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 Me, Myself & I

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TaSoeur
Masculin MESSAGES : 8
INSCRIPTION : 20/05/2017
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RÉGION : Bretagne
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UNIVERS FÉTICHE : Fantastique
PRÉFÉRENCE DE JEU : Homme

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Fantasy

Salem A.
Jensen

J'ai 550 ans et je vis à Paris, France. Dans la vie, je suis fixeur & second de la DG d'une FTN et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à ma longévité, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

Race : Vampire

Dons : hypnose, régénération, capacités Phys. & Sens. accrues


Hanzo Shimada (OW) © KKANG
Physio

Salem est un homme paraissant avoir une bonne trentaine d’années. Mesurant un mètre quatre-vingt, l’impression qu’il dégage est étrange. A la fois rassurante, par son air bienveillant, les petits sourires qu’il arbore de temps à autres … Mais parfois angoissante, effrayante même. Pour cela, pas besoin qu’il révèle ses crocs ou qu’il use d’une force inhumaine pour faire peur. Seul son regard, d’un bleu intense aux reflets métalliques, tout sauf normaux ; suffit. Bien qu’il ne soit pas musclé au point, il possède une silhouette agréable à l’œil, qui s’est plutôt bien conservée avec le temps. Si l’on parvient à le toucher, caresser sa peau – ce qu’il ne tolère que rarement, monsieur n’est pas tactile avec tout le monde – cette dernière se révèle ferme, froide mais particulièrement douce. Comme si elle ne demandait qu’un peu d’attention pour s’offrir aux doigts l’effleurant. Peut-être est-ce qu’il recherche, lui, un peu d’attention pour se sentir vivre, exister en ce monde qui évolue à une vitesse bien différente de la sienne …

Mental

S’il y a une chose à savoir sur Salem, c’est qu’il n’est pas quelqu’un de compliqué. C’est juste qu’il ne sait pas faire simple. Il reste fondamentalement quelqu’un de patient, attentionné et bienveillant. A l’inverse, il peut aussi se révéler borné, parfois naïf et extrêmement rancunier. Tout dépend quelle corde vous aurez heurté et avec quelle force. S’il sait accepter ses erreurs et en apprendre, il ne tolérera pas qu’on insiste et tente de le rabaisser plus bas que terre. N’essayez surtout pas avec quelqu’un qu’il apprécie, qu’il chérit ou qu’il a choisi de protéger. Cela pourrait bien être une de vos dernières actions en ce monde. Et ne tentez jamais, ô grand jamais, de voir ce qu’il lui passe en tête. Vous pourriez bien avoir du mal à vous en remettre.

Si d’apparences il paraît calme, posé et rassurant ; en réalité … C’est le bordel dans sa tête. Il pense toujours à quelque chose, tout le temps. Il n’arrête pas ; pas qu’il aime se faire du mal – quoique – c’est juste qu’il ne sait pas comment arrêter. Certains immortels ont du mal à faire taire leur soif, lui c’est sa pensée. A force de penser à tout, perpétuellement, il envisage aussi tous les dangers, estime le risque et mesure l’impact des dommages ; les conséquences. Une décision est toujours difficile à prendre pour lui et il agira souvent sous le coup d’une impulsion, un élan de témérité qui mettra fin à l’argumentaire, l’arbre complexe de ses pensées ; à toutes les éventualités parmi lesquelles il n’avait su choisir.

Histoire

Par où commencer ? Tu ne sais pas, tu ne sais plus. Tu as oublié, depuis le temps. Que reste-t-il de tes débuts, de tes origines ? Des bribes de souvenirs, des images, des sons … Quelques sentiments, toujours aussi prenants, douloureux. Mais qui font encore de toi ce que tu étais en ce temps-là.

Tu te souviens de la ville, de ce « Da Vinci » qui était sur toutes les lèvres chez ces riches. Toi aussi tu étais riche, ta famille l’était du moins. Tu ne trempais pas dans leurs commerces, leurs magouilles. Si eux vivaient pour avoir, toi tu vivais pour être. Et tu avais à tes côté tout ce que tu souhaitais. Une femme attentionnée et une petite fille, que tu aimais. Comment s’appelait-elle déjà ? Tu ne sais plus. Tu n’as peut-être pas envie de chercher à te rappeler non plus. Tout ce dont tu te souviens, c’est que tu les as perdues, toutes les deux. Qu’il ne restait plus que toi, ton chagrin, ta peine et cet inconnu.

Lui, en revanche, tu t’en rappelles. Comment l’oublier ? Au début, tu lui en as voulu de t’avoir pris le peu de vie qu’il te restait, ton sang tout entier et ce que tu pensais être ta conscience. Etais-tu devenu un monstre, une bête sanguinaire ? Sûrement. Mais tu compris vite que cela n’avait plus d’importance. Les jours devinrent des semaines, les mois des décennies entières. Tu voyageas un moment avec ton géniteur, ton créateur, ton compagnon de vie … Ton nouveau tout. Il t’apprit la vie d’une nouvelle façon, en appréciant différemment ce qui s’offrait à toi. Tu as vu le monde évoluer, mais tu as aussi eu mal. Tu savais que différence pouvait engendrer souffrances, mais tu ne pouvais pleinement le comprendre tant que tu n’en étais pas la cible. Toi, qualifié de prédateur, tu fus chassé, poursuivi, blessé à bien des reprises ; et finalement séparé de ton compagnon de route. C’était le plus sûr pour vous deux qu’il disait. Mais quelque part, tu ne peux t’empêcher de croire – encore maintenant – qu’il mentait. Pour te protéger, mais de quoi ? Tu cherches encore, tout autant que tu ne peux te résoudre à le croire six pieds sous terre.

Tu traversas les années, en quelques clins d’œil, souvent seul. La compagnie d’autrui t’était parfois agréable, mais tu avais tellement peur de souffrir de nouveau que tu n’osas jamais partager ton éternité. Alors tu te contentas de quelques pis-aller, de la médiocrité ou d’une simple ébauche de ce que pourrait devenir ta vie en la compagnie de cette personne. Et tu la quittais, souvent dans la douleur ; mais uniquement la tienne. Eux ne se souvenaient pas de toi ou ne pouvaient mettre le doigt sur ce qui les avait atteint jusqu’au cœur. Pour les protéger du monstre que tu étais, certes ; mais surtout pour te protéger d’eux, de leur perte que tu savais inévitable.

Mais comme toutes les règles, celle-ci connut une exception. Une petite fille, que tu avais rencontrée par le plus grand des Hasards, ou un humour particulièrement douteux de la part du Destin. Elle aussi semblait en perpétuelle fuite, poursuivie par ce qui fut un temps un troupeau de grégaires moutons. Pour la première fois depuis des siècles, une image très claire de ta propre fille t’était revenue, en même temps qu’une déferlante de souvenirs. Cette enfant, tu n’avais pu te résoudre à la laisser mourir là, ni à altérer ses souvenirs. Tu t’étais occupé d’elle un moment, jusqu’à lui trouver refuge loin du danger qu’elle fuyait, mais aussi à l’écart du danger que tu représentais. Et tu la laissas de nouveau seule, à son sort … Mais en vie, son futur entre ses petites mains. Pour la première fois depuis que tu avais perdu ton tout, tu en avais retrouvé un arrière-goût. Rempli de nostalgie, certes ; mais aussi doux, sucré et savoureux que les meilleurs souvenirs que tu ne cesses de chérir depuis. Une ancre à l’Espoir.

Le plus drôle dans tout ça ? C’est que la petite fille est devenue grande, qu’elle t’a retrouvé ; et que tu as décidé de la suivre. Par souci, au début. Elle était l’enfant que tu n’avais pas vu grandir, une seconde chance que tu avais l’occasion de protéger. Puis tu as appris à la connaître, à l’apprécier pour qui elle était – est encore –, à apprendre d’elle. A présent, elle est surtout une curiosité, qui saurait se débrouiller sans toi – cela ne fait aucun doute – mais que tu te plais à soutenir dans l’ombre, faisant croire à quiconque s’y intéresse que tu n’es rien.

Un tout petit rien, qui traverse le temps, à la recherche de sens.

Maven S.
Kepler

J'ai 32 ans et je vis à Salem, Massachusetts. Dans la vie, je suis connard à plein temps et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis veuf (sort of) et je le vis plutôt mal.

Race : Génie / Djinn

Dons : exaucer des voeux (altérer la réalité), changer d'apparence, empathique

Cherche à venger la mort de sa belle, qu'il pense enterrée.


Daniel DiTomasso © LINDORIE
Mental

Mort. Si l’on devait définir Maven en un mot, ce serait mort. Peut-être un jour fût-il vivant, ou que son âme en était une illusion assez convaincante pour imiter n’importe quel être portant en lui une once de vie … Mais ce n’est plus le cas. L’illusion du bonheur a prit fin en même temps que la vie de sa bien aimée, et plus jamais il ne pourrait être considéré comme un être vivant, lui qui a déjà tout perdu, sa moitié en premier. Alors il erre. Non pas sans but, car le jour où il perdait ce dernier, son existence se terminerait elle aussi … Mais il parcoure ce monde désolé, de ville en ville, à la recherche de la seule chose qui le fait encore tenir debout : la vengeance. S’il avait un seul souhait, ce serait de se venger, faire payer à quiconque son implication dans la mort de son amante, et leur faire regretter, comme jamais. Peu importe le prix, peu importe les dommages collatéraux et les vies qu’il volerait, il obtiendrait vengeance.

Pour arriver à ses fins, le génie sait s’adapter à n’importe quelle situation. Tantôt parfait gentleman, tantôt un manipulateur sans scrupules, son essence même – celle de servir autrui – il la détourne pour atteindre, jour après jour, son objectif. N’allez pas croire que cela le laisse lui-même indemne, le Destin est bien trop joueur et méthodique pour que Maven s’en sorte si bien. A chaque instant la folie le guette, pas après pas, la moindre pensée déviante, le plus petit murmure mal placé et arrivant à son oreille peut le faire dégénérer.

Lunatique, son mal a empiré au point que son inconscient ne le scelle dans les tréfonds de son esprit. Toute cette rage, cette mélancolie, ces remords, cette haine brûlante … Au lieu de les laisser le consumer, il les a enfermées dans ce que l’on pourrait appeler « L’autre ». Celui-là, il a préféré se convaincre qu’il n’existait pas, que ce n’était qu’une invention de sa personne pour oublier, passer outre … Mais un rancunier tel que Maven ne peut pas oublier, et encore moins pardonner. Jamais. Alors, bien qu’il lui arrive de se reprendre conscience en des lieux inconnus, au beau milieu de plus de cadavres que son esprit ne peut le supporter, il fuit, aussi bien la réalité que ce que tous ses plus bas instincts lui murmurent à l’oreille.

Changer son apparence, sa voix, son attitude … Le caméléon est doué pour fuir, ne pas se faire remarquer. La réalité, il la modèle pour que personne ne le reconnaisse ou n’ait le temps de comprendre ce qu’il lui arrive avant que le jugement ne tombe. Mais hélas, là est là limite du génie, qui ne peut faire plus que murmurer de doux mensonges sous une apparence volée, lui qui souhaiterait tant redessiner le monde dans le sang. Toutefois, il a vite découvert qu’au lieu de tenter – en vain – d’user de son pouvoir pour lui-même, il était en mesure de l’utiliser sans limite pour autrui, tant que ce dernier était prêt à en payer le prix. Un vœu. Un seul à chaque fois, et un prix à payer pour que l’équilibre soit respecté. A partir du moment où quelqu’un lui adresse un vœu, il est en mesure d’altérer la réalité comme jamais pour le satisfaire, et le génie ne s’en prive guère.

Mais rien n’est jamais gratuit. Rien ne se créée, rien ne se perd, tout se transforme. Pour obtenir un vœu, il faut en payer le prix. Pour ça, Maven est très bon, car il est toujours là pour adresser la facture, en y ajoutant ses honoraires quelque peu … Salés ! A chaque vœu qu’il réalise, le génie en profite pour détourner toute ou une partie du souhait, pour peu que le client n’ait pas été assez précis ou qu’il se soit laissé influencer. Et à chaque fois, il altère un peu plus la réalité pour la rapprocher de son idéal. Quel est-il ? Lui-même semble l’ignorer. Mais une chose est sûre, les conséquences sont assez lourdes pour que le prix à payer soit démesuré face au si petit vœu initialement formulé. Aussi, celui qui a osé faire un souhait doit payer, le regretter du plus profond de son âme, et sûrement réfuter jusqu’à la fin de ses jours toute idée de refaire un vœu … Un rêveur de moins en somme … Mais Maven n’est pas à ça près, car au final : qui ne se damnerait pas pour voir se réaliser un vœu aussi fou que l’imagination le permet ?

Histoire

Un vœu. Tout ce que Maven avait demandé, c’était qu’on lui exauce un foutu vœu. Alors comment diable en était-il arrivé là ?

Il était heureux, pas riche, pas à la rue, juste heureux. Il vivait avec sa compagne une parfaite idylle, parsemée des problèmes quotidiens d’une vie normale.  Et puis … Et puis tout s’effondra. Elle tomba malade, d’une connerie dite incurable. Pour l’aider, il tenta tout, la médecine en particulier. Payant comme il le pouvait tous les médicaments expérimentaux et traitements douteux, il désespéra tant qu’il cru un moment qu’il allait réellement la perdre. Et puis, il découvrit un jour que la médecine ne s’arrêtait pas à la seule science moderne. Ce jour, il retrouva espoir. Et ce jour, il signa son arrêt de mort.

Se tournant vers les arts occultes, il demanda de l’aide à ce qu’il avait pu trouver comme sorcières. Il paya bien des fois le prix fort pour obtenir ce dont il avait besoin, mais le résultat fut à la hauteur de ses espérances. De jour en jour, l’état de sa belle s’améliora sensiblement, au point qu’il s’imaginait déjà retrouver une vie normale. Mais il comprit rapidement que ce serait impossible. Elle allait mieux certes, mais chaque jour qui passait, les traitements offerts par les sorcières perdaient de leur efficacité, et nécessitaient de plus grandes doses qui coûtaient de plus en plus cher. Jouant avec l’amour et la patience de Maven, elles lui firent cracher toutes ses économies, jusqu’à le mettre dans une situation peu enviable. Mais il aurait tout sacrifié pour elle, et ça, les autres le savaient.

Aussi, elles allèrent jusqu’à lui proposer de faire un vœu. Bien plus efficace que toutes les décoctions et potions qu’elles pouvaient préparer, un vœu serait radical et sauverait à coup sûr sa compagne. Mais le prix à payer était énorme. Pour qu’elle vive, lui devait se sacrifier. Dilemme d’envergure, Maven prit la décision plus rapidement que quiconque l’aurait cru – immédiatement en fait – et accepta l’offre, même s’il était conscient du danger qu’il prenait. Le principe était assez simple : un rituel basique, quelques formules lâchées après la prise de psychotropes, histoire de bien se marrer pendant que le client les regardait faire et hop, c’était dans la poche. A dire vrai, elles n’auraient jamais cru qu’il tomberait dans le panneau aussi facilement. Elles avaient seulement besoin d’un sacrifice volontaire pour un autre sortilège, et cet abruti était prêt à se donner corps et âme en pensant la sauver, ben voyons ! Le pauvre se laissa faire, espérant que sa bien aimée y survivrait, mais aucun des deux ne vit le jour suivant, pas en tant qu’humain du moins.

Ce que les sorcières n’avaient pas prévu, c’est que le Destin s’en mêlerait et renverserait tous leurs plans. Par le sacrifice effectué, elles obtinrent beaucoup certes, mais elles durent aussi en payer le prix. Du cadavre de Maven, jeté avec les ordures, s’extirpa un être qui n’avait plus rien d’humain, si ce n’était l’apparence. Mû par les deniers désirs du mortel, celui-ci retourna au chevet de sa compagne et la trouva sans vie. Comprenant que tout n’avait été que mensonge, il retourna voir les sorcières pour obtenir des réponses, mais surtout leur faire la peau en fait. Et … C’est ce qui arriva. Un carnage, ce fut une véritable boucherie où le sang coula à flot en plus de refaire la tapisserie. Une seule resta en vie, pas parce qu’elle était plus douée que les autres, mais parce qu’elle avait souhaité. Dans un éclair de conscience – aussi appelé la chance du cocu – elle avait lâché un vœu, auquel Maven ne pu rester insensible. Elle avait demandé à ce qu’on lui laisse la vie sauve, en plus de déclarer qu’elle était désolée de tout ce qu’il lui était arrivé. Alors, exauçant son vœu, Maven la laissa envie et bien portante … Au prix de sa langue de vipère, qu’il lui arracha pour que plus jamais elle ne manipule quelqu’un avec ses mots.

Cherchant perpétuellement vengeance pour ce qui était arrivé à sa belle, Maven trouva en les Sorcières un coupable idéal. Débarrassé des besoins humains et de l’assaut du temps, il traversa les années en proposant d’exaucer des vœux à qui en aurait besoin. Bien sûr, il n’hésitait pas à faire payer le prix fort à certains, mais ce qui lui plaisait le plus, c’était de jouer avec les sorcières, pour finalement prendre les plus malhonnêtes à leur propre jeu. Ce stratagème dura plusieurs années jusqu’à ce qu’il entende parler de Salem et de sa réputation. Trouvant en cette ville l’occasion de frapper un grand coup, celui qui fût un jour humain et à présent Génie vengeur s’y rendit, espérant leur faire payer assez cher la vie volée de sa compagne. Mais l’amour, tout le monde le sait, ça n’a pas de prix …
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TaSoeur
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Marvel

Damian L.
Blake

J'ai 30 ans et je vis à NYC, New York. Dans la vie, je suis libraire et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

Mutant, sensible aux intrications quantiques

Haut Potentiel Intellectuel, en souffre plus qu'autre chose. Surtout quand ses dons s'en mêlent.

Vit à l'écart des autres, pour se protéger


Gaspard Ulliel © NINETOFIVE
Mental

Damian est quelqu’un de plutôt simple. Calme, posé, patient et attentionné, il est le genre de personne à faire passer les autres avant lui. Mais simple, sa vie ne l’est pas et les conséquences l’ont changé à jamais.

Depuis qu’il a subi les premières occurrences de ses dons, il s’est refermé sur lui-même et, paradoxalement, tellement ouvert aux autres. Cette énigme qu’est sa sociabilité, il la doit à cette empathie qui le ronge en même temps qu’elle lui offre un simulacre de compagnie, ou une certaine joie à ne jamais être vraiment seul. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’avec lui il n’y a pas besoin de mots, juste un regard suffit, voire moins. Il vous comprend, dans toute la complexité de votre être, dans la beauté de vos joies, dans la douleur de vos peines … Il les ressent, parfois plus fort que vous, mais il ne peut rien faire. Alors il se tait, il se mure dans le silence et dans les livres, le seul moyen pour lui d’être assez concentré et ne pas laisser sa pensée dévier, dériver, projeter et le faire souffrir.

Dépisté à l’adolescence, lorsque ses « dons » lui ont fait plus d’une fois perdre l’esprit, ce que l’on appelle un « Haut Potentiel », « Surdoué » ou tout autre petit nom qui l’insupporte, vit particulièrement mal cet état avec lequel il est né et qu’il emportera dans sa tombe. Bien loin du génie capable de révolutionner le monde, encore plus du matheux calculant des probabilités en même temps qu’il résout des équations à cinq inconnues en prenant son petit déjeuner, il se sent – et se sait – juste différent. Une autre façon de voir le monde, que la science explique mais que personne ne saurait accepter. Il perçoit tout avec une telle intensité, il ressent les choses tellement plus vite, tellement plus fort, tellement … Trop.

Son incapacité chronique à faire fi de ce qui se passe autour de lui, exacerbée par une empathie inhumaine qui lui fait ressentir de véritables torrents émotionnels dès que son attention se focalise sur l’autre, l’ont incité à cesser de chercher, d’aller de l’avant et vers les autres. Alors il se cache, se terre dans la petite librairie où il travaille et passe tout son temps le nez dans les livres. Bien que l’imaginaire stimulé à foison, il engrange tellement d’actions et d’humour en lisant qu’il déchiffre les textes à une vitesse folle, trop souvent en diagonale, sans même laisser le temps à sa pensée d’imaginer toutes les histoires qu’il pourrait s’inventer en quelques secondes, si celle-ci avait l’occasion de le faire.

Mais parfois, trop fréquemment à son goût, c’est la réalité qui le rattrape et le met au pied du mur. Comment parvenir à s’échapper dans un énième bouquin lorsque votre conscience est happée dans un hypothétique – mais trop souvent « bon » futur – et que ces événements funestes vous rongent et vous détruisent ? Car si au comble du sadisme on trouve le Destin et sa fâcheuse tendance à spoiler la fin, au comble du masochisme l’on trouve Damian et sa capacité à visualiser le futur, tout en projetant toutes les éventualités non sans ressentir tout trop vite, trop fort et trop loin … Tout, en même temps.

Damian est quelqu’un de plutôt simple. A l’agonie, il souffre, se meurt et tente de survivre. Le genre de personne qu’aucun ne remarque et qui pourtant fera son possible pour vous aider. Quitte à subir votre regard et celui des autres. Parce que vivre en double la même vision de mort et de désolation le tue à chaque fois.

Un lâche qui a décidé d’arrêter de fuir, de se cacher et de souffrir. Un héros en devenir.

Pouvoirs

Par une science qui ne sera peut être jamais expliquée en ce monde, Damian est capable d'expérimenter les effets de l'Intrication Quantique. Concrètement, il peut se trouver lié à n'importe quoi et n'importe qui, que ce soit physiquement ou mentalement, peu importe la distance ... Qu'elle soit spatiale ou temporelle. Pour l'instant, la nature de son lien n'est qu'à sens unique mais l'affecte déjà bien assez. Il se présente sous deux singularités dans ses capacités : le FLASH FORWARD et le LIEN MENTAL, qu'il considère respectivement comme des VISIONS et de l'EMPATHIE. La première lui permet de se projeter dans un potentiel futur, que ce soit le sien ou celui d'autrui, sans vraiment avoir de contrôle sur la fréquence, la durée et la distance avec laquelle il se projette. La seconde lui permet de ressentir absolument tout ce qui se passe dans l'esprit d'autrui, qu'il le veuille ou non et à une échelle là aussi incontrôlée. Si d'aventures il se trouve au beau milieu de la foule, il y a des chances qu'il en perde sa propre personnalité, temporairement réécrite par toutes celles aux alentours

Histoire

Un nombre. Pour être précis le numéro de la page du livre que tu es en train d’engloutir. Un nombre sur lequel tu es resté figé, un nombre qui t’a ouvert à tant de possibilités et tellement de peines que tu préférerais l’oublier. Mais ce que tu oublies, c’est le fil de ta pensée, qui se perd déjà bien loin des quelques lignes que tu étais en train de décortiquer à une vitesse folle. C’était quoi déjà le nom du bouquin ? Ah oui « Seul Damian, tu es seul, avec tes joies, tes peines, tes souffrances … Et toutes celles des autres ».

Tu es de nouveau là, devant cette psychologue qui t’explique à quel point tu es différent. Le nombre, elle s’en fout, toi aussi d’ailleurs. Le nombre n’est rien sans explications. Parce que, ce que tu veux dans le fond, c’est savoir, c’est comprendre, c’est mettre des mots sur ta différence. En quelques dizaines de minutes, tes yeux sont déjà embrumés d’une joie mêlée à une certaine amertume. Tu t’es toujours senti différent, cela t’a rongé depuis ta plus tendre enfance et tu sais maintenant pourquoi. Tu es normal, un tantinet différent, mais normal. C’est à ce moment là, dans un élan d’espoir, dévoré par l’envie d’en savoir plus sur toi-même, que tu lui demandes « Est-ce parce que maintenant je sais, que vous êtes si heureuse, impatiente même ? Je sais que quelque chose vous rend heureuse, je le sens, mais pour vous ça a l’air … Différent … » Elle fixe son alliance et d’un coup, tu ressens son ascenseur émotionnel descendre en chute libre et s’écraser contre le mur de l’incompréhension non, de la peur. Croyant qu’elle avait pu identifier tout ce qui fait de toi un être à part, tu lui as montré qu’elle se trompait, tu lui as montré l’impossible et son regard médusé ainsi que son mutisme soudain le trahissent allègrement.

Parce que finalement, les crises de panique et les délires que tu as eus ces dernières semaines ne peuvent pas tous être justifiés par ce nombre, cette imposture qu’est ton QI.

Tu es différent, certes, mais tu n’es pas normal. Et ce constat, il te collera à la peau autant qu’il te fera souffrir. Une de tes pires expériences restera sûrement le lycée. L’endroit que tu détestais le plus, au moins pour les personnes que tu croisais chaque jour, celles qui te méprisaient ouvertement et pire : celles dont tu sentais qu’ils mentaient comme ils respiraient. Cela avait commencé doucement, une sorte d’amertume dans l’air que tu respirais, trahissant quelque chose que tu ne comprenais pas. Et qui à chaque fois se vérifiait. A te protéger des personnes pouvant t’être mauvaises, tu t’éloignas aussi de tous les autres. Devenu un étranger que personne ne cherchait à connaître, que plus personne ne connaissait au final, tu observas longtemps le comportement des lycéens, ou de ces jeunes monstres pour être juste.

Eux non plus n’aimaient pas la différence. Tu pouvais voir des groupes se former, chacun collant à une caricature bien précise. Se conformer à quelque chose, rentrer dans le moule et surtout ne jamais, ô grand jamais paraître différent. Bien que tu ne rentrais pas dans ce moule, tu as quelque part eu la chance d’inciter à la pitié. Ressentir à outrance les émotions de chacun, sans comprendre ce qu’il t’arrivait, te causa de véritables crises de panique. Souvent à t’en faire manquer les cours pendant des jours. Bien que tu te sois retenu  d’hurler en plein cours lorsque la tension était trop forte, personne n’avait pu rater ton air mort à chaque fois que tes parents te déposaient. Eux d’ailleurs, tu préférais et ne préfère d’ailleurs pas y penser. Mais, par extension, tu y penses quand même … Du travail, une bonne situation et pourtant si peu de considération à ton égard. Ils préféraient payer nourrice et médicaments plutôt que prendre soin de toi, leur fils unique et soi disant chéri. Et rien que pour ça, tu leur en veux encore.

Ce fut quand tu eus ta première vraie vision que tout cet équilibre instable, cette fragile parodie d’adolescence, s’effondra et se brisa en mille morceaux. Tout en marchant dans un couloir, tu avais vu un autre ado, que tu connaissais de loin, se faire tabasser par d’autres. Tu savais ce qu’il était et, quelque part, tu étais heureux de n’être que la victime de tes propres pensées. Parce que lui, c’était un mutant, un vrai. Tu ne savais comment ils l’avaient dépisté, jamais tu ne voulus savoir – de peur de l’éventualité, la plus infime probabilité que ton étrangeté soit aussi une mutation – et tu te contentas de faire comme s’il n’existait pas. Il avait beau être sympa, tu ne pouvais te permettre de discuter avec lui hors de la bibliothèque – là où personne n’allait, où personne ne pouvait juger quiconque – car sentir le regard des autres posés sur toi, à te critiquer et que tu le saches, cela t’était insupportable.

Tu marchais, donc et te figea quand tu le vis s’embraser. Il avait pris feu à une vitesse folle, comme si la haine qu’il ressentait intérieurement à l’égard de tous était devenue un brasier destiné à tous les faire brûler en Enfer. Toi non plus, tu n’avais pu y échapper et la torture de ce feu avait eu raison de ta conscience. Tu t’étais réveillé quelques heures plus tard, à l’hôpital. Tu avais eu une nouvelle crise, bien plus violente, au point de t’en causer des saignements. Après plusieurs examens et un long entretien avec la psychologue, tu t’en étais sorti plus léger, malgré l’amertume. Tu avais trouvé une explication rationnelle, enfin. Pas à tout, mais le peu que tu savais sur toi-même était déjà un grand soulagement.

De retour au lycée, il se passa quelques jours tranquilles, où personne ne t’approcha, de peur que ton mal soit contagieux. Ce fut lors d’une pause que tes maux revinrent, tous en même temps. Les ressentis, la vision, tout. Tu avais perçu une colère noire, sans pouvoir l’expliquer, sans pouvoir définir ce ressenti, tu t’étais approché d’un énième couloir, pour finalement découvrir ce mutant en train de se faire tabasser. Tu avais déjà vu cela, tu l’aurais juré. Ne sachant quoi faire, tu attendis avec angoisse de voir la suite. Et comme dans ton rêve si réel, il prit feu. Mais cette fois, tu étais assez loin pour t’échapper. Sans même réfléchir, tu pris tes jambes à ton cou et t’éloigna le plus possible de l’établissement. En quelques dizaines de minutes, un des bâtiments n’était déjà plus qu’un vase brasier d’où tu avais eu la chance de t’échapper.

Ne voulant t’avouer que ta différence ne se résumait pas qu’à ton QI, n’osant imaginer, projeter tout ce qu’il pouvait t’arriver si tu étais vraiment un de ces mutants, tu enterras profondément tous ces événements et éventualités dans ta mémoire. Ou tu essayas du moins. Plusieurs élèves étaient morts et par ton inaction, par ta lâcheté, ils n’avaient pu être sauvés. Combien de secondes déclencher l’alarme t’aurait coûté ? Tu avais déjà une idée. Et jamais tu n’as cessé de comparer le temps volé de ces personnes à celui que tu n’avais eu le courage de mobiliser pour les aider. N’ayant jamais pu te remettre du traumatisme vécu ce jour, tes parents te retirèrent du cursus scolaire et te firent étudier à domicile. De nouvelles personnes, qui se succédaient et que tu appris à connaître du premier regard, sans qu’elles-mêmes n’aient la moindre idée de qui tu étais vraiment. Petit à petit, tu parvins à te reconstruire, dans l’image d’un être froid, distant et misanthrope. Après avoir tant bien que mal achevé tes études, tu te réfugias dans les livres, les seuls qui ne pouvaient te juger et qui laissaient ton imaginaire s’évader, sans jamais te faire de mal. Une cage de papier dans laquelle tu t’étais enfermé, pour que personne ne puisse plus jamais t’atteindre.

Revenant à toi, devant ton livre, tu loges un marque-page dans la rainure et tu le fermes. Une fois que tu l’as posé avec soin, tu pars au fond de la boutique et cherches le coin le plus sombre pour t’y cacher. Comme avant. Tu prends une bonne inspiration, expire doucement et répètes plusieurs fois ce processus. Mais cela ne suffit pas et tu te mets à sangloter, trembler et même rire nerveusement. Comment as-tu pu penser que tu étais normal ? Il t’a fallu des années pour comprendre que ces visions étaient parfaitement réelles – en grande partie en tout cas – et que tes élans inexpliqués de joie, de rire ou de peine n’étaient pas dus qu’aux hormones et à un diagnostic erroné de bipolarité. Le temps de comprendre, tu as vu le peu de vie sociale que tu avais se réduire au néant, tu as vu tous les gens que tu appréciais fuir l’étrangeté que tu étais non, que tu es. Tu as vu … Tu as vu tant de catastrophes, de misères que tu n’as pu éviter, prévenir – qui t'aurait cru après tout, si tu avais hurlé dans la rue à la destruction, à l'horreur, dans le but d'inciter les autres à fuir avant qu'il ne soit trop tard ? – ou même nier que tes avant-bras portent encore et à jamais la marque de tes quelques tentatives de t’échapper de la réalité.

Laissant le vide emporter au loin ta pensée et ton regard, tu retrouves le contrôle de ton être et de tes émotions en quelques dizaines de minutes. Tu reviens alors au comptoir, retrouve ton livre là où tu l’as laissé et arbore un éternel sourire que tu as appris à feindre depuis que tu sais discerner le mensonge en chacun et dissimuler le tien. En l’attente d’un hypothétique client qui se pointera sûrement au moment où tu l’attends le moins, tu fixes de nouveau ton livre. Le titre est redevenu celui qu’il était à l’origine mais tu ne peux t’empêcher de penser à ce que tu es, ce que tu as vu, vécu et que tu continueras inéluctablement de subir. A moins que, pour une fois dans ta misérable vie, tu ne cesses de souffrir et que tu prennes les devants.

Pris d’une motivation sans faille, tu te lèves de ta chaise pour te rendre devant la corbeille. Tu fixes ton livre, la corbeille, le livre … De nouveau le titre du livre, le fond de la corbeille et les vieux bouquins abîmés, complètement obsolètes et finalement, vides de tout sens. Alors, tu te saisis du livre et de tes deux mains, tu le déchires avec une rare violence. Aucun morceau de tout ce qui t’a fait souffrir ne s’échappera de cette fichue corbeille. Jamais. Satisfait, tu pars chercher un autre bouquin pour passer le temps, en faisant bien attention à ne pas te focaliser sur les nombres imprimés un peu partout.

De toute façon, tu commençais à en avoir marre de ce livre. Le genre où tout le monde meurt à la fin sans que personne ne puisse rien y faire.  Toi, tu préfères les bouquins où chacun peut changer l’histoire à sa guise, afin de ne plus jamais revoir une fin si funeste. Et toi, tu es capable de la réécrire, cette histoire. La tienne, et celle de tous ceux que tu peux ressentir en toi, en t’ouvrant chaque jour un peu plus au monde.
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TaSoeur
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Simon
(Whatever)

J'ai 28 ans et je vis à MontSimpa. Dans la vie, je suis infirmier et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis marié et je le vis plutôt mal.

A découvert son attirance pour les hommes après avoir mis sa compagne enceinte.

Marié à la mère de son enfant.

N'ose s'avouer que sa vie est une imposture.

Se remet doucement de la rupture violente avec son amant.


Nick Bateman © SCHIZOPHRENIC
A savoir

# La première chose à savoir sur toi ? Ce que tu n’avoueras jamais. Ni aux autres, ni à toi-même : tu ne sais pas dire non. Si tu avais su lui dire non, à elle, vous n’en seriez pas là. Tu le sens, tu le sais. Et tu t’en veux. Mais à quoi bon se faire du mal, puisqu’il est déjà trop tard ?

# A propos de te faire du mal, tu es un as dans tout ce qui touche à l’autoflagellation. Pire que le petit sadomaso du coin, car toi, tu te fais vraiment violence. Parfois pour rien. Parfois pour beaucoup plus, car quelque part, tu te sens responsable. Perpétuellement. Toute la misère du monde ne repose pas sur tes épaules, mais le peu qu’elles portent est déjà trop pour tes nefs, à fleur de peau.

# Hypersensible, tu prends tout pour toi. Avec le temps, tu as appris à relativiser, te calmer, te poser et prendre du recul. Mais lorsque cela te touche de trop près, lorsque tout arrive en même temps, avec une telle intensité … C’est l’bordel dans ta tête.

# Heureusement pour toi – et un peu pour les autres – tu sais cacher ce que tu es. Dans une mascarade qu’aucun ne soupçonne. Pour l’instant. Bien que t’inquiéter pour les autres est un fléau, cela te permet aussi et surtout de ne pas t’inquiéter de tes problèmes. Hypocrite.

# La plus belle preuve d’hypocrisie, de mensonge et de lâcheté restera sûrement ton mariage. Cette promesse que tu as bafouée, piétinée, arrachée. Tu t’efforces d’être un époux exemplaire, mais depuis que tu as scellé ton union avec la mère de ton enfant, rien n’est plus pareil. Le problème, ce n’est pas elle. Ca ne l’a jamais été. C’est ce dont tu souhaites te convaincre en tout cas, ne voulant imaginer le pire.

# Mais elle n’est pas dupe. Derrière tes sourires coincés, forcés, elle sait que quelque chose cloche. Elle a aussi une petite idée de la raison : un mariage par amour n’est pas la même chose qu’un mariage par obligation. C’est peut-être pour ça qu’elle n’a jamais tenté le diable avec toi, à te poser des questions sur tes sorties, tes absences. Parce qu’elle a autant la trouille que toi de faire face à la vérité. La toute puissante. Celle que vous ne voulez pas entendre.

Ou peut-être que tout ça, ce ne sont que des films, des clichés auxquels tu donnes de la crédibilité. Pour te convaincre que tu n’es pas le seul salaud dans cette histoire.

# Ce dont tu as envie, là, tout de suite ? Lui cracher le morceau. Tu te sentirais tellement mieux. Tellement libéré. Mais tu ne peux pas. Car tu ne sais pas si elle le supporterait, de t’avoir infligé ça, de t’avoir forcé à rester emprisonné avec elle, alors que ton cœur souhaitait prendre le large.

# Alors tu t’es tut. Continuant à trainer dans les bars, avec tes potes, tes collègues, en pensant à tout, à rien. Et puis, des fois … Souvent, tu craquais. Que ce soit sa gueule d’ange ou son p’tit cul, sa voix ou son regard de braise … C’est toi qui finissais chaud bouillant, mettant tes saloperies de pensées au placard. Tu voulais juste être toi, avec lui. Là, tout de suite. Sans penser au lendemain. Sans penser à rien. Et t’as menti, Dieu que t’as menti. Mais c’était pour son bien … Ou pour le tien.

# Ça aurait pu durer un moment. A te faire du mal continuellement, puis décompresser dans ses bras. Être toi. Pour supporter le mensonge qu’était devenue ta vie et revenir plus tard. Tant que tu l’avais, ta dose de bonheur, tout allait pour le mieux. Tu ignores jusqu’où tu serais allé pour le garder, pour être toi une seconde de plus, avec lui. Peut-être que tu leur aurais tout dit. A elle, à lui … Ou peut-être pas. Entre risquer de perdre l’un et achever l’autre, sans savoir dans quel ordre, ça les aurait anéantis.

# Mais au final, c’est toi que ça a détruit. Parce qu’à ne rien dire, plutôt qu’assumer, t’as fini par te faire prendre au piège. Ne pas savoir quoi dire, consentir à ne pas l’ouvrir. Et à en payer le prix. T’aurais voulu hurler, à la mort, jusqu’à en cracher tes poumons. Mais pour le bien de ta femme, de ton fils, de celui que tu chérissais et surtout pour le tien, tu as repris là où tu t’étais arrêté.

Entre deux mensonges.

Histoire

Comment t’en es arrivé là ? C’est une question que tu te poses souvent. Dans l’espoir de trouver une réponse, un petit quelque chose pouvant tout expliquer. Mais à chaque fois, la seule explication possible qui te vient en tête ne fait que confirmer une vérité qui te fait mal : t’as merdé, Simon. Sur toute la ligne. Et dès le départ.

T’aurais pu avoir une vie pépère. Mais à t’accrocher comme une moule à son rocher, t’as fini amoureux. Trop tôt. Heather était mignonne, elle était sympa et tu l’aimais. Peut-être pas à la folie, mais elle était la personne à qui tu t’étais le plus attaché. Si seulement tu avais su avant ce que ça faisait d’être réellement amoureux, t’aurais peut-être calmé ses ardeurs. A moins que ça n’ait jamais eu de rapport avec l’amour, mais que c’était toi qui ne savais pas ce que tu voulais. Tout est arrivé si vite. Un jour, t’es en couple. Le lendemain, tu découvres ce que ça fait vraiment de prendre ton pied, avec un autre. Et le jour d’après … Le jour d’après, le ciel tout entier te tombe sur la tête et s’écrase sur le coin de ta gueule.

Trois mots. Trois putains de mots qui, alignés l’un après l’autre ont détruit toutes les possibilités, tous les choix que tu avais encore. « Je suis enceinte ». N’importe quel homme aurait été le plus heureux du monde, à pouvoir fonder une famille avec la femme qu’il aimait. Sauf que t’avais à peine dix-huit ans, que tu venais de mettre un mot sur l’attirance que tu avais envers les mecs et que ta copine, tu ne l’aimais pas de la même façon qu’elle t’aimait. Toi qui t’imaginais les discussions, les engueulades que tu aurais pu avoir avec elle au moment de rompre, voilà qu’elle prenait – malgré elle – les devants et réglait à jamais le problème de votre séparation. Malgré le fait qu’elle eût toujours été le moteur de votre couple, celle qui aime pour deux, qui porte la culotte et le tablier, tu ne pouvais te résoudre à la laisser seule, votre enfant sur les bras. Alors tu l’as demandée en mariage.

T’étais heureux pour elle, pour toi quand même, faut l’avouer. Mais t’as eu tellement mal. Au moment de prononcer vos vœux, t’as cru que ton cœur allait imploser. Sous le coup de l’émotion, t’aurais pu faire n’importe quoi. Mais t’as dit oui. Pour son bien, pour le tien. Et pour celui d’Aiden. Quelque part, c’est celui qui t’a le plus aidé à tenir. Celui pour qui tu as appris à aimer pour trois et, même si l’amour que tu avais envers eux n’était pas celui qu’on attend, tu savais que c’était le bon. Le seul aussi. Avec le temps, les couches, les biberons, les cris et les pleurs … Mais aussi avec l’amour que vous lui avez donné, ces moments inoubliables que vous avez passé tous les trois … C’était beau. C’était bien. Mais à présent, ce n’est plus assez.

T’as une vie, une situation, une famille. Mais t’as l’impression de vivre celle d’un autre. Cet autre qui n’est pas toi, que tu feintes d’être jour après jour. Il te ressemble, vous avez beaucoup en commun, mais le peu qui vous différentie est déjà trop. Tu n’es pas un monstre, c’est peut-être pour ça que c’est si dur d’ailleurs. Mais quoi que tu dises, quoi que tu fasses, il est déjà trop tard.

Ce constat, tu l’as répété, analysé et ruminé pendant des années. A t’enfoncer dans un mensonge qui a fini par devenir ta réalité, te définir tel que tu es. Sans échappatoire. C’est ce que tu as cru. Jusqu’à ce que tu le rencontres, lui. Qui allait tout changer, tout chambouler, pour le meilleur. Et pour le pire. River, c’était ton petit kiffe. Pendant que les autres admiraient son talent, toi tu t’imaginais déjà caresser sa joue, son cou, son torse … L’embrasser, sentir ses lèvres humides contre les tiennes, son souffle chaud sur ta peau, ton bas ventre contre le sien … A chaque fois que tu le voyais, ton cœur battait une chamade, insupportable. T’en avais le souffle court, le ventre serré et les mains moites. Et dès qu’il chantait, dès que tu t’imaginais passer un instant avec lui, seul ; ton sang ne faisait qu’un tour et tu n’avais d’yeux que pour lui.

Très vite, tu as ressenti ce besoin. Viscéral. Celui de le revoir, d’être simplement là, près de lui. Personne ne t’avait jamais, ô grand jamais fait ça jusque-là. Ce besoin, tu n’as jamais été contre. Tu étais marié, mais il n’y avait rien de mal à aimer quelqu’un comme ça, même sans savoir s’il était mutuel. Et le pire dans tout ça, c’est que ce sentiment, si fort, si prenant, était bel et bien réciproque. Quand il est venu vers toi, à déconner, tu t’es trouvé comme un abruti. Le plus heureux des abrutis. T’as joué le jeu, pour la première fois de ta vie tu t’es laissé aller, sans arrière-pensée, sans te mentir à toi-même. Et t’as pris ton pied, avec lui.

La petite habitude était devenue un rituel ; et l’amour que tu lui portais une drogue à laquelle tu t’étais rendu accro. Bien que tu n’aies jamais cru supporter une double vie, tu étais devenu un véritable pro à ce petit jeu. Eluder les questions, combler de baisers une bouche qui parle trop … Tu détestais lui mentir, en paroles, en actions et par omissions. Si c’était le prix à payer pour le protéger de tout ce qu’il n’avait pas à savoir, tu étais prêt à te donner corps et âme. Mais cela n’était pas suffisant pour lui et même si toutes les vérités ne sont pas bonnes à découvrir, cela ne l’avait pas empêché de lever de lever le voile sur tes secrets, ouvrir la porte et découvrir tous les cadavres qui étaient planqués derrière.

Avec le mariage et l’annonce de la grossesse de ta femme, le jour de ta rupture avec River fut un des pires de ta vie. Encore un où tu n’avais pas su dire non, mentir un peu plus pour le protéger, vous protéger. Tu t’es laissé lyncher, ouvertement, gratuitement, mais justement. Car tu méritais tout ce qu’il te reprochait, te crachait à la face … T’aurais aimé l’embrasser, lui dire à quel point tu étais désolé. Faire attention à ne rien lui promettre, si ce n’est de l’honnêteté. Mais il était trop tard.

Te voilà assis au bar, entouré de tes amis et pourtant si seul, à faire tourner la paille dans ton verre, l'air absent. Comment t’en est arrivé là ? C’est une longue histoire. Le genre que tu ressasses encore et encore, pour ne pas oublier que cette histoire, c’est la tienne.

Celle d’un imposteur.
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