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 Voyage au bout du monde

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Sha
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Tortue



Fenrir
J'ai des millénaires et je suis enchaîné à Europe. Dans la vie, j'étais un Loup Antique et j'étais très solitaire. Sinon, grâce à mon allure, je suis un Cauchemar et je le vis plutôt bien.

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Michael Fassbender ©
Le grand Loup avançait en silence, écoutant les palabres de sa compagnonne d’infortune. Il se rappela vaguement des visages, il ne se souvenait pas de ce qui n’avait aucune importance. Il commençait même à avoir des difficultés à se souvenir de tout ce qu’il avait vécu, de tous les visages de ses frères et de ses sœurs. Il n’y avait bien que le doux fantôme de Perséphone pour subsister dans ses paupières fermées. Elle ne l’avait jamais quitté, même quand elle avait été couchée à l’ombre des cyprès dans un bûcher froid de larmes.

Y repensait lui était encore douloureux, mais bien moins qu’avant, si peu qu’avant que le grand Loup avait commencé par croire que la vieille d’Endor avait raison. Cela lui faisait peur. C’était la seule chose au monde qui aurait pu lui faire peur, à Fenrir.

Le Corridor était froid et effrayant, mais il se sentait bien trop invulnérable, bien trop puissant pour le commun des mortels. Il ne pouvait pas imaginer quelque chose de plus terrible, de plus dangereux, que lui. Pourtant, ça existait. Il le savait. Certains de la Meute avaient payé si cher face aux mortels, de leur vie ou de leur sang.

La fille de Kirill était morte par le feu des hommes.

Ces mêmes hommes qui créeraient des colliers pour soumettre les monstres comme lui.
Ces mêmes hommes qui dégénéraient, trop loin de pouvoir faire de beaux mariages comme avant, de mélanger leur sang jusqu’à en devenir de toutes les couleurs, de toutes les sortes, de tous les visages. Fenrir avait vu ça. Fenrir avait vu les couleurs de diluer au fil du temps, la connaissance se répartir, s’échanger.

L’humanité avait crée un monstre de puissance.

Et maintenant, la petite Europe se servait de lui pour survivre au Corridor pour échapper à la fatalité qui habitait son Île.

Un sourire moqueur se dessina sur le visage du grand Loup, un sourire qui s’estompa petit à petit que l’ombre les avalait, que la pénombre fit disparaître. Sa tête était un halo sombre, ses yeux trop hauts pour être vu, mais ils portaient en eux une tristesse infinie. Ça faisait longtemps que Fenrir avait perdu la Meute. Il ignorait tout d’eux, s’ils avaient vécu, s’ils avaient péri.

« C’était ma punition » répondit-il, au même moment une vague désagréable souleva ses épaules.

Comme il errait en ce moment, son pas lourd sonnant comme celui d’un condamné.

« C’est une longue histoire que je n’ai pas envie de raconter. »

Fenrir ravala sa salive, les épaules lourdes soudainement. Avait-il seulement mérité ce sort ? Il en doutait fortement, mais il n’aimait pas discuter ou négocier avec le destin.

« Une fois que je t’aurais mené aux Îles Hurlantes, je serais libre de poursuivre mon chemin jusqu’aux miens. C’est tout ce qui compte. Pour toi comme pour moi. »

Il lui jeta un regard en coin, puis s’arrêta. Un instant. Ses sens étaient bien plus aiguisés que les siens alors il ne lui demande pas de lui confirmer que quelque chose avançait vers eux. Quelque chose de lointain mais qui se rapprochait vivement. Un bruissement de plumes. Il fronça légèrement les sourcils et finalement reprit son chemin en grondant tout bas.

Avec ce collier, impossible pour lui de se transformer. Il avait l’impression d’être ridiculement vulnérable.

« Ne traîne pas. »




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The Changelin'
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Limace



Europe
J'ai xx ans et je vis sur une île luxuriante aux eaux de saphir. Dans la vie, je suis la fille du chef Pallas et je m'en sors aussi bien que les autres. Sinon, grâce à ma petite soeur, je suis partie pour long voyage à la rencontre du fils d'un chef des Îles Hurlantes, accompagnée d'un monstre terrifiant à l'intérieur duquel se trouve aussi - peut-être - un homme et je le vis plutôt bien en fait.


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Le monstre de Dosha ne semblait pas plus que les autres prêt à donner de réponse. Ce monde d'au-delà du sien n'était pour elle qu'une accumulation de mystères. Mais elle savait qu'à chaque fois qu'elle mettrait un pied devant l'autre, avec sa petite tunique légère qui n'opposait rien au froid, elle se rapprochait d'une nouvelle vérité.

« La route risque d'être longue... », répondit-elle, haussant les épaules comme on l'avait de toute façon habituée à ne pas répondre lorsqu'elle posait ce genre de questions.

Elle leva le nez, avisant une informe masse noire qui venait se placer devant la lune, les plongeant totalement dans l'obscurité. Cela ne sembla pas ralentir le Monstre de Dosha. Lui y voyait parfaitement bien, elle l'aurait juré même si elle doutait de plus en plus qu'il soit arrivé du monde de derrière les yeux. Sa sandale buta contre un caillou poreux et léger, lui tirant une grimace silencieuse tandis qu'elle attrapait le premier pan de tissu qui lui tombait sous la main. Elle n'avait aucunement l'intention de perdre les seuls yeux qu'elle avait pour l'instant.

« Personne n'a dit que tu devais m'accompagner jusqu'aux Îles Hurlantes. En fait c'est juste que jusqu'au bout du corridor ni toi ni moi n'avons d'autres choix... », fit-elle remarquer à juste titre, serrant toujours le petit morceau de tissu entre ses doigts. Pour elle, le collier était surtout un moyen de s'assurer qu'il n'allait pas la bouffer tout de suite, ce qui n'était pas une mince garantie. Pour autant, après le corridor, elle n'avait aucune idée de l'endroit où aller. Asklepios avait dit que le chemin serait évident. Que le corridor les abandonnerait là où le destin les attendait. Mais, quoiqu'elle fût convaincue de l'immense savoir du sage, Europe ne doutait pas non plus que ce même savoir avait ses limites. Là où justement il fallait commencer à croire et non plus à avoir des certitudes.

Ses yeux peinaient à s'accoutumer à une telle obscurité. Il lui semblait distinguer par moment d'imperceptibles lueurs bleutées. Si faibles qu'elle se demandait même si ça n'était pas la simple persistance de quelque lumière sur sa rétine impuissante. Mais elle avait encore un nez - quoique paralysé par le froid -  et des oreilles. Et il y avait comme un froissement dans la nuit. Plus indistinct que le bruit mat de leurs pas sur le sable stérile et le craquement sec et calcaire des rares objets qui le jonchaient. Sans s'en rendre compte, elle se mit à presser le pas, cherchant toujours à forcer l'obscurité de ses yeux.

D'abord il y eu comme un froissement, une masse d'air qui les frôla au plus près. C'eut pu être un innocent courant d'air. Pourtant la peur serrait le coeur d'Europe, lui interdisant d'être aussi naïve. Ce bruit... cela ressemblait à celui des ailes des oiseaux carnassiers qui apparaissaient à la saison des ouragans, sur la côte de l'Île Verte. La seconde fois, qu'elle l'entendit, il venait de dans son dos. La peur lui fit faire volte face tandis qu'elle lâchait son attache au Cauchemar. Ses doigts s'enfoncèrent à l'aveugle dans une masse soyeuse et chaude qui avait fondu sur elle dans l'obscurité, la renversant dans le sable. Par réflexe elle tira son petit couteau d'os, éraflant sans doute l'invisible prédateur qui lui adressa un furieux feulement en se dressant sur ce qu'elle pressentait être deux pattes...
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Sha
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Fenrir
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« Elle l’est toujours » répondit simplement le grand Loup.

De toute sa longue et terrible vie, Fenrir n’avait jamais cessé de marcher sous les étoiles, les yeux dans les yeux avec la lune. Elle était son amante, et il l’aimait tendrement. Il ne s’était jamais senti à l’aise nulle part, pas même auprès des siens. Il était toujours en retrait, à s’occuper de ce que les autres ne voulaient pas, à partir là où personne ne voulait allait. Après la libération des dieux antiques, il s’était retrouvé à devoir partir pour retrouver Moëris et Egregor. Il avait échoué. Il ne s’en inquiétait pas cependant.
Le temps était bien peu de chose pour les immortels. Un chemin trop long restait un chemin. Une destination trop loin restait accessible par le simple fait de son existence.
Fenrir hausse un sourcil, ricanant :

« Il me semble que l’obligation réside dans le manque de choix, petite Europe. »

Le grand Loup connaissait bien l’habitude des humains à jongler avec les mots. La sémantique et l’éloquence étaient deux matières pour les hommes de pouvoir. Au dernier siècle avant celui-ci, il avait vu des hommes tuaient avec des mots. Difficile de savoir si c’était mieux ou non que de se tuer à coup de crocs ou au fer d’une lance. Ça restait toujours compliqué d’appréhender la mort en étant soi-même immortel.
Ça semblait injuste d’en dehors. Mais ça semblait aussi un repos doux et tendre. La promesse des Chasses éternelles sur les monts Lupa était douce à ses oreilles, à son corps accablé par les années.

Le bruissement d’ailes le sortit de ses rêveries. Il jeta un regard à droite puis à gauche, ses pupilles se rétrécissant afin de permettre de capter la moindre ombre, mais la créature était plus rapide que lui, plus légère. Légère comme une plume. Fenrir s’arrêta brusquement, se retournant pour apercevoir Europe mise à terre par la créature.
La bête n’avait rien de semblable aux autres ; c’était la première fois en plusieurs millénaires qu’il croisait un oiseau ainsi. C’était d’ailleurs davantage une chimère entre un oiseau magnifique de cent couleurs et d’un fauve à la gueule furieuse. Une panthère dont le pelage était piqué de multiples plumes vertes et bleues, iridescentes sous les faisceaux de lune.

De grandes ailes étaient repliées dans son dos alors qu’elle se dressait sur ses deux pattes arrière aux griffes rétractiles. Sa gueule était armée d’une longue rangée de crocs luisants, mais le grand Loup n’avait pas peur. Pas de ça.

Il fit deux grands pas, rapide et lourd, et l’attrapa sans peur par la peau du cou pour la dégager de sa proie. Il l’envoya d’une force herculéenne rouler dans le sable, lui tirant un feulement de douleur. Il n’eut pas le temps de jeter un regard à Europe qu’il se dressait entre le fauve plumé et la brunette. Il était imposant Fenrir, mais quand le fauve déplia ses ailes, il sentit que la bête n’avait pas peur.

Elle était comme lui auparavant, poussée par une faim qui lui faisait prendre des risques inconsidérés.

« J’aurais dû prendre une épée… » marmonna le géant alors que le fauve faisait claquer ses dents vers elle.
« Ne m’oblige pas à te faire du mal. »

L’animal ne prit pas la peine d’écouter et s’élança vers lui en rugissant, lui assénant un coup de griffe qui fit jaillir du sang. Le grand Loup accusa le coup en grognant à son tour. Même si la blessure se refermerait rapidement, il n’avait pas envie de répandre ses boyaux sur le sol, surtout contre un gros chat à plumes.

« Tu l’auras cherché. »

Il rumina de nouveau contre le collier qui l’obligeait à tenir ses positions sur deux jambes plutôt que sur quatre et finalement il avança vers le fauve. La féline lui sauta aussitôt à la gorge, mais le Loup s’y attendait. Il n’eut qu’à esquiver le coup pour la coucher au sol et mordre de toutes ses forces l’oreille de la pauvre bête. L’animal poussa un feulement qui se perdit en caquètement.

Quand Fenrir la relâcha, le félin étira ses ailes mais cette fois pour fuir.

Il la regarda s’envoler et filer dans l’obscurité. Il baissa ensuite les yeux vers la blessure qui se refermait déjà, laissant malgré tout son habit tâché de sang. De son propre sang.
Il grimaça à cause de l’odeur.

La faim…





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Lorsque la lune réapparut dans le ciel, Europe recouvrit la vue. A moins d'un mètre d'elle, un Cauchemar et une Créature Merveilleuse s'écharpaient toutes griffes dehors. Pendant une seconde elle en resta bouche bée. Elle n'avait encore jamais vu un tel animal ! D'ailleurs, en dehors du Monstre de Dosha, elle n'avait même encore jamais vu d'animal terrestre qui fût plus gros qu'une souris. Seuls les contes de sa mère en avaient évoqué l'existence. Et pour ce qui était du Monstre de Dosha... elle n'était même pas certaine qu'il soit un vrai animal.

Elle ne resta pas à sa stupeur trop longtemps malgré tout. Passé l'émerveillement, il lui fallait agir. C'était ainsi que l'on survivait.

La créature s'apprêtait à fuir mais la jeune femme, certaine de ce qu'elle faisait ne comptait pas la laisser faire. Le peu de distance qui la séparait du cauchemar serait suffisant pour lui donner l'élan dont elle avait besoin. Lui, était assez grand, quoique genou à terre, pour lui donner de la hauteur. Son pas léger prit appui sur une épaule solide s'envolant littéralement à la suite de la panthère à plumes. L'instant d'après, les deux retombaient lourdement au sol, Europe toute griffée et éraflée par sa chute dans le sable, se cramponnant à une minuscule dent d'ivoire. La jugulaire ouverte, la magnifique créature tirait sa révérence en quelques spasmes et grognements.

A y bien regarder, elle était d'une maigreur inquiétante mais...

« Elle serait revenue si on l'avait laissée... et puis, on aura peut-être pas d'autres occasions de ce genre avant longtemps. », justifia la jeune femme tout en se demandant si elle avait heurté la sensibilité du monstre. Après tout, il avait parlé à la créature et lui avait délibérément laissé la vie sauve, ce qu'elle, Europe, n'avait même pas envisagé une seconde.

Elle, n'avait jamais adressé la parole aux rorquals rouges quand elle partait en mer avec les autres de son village. C'était un peu bizarre à ses yeux comme idée mais ça ne manquait pas d'une certaine humanité quand on y réfléchissait.

Elle s'extirpa de sous la carcasse légère du fauve, brossant sa tunique maculée de sang d'un revers de main comme si cela faisait une différence. S'ils travaillaient bien, ils auraient de quoi se prémunir un peu du froid avec une pareille peau et le reste leur assurerait quelques repas et de quoi se défendre pour la suite du voyage...
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Sha
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Fenrir n’eut pas le temps de comprendre ce qui se passait à vrai dire, mais quand il leva la tête, il put observer le ballet aérien et tragique de la bête et de l’homme. Les deux tombèrent dans un bruit lourd. Une des deux était morte. Le grand Loup ne bougea pas d’un pouce, toujours à genoux sur le sol, les membres lourds.

La faim qui le taraudait s’éteignit aussitôt qu’il vit la jeune femme sortir de sous la carcasse monstrueuse et merveilleuse de couleurs. Il jaugea Europe. C’était une guerrière. Il aurait dû se sentir fasciné, comme avant, comme à l’époque où Perséphone foulait la vie et la nature du pieds.

Depuis la libération de Seth, Fenrir avait pris du recul, sur ce qu’il avait fait de sa longue vie, sur ce que les hommes faisaient depuis la nuit des temps.

Avait-on le droit de tuer une bête aussi pathétique que celle qui a le ventre creux ?

Il serra les dents, un moment, avant de détourner le regard. Il n’était pas en position de dire quoi que ce soit. Il avait tué des hommes parce qu’il avait faim, et la carcasse de la panthère à plumes finirait par remplir leur estomac à tous les deux. Elle avait raison, mais le grand Loup n’arrivait pas à le croire.

Il l’avait épargné. Et elle l’avait tué.

Fenrir mit un temps à ne plus y penser, assez de temps pour qu’Europe ait déjà attaqué le dépeçage de la bête. Sa blessure, entre temps, s’était refermée sur son ventre tendu. Le grand Loup se redressa finalement et approcha pour aider. Il attrapa ses pattes et la souleva pour aider Europe à ce qu’elle la défasse de sa peau plus proprement qu’à coup de poignard.

Ses ailes pendaient mollement de chaque côté d’elle. Le loup sentait parfaitement le sang lui glissait sur les pieds en goutte épaisse et chaude. Il n’en fit rien, muselant son instinct.

« Europe » commença-t-il, alors qu’elle découpait la viande des flancs, « les hommes de ton Île, est-ce qu’ils remercient les eaux de leur offrir du poisson ? Est-ce que tu vas remercier le sable de t’avoir donné de quoi manger ? »

Ce n’était que de la curiosité. Un merci ne changerait rien.




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Elle ne semblait pas répugner à la tâche et d'ailleurs, elle ne lui demanda pas la moindre aide. Bien sûr c'était plus facile à deux qu'à un. Une chose qu'elle avait apprise à la chasse au rorqual rouge. Sur l'Île Verte, on avait peu à craindre du froid mais le cuir épais de l'animal leur prodiguait de solides toiles pour leurs tentes et le voile de leurs petites embarcations.

Le cauchemar finit malgré tout par mettre la main à la patte, facilitant l'écorchage de la bête. Malgré la barbarie de la scène, la jeune femme travaillait avec application. Elle semblait déterminée à ne pas massacrer une si belle créature. Elle suspendit pourtant son geste quand le Monstre de Dosha posa cette drôle de question : allait-elle remercier le sable ?

« Je ne crois pas que le sable y soit pour grand chose... sans t'offenser. Mais je te remercie de ne pas l'avoir laissée me bouffer en premier lieu. », concéda-t-elle en reprenant son ouvrage.

La question paraissait tellement incongrue. Un instant, elle se demanda qui lui avait remercié pour Aias, Thalos et Priape qu'il avait croqué les premiers et elle se demanda aussi si cela changeait quelque chose. Ils n'en étaient pas moins morts atrocement et il n'avait pas moins fallu les brûler pour qu'ils ne deviennent pas à leur tour des...

« Tu n'as rien à voir avec le monde d'au-delà des yeux pas vrai ? », continua-t-elle alors qu'elle commençait à débiter la viande de l'animal en longues lanières, comme on lui avait appris à le faire de la viande des rorquals. Elle posait soigneusement chaque morceau sur le revers du cuir fraîchement prélevé, pour éviter qu'ils ne se collent de sable. « Sur mon île, les hommes remercient celui qui était à leur côté pendant la chasse et ensuite ils remercient celui qui a noué les mailles de leur filet et acéré les pointes de leurs harpons. Je dis les hommes mais il y a aussi des femmes. C'est à chacun de trouver ce qu'il peut faire pour aider... Ça n'a rien à voir avec une question d'homme ou de femme. », ajouta-t-elle comme si elle y avait réfléchi. « Mais on ne peut pas remercier quelqu'un qui n'a pas de nom... »
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Il l’écouta attentivement. Il ne l’interrompit à aucun moment, comprenant qu’ils ne se comprendraient jamais car lui était le fils de la Nature, une force prédatrice crée pour dévorer, alors qu’elle était l’œuvre du temps et de l’adaptation. Une survivante. Elle aurait pu mourir ce soir-là, le soir où il les avait trouvés si apetissant et où il n’avait pas hésité à mordre et croquer dans chacun d’eux une part épaisse de viande. Il n’avait pas plus hésité à broyer leurs os. Il n’avait pas hésité à les ter, parce qu’à ce moment-là, la seule chose qui lui importait était de manger le plus vite possible pour assouvir cet estomac qu’on lui avait donner.

Il avait cependant remercié Seth de lui avoir donner de quoi dîner.
Il eut un sourire en coin, un peu moqueur, un peu coupable aussi.

« Je ne connais rien du monde de l’au-delà des yeux. Ça fait longtemps qu’il fait noir quand je ferme les miens. »


Aucun songe, aucun cauchemar pour venir troubler son repos. Il y avait bien longtemps il avait des rêves et des obsessions. A la mort de Perséphone, tout s’était enflammé. Il avait connu la haine contre les hommes et il leur avait faits payer le travail d’autres hommes. Il avait été un bourreau comme les autres, cruel et aveugle. A l’image de la Nature même.

Le temps avait fait son œuvre. Il avait fini par oublier le goût des rêves, la peur des cauchemars. Derrière ses paupières, il n’y avait que l’obscurité sans lune pour le guider.

« Chez les miens, nous naissons sans nom. C’est durant notre vie, et par la force des choses, que nous en gagnons un. » Il marqua une pause, se souvenant de cette Eurytanie lointaine et éclatante de vie. « Mais ici, je n’ai gagné qu’un seul nom : celui de Cauchemar. »

Il coucha la bête débitée de sa viande sur le flanc et tira de ses ailes majestueuses trois plumes. Il ne savait pas encore ce qu’il en ferait, mais ça lui semblait important sur le moment de garder un souvenir – un trophée. S’il ne prenait rien, il finirait par oublier.

« Et je ne pense pas qu’on puisse remercier un Cauchemar. »

Le grand Loup approcha calmement d’Europe pour saisir la peau de cuir qu’il plia soigneusement pour en faire un paquetage qu’il solidifiera grâce aux nerfs qu’elle avait également rangé.



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Pas un cauchemar donc. Il lui en aurait fallu moins que ça pour s'en convaincre. D'abord parce que ça n'était pas du tout comme ça que se les était imaginer et l'imagination cela jouait beaucoup dans le monde d'au-delà des yeux. En revanche, il confiait là quelque chose qui la rendit triste. Elle ne dit rien, n'affichant pas le moindre signe de compatissance. Ne pas rêver du tout était une chose qu'elle ne concevait que difficilement. Un peu comme un monde sans couleur.

« Ce n'est pas un nom., corrigea-t-elle, « C'est plutôt un qualificatif. »

Sa parade pour ne pas avoir à lui donner quelque chose en réponse avait fait mouche. Maintenant, il faudrait qu'elle prenne sur elle pour ne pas afficher sa vexation et essayer de se comporter en adulte. En tout cas, hors de question pour elle d'accepter le compromis qu'il s'imaginait pouvoir lui offrir. Le voyage était encore long. Elle finirait bien par tirer quelque chose de cette tête de caboche. Finalement, ce cauchemar-ci seyait très bien à Dosha, mais pas pour les raisons qu'on aurait pu croire au départ.

Essuyant le sang frais dans le sable - inutile d'en barbouiller sa tunique, cela serait revenu à s'accrocher une cible dans le dos - elle avisa le baluchon qu'il venait de nouer et le hissa sur son épaule, prête à continuer. Ca n'était pas une courtoisie de sa part, simplement, elle n'avait aucune idée de ce que leur réservait le jour et elle préférait ne pas présumer de ses forces à venir. Autant donc prendre son tour de corvées tout de suite.

Ils ne firent plus de halte après ça, comme s'ils avaient pu marcher assez vite pour gruger la course du soleil elle-même. Pourtant très vite, les premières lueurs rosées du matin les rattrapèrent. Moins d'une heure après, la chaleur était telle que l'horizon sans fin dansait devant leur yeux en vaguelettes imprécises. Europe ne tiendrait pas le rythme longtemps si la température continuait d'augmenter et elle le ferait assurément. A la première lézarde géante, Europe laissa choisir son fardeau à ses pieds annonçant :

« Je vais voir si on ne peut pas s'abriter là-dedans. »

Elle sortit son petit couteau d'os et se glissa de profil dans la fente, espérant que malgré leur différence de carrure, il se débrouillerait de la rejoindre s'il l'entendait appeler...

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Un qualificatif… un nom…

Qu’y avait-il vraiment de différent entre les deux ? Le mot de rose ne pouvait-il pas qualifier une chose aussi belle que dangereuse ? Le Loup ne répond pas et marche, longtemps, aussi longtemps qu’elle le veut. La chaleur est écrasante mais il avait marché des années dans le désert du Sahel. Il reconnaissait à Valérian l’intelligence de se terrer dans des terres arides où nul homme ne serait venu le chercher. Il se demande seulement si un Loup peut mourir de soif car il commence à avoir la gorge sèche.

Il n’a jamais entendu d’histoire pareille, mais il vit en ce moment un songe étrange.

C’est peut-être son cauchemar à lui finalement.

Sa nuque lui fait mal mais impossible de savoir encore une fois si la douleur est bien réelle, si elle n’est pas une simple brûlure commise par l’affront ? Le Loup chasse cette pensée. Son dos est trop lourd, ses muscles trop secs. Ses boucles noires mouillées par la sueur commencent à lui coller le front et les tempes. Passer ses mains à l’intérieur n’aurait aucun effet, aussi il s’en abstient en maugréant.

Quand la gamine repère la lézarde, le Loup s’arrête un instant pour reprendre légèrement. Il essuit cette fois son visage de son avant-bras, poussant un petit grognement ennuyé avant de voir Europe disparaître dans la fissure qui serpente la terre rouge et sèche.

Fût une époque, les petites gens de la plèbe grecque les appelait « Titans », ce n’était pas vraiment pour rien. Il a un petit regard ennuyé, attend quelques secondes, quelques minutes même, avant de pousser un petit soupire :

« Europe, je ne… rentre pas… »

Mais elle doit être déjà loin dans la fissure. Il n’y a aucune réponse. Le Loup penche la tête, pensif un moment.

C’était peut-être sa chance de continuer et de s’enfuir ?

Mais ça signifierait la laisser là, seule. Dévorer par les panthères aux plumes iridescentes et par la chaleur du sable ?

S’il ne peut pas passer par les flancs, il peut peut-être essayer par le dessus ?

Il se pince les lèvres un instant avant de soupirer plus fort. La surface de la roche telle qu’elle se décrit sous ses doigts est fine, sèche, lisse. Comme s’il s’agissait de millions de fines lignes s’étant superposées pour former un mur aux couleurs vives. S’il s’y accroche à mains nues, il y a des chances qu’il chute, mais aucun Loup n’est jamais mort d’être mal tombé.



Fenrir se concentre et d’un saut aisé il agrippe un rebord de la paroi rocheuse. Il sent que sous son poids la pierre fissure, fragile ouvrage du temps, mais il n’a pas le choix, alors il envoie déjà une seconde main agripper un ourlet. Il s’aide de cette agilité naturelle pour continuer à gravir le mont sur plusieurs mètres – six ou huit tout au plus – et arrive enfin en haut.

Là-haut, le vent rugit fort, aussi le Loup se penche en avant pour limiter la prise du vent sur son propre corps. Il lutte, suivant des yeux la fissure qui tranche et s’agrandit un peu plus loin. Il finit par la suivre à pieds, faisant attention à chacun de ses pas.
Le vent porte avec lui du sable, aussi Fenrir n’a pas le plaisir de voir plus loin que cette étendue rouge et orangée. Il ne veut pas non plus particulièrement voir ce qu’il y a au bout de ce Corridor.

Ce n’est qu’un cauchemar, Fenrir. Bientôt, tu vas te réveiller.

Quand la crevasse à un endroit s’agrandit, il jette un regard en contre-bas et découvre un petit endroit fait d’une eau fraîche. Une sorte de résurgence. Il ne sait pas si l’eau y est fraîche, mais il a soif, horriblement soif. Il inspire profondément et se lance à l’intérieur de la crevasse, serre les dents en espérant fortement que l’eau y est au moins profonde de trois mètres avant de s’engouffrer.
L’impact est violent, mais il plonge de quelques mètres vers le fond avant de revenir à la surface, sa tête émergeant au milieu de l’écume. Il retourne lentement vers la berge, avalant au passage de grandes gorgées d’eau qui en plus d’être fraîche semble parfaitement claire.

On peut voir au fond de l’eau un cercle violet, de plus en plus sombre.

Quand Fenrir s’assoit – en attendant qu’Europe arrive à son niveau – il regarde plus longuement ce cercle violet et fronce légèrement les sourcils.

Pourquoi est-ce que ça lui dit quelque chose ?




Oh Darling,
Darling, What I have done ?
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