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 You make me sick because I adore you so [Leila]

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Maleficent
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Limace


Le contexte du RP
Mise en situation

La situation
De cet hôpital psychiatrique regroupant les grands dangers d’Alabama, Emilio est le plus docile et le plus sage. On aurait bien du mal à croire, quand on le voit relever ce regard rempli d’innocence et de curiosité chaque fois qu’on l’interpelle, que cet homme-enfant a plus de sang sur les mains que la majorité des autres internés. Il n’est pas seulement schizophrène, sa réalité est déformée. Il est persuadé, par exemple, que sa psychiatre est un ange. Leila, c'est en vérité une femme gentille et à l’écoute qui le regarde ni avec le dégout, ni avec la haine qu'il mériterait. Leila le trouve beau. Même s’il semble profondément naïf, presque hébété devant elle, Emilio voit son attirance naissante pour lui. Il l’aime et il veut qu’elle reste pure, mais les voix sournoises lui murmurent des choses horribles. Elles veulent qu’il la salisse. Peut-être ne sont-elles que la manifestation de son subconscient, tout compte fait.
Contexte provenant de cette recherche
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Maleficent
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Emilio Lewitt-Spencer
J'ai 30 ans et je vis en Alabama, USA. Dans la vie, je suis interné et je m'en sors ... hum. Sinon, grâce à ma santé mentale, je suis célibataire et je le vis plutôt ... mal ?.

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avatar ©️ Jared Leto
Sept heures, le moment où les infirmières de nuit laissaient place à celles de jour et où l’hôpital se levait doucement, paresseusement. Les dégénérés comme eux étaient bien souvent des légumes s’offrant le luxe d’une heure de sommeil en plus, mais pas lui. Emilio faisait des nuits courtes, ce qui incitait les médecins à se demander s’ils ne devaient pas un peu augmenter ses doses. Force était de constater que ce n’était pas nécessaire, le brun demeurait toujours calme. Certes, cette accalmie semblait aussi lugubre qu’un cimetière éclairé par un rayon de lune, mais le patient avait l’attitude qu’il fallait avoir. En sortant de sa chambre, Emilio prit les pilules et le verre d’eau qu’on lui tendit, puis suivit docilement le gardien jusqu’à la salle des loisirs vide. La cantine n’ouvrait pas avant huit heures. Récupérant son cahier de dessins ainsi que ses crayons, il prit place à une table. Une infirmière s’installa en face de lui tandis que le gardien restait au niveau la porte. Les malades n’étaient jamais seuls, leurs déplacements n’étaient pas libres, et la blancheur des lieux lui donnait parfois l’impression d’emprunter un couloir de la mort. Sans Leila, Emilio aurait de loin préféré l’ambiance d’une prison.

La longue baie vitrée de la salle donnait sur un des grands couloirs principaux qu’Emilio observait en grignotant le bout de son crayon de papier. Il s’essayait à un nouveau portrait de son ange et la visualisait dans son esprit. Malgré son talent à reproduire la réalité avec une exactitude et un détail digne des plus grands artistes, il n’avait jamais réussi à faire un portrait d’elle satisfaisant. Chaque fois, il avait l’impression que son crayon la rendait vilaine. C’était une de ses plus grandes ambitions, dans l’immédiat, que de réussir à dessiner Leila en rendant justice, au moins un peu, à sa beauté angélique. Etonnamment, l’objet de ses pensées ne tarda pas à se présenter dans le couloir en question, qu’elle traversa d’une démarche un peu pressée. Emilio écarquilla les yeux de stupeur comme s’il venait de réussir l’exploit de l’invoquer. C’était la première fois que Leila arrivait de si bon matin, c’est qu’elle devait avoir beaucoup de travail. La jeune femme traçait sa route sans tourner un seul instant la tête vers lui et le pauvre homme la suivit d’un regard empli d’espoir et d’attente, l’attente qu’elle l’aperçoive, mais elle disparut. Plus qu’une simple déception, c’est une grande douleur qui traversa furtivement ses traits lorsque la porte battante qu’elle avait ouverte se referma derrière elle.

« Elle ne m’a même pas regardé… » murmura t-il, avant de plonger le nez dans son travail et commencer à gribouiller des esquisses.

Cela t’étonne, bon à rien ? Elle te méprise. Son regard vomit de te voir. Tu es immonde. Si tu la rends immonde, elle sera comme toi. Elle sera à toi. L’infirmière leva un regard las vers Emilio suite à sa prise de parole. L’homme avait tellement l’attitude d’un enfant sage qu’on avait la garde baissée en sa présence. C’était une erreur. Il était dérangé, malade, aucune pilule ne saurait l’assommer suffisamment et l’empêcher de crever l’œil de qui que ce soit avec son crayon si une pulsion meurtrière se manifestait. Le but de sa thérapie, le but de son traitement, était justement de contenir ce genre de pulsion. Mais… qui pouvait savoir ? Qui pouvait anticiper ? Se prenaient-il pour des dieux, à croire que tout était sous contrôle ?

« Elle ne nous a pas remarqué. Il est sept heures trente. Si elle a déjà les yeux en face des trous, je l’envie. »

« Sans ça, tu l’envies déjà. Vous l’enviez toutes. Les femmes sont odieuses et jalouses » répondit-il sur le ton de la conversation sans lever les yeux de son dessin. On aurait dit, à son attitude insouciante, qu’il ne se rendait pas compte que lui-même était justement odieux.

L’infirmière ne lui en tint pas vraiment rigueur. Il était bizarre, Emilio. Doux comme un agneau dans l’attitude, mais jamais forcément dans la parole. Seule Leila trouvait grâce à ses yeux.

« Et Lei’ n’est pas une femme ?
- Elle s’appelle Leila », corrigea posément Emilio, toujours absorbé par son œuvre.

Et c’est un ange. Malgré ce tort, l’infirmière avait pris la défense de Leila en justifiant son inattention : sa petite faute fut donc rapidement pardonnée. Il n’en demeurait pas moins qu’Emilio venait de jeter un froid comme il savait si bien le faire. A l’heure de se nourrir, il laissa son dessin derrière lui et vint rejoindre les autres à la cantine. Après avoir ingurgité les deux autres pilules réglementaires, il s’installa à sa table habituelle, avec les personnes habituelles. Il en connaissait certaines depuis des années, et malgré tout ce temps passé ensemble, l’une d’elle pourrait mourir d’un infarctus sur le champ que cela ne lui ferait ni chaud ni froid. Emilio cassa son couteau en plastique en voulant appliquer du beurre sur du pain et soupira de lassitude avant de siroter quelques gorgées de son lait chocolaté. Tu détruis tout ce que tu touches. Monstre. Bon à rien. Des rires retentirent et il fixa le fond de sa tasse avec effroi, comme si un démon était logé dedans.

« Leila… », appela t-il tout bas, il aurait tant voulu que l’ange intervienne pour le sauver du mal.

« Bientôt, Emilio », lui répondit son voisin de table.

Il n’avait pas d’amis et pourtant, parfois, des patients étaient bienveillants avec lui comme s’ils le considéraient comme tel. Ses lèvres esquissèrent un pauvre sourire. Oui, il voyait Leila à 10h15. C’était bientôt, pas assez tôt, mais bientôt. Les voix le suivirent tandis qu’il retourna à la salle des loisirs pour terminer son projet. Un dessin bien singulier d’ailleurs. Vu qu'il avait raté le portrait de son ange, la feuille contenait essentiellement un noir abyssal. Une porte, dans le coin du haut, projetait une faible lueur en perspective et laissait apercevoir la silhouette d’une femme à la longue chevelure qui avait le dos tourné et portait une blouse blanche. Cette femme semblait fuir.

Puis, à un moment, on appela son nom. C’était sa voix. Il la reconnaitrait entre mille. Emilio releva un visage content vers le pendule indiquant dix heures précises. Leila avait de l’avance, on aurait dit qu’elle l’avait fait exprès pour lui faire plaisir. Son ange merveilleux pensait à tout. Le fou reporta son regard crédule vers elle et lui adressa un mince sourire affectueux. Il y avait une lueur nouvelle dans son regard bleu chaque fois qu’il le posait sur Leila, une lueur d’admiration pure, d’innocence et de dévotion, la promesse de faire de son mieux.

Son regard vomit de te voir.

« Bonjour », dit-il poliment.

Emilio se leva et la suivit, les mains dans les poches. Son regard oscillait entre la route à prendre et Leila, à qui il ne pouvait s’empêcher de jeter de furtifs coups d’œil. C’était comme s’il découvrait, à chaque fois, combien elle était belle.

« Tu es arrivée tôt ce matin », commenta t-il pour manifester un brin de son inquiétude pour elle : Leila se fatiguait trop à la tâche pour eux. « On n'en vaut pas la peine. »

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Obéron
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Leila Raleigh
J'ai 27 ans et je vis à Alabama, USA. Dans la vie, je suis psychiatre et je m'en sors bien. Sinon, grâce à mon travail, je suis célibataire et je le vis plutôt ... dur à dire.

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emilia clarke ©️ SHIYA

Marmonnant, le visage enfoui sous les oreillers, elle tendit une main aveugle vers la table de nuit. Une, deux, la troisième tentative fut la bonne et l’assourdissant vacarme du réveil cessa. Lâchant un profond soupir, elle gémit quelque chose comme ‘cinq minutes…’ avant de relever son doux visage encadré par des mèches brunes en batailles.
Déambulant dans son appartement un café entre les mains, elle rêvassait le visage emprunt par son sourire coutumier. La journée allait être rude, mais elle se sentait prête. Enfin, elle sortit de sa torpeur piquée par l’heure s’étant écoulée à une vitesse folle, et elle acheva de se préparer dans la plus grande hâte. Leila avait beaucoup à faire, elle n’avait jamais commencé aussi tôt, la fatigue voilait ses yeux mais la jeune femme était dévouée à son travail. Passionnée et consciencieuse, elle prenait ses responsabilités très au sérieux et répondait présente à chaque appel. La voilà justement qui s’activait dans les couloirs de l’hôpital, un épais dossiers de feuilles volantes sous le bras. Les cheveux rassemblés dans un chignon, les mèches rebelles volaient au rythme de ses pas, “ Leila on a un problème dans le département des soins ”, “ Leila j’aurai besoin de ton aide pour ce patient... ” et “ Lei tu pourrais me rendre un service s’il te plait ? ” rythmaient cette journée. Au point qu’elle en vienne à soupirer, et son travail alors ? Elle ne s’était pas levée si tôt pour passer son temps à faire le travail des autres… mais elle ne pouvait s’en empêcher, c’était plus fort qu’elle. Elle accrocha un sourire à ses lèvres pour se donner courage et positivité, lorsqu’enfin, elle pu se réfugier dans son bureau.

Le nez tantôt dans ses dossiers tantôt dans son café, ses pensées alternaient elles aussi entre son travail et Emilio. Un crayon en main elle écrivait, la tête légèrement reposée sur son bas accoudé au bureau. Elle se concentrait, mais Emilio ne cessait de revenir encore et encore dans ses pensées. Il n’était plus le simple patient parmis les quelques dont elle avait la charge dans cet hôpital. Emilio, cet homme la fascinait. Un sourire d’ange, de grand yeux innocents, et des pensées qu’elle s’efforçait de pénétrer. Elle soupira rêveuse et soucieuse, Emilio était intriguant. Le mystère de ses voix ne cesse de dévorer Leila. Que lui disent-elles ? D’où viennent-elle ? Pourquoi ? C’était son travail de le savoir, mais au final c’était comme si elle en avait fait une histoire personnelle, engagée comme elle était auprès de ce patient si particulier à ses yeux. “ Ah la la, tout ça me perdra ” soupira t-elle dans un doux rire. Puis comme si le fait de penser à lui, lui en avait donné l’envie de le voir, ses yeux glissèrent vers l’horloge suspendue sur un des murs de son bureau. Il est encore un peu tôt pour leur rendez-vous… Elle glissa son crayon sur son oreille, se perdant à nouveau dans ses pensées. Après tout, elle ne pensait pas déranger le jeune homme en le faisant venir un peu plus tôt que prévu.

Se tenant dans l’entrée de la salle des loisirs, elle n’eut plus qu’à repérer sa table habituelle avant de l’observer, Emilio le regard pensif sur son dessin. Décidant finalement de s’approcher, de sa démarche calme et flegmatique elle parvint finalement à ses côtés. Observant le dessin d’Emilio par dessus son épaule, toute impressionnée comme elle était et l’avait toujours été face à ses talents certains. L’atmosphère de son oeuvre était sombre et inquiétante, elle y discernait un noir abyssal étouffant l’éclat de lumière provenant des marches, sur lesquelles une scientifique leur faisait dos. La psychiatre partagée par l’admiration, la réflexion et la surprise en vint à sourire pour elle même, puis elle finit par se racler la gorge. “ Emilio ? ”  l’interpella t-elle.
Comme surpris et heureux par l’heure anticipée, il se tourna vers elle, doux sourire aux lèvres. Avec joie Lei le lui rendit; “ Bonjour ” répondit-elle alors qu’ils se déplaçaient vers son bureau. Pressant son dossier contre elle (Lei était de ceux qui avaient constamment besoin d’avoir quelque chose entre les mains sous peine de ne savoir ou les mettre), elle compris avec surprise qu’il l’avait aperçue ce matin, et avant qu’elle ne puisse répliquer un mot il avait déjà enchaîné. Croisant son reflet dans une des vitres elle constata en effet quelle faisait bien pâle figure, teint livide, yeux creusés, chignon rebelle, même le col de la blouse qu’elle avait enfilé en hâte était mal mit. Ah Leila… commença t-elle a se reprocher intérieurement, puis elle se tourna avec lui, les sourcils légèrement plissés, “ Mais bien sûr que si... ” son ton s’adoucit et ses lèvres tracèrent un sourire allégé, “ Vous en valez tous la peine ” affirma t-elle en ouvrant la porte laissant ainsi entrer son patient. “ Ne dis plus ça Emilio ” recommanda t-elle tout bas comme si cette remarque lasse de la part de son patient l’avait ramenée à ses questionnements à propos de ce dernier. C’était son métier après tout, de percer ses pensées, de décortiquer chacune de ses phrases afin d’en déceler le sens sous-jacent. “ Mais merci de t'inquiéter, je vais bien, je ne me sens jamais mieux qu’au travail ” sourit-elle avec malice en fermant la porte derrière eux.

Ils prirent place à leur siège respectifs, bien que Leila ne fit qu’en fait y déposer son dossier avant de trouver son bureau et d’allumer la bouilloire. “ Une tisane ? ” proposa t-elle en se tournant vers lui, deux tasses en mains.
Finalement elle décrocha son crayon, et vint s’installer avec calme sur son fauteuil. Savourant ce moment de tranquillité avec apaisement, “ Raconte moi, comment tu vas ? ”

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Maleficent
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Emilio Lewitt-Spencer
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« Mais bien sûr que si » lui rétorqua t-elle. Emilio baissa le regard. Il se sentait un peu bête parce qu’il avait dit une bêtise, apparemment. Bon à rien. Tape-toi la tête contre le mur. Tu as raison, tu n’en vaux pas la peine. Tu ne vaux rien. Bien sûr qu’un ange trouverait qu’aider les égarés n’était pas une perte de temps. Il ne douta pas une seule seconde de sa parole d’ailleurs, ignorant les voix qui riaient de sa naïveté. C’était lui le menteur et l’hypocrite. Emilio savait que personne ne pourrait le sauver, mais il faisait comme si c’était possible, comme s’il pourrait un jour être amené sur le chemin de la guérison, et celui de la rédemption. En vérité, l’homme était à un stade de désillusion digne de ceux qui mettaient fin à leur jour. Le souci, c’était qu’Emilio était terrorisé par la mort. Il était terrorisé par ce jour où il se tiendrait devant le vrai juge, le jour où on lui énumérerait ses méfaits, le jour où les fantômes de ses victimes resurgiraient pour le pointer du doigt, avant qu’il ne rejoigne les flammes de l’enfer. Il valait mieux rester là, dans ces pièces blafardes, dans ces couloirs macabres où les talons des soignantes assez valeureuses pour en porter résonnaient comme des détonations. « Ne dis plus ça Emilio ». Cette manière si douce qu'elle avait de le réprimander lui fendait le coeur à chaque fois. Il ne méritait pas tant d'égard. Elle devrait t'arracher le coeur. Les yeux d'abord. L’homme resta un court moment à l’encadrement de la porte et hocha la tête, penaud, avant d’entrer à son tour. « Mais merci de t'inquiéter, je vais bien, je ne me sens jamais mieux qu’au travail ». Un petit sourire heureux vint de nouveau étirer les lèvres d'Emilio. Leila disait qu’elle se sentait bien dans un lieu où il vivait. C’était l’une des choses les plus merveilleuses à entendre. Le patient se dirigea vers son siège. Je ne ferais pas ça si j’étais toi. Son sourire se fana et il se figea, les paupières closes. Les rouvrant l'instant d'après, il prit place avec prudence.

« Une tisane ?
- Non merci. Les tasses m’ennuient aujourd’hui. », dit-il avec naturel. Certains diraient que se faire ennuyer par des tasses relevait d'Alice aux pays des merveilles, ou d'une légèreté digne de Disney. Malheureusement, sa réalité n'était pas légère, et encore moins amusante. On faisait des films d'horreur avec moins de la moitié de son vécu.

Emilio était de nature taciturne car il savait qu’on ne le comprendrait pas, c'est pour cela qu'il parlait peu quand on ne l'y invitait pas. Avant de rencontrer Leila, il n’avait pas dit un seul mot pendant des années. En comparaison, le brun se trouvait plutôt bavard désormais, même s'il l’observa se rasseoir sans rien dire. Les voix aussi étaient des menteuses. Emilio ne devrait pas les écouter. Il n’aurait jamais dû les écouter. Il la regardait bien maintenant, Leila, et il n’y avait aucune répugnance dans son regard. Au contraire, ses orbes clairs brillaient d’une bienveillance et d’une douceur qu’il n’avait jamais su retranscrire sur papier. Le garçon avait la fâcheuse habitude de la dévisager. Aujourd’hui, sa peau était joliment blême, ce qui donnait l’impression que ses iris tiraient plus sur le gris que d’habitude. Il aimait s’imprégner de tous ces détails d'elle et les garder en tête. C’était comme emporter un petit brin de Leila avec lui quand ils se quittaient, un peu de lumière dans ses ténèbres. Il n’avait pas l’impression d’être malpoli à la toiser de la sorte. Emilio avait trop de choses l’accablant pour se rendre compte de ce qui était convenable et de ce qui ne l’était pas.

« Raconte moi, comment tu vas ? »

Emilio resta un instant muet. Chaque fois, il avait l’impression que cette question était un piège, le jeu du ni oui ni non. Ne pas répondre oui car un homme en hôpital y était interné justement parce qu’il n’allait pas bien. Ne pas répondre non pour éviter de l'inquiéter. A chaque fois, il était élusif.

« Je suis content de te voir, Leila. »

Mais encore ? Elle avait demandé qu’il raconte.

Tu crois que vous avez la même couleur ? Tu crois ? Coupe, idiot. Coupe et regarde la couleur. Son rouge est plus clair, tu verras. Les voix commentaient tous ses gestes, toutes ses décisions, et réagissaient à son environnement. Les moments de silence étaient très rares et précieux.

« Pour le reste, hm… ça ne change pas… » il se gratta nerveusement la base du cou « C’est toujours en train de se décomposer à l’intérieur, là », précisa t-il en désignant sa propre tempe de l’autre main. Tout comme il entendait des intrus, il sentait ça. Il sentait que des termites lui grignotaient le cerveau. Cela faisait le bruit de la grêle qui s’écrase sur les vitres.

Tais-toi ! Ne lui dis pas ! Ils vont te découper pour vérifier ! Découpe-toi.

Emilio la vit éclater rire. C’était dans sa tête, mais Leila était en train de rire de lui, alors qu'il était honnête.

« Ça te semble ridicule ? »

Il délirait, sans le savoir, d'une psychiatre hilare. Mais quel ignorant ! Tu te trompes ! C’est juste ton âme qui se décompose Emilio, lui dit la belle Leila, crois-moi, c’est ton âme, tu ne sais donc rien ? L’homme la considéra un instant de manière incrédule, les yeux légèrement écarquillés. Puis, l’expression de son visage s’éteignit complètement et il baissa la tête tel un enfant pris en faute.

« C’est toi qui sais... mais c’est moi qui souffre », dit-il à demi-mot, répondant à une chose qui n’avait en réalité pas été dite.

Personne ne vous voit. Souille-la. Maintenant ! Allez ! Fais-le. Qu’elle écarte, elle ne rira plus de toi. Fais-le et on ne te parlera plus. On te laissera tranquille. Tu le veux. Tu es sale. Elle le veut. Il ignora les murmures. Pourtant les voix étaient proches. Pour l’une d’elle en particulier, on aurait dit que quelqu’un parlait à son oreille. Mais il n’y avait rien, alors il ne tourna pas la tête pour vérifier, se contentant de fixer ses mains qu’il avait posées sur ses genoux. Emilio n’avait pas beaucoup parlé, mais il avait déjà l’impression d’en avoir trop dit. Il ne devait pas. Sa plus grande crainte, c’était qu’elle sache ce qu’il avait sur le cœur et dans la tête, sa plus grande crainte, c’était qu’elle entende ce qu’il entendait. Même si elle était un ange, elle le mépriserait.

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emilia clarke ©️ SHIYA

“ Non merci. Les tasse m’ennuient aujourd’hui. ” Elle inclina légèrement la tête en signe d’acquiescement, reposant donc l’une des tasses. Se tournant vers son infusion pomme cannelle parfumant lentement sa tasse, ses doigts effleurèrent le rebord brûlant de cette dernière. Les tasses ennuyaient donc Emilio, dommage… Ce qu’il venait de déclarer de son ton le plus naturel avait, en elle, réveillé son intérêt pour l’univers de son patient. L’outre monde dans lequel il paraissait vivre l’intriguait, Emilio et sa singularité ne cessaient de la fasciner. Plus qu’une humaine curiosité, cet objectif qu’elle s’était fixé devenait comme un ardent désir inavoué. Emilio Levitt-Spencer, pensa t-elle, je percerai à jour le mystère de tes pensées, promit-elle, je résoudrai ton enigme.

Installé confortablement dans son fauteuil, elle tenait sa tasse chaude -trop chaude dans le creux de ses mains. Après un soupir d’apaisement, elle releva les yeux vers son cher patient, le surprenant ainsi dans sa coutume scrutation de son corps. Un sourire amusé planant sur ses lèvres, elle conserva le silence le laissant ainsi poursuivre son inspection depuis son fauteuil. La psychiatre aurait aimé fièrement dire qu’elle s’était totalement accoutumée à ce genre de regard insistant, mais si son malaise avait finit par disparaitre, l’insistance du regard d’Emilio provoquait systématiquement ce genre de remou palpitant en elle. Leila ne cessait de se demander qu’elle pensées un tel dévisagement pouvait trahir chez un homme comme Emilio, ça lui tournait dans la conscience encore et encore. Puis elle avalait une chaude gorgée de sa tisane, et reprenait contenance.
Enfin, lorsque le moment fut venu, lentement et doucement elle rompit le silence.

Emilio se mura dans le silence le temps d’un instant. Il avait l’air de soupeser la question, réfléchir intensément à la réponse qu’il avait envie de donner, et celle qu’il devait formuler. Elle le savait à la recherche des mots, le sourire bienveillant, elle patienta.
Sa réponse lui arracha un léger rire, est-ce qu’elle pouvait valider ça comme une forme de réponse ?
“ Moi aussi Emilio ” répondit-elle, et, le visage masqué derrière la tasse qu’elle portait à ses lèvres elle ajouta ; “ je n’avance pas un rendez-vous d’un quart d’heure si je n’ai pas hâte rencontrer la personne en question ” argua t-elle avec sa malice innocente.
A l’entendre, beaucoup de ses collègues la trouveraient un pied dans le professionalisme un autre dans la familiarité… une chance qu’elle fournisse un bon travail ! et encore cela ne l’empêchait pas automatiquement de se faire taper sur les doigts et ressasser maints et maints avertissements. Mais Leila ne pouvait s’empêcher d’aborder les relations amicalement et avec compassion, privilégiant la part la plus humaine de la personnalité et de son travail. Et puis, ce n’était pas comme si elle était ainsi avec tous ses patients… part les nombreuses partagées et la gentilesse de ce dernier, Lei se sentait proche d’Emilio, elle en était heureuse. Relevant le regard vers lui elle demeura pensive. Et lui ?

Le patient précisa finalement sa réponse, abordant son quotidien… macabre. Leila hocha lentement la tête, l’expression neutre. La pathologie d’Emilio n’allait pas en s’améliorant, chose qui l’inquiétait, mais elle gardait ses pensées pour elle, préférant prôner l’optimisme et la positivité. Puis, ce qu’il ajouta par la suite la rendit perplexe. “ Non... ” répondit-elle en fronçant les sourcils. Mais ne sachant s’il avait perçu sa voix parmis les autres, elle ne put qu’assister à ce début de dérapage. Il l’observait, comme ahuris, comme s’il avait entendu quelque chose de percutant, cruel. Il l’observait sans la voir, c’était cette manière là de la dévisager qui la mettait mal à l’aise. Elle reposa sa tasse, le scrutant, la mine inquiète. “ C’est toi qui sais… mais c’est moi qui souffre. ” sur ce dernier mot un éclair de douleur fraya la bienveillance dans les yeux de Leila. L’homme avait abaissé la tee, comme accablé, toujours de son caractère innocent. Il était loin, reparti dans son monde. Elle se mordit la lèvre comme pour se contenir, et la seconde suivante elle se surprit à ses côtés, une main sur son épaule et l’autre posée sur son visage, ses doigts pouvaient même se glisser dans ses cheveux. “ Emilio ” souffla t-elle en se penchant vers lui, “ Reviens ” fit-elle, avec ce mélange de fermenté et de bienveillance dans sa voix. Elle laissa retomber ses bras le long de son corps, ne s’écartant que d’un pas dans le cas où il faudrait rappeler Emilio à la réalité encore une fois. Elle s’accroupit en face de lui afin de pouvoir lui parler en le regardant dans les yeux, “ Ce n’est pas ridicule. ” démentit-elle. Ne sachant pas ce qu’il voyait ou entendait, elle tentait tant bien que mal de lui faire distinguer la Leila devant elle et celle qui semblait le tourmenter dans une réalité imaginaire. La psychiatre savait qu’elle devait saisir l’instant pour mettre ces voix à découvert, mais elle se refusait catégoriquement de brusquer son patient. Elle soupira doucement, “ Que se passe t-il Emilio ? … que te disent-elles ? ” demanda t-elle d’un regard insistant trahissant son inquiétude. Leila ne comprenait toujours qu'à moitié pourquoi Emilio s'entêtait à conserver le mystère sur ce que lui soufflait ses voix. Par honte ? Peur ? Pudeur ? Avec compassion et tendresse elle étira un sourire alors qu'elle penchait la tête, " Tu sais que tu peux tout me dire... " C'était même précisément la raison pour laquelle il était dans ce fauteuil et elle se rendait dans ce bureau chaque jour, il devait parler et elle l'écouter.
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Il releva doucement la tête en sentant des doigts glisser sur sa joue. Leila était tout près, penchée vers lui. Son tendre toucher faisait palpiter son cœur et, l’espace d’un instant, il y eut un silence complet tout autour où il n’entendait qu’elle, ne voyait, ne sentait qu’elle et ses tendres caresses vaquant de temps à autres vers ses cheveux. Un ange ne méritait pas l’amour sale d’un meurtrier, mais il l’aimait et tous les murmures, tous les cris, toutes les hallucinations du monde ne sauraient le convaincre du contraire. Il se fichait pas mal, au final de cette mort lente, de toutes ces choses qui le hantaient, son unique et véritable crainte, c’était de perdre sa conscience à nouveau et faire du mal à son ange. Ce n’est pas parce qu’il s’était persuadé et juré que cela n’arriverait jamais, qu’il ne le redoutait pas.

« Reviens »

En cet instant, Emilio avait les deux pieds dans la réalité, chose à laquelle il n’était tellement pas accoutumé qu’il n’en fut pas du tout rassuré. Mais peu importait. Leila était là, elle ne riait pas. Elle le touchait comme si elle n’avait pas peur de se salir, comme si elle n’avait pas peur de lui. L’homme posa la main sur la sienne comme pour s’assurer que c’était vrai. Il ne savait pas ce qu’il avait rêvé ou réellement vu depuis le début de leur échange. S’était-elle moquée ? Avait-elle vraiment dit qu’elle était contente de le voir, avec cette adorable malice ? Il lui arrivait bien souvent de réussir à démêler le vrai du faux, grâce à un peu de bon sens –aussi surprenant que cela puisse paraître, il en avait quand il n’était pas en pleine crise-  mais il suffisait de quelques instants pour ne plus être certain de rien. Le contact fut rompu entre eux et une ombre d’agonie traversa son regard. La supplique qu’elle le touche encore manqua de franchir ses lèvres, il la retint de justesse. Conscient de la tête qu’il devait tirer, il la baissa de nouveau, mais Leila s’accroupit pour retrouver son regard fuyant. Bon à rien. Sur le bureau, contre le mur ? Non, par terre, comme les chiens. Tu en es un. Etouffe ses cris. Tu sais faire, ça, c’est tout ce que tu sais faire, minable. Elle est à toi. Prends. Ravage-la jusqu’à l’oubli. Fais-le et on se taira pour toujours.

« Ce n’est pas ridicule. »

C’est toi le ridicule, à attendre. Bouge, elle est à ta merci ! A portée de main, tu la laisserais s’échapper, bon à rien ?

« Que se passe t-il Emilio ? … que te disent-elles ? Tu sais que tu peux tout me dire... »

« Non je ne peux pas. Je ne veux pas. Si tu sais tout, tu auras des regrets. Ce sont des menaces, des moqueries, des ordres, des insultes, des présages, parfois des vérités… »
Sur lui, sur le fait qu’il ne valait rien, qu’il était un homme mauvais et hypocrite. « et très souvent des mensonges. Sur moi, sur toi, sur n’importe quoi. J’ai le cerveau qui se décompose et bientôt c’est tout ce qu’il me restera, c’était moins sonore pendant une période mais c’est redevenu comme avant. »

Cette dernière précision, loin d’être anodine, indiquait au moins à Leila qu’Emilio s’était habitué à son traitement et que son comportement calme était plus de son propre fait, que d’un état de demi-conscience. Cela ne signifiait pas que la rechute ne lui pendait pas au nez. Leila était son remède, mais elle était aussi un poison. Fais-le et on te laissera tranquille. Beaucoup de mensonges, oui…

« Je ne serai jamais libre », murmura t-il à son ange. La tonalité sereine de sa voix manifestait au moins une acceptation de la situation, afin de rassurer Leila.

Lentement, comme pour ne pas l’effrayer, il prit la main de la jolie brune et la ramena contre sa poitrine. Emilio l’y serra doucement comme si cela soignerait son cœur si affolé. Sa seule volonté de l’instant était de se pencher et de déposer des baisers sur son visage, sur ses lèvres, ses pommettes, ses paupières, et c’était une volonté qui suffisait à le dégouter de lui-même. Et on lui murmurait les pires vices, les autres se moquaient de lui comme s’ils n’étaient pas dupes. Les voix savaient qu’il était une ordure. Emilio voulait croire de tout cœur qu’il n’était pas mauvais, puisqu’il n’avait jamais voulu faire de mal, mais on lui rappelait qu’il se mentait à lui-même et qu’il était pourri. Je te vois, je sais, entendait-il bien souvent.  

« Il y a des années, on m’a dit que ça n’existait pas, que c’était dans ma tête. Si j’invente tout, ça me rend responsable, pas vrai ? Pour les gens d’ici, je ne suis pas maudit, je suis malade. Je suis quoi, pour toi ? »


Tu es une pourriture. Viole, prends l’ange. Souillure ou purification, tu ne perdras pas au change. Seul le seigneur te voit, or il est muet ah ah ah !  Nous ne cafterons pas. Tu vois bien qu’elle le veut. Tu fais semblant, mais tu vois. Tu es idiot, mais tu n’es pas aveugle. Prends. Sa main libre vint effleurer la mâchoire de la belle, lui aussi, il voulait la toucher, caresser ce faciès si beau qu’il contemplait avec admiration. Lâche. Tu es lâche. Attrape, étrangle, allez, mauviette. Son pouce se perdit un court instant sur ses lèvres. Prends. Tout d’un coup, il cilla, un peu hébété, comme s’il venait de réaliser quelque chose.

« Mais… ne… ne te tiens pas comme ça devant moi »
balbutia t-il, avant d’ajouter avec un peu plus de fermeté, mais pas moins de tendresse : « Debout, mon ange. Ceux qui doivent se faire pardonner se mettent à genoux, pas toi. »

Il saisit les coudes de Leila et se redressa aussi prestement que maladroitement avec elle. Difficile de croire que c’était ces mains ayant commis tant de crimes qui la touchaient avec tant de précaution. Il ignora les murmures tandis que, le visage baissé vers le sien, il l’admira un léger moment durant cette proximité volée. Mais il n’avait pas le droit. Il détourna le visage et, tel l’homme galant qu’il était trop fou pour être, Emilio la reconduit à son siège.

« Je me suis toujours demandé ce que tu faisais… quand tu n’étais pas là. Je peux te poser des questions, moi aussi, Leila ? »

C’était la première fois qu’Emilio s’aventurait à un questionnement. Il était toujours sur la logique de la fuite, de l’esquive et du reculons mais plus le temps passait, moins il arrivait à lutter contre son besoin d’être près d’elle, de la connaître, de connaître tous les détails de sa personne. Bon à rien. Prends. Et puis, c’était une bonne échappatoire, qu’elle parle, ça éviterait que ce soit lui qui le fasse. Il se compromettrait. Leila ne pouvait pas tout entendre… il en était persuadé.
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Le contact, la proximité d'Emilio avaient affolé son cœur. Le danger, l'incertitude, le désir, l'imprévisible, l'interdit... Si Leila n'était jamais réellement sur ses gardes, elle n'en fut pas moins certaine que s'approcher d'un patient en crise était contre indiqué. Elle en était sûre, c'était ce qu'elle répétait et entendait chaque jour après à peine un pas posé dans l'hôpital psychiatrique. Mais que pouvait-elle faire ? Le médecin avait la fâcheuse habitude de s'élancer en même temps que son cœur, avec sa fougue et son imprudence intrinsèques. Mais ce geste était loin de trahir un excès de confiance en elle ou en lui. La vérité était que Leila était inconséquente quant-à la manière dont ses agissements pouvaient répercuter sur sa vie. Elle n'y pensait pas, impulsive. Elle avait prit l'habitude de tendre une main rédemptrice lorsqu'elle le pouvait, sans réfléchir, par peur de se laisser intimider par le danger et la crainte. Elle n'était pas bien courageuse, moins confiante que d'autre, et n'avait ressources ni physique ni psychologique suffisamment solides pour lui permettre d'éprouver une braverie hollywoodienne. Il fallait le comprendre, s'élancer sans penser était bien la seule manière qu'elle avait d'agir différemment des plus sensés. Et maintenant ? Bien. Elle avait la gorge nouée. Rien n'étais gagné, mais rien n'était perdu.

« Non je ne peux pas. Je ne veux pas. Si tu sais tout, tu auras des regrets. Ce sont des menaces, des moqueries, des ordres, des insultes, des présages, parfois des vérités… et très souvent des mensonges. Sur moi, sur toi, sur n’importe quoi. J’ai le cerveau qui se décompose et bientôt c’est tout ce qu’il me restera, c’était moins sonore pendant une période mais c’est redevenu comme avant. »
Beaucoup, beaucoup de choses. Elle avait tant à commenter sur les voix d'Emilio, quel genre de menaces ? Quel genre de moquerie ? Souvent ? Quand ? Quelles vérités, comment ? Des mensonges sur elle ? Et lui, Emilio, comment pouvait-il... Et ses dernières phrases coupèrent court à ses réflexions à propos de ses voix. Ainsi, le traitement de son patient ne lui faisait plus d'effet. Sa respiration s'arrêta un instant. Ce qu'elle redoutait avait finit par arriver. Inexorablement, fatalement, arriver. Elle s'était figée, noyée dans ses pensées. Leila avait deux manières de voir les choses, un dur dilemme désespérant. D'une part si son traitement ne faisait plus effet, cela revenait à dire qu'il était présentement aussi dangereux qu'il l'était en entrant ici, et d'une autre, s'il n'avait toujours commis aucune crime son esprit avait pu trouver une certaine stabilité quelque part. Elle pouvait risquer de le soumettre à un traitement plus fort, ou risquer la vie de chacune des personnes de cet hôpital. Elle pouvait lui laisser une chance, ou placer l'avenir de ses pairs sur ce statut de chance. Elle pouvait lui faire confiance ou trahir la sienne...
Une très mauvaise nuit en perspective. Leila ne répliqua pas.

« Il y a des années, on m’a dit que ça n’existait pas, que c’était dans ma tête. Si j’invente tout, ça me rend responsable, pas vrai ? Pour les gens d’ici, je ne suis pas maudit, je suis malade. Je suis quoi, pour toi ? »  
Elle avait une main dans la sienne, posée contre sa poitrine. Quel genre diagnostic sérieux pouvait-elle prononcer ? Et pourtant, inspirant doucement, Leila apaisa son propre cœur, lui insufflant calme et sérénité inspiration par inspiration. « C'est vrai, ça n'existe pas, les voix n'existent pas dans notre monde » commença t-elle une fois certaine que sa voix ne trahirait aucun tremblement, « mais dans le tiens elles sont une réalité, que tu le souhaites ou non, ce qui veut dire que tu ne les inventes pas » Leila cherchait les mots, la juste manière de décrire cette situation. A ce stade là, les mots qu'elle employait était cruciaux, dangereux, et déterminant. Chose qui évidemment lui faisait sentir la présence d'un étroit étau se refermant autour de sa gorge. Quel métier. Elle esquissa un faible sourire, observant Emilio dans l'immensité de son regard, « Tout le monde est différent » se contenta t-elle de répondre sans plus de détail.

Cette ingression d'émotions l'avait rendue fébrile, elle n'arqua même pas un sourcil lorsqu'Emilio lui fit remarquer l'inconvenance de sa position. Ce dernier la releva, la soutenant de ses mains. Sans un mot et le cœur battant à tout rompre, elle l'observa pencher son beau visage au dessus d'elle. Avant qu'il ne le détourne, la reconduisant à son siège. Le temps qu'il retourne au siens, elle avait soupiré et replacée une mèche rebelle derrière son oreille. Dure, dure journée. « Je me suis toujours demandé ce que tu faisais… quand tu n’étais pas là. Je peux te poser des questions, moi aussi, Leila ? » S'enfonçant dans son fauteuil elle croisa les bras, plissant les yeux. Leila voyait bien qu'il cherchait à éviter l'interrogatoire qu'elle était sensé lui soumettre, mais d'un autre côté elle avait déjà eu suffisamment de réponse pour aujourd'hui et... la psychiatre n'aimait pas trop insister. Elle fit un signe de main en signe de consentement, « Je vous en prie docteur » plaisanta t-elle dans un bref rire. Toujours dans ce trop plein d'émotions, elle avait justement besoin d'une conversation pour redescendre.
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« C'est vrai, ça n'existe pas, les voix n'existent pas dans notre monde »

Quel monde ? N'y avait-il pas qu'un seul monde, celui dans lequel ils vivaient tous ? Le regard curieux d’Emilio se voila progressivement de tristesse au fur et à mesure qu’elle parlait. Leila réfléchissait sur ses mots et s’exprimait avec précaution tandis qu’elle lui disait qu’il avait son monde à lui, et que chaque personne était différente. Un mince sourire désabusé s’étira sur les lèvres du fou. Elle faisait comme lui, elle éludait, et elle avait partiellement répondu à ses questions. C'était peut-être même pire que lui, car il ne mentait pas, et qu'il lui sembla que son ange, elle, avait un peu menti. Peut-être se trompait-il. Tu vois ? Tu vois ! On peut faire quelque chose de toi en fait ? Tu la dégoutes, elle te déteste, elle te ment. T’es un fou, c’est ce qu’elle dit, t’es fou, ah ! ah ! Elle a dit notre monde. Et ton monde. Tu es seul ! Même avec nous tu es seul. Tu n’as pas à l’être. Utilise l’ange, tu ne seras plus jamais seul. Après qu'il l'eut reconduit à son fauteuil, Leila accepta de se plier à la demande de son patient. « Je vous en prie docteur », dit-elle avec un petit rire adorable qu’il contempla avec tendresse. Elle était si belle, surtout quand un sourire illuminait son visage. Mais Emilio était bien maladroit, il ne savait pas conserver la légèreté d’une situation.

« Tu réponds spontanément cette fois, tu ne cherches pas tes mots comme le font les menteurs, d’accord ? » demanda t-il d’une voix douce en inclinant un peu la tête sur le côté, sans aucune animosité, ni aucun ressentiment.

Il ne pouvait pas lui en vouloir. Il se disait presque bêtement qu’il ne pourrait jamais lui en vouloir pour quoi que ce soit. Le patient se pencha vers l’avant, appuyant négligemment les coudes sur ses genoux, les mains jointes. Parfois, il y avait une forme de clairvoyance inquiétante dans le regard d'Emilio quand celui-ci dévisageait les autres, comme s'il lisait en eux et pouvait voir les recoins sombres de leur âme. Leila l'avait dit elle-même: il entendait une réalité différente, c'est qu'il voyait également une réalité différente. Ses propres mains étaient souvent couvertes de sang séché, comme maintenant, par exemple. Personne ne voyait, ou alors ils faisaient semblait, mais pour lui, c'était évident.

« Parle-moi des gens de dehors, ceux qui font partie de ta vie. Ne sont-ils pas jaloux du temps que tu nous consacres ? ... moi je le serais », ajouta t-il en cessant de la scruter pour regarder pensivement du côté de la fenêtre.

Sa tendre Leila lui accordait beaucoup de temps et il en était ravi. Toutefois, s’il apprenait qu’elle se dédiait à d’autres et que cela compromettait leur temps ensemble, la nouvelle ne serait pas bien accueillie. Non pas qu’il se voyait changer de comportement, Emilio s’efforcerait de rester à l’écart et dans « son » monde, là où il ne pourrait blesser personne. Il ne voudrait pas faire de mal, il ne voudrait pas que Leila ait peur de lui, mais il ne serait à l'abri de rien. Sans elle, Emilio serait démuni.

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You make me sick because I adore you so [Leila]
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