sans trop avoir l'air de s'offusquer. Peut-être qu'une autre femme se serrait empressée de lever la main u de l'invectiver. Une autre encore aurait pu virer au pivoine, l'imagination aidant. Mais la remarque du loup sembla plutôt glisser sur elle. La brunette le gratifia d'un petit regard par en dessous, à peine chafouin :

« On dit que les cauchemars peuvent aspirer votre âme par la bouche...»

Telle était la croyance des Asturi. De la à maintenir que lui, était un vrai cauchemar... Europe était prête à parier que non rien qu'à voir l'état dans lequel elle l'avait retrouvé C'était certes plus qu'honorable comparé à la performance dont elle même aurait pu être capable mais rien ne disait que dans les autres îles vagabondes, les hommes n'avaient pas quelques talents surnaturels dont Mère Nature n'aurait pas fait don aux habitants de l'Île Verte. A ce moment précis, le cauchemar de Dosha était plus un sujet de curiosité que de crainte. Et ça ne tenait pas qu'au collier d'Aklepios.

Quant à l'abreuver directement à ses lèvres, la croyance des Asturi voulait aussi qu'on ne touche des lèvres que ceux avec qui on serait près à partager son âme. Mais ça, Europe allait le garder pour elle.

Elle acquiesça à son invitation à reprendre la route. Un coup d'oeil au baluchon de viande qu'ils s'étaient débité de la paonthère fauve la renseigna bien rapidement sur ce que serait leur prochain repas. Mieux valait ne pas y penser.

Suivre un homme si grand dans un couloir de sable n'était pas une mince affaire, il n'y avait guère que le froid mordant pour lui donner un tout petit coup de pouce.

« Nous devons trouver une solution pour nous abriter du jour avant l'aube. », glissa-t-elle alors que le souffle commençait à lui manquer. Elle ne se plaignait pour autant de rien, « Et aussi pour manger. »

Elle lui raconta alors son aventure dans la lézarde, supputant que d'autres devaient sûrement se dissimuler sur leur chemin, peut-être même une où il pourrait se glisser aussi, en espérant qu'il y aurait de l'eau là aussi. Son monologue s'interrompait parfois de plusieurs dizaines de minutes comme elle s'économisait pour ne pas perdre le rythme mais bientôt elle se tut, se réservant sans doute pour un avis qu'elle espérait l'entendre émettre. Bientôt. Peut-être.
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Sha
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Fenrir
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A chaque pas, il entendait le son de sa voix. Elle sifflait, modulait sa langue et son palais, formait des mots, mais il n’écoutait pas. Il était attentif à tout le reste, mais pas à son bourdonnement incessant qui de temps en temps le déconcentrait. Ses paupières étaient lourdes de fatigue mais Fenrir avançait toujours, comme un bœuf chargé d’une charrue. Son pas était lourd mais certain. Implacable la montagne qui avançait en des terres étranges et sauvages... avec une pipelette pour compagnon de voyage.

« Est-ce que tu parles toujours autant ? » maugréa-t-il au bout d’un long moment, alors que le froid de la nuit était à son paroxysme. « Je ne sais pas si c’est ce qui te permet de rester au chaud, mais... c’est presque incroyable que tu ne sois pas desséchée. »

Le grand Loup la regardait d’un air véritablement surpris. Il n’avait que peu côtoyer les plus bavards de la Meute pour se rendre compte qu’Europe n’était pas la pire qu’il aurait pu croisé. Il aurait pu se souvenir de Dosha et de ses cris aigus, mais comme tout ce qu’il avait vécu ces deux dernières années, les souvenirs s’évaporaient. Il ne trouvait plus aucun intérêt à se remémorer les choses. Tous les fragments du passé étaient douloureux.

« Si on trouve une lézarde assez grande, on s’abritera, même si on irait plus vite si je n’avais pas ce... machin. »

Ses yeux noirs se posèrent sur Europe.
Pour la première fois depuis le début de leur périple, il semblait lui demander de lui parler justement. Du moins, de lui répondre.




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The Changelin'
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Europe
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C'était bien la première fois que quelqu'un se plaignait de l'entendre parler trop. Europe n'était pas le genre réservée mais elle était loin d'être le moulin à parole qu'était Dosha, fort heureusement. Dans un coin de sa tête elle ne pouvait s'empêcher d'imaginer ce grand dadet bougon à souhait faire la route avec la petite terreur. Hilarant.

« Seulement quand j'essaye de trouver une solution pour survivre au couloir de la mort qui - accessoirement - soit aussi valable pour toi. » répondit-elle, un sourire goguenard aux lèvres tout en se disant qu'elle aurait pu se faire plus concise.

Après cela, elle préféra le laisser théoriser sur sa potentielle déshydratation tout en continuant de quasi-trottiner dans ses pas pour ne pas le perdre. Elle était loin d'être nyctalope et par moment, lorsqu'un nuage masquait la lune bleue, s'était le noir total.

Finalement il se laissait convaincre par la solution de repli qu'elle lui avait proposée un peu plus tôt mais sans manquer de suggérer autre chose : qu'elle le débarrasse d'un collier d'Aklépios. Bien sûr, ce n'était de but enblanc ce qu'il avait dit mais c'était exactement ce que ça voulait dire. Europe laissa passer un petit silence, comme si elle avait pesé le pour et le contre. En vérité pour l'instant elle ne pesait rien du tout. Après tout, elle l'avait vu engloutir quantité de choses dont elle aurait préféré ne pas se souvenir il y a seulement quelques nuits de cela.

« Sans doute. », se contenta-t-elle de répondre sans vraiment chercher l'économie des mots.

Ce furent en tout cas ses derniers, jusqu'à ce qu'ils trouvent cette lézarde qui leur permettrait de passer la journée au frais. Europe s'y glissa, passant devant sans se poser de questions, contrairement à la fois précédente. Mais elle déchanta rapidement. Il n'y avait pas de point d'eau au bout, juste un lit de sable tiède et des petits rampants qui s'ébattaient avec des bruits de crécelle assez ténus pour ne pas empêcher un voyageur épuiser d'en écraser tout son saoul. Europe se laissa tombée sur le dos au point du jour mais au bout de quelques minutes, elle s'était redressée, les genoux dans le sable, à creuser comme une folle furieuse.

« Il doit forcément y avoir de l'eau... »

Forcément, mais peut-êrte pas sous leur nez... Elle s'y brûlerait la peau avant d'accepter la seule idée d'avoir tord.  
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Sha
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Fenrir
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Le grand Loup ne répondit pas, mais ça n’avait pas semblait l’ébranler plus que ça, ni même le toucher. A vrai dire, s’il avait eu à répondre, ç’aurait sonné comme “je n’ai pas besoin de toi pour survivre”, ou encore “je ne peux pas mourir comme ça contrairement à vous autres, lambdas fragiles”. Il aurait gardé ce ton supérieur et cette arrogance naturelle, et peut-être qu’elle aurait réagi.
Mais Fenrir ne répondit pas, et son pas lourd traversait les ombres en distinguant ici et là les hauteurs des roches rouges devenues nuances de gris dans la nuit. La lune bleue les suivait et éclairait leur chemin. Le Loup la regarda une seule fois non sans penser aux autres Loups qui à ce moment-là avaient dû aussi la regarder.

Il inspira profondément et ne ralentit pas, alors même qu’il entendait Europe se hâter derrière lui. Il lui en voulait quelque part. Ce collier était une véritbale malédiction pour lui. Les hommes avaient inventé des engins de mort, outrepassant leur statut éphémère et fragile pour faire payer aux Loups leur immortalité apparente.
L’air du Loup se renfrogna jusqu’au petit matin, comme il ravivait dans son coeur une plaie encore fraîche. Europe n’y était pour rien, mais aux yeux du Loup, qu’est-ce qui différencie un agneau d’un autre agneau ?

A l’aube déjà chaude, ils s’écartèrent du corridor et s’enfoncèrent dans une nouvelle lézarde où cette fois-ci le Loup passait, parfois de justesse, mais il arriva au bout pour voir la jeune femme s’allongeait sur le dos. La fatigue était pesante, de même que le souffle chaud qui s’engouffrait régulièrement dans la lézarde sans pour autant atteindre les degrés extrêmets du corridor.

Fenrir s’assit également, aussi bien qu’il le pouvait, et posa sa tête contre la roche, son dos le remerciant à ce moment de prendre efin une pause. Sa peau s’était entièrement remise de l’épreuve du feu, mais il avait encore cette odeur de fauve sur lui, cette sueur âcre qu’elle avait aussi. Il rêvait d’eau et d’un bon bain, d’une rivière glacée comme on n’en trouvait qu’en Sibérie, de neige à perte de vue... Les yeux fermés, Fenrir repensait aux terres immenses, aux grandes forêts de pins canadiennes ou encore à l’ardoise décorait les chutes d’eau.

Tout ça lui manquait.
Si seulement ce collier ne lui enserrait pas la gorge, alors peut-être...

Il ouvrit un oeil en entendant la jeune femme se relever, et jeta un regard de l’autre côté de la lézarde. Les lumières éclatantes et les vapeurs s’élevant du sol indiquaient qu’il n’était pas encore l’heure de remuer. Pourquoi est-ce qu’elle n’en profitait pas pour dormir... ?

Le Loup bailla en la regardant faire, d’un oeil critique. Il avait soif, mais sans griffes, pas question de creuser. Il avait soif, mais s’il le fallait, il dévorerait son cadavre et s’abreuverait de sang comme il avait déjà du le faire jadis, dans des contrées plus austères et plus arides encore - du moins, dans son souvenir.

« Il doit forcément y avoir de l'eau... »

Il inspira profondément, la regardant quelques longues minutes faire, avant de reprendre, d’un ton toujours aussi critique quoi que moins hautain :

« Tu t’épuises pour rien. Si tu ne te reposes pas, tu n’arriveras pas à suivre la prochaine journée de marche... »

Fenrir ignorait combien de jours il leur restait encore à faire, mais si ça durait encore, elle finirait par souffrir véritablement des marches dans le froid et des journées à creuser dans la chaleur étouffante. Il croisa calmement les bras sur son torse, prenant un air de plus en plus sarcastique :

« Qu’est-ce que tu crois faire ? Avec tes tous petits doigts ? »

Les humains étaient si fragiles, si petits... Le regard noir du Loup se plissa alors qu’elle ne l’écoutait pas et s’évertuait à creuser, encore et encore. Il leva finalement les yeux au ciel, d’un air résigné à la laisser s’épuiser, et ferma de nouveau les yeux pour reprendre ses rêveries où il les avait laissé.

Il se souvint de nouveau de l’étendue claire où il avait vu Perséphone mourir, où la peau de la bête avait été exposé par les chasseurs. Il se souvint de la douleur, de la trahison, mais il se dit que cette douleur finalement avait été moins terrible que celle qu’avait causé la chute du Roi-Loup.

Y avait-il un nouveau Roi désormais ?
Vitaly ? Ou peut-être Valerian ?
Kveld ?

Il eut une petite moue dans son demi-sommeil, alors que quelque chose revenait à ses oreilles. Des cliquetis froids, mais non-métalliques. De petits tintements, raclements à même la terre. C’était lointain et proche à la fois. Impossible de savoir exactement à cause de la lézarde et du trou qui devait se trouver en dessous eux - une caverne ? Quelque chose d’aussi profond, probablement, car les sons résonnaient sur les parois, s’amplifiant et disparaissant aussitôt après.

Le grand Loup ouvrit doucement les yeux et observa Europe qui avait déjà creusé un trou d’un bon mètre de profond. Elle était penchée de tel sorte que sa tête et le haut de ses épaules étaient dans le trou où elle grattait toujours.

Silence.

Quelque chose le frappa, une évidence, alors Fenrir se redressa d’un bond. La lézarde lui blessa l’épaule - une coupure superficielle qui fit jaillir un petit peu de sang avant de se refermer - mais il était trop grand et trop large pour se mouvoir suffisamment.

Il se pencha, et attrapa d’une main forte la ceinture de la jeune femme avant de la tirer brutalement en arrière. Les cliquetis se firent plus forts, si bien que dans le silence imposé par Fenrir, ils commencèrent à résonner jusque dans leur lézarde.

« Il faut partir ! »

Le grand Loup ne s’étendit pas sur l’urgence et commença à se glisser maladroitement dans la lézarde pour en sortir. Dans sa hâte, la roche le blessait et déchirait ici et là ses habits, mais il ne ralentit pas, ou seulement pour voir si Europe le suivait, et pour voir si ils aussi les suivaient désormais...



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Europe
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Elle ne pouvait pas se laisser abattre par le rabat-joie de service qui lui tenait lieu de chien de garde. Qu'importait que ses doigts ne fussent pas aussi efficaces que des pattes - si seulement elle avait pu lui faire ne serait-ce qu'un tout petit peu plus confiance... qu'importait la fatigue. Elle le laissa reprendre sa sieste sans rien demander, poursuivant son labeur acharné sans entendre le moindre avertissement de ce qui se tramait en dessous d'eux. Elle n'avait pas l'ouïe du loup, un autre défaut que lui avait fait Dame Nature. En revanche - comme pour se faire pardonner - elle lui avait donné la détermination suffisante.

Elle continuait à creuser le sable, les doigts en feu quand, en se disant qu'elle avait l'impression de sentir quelque chose d'humide et donc de toucher au but, elle sentit un genre de vibration. C'était tout ténu. Elle l'avait peut-être même inventée à force de fatigue. Un instant elle se redressa et tendit l'oreille mais elle était toujours sourde au remue ménage qui fonçait par en dessous, droit sur eux, toutes mains griffues à l'assaut de la roche. Ca ne s'était certainement pas nourri depuis des siècles. Ca n'avait certainement pas vu la lumière du jour non plus. Mais ça n'avait rien oublié. Rien de ce petit palpitement de la vie, où qu'elle se trouve, si caractéristique, si intrinsèque à l'humain. Ce que cette créature avait peut-être été un jour, il y a fort fort longtemps. Ceux de sont espèces avaient un jour hanté les légendes aujourd'hui englouties par la fin du monde. Mais naguère, sous les steppes gelées, dans les calanques grecques, partout où le sol avait été trop dur pour l'homme, on se méfiait du cliquetis de l'eau quand il semblait trop s'empresser de nous rejoindre. On connaissait, au moins en songe si ce n'était en cauchemar, le lugubre glapissement avide qui murmurait sous la roche, aveugle et déterminé.

Europe était bien trop jeune pour cela. Comment aurait-elle pu reconnaître ce cliquetis sans nom, ressortit du tréfonds des âges. Si loin que nul parmi ses anciens n'auraient su le nommer. Et puis, comment aurait-elle pu s'attendre à autre chose qu'à de l'eau. Elle se penchait un peu plus profond au dessus de ce trou qui était devenu un peu son oeuvre à force quand une incroyable traction l'arracha de son trou. Le rabat-joie s'était soudain animé et il semblait ne pas vouloir traîner une seconde.

« Mais - ... mais j'y étais presque qu'est-ce que- », protesta-t-elle en essayant de son mieux de faire machine arrière alors qu'il s'engouffrait avec elle sur le chemin inverse.

A un moment il lâcha sa ceinture. Elle prit conscience de cette étrange sensation d'avoir avaler son propre estomac puis, l'instant d'après, elle découvrait dans un hoquet horrifié ce que c'était que d'avoir véritablement la sensation de l'avoir fait. Un monticule de sable s'était dressé dans le trou. Et ce monticule tout à coup se mettait à vomir, non pas de l'eau, mais des membres. Des membres à la peau flasque et grisâtre, osseux, avides, griffus. Ces membres avaient aussi des visages, si l'on pouvait les décrire ainsi. D'affreuses faces ovales et lunaires, mangées par d'immenses globules vitreux et sanguins où on ne distinguaient aucune pupille. Seulement un lac chassieux de rouge sang, encore collé de sable. Un immense orifice qui crachait une ribambelle de canines jaunâtres et dégoulinant d'un mucus rougeâtre prétendait faire une bouche à ce portrait de cauchemar.

Europe eut un hoquet et tout à coup, toute initiative s'était dérobée à elle. Elle était tout simplement figée d'horreur, un pas déjà lancé à la suite de son compagnon, l'autre enraciné dans l'alcôve mortelle qui se remplissait peu à peu de ces hideuses vermines à silhouette quasi humaine. En y regardant de près, c'était ces longs rafias de cheveux gris qui leur donnait la semblance de l'homme mais tout en eux répugnait à l'idée de cette association. Europe la première ne pouvait rien se trouvait de semblable à ces abominations.

Une main glacée la saisit à la cheville. Ce fut l'électrochoc dont elle avait besoin. L'énergie du désespoir l'arracha à l'étreinte morbide. L'adrénaline lui fit oublier le coup qu'elle prit à la tête en faisant volte-face. Le cliquetis morbide, elle l'entendait qui la talonnait, qui lui soufflait dans le cou, qui tantôt la retenait pas le tissu léger de sa tunique. Finalement la lézarde la recracha comme une boule de poil, le nez contre le ventre tout sauf accueillant de son compagnon. Mais elle ne s'y attarda pas, s'abritant derrière son immense silhouette presque instinctivement. Elle avait le front ouvert, le visage en sang, les mollets profondément griffés et sa tunique était déchirée dans son dos sans parler de la chaleur insoutenable pour un aussi minuscule représentant du monde des vivants mais elle n'avait conscience de rien de tout cela. Agrippée littéralement derrière le monstre de Dosha, une pierre qu'elle ne s'était pas vue ramasser serrée dans sa main pour toute défense, elle scrutait la lézarde qui gargouillait de plaintes affamées. Deux globules sanguins la fixer dans l'ombre, promesse d'une mort violente. Ils hésitaient. La chaleur et la lumière aveuglante les retenait mais la faim était beaucoup plus forte. L'un d'eux tenta le coup, avançant sa main osseuse et blanche avec des gémissements gutturaux. Ils étaient déterminés. Cette fois ce fût Europe qui donna le mouvement. Elle courrait de l'avant, dans une main la chemise du cauchemar de Dosha qui n'avait rien de bien terrifiant finalement, dans l'autre cette pierre ridicule, face à elle, le vent des sables qui lui cuisait la peau et indiquait que loin très loin, à des kilomètres au-devant, le corridor s'était aligné avec une autre terre. Étrangère, bien trop loin d'eux pour qu'ils puissent rêver l'atteindre et quitter cet enfer. Le cliquetis les poursuivait avec un bruit de froissement mât et des râles douloureux mais elle ne regardait jamais en arrière. Et puis soudain : un cri puissant au dessus de leur tête...
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Fenrir
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Fenrir n’avait jamais croisé de toute sa vie des créatures aussi laides. Il aurait pu dire que le cœur des hommes ressemblait à ses gobelins fourbus, mais c’aurait été mentir. Le dégoût se lisait sur son visage plus que la peur, car il n’avait pas véritablement peur. Pour cela, il fallait se sentir en danger, et Fenrir savait qu’à la course, aucun prédateur connu ne pouvait le rattraper. Les dragons peut-être, mais il n’en avait pas vu un seul depuis des siècles déjà.

Il se mit à courir – ou du moins à trottiner – jetant par-dessus son épaule un regard à Europe qui traînait derrière lui. Les horribles petites ghoules tentaient furieusement d’happer les mollets de la pauvre humaine. Le Loup s’arrêta une seconde, planté au milieu du désert brûlant. Il ne savait pas exactement pourquoi, parce qu’il n’avait jamais envisagé de sauver quiconque, et encore moins une lambda. Parce qu’il avait horriblement chaud et parce qu’il avait vu au-dessus de leur tête l’ombre d’un vautour ou d’un rapace lointain, très haut dans le ciel.

Figé entre Charybde et Scylla, le plus Grand des Loups fit un pas vers Europe. Un pas rapide, une enjambée si grande qu’il n’eut que ce dernier à faire pour être à la hauteur de la jeune fille. Au-dessus d’eux, l’ombre s’était rapprochée et piquait vers eux, toutes serres dehors. Sa tête blanche et forte ressemblait à celle d’un aigle majestueux alors que le corps, plus épais, avait des airs de félin. Une queue de cheval balayait ses cuisses puissantes dont le bout était pourvu de pattes pourvues de griffes rétractibles.
Un griffon. Un véritable griffon, au pelage court sable, à la tête parfaitement blanche.
La créature mystique était en train de se jeter sur eux, appâtée par l’odeur du sang sans aucun doute, et derrière eux, les petites fées sanguinolentes s’étaient rapidement rapprochées, poussant des cris stridents et horribles entre leurs lèvres purulentes. Fenrir tendit la main vers elles, et quand par malheur la plus goulue se jeta sur ses doigts, il referma sa poigne sur son petit bras mou et l’envoya valser dans les airs.
Le griffon poussa un nouveau cri et, se jetant sur la pauvre petite chose carnassière, l’attrapa au vol. Il referma son bec sur la gorge de la gobeline, faisant jaillir du sang jusqu’au sol, et arracha d’un serre un de ses bras ramollis. Dans un ballet dégoûtant, l’imposant volatile démembra sa proie et commença à la gober.
Fenrir, qui s’était mis entre la deuxième ghoule et Europe, grogna. La chose s’était arrêtée le temps de jeter un regard au griffon et sembla saisit d’une terreur telle qu’elle ne bougea pas d’un pouce, et ce malgré la chaleur qui lui cuisait de plus en plus la peau. Ses yeux exorbités rouges suintaient un sang noirci.

Le Loup se tourna et attrapa Europe dans ses bras comme si elle n’avait été qu’une simple plume. La fin du Corridor était proche, mais la jeune fille n’était plus en état de courir, pas avec la fatigue du voyage ni même avec la chaleur écrasante. Fenrir la tint ainsi contre lui alors qu’il se mit à courir. Sa grande taille lui permettait d’avaler une certaine distance qui ne laissa aucune chance à la ghoule pour les rattraper. Il entendit vaguement son cri strident derrière lui, avant le piquet final du griffon qui goba la seconde proie en roucoulant de plaisir.
Si on avait dit à Fenrir qu’il croiserait des griffons ici, il aurait sans doute été moins nonchalant. La chance avait voulu qu’il se présente d’autres proies plus faciles pour l’animal… La chance voulait aussi que la fin du Corridor ne soit là, enfin, à porter de regard, mais encore si loin…

Fenrir forçait lourdement sur ce squelette qui était immense, sur ce corps puissant. Il courait comme deux hommes, et chacun de ses pas soulevait le sable chaud en volutes rouges. Il soufflait difficilement – on pouvait entendre sa respiration rauque. La douleur s’insinuait doucement dans ses bronches, jusqu’au moment où il n’en put plus. Par chance peut-être, le soleil s’était penché à la gauche du Corridor et offrait, aux pieds de la roche, des zones d’ombre où un petit vent soufflait. Un vent chaud, mais agréable.
Le Loup y déposa Europe et s’appuya contre l’argile et le calcaire pour reprendre son souffle. Son front nageait dans la sueur, mais il avait réussi. Sa peau avait rougi sous le calvaire, mais il avait réussi.
Réussi à la sauver.

Les yeux noirs de Fenrir tombèrent sur Europe, alors qu’il se demandait en même temps pourquoi il avait risqué de se retrouver face à face avec un griffon adulte plutôt que de l’abandonner. Pourquoi il l’avait aidé, alors qu’à la fin du Corridor, il aurait peut-être trouvé une solution à son seul problème : le collier.
Il inspira profondément et soupira. Sa gorge était horriblement sèche et ses muscles se remémoraient douloureusement l’époque de la Dernière Guerre… La douleur était aussi vive qu’à cette époque.




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